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Le prix de la rue [Indy]

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Emploi : Fille de joie
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MessageSujet: Le prix de la rue [Indy] Ven 24 Fév - 10:25



Whitechapel, 1890


Les cieux noir de jais semblaient un linceul ; comme si, par ce voile obscur, pudique, le monde réfutait les immondices nocturnes de la capitale anglaise. La lune avait privé Londres de sa blondeur spectrale, révolte dédaigneuse envers le stupre ambiant, la débauche ignominieuse et autres vices infâmes caracolant au cœur des ruelles assombries par son absence. Complices des crimes sordides accomplis lors de nuits sépulcrales, les éléments de la nature, par leur mutisme obstiné et leur hautain mépris, semblaient fermer les yeux sur l’horreur des massacres londoniens, comme pour envelopper avec complaisance le tristement célèbre Jack l’Eventreur d’un sombre manteau protecteur. Le froid, humide, mordant, cinglant, s’ajoutait au fardeau des misérables créatures de la nuit qui s’évertuaient à exercer leur labeur dégradant. Accoutrées de leurs oripeaux pathétiques, elles déambulaient, pauvres hères, affamées et mortes de froid, l’âme vide, en quête de pain, d’argent, de lumière, avides de la moindre étincelle de survie.

Lucy enserrait son corps de ses bras, de ce geste instinctif, inutile et un peu stupide de quelqu’un qui cherche à se réchauffer. Ses frêles membres ne parvenaient à retenir une chaleur rétive et illusoire à laquelle l’automne britannique, hostile et cruel, ne laissait pas la moindre chance de répit. Trop peu vêtue pour l’air vespéral de la saison, mais ne pouvant guère faire promotion de ses charmes emmitouflée dans un manteau, Lucy s’était habituée au froid comme à un ennemi respecté, inlassable compagnon d’infortune, dont la fidélité, bien que malfaisante, lui donnait la satisfaction de n’être pas encore complètement vaincue, de parvenir à lutter contre quelque chose qui ne l’anéantissait pas. Aussi, en son for intérieur, se targuait-elle avec un orgueil insolent de ne jamais avoir senti le souffle mortel de la pneumonie s’insuffler en sa poitrine et s’étonnait de savourer avec un délice inouï le plaisir de la couverture miteuse qui recouvrait son matelas élimé lorsqu’enfin, fourbue et gelée jusqu’aux os, elle s’endormait à l’abri du vent.

Le lit et les quatre murs étaient loin. La nuit commençait à peine. Ce réconfort sommaire avait l’âpreté des plaisirs inaccessibles et se heurtait aux profondeurs glaciales de la nuit, réminiscence fugace d’un sentiment de sécurité pour le moment affreusement lointain. Lucy resserra son châle de laine sur ses épaules et chassa de son âme les caprices infantiles consistant à désirer quelque chose alors qu’il fallait pour l’heure se soumettre à un labeur impérieux. Elle se faufilait telle une ombre, son pas aérien glissant sur les pavés humides, se mouvant dans la pénombre avec l’aisance déconcertante de quelqu’un qui connaît les lieux comme sa poche et qui, par son mode de vie noctambule, a développé des talents de nyctalopie.

Il pouvait se passer plusieurs semaines sans que Lucy ne voit la lumière du jour autrement que par la minuscule parcelle de fenêtre crasseuse qui s’enfonçait dans le mur de sa chambre. Et lorsqu’enfin elle finissait par s’extraire de son piteux logement, c’était hébétée et étourdie qu’elle supportait la lumière diurne qui frappait avec violence son visage et son regard habitués aux lueurs tamisées du crépuscule. Alors, saoulée de cette lumière éclatante, agressive, Lucy se hâtait de se procurer le minimum d’effets nécessaires à sa subsistance et s’en retournait se calfeutrer dans son taudis pour tenter de trouver la paix quelques heures avant de rejoindre les bas-fonds de la capitale.

Les rues étaient désertes. Lucy avait peur ; quel doux euphémisme ! Voilà des mois que la fille de joie survivait, les entrailles rongées par une épouvante sans nom, le cœur lourd comme une pierre, manquant de défaillir au moindre bruissement de cape, risquant de s’évanouir à la moindre interaction masculine. Le moindre client devenait suspect, et elle devait se résigner, la mort dans l’âme, à les suivre, persuadée de signer son arrêt de mort à chaque passe, roulette russe intolérable pour les nerfs, et c’est tremblante qu’elle cherchait à deviner, indécise et terrorisée, si sous les gants de cuir ne se dissimulaient pas les mains sadiques, chirurgicales, de « l’éventreur de Whitechapel ».

Sa vue comme son ouïe semblaient s’être aiguisées par la crainte, aussi le moindre bruissement de feuille faisait tressaillir tous ses os, de même qu’instinctivement, le moindre bruit de pas lui faisait porter la main à sa jarretière gauche, dans laquelle elle dissimulait son petit couteau de poche rouillé, servant d’ordinaire à couper le pain et les pommes durant ses repas.
Le même rituel, compulsif et exacerbé par l’effroi, fut donc scrupuleusement observé lorsqu’un claquement de semelles se fit entendre à l’angle de la ruelle ; Lucy plissait son regard, mais percevait uniquement l’ombre d’une silhouette haute que qui déchirait le linceul noir de la nuit. Quand enfin elle se fut rapprochée, Lucy fut certaine qu’il s’agissait d’un homme. Un homme qui allait vers elle ; la démarche un peu titubante, il s’arrêta tout net devant elle, si près qu’il manqua de la heurter. Il était de toute évidence ivre.

- Combien ?

Il avait articulé cet unique mot avec beaucoup de soin, comme si la simple prise de parole lui avait demandé un considérable effort de réflexion. Lucy n’était pas surprise, choquée ou même affligée du peu de délicatesse et de détours que l’homme prenait pour s’offrir ses services. La considération était pour les dames. Lucy se savait une créature honnie, déchue de cette société pudibonde et respectable, et s’était résignée à ce qu’on la traite sans ambages. Son haleine lui était revenue au visage; il sentait le cigare et le brandy. Sans doute sortait-il d’un bar quelconque ou du cabaret, et aura voulu achever la soirée en s’adonnant au vice glauque et dépravé de la luxure monnayée avec une prostituée de bas étage. La jeune rousse n’aimait guère les clients ivres, aux réactions imprévisibles, systématiquement violents, souvent désabusés ou aigris et profitant de la traînée misérable qu’ils se payaient durant une heure, pour assouvir leurs instincts primaires, dominateurs et autres vices qu’ils se devaient de refouler dans la bonne société.
Mais les clients ne se bousculaient pas et Lucy ne pouvait guère se permettre d’être exigeante dans le choix de ses passes. Alors la réponse, mécanique, usuelle, sortit d’un ton placide de ses lèvres frémissantes de froid :

- 10 shillings Monseigneur.

L’homme la regarda de ce regard vitreux, rendu imbécile par l’absorption d’alcool, et lui décocha un sourire en coin, étrange, oscillant entre la niaiserie et le sadisme. Puis, soudain, il plongea la main dans sa bourse, se mit à y farfouiller quelques instants, et en sortit péniblement quelques pièces qu’il tendit à la fille de joie ;

- J’ai 4 pences, ça devrait aller.

Lucy pâlit sous l’insulte. A quatre pences la passe, mieux valait la mendicité, où même se jeter directement dans la Tamise pour ne pas se voir mourir de faim ! Alliant fermeté et stoïcisme, maîtrisant sa colère, elle répondit, implacable :

- Je regrette Monseigneur, ce n’est pas assez.

Les traits du visage se durcirent soudain, avec cette surprenante bipolarité des gens qui ont bu. Ces violentes sautes d’humeur avaient toujours fasciné Lucy, qui ne buvait jamais d’alcool et ne parvenait pas à comprendre comment on pouvait prendre le risque d’absorber quelque chose qui faisait à ce point perdre le contrôle de soi-même.

- Tu penses que tu vaux plus ? Tu n’es qu’une traînée misérable de Whitechapel en haillons parmi tant d’autres, et je suis sûre que tu te vendrais pour un quignon de pain !

Lucy ne s’était pas trompée. L’homme était complètement saoul, et comme tous les hommes, l’instinct misogyne et agressif, plus ou moins bien dissimulé sous la sobriété, reprenait ses droits, avec la vulgarité et la violence qui s’imposaient. La jeune femme savait pertinemment qu’il était complément vain d’essayer de dépenser de l’énergie à raisonner l’ivresse. Aussi se contenta-t-elle de rester calme et ferme, en espérant le décourager :

- Mes clients pensent que je vaux 10 shillings, puisqu’ils paient. Je n’irais pas en dessous de ce tarif.

Lucy eut à peine le temps de fermer la bouche qu’elle sentit une main s’abattre sur sa joue gauche en un violent soufflet. Comme elle se trouvait presque adossé au mur, sa tête, par la puissance de la gifle, heurta celui-ci et la violence du choc l’effondra sur les pavés, à côté du couteau qui lui avait glissé des mains et était tombé avec un cliquetis métallique sur la pierre. La douleur, la surprise et la frayeur lui avait fait poussé un cri perçant d’animal blessé. Un ruissellement chaud se mêla aux boucles emmêlées de son front et lorsqu’elle sentit qu’il coulait sur sa joue, elle y porta la main et y vit du sang. Elle resta recroquevillée quelques secondes, comme prostrée, tentant de remettre en place ses émotions et sa placidité habituelle, bouleversées par le choc imprévisible.

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MessageSujet: Re: Le prix de la rue [Indy] Jeu 2 Mar - 12:07


Lucy E. Wood & Indianna Peters
Il faisait noir, un noir brumeux et étouffant, comme presque toujours ici à Londres en même temps. Il était tard si tard que la ville semblait déjà presque dormir. Mais dormir au bordel, c'était une notion presque inconnue, les va et viens des gens, des filles et des clients... C'était incessant. La journée était même généralement plus calme que la nuit. Cette nuit qui cachait comme une nuée épaisse les visages au plus curieux. Indianna n'était pas une grande dormeuse de toute façon, ses yeux rougirent et ses creux sous les yeux ne pouvaient que témoigner de tout cela. Depuis presque toujours, elle ne dormait que peu. Alors comme bien souvent, elle s'occupait, attendant que le temps passe, que Morphée la désire dans ses bras. Le plus souvent, elle dessinait sur des feuilles dans sa chambre sous les toits du bordel. Mais parfois, elle sortait se promener. Dangereux ? Oui, les rues de la grande ville n'étaient pas la plus sûre, mais Indianna savait n'avait jamais eu de réels problèmes et puis elle n'était pas du genre à avoir peur. Après toute sa vie n'était rien, elle ne manquerait à personne, alors à quoi bon se priver d'une chose qui lui faisait plaisir.

Indy s'était éclipsé de la battisse sans bruit, sans se faire remarquer comme toujours. Non pas qu'elle était prisonnière de la maisonnée. Non. Disons juste que Miss Bolton ne serait surement pas ravi de la savoir au-dehors sans surveillance alors que la lune brillait dans le ciel, malgré les quelques nuages présents. Jetant un regard derrière elle, croisant le cocher d'une voiture qui venait de s'arrêter et qui repartait aussi vite qu'il était venu. Elle marcha alors plus rapidement en direction des ruelles du quartier. La roussette avait envie de marché, juste marché, pensé à rien ou à trop de choses. Ses bras serrés contre sa poitrine, elle avait oublié son petit châle et il faisait plus frais qu'elle l'aurait pensée. Mais ce n'était pas un peu de froid qui le ferait rebrousser chemin, non.

Les minutes s'écoulaient comme la brise légère qui faisait voler les mèches de cheveux de feu de la jeune femme à tout faire. Son regard se posant ici et là, redécouvrait chaque fois les beautés cachées de la ville ou sa laideur. Mais elle l’appréciait à sa façon. Un cri retentit non loin. Strident, de ceux qui glacent le sang sur place. Ce qui avait été le cas. Indianna se tourna, cherchant aux alentours, mais rien, la seule ruelle qu'elle voyait était assez loin. Mais sans plus de réflexion ses jambes s'étaient précipitées là-bas. Au tournant, elle posa son regard sur un homme, imposant de dos, malgré la distance. Mais ses yeux bleus glissèrent sur la femme à ses pieds. Le cœur de Indianna manqua un battement. Sans réfléchir aucunement, elle courut vers l'homme et tel un singe sauta sur son dos. L'agrippant des faibles force dont elle disposait. Griffant son visage au passage. Elle le poussa contre le mur dans l’élan face à lui. Son visage se cogna contre le mur. Il tituba facilement. Peut-être était-il déjà alcoolisé. Indianna se retrouva au-dessus de lui alors qu'il chutait presque sur la femme au sol. Un roulé bouler sur le côté alors que la lourdeur du poids quasi mort de l'homme heurta les pavés. Indianna grimaça. Ses genoux avaient heurté trop violemment le sol. Son souffle fut légèrement coupé par le choc. Elle resta un instant au sol, dos aux pavés tentant de respirer. Puis elle se relava avec un peu de difficulté. L'homme à ses pieds, sonner par la chute.

« Vous allez bien ? »

Laissa alors entendre la voix étouffé de la jeune fille qui se relevait.
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MessageSujet: Re: Le prix de la rue [Indy] Mer 8 Mar - 15:27






Le froid, la douleur et la surprise semblaient avoir figé le temps. C’était une Lucy amorphe et ankylosée par la stupeur qui se tenait repliée à même le sol, sa longue chevelure rousse recouvrant négligemment ses bras nus que la violence du choc avait découverts. Le châle de laine élimé gisait là, à côté d’elle, ombre informe, pathétique symbole de la misère de sa propriétaire qui le traînait partout avec elle, ne voulant accepter qu’il puisse rendre l’âme. Lucy aimait cette étoffe ; elle avait appartenu à sa mère et croyait encore y sentir, bien des années après, les effluves de son odeur. Ce châle miteux avait bien plus de valeur que la soie la plus fine, parce qu’il avait le passé de Lucy en mémoire. Il avait été son compagnon lors de l’abandon de la maison familiale, il avait supporté sa détresse devant l’indifférence de Londres, et l’accompagnait, tel un talisman, dans toutes les ruelles sombres de Whitechapel et les taudis malfamés des bas-fonds londoniens.

Alors quand Lucy, tapie comme une créature blessée, le front ruisselant de sang, posa le regard sur ce compagnon d’infortune négligemment jeté sur la pierre crasseuse, un élan de colère, mêlé d’un puissant sentiment de nostalgie, la réveilla de son apathie. Elle allait se lever d’un bond lorsque, ayant repris ses esprits depuis peu, elle distingua vaguement une ombre frêle qui se découpait dans la nuit noire. A peine eut-elle le temps de plisser les yeux pour tenter d’apercevoir les contours de la silhouette avec plus de netteté qu’elle la vit sauter sur le dos de l’agresseur avec une vivacité étonnante. L’ivresse ralentissant les mouvements et les réactions de l’homme, il fut, malgré sa force apparente, visiblement désarçonné par la jeune fille grâcile qui l’attaquait avec autant d’ardeur. Il poussa un juron qui se transforma en cri de douleur lorsque les ongles de la toute jeune femme lui lacérèrent le visage. Il tenta trop tard de se dégager de son emprise car, profitant de l’avantage de la surprise et de la sobriété sur la force physique de l’homme, la demoiselle l’envoya de face contre le mur. Rendu chancelant par l’alcool et le choc de la pierre contre son crâne déjà abruti de boisson, l’homme menaçait de s’effondrer.

Lucy voyait choir dangereusement la masse imposante de son agresseur à si peu de distance d’elle qu’elle n’avait plus le temps de se relever pour l’éviter. Elle eut à peine le temps d’avoir peur, ou même d’anticiper le choc d’un corps inerte si lourd s’effondrant sur le sien que l’ardeur de sa sauveuse, qui semblait intarissable, reprit le dessus. D’une violente poussée qui lui parût pénible, elle l’envoya sur le côté. Le front de l’homme heurta les pavés et il resta gisant, inanimé, tandis que Lucy percevait sur le visage de la jeune fille, agenouillée par l’effort, l’esquisse d’une grimace de douleur. Elle avait entendu le bruit sourd des frêles genoux retombant sur les cruels pavés de Whitechapel.

La scène n’avait duré que quelques instants. Lucy se releva prestement, en même temps que la charitable âme salvatrice qui avait mis son existence en péril pour venir en aide à une prostituée de bas-étage. Elle la dévisagea, une surprise non feinte peinte sur son visage d’habitude impassible. Lucy découvrait une petite rousse à peine sortie de l’adolescence, au charmant visage mutin, encore enfantin par endroits, et aux yeux bleus clairs, aussi maigre et cernée qu’elle. La hardiesse avec laquelle elle avait pris sa défense, la délicatesse de ses traits juvéniles et l’évidente jeunesse qui transparaissait chez sa bienfaitrice submergea Lucy d’une vague de reconnaissance sans nom, sentiment qu’elle n’avait jamais eu l’occasion d’éprouver. Ce sentiment redoubla lorsque la jeune fille la questionna sur son état alors qu’elle-même s’était blessée en ayant eu le courage de la défendre. Aussi répondit-elle d’un air vaguement et faussement distrait, portant instinctivement la main à sa blessure d’où s’échappait toujours un mince filet de sang rougeâtre.

- Oui, oui, ce n’est rien.

Pas tout à fait remise du choc, Lucy était comme anesthésiée et ne ressentait pour le moment aucune douleur. Elle souffrirait certainement plus tard, lorsqu’elle tenterait de se reposer ou lorsque le vent glacial ébourifferait ses cheveux, ravivant la douleur de la plaie béante par cruelle morsure. Mais, sur un ton bien plus préoccupé que lorsqu’elle parlait d’elle-même, elle ajouta, un peu inquiète.

- Mais et vous ? Je vous ai vu grimacer. Tout va bien ?

Un râle sourd interrompit brusquement la conversation et détourna un instant l’intérêt de Lucy envers l’état physique de la jeune rousse. L’homme ivre mort paraissait peu à peu émerger de sa léthargie et si la surprise, combinée aux effets de l’alcool, avait permis à la frêle adolescente de le neutraliser quelques instants, la colère mêlée à sa force physique risquaient d’en faire un adversaire plus que redoutable. Le sang ruisselant sur sa robe rappela à Lucy l’insulte et le coup dont elle avait été victime et, sous un élan de colère, elle lui décocha un violent coup de pied dans l’estomac qui arracha un cri étouffé à l’homme qui s’affala de nouveau au sol.

Vivement et dans un geste de survie, elle se baissa pour ramasser son couteau tombé sur les pavés et l’empoigna avec force, prête à le dégainer promptement en cas d’attaque surprise de l’agresseur neutralisé. Puis, l’effroi et la prudence reprenant le dessus, elle regarda la jeune fille en tendant la main :

- Peut-être devrions-nous nous éloigner ? L’homme est assez violent et je n’ai pas envie qu’il s’en prenne de nouveau à nous.

Lucy joignait le geste à la parole, commençant déjà à esquisser un mouvement du talon droit pour rebrousser chemin et s’enfuir vers un autre coupe-gorge, abandonnant l’homme à son ivresse et à ses blessures.


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MessageSujet: Re: Le prix de la rue [Indy] Mer 15 Mar - 18:34


Lucy E. Wood & Indianna Peters
Genoux à terre, Indianna récupérait, elle n'avait jamais fait cela, et même si ses journées étaient bien remplies et qu'elle cessait jamais de bouger. Il fallait avouer que son entrain avait été plus féroce que prévu. Soufflant un peu bruyamment pour essayer de récupérer se souffle ne couper que sa chute avait provoqué. Son regard s'élevant vers la femme qui s'était relevé presque en même temps qu'elle. Plus près à présent, Indy avait le plaisir de contempler ses traits agréables. Elle était tout aussi rousse l'une que l'autre, mais la jeune femme était surement un peu plus âgée qu'elle. Cela se lisait sur son visage, elle n'avait que quelques petites années de plus, l'écart ne devait pas être grand. Remplaçant sa grimace par un sourire, la plus jeune des deux voulut rassurer de suite la femme qui s'inquiétait alors de son état.

« Ils en ont vu d'autres. Cela ira, merci. Mais... »

Indy n'eut pas le temps de poursuivre qu'un grognement se fit entendre. D'un même réflexe que la jeune prostituée, son regard se posa sur l'homme à leurs pieds. Mais elle se surprit aussi à suivre la femme ramassée quelque chose au sol. La lame du couteau brillait légèrement sous le peu d'éclairage présent. Indy se sentit un peu mal à l'aise, elle n'aimait pas les armes. Elle n'y avait jamais été vraiment confrontée, et cela devait être une sécurité pour une femme comme elle. Une femme des rues, mais la servante n'était pas vraiment à son aise tout de même. Un peu surprise, une nouvelle fois, elle sursauta alors que l'autre rousse brandit un coup de pied dans le ventre de l'homme à terre. Non pas que cela la dérangeait bien au contraire. Il le méritait bien, mais un instant, elle espéra que cela n'aille pas plus loin.

Prenant la main de la femme sans poser la moindre question ou résistance. Indianna enjamba alors le corps de l'homme. Un regard à son égard alors que les deux femmes quittaient la ruelle. Il était toujours à terre, sonné par le nouveau coup donné par la prostituée. Quelle soirée dit donc, Indianna était sortie pour prendre l'air et la voilà qui venait de sauver, ou du moins aider une prostituée qui avait un souci avec in client ivre et violent. Mains dans la main côte à côte comme pour se donner un courage qu'elles avaient déjà. Elle marchait dans les rues de Londres.

« Je pense savoir où on peut aller. Je connais une dame gentille, qui nous donnera de quoi panser tes blessures et un verre d'eau. Mais elle est à Lambeth, il faudra marcher un peu. »

En espérant que cela ne soit pas trop tard en réalité. La rousse pensait évidemment à la couturière qui il y a peu lui avait confectionné une magnifique robe pour quelque maigres sous. Après toute notre petite rousse ne connaissait finalement pas grand monde en ville. Elle sortait assez peu et puis c'était la première personne à qui elle pensa au final. Même si leur première et dernière entrevue c'tait un peu mal terminée, elle pensait sincèrement la femme assez généreuse pour leur offrir un peu d'hospitalité. Indianna, alors, serra davantage la main de la jeune femme et pressa le pas, comme pour guider le duo.

« Je m'appelle Indianna au fait. »

Laissa entendre la femme à tout faire alors sans pour autant s'arrêter de marcher à un rythme soutenu. Bientôt, elle serait à Lambeth, les voilà déjà dans le quartier de la City, près de l’hôpital. Y faire un arrêt ? Elles n'avaient surement pas les moyens, ni l'une ni l'autre, aucun intérêt donc. Indianna marchait vite, trop vite peut-être, comme de peur que l'homme les poursuivait, ou qu'un autre la face. Elle se retourna pour s'assurer que la femme la suive, bien qu'elle tienne sa main. Mais lorsqu'elle voulut se tourner de nouveau, elle se heurta alors à quelqu'un, un homme. Elle lâcha par réflexe la main de la femme et fit quelques pas en arrière. Manque de pot, un trou dans les pavés et voilà Indianna qui partait déjà en arrière. Ses mains cherchant à s'accrocher au vide de l'aire, elle réussit à se rattraper légèrement en se mettant sur le côté. Mais cette fois, elle avait bien le coude en sang. Dieu qu'elle n'aimait pas cela. La vision du sang la dégoûtait légèrement et sans parler de la douleur. Une nouvelle grimace gagna son visage alors.
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