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hello from the other side | David

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Emploi : Fondeur
Informations : Orphelin déposé au seuil d'une institution quelques semaines après sa naissance ✘ Ignore tout de ses origines, et n'y accorde aucune importance ✘ Fraie dans le monde de la petite délinquence depuis sa plus tendre enfance ✘ Ancien chef d'une bande gosses aventureux, à présent dissolue ✘ Suite à ça, a passé plusieurs mois en maison de correction ✘ La mort d'un de ses meilleurs amis, atteint de syphilis, a suffi à le convaincre de ne pas s'approcher des prostituées, règle qu'il suit toujours ✘ A fondé la Tribu, gang des rues sévissant à Whitechapel, dont il connait les moindres recoins ✘ Participe régulièrement à des combats illégaux organisés dans des bars, desquels il tire un joli pactole, ainsi que quelques petites cicatrices sur tout le corps ✘ Amateur d'armes blanches, il se sépare rarement de son couteau de boucher, tout comme de son vieux chapeau melon ✘ Se moque bien des forces de police, avec lesquelles il n'hésiterait pas à en découdre ✘ Ne voue que mépris à l'aristocratie et aux autres parvenus, mais grâce aux paiements reçus en échange de l'aide de son gang, il recrute de plus en plus d'adeptes, et accroît l'influence de la Tribu : son ambitieux objectif n'est autre que de faire tomber sous sa coupe Whitechapel et Southwark, pour mieux leur donner un second souffle, ainsi qu'une capacité de réponse envers les injustices infligées par les strates plus aisées de la société.
Avatar : Michael Fassbender
Localisation : Les bas quartiers de Whitechapel, son modeste fief
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MessageSujet: Re: hello from the other side | David Sam 13 Mai - 21:17



Hello from the other side

« “It was a mistake,” you said. But the cruel thing was
it felt like the mistake was mine, for trusting you. »

St Bartholomew's Hospital, 1890


And now I understand
Why facing a friend
Is so hard, sometimes
But guess what
You're not the only one
The door is shot
But so is your mind.


Dormir. Son corps s'accrochait à cette idée fixe, à ce désir devenu viscéral, sans que son esprit ne parvienne à avoir son mot à dire dans cette histoire, et à imposer la tension de la situation comme motif suffisant pour oublier la fatigue. Nulle crainte ne s'éveillait en lui quant à de possibles troubles graves, cachés au fin fond de son être et résultant de son combat victorieux, étrangement -et possiblement à tort-, il ne restait dans le vague pré carré que se connaissait sa conscience dans le vaste néant que la paisible certitude qu'une bonne nuit de sommeil le remettrait sur pieds, en qualité de meilleur remède possible en l'état actuel des choses. Ce serait si facile, en plus, de simplement fermer les yeux, et de se laisser sombrer à nouveau... Sa tête, lourde, n'aurait même pas à décider seule de l'envoyer de force dans les bras de Morphée, sorte de viol métaphorique que Lynch avait déjà expérimenté cette nuit-là en pleine rue, en plus : l'épuisement constituait le chant d'une sirène qu'il était impossible d'ignorer tout à fait, et qui en fin de compte finissait toujours par triompher de vous, ainsi que des dernières bribes de votre résistance aux abois.

Dormir... Dormir pour oublier, oublier cette stupide soirée, et surtout ce qui était advenu après que leur joyeuse troupe ait quitté le bar, oublier ce visage revenu hanter son présent après avoir défiguré son passé, oublier tous ces souvenirs qui auraient voulu remonter à la surface, aggloméré sous forme d'une douleur à la fois diffuse et aigue. Dormir pour ne plus avoir à se rappeler que quelque part sur cette terre, David Williams existait, dormir pour que ses pensées cessent d'être retenues en arrière, comme enchaînées à de vieux fantômes et à d'amères déceptions de jadis, pour ne plus que se projeter vers l'avenir, ce bel et fringuant avenir ne demandant qu'à happer toute son attention et à le noyer de lumière, loin des ombres qui, derrière lui, ne pouvaient plus être changées, de quelque manière que ce fût. Une part de lui-même voulait échapper à ce marasme aussi inutile que pénible, puisque de toute manière, ce qui était fait était fait, les mots et les actes d'hier comme d'alors avaient été proférés ou menés, et rien ne les effacerait des mémoires ; leurs effets, pourtant, avaient une chance d'être estompés, polis par le temps mais aussi par l'abandon aux limbes, éternel ou seulement passager.

Une irréductible part de lui-même, nichée au creux de son crâne autant que dans quelques rares réseaux de fibres de son être, refusait pourtant obstinément de lâcher prise. Courage, folie, entêtement, allez savoir, mais impossible de complètement plonger tant que ces bribes de combattivité existeraient encore en lui, et n'auraient pas obtenu satisfaction. Ainsi, il vivotait, en attente de trouver de quoi suffisamment alimenter son feu intérieur pour le faire renaître de ses cendres, ou une échappatoire lui permettant d'enfin se laisser sombrer, certain de se trouver dans un endroit sûr. Pour un être ayant si intensément voué chacun de ses souffles à une survie furieuse, accepter de rendre les armes, quel que fût le contexte, relevait de l'impossibilité quasi totale : plutôt mourir que de courber l'échine, mantra gravé si fort en ses muscles et en son coeur que même pour la bonne cause, un manquement volontaire à ce devoir se révélait plus qu'ardu à arracher.

Ce furent ces parcelles de lui, encore à peine valide, qui reconnurent David, quand celui-ci vint l'aider à se redresser, pantin de chair aussi malléable qu'un nourrisson. Sa fierté tenta bien de s'y opposer, mais sa chair se rappelait trop de ce qui les avait uni, de la confiance mutuelle qui l'avait revigoré, de la joie sincère et simple qu'il avait eu à le côtoyer, à courir à perdre haleine dans les rues de son quartier miteux, à se soutenir dans des bagarres les opposant à d'autres groupes d'enfants, à rêver et à rire, à vivre toutes ces épopées qu'ils avaient vécues, en compagnie des autres, ou bien juste entre eux. Ces choses-là, malgré la haine, ne s’effaçaient jamais complètement, ce qui expliquait le point auquel l’on pouvait souffrir, lorsque de tels joyaux corrompus se rappelaient à vous.

La position assise laissa son sang redescendre dans le reste de sa personne, ce qui lui éclaircit les idées, contre toute attente. La dureté des mots de Williams, pourtant, ne lui parvint que de très loin, rendue ouatée par le peu de cas que le criminel faisait de son propre sort, cette nuit-là plus qu’à l’ordinaire. Mourir ne l’avait jamais vraiment effrayé ; c’était ne pas vivre qui depuis son enfance le rebutait au-delà de toute expression, et puis il avait déjà perdu son meilleur ami, qu’est-ce qui risquait de lui arriver de pire ?
Quand David évoque sa haine des bourgeois, un petit rire sec lui échappa, qui fit palpiter sa tempe droite durant quelques secondes, le temps que son sourire fatigué, un instant réapparu, s’affadisse de nouveau :

-Bien évidemment, que je pourrais te tuer. Mais qu’est-ce que ça m’apporterait ? Est-ce que ça effacerait mes mois d’emprisonnement ? Ou me rendrait l’ami en qui j’avais placé ma confiance ?  Je n’ai pas changé, à l’époque tu savais très bien qui j’étais, ce qui me motivait, et ça ne t’a jamais gêné. Tu n’étais pas le dernier pour condamner les agissements de richards se croyant tout permis, ni pour leur cracher au visage, et aujourd’hui tu joues les vierges effarouchées, en me parlant de ton innocence, alors que tout converge vers toi.

En soi, il s’avérait de tuer tout le monde : le Pape, la Reine, jusqu’à sa propre mère ; il suffisait de presser une détente, d’empoisonner un verre ou de trancher une gorge. La difficulté était en fait d’ordre moral : soit vous vous montriez capable de vous décider, puis de vivre le restant de votre vie, soit vous ne l’étiez pas. Les aspects pratiques, matériels, palpables, ça n’était que des arguments de lâches, des faux-fuyants cachant un manque cruel de force de caractère. Si David lui avait demandé s’il aurait été capable de supporter de le tuer, la réponse de Lynch n’aurait vraisemblablement pas revêtu la même assurance. Tout comme ses valeurs et sa vision de la lutte des classes, le bourgeois avait su, à une poqué, faire attention à son vocabulaire, tant son camarade avait le chic pour retourner contre autrui son choix de mots pas forcément constamment heureux, au service de ses propres arguments et de sa logique toute personnelle. À ce point-là, on quittait le domaine de la mauvaise foi, pour toucher à une certaine forme d’art.


Callant aussi confortablement que possible l’arrière douloureux de son crâne –ou plutôt le moins inconfortablement possible- contre le meuble qui lui servait désormais de dossier,
le Britannique laissa son regard morne rencontrer celui du chirurgien, et y rester, puits au fond duquel sa désillusion conférait, étrangement, un apaisement en parfait contrepoint avec sa colère passée, qui l’avait tout de même bien épuisé, par son éclat aussi flamboyant que bref :

-ça valait le coup, dis-moi ? Es-tu heureux, avec cette vie que tu as bâtie sur l’abandon de celui que tu te plaisais à présenter comme ton frère d’une autre mère ?


Il voulut secouer la tête, mais le geste fut imperceptible, tant son crâne, à grand coup de migraine latente, lui signifia que tout mouvement intempestif de la sorte lui procurerait la sensation d’avoir la tête sur le point d’exploser, et de repeindre la pièce avec des éclats de sa pauvre cervelle en souffrance.

-Qu’est-ce que j’ai bien pu faire, pour que tu me haïsses à ce point… ? Je croyais vraiment qu’on allait conquérir le monde, côte à côte. Mais ça n’a pas besoin d’être aussi compliqué, pas vrai ? C’est humain, de penser à soi avant les autres ; j’étais là, sans méfiance, et avec assez de valeur pour devenir une monnaie d’échange… ça s’est juste fait comme ça, j’imagine. Ça me tue, que ce qu’on partageait n’ait pesé en rien dans la balance. Qu’on soit devenu des étrangers l’un pour l’autre, alors que j’espérais que notre amitié te suffirait, malgré toutes les pressions de ta famille à ton encontre.


Et cela le rendait presque fou : Fergus avait beau chercher, chercher et encore chercher, il ne voyait pas quelle faute il avait pu commettre pour retourner si haineusement contre lui l’enfant qu’avait été jadis son vis-à-vis, quelle offense avait pu lui échapper, pour ainsi précipiter leur rupture, lors que leur groupe se trouvait déjà en pleine tourmente. Peut-être avait-il une once de responsabilité dans tout ça, après tout.





Titre : Adele, Hello
Citation :  David Levithan, Lover’s Dictionary
Faada Freddy - Slow Down
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Informations : Est né en Écosse. • Vient d'une famille de petits bourgeois. • Son père est pasteur. • A été abusé par sa mère pendant plusieurs années. • Santé fragile. • A passé quelques semaines à l'asile à cause de son homosexualité. • A un très fort caractère. • Arrogant parfois. • Se drogue. • Fume occasionnellement. • A tenté de suicider. • En a conservé les cicatrices sur son avant-bras. • A des marques de piqûre au niveau du coude.
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MessageSujet: Re: hello from the other side | David Mer 7 Juin - 11:50



Hello From The Other Side.

« There's Such A Difference Between Us. »

St Bartholomew's Hospital, 1890.

Suite à son monologue, David vit Fergus, toujours à moitié avachi par terre, laisser échapper un petit rire moqueur avant de lui répondre. Le chirurgien croisa les bras et le laissa parler, exaspéré de cette situation et fatigué. Il avait de plus en plus envie de le foutre dehors pour toujours et de ne plus jamais entendre parler de lui, malgré tout ce qui les avait liés. C’était triste, certes, mais il semblait ne pas y avoir d’autres issues possibles quand on constatait la haine que nourrissait le brigand envers son ancien ami. Fergus s’avança sur un sujet dont il était sûr du résultat et surtout de son déroulement, comme si quelqu’un lui avait tout dit, bien que cela fusse une version totalement erronée de la réalité. David se passa une main sur le visage, essayant de réfléchir à qui aurait bien pu dire qu’il était le coupable dans toute cette histoire. C’était relativement frustrant comme situation où votre interlocuteur vous accusait de tous les maux de la Terre, sans que vous n’y compreniez rien. David était fatigué, éreinté, il n’avait même plus envie de s’en mêler ni de lutter. Fergus s’aveuglait dans ce qu’il pensait être la vérité, sourd à toute potentielle défense de la part du chirurgien.

David lui tourna alors le dos, le laissant contre son mur, pensant qu’il avait terminé. Mais il recommença et le chirurgien s’arrêta d’avancer quand son ancien ami lui demandait si le dénoncer en valait la peine. S’il était heureux après l’avoir abandonné, s’il pouvait vivre avec cela sur la conscience. Le chirurgien ne répondit pas tout de suite mais cela prouvait bien que Fergus parlait sans savoir. David n’avait pas tellement envie de s’engager sur la conversation qu’il trouvait trop personnelle. Même s’ils avaient eu pour habitude de tout se dire à une époque, il semblait néanmoins que ce temps ne soit complètement révolu. Le chirurgien n’avait nullement envie de se confier à Fergus sur ses problèmes personnels dont il semblait n’en avoir que faire. Après tout, il était forcément coupable de tout. David soupira alors profondément et se gratta pensivement le haut du front, les yeux fermés, lui tournant toujours le dos. Il avait juste envie que Fergus parte. Il ne voulait même plus se battre pour quoi que ce soit ni pour qui que ce soit. Il fallait néanmoins qu’il lui réponde, même en restant évasif, absolument las de tout ceci.

— Rien ne vaut le coup, Fergus.

Il lâcha cela sur un ton grave et morne avant de passer une main sur son avant-bras, pensif.

— Rien n’a jamais valu la peine qu’on se batte. Tout finit par être réduit en cendres par le principe même de la vie. Ou du destin, appelle cela comme tu veux, même si je n’y crois pas.

Il se tourna vers lui, l’air impassible, froid, presque mort.

— Je n’ai même plus envie de discuter avec toi. Tu avances des propos que tu penses être justes et criant de vérité alors que… non. Il s’en est passé des choses durant ces années, des choses que tu sembles parfaitement ignorer et c’est pour cela que tu as un jugement si arrêté sur moi. Mais tu vois, je n’ai plus envie de discuter avec toi, de me battre avec toi, parce que justement, ça ne vaut pas le coup. Je ne sais pas ce qu’il t’est arrivé durant tout ce temps, c’est pour cela que je ne te juge pas, que je n’avance rien. Si on t’a raconté que c’est moi qui t’ai dénoncé alors c’est faux. Je ne savais même pas que tu avais été enfermé, pour tout te dire. Mais si tu ne me crois pas, c’est ton problème. Je pourrais vivre avec ça. Je pourrais vivre avec le fait que tu m’accuses de ton calvaire alors que je suis innocent. Libre à toi de me croire ou pas, mais j’en ai assez de te revoir ramper et à cracher ton venin comme un vieux serpent à moitié mort. Donc sors. Dégage.

Il lui tourna de nouveau le dos avant de passer une main fébrile sur son visage livide. Il ne se sentait pas bien du tout et son cœur commençait à s’emballer, à faiblir. Il regarda alors cet antidouleur posait un peu plus loin et dont il était complètement accro. Il soupira doucement. Il pouvait bien se retenir jusqu’à temps que Fergus parte de la morgue… Sentant la colère monter rapidement, il finit par murmurer agressivement entre ses dents :

— Vous me faites tous chier, ce n’est pas possible. C’est vous qui vous liguez tous contre moi.

Ces alliés étaient en effet peu nombreux. On pouvait rapidement compter Amy et Jonathan et peut-être ce vétérinaire rencontré il y a peu. Et encore. David n’aimait pas s’ouvrir aux gens et pourtant il leur sauvait la vie la plupart du temps. Il secoua négativement la tête, perdant son calme et son sang-froid à une vitesse folle.

— Fous le camp, Fergus.

Il n’avait rien d’autre à dire de plus, son humeur s’était brusquement dégradée, il en avait eu assez pour ce soir. Il espérait juste que le brigand n’ait pas la mauvaise idée d’insister et d’ainsi relancer de l’huile sur le feu.
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