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it takes two to tango | Nina

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Emploi : Fondeur
Informations : Orphelin déposé au seuil d'une institution quelques semaines après sa naissance ✘ Ignore tout de ses origines, et n'y accorde aucune importance ✘ Fraie dans le monde de la petite délinquence depuis sa plus tendre enfance ✘ Ancien chef d'une bande gosses aventureux, à présent dissolue ✘ Suite à ça, a passé plusieurs mois en maison de correction ✘ La mort d'un de ses meilleurs amis, atteint de syphilis, a suffi à le convaincre de ne pas s'approcher des prostituées, règle qu'il suit toujours ✘ A fondé la Tribu, gang des rues sévissant à Whitechapel, dont il connait les moindres recoins ✘ Participe régulièrement à des combats illégaux organisés dans des bars, desquels il tire un joli pactole, ainsi que quelques petites cicatrices sur tout le corps ✘ Amateur d'armes blanches, il se sépare rarement de son couteau de boucher, tout comme de son vieux chapeau melon ✘ Se moque bien des forces de police, avec lesquelles il n'hésiterait pas à en découdre ✘ Ne voue que mépris à l'aristocratie et aux autres parvenus, mais grâce aux paiements reçus en échange de l'aide de son gang, il recrute de plus en plus d'adeptes, et accroît l'influence de la Tribu : son ambitieux objectif n'est autre que de faire tomber sous sa coupe Whitechapel et Southwark, pour mieux leur donner un second souffle, ainsi qu'une capacité de réponse envers les injustices infligées par les strates plus aisées de la société.
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MessageSujet: it takes two to tango | Nina Lun 13 Fév - 12:02



It takes two to tango

« Le monde est un grand bal où chacun est masqué. »

Hyde Park, 1891

Il y avait les bonnes idées, lumineuses, inspirantes, incontestablement novatrices, et il y avait les mauvaises, celles qui rien qu’en y pensant, vous donnait envie de tout lâcher, tant vous atteniez des sommets d’agacement. Jusque-là, touchons du bois, Fergus avait toujours réussi à choisir avec soin dans quoi s’embarquer, du moins pouvait-on raisonnablement le penser, car sans cela, il ne serait pas arrivé là où il se trouvait actuellement. En soi, et l’Anglais le reconnaissait sans mal, une bonne part de chance se mêlait au talent bien évidemment nécessaire pour parvenir à des objectifs toujours plus inatteignables en apparence : des circonstances favorables vous aidaient à définir sur quelle voie vous lancer, puis vous portaient jusqu’aux nues quand, à une autre époque, elles vous auraient fracassé sur les récifs de l’échec sans même un remord, aussi riche, populaire ou habile soyez-vous. Savoir ne pas pousser sa bonne étoile dans ses retranchements, tout en aiguisant ses dons au point de les rendre aussi tranchants que l’acier, voilà le mélange gagnant, la combinaison censée faire de vous un Roi lorsque vous veniez de la fange. Vu d’où était parti Lynch, presque aussi bas que le permettait l’échelle sociale, et où il se tenait à présent, à la tête de son propre gang et prêt à repousser les limites du crime organisé plus loin que tout ce qui avait jamais été vu à Londres, le cocktail détonnant faisait son effet.

Lorsque ses hommes étaient venus le trouver, la mine aussi penaude qu’un gosse ayant été pris le doigt dans la confiture, l’ouvrier avait été intrigué, puis pour le moins amusé, lorsqu’on l’avait mis au parfum de la demande plus que particulière d’une nouvelle « cliente ». Le nom de leur association de malfaiteurs, pour aussi secrète qu’elle demeurait, commençait à se forger une petite réputation, et ç’avait été d’elle-même que la noble dame avait fait appel à leur service, pour régler un de ces problèmes de riches où la légalité, ou tout simplement la morale, n’avaient plus vraiment leur mot à dire. La peur de la prison, du lynchage dans la presse ainsi que de la honte publique infligée par leurs richissimes pairs constituaient de puissants moteurs jetant les mauvais bougres au portefeuille bien rempli dans les bras de la Tribu, formidable machine capable de transformer leurs tracas en problèmes réglés –ainsi qu’en espèces sonnantes et trébuchantes, en large quantité. Pour le coup, la demoiselle ne demandait pas la lune, ni même de transgresser la sacro-sainte loi du Royaume : il ne lui fallait qu’un faux galant au bras duquel parader lors de dîners mondains et de déjeuners dominicaux durant lesquels papa et maman avaient un peu trop tendance à l’assommer de questions quant à sa vie sentimentale, conseils déguisés et autres remarques plus ou moins acerbes concernant son célibat. Il s’agissait moins d’un contrat classique que d’une simple pièce de théâtre, un voyage tous frais payés au pays des richards où l’on ne vous demandait qu’à faire illusion ; une véritable aubaine, quand on y réfléchissait, au vu de la facilité avec laquelle la prime serait empochée. Comment refuser ! Sans parler du joli pied de nez que ce serait, de profiter des largesses de ces nababs ventripotents tout en se faisant passer pour quelqu’un d’autre… C’était vers lui que ses affidés s’étaient tournés, après que l’originale demande fût remontée le long de la chaîne d’intermédiaires, et qu’ils aient fait un premier tour d’horizon de leurs troupes. Selon eux, ça ne faisait pas un pli : Lynch constituait le candidat idéal, et même tout désigné, car parmi eux, rats dégouts et miséreux sans conversation, leur chef faisait presque figure de damoiseau, tout en bagou et en allure. Il savait mentir comme pas deux, parler comme un orateur, et puis sa silhouette, modelée par les combats clandestins et par une nature généreuse à son égard, la question ne se posait pas franchement, au fond… Flatté dans son égo autant que diverti par l’incongruité de la tâche proposée à la Tribu, Fergus avait donné son aval, presque sans même y réfléchir.

Autant dire que la nuit portait conseil, a fortiori lorsque quelques jours de réflexion s’y ajoutaient, ce qui expliquait pourquoi le Britannique arborait une mine aussi fermée, en plein cœur du quartier le plus cossu de la capitale. Attendant la venue de miss Blackmont, sa nouvelle employeuse, il ressassait encore et encore la poignée de raisons qui, à présent, lui faisait voir cette aventure sous un jour bien moins flatteur. Franchement, quelle idiotie, de penser une seule seconde que l’idée de la demoiselle tiendrait plus d’une minute ! Certes, il tiendrait le personnage mieux que personne au sein de la Tribu, mais son image au sein de son gang risquait d’en pâtir, étant donné que, sans concession aucune, Fergus avait pour habitude de cracher sur la noblesse et consorts –un discours qu’il faudrait peaufiner pour expliquer pourquoi, brusquement, leur apôtre allait s’acoquiner avec ceux sur qui il crachait avec tant de violence. À ceci s’ajoutait le temps perdu dans ces singeries… Et d’ailleurs, que ferait-il, s’il se retrouvait à devoir serrer la pince à un ponte de Scotland Yard, dans le plus grand de tous les calmes ? Son visage ne recouvrait pas encore les murs de Londres, sous forme d’affiches de mise à prix, mais un beau jour cela finirait bien par arriver, et pas forcément dans une éternité, ce qui ne faciliterait nullement la petite comédie que la noble et lui allaient mettre sur pieds. En fait, pour être tout à fait honnête, la machination montée par la jeune femme était loin d’être impossible ; elle impliquait seulement un certain nombre de contraintes qui ne mettaient pas Lynch de charmante humeur, car elles allaient impacter son quotidien pour faciliter la vie à une parvenue –ce qui lui restait en travers la gorge, pour le moins. Néanmoins, il s’était engagé, et commencer à ne pas respecter les missions qu’on confiait à la Tribu n’aiderait pas à accroître sa sphère d’influence, ni à s’attirer la frêle confiance de leurs potentielles futures ouailles. Au nom de l’avenir qu’l souhaitait offrir à la faction à laquelle il avait donné vie à partir de simples aspirations et d’une rage de vivre mordante, l’Anglais honorerait les engagements pris vraisemblablement à la va-vite, sous le coup d’un instinct cette fois-là mauvais conseiller… Ce qui ne voulait pas dire qu’il s’y rendrait en arborant un immense sourire plein d’aise.

Le lieu du rendez-vous avait été défini de manière à faciliter les choses pour leur « bienfaitrice », pour qui il serait bien plus simple de rejoindre un coin discret de Hyde Park, en plein milieu d’après-midi, plutôt que de s’aventurer dans les ruelles de Whitechapel : une noble dans les bas-fonds, ça se remarque, ça attire aussi bien les questions que les ennuis, alors qu’un ouvrier en plein quartier de Westminster, ça pouvait faire sourciller, mais sans plus, compte-tenu du nombre astronomique de larbins, livreurs et ouvriers en tout genre nécessaires à la bonne marche de leurs vies huppées, menées à grand train ans faire grand cas ni des frais occasionnés, ni des malheureux asservis à leurs caprices. Seul au milieu de cet écrin de verdure, Lynch ruminait, scrutant les alentours en attendant que la dame fasse son apparition, tout en ronchonnant par devers lui à l’avance si jamais quelqu’un d’autre venait à sa rencontre, en ce bout du parc absolument désert, et loin de tout –il n’empêche, ça pouvait se produire, et rien que cela suffisait à lui donner envie de râler jusqu’à plus soif.

Le froissement d’un tissu, caractéristique des robes entraînées dans un mouvement fluide, attira son attention, alors que sa solitude touchait à sa fin.

-Nina Blackmont ? demanda le brigand sans s’embarrasser de politesses, ni même d’un ton très cordial, il fallait bien le reconnaître.

Pas de « Lady » ou de « Madame », hors de question de cirer les pompes à une gosse de riches, même si celle-ci, en vérité, ne se trouvait pas tant que cela responsable des incommodités qui rendaient son collaborateur si acariâtre. En même temps, Fergus n’était pas là pour se montrer adorable : son boulot commençait et finissait là où il serait tenu de jouer aux Roméo d’opérette, ni plus ni moins. Ses convictions personnelles n’en demeureraient pas moins fortes, et malheureusement pour Nina, en « louant » son apparence ainsi que son bagou, elle obtiendrait également le revers de la médaille, et tout ce qui allait avec. Autant dire qu’elle allait en avoir pour son argent…




Citation : Vauvenargues
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MessageSujet: Re: it takes two to tango | Nina Mar 14 Fév - 13:53



It takes two to tango

« Qui sera le dindon de la farce ? »


Elle ne devait pas y aller. Elle ne devait pas, c'était une idée stupide et ça n'allait jamais fonctionner. Oui mais voilà, c'était son idée et bien qu'elle ne soit à présent plus aussi sûre d'elle qu'elle ne l'était au départ, elle ne pouvait plus faire machine-arrière. De toute manière tout avait déjà été lancé : sa demande avait déjà été formulé puis accepté et on lui avait donné rendez-vous pour en discuter justement. Il fallait bien avouer que la jeune femme n'était pas aussi rassurée qu'elle voulait s'en persuader, d'autant qu'aller retrouver un parfait inconnu qui pouvait s'avérer dangereux n'était pas dans ses habitudes. D'un autre côté, c'était elle qui s'était lancée dans ce projet afin de trouver une parade au projet de mariage de ses parents. Si elle voulait se soustraire à cette obligation de famille, il lui fallait un homme capable de jouer le rôle du prétendant afin que ses parents cessent de la harceler sans cesse.

Voilà pourquoi, après avoir fait les cent pas pendant plus d'une demi-heure, elle poussa un long soupir et commença à regarder les tenues qui trônaient dans son armoire. Il lui fallait quelque chose de simple mais qui correspondait à son rang, au moins pour être aisément reconnu par l'individu qui l'attendrait. Elle eut un léger soupir avant de saisir une robe verte et de l'enfiler elle-même, songeuse. On lui avait donné rendez-vous dans un parc banal, où elle n'aurait pas à se mettre dans une mauvaise posture et où elle pourrait aisément s'enfuir si besoin était. Se sentant quelque peu rassurée de ce détail, Nina observa un instant son reflet dans le miroir avant de quitter la pièce. Mieux valait que l'on ne la voit pas aussi nerveuse, sans doute lui aurait-t-on posé des questions auxquelles elle ne désirait pas donner de réponses.

Quoi qu'il en fut, la damoiselle se rendit au lieu de rendez-vous en tâchant de garder un visage neutre, afin de n'alerter personne mais également de se donner la contenance nécessaire à cette étrange situation. C'était une idée bien à elle ça de chercher un homme pour tromper son monde. Tout ça pour avoir la paix, et pour qu'enfin sa famille cesse de lui rabattre qu'il était temps qu'elle se trouve un fiancé convenable qui saurait prendre soin d'elle. Comme si Nina Katherine De Blackmont n'était pas capable de prendre soin d'elle-même sans qu'un homme n'y soit pour rien. Oh bien évidemment il faudrait aussi qu'elle offre à la famille des héritiers afin de porter le nom de noblesse qui était leur, et ce peu importe si elle désirait ou non avoir des enfants ou fonder une famille. Ce qui pour le moment ne faisait pas parti des projets de la damoiselles qui n'avait envie de rien si ce n'était de s'épanouir dans son travail et autres activités.

Ce fut sur cette pensée et ayant repris sa détermination que la Ladie atteignit le fameux parc, jetant un coup d'œil circulaire afin de repérer la personne qui devait déjà l'attendre. Elle n'était pas en retard non, simplement elle pensait que l'autre personnage qui devait se trouver là était en avance lui. Aussi, repérant un genre d'ouvrier qui semblait attendre avec plus ou moins d'impatience, elle s'avança vers lui jusqu'à ce que lui-même se tourne vers elle. Elle put ainsi observer son visage et juger de la certaine beauté qui était sienne, demeurant toutefois parfaitement neutre et ne laissant aucun sentiment traverser ses yeux.

Lorsque l'homme s'adressa à lui, elle eut un sourire léger. Il était plutôt amusant de se faire ainsi saluer, la damoiselle ayant l'habitude du protocole et de l'hypocrisie de la Haute. Au moins, elle savait que l'homme qui se trouvait face à elle faisait bien parti de ceux à qui elle avait demandé service.

" Elle-même. Puis-je savoir à qui j'ai à faire ? " Questionna-t-elle simplement.

La courtoisie était bien ennuyeuse.
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MessageSujet: Re: it takes two to tango | Nina Sam 4 Mar - 10:51



It takes two to tango

« I can't be changed, I can't be tamed. »

Hyde Park, 1891

Ainsi donc, telle était la précieuse qui, à son bras, devrait faire illusion en tant que sa chère et tendre. Certains auraient vraisemblablement remercié en silence leur bonne fortune, pour avoir fait que leur solde serait accompagnée d’heures passées en compagnie d’une jeune femme élancée et à l’allure avenante, plutôt que d’un laideron risquant fort, par ailleurs, soit de collectionner tous les traits de caractère les plus insupportables, soit de rêver un peu trop d’outrepasser le cadre de leur contrat en se glissant sous leurs draps. Dans un autre monde, une autre version de la réalité dans laquelle le malfrat aurait été moins chanceux, les choses auraient pu être pires… Cependant, Lynch n’était pas spécialement connu pour accepter avec humilité de voir le verre à moitié plein, en se soucier comme d’une guigne du vide résiduel, lorsqu’il avait décidé qu’il ne le ferait pas. Un peu tout et rien pouvait lui servir de raison suffisante pour ne pas se montrer coopératif, parfois même sans que le principal intéressé eût été en mesure d’expliquer d’où venait précisément toute cette irrépressible envie de faire du mauvais esprit, et plus encore de ne pas se gêner pour le montrer, dépourvu de retenue. En plus d’être une tête de cochon notoirement doué quand il se trouvait question de râler ou de traîner les pieds, l’Anglais se révélait être incroyablement têtu, même lorsque la seule injustice d’un caprice mystérieux quoi que vivace le poussait mordicus à se montrer déplaisant. La mauvaise foi devenait alors son fer de lance, et il semblait ne pas exister sur cette terre un être capable de ne pas avoir, tôt ou tard, le désir fou de vérifier si, avec une bonne paire de claques, le criminel ne consentait pas à se montrer plus conciliant. La joliesse de son employeuse, toute de boucles de jais, de taille gracile et de plaisant minois, ne parvenait malheureusement pas à ne serait-ce que tiédir la froideur avec laquelle, tel un enfant boudeur, Fergus accueillait le nouveau défi qui serait le sien. Enfin… S’il ne se voyait pas renvoyé dès la première entrevue pour excès de mauvaise humeur, ou s’il ne rompait tout simplement pas ses engagements, faisant ainsi insolemment –et assez inconséquemment- fi des conséquences futures, dont écoperait la Tribu.

Pourtant, un simple moment d’introspection aurait permis de mettre en lumière l’origine véritable d’un semblable rejet, drapé de fierté difficile à mater. Ces racines puisaient bien évidemment dans la haine crasse que le Britannique attisait depuis toujours, à la manière d’un feu continuellement alimenté et embelli de la pointe d’un tisonnier : on ne se refaisait pas, et pour le moment, le cercle très fermé des argentés jouissant de sa considération, voire mieux, de son amitié, n’ouvrait pas ces portes à la dénommée Nina Blackmont, puisque cette dernière n’avait jusqu’à présent rien entrepris qui puisse en déverrouiller l’accès. Ce dégoût méprisant des riches, assurément, constituait le socle de son attitude, le terreau plus qu’évident dans lequel puiser de quoi mésestimer d’entrée de jeu la jeune femme et son étonnante entreprise. Cependant, au-delà du plus facilement discernable, se cachait autre chose, de plus étonnant : Fergus et elle allaient être en couple, certes uniquement en apparences, mais tout de monde. La simple idée le révoltait, même pour se faire de l’argent et sans réellement s’impliquer, parce qu’il n’avait jamais souhaité se mettre en ménage avec une femme. Certaines le séduisaient le temps d’une nuit, d’autres le charmaient pour quelques temps, avant de le lasser ; aucune pourtant n’avait réussi le prodige de ravir son cœur, et d’ainsi le rendre fidèle, plus passionné par son bonheur conjugal et la construction d’une famille que par ses affaires. L’attachement, cette chimère, l’aurait enchaîné, entravé, et finalement étouffé à petit feu, pour le laisser dépérir après lui avoir coupé les ailes en pleine ascension : sa soif d’indépendance, irrépressible, peinait même à accepter ne serait-ce qu’une pantomime de romance, se cabrant à la manière d’un cheval à la lutte avec son dresseur. Quand son esprit n’était que rêves de de conquête et projets audacieux, comment espérer le voir docilement se prêter au jeu du soupirant, tout prêt à épouser sa chère et tendre moitié ? Possiblement plus que le fait d’avoir à côtoyer les privilégiés aussi oisifs que bouffis d’orgueil, avoir à singer le souhait ardent de lier sa vie à celle d’une autre constituait ce qui lui pesait le plus, quand son âme toute entière tendait vers la liberté la plus pure.

Il n’était pas temps de questionner les sombres recoins de tempérament. La gente dame se trouvait là, il fallait bien en faire quelque chose ; au moins paraissait-elle sûre d’elle, une modique consolation, puisqu’il n’aurait ainsi pas à l’encourager sur une voie qui ne l’attirait pas, et qu’il n’avait pas eu l’idée d’emprunter.

À sa question, le brigand opta pour quelque chose ma foi tout à fait en adéquation avec son humeur : laconique, et ayant plus vocation à satisfaire sa mesquinerie en ne la renseignant pas complètement qu’à réellement éclairer sa lanterne.

-Celui sur qui retombe la charge de votre petite comédie, ‘faut croire. Vous pouvez m’appeler Fergus.

Autant qu’elle emploie son prénom ; ce soupçon d’intimité, fictif au possible, éviterait qu’elle lui donne du « monsieur », si tant était que la demoiselle daigne se donner tant de peine pour un homme du peuple, quand elle-même devait se considérer bien au-dessus de la plèbe. Une fois plongé dans son univers gorgé de dorures, suffisamment d’idiots l’appelleraient de la sorte, et rien que d’imaginer le mot sonner à ses oreilles, Lynch se sentait prêt d’exploser.

Concernant son identité, il avait préféré en dire le moins possible, à la fois par sécurité, pour que la miss en sache le moins possible sur son compte, et pour signifier à nouveau, si ce n’était pas assez clair, qu’il n’aspirait pas à s’impliquer plus que cela, prônant ce qu’on nommerait un jour le « minimum syndical » concernant ses efforts pour mener à bien sa mission. De deux choses l’une : soit ses hommes avaient laissé échapper son patronyme, auquel cas la brunette devait avoir deviné que lui et le fameux chef de gang auprès duquel on était allé porter sa requête constituaient la même personne, soit ils avaient eu deux sous de jugeote et n’avaient pipé mot, si bien qu’ils s’en tireraient très bien sans que le Britannique se dévoile plus que ça. En même temps, il ne se révélait pas si inutile qu’il en sache plus sur sa commanditaire que l’inverse, ne serait-ce que par sécurité, histoire d’assurer ses arrières, et de bien faire sentir que tous deux se trouvaient dans le même bateau, et donc promis ensemble au risque de se faire arrêter, car tous deux armés de secrets compromettants sur l’autre.

Son regard couleur iceberg quitta le visage de Nina pour balayer à nouveau la verdure environnante, peut-être pour s’assurer une dernière fois que les murs, ou plutôt les arbres, en l’occurrence, ne possédaient pas d’oreilles, peut-être pour espérer, la rage au ventre, qu’une porte de sortie miraculeuse se serait dessinée, avec pour unique vocation de le tirer de là.

-Vous cherchez un faux fiancé, à ce qu’on m’a dit. Expliquez-moi ça.

Le principe général de l’opération lui avait été présenté, et il ne pensait pas que ses hommes aient particulièrement déformé les attentes de l’aristocrate. C’étaient plutôt sur les détails, ce que concrètement elle comptait mettre en place, que portait son inquisition. De son côté, une armée de critiques attendaient à la barrière de ses lèvres, prêtes à écorner l’apparente perfection du projet à la moindre occasion, qui ne demandaient qu’à croître, au regard des nouveaux éléments que Blackmont allait lui apporter.




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