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Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel]

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Lydess Hentswig
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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] - Page 2 Icon_minitimeMar 19 Sep - 11:00



Waking Up Somewhere.

« Bring your Mind. »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

Sentir les mains de la jeune cliente glisser de ses mains en une gêne et une nervosité émotionnelle perceptible ne rendit pas la cartomancienne moins agréable. Agir comme une mère envers les jeunes clientes avaient toujours était une de ses mimiques. Cela les rendait souvent plus ouverte, elles devenaient alors plus causantes et les choses qu'elles rajoutaient permettait bien souvent de compléter une lecture fantomatique. Cela se révélait parfois à un simple nom, un métier, quelque chose qui pourrait paraître incroyablement léger mais qui se révélait à des oreilles attentives comme une source inépuisable d'informations sur l'intellect du sujet, et ainsi tout ce qui pouvait s'en découler.

Le Destin n'était souvent pas si incroyable que cela, et ne pouvait que trop se lire rien qu'à travers les catégories sociales et les métiers de ces gens. Car ceux-ci manquaient trop souvent d'initiatives, les rendant d'une platitude si extrême que leur lire les cartes devenaient une corvée insoluble. Voilà pourquoi Lydess avait rapidement arrêté d'être sérieuse dans ses lectures, dès qu'elle sentait à qui elle avait affaire en face d'elle. Mais même la sorcière d'O'Farrell pouvait visiblement se tromper, car il eut fallu d'une bourse exceptionnellement bien rempli pour que la jeune demoiselle se fasse correctement lire l'avenir.

Ce qui n'était censé être qu'une simple parole revigorante, une transmission de connaissance d'une bonne âme à une autre, prit une tournure bien surprenante. A l'entente du terme "chef de gang", l'expression de la bourgeoise changea drastiquement. Ne pouvait-elle donc pas s'imaginer qu'une femme du rang de Lydess avait en effet des contacts avec des connaissances peu recommandables ? Mais ce que la cartomancienne rondouillarde put également noter, c'était la rougeur de ses joues qui prenaient en ampleur. Sa respiration se faisait plus rapide, entrecoupé presque de soupirs; si Lydess eut été un animal, nul doute que ses oreilles auraient bougé à chacun de ces gestes, transportant plus d'histoire à eux seuls que tout ce qu'elle aurait pu avouer.

Sa profonde respiration fut comme une main qui la retira du vide dans lequel ses yeux se voilaient, pour s'en retourner dans les pupilles de la voyante. Lydess fronçait les sourcils à ce retournement brutal d'émotions. Ce n'était pas de la peur, son regard ne partait pas dans tous les sens comme si la jeune pucelle craignait que des bandits soient terrés dans les ombres de sa roulotte. La solution à l’énigme vivante que devenait l'inconnue se résolve d'elle-même quand elle fit notion d'un chef de gang, qu'elle connaissait également. Un grand sourire se scinda au visage de Lydess. Il n'y avait qu'un pas pour dire qu'elle avait résolu toutes les zones noires qu'avaient occasionné la lecture des cartes. Cet homme ne pouvait n'être qu'un ouvrier, ou à peine mieux placé, peut-être même moins que cela. Il avait tapé dans l'oeil de la bourgeoise qui depuis, se créer des ennuis juste pour pouvoir le revoir. Cela la faisait déjà beaucoup rire de s'imaginer que cela puisse être Fergus. Elle savait que le bougre délogeait plus d'un coeur dans les rues, mais de là à frapper dans la bourgeoisie, quel coquin.

Mais la jeune femme se leva aussitôt, précipitant sa fuite en déclarant qu'un homme l'attendait au dehors, la remerciant ensuite. Lydess s'apprêtait à ouvrir la bouche, mais la ferma aussitôt. Après tout, pourquoi risquer d'empêcher une seconde visite avec encore plus d'argent à la clé ? Alors qu'elle s'apprêtait à repartir, la cliente se retourna, déclarant qu'elles connaissaient probablement le même homme. Lydess n'eut qu'un petit sourire attendri, se sentant presque vieille et envieuse des émotions qui traversaient la jeune femme. Oh, elle aussi, en avait eu une attirance pour le cher Mr Lynch; alors elle ne pouvait que la comprendre. La bourgeoise ne poursuivit pourtant pas et partit rapidement, laissant complètement la cartomancienne sur sa faim. Même une quête d'un argent facile pour plus tard ne permettait pas d'ainsi devoir attendre le prochain épisode pour en savoir plus.

C'était son petit côté maternel qui revenait alors, mourant d'envie d'en savoir plus sur celle qui voulait ainsi dévorer le coeur de son grand frère de coeur. En haussant les épaules, seule une nouvelle fois, Lydess commença à ranger les cartes de sa table. Ce fut un tirage des plus éprouvants, sous l'émotion d'avoir autant d'informations d'un coup. Les cartes étaient rarement aussi clairs, et pourtant Dieu seul savait combien de tirages elle avait pu faire dans sa vie. Se levant, elle se prépara un nouveau café quand la cliente bien coiffée revint en trombe s'asseoir sur sa chaise attitrée. Lydess la regarda avec de grands yeux ronds, mais haussa aussitôt les épaules pour s'asseoir à son tour, café bien en tasse pour se remettre en chaise.

- Ce n'est rien, même si j'avoue que je n'ai pas l'habitude d'un tel comportement... ça arrive que les clients s'en aillent d'un coup, parfois sans payer parce que ce que je leur ai dis ne leur a pas plu... mais qu'ils partent et reviennent aussi calmement... c'est surprenant.

Elle eut un petit rire honnête, de grands yeux pétillants regardant désormais le tirage bien rangé dans son oracle de Belline. Dommage qu'elle n'eut su plus tôt qu'elle reviendrait, se souviendrait-elle des cartes qu'elle avait tiré ? Si jamais la demoiselle lui posait des questions, voilà qui allait être bien compliqué de répondre en des termes concis. Mais Lydess se doutait qu'elle ne venait pas parler de la pluie et du beau temps astrologique. Mais de ce fameux chef de gang. La cartomancienne était restait évasive, ne souhaitant pas apporter d'ennuis à son frère de coeur. Elle se doutait à présent que la jeune femme était sincère dans ses émotions; dans ce côté presque lunatique que la bourgeoise avait de réagir de milles façons différentes sans jamais changer de regard. Ces yeux brillants et rêveurs, qui semblaient ne pas être présent. Posant sa tasse après une très longue gorgée, elle croisa ses doigts devant sa bouche et sourit:

- Si nous connaissons le même chef de gang, le nom de Fergus Lynch ne doit pas vous être inconnu.

La cartomancienne laissa alors un instant de silence, très court mais suffisant pour admirer les changements possibles dans le regard de la bourgeoise. Avant de continuer avec un plus grand sourire encore, comme si elle s'amusait à torturer la demoiselle de ses connaissances cachés.

- Je le connais depuis très longtemps... on a grandit ensemble dans le même orphelinat, nous étions un peu frère et soeur de coeur. Même si ce n'était déjà qu'un garnement rebelle hors la loi. J'étais un peu la maman un peu chiante qui lui disait de faire attention où il mettait les pieds. Vous avez pu vous rendre compte à quel point il m'écoute bien. Mais si vous le connaissez... vous savez parfaitement qu'il n'écoute personne, n'est-ce pas...?

Lydess s'enquit alors d'un grand sourire quasi coquin, mêlant à la maternité son côté pêchu de jeune femme intrépide qui, également, n'écoutait personne.

- Alors, ma chère future belle-fille, que désirez-vous savoir de Maman Lydess ?

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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] - Page 2 Icon_minitimeVen 13 Oct - 15:15



Waking Up Somewhere.

« ... »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

Je n’osais relever les yeux vers la cartomancienne, honteuse de mon comportement. Je fixais un point dans le vide, les mains sous mes cuisses telle une enfant qui attend de se faire disputer par son parent. Ce qui m’avait fait fuir la roulotte était également ce qui m’y avait ramené : le fameux chef de bande. D’une part, je craignais d’apprendre que cet homme était bel et bien Fergus, pour quelle raison exactement, je ne saurais dire.  Avais-je peur de découvrir la nature de la relation qu’il entretenait peut-être avec cette jeune femme? Après tout, elle était jolie, intelligente et pour qu’il lui dise de si belles phrases, tous deux devaient avoir une relation particulière. D’un autre côté, si cette femme connaissait Fergus, elle pourrait peut-être me conseiller comme le ferait une amie et non plus comme la diseuse de bonne aventure, payée pour m’apporter des réponses…

La cartomancienne ma rassura quant à mon comportement et le petit rire qu’elle eut en terminant de parler me fit sourire également. Je devinais chez elle une nature bienveillante et quelque part, au fond moi, j’eus l’impression d’entendre le rire de ma chère mère. Cette dernière me manquait terriblement… Si elle avait été là, ce serait à elle que j’aurais demandé conseil et non pas à une  voyante… Elle m’aurait comprise… Maman n’aurait peut-être pas approuvé mon affection pour le chef de la Tribu, mais elle m’aurait écouté sans me juger. Je levai un regard timide vers la jeune femme qui venait de prendre une gorgée de thé, croisant maintenant les doigts devant sa bouche en souriant : « Si nous connaissons le même chef de gang, le nom de Fergus Lynch ne doit pas vous être inconnu. » À l’évocation de ce nom, j’eus l’impression d’être privée d’air et ouvrit la bouche, la refermant presque aussitôt. Je ne pouvais mentir, les réactions de mon corps me trahissaient déjà. Je détournai le regard, comme si le décor dans lequel nous nous trouvions pouvait me venir en aide. Le silence était lourd et devenait de plus en plus insupportable, mais heureusement, la cartomancienne poursuivie : « Je le connais depuis très longtemps... on a grandi ensemble dans le même orphelinat, nous étions un peu frère et soeur de coeur. Même si ce n'était déjà qu'un garnement rebelle hors la loi. J'étais un peu la maman un peu chiante qui lui disait de faire attention où il mettait les pieds. Vous avez pu vous rendre compte à quel point il m'écoute bien. Mais si vous le connaissez... vous savez parfaitement qu'il n'écoute personne, n'est-ce pas...? »

Je connaissais si peu de choses sur l’homme qui habitait toutes mes pensées, bien malgré moi, que d’apprendre qu’il avait passé une partie de sa jeunesse dans un orphelinat me brisa le cœur. Je portai presque aussitôt une main sur ma poitrine alors que la jeune femme m’apprenait qu’ils étaient comme frère et sœur (ce qui mit fin à un léger sentiment de jalousie naissant) et que même enfant, Fergus n’en faisait qu’à sa tête, suivant un chemin qui l’avait conduit, aujourd’hui, jusqu’au rang de chef respecté de la Tribu. Je fermai les paupières en acquiesçant avec un petit rire étouffé aux propos de la cartomancienne lorsque celle-ci affirma que le bel ouvrier n’écoutait personne. Mon père m’avait souvent reproché d’être têtue, de ne faire qu’à ma tête et de ne pas l’écouter. Selon lui, cela était un vilain défaut, mais c’était pertinemment cette force de caractère que j’admirais chez Fergus et qui me confortait dans ma manière d’être. Nous étions tous deux des électrons libres ne souhaitant être reliés à aucun noyau et pourtant, nous étions si différents…

« Alors, ma chère future belle-fille, que désirez-vous savoir de Maman Lydess ? »

Perdue dans mes pensées, je sursautai lorsque j’entendis les paroles de la jeune femme. Si je n’avais pas été si absorbé par mes sentiments pour Fergus, les révélations troublantes des cartes et la possibilité de savoir tout ce que je désirais sur l’homme qui faisait battre mon cœur, peut-être aurais-je réagi différemment à l’évocation du prénom de la cartomancienne : Lydess. Quelque temps auparavant, lors d’une soirée, j’avais fait la connaissance du jeune Lord Loban Renfield et il m’avait confié être à la recherche de son amour de jeunesse : une jeune fille avec qui il avait vécu quelque temps à l’orphelinat. J’avais trouvé son histoire si belle, si touchante et si inspirante que lorsque j’avais compris que ce n’était plus de la peur que j’éprouvais pour le chef de la Tribu, mais de l’affection et que cette affection se transformait en amour chaque fois que je le voyais, les paroles de Loban, au sujet de l’amour, m’étaient revenues en mémoires : « Vous savez, pourtant, quand on est réellement amoureux, on est complètement soumis à cet amour. »

Néanmoins, ce fut la référence à moi comme future belle-fille qui me fit sursauter. Je plongeai mon regard dans celui de la jeune femme qui semblait s’amuser de la situation alors que j’avais l’impression de foncer directement dans une impasse. Je restai silencieuse pendant quelques secondes, hésitant à me confier. « Vous ne lui direz rien de ma visite, n’est-ce pas? » Si Fergus venait à apprendre les détails de notre rencontre, je devrais probablement mettre fin à mes jours, vivre dans la honte n’étant pas une option. Je gardai cette macabre réflexion pour moi. Après quelques instants, je pris une profonde inspiration et forçai un sourire avant de reprendre la parole : « Les cartes ont dit beaucoup de choses alors que vous ignoriez l’identité véritable de cet homme… Maintenant que vous le savez, est-ce que cela vous surprend? … Vous m’avez dit que mon amour serait partagé, mais qu’il mènerait à ma perte… » J’hésitai un instant à parler davantage du lien qui m’unissait à Fergus, mais si cette dernière était réellement sa sœur de cœur, elle ne devait rien ignorer de la vie du chef de la Tribu, n’est-ce pas? Ainsi, sans réfléchir aux conséquences que pourraient avoir mes confidences pour le séduisant bandit, je poursuivis : «  J’ai rencontré Fergus par un soir de brouillard (un petit sourire étira mes lèvres au souvenir de notre première rencontre), j’ai suivi en filature une journaliste en croyant qu’elle me conduirait, bien malgré elle, auprès de gens pouvant m’aider à faire publier clandestinement mon roman… Je suis écrivaine… Enfin… Chez moi, en France, je l’étais. Je n’avais encore rien écrit et cherchais de l’inspiration… » Je secouai la tête, les détails n’étaient pas si importants, mais je n’avais aucune amie à qui me confier et la gentillesse de Lydess, qu’elle regretterait probablement plus tard, m’aidait à m’ouvrir à elle. « … Je suis tombée sur des membres de la Tribu. Ils ont pensé que j’étais un homme et n’ont pas été tendres en me conduisant auprès de Fergus. Ce dernier n’a pas été plus gentil, mais j’ai eu l’impression de me noyer dans son regard… » Je penchai la tête sur ma poitrine, mes joues s’empourprant. « … Je devais travailler pour lui ou il tuerait la journaliste… » J’étouffai un petit éclat de rire; maintenant que je connaissais Fergus, je savais qu’il n’aurait jamais mis sa menace à exécution, mais à ce moment, je l’avais cru. « Il ne l’aurait jamais fait, mais il voulait me faire peur et il a réussi. » Je relevai la tête, plongeant mon regard dans celui de la cartomancienne. Elle ne semblait pas être embarrassée par mon histoire et cela ne fit qu’augmenter mon désir de parler, de mon confier. « Pour lui, je ne suis qu’un pion qu’il utilise, vous comprenez?… Il ignore tous des sentiments que j’éprouve pour lui… Nous ne parlons presque jamais et lorsque nous le faisons, ce n’est jamais bien loin des autres membres de la Tribu et ça ne concerne que le… travail, si je peux dire cela ainsi… J’aimerais qu’il me taquine comme il le fait avec d’autres… J’aimerais surprendre son regard sur moi, mais il ne le fait pas… » Mon regard se remplit de larmes et je croisai les bras sur mon abdomen comme pour me protéger. « … Les cartes disent-elles toujours la vérité? » Je devais certainement être la plus grande idiote qu’il avait été donné à Lydess de rencontrer, mais j’étais désespérée…


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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] - Page 2 Icon_minitimeDim 26 Nov - 7:26



Waking Up Somewhere.

« Bring your Mind. »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

L'entrée soudaine de la lumière blanche dans l'antre de son mysticisme dérouta considérablement les élucubrations magiques de la jeune cartomancienne. Se replonger dans la concentration des lectures de son ancien tirage si jamais la demoiselle le demander, serait bien trop compliqué à présent. Cependant, elle ne perdait pas espoir de pouvoir encore aider la bourgeoise, au vu de l'incroyable coincidence qui nouait à présent leur vie autour d'un seul homme. Elle était incroyablement ravie également d'avoir réussi un aussi complexe tirage, même s'il fallait bien croire qu'il y avait beaucoup de chance dans l'équation. C'était presque avec joie qu'elle laissait alors tomber la voyance pour s'étendre dans une plus honnête conversation où elle discutait avant tout de ce qu'elle savait et non pas de ce qu'elle devinait. C'était déjà bien plus stable. Quel ne fut pas sa douce joie que de la voir réagir avec autant d'exclamations à toutes ses paroles, que ce fut lui apprendre qu'ils venaient de l'orphelinat et qu'ils étaient frère et soeur de coeur. Comme Lydess avait pu le lire dans ses cartes, la bourgeoise était en effet aussi jalouse qu'un chat. Il était évident que poser les bases de sa propre relation avec Fergus pourrait détendre l'atmosphère et enfin calmer les ardeurs trépidantes de la jeune femme qui semblait avoir l'esprit en feu dès qu'on prononçait l'ombre de son existence. Tout à fait normal cependant, il fallait l'avouer. Lydess n'aurait pas agi autrement si elle était également amoureuse d'un homme parfaitement inaccessible pour son rang. En tout cas, elle avait eu la chance de jouer au jeu de la séduction.

Lorsque la demoiselle reprit la parole, Lydess sourit avec tendresse: dire quelque chose à Fergus ? Voilà bien la dernière chose auquel elle aurait pensé. Peut-être aurait-elle pu glisser une pique à son égo, s'exclamant que son coeur faisait naître des passions jusque dans les lits des fortunés et qu'il en avait de la chance, mais cela n'aurait jamais été jusqu'à prononcer un prénom. Solidarité féminine bitch. L'écouter diserter alors sur son analyse, et vouloir savoir si les choses avaient changé depuis qu'elle connaissait effectivement l'identité de ce fameux homme; tout cela était parfaitement normal et la cartomancienne l'écoutait avec une grande concentration, retrouvant petit à petit son petit mysticisme dans la lueur des bougies et les vapeurs du souvenir en cafféïne. Elle s'exprima alors sur la manière dont elle avait rencontré l'étrange chef de gang et Lydess sourit encore plus avec un petit rire maternelle. Les méthodes de Fergus étaient décidément si cavalières et culottés. Mais la frustration qu'en ressortait la jeune femme était palpable. Lydess aurait peut-être des explications sur tout ceci mais attendit bien sagement que la bourgeoise ait fini de parler; ce n'était pas poli de couper la parole.

- ...tout d'abord, sachez que rien de ce qui est dit sous ce toit ne sera dit à Fergus. J'aime à me dire que je suis sous le secret professionnel, comme les prêtres et les médecins. (elle s'écarta d'un petit rire amusé) Et j'aimerai également dire non, cela ne m'étonne absolument pas. Vous n'êtes pas la première femme à tomber sous son charme, moi-même j'avoue que je n'aurai pas dit non. Malheureusement, ce gars a beaucoup trop de morale pour s'intéresser à sa soeur de coeur, au moins ça c'est pour vous rassurer.

Elle rit encore un peu. Lydess était une femme qui riait très facilement, presque comme pour ponctuer chacune de ses phrases et leur donner moins d'importance. Les seuls moments où elle ne riait pas, c'était quand elle faisait la morale comme une maman ou qu'elle était en train de lire l'avenir et de faire son rôle de charmante sorcière rousse gauchère, une monumentalité de cliché. Tapotant alors sur son paquet de cartes comme pour reprendre le pas plus sérieusement sur son paragraphe, elle ne sourit pas:

- Les cartes... Ce ne sont pas des gens qui ont intérêt à mentir, je veux dire... les gens mentent quand ils peuvent en récupérer quelque chose, pour une bonne raison. On a pas à mentir si on a rien à cacher. Les cartes n'ont rien à cacher. Elles conseillent sur une vérité qui existe et qui pourrait se produire. Cela ne veut pas dire que si cela ne se produit pas, elles mentent. Cela veut juste dire que vous avez choisi une autre vérité, en ne suivant pas leurs conseils.

Lydess prit une profonde respiration; c'était exactement la nuance que les gens se moquaient à prendre en compte. Que les cartes n'offraient que conseils et informations. Ce ne sont pas des points A qui mènent à des points B sans que l'on ait à payé de sa personne. Elle soupira doucement:

- Vous savez, le fait qu'il ne vous taquine pas comme toutes les autres ne veut pas dire qu'il vous considère moins. Peut-être vous considère-t-il justement plus sérieusement que toutes les autres pimbêches qui l'entourent ? Vous savez, il en connait, des petites femmelettes de rues qui se pâment à son passage, des prostitués qui seraient prêtes à lui faire crédit rien que pour une nuit. Ne soyez pas juste une autre de ses prétendantes sans honneur. Vous êtes visiblement quelqu'un d'indépendant et d'extrêmement... mâle en fait, pour notre époque. Je suis certaine que cela ne peut pas le laisser indifférent, au moins pour obtenir sa considération déjà, c'est beaucoup rien que pour lui.

Elle sourit doucement, et chercha la main de Joséphine en souriant:

- J'ai confiance.

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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] - Page 2 Icon_minitimeVen 29 Déc - 8:16



Waking Up Somewhere.

« ... »

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J’écoutais attentivement les paroles de Lydess, bien qu’il aurait été plus juste d’affirmer que je les buvais, littéralement. Lorsqu’elle riait, je souriais en écho et lorsqu’elle parlait des cartes, j’acquiesçais d’un léger mouvement de tête. Au moment où la jeune femme parla à nouveau de Fergus, je cessai de respirer; ses paroles avaient énormément d’importance puisqu’elle était la seule personne à qui j’avais la chance de parler de mes sentiments et qui connaissait bien le chef de la Tribu. Ce qu’elle avançait était logique, même si je trouvais cela légèrement frustrant. Les hommes étaient-ils donc tous compliqués ainsi? Je soupirai, recommençant enfin à respirer, lorsque Lydess parla de considération; il était indéniable que ma participation aux activités de la Tribu n’avait pas beaucoup d’impact sur l’avenir de celle-ci alors pour quelle raison Fergus me gardait-il près de lui? Sa considération? Je ne faisais qu’aller récolter quelques maigres informations dans les bordels, lui rapportais certaines bribes de conversations que les hommes ne craignaient de dire devant une jeune femme étrangère et couchais sur le papier « l’histoire » de la Tribu, que je romançais, puisque telle était ma spécialité. J’écrivais une légende, pas un article biographique…

La jeune femme attrapa ma main et me dit alors : « J'ai confiance. ». Je la sentais sincère et cela me toucha. S’il n’y avait pas eu cette table entre nous, je crois que je lui aurais sauté au cou tant j’étais heureuse de l’entendre dire cela. Je lui rendis son sourire, les yeux pétillants. Je savais que ce qu’elle me disait n’avait plus rien à voir avec la cartomancie, qu’elle me parlait librement comme l’on parle à une amie et il était agréable de le faire avec elle. L’espace d’un instant, j’oubliai que j’avais payé pour ses services en arrivant dans sa roulotte, plus tôt.

« Vos bons mots me font du bien, merci. » Dis-je d’une voix douce. « Je n’aurais jamais songé à être l’une de ces femmes qu’il réussit à charmer que par un seul regard… En vérité, je m’étais fait la promesse de ne jamais tomber amoureuse d’un homme… Pour éviter exactement tout ce que je suis en train de vivre… » Me sentant à l’aise avec la jeune femme, je me permis un rire léger avant de poursuivre : « … Vous m’entendez? Moi, amoureuse? Et d’un homme de Whitechapel? … Si mon père l’apprenait… » Dis-je en écarquillant les yeux, imaginant déjà la réaction de mon paternel, entendant le son de sa voix dans mon imaginaire. Je restai ainsi, quelques instants, silencieuse, en pensant aux conséquences que pourraient avoir ces sentiments alors que les cartes elles-mêmes avaient dit que je courais à ma perte.

Je posai les yeux sur la chandelle au centre de la table : « Comment était-il? Je veux dire, lorsque vous étiez enfants? » Demandais-je alors, avec curiosité avant de secouer la tête vivement : « Je ne devrais pas poser ce genre de question… c’est beaucoup trop personnel… Veuillez excuser ma curiosité! » Dis-je en levant les yeux sur le doux visage de Lydess. Un petit sourire espiègle étira le coin de mes lèvres : « Mais si vous voulez me répondre tout de même, je ne le dirai à personne… » Je levai un doigt sur mes lèvres en signe de secret gardé. Souhaitons qu’il y avait suffisamment d’argent dans la bourse que je lui avais donnée pour faire attendre de potentiels clients qui attendaient peut-être à l’extérieure de sa roulotte…


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« Bring your Mind. »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

La cartomancienne appréciait beaucoup la jeune demoiselle; cette dernière semblait posséder en elle quelque chose qui différait grandement des autres de son genre. La plupart des nobles venait effectivement chercher de l'amour dans les cartes, quelque chose qui les ferait s'enfuir de leurs relations malheureuses. Mais celle-ci semblait vouloir trouver dans la romance une peine supplémentaire et une difficuluté quasi romancière. Peut-être qu'elle appréciait, pour une fois dans sa vie très certainement trop gâtée, avoir de la résistance dans un domance aussi particulier ? Lydess ne pouvait le lire, ni deviner dans sa tête, et parler pour les autres n'avait jamais été son fort -elle laissait les cartes le faire pour elle, c'est toujours plus poli. Pour le moment, elle tenait ses mains, et ne pouvait se douter une seule seconde du lien qui l'unissait dans ce grand univers rempli de paillettes qu'elle irait retrouver après lui avoir dit au revoir. La voyante n'éprouvait que le besoin de réconforter cette âme perdue au coeur si lourd, qui s'était tristement pris dans les filets du terrible et si envoûtant Lynch. En vérité, c'était bien la première fois que l'on venait lui demander de tirer les cartes à son sujet -chose étonnante quand on savait à quel point il déchainait les passions. Mais certainement pas des passions aussi intenses et émotionnellement sincères que celle-ci. Les femmes du peuple ne tournaient que rarement autour du pot; force est de constater que le résultat est souvent plus efficace et direct.

La réponse de la jeune bourgeoise raviva un petit sourire sur les joues rondes de Lydess, cette dernière appréciait grandement qu'on lui fasse remarquer à quel point ses façons de "maman attentive et aimante" pouvaient faire du bien à son interlocuteur. Son sourire enjoué devint presque mélancolique et amusée en même temps alors que Joséphine lui parla de son refus de tomber amoureuse pour ne pas souffrir. Lydess ne pouvait qu'imaginer. Parfois, cela faisait souffrir même quand tout se passait bien, et parfois, les deux parties se faisaient souffrir mutuellement. La voyante avait essayé de toujours prendre du recul quant aux sentiments qu'elle pouvait éprouver -et en rester très souvent à des petites flirts volatiles ici et là parmi les hommes de la Tribu. Mais elle se doutait que les femmes de beaux quartiers ne pouvaient se permettre pareils libertés -en tout cas, c'était ce qu'elle s'imaginait sans imaginer une seule seconde à quel point cela pouvait être tout aussi versatile que dans les bas-quarters.

La cartomancienne écouta tout aussi religieusement la jeune femme, alors que celle-ci se mettait à rire et à se moquer de ses propres sentiments, qu'elle jugeait très objectivement "indigne de son rang" et ainsi que son père lui ferait remarquer, au vu de ses propres paroles. Lydess baissa doucement la tête et récupéra ses mains en souriant un peu tristement tout de même. Elle lui demanda alors, timidement, comment était son cher Fergus à l'époque de l'orphelinat. Ce à quoi Lydess répondit avant tout d'un grand sourire tendre. Oh, il y en avait tant et si peu à dire, la cartomancienne ne savait pas par quoi commencer. Lorsque la jeune femme commença à prendre des pincettes pour obtenir les réponses qu'elle désirait, jouant de son minoi malicieux, la voyante rit légèrement -se sentant trop vieille pour tout cela.

- Oh, ce n'est pas si important que cela vous savez... quoique j'imagine qu'il n'aimerait pas voir son enfance être crier sur tous les toits. Vous pensez bien, la virilité masculine, si on apprenait que Fergus était un sale garnement. Il était turbulent, sortait souvent le soir en cachette... clairement une mauvaise influence pour les autres enfants, et j'étais la seule à le "combattre" en quelque sorte.

Elle avait sortit les guillemets en riant  allégrement, car ce n'était absolument pas une guerre. Les deux s'appréciaient d'une grande tendresse, et ne se gardaient aucune rancune, bien au contraire.

- J'étais la voix de la raison et lui celle de l'aventure, on était un peu le grand frère et la grande soeur de tout le monde... c'était un fouteur de merde, mais il avait déjà un grand coeur. On était pas véritablement si proche que ça à l'époque, il avait sa propre bande d'amis à l'extérieur, des bobos je crois. Et moi j'avais mon tout petit bout de chou avec moi dont m'occuper...

Ses yeux se perdirent dans le vide, se souvenant de cette période de sa vie si lointaine. Les rires et les pleurs, les petits bobos à panser. Doucement, son sourire se perdit également dans un faux fantôme de joie. Quelques secondes passèrent avant qu'elle ne se rende compte de ses paroles et secoua la tête avec énergie:

- Ne vous méprenez pas ! Je n'avais pas d'enfants, c'était juste un nourrisson abandonné que j'avais recueilli comme le mien.

Elle eut un instant de silence et soupira:

- Excusez-moi, je parle davantage de moi que de lui, là. C'est que comme je vous le disais, nous n'étions pas SI proche que cela autrefois, même si évidemment, les liens sont présents, et nous restons frère et soeur de coeur. C'est... compliqué. Je crois que dire qu'il était un fauteur de trouble au grand coeur est un résumé parfait, en vérité... un résumé qui le définit toujours.

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Joséphine E. Morel
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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] - Page 2 Icon_minitimeSam 27 Jan - 13:35



Waking Up Somewhere.

« ... »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

Le jeune Fergus, décrit par les anecdotes de Lydess, me faisait penser à moi. La seule différence était qu’il s’était montré ainsi à un très jeune âge alors que moi, j’étais déjà une femme… Une femme qui agissait comme une très jeune fille lorsqu’il était question du séduisant bandit au grand cœur, comme le prétendait également la femme qui se considérait comme une sœur pour lui. J’écoutais donc les paroles de la cartomancienne avec autant d’intérêt que j’avais porté aux précédentes, mais je devais bien admettre que l’entendre parler de Fergus, même si elle supposait parler plus d’elle que de lui était très agréable. Un fin sourire illuminait mon visage et lorsque la jeune femme devant moi eut terminé de parler, je baissai les yeux sur la bougie éteinte au centre de la table. « Je vous remercie, Lydess. Me permettez-vous d’utiliser votre prénom pour m’adresser à vous? Il est si joli. » Dis-je en levant les yeux sur le visage rose de la cartomancienne. « Je ne connais pas vos tarifs, mais j’imagine que la somme que je vous ai donnée plus tôt ne doit pas être suffisante pour tout ce temps que vous m’avez accordé. Je ne voudrais pas insulter votre travail… » Commençais-je en baissant les yeux sur mes mains alors que je tirais sur un petit anneau doré que je portais. « … Acceptez cet anneau, Lydess, je vous prie. Il n’a pas de réelle importance pour moi, mais il doit avoir de la valeur. Vous pourrez facilement le revendre et ainsi, être payé à la juste valeur de votre travail. »

Je déposai l’anneau que je venais de retirer de mon doigt sur la table et adressai un sourire sincère à la jeune cartomancienne. L’argent n’avait jamais été un problème pour moi et pour ma famille et même si Lydess m’avait demandé le triple de son tarif habituel, je le lui aurais donné sans hésité ne serait-ce que pour l’entendre parler encore et encore de mon cher Fergus. Malheureusement, ce n’était pas l’argent qui jouait contre moi, mais le temps.  Je tournai la tête par-dessus mon épaule pour regarder dans la direction de la porte de la roulotte; j’ignorais combien de temps j’étais demeuré ici, mais quelque chose me disait qu’il était l’heure pour moi de partir à la recherche de mon tuteur, à moins qu’il soit déjà en train de me chercher. Je n’avais pas envie de m’éterniser et de tomber nez à nez avec le freak du cirque, le soir venu. Juste à penser à cet homme, des frissons parcouraient mon corps en entier.

« Pourrais-je revenir vous voir? » Dis-je en rapportant mon attention vers la jeune femme. « Simplement pour discuter, ou vous tenir informé de l’évolution de ma relation avec Fergus? » Cette fois, un sourire gêné étira mes lèvres et je sentis le rouge teindre mes joues. « Si, évidemment, il y a quelque chose à dire de ce côté-là… » Je baissai légèrement le regard, le posant sur le vide. « Je n’ai aucune amie ici… Peut-être pourrais-je vous considérer comme une amie, si vous êtes d’accord? J’ai beaucoup aimé notre conversation… ».


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MessageSujet: Re: Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] Waking Up Somewhere. ♠ [Joséphine E. Morel] - Page 2 Icon_minitimeDim 11 Fév - 8:40



Waking Up Somewhere.

« Bring your Mind. »

Cirque O'Farrell, Southwark, 1890.

Cela faisait plaisir à Lydess de parler avec cette étrange bourgeoise qui semblait toute feu toute flamme. Rien que l'énonciation du moindre fait de Fergus semblait la transporter au delà de toute vraisemblance. Elle semblait si heureuse rien que de pouvoir toucher du doigt son passé, que cela fit sourire de tendresse la cartomancienne. A savoir s'il s'agissait d'un véritable amour ou de simplement être une bourgeoise souhaitant s'encanailler -et pas avec n'importe quel clochard, mais bien le roi de ceux-ci,  Lydess ne pouvait se prononcer. Elle aurait très sincèrement aimer que tout ceci fut honnête. L'argent sans compter que la jeune femme mettait dans la question semblait le prouver, tant la voyante pensait les nobles incapables de se débarasser de leur argent à moins que la cause fut essentielle. Après qu'elle eut fini de parler, la Miss demanda à l'appeler par son prénom car il était beau. On le lui avait souvent dit, bien qu'il fut rare et d'une origine quasi impossible à trouver. Son prénom, que les nourrices avaient retrouvé gravé sur sa carte, accrochée à sa cheville quand elle fut abandonnée à l'orphelinat. Longue histoire, ou pas du tout. Quand la bourgeoise se mit alors à parler d'argent à nouveau, saluant le travail de la cartomancienne, celle-ci rougit, voulant dire quelque chose mais se taisant aussitôt quand elle retira l'anneau de son doigt pour le lui donner. Cela ne pouvait être du toc, et cela lui permettrait de se faire une très belle somme qui lui permettrait de se faire de bons petits déjeuners pendant plusieurs mois. Cela, couplé à la grosse somme qu'elle avait déjà reçu... Lydess ne savait pas quoi dire. Elle prit l'anneau et le regarda avec attention: presque avec mélancolie, en vérité. L'avantage de ne pas avoir à regarder à la dépense, à ne jamais se restreindre, et à payer des sommes considérables des services d'une misérabilité certaine.

Redressant la tête, Lydess rendit le sourire sincère de la bourgeoise, lui offrant le même sur son visage. Il était rare d'avoir une telle connexion, même si la cartomancienne, face à cet accès de gentillesse soudain et à la générosité qui semblait hors du commun de la dame, ressentait à présent un léger pressentiment désagréable. Quand bien même, Lydess enverrait une lettre à Fergus et se rendait compte que cela n'était même pas la peine de cacher son nom à l'ouvrier, car elle-même ne le connaissait pas -ou l'avait malheureusement déjà oublier. Mais c'était normal, la cartomancienne ne connaissait pas le nom de ceux dont elle travaillait l'esprit. Déjà qu'elle s'immisçait dans leur destin, les clients se refusaient à en plus lui donner le contrôle de leur identité. Mais lorsque la jeune femme voulut revenir la voir, pour lui parler en toute simplicité ou alors lui dire comment se passer sa relation avec Fergus, Lydess hocha la tête avec enthousiasme. De même quand celle-ci demanda si elle acceptait de devenir son amie.

- Ce serait un grand plaisir pour moi, vous serez ma première amie fortunée !

Elle rit alors, avec toute l'indélicatesse et l'indiscrétion qui caractérisait ses rires. Se remettant de son jeu d'humour qui avait pu être mal interpréter. Elle remua l'air avec sa main tout en terminant ses gloussements dans le silence.

- Je plaisante bien sûr ! Enfin... non, je ne plaisante pas, c'est la vérité, mais je veux dire par là que ce n'est pas ce qui m'importe le plus. C'est toujours un plaisir de parler, et si c'est avec vous, je ne souhaite pas dire non ! Vous me semblez très intéressante, pour une bourgeoise. Excusez la paranoïa, mais je vois assez de poulettes de la noblesse pour m'être faite une mauvaise image de cette étrange espèce. Vous êtes bien la première que je rencontre à être... comme vous êtes. C'est pour ça aussi que j'ai confiance en votre relation avec Fergus.

Lydess lui sourit alors, bien que ce pressentiment ne la quittait pas d'une miette. Peut-être était-ce parce que cela faisait un long moment à présent qu'elle était avec la bourgeoise, dans l'ambiance tamisée de sa roulotte. Et qu'elles avaient dépassé depuis peu le stade de client à voyante pour aller dans le terrain de l'amitié et de la papotte plus personne encore que les cartes. Le temps se pressait à présent, même si Lydess avait fait assez de recettes pour plusieurs semaines. Il lui faudrait trouver un moyen de cacher une partie de l'argent pour que le Directeur ne lui tombe pas dessus. Il récupérait une grosse partie de son argent, en échange de sa présence dans le Cirque. C'était un marché que la cartomancienne pensait honnête, n'ayant pas le recul sur la chose. Mais son instinct lui disait très clairement de ne pas abandonner un si gros butin à cet homme. Que dire et quoi faire de plus ? Leur conversation paraissait venir à sa fin, tandis que la jeune femme regardait parfois la porte. Certainement avait-elle profité d'une inattention pour venir ici. Etait-ce son père ou son mari dont elle cherchait à éviter le chaperonnage ? Lydess espérait très sincèrement que ce fut son père. Il y avait assez de situations dramatiques dans ce monde pour éviter un triangle amoureux. Surtout que cela appuyait la théorie de la bourgeoise souhaitant "s'encanailler auprès d'un ouvrier", vu qu'elle n'était pas comblée par son mari. Mais un rapide coup d'oeil à la main de la jeune femme lui indiqua que cela n'était pas le cas. Elle n'était pas mariée. Et l'anneau en or qu'elle venait de lui donner ne pouvait en aucun cas être un anneau maritale. Pouvait-on imaginer juste "perdre" un pareil trésor, quand bien même il n'avait plus aucune importance à ses yeux. Quoiqu'il en fut, elle tendit la main à la jeune femme et déclara:

- Ce fut alors un plaisir de vous rencontre... miss ?

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