Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel]



 

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Lydess Hentswig
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MessageSujet: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Icon_minitimeMer 5 Avr - 20:11



Waking Up Somewhere.

« Bring your Mind. »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

Après un délicieux repas très loin d'être équilibré, Lydess rejoignit sa roulotte, comme tous les jours depuis à présent plusieurs mois. Avoir été reccueuillie par les membres du Cirque avait été la plus belle chose qui lui était arrivé dans sa vie depuis à présent si longtemps. Jamais elle n'aurait espéré plus grand bonheur que d'avoir à nouveau un semblant de famille, après que la sienne à l'orphelinat ait été totalement détruite par les majorités et les diverses adoptions. La vie au cirque n'était pas parfaite, mais c'était celle qui lui convenait actuellement et qui était largement meilleure que celle que l'on pouvait retrouver dans la rue. Bien qu'elle appréciait les relations charnelles ouvertes à la proposition, être une prostituée ne lui aurait pas plu, pas de sécurité de l'emploi -on ne parle même pas de la sécurité de santé. Ainsi, se retrouver dans cette petite roulotte était agréable.

Après s'être pris un grand bol de café, elle remarqua qu'il lui faudrait très probablement retourner en voler un sur les quais. Cette fois-ci, c'était un café très exotique qui devait probablement venir des côtes très ensoleillés de l'Équateur du Nouveau Monde. Elle avait lu ça dans un journal, aussi volé à une passante inattentive, une fois où elle marchait dans le parc londonien. Une existence précaire mais qui ne manquait pas de piment. Tapotant ses gentilles cartes de tarot, posé en tas sur la table, à côté de son grand bol de café et de son morceau de pain, Lydess songeait, rêveuse, à son existence. Si l'on tournait très légèrement la tête sur le côté, on pouvait voir accrochée au dessus de son lit, une carte de tarot qui ne ressemblait pas du tout à celles qu'utilisaient la piquante demoiselle. Elle représentait dans des traits délicats, la splendeur de l'Impératrice. Carte lourde de sens qui n'en avait pas encore tant que ça aux yeux de Lydess. Était-elle promise à un plus grand avenir que simple diseuse de bonne aventure ? Il était comme ironique de répondre "seul le destin nous le dira".

N'ayant pas oublié de mettre le panneau "ouvert" du côté penchant de la roulotte, à cause de cette foutue roue cassée, notre ronde jeune femme attendait son ou sa prochaine cliente. Elle se sentait d'humeur à être sérieuse, et à véritablement offrir un service de qualité à la personne qui se présenterait devant elle. Jusqu'ici, elle avait toujours tapé dans le mille, avec ses élucubrations qui tenaient certes plus du conseil que de la véritable voyance. Elle aurait préféré être capable de tourner la cuillère de son café sans avoir besoin de la toucher, lisant sans sourciller un agréable livre. Un niveau de flemme très appréciable au niveau de la subtilité d'un éléphant. Mais voilà qu'un bruit de pas au dehors de la roulotte lui fit relever les oreilles, prenant une grande gorgée de café, mais pas assez pour la finir. La porte finit par être toquer et ouverte sans autre préambule. Lydess ne se leva pas mais sourit en terminant sa lampée de café et se lécha les babines:

- Bienvenue chez moi ! Que puis-je pour vous ?

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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Icon_minitimeSam 8 Avr - 15:12



Waking Up Somewhere.

« ... »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

Lorsque je m’arrêtais à penser à ma vie et à ce qu’elle était devenue depuis que je vivais à Londres, chez le cousin de mon père, Monsieur Devlin Stanton, j’étais rapidement prise de vertiges. Je devais parfois me pincer la peau jusqu’à la marquer de rougeurs pour accepter que je n’inventais rien… Je jouais à un jeu dangereux, mais ô combien excitant pour l’écrivaine en quête d’inspiration que j’étais. Il y avait quelque temps, je m’étais aventurée, seule et vêtue comme un homme, dans les ruelles de Whitechapel et avait fait la rencontrer d’hommes plus ou moins recommandables. Si, dans un premier temps, j’avais cru que ces derniers me causeraient de grands torts, il n’en avait été rien, mais j’avais dû marchander ma sécurité. En échange de quelques informations, je pouvais me déplacer dans les quartiers malfamés de Londres sans craindre les hommes de la Tribu et m’inspirer d’eux pour écrire mon prochain roman. Bien entendu, mon tuteur ignorait tout de cette double vie qui frôlait beaucoup trop l’illégalité et il n’avait pas à le savoir. En fait, c’est auprès de lui que je devais récolter des informations. Elles n’étaient pas nombreuses et pas de très grandes importances, mais chaque petit détail pouvait être significatif pour le chef de la Tribu et je me faisais un honneur de respecter ma part du marché. Il m’arrivait encore de me demander à quel camp j’appartenais, mais plus les jours passaient et plus j’apprenais à connaitre les membres de la Tribu, je m’apercevais que leur présence m’était bénéfique; j’avais l’impression d’avoir une famille… Une famille dysfonctionnelle, je vous l’accorde, mais des gens qui acceptaient la personne que j’étais et qui n’aspiraient pas à me changer complètement… Je devais être prudente pour ne pas attirer la suspicion de mon tuteur alors je ne retrouvais la protection de la Tribu que les soirs où Monsieur Stanton quittait son domicile pour aller retrouver un peu de réconfort féminin, soirs où il ne rentrait généralement qu’à l’aube.

Malgré cette tromperie, ma relation avec Devlin s’était améliorée au fil du temps; j’avais découvert en lui bien plus qu’un simple membre de ma famille éloignée… Oserais-je dire un ami? Un ami que je vendais à un bandit, mais je tâchais de ne pas voir les choses ainsi. Fergus ne voulait pas détruire Devlin, mais simplement savoir ce qu’il savait et au final, y avait-il vraiment du mal là-dedans? Ainsi, alors que Monsieur Stanton devait venir au cirque O’Farrell pour affaires, j’avais demandé à l’accompagner, prétextant n’avoir jamais visité cet endroit. Il avait accepté, mais je n’apprendrais rien aujourd’hui sur le motif de cette visite; aussitôt que nous étions arrivés, Devlin m’avait remis quelques pièces à dépenser où bon me semblait pendant qu’il ferait son travail. Ne me laissant pas la chance d’insister davantage, nous étions donc partis chacun de notre côté…

Le cirque offrait tant de divertissements qu’il m’aurait été facile de passer devant la petite roulotte à laquelle il semblait manquer une roue sans la remarquer, mais c’est vers ce drôle de refuge que mon regard avait été attiré. Un panneau affichant « ouvert » m’avait donné le courage d’avancer vers la porte et d’y toquer avant de l’ouvrir, tout simplement.

Sans attendre une quelconque invitation, j’avais pénétré dans la roulotte et m’étais retrouvé devant une femme très jeune et très jolie. Il n’y avait aucun doute que cette femme était la cartomancienne que je venais rencontrer, mais j’avais imaginé une femme beaucoup plus vieille, au teint peut-être foncé et à l’accent étranger… Cela enlevait-il toute crédibilité à cette jeune femme? Bien sûr que non! Ne m’attardant pas davantage sur le physique de la cartomancienne, je m’approchai doucement vers elle, hésitante. « Bon… bonjour! » avais-je prononcé en anglais, mais avec mon fort accent français. Jamais je n’avais rencontré une personne possédant le don de lire l’avenir, mon père ayant souvent attribué ce talent au diable et je ne pouvais dissimuler la nervosité qui m’habitait. « Êtes-vous diseuse de bonne aventure? ». La question était purement utilisée pour me faire gagner un peu de temps. « J’aimerais connaitre mon avenir… et peut-être avoir quelques réponses à des questions qui me tourmentent… ». Devant moi se trouvait une table sur laquelle étaient posées des cartes de tarot et de chaque côté une petite chaise. Devinant que la séance ne se déroulerait pas debout, je m’approchai de la table et m’assis sur la chaise m’étant destinée. Aussitôt, je déposai la bourse contenant les pièces de Devlin sur la table et levai les yeux vers la jeune femme : « C’est tout ce que j’ai, est-ce suffisant? ». J’ignorais à quel prix pouvait s’élever le service de divination de la cartomancienne, mais il était certain que tout l’argent de mon tuteur consistait à une somme très élevée, peut-être même trop.

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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Icon_minitimeSam 8 Avr - 18:18



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« Bring your Mind. »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

Quand les premières tapes sur la porte se firent entendre, le poids de la tasse pesait encore dans la main de la charmante rouquine. La chaleur ambiante provoquée par les lueurs de bougies et par les vapeurs toujours sifflante de la bouilloire faisait de la petite roulotte, un nid douillet où il faisait bon y venir. Le café brûlant coulait dans sa gorge tandis que la porte s'ouvrit. C'était heureux d'avoir un client d'aussi bonne heure après le repas. Sa digestion rendrait le tout beaucoup plus joyeux et remplit de bonhimie. La demoiselle s'exprimait dans un anglais très coupé, et malgré ses magnifiques vêtements, Lydess pouvait aussitôt comprendre qu'elle n'était pas une anglaise de pur jus. C'était une donnée plus intéressante qu'il n'y paraissait, car les étrangers n'étaient pas les plus difficiles à berner. Mais aujourd'hui, elle ne voulait pas se faire de l'argent facile. Alors qu'elle décala sa tasse de café sur sa table de cuisine, juste derrière son épaule, la jeune demoiselle commençait à lui demander si elle était diseuse de bonne aventure. Oh, la seule chose qui pourrait faire illusion était ses vêtements de gitane, bien qu'elle n'en ai pas eu une seule goutte de sang à sa connaissance. Mais vu qu'elle était orpheline, cette connaissance ne s'étendait pas bien loin.

Tout en la regardant s'asseoir sur la chaise d'en face, la voyante s'empara de ses cartes qu'elle commença à battre en rythme, marmonnant une chansonnette sans bouger les lèvres. Non pas qu'elle ne s'intéressait pas aux paroles de la jeune bourgeoise, mais enfoncer des portes ouvertes n'était pas forcément ce qu'elle préférait dans ce métier. Evidemment qu'elle allait lui lire son avenir. Evidemment qu'elle allait répondre à ses questions en lui fournissant les conseils les plus réconfortants et intelligents possible. Cela allait de soi, sinon elle ne mériterait pas sa petite roulotte. Mais alors que Lydess n'y pensait déjà plus, une bourse très certainement d'une monnaie rutilante et brillante tomba sur sa petite table. Jamais encore elle n'avait vu autant d'argent en aussi peu de temps. Comment un être humain pouvait entrer dans son taudis et lui jeter cette somme sans lui avoir seulement demander avant, histoire de faire économie de son butin. Elle haussa un sourcil tout en s'en emparant bien rapidement. Il ne fallait pas que la demoiselle se rende compte de son erreur. Toute souriante, Lydess cacha la bourse dans ses affaires et reposa son paquet de carte bien en face d'elle et de la cliente. Se levant par la suite, elle rit de très bon coeur.

- Écoutez, si vous pouvez vous permettre de mettre une telle somme sur la table sans connaître la valeur des choses, alors je vais présumer que cela sera largement suffisant. Pour ça, vous avez même droit à partager une tasse de café avec moi !

L'eau de la bouilloire était par chance encore brûlante. Ce ne fut donc pas très long de juste remplir les deux tasses qu'elle disposa sur la table. Elle adorait faire ami-ami avec ses clients, mais offrir du café était bien une preuve supérieure de sociabilisation. Après tout, elle aimait tellement son café, et il était si dur à voler, que c'était difficile de le partager avec la première personne venue. Mais tout cet argent le valait pour une fois. Sirotant déjà le sien, alors qu'elle venait de finir sa première tasse, Lydess fit glisser le paquet de cartes vers la demoiselle et fit:

- Si vous pouviez le couper à l'endroit où vous le souhaitez, vers la gauche, de la main gauche également. Il s'agit de la main intuitive, celle qui dépend de la partie inconsciente de notre cerveau.

Lorsque ce ceci fut fait, ce qui ne devrait pas prendre tant de temps que ça, elle posa la tasse de café et approcha une bougie de son champ de vision. Il était crucial de pouvoir se concentrer au maximum au moment de tirer les cartes. Si son visage reflétait toujours une grande sympathie, une certaine gravité s'installa dans son regard. Le temps était sérieux, on ne jouait pas avec les cartes du destin n'importe comment. Son jeu de Belline n'était pas à mettre entre toutes les mains, et ses esprits mettaient parfois un petit moment pour se manifester. Façon de parler, n'ayez pas peur ! Approchant donc la bougie d'entre les deux femmes, Lydess sourit à sa cliente et fit:

- A présent, il est très important que vous vous concentriez. Je peux lire les cartes, mais la seule qui peut m'offrir les clés du livre, c'est vous. Je veux que vous regardiez cette flamme, le temps qu'il faudra. Lorsque vous aurez l'impression qu'il n'y plus rien autour de vous, qu'entre cette table, cette bougie et vous, l'univers n'est plus qu'obscurité. Dès que vous aurez atteint cette plénitude, vous devrez saisir cinq cartes parmi cet éventail.

Ainsi qu'elle parlait, elle prit le paquet coupé par la demoiselle et l'étendit devant elle, à la manière d'un éventail tel qu'elle l'avait énoncé. Il était temps de travailler correctement, et en toute confiance. Pour se faire, Lydess offrit à la cliente son visage le plus agréable, celui que tous appréciaient comme étant le visage de la grande soeur.

- Vous me les donnerez ensuite sans les retourner.

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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Icon_minitimeLun 22 Mai - 20:30



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« ... »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

En voyant le regard de la jeune cartomancienne se poser sur la bourse, que je lui avais jetée sur la table entre nous, je compris que je devais certainement être l’une de ses clientes les plus généreuses, mais loin de moi l’idée de lui reprocher d’empocher tout cet argent! Cette femme offrait un service en échange d’argent, c’était un travail honnête (bien que la véracité de la cartomancie restait à vérifier, mais tout de même!) et ni Devlin et moi ne souffririons de ces quelques pièces dépensées en trop.

« […] vous avez même droit à partager une tasse de café avec moi ! »

Je souris à la jeune femme qui s’était levée avant de prendre la parole, ses cartes déposées sur la table devant moi. « C’est très gentil de votre part. ». Je regardai la cartomancienne verser le liquide brûlant dans deux tasses qu’elle déposa ensuite sur la table. « Merci. » Imitant la maitresse des lieux, je trempai mes lèvres dans le liquide foncé et pris une gorgée; mes papilles furent agréablement surprises de la qualité du produit que m’offrait cette femme et je me surpris à penser à la manière dont elle se l’était procuré, mais freinai rapidement ces pensées : je n’étais pas Devlin Stenton, détective privé qui ne cesse jamais de travailler! Là n’était pas le motif de ma visite également…

La jeune femme fit glisser le paquet de cartes vers moi en m’annonçant : « Si vous pouviez le couper à l'endroit où vous le souhaitez, vers la gauche, de la main gauche également. Il s'agit de la main intuitive, celle qui dépend de la partie inconsciente de notre cerveau. ». Je déposai ma tasse de café sur la table et approchai ma main gauche vers le paquet de cartes. Je laissai mes doigts effleurer la première carte, sur le dessus du paquet, pendant une fraction de seconde avant de couper les cartes comme me l’avait demandé la cartomancienne. Aussitôt, cette dernière déposa sa tasse de café, à son tour, et attrapa une bougie qu’elle vint placer entre nous. Je levai les yeux vers le regard de la jeune femme qui se faisait plus sérieux; un léger frisson parcourut ma colonne vertébrale. Elle me sourit et dit :  « […]Je veux que vous regardiez cette flamme, le temps qu'il faudra. Lorsque vous aurez l'impression qu'il n'y plus rien autour de vous, qu'entre cette table, cette bougie et vous, l'univers n'est plus qu'obscurité. Dès que vous aurez atteint cette plénitude, vous devrez saisir cinq cartes parmi cet éventail. Vous me les donnerez ensuite sans les retourner. »

Je soutins le regard de la jeune femme pendant quelques secondes comme si je m’attendais à ce qu’elle me dise de ne pas le faire, qu’il était dangereux de jouer avec le destin, mais elle ne le fit pas et je baissai les yeux vers la flemme de la bougie. « Très bien… » soufflai-je à voix basse. La tâche que me demandait la cartomancienne était plutôt simple, mais j’éprouvais un certain malaise à laisser mon esprit ainsi, vulnérable aux forces surnaturelles de la divination. Et si tout cela était l’œuvre du Diable, comme me l’avait toujours répété mon père? Je fermai les yeux quelques secondes en secouant les épaules et finis par souffler un bon coup avant d’ouvrir les yeux à nouveau sur la bougie. Offrant ma confiance à la jeune femme, je fis ce qu’elle m’avait demandé et lorsque je sentis que j’étais enfin en paix avec ce que j’étais en train de  faire, j’approchai la main gauche vers l’éventail de cartes et les survolai quelques instants. Lorsque j’arrivai au-dessus d’une première carte, j’eus l’impression de sentir une chaleur picoter le bout de mes doigts et compris que je devais choisir cette carte. Je la fis glisser vers la cartomancienne, sans la soulever de la table, et recommençai à survoler les cartes de ma main gauche. Une fois encore, une chaleur étrange vint picoter le bout de mes doigts et tout comme j’avais fait pour la première carte, je la fis glisser vers la jeune femme. Une troisième carte, une quatrième et finalement, une cinquième furent ainsi sélectionnées et lorsque ce fut chose faite, je me reculai sur ma chaise et levai les yeux vers la maitresse des lieux. Je ne pouvais plus reculer, mon destin se trouvait maintenant dans ces cartes…


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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Icon_minitimeLun 5 Juin - 11:46



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« Bring your Mind. »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

Les pièces qui tintaient était d'un grand réconfort pour un grand nombre de personne. L'idée de toute la nourriture qu'elles apporteraient en ferait sourire plus d'un. Lydess savait cependant que cela ne l'aiderait pas à assouvir son rythme de plaisir coûteux, trop même pour une grosse bourse de bourgeois. Mais elle n'allait pas refuser une si gentille attention causée par l'ignorance d'une fine bécasse trop jolie et dorlotée pour avoir l'air intelligente. Cela lui permettrait peut-être de se racheter une robe, ou des sous-vêtements, ce qui n'était pas non plus une mauvaise idée. Même si l'hiver n'avait pas encore commencé, il était bon de songer au long terme. Car au delà de ses bougies, la roulotte ne possédait absolument rien qui permettait de réchauffer l'atmosphère. Au moins, elle était protégée de la pluie et du vent et c'était ce qui comptait, quand bien même cela ne fut pas très optimisé pour le bruit.

Quand elle alluma la bougie, la diseuse de bonne aventure sentit un frisson lui parcourir l'échine. C'était l'une des choses qu'elle aimait le plus dans cette activité, la chaude et tremblante lumière de la bougie, comme habitante d'un univers parallèle aux symbolismes renversés. Là où le feu est synonyme de force, cette flammèche prend en compte toute la fragilité de l'âme humaine, son combat contre les éléments et la lente combustion de la vie. Ne comparons nous pas une bougie au temps ? Lydess offrit son sourire le plus maternelle à la jeune femme, espérant qu'elle se laisse sufisamment aller pour ressentir les énergies des forces qu'elle demandait à invoquer. Les forces du Destin, pour les inviter à se dévoiler. L'obscurité les avala, et cette flamme leur ancre, vacillait pour survivre. Cette énergie, fragile et volatile, semblait presque le fleuve, l'abri du Destin qui profitait de cette chaleur pour en imprégner les cartes en réponse à la question.

C'était toutes ces nuances que Lydess voyait dans de simples morceaux de cartes. La trainée en poudre de fée du futur, elle les voyait prendre naissance dans la bougie, remontant le long de la cire pour chatouiller la flammèche,  redescendant jusqu'à lécher le bois, glissant sur les cartes, les lisant, les repérant. Lydess retint sa respiration et cessa de les regarder pour se concentrer sur la jeune femme. Elle n'avait pas le droit d'influencer les cartes, pour le moment, elle ne connaissait pas même la question. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était offrir toute sa concentration à la riche demoiselle pour pouvoir atteindre la vérité. Récupérant toutes les cartes, Lydess les posa en face d'elle, dans un tirage en croix. Quand tout ceci fut fini, la diseuse de bonne aventure éteignit la bougie grâce à son index et son pouce. Soudainement, l'obscurité disparut pour prouver que oui, depuis le début, elles se trouvaient dans un jour respectable, avec une forte visibilité, bien que légèrement ombrée. Sur la table, le tirage n'était pas encore retournée, car Lydess souhaitait avant tout remettre l'ordre dans les informations de la jeune femme.

- Merci. A présent, ce que vous voyez ici est un tirage en croix. Il n'apportera pas l'information direct du futur, mais apporte de forts bons conseils. Ici se trouve la carte du pour, de ce qui fera que votre voeux sera positif. Là se trouve la carte du contre, de ce qui vous bloquera la route. En haut, la carte du conseil, elle donnera une idée de la voie à suivre. En bas, la carte du résultat si vous suivez correctement la carte du conseil. Au milieu, votre situation actuelle.

Elle les tourna alors chacune très lentement, songeant qu'elle n'avait pour le moment pas besoin de la question pour avoir une idée préméditante de la réponse. Première carte. Les plaisirs. Le pourquoi sa réponse serait couronné de succès avec un rapport avec la joie que cela lui procure, mais la carte symbolise également les Arts. La jeune demoiselle serait-elle peintre ? Écrivaine ? Il n'y avait nulle doute que quoiqu'il arrive, cette carte était l'Inspiration.

Tournant la carte du contre, elle fronça les sourcils. La réussite. N'y avait-il donc rien qui se mettrait en travers du chemin de la demoiselle ? Silencieusement, elle tapota la carte d'un air désappointé. Non pas qu'elle aimait que cela se passe mal pour ses clients, mais le fait d'avoir une telle route bénite pour une question n'était clairement pas dans ses habitudes. Il devait forcément y avoir un problème, ou quelque chose qu'elle n'avait pas bien vu. En tapotant la carte, elle songea qu'il fallait qu'elle pense à la doubler.

La carte du conseil se trouvait être tout aussi déroutante. La méchanceté. L'individu en face d'elle se trouvait être empli d'une jalousie forte, mais cela ne pouvait être un conseil. Fallait-il également doubler cette carte ? Lydess était troublée, de plus en plus. Plus hésitante, elle tapota également sur la carte, ne disant pour l'instant rien à sa cliente, dont elle n'avait même pas encore demander la question. Le conseil était peut-être un synonyme de combativité, dans le cas présent. Ou de montrer son véritable visage. Le doublage était une nécessité.

Retournant la carte du résultat, le visage de Lydess perdit toute couleur. Dieu qu'elle haïssait cette carte, et soudainement tout le reste lui sembla prendre en compréhension. La carte de la Ruine. Celle que tous essayaient d'éviter, plus dévorante et monstrueuse encore que la carte de la Mort. Celle qui annonçait les désastres et les désespoirs. Le sourire qu'avait Lydess s'affaissa jusque là, mais pouvait encore revenir selon l'interprétation. Il était à présent fort probable que le conseil était de ne pas se laisser envahir par la jalousie. Pourtant...la carte de la réussite... La jeune demoiselle réussirait-elle dans son entreprise, lui apportant donc son inspiration, mais est-ce que cela la changerait, la rendrait empli d'une méchanceté qui amènera à sa ruine ? Lydess était dans une intense réflexion qui pouvait se voir dans ses yeux froncés comme jamais. La carte de la situation n'annonçait pas réellement mieux. La carte de l'accident, la tour foudroyée. La jeune cliente se trouvait dans une situation complexe, dont les agissements pourraient bien changer bien plus qu'elle même. Lydess ne pouvait cependant dire davantage sans la question. Déglutissant et se mangeant les lèvres, elle mit ses mains à plat et regarda avec sévérité la jeune femme. Non, définitivement, la voyante n'était pas méchante et ne voulait pas de mal à une demoiselle certainement plus jeune qu'elle. Son côté maternelle l'en empêchait, et son professionnalisme de cartomancienne encore plus.

- J'ai... j'ai besoin de votre question, pour analyser ce tirage avec une plus grande précision.

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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Icon_minitimeDim 11 Juin - 13:49



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« ... »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

Étais-je plus effrayée à l’idée de faire appel à des forces surnaturelles pour prédire mon avenir ou que la réponse à ma question ne soit pas celle à laquelle je m’attendais? J’avais envie de demander à la cartomancienne d’arrêter tout et de garder l’argent, mais la curiosité et l’envie d’être éclairée dans mes choix pesaient beaucoup plus dans la balance de mes émotions. Je retins mon souffle, n’osant interrompre la jeune femme alors qu’elle m’expliquait de quelle manière les cartes que j’avais choisies influenceraient la réponse à ma question et mon avenir. Comparer le message de ces cartes à de bons conseils eut l’effet d’apaiser mes craintes face à la divination… Enfin, pas toutes mes craintes.

La jeune cartomancienne de mit à tourner les cartes, une à une. Les images qui se trouvaient sur chacune d’elles m’étaient complètement inconnues et je n’aurais su dire si j’avais choisi de bonnes cartes ou de mauvaises. Ne pouvant me faire une idée par moi-même, je levai les yeux vers la femme pour qui les prédictions n’avaient plus aucun secret et tentai de déchiffrer l’expression de son visage alors qu’elle posait ses yeux sur les cartes. La première carte avait été retournée sans expression notoire à observer, mais à la seconde, la cartomancienne avait froncé les sourcils. D’instinct, j’avais baissai les yeux sur cette carte afin de voir la même chose qu’elle, mais encore une fois, je ne pouvais savoir si c’était un bon présage ou un mauvais. Elle tapota la carte et je relevai les yeux vers son visage. Était-ce moi ou elle semblait légèrement déçue. Je sentis mes entrailles se tordent en anticipant déjà la réponse finale à ma question…

Troisième carte et toujours cette même réaction qui n’avait rien pour me rassurer. Encore une fois, la cartomancienne tapota la carte. Je reculai légèrement, croisant les bras sur ma poitrine comme pour me protéger ou me rassurer par une étreinte. L’avant-dernière carte fut tournée à son tour. Cette fois, j’eus l’impression de voir le visage rond de la jeune femme blêmir. Était-ce donc si mauvais que cela? Voyait-elle dans ces cartes quelque chose de bien pire qu’une réponse négative à ma question? Et puis finalement, la dernière carte se retrouva face vers le plafond de la roulotte. Je n’aurais pas été surprise d’entendre au loin au violent coup de tonnerre et un éclair déchiré le ciel tant j’avais l’impression que jouer avec des forces contraires aux volontés de Dieu ne pouvait plus apporter rien de bon.

« J'ai... j'ai besoin de votre question, pour analyser ce tirage avec une plus grande précision. ». La jeune femme avait posé ses mains sur la table entre nous et me regardait maintenant d’un air sévère. Ma poitrine se souleva à plusieurs reprises avant que je ne sois capable de prononcer un mot : « Ma question est… enfin… je voulais savoir si… ». Je me tus en baissant les yeux sur les cartes sur la table. Ce qui me tourmentait englobait plusieurs éléments ensemble : la trahison de Devlin par ma relation avec la Tribu, les sentiments naissants que j’éprouvais pour leur chef alors que je faisais tout pour les refouler, ce dernier, qui inspirait également mon prochain roman, la colère de mon père s’il venait à découvrir ce que je faisais… Je fermai les yeux en disant : « … Le chemin que j’ai emprunté… Est-ce que cette relation d’affaire que nous avons, si je peux la qualifier ainsi, évoluera pour devenir… ». J’ouvris les yeux; pourquoi était-il difficile de mettre en mot ce que mon cœur désirait ardemment? Je pris une profonde inspiration : « Pardonnez-moi… Ce que je veux savoir, au final, c’est si les sentiments que j’éprouve pour F… pour une certaine personne… sont ou seront partagés… ».

Voilà ce qui importait le plus au final dans cette histoire de trahison et de crime; Fergus m’aimerait-il un jour?


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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Icon_minitimeLun 12 Juin - 11:55



Waking Up Somewhere.

« Bring your Mind. »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

Lydess n'était pas réellement du genre à faire du mauvais travail. Ce n'était qu'à la suite d'un long ennui pour les insignifiantes questions de la classe sociale supérieur qu'elle avait fini par montrer une certaine apathie face à eux. Des pièces dérisoires, un mépris pour sa personne, et un air hautain et pourtant si terrifiée face à ce qu'elle pouvait leur dire. Il y avait un certain contrôle de l'esprit quand on était une diseuse de bonne aventure. Surtout quand on était doté d'un certain talent pour cela, comme avait pu l'être Lydess dès la naissance. Elle n'imaginait pas deux secondes que ses cartes puissent lui mentir, ou mentir à ses clients si tant est qu'ils étaient honnête dans leurs quêtes. Mais lorsqu'on associait une bonne figure à de bonnes pièces sonnantes et trébuchantes, il ne faisait plus aucun doute que la jeune femme se démenait en quatre pour trouver la bonne combinaison qui ferait repartir la cliente, avec de bonnes réponses. Pas, d'agréables réponses, notez le bien, nous parlons bien ici de bonnes réponses. De conseils sérieux qui ne se cachent pas sous de faux semblant, qui dénoncent avec la plus grande clarté la ligne du Destin et les choix de celui qui s'interrogent. Mais le tout accompagné d'une délicieuse tasse de café partagée, et vous aurez là tous les ingrédients pour un tirage réussi. Lydess regarda tour à tour ses cartes, ne perdant pas leurs significations de tête, ainsi que tous les assemblages qu'elle avait pu en faire. Il ne faisait aucun doute que les expressions de son visage troublait la demoiselle. Et ce simple fait lui permit de détacher une nouvelle donnée.

La jeune femme était très clairement intellectuelle. Le simple fait d'analyser ses expressions au lieu de simplement attendre la réponse d'un air consumé par le dédain était une chose qu'elle n'avait malheureusement pas l'habitude de voir souvent. Sa voix se fit pourtant hésitante, terrifiée. Peut-être y connaissait-elle quelque chose et avait compris qu'avoir la carte de la Ruine ne présageait rien de bon. Lydess regarda vaguement la couleur de ses mains et songea que finalement, il s'agissait peut-être d'une simple analyse de sa blancheur quand elle eut découvert la carte. Une relation d'affaire. Lydess avait bien deviné qu'il s'agissait d'un problème relationnel. Des sentiments, une histoire d'amour. La diseuse de bonne aventure fit un petit sourire, des cartes aussi intéressantes dans une histoire d'amour, voilà qui ne manquait pas de piquant. Tout ceci ferait de très longs monologues, il fallait se tenir prêt. Pointant alors la carte du pour, Lydess tenta de réconforter la demoiselle avec un grand sourire tendre et maternelle comme elle en avait le secret:

- Cette carte, très chère, est le pourquoi vos sentiments pourraient être partagé. Il s'agit de la carte des plaisirs, ce qui peut signifier d'un côté très pragmatique que cette relation vous apportera du plaisir à tout deux. Mais on peut être plus précis dans la signification de cette carte... et ainsi je peux deviner que vous êtes une âme créative. En effet, cette carte symbolique également les arts. Cette relation d'affaire concerne donc une histoire d'art, vous êtes peintre ou écrivain, peut-être même chanteuse. En tout cas, cette relation vous inspire.

Elle fit un grand sourire, appréciant raconter ce genre de bonne nouvelle à ces clients. Cela était rare que de recevoir la visite d'artistes. Ceux-ci n'avaient pas tant besoin de ses conseils, vivant si souvent au jour le jour et aux grès de leurs désirs les plus tumultueux de manière si libertine. Vous avez dit cliché ? Comment attendez-vous autrement de la demoiselle qui ne vivait pas non plus assez près de cette espèce pour pouvoir en discerner toutes les subtilités ? Elle tapota la carte de la réussite mais ne la recouvrit pas, car finalement, elle songea avoir eu suffisamment d'interprétation à faire comme cela. La voyante fronça pourtant doucement les sourcils:

- Je dois vous avouer avoir eu du mal à comprendre cette carte du pourquoi votre relation ne marcherait pas, donc. La carte de la réussite. Cela n'avait pas de sens, en quoi le fait de réussir dans votre entreprise affaiblirait la teneur de vos sentiments partagés. Est-ce que le succès de votre métier, et la célébrité qui va avec, vous éloignera de lui ? Ou peut-être est-ce autre chose, mais pour savoir, il nous faut regarder la carte du conseil. La carte de la méchanceté. Je ne vous conseille pas d'être méchante, loin de là. C'est une carte emplie de jalousie, mais celle-ci n'a jamais aidé quiconque à obtenir l'amour de quelqu'un, nous sommes d'accord ?

Elle regarda les cartes et se demanda si elle n'allait pas vite en besogne. Il fallait tout décrire, tout expliquer, afin que sa cliente puisse lui offrir toutes les réactions qui lui permettraient de mettre à nue le reste de la voyance. C'était une part presque sociologique du métier de cartomancien, ou parfois les réactions des individus nous en disaient bien plus que les cartes eux-même.

- Le résultat est la carte de la Ruine. C'est une mauvaise carte, qui symbolique la chute de tout ce pour quoi vous avez œuvré dans votre vie. Et celle de votre situation actuelle, c'est l'accident. Je pense que tout est lié. Que vous êtes actuellement une artiste qui vit de manière très peu conventionnelle, vous faites des choses qui auront des répercussions non seulement sur vous mais sur les autres, et pas dans la meilleure des directions. La personne dont vous me parlez occupe toutes vos pensées mais je crains qu'il ne fasse parti d'un grand bouleversement pour vous. Vous réussirez à obtenir ses faveurs... mais protégez vous de son influence, vous jouez très clairement avec des entités qui ne semblent pas être à votre porté. Je pense que la carte du conseil est là pour vous conseillez de ne pas vous laisser avoir par la méchanceté, car cet individu n'est pas très recommandable et qu'il pourrait vous transformer en une personne moins agréable qu'à présent.

Épuisée par cette joute mentale qui l'était l'analyse complète de ces cartes sous un angle tout à fait inconnu, Lydess soupira et passa une main sur son front avant de boire une grande gorgée de café si la tasse n'avait pas déjà été vidé. Elle priait pour avoir vu juste, car elle s'était aventurée dans des élucubrations si puissamment précises que cela n'augurait rien de bon. Elle restait généralement très vague pour un premier jet, mais tout lui semblait si bien se goupiller qu'elle n'avait pu rester silencieuse. Il fallait que la conversation continue, qu'elle en sache plus. La curiosité la dévorait à présent sur l'histoire de cette jeune femme qui semblait cacher bien plus de secrets que son joli minois ne le laisser parvenir.

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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Icon_minitimeJeu 27 Juil - 15:56



Waking Up Somewhere.

« ... »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

« Fergus m’aimera-il un jour?... Fergus m’aimera-t-il un jour?... » pensais-je alors que ces mots défilaient en boucle dans mon esprit. Aussi futile que pouvait sembler la réponse à cette question qui me tourmentait, les conséquences pouvaient en être importantes. D’une part, c’était pour Fergus que je demeurais au service de la Tribu, sans pour autant être membre de cette organisation. Bon nombre d’informations m’étaient cachées et j’étais plus souvent la cible de moqueries que de marque d’affection de la part de ses membres; leur chef y compris. Fergus représentait, à mes yeux, un souffle d’espoir pour la jeune femme en quête de liberté que j’étais. Il n’avait pas peur d’aller à contrecourant pour ses idées et je l’admirais pour cela. Cet homme, que je pourrais suivre jusqu’en enfer s’il me le demandait, était également ma source d’inspiration, ma muse pour mon prochain roman… Roman qui, je l’espérais, percuterait des murs à sa sortie et changerait le cours de l’histoire… Tout le monde aimait Fergus et je ne faisais pas exception, mais les sentiments que j’éprouvais pour le bandit étaient plus purs et nourrissaient l’espoir qu’un jour, il lève sur moi des yeux tendres… Malheureusement, être sympathisante à la Tribu comportait son lot de risques; pour se faire, je devais trahir la confiance de mon tuteur, Devlin, avec qui notre relation devenait pourtant meilleure. Étant sous son autorité, s’il devait apprendre quoi que ce soit de mes activités illicites, rien ne l’empêcherait de me renvoyer en France, dans ma famille qui ne voulait plus de moi ou pis, me chasser de chez lui sans le moindre sous. Étais-je prête à tout perdre par amour pour Fergus? « Fergus m’aimera-t-il un jour?... » pensais-je à nouveau. J’allais bientôt découvrir la réponse des cartes de la cartomancienne et peut-être cette réponse éclairerait mon chemin…

La jeune femme pointa la première carte du doigt; première carte que je me souvenais être la carte du pour. Les bras toujours croisé sur ma poitrine, je me mis à trembler imperceptiblement et le sourire réconfortant que m’adressait la cartomancienne ne semblait pas suffisant à me rassurer. « Cette carte, très chère, est le pourquoi vos sentiments pourraient être partagé. » Je cessais de respirer. «  Il s'agit de la carte des plaisirs, ce qui peut signifier d'un côté très pragmatique que cette relation vous apportera du plaisir à tout deux. » Je crois que mon visage devint écarlate à ce moment. À moins que le seul plaisir de Fergus soit de m’avoir à son service, mon esprit rebelle s’imaginait déjà les autres plaisirs auxquels des rapprochements avec mon beau bandit pourraient occasionner. « Mais on peut être plus précis dans la signification de cette carte... et ainsi je peux deviner que vous êtes une âme créative. » Ma mâchoire tomba; comment faisait-elle pour savoir cela en regardant une simple carte? « En effet, cette carte symbolique également les arts. Cette relation d'affaire concerne donc une histoire d'art, vous êtes peintre ou écrivain, peut-être même chanteuse. En tout cas, cette relation vous inspire. » La cartomancienne avait visé juste. Que par la seule interprétation de cette carte, je savais qu’elle disait vrai et que tout le reste, que ce soit favorable ou non, serait véridique. Je trépignais d’impatience d’en savoir plus!

Un autre petit tapotement sur la carte qui suivait. Je levai les yeux vers le visage de la jeune femme et remarquai qu’elle fronçait légèrement les sourcils; sa réaction avait été la même plus tôt. « Je dois vous avouer avoir eu du mal à comprendre cette carte du pourquoi votre relation ne marcherait pas, donc. La carte de la réussite. » Cette fois, ce fut à mon tour de froncer les sourcils. Je ne connaissais rien à la cartomancie, ni aux significations que pouvaient avoir les illustrations sur les cartes posées sur la table, mais je comprenais l’étrangeté de cette carte positive. Comme pour répondre à mes propres nouvelles questions, la cartomancienne poursuivit : « Cela n'avait pas de sens, en quoi le fait de réussir dans votre entreprise affaiblirait la teneur de vos sentiments partagés. Est-ce que le succès de votre métier, et la célébrité qui va avec, vous éloignera de lui ? » Je déglutis. Si la réussite était celle de la Tribu, il y avait fort à parier que je n’aurais plus aucune importance pour Fergus. Allait-il se lasser de moi et me laisser retourner à ma vie bourgeoise? Et si, comme le supposait la cartomancienne, la réussite était celle de mon roman? La fortune me sourirait, je pourrais prendre mon envol et vivre seule, indépendante des hommes. Fergus, cet homme de la classe ouvrière qui semblait avoir en horreur la réussite financière de la bourgeoisie et l’oisiveté de la noblesse, perdrait-il de son attrait à mes yeux? Verrais-je en lui rien de plus qu’un petit bandit à qui la vie n’a pas souri? Tout nous séparait… Et j’imaginais bien mal cet homme abandonner sa bande de truands pour suivre une bien aimée fortunée et vivre de soirées mondaines… « Ou peut-être est-ce autre chose, mais pour savoir, il nous faut regarder la carte du conseil. La carte de la méchanceté. Je ne vous conseille pas d'être méchante, loin de là. C'est une carte emplie de jalousie, mais celle-ci n'a jamais aidé quiconque à obtenir l'amour de quelqu'un, nous sommes d'accord ? » Je plongeai mon regard dans celui de la cartomancienne et souris timidement; j’avais toujours eu un tempérament jaloux et il était vrai que je jalousais la manière dont le chef de la Tribu s’adressait à certaines jeunes femmes ou la manière dont il les regardait. Il m’arrivait parfois même d’être jalouse de la relation qu’il entretenait avec Jenny, de leur complicité, de leurs éclats de rire… J’enviais la manière dont Fergus taquinait Annie, la journaliste responsable involontairement de notre rencontre. Je pris une profonde inspiration et me reculai sur la chaise, en décroisant les bras pour la première fois. Je posai mes mains sur mes cuisses, prête à attendre le reste.

« Le résultat est la carte de la Ruine. » Mon cœur manqua un battement. Voilà tout ce que je craignais depuis le début qui allait afin m’être révéler. « C'est une mauvaise carte, qui symbolique la chute de tout ce pour quoi vous avez œuvré dans votre vie. » J’émis un son qui ressemblait à un couinement. J’allais tout perdre. Ma vie tranquille sous la protection de Devlin, la relation que j’entretenais avec lui, mes rêves de liberté, mon désir de devenir écrivaine, ma relation avec la Tribu et Fergus… J’allais le perdre également… « Et celle de votre situation actuelle, c'est l'accident. » J’avais à peine porté attention à la cartomancienne tant j’étais sous le choc de la révélation de sa dernière carte. Néanmoins, je compris le mot accident et tentai de me concentrer à nouveau sur ses paroles : « Je pense que tout est lié. Que vous êtes actuellement une artiste qui vit de manière très peu conventionnelle, vous faites des choses qui auront des répercussions non seulement sur vous mais sur les autres, et pas dans la meilleure des directions. La personne dont vous me parlez occupe toutes vos pensées mais je crains qu'il ne fasse parti d'un grand bouleversement pour vous. Vous réussirez à obtenir ses faveurs... mais protégez-vous de son influence, vous jouez très clairement avec des entités qui ne semblent pas être à votre porté. Je pense que la carte du conseil est là pour vous conseillez de ne pas vous laisser avoir par la méchanceté, car cet individu n'est pas très recommandable et qu'il pourrait vous transformer en une personne moins agréable qu'à présent. » Des larmes remplirent mes yeux; tout ce que venait de résumer la cartomancienne était juste, beaucoup trop juste. Si je ne doutais plus de ses dons depuis un moment déjà, j’avais la preuve que tout ce qu’elle me disait était véridique. Elle savait beaucoup trop de chose pour avoir inventé cela. Un frisson parcouru mon corps et je tournai la tête vers la porte de la roulotte. J’avais envie de fuir cet antre où des forces extraordinaires étaient à l’œuvre…

J’eus l’impression qu’une éternité s’écoula avant que je ne tourne enfin la tête dans la direction de la jeune cartomancienne; cette dernière buvait son café en me fixant. Je pris ma propre tasse, à laquelle je n’avais pratiquement pas touché, et bu à mon tour du liquide brun à présent tiède. En déposant la tasse sur la table, les yeux dans le vide, je dis : « Je ne sais plus quoi faire… » Je pris une profonde inspiration et levai les yeux sur le joli visage de cette femme qui détenait mon avenir dans un jeu de carte. « Pourquoi faut-il que je l’aime? » Je baissai les yeux, sentant un sanglot monter dans ma gorge. Je pris à nouveau la tasse de café et en bu une gorgé avant de reprendre la parole : « Si j’avais obéit à mon tuteur, si je n’avais pas cherché mon inspiration dans les ruelles de Whitechapel, je n’aurais jamais fait sa rencontre… Je suis une étrangère… une petite bourgeoise et… une enfant naïve… » Je portai la tasse de café à mes lèvres et en bu une grande gorgée comme si le liquide avait été de l’alcool fort. « Lui… il a le monde à ses pieds et les plus belles femmes dans son lit… » Je déposai la tasse sur la table portai mes mains à mon visage pour me couvrir les joues. « Il m’aimera, vous dites? Et cet amour sera également ma perte? Mais cet amour survivra-t-il? Je n’ai nullement envie de n’être qu’une femme de plus à son tableau de chasse… Surtout si je dois tout perdre pour une nuit avec lui… Mais si… mais si cet amour est véritable et partagé… Ensemble nous pourrions traverser les épreuves se dressant sur notre chemin… Ensemble… » Cette fois, une larme se détacha de mon œil et vint couler sur ma joue, entre mes doigts toujours déposés sur cette dernière. « Les cartes ne disent rien d’autre? »


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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Icon_minitimeSam 29 Juil - 21:42



Waking Up Somewhere.

« Bring your Mind. »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

Lydess avait la tête baissée sur le tirage, la main tremblante sur la tasse. Cette étrange sensation lui étreignait encore les épaules. Cette lourde oppression sur son dos. Sa tête dans un étau sourd et la lueur des bougies qui capturaient son regard vide. Il lui avait fallu une concentration sans précédent pour atteindre un tel niveau d'informations, tout semblait s'être tellement bien agencé. Le présent et le futur lui étaient apparu avec un voile d'opacité si cruellement transparent qu'elle n'avait pas l'habitude d'être le chaudron de tellement d'informations. D'un œil fatigué, la cartomancienne regarda le fond de son café en soupirant tristement. La tasse était à présent vide; pour  qu'elle revienne à sa bouche, il faudrait qu'elle se lève pour en refaire. Mais elle n'en avait pas le courage sur le coup. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était attendre, une main à son front, coude sur la table. L'autre tenait l'anse de la tasse, jusqu'à ce que l'absence de liquide l'agace tant qu'elle retourna la tasse contre la surface de la table. Se redressant alors sur sa chaise, la voyante se frotta les yeux, puis le front et les cheveux qu'elle dérangea de manière peu conventionnel.

En rouvrant les yeux, Lydess vit alors les yeux de sa cliente se couvrir de larmes. Quand bien même la pauvresse était une femme n'appréciant absolument pas les bourgeois, les prenant pour des êtres futiles n'ayant que peu de réels intérêts autre que leur petite personne, le tirage qu'elle venait de faire lui avait changer son avis. En tout cas concernant la petite. Il fallait croire que tout le monde était différent, quelque soit les couches sociales. Le visage peiné, Lydess amena ses mains jusqu'à celle de la cliente. Qu'elle ne croyait pas qu'elle allait lire dans les lignes de sa main, ce n'était pas quelque chose qu'elle appréciait particulièrement faire. De toute façon, elle était trop fatiguée à présent pour lire quoique ce soit, quand bien même serait-ce le journal de la veille. Tout son instinct maternel se réveilla à la voix tremblante de la jeune femme. Elle semblait soudainement si fragile et perdu, bien loin de l'arrogance et l'ignorance avec laquelle ses frêles mains blanches avaient jeté le paquet remplis de piécettes. Soudainement, elle semblait presque atteignable comme un véritable être humain. Et même si Lydess avait perçu ce changement d'attitude rien que dans la lecture des cartes, preuve qu'elle ne s'était étrangement pas trompé, malgré la précision pourtant encore trop vague de ses propos. Elle caressa de son pouce les mains de l'artiste, l'écoutant se morfondre de son amour, parlant de son tuteur qu'elle trahissait, de cette rencontre à Whitechapel. La voyante lui lâcha une main pour qu'elle puisse boire son café, chose d'extrême importance.

- Vous semblez obsédée par cet... écart, entre vous. Vous êtes riche, et vous avez rencontré quelqu'un dans le quartier des pauvres, c'est un ouvrier peut-être...

Elle eut un petit rire attendri en l'entendant dire qu'il pouvait avoir toutes les femmes du monde à ses pieds. Oh ça, il était vrai que la rudesse des bas-quartiers masculinisait les hommes à un point presque impensable. Surtout dans les usines où s'imprégnait alors toute la puissance de leur masse musculaire, forgeant des cous de taureaux sur un torse en sueur et parfois même une barbe des plus torrides -quoique ce dernier point ne fut jamais une obligation. La cartomancienne lâcha les mains pour que celle-ci termine sa tirade. Comme ce qu'elle aurait pu penser, la demoiselle n'avait que trop de questions, pleines de nouvelles voies venaient de murir dans son esprit. Elle soupira doucement et baissa la tête, portant les mains à ses coudes:

- Vous ne vous rendez pas compte à quel point les cartes ont dit tant de choses... je pense juste qu'il est nécessaire de vous dire que c'est très souvent en essayant de s'enfuir de son passé que l'on le rencontre forcément.

Elle fit la moue et regarda son jeu de carte qu'elle fit par ranger rapidement, le posant sur le côté. Son regard attristé rencontra celui de la jeune femme, et son soupir se fit plus profond encore. Que pouvait-elle faire ? Elle avait répondu à sa question, devait-elle faire un nouveau tirage pour une nouvelle question ? Reprenant alors ses mains entre les siennes, elle rapprocha sa tête pour vraiment capturer son attention:

- Je ne prétends pas vous enfermer dans la Destinée. Je ne fais que vous guider, vous faire voir les possibilités de votre existence.

Elle eut un rire désabusé, son visage ne montrant pourtant aucun humour, car la situation ne s'y prêtait pas. Sa voix durant les paroles suivantes donnèrent l'impression que la cartomancienne se moquait d'elle-même.

- Vous savez, la rue, les bas-fonds, je connais. Et je me doute que je dois venir d'un environnement plus proche de ce fameux prince charmant que vous. Et je sais aussi que ce ne sont pas des choses qui se font si facilement... que nous vivons à une époque qui peine à se libérer et que les femmes ne sont pas censé avoir le droit de s'exprimer sur ce qu'elles ont sur le cœur... mais vous ne me semblez pas être n'importe quel femme. Et y'a ce chef de gang qui me dit toujours: "Du moment que tu te donnes les moyens de réaliser tes rêves, tout devient possible. Ta seule limite est ton imagination, et les efforts que tu consens à déployer  pour toucher au but." je pense que ça vous conviendrait aussi.
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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Icon_minitimeSam 16 Sep - 16:19



Waking Up Somewhere.

« ... »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

Je posai les yeux sur le jeu de carte sur la table, comme le faisait la cartomancienne; je comprenais qu’elle ne pouvait refaire un tirage. J’acquiesçai donc lorsqu’elle mentionna que le fait de s’enfuir de son passé nous forçait à le rencontrer, mais plus par résignation que par compréhension. La jeune femme semblait être sincèrement touchée par ce que je lui racontais et j’eus brièvement l’impression d’être en compagnie d’une confidente et non d’une femme payée pour être si bonne avec moi. Elle me tenait les mains, les caressant délicatement comme l’aurait fait une mère et ce contact était doux et réconfortant; j’aurais tellement aimé confier mes sentiments à la seule femme à ne m’avoir jamais comprise, mais on ne pouvait parler avec les morts…

Je relevai les yeux vers ceux de mon interlocutrice alors qu’elle me racontait connaitre les bas-fonds et j’eux un petit rire nerveux lorsqu’elle parla de prince charmant et j’eus envie de lui dire que Fergus n’avait rien d’un prince, mais en y repensant bien, elle n’avait pas tout à fait tort. Le jeune homme était le prince de Whitechapel et son charme rassemblait toutes les âmes en quête de changement, d’indépendance et de rébellion avec lui… N’étais-je pas moi-même la preuve qu’un seul de ses regards suffisait à nous envouter jusqu’à nous faire oublier nos propres convictions ou tout ce que nous avions cru comme les nôtres? Ainsi, je ne l’interrompis pas et continuai de l’écouter avec attention jusqu’à ce qu’elle dise : « Et y'a ce chef de gang qui me dit toujours… ».

Cette fois, je me raidis sur ma chaise alors que me sang semblait se glacer dans mes veines; il n’y avait qu’un chef de gang à Whitechapel capable d’autant de sagesse… Je glissai mes mains vers moi, sur la table, afin de les libérer de celles de la jeune femme bienveillante. « Ce chef de gang ? ». Peut-être donnais-je l’impression de craindre les relations de la cartomancienne, que la petite bourgeoise que j’étais avait peur d’être relié de près ou de loin au crime, mais il n’en était rien du tout. Si, comme je me doutais, la jeune femme citait Fergus, qu’elle était sa relation avec ce dernier pour qu’il lui dise de si jolies choses? Ahhh… Ne venais-je pas d’être mise en garde contre la jalousie? Je baissai les yeux sur ma poitrine et pris une profonde inspiration avant de relever les yeux vers le visage rond de la cartomancienne.

« Je connais un chef de gang de Whitechapel… ». Mon regard se perdit dans le vide un instant, repensant à tout ce que les cartes de la destinée m’avaient révélé puis, tout à coup, je me levai de la chaise sur laquelle j’avais été assise depuis beaucoup trop longtemps. « Je… je dois partir; il se fait tard et Monsieur Stanton doit me chercher partout! ». Je tournai le dos à la jeune femme, puis me retournai vers elle : « Je vous remercie… ». J’hésitai un instant, mais finis par me précipiter vers la porte de la roulotte afin de l’ouvrir rapidement. L’air frais qui pénétra alors la petite roulotte me fit frissonner, mais sembla également me calmer. Je tournai la tête dans la direction de la maitresse des lieux : « Si nous connaissons toutes deux le même homme… ». Je fermai les yeux, ne pouvant poursuivre ce que j’aurais aimé pouvoir confier à la jeune femme. Il était risqué de révéler les secrets de son cœur sans en subir les conséquences…

Sans un mot de plus, je sortis rapidement de l’antre de la liseuse de bonne aventure. Si j’étais venu ici pour recevoir des réponses à mes questions, je repartais néanmoins avec plus d’interrogations, de doutes, mais également avec une petite lueur d’espoir…

Après quelques pas précipités, je m'arrêtai soudainement en jetant un regard derrière moi; la roulotte de la cartomancienne, que je venais à peine de quitter, me semblait bien calme. Je regardai partout autour de moi; aucun signe de mon tuteur... En soupirant bruyamment, je tournai les talons pour revenir sur mes pas. Il m'arrivait si souvent de réagir impulsivement depuis mon arrivée à Londres que je commençais à croire que l'air anglais y était pour quelque chose. Timidement, je toquai à la porte de la roulotte, mais n'attendis pas que l'on m'invite à entrer pour le faire. Doucement, je m'approchai de la cartomancienne, la tête basse et vint me laisser retomber sur la chaise devant elle. « Veuillez me pardonner... je ne sais pas ce qu'il m'a prit... ». Ahhh, les émotions...


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   Because a vision softly creeping, left its seeds while I was sleeping. And the vision that was planted in my brain still remains, within the sound of silence.
   
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