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mark my words [Johan & Jonathan]

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Je n'aime pas me décrire...mais on me dit quelqu'un de gentil, tolérant envers beaucoup de choses; et il est vrai que le Seigneur m'aide à voir le bien dans le cœur de tous. Cependant, cette même capacité me rends aux yeux des gens très fanatique et naïf. Je n'avais jamais vu les choses sous cette angle, mais il faut croire que les gens ne voient en moi qu'un pasteur de pacotille. S'il y a une facette de moi que j'apprécie particulièrement, c'est le fait que je sois quelqu'un de très romantique ! Même si tout le monde préfère dire que je suis quelqu'un de niais...mais ne croyez pas que je sois stupide, car il m'arrive d'être très fier et impulsif. Je ne suis pas très courageux, mais je ferai toujours de mon mieux pour protéger les gens que j'aime, comme mon petit frère. J'ai aussi une profonde attirance pour les rousses. On me surnomme Quasimodo à cause de mon apparence quelque peu trapu -et certes poilu bien que blond, par opposition à la magnificence de mon frère.
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MessageSujet: mark my words [Johan & Jonathan] Lun 15 Mai - 11:50



mark my words

« help me to get out dark waters »

Fin de l'année 1889, Lambeth

Le pas du pasteur était lent, tournant en rond devant l'autel de son église St Mary Matfelon. Il avait réfléchi pendant toute la nuit, cherchant le secours de son Seigneur. Le priant de lui donner encore la force d'avancer. Il n'était pas même rentré à son appartement de City of London, voir cette femme qui le méprisait. Ce mariage forcé qu'il avait tenté de porter à bout de bras sans jamais voir une seule concrétisation. Et lui qui se trouvait à la fois trop bon et trop con pour lever la voix. Il était misérablement faible, et il s'en voulait terriblement pour cela. Ses chaussures claquaient dans ce hall tandis que le Christ taillé lancé son regard hagard au milieu du toit. Il ne le regardait même pas. Jonathan soupira tristement, passant une lourde main sur son visage fatigué. Il fallait se rendre à l'évidence, il ne pouvait plus continuer comme ça. Qu'importe ce que cela pourrait lui coûter, n'importe quel mauvaise réputation lui serait plus redevable que cette fausse vie qu'il détestait. Cela faisait quelques années maintenant qu'il avait appris l'infidélité de sa femme, en plus de cette indifférence envers lui qui s'était installé dès le premier jour de leur mariage. Dieu qu'il aurait pu en vouloir à son père, mais il savait qu'il était le seul responsable de cette incapacité à gérer sa femme. Parfois, il songeait les Adler, ses amis, et se demandait comment ils avaient fait pour s'en sortir. Mais quand bien même sa femme se trouvait être la soeur de Felix, ils n'avaient absolument rien en commun. Serrant son poing contre son front, s'étant finalement mis à genoux dans une position de prière, il fallait qu'il se rende à l'évidence. Il ne pouvait plus continuer comme ça.

C'était une véritable torture d'en arriver là, mais le pasteur n'avait plus le choix. Son Seigneur comprendrait certainement. Lui dont l'Amour est si grand, il ne pouvait certainement souffrir une relation où cette force était entièrement absente. Se levant d'un bond, il prit son long manteau noir et ne songea pas même à se changer. L'hiver était tout juste arrivé sur la Grande Cité londonienne, et la neige tombait fréquemment, embourbant les petites ruelles malgré la chaleur des tonneaux enflammés. Comme une ombre noire, il descendit les ruelles de Whitchapel pour atteindre les plus beaux quartiers de Lambeth. Il y a peu, on lui avait évoqué le cabinet d'un être particulier, mais dont les capacités n'étaient pas mentir. Cela irait bien pour traiter d'un simple cas de divorce. Le mot précis ne s'était même pas encore insinué dans l'esprit du religieux. Il y avait eu "séparation", "divergence", "page tourné", mais pas encore le mot forcené et cru, rempli de fiel.

Jonathan finit par arriver à l'endroit prévu, jetant un dernier coup d'oeil à l'adresse qu'il avait inscrite, pour être sûr de ne pas s'être trompé. Entrant, il frotta ses mains avec un regard timide autour de lui. C'était agréable. Il faisait largement plus chaud que dehors, c'était un véritable soulagement -car en comparaison, son Église ne conservait pas tant que ça la chaleur dans ses lourds murs de pierre. Son regard croisa finalement un immense colosse, qui avait l'air bien aimable, mais donc l'aspect était si puissant que sa première réaction fut de déglutir. Oh Seigneur, espérons qu'il n'a rien contre les pasteurs qui souhaitent divorcé et ainsi s'attirer potentiellement les foudres divines. Il lui sourit pourtant, bien que peu rassuré et s'inclina.

- Salutations.... hum, suis-je bien au cabit de Sir Withers ? Parce...parce que j'aurai besoin de ses services, si... enfin... si vous me le permettez...

Jonathan rit nerveusement, se demandant alors s'il ne faisait pas une énorme erreur et si ce n'était pas lui, le fameux Monsieur Withers. Après tout, pour ce qui constituait le sens du mot "être particulier", il était servi. Paniqué à cette seule pensée, il passa ses mains derrière son dos, tout droit et continua:

- A... à moins que... que ce ne soit vous, auquel cas je vous présente toutes mes excuses.

Il s'inclina une nouvelle fois, un petit peu plus profondément. Quel idiot il pouvait être parfois, oh Seigneur. Jonathan n'était clairement pas doué avec les gens, quand même bien sa bonhimie le sauva de beaucoup de situations compliqués. Un lapin fragile, grasouillet et peureux perdu dans Londres.

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"Lune. Avant, que le jour ne vienne. Entends, rugir le coeur de la bête humaine. C'est la complainte de Quasimodo qui pleure, sa détresse folle, sa voix, par monts et par vaux s'envole, pour arriver jusqu'à toi. Lune, veille sur ce monde étrange qui mêle sa voix au chœoeur des anges. Lune, vois comme un homme peut souffrir d'amour." ©endlesslove.
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Informations : Issu de la noblesse, a du renoncer à son titre en intégrant une faculté de droit et de clerc de notaire au sein de la Commonwealth par ordre de son frère aîné. Garçon aux bonnes manières appliquées, aussi sarcastique qu'il peut se montrer suffisant, c'est pourtant un homme appliqué dans son travail qui tente de persévérer au sein du métier qu'il aime. Handicapé, il se tient sur sa canne pour palier à sa prothèse qui remplace sa jambe gauche (pied / mollet).
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MessageSujet: Re: mark my words [Johan & Jonathan] Mer 17 Mai - 19:15


Mark my words

« Compétences en juridiction »

Fin 1889


Malheureusement pour Johan Withers, la clientèle se faisait rare au sein de son cabinet, aussi la visite impromptue du pasteur fut saluée par un brusque sursaut de la part du géant quand passant dans le hall dans le but de préparer le thé, il croisa la silhouette nerveuse de l'invité surprise.

N'étant pas certain d'avoir entendu la sonnette, ce fut d'un pincement de lèvres qu'il se refusa à la question, demeurant figé face à cet inconnu et à ses bredouillements, le visage fermé mais le regard incrédule, d'un bleu azur, néanmoins très doux pour un colosse de sa taille.

Car en vérité, Félix Beauchamp était d'une douceur presque maniérée lorsqu'il s'agissait d'interagir envers les autres. Peu friand de la brutalité des combats qui avaient formé sa jeunesse, à une autre époque, il aspirait à la quiétude d'une confiance mutuelle bercée de soins médicamenteux auprès de son employeur. Cela faisait 5 ans maintenant qu'il était l'ombre gigantesque de Johan Withers et aujourd'hui ne ferait pas exception.

« C'est bien le cabinet de m'sieur Johan Withers mais j'vous déconseille le "Sir", monsieur. C'est pas un titre qu'il apprécie. »

Un titre qui le renvoyait immanquablement à la malice détestable de Brett, au piège que son ainé lui avait tendu et au discrédit jeté sur la légitimité de sa présence au sein de sa propre famille. Pas de quoi améliorer leur relation si l’homme se présentait en tant que client. Aussi lui fallait-il lui préciser.

« Je suis son aide, Félix. Vous venez pour une affaire ? »


Là était le risque avec cette nouvelle Londres. Même les agneaux pouvaient porter des couteaux fermement attachés à leur main et ils n'hésitaient pas à vous planter sur la moindre faiblesse exploitable si vous leur en laissiez l'occasion. Les échos de Jack l’Éventreur lui étant parvenu, il jugea la silhouette de cet homme de son âge avec un rien de scepticisme et lui fit signe de passer devant, lançant un dernier regard sur la porte.

« M'sieur Johan va vous recevoir. Il n'est pas en clientèle pour l'instant. Vous voulez un thé ? »

Et inconscient de ne pas avoir posé la question la plus évidente, à savoir quel était le nom de ce monsieur, Félix lui indiqua une chaise, posée au couloir de gauche toujours au rez-de-chaussée, avant une porte fermée d'où on n'entendait aucun son.

Ce fut à cette entrée que Félix vint frapper deux coups au battant, avant de s'éloigner de son pas toujours trop calme. A l'intérieur, il y eut un froissement. Le martèlement sourd d'un bruit de canne et la claudication incertaine d'une jambe de bois. Puis la porte s'ouvrit et faisant face au pasteur, Johan Withers apparut, en complet gris, les cheveux lissés, le sourcil levé.

« Bonjour. Pardonnez-moi pour l'attente, je classais un dossier. »

Lui présentant sa poigne, sa main gauche occupée à serrer le pommeau de sa canne à s'en blanchir les jointures, l'ancien baronnet Withers se confectionna un sourire.

« Enchanté et bienvenue. Vous a-t-on recommandé ce cabinet... monsieur... ? »


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MessageSujet: Re: mark my words [Johan & Jonathan] Jeu 18 Mai - 21:24



mark my words

« help me to get out dark waters »

Fin de l'année 1889, Lambeth

L'attente était terrible, le temps semblant se couvrir d'une toile de lenteur, plus digne que celle de n'importe quel araigné. Il n'y avait pas d'autres mots, lui qui avait mis tant de temps à se décider, voilà qu'il en mettait tout autant à atteindre son but. Rien que l'intimidation de l'indivu le faisait se rapetissir sur place. Comment est-ce que tout ceci se passerait, est-ce qu'il allait obtenir gain de cause sans que tout ceci ne tourne au pugilat ? Il savait que tout ceci devait finir à terme, mais il n'avait aucune idée du comment et ne souhaitait véritablement pas faire d'esclandre. Le péché était déjà si grand. Quoiqu'il restait intérieurement persuadé qu'il n'y avait aucun péché là où il n'y avait aucun amour... dans cette situation uniquement.

Alors que lui prenait douloureusement l'envie de fuir à toutes jambes, voilà qu'en face de lui se tournait l'homme. Si grand, si calme. Aussitôt sa première parole lancée, Jonathan ne sut sur quel pied danser. Mais certainement se sentit-il aussitôt rassuré de ne pas avoir le véritable Withers en face de lui, si son tout premier dialogue aurait été un mot négatif aux oreilles de l'hôte. Décidément, s'il s'était tenu en face du maître de maison, il aurait été si contrit, si effaré de la faute qu'il ne pouvait connaître. Il avait de toute façon l'habitude d'appeler tous les hommes sir, et toutes les femmes madame ou mademoiselle, que ce fut les plus hauts comme les plus démunies, en excluant les titres spéciaux. Aussi se mit-il rapidement à rougir tout en bredouillant des excuses inutiles. Son aide, Félix. Ce prénom lui était commun, vu que c'était également celui de l'homme qu'il considérait comme son meilleur ami, bien que ce ne fut tristement pas entièrement réciproque. C'est qu'il fallait le suporter, le petit pasteur un petit peu trop enthouasiaste pour un rien. Il s'apprêtait à faire le parallèle entre ces deux prénoms mais se retint à temps, après tout, ce n'était pas correct. Le pasteur hocha donc frénétiquement la tête, nerveux, lorsque l'aide lui demanda s'il était venu pour une affaire. Pourquoi donc serait-il venu, à part pour les extrêmes onctions ?

- Oh... oh oui, je ne serai pas contre un thé... il fait si froid dehors.

Jonathan s'assit ensuite bien consciensieusement à sa place, serrant les pans de son manteau contre lui, bien qu'il eut déjà bien chaud depuis qu'il était entré. Il n'avait pas même songé lui-même à donner son nom. Pas un pour rattraper l'autre, comme c'est mignon.

L'attente, une fois de plus, lui semblait interminable. Mais cette fois, plus question de fuir. Il avait mis un pied dans le piège. Ou plus précisément, dans la solution qui était censé lui permettre de se sortir du piège. L'analogie était tout comme. Et les bruits de canne qui vinrent ponctuer les secondes le mirent dans un état de stress proche de la panique. Il s'attendait alors à un vieil homme, mais cela n'aurait pu être plus éloigné de ce qu'il vit à l'oré de la porte. Un homme jeune et qui paraissait pourtant très éloigné de l'image que l'on pouvait se faire des jeunes, surtout lorsque l'on passait son temps à Whitechapel. Il se leva aussitôt, le sourire aux lèvres -bien que nerveux, et s'empara de la main de l'homme avec une poigne franche et forte, en contradiction totale avec sa timidité évidente.

- Oui ! Je... je m'appelle Jonathan Williams. Pa...pasteur à... St Mary Maftelon, vous savez...l'église de Whitechapel... enfin... ce n'est pas important pour ce que je viens vous entretenir, excusez-moi. Je parle trop... hum, Monsieur Withers ?

Il déglutit, espérant ne pas avoir fait d'erreur dans le nom, sachant désormais qu'il devait faire abstraction total de tout titre tels que le Sir. Mais à présent que le pasteur était entré dans la cour du lion, il fallait qu'il avoue l'exaction qui le faisait comparaître devant l'impétueuse forme judiciare et solennel que représenter pour lui ce simple bout d'homme. Baissant la tête, ses joues rougirent à nouveau si vite qu'ils juraient avec le bleu de ses yeux et le blond de ses cheveux. La voix basse, mais malheureusement assez clair pour être comprise, il fit:

- Je...je... je viens au sujet... d'un...d'un divorce... enfin...d'un projet... si c'est dans vos... dans ce que vous... faites... ici.

Il avait curieusement l'impression de se retrouver devant le Seigneur lui-même, ne sachant pas même se justifier mentalement alors qu'il était absolument dans tout son droit le plus divin, quand bien même cela fut mal vu de la société. S'ils savaient.
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MessageSujet: Re: mark my words [Johan & Jonathan] Dim 21 Mai - 12:41


Mark my words

« Compétences en juridiction »

Fin 1889

Que de nervosité ! C’était à se demander si l’homme n’allait pas tomber raide net devant lui, comme foudroyé sur place. Aussi surpris que silencieux sous la verve bégayante de son vis-à-vis, Johan se laissa malmener par l’enthousiasme de la poignée de main avant de reculer prudemment jusqu’à contourner de nouveau son bureau. Félix n’allait pas tarder à revenir, certainement avec son thé et une seconde tasse pour l’invité le connaissant. Cela leur laissait le temps de parfaire les présentations et, avant tout, de calmer le tempérament de ce pauvre homme au parcours aussi étonnant qu’atypique.

« Allons, allons respirez. Je ne suis pas de l’Inquisition ! » Bien que cela aurait pu intéresser les sommités religieuses anglicanes de voir un pasteur se tourner vers un homme de loi pour organiser son plus prompt divorce. Mais Johan retint ce communiqué dispensable, conscient dans son instinct que les tourments de ce pauvre homme devaient justement trouver racine dans ces faits simples. Et s’asseyant avec raideur, étendant sa jambe de bois pour soulager son moignon, continua avec simplicité et politesse. « Je ne fréquente pas cette chapelle mais j’en ai eu de bons échos. Je suis enchanté de rencontrer un membre de notre ordre. »

Ses sourcils se froncèrent légèrement.

« Quoique vous me voyez désolé des raisons de votre venue. Je vais être franc avec vous, je ne suis pas avocat et il serait sans doute plus adéquat de vous tourner vers l’un de mes confrères. Je pense à maître Philips, qui occupe un cabinet non loin voire même à maître Shamberman, qui est plus que qualifié. Mais en vérité… » Son regard gris pétilla. « Outre le fait que la disposition de votre affaire, en ces circonstances, risque de les, disons, chagriner. » Et encore, il était poli, la religion anglicane gardant bien secrète les tourments et les conflits pouvant mener un couple à la plus vive rupture. « Je suis quelque peu possessif et je vous avoue que le défi que vous me présentez n’est pas pour me déplaire. Nous pouvons parler franchement, j’espère ? »

Il devait bien avoir plus d’un argument pour renvoyer à ses géniteurs la matrone qu’il s’était donné pour défi d’épouser, tant d’années avant cela. Sur cette question néanmoins, la porte s’ouvrit sur le passage de Félix, les mains encombrées d’un plateau et n’ayant donc pu frapper. Lui souriant, Johan le laissa disposer les tasses et le sucrier avant de disparaitre avec sa discrétion toujours inhabituelle pour un homme de sa stature. Et se prêtant à préparer son breuvage, y ajoutant comme à son quotidien un simple nuage de lait, il invita Jonathan à faire de même d’un geste tendre de la main.

« Le point qui me taraude, pour tout vous dire, c’est bien votre degré d’animosité à l’encontre de votre future ex-épouse. Je suis célibataire, pour répondre à votre prochaine question. Je n’ai donc pas trouvé âme à qui passer le collet. Je me targue de disposer de certains arguments pouvant de fait effrayer la gente féminine. »
L’allusion visait évidemment sa jambe. Mais au secret de ses pensées, ce fut le visage de Brett qui apparut. « Alors il va falloir m’expliciter les raisons de votre venue ici et surtout à quel point, dans l’état actuel où vous êtes, vous avez envie de lui faire payer les années de communion passées ensemble. »

Portant la tasse à ses lèvres, et faisant fi de se brûler, Johan continua de le scruter. Avec une attention presque désarmante. Chat ou oiseau à l’affut des mouvements d’un bien plus petit que lui. Tout ceci dans le respect dû à la religion que Jonathan représentait, bien évidemment.

« Et pour une fois au sein de notre bonne société, nous allons procéder à un nouvel encart des bonnes conduites. Nous allons nous montrer très indiscret car je dois tout savoir pour mieux vous défendre. C’est en mes capacités. Alors allez-y. »

Une nouvelle gorgée.

« Surprenez-moi d’autant plus. »


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MessageSujet: Re: mark my words [Johan & Jonathan] Lun 29 Mai - 13:51



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« help me to get out dark waters »

Fin de l'année 1889, Lambeth

Il eut un petit rire nerveux face à l'injonction de son interlocuteur pour se calmer, car il n'était pas l'Inquisition. Le détail de la référence faisait sincèrement rire le petit pasteur, quand bien même cela ne retira pas le moins du monde le stress qui possédait actuellement ses veines. Ce ne fut que lorsqu'il l'amena à son bureau que Jonathan nota le bruit de la canne qui faisait écho à celle d'une autre canne un peu plus organique. Cette jambe de bois attira son oeil, subtilement cependant car se faisant au dos de son hôte. Il n'avait pas non plus envie de passer pour un homme beaucoup trop curieux et malsain, car Jonathan n'en était que beaucoup trop curieux. Il s'asseya donc, se posant en face de Monsieur Withers, tremblotant légèrement de ses genoux. Ses mains vinrent donc les attraper pour tenter de reprendre le contrôle de lui-même. Le blondinet était peut-être encore plus stressé à présent qu'il n'avait pu l'être dans sa chapelle à faire les cents pas devant la statue de notre bien aimée Vierge Sainte-Marie. Mais tout ceci était déjà du passé. La réflexion de Johan à sa chapelle et aux rumeurs qu'il en entendait le mit tout en joie, ce fut donc d'un grand sourire presque gamin qu'il rougit devant les compliments de l'individu. Il aimait son travail plus que tout au monde et savoir qu'il avait bonne réputation le rendait toujours toute chose.

Mais au moment où Monsieur Withers s'empara du sujet de sa venue pour partir dans ce grand monologue qui fut le sien, Jonathan resta silencieux, son sourire s'abaissant doucement pour faire apparaître sur son visage une sorte de fascination. L'homme en face de lui possédait un bagou et un verbe des plus surprenants, qui faisait à la fois opposition à son apparence et qui l'épousait pourtant à la perfection. Jonathan ne put que hocher la tête quand il demanda si l'on pouvait parler franchement. Bien évidemment, le pasteur n'avait absolument rien à cacher, que ce fut à Dieu ou au notaire. Les énonciations de noms de cabinets le faisaient déglutir sans comprendre pourquoi, tellement il avait déjà peiné à se décider d'aller dans un seul de ceux-ci. Quelque part, si la confiance de Johan le rassurait, il continuait d'avoir encore l'appréhension de l'épreuve.

Celui qui semblait être un géant majordome s'approcha avec le thé, et ce fut avec un petit sursaut que Jonathan récupéra sa tasse et y mit à son tour un nuage de lait. Si l'on dit que le café avait tendance à exciter, peut-être que ce thé lui permettrait de se calmer un peu plus en face de Johan.

- Oh, vous savez... je n'aurai pas osé vous demander si vous étiez marié, ce ne sont pas mes affaires, je suis curieux mais pas culotté, enfin j'ose l'espérer. En tout cas, sans vouloir faire d'indiscrétion ni de mésentente, je tiens à vous dire que je ne vois pas en quoi vous pourriez effrayer la gente féminine. Si une infirmité fait peur à une femme, ou même à un homme, ce sont ses priorités qui devraient être revisité, et votre temps n'a pas à être gâcher dans ce genre de perdition.

Ah, effectivement, le thé le calmait un peu. Tenir une phrase aussi longue sans lui-même se perdre était un miracle. Mais surtout avait-il envie de reprendre le notaire sur le sujet. Peut-être n'aurait-il pas du, car souvent, son tempérament que l'on qualifiait de "fragile" et ses compliments neutralement disposé aux femmes comme aux hommes le faisait souvent soupçonné d'homosexualité alors qu'il n'en avait absolument aucune forme dans ses désirs. Soupçons décuplés par le fait que malgré qu'il fut religieux, il considérait l'Amour comme le point basique de tout relation, quel qu'elle fut, et tolérait donc avec beaucoup de tendresse aussi bien les hétérosexuels et que les homosexuels. Ah, la vie n'est pas facile pour un petit lapin. Il rit nerveusement lorsque Johan lui demandait de le surprendre. Peut-être avait-il en effet assez de choses sous la carapace pour le surprendre, mais cela restait à voir.

- Par où commencer... c'est plutôt difficile, je ne sais pas ce qui peut se faire... j'ai entendu parler de potentialité de faire annuler le mariage pour non consommation... mais après six ans et surtout quand la femme est dans l'adultère, comment le prouver... j'en aurai bien plus à dire... je ne la hais pas mais j'avoue ne plus être capable de vivre cet enfer... .... bon, peut-être que je la hais un peu, mais ce sentiment est terrible pour moi. Je ne sais pas si j'ai envie de détruire sa vie ou juste de m'en sortir le plus vite possible.

Il prit une gorgée de thé en regardant le bureau d'un air absent, cherchant véritablement par où commencer sans vraiment savoir. En six ans, il s'était passé tellement de choses. Il aurait vraiment voulu pouvoir en dresser une liste complète, mais il en avait également tellement honte qu'il ne savait pas comment s'ouvrir sur le sujet. C'était si... aucun homme n'aurait pu réagir comme lui avait réagit si simplement pendant autant de temps. Mais il se devait d'être fort. Prenant une grande respiration, il fit:

- Tout d'abord, c'était un mariage arrangé par ma famille, qui voulait me marier à un partie très arrangeant, une famille de noble sur le déclin. Je suis tombé sous le charme de leur fille, le jour du mariage... mais pas elle. Par amour, j'ai accepté absolument tout ce qu'elle voulait faire dont ne pas consommer le mariage avec moi. Deux, trois ans après je crois, j'ai appris qu'elle me trompait depuis tout ce temps avec des  femmes. Ça fait déjà beaucoup... mais il n'y a pas que ça.

Le pasteur était littéralement en sueur d'avouer autant de choses en si peu de temps, sa nervosité passant du bégaiement à un débit de parole très rapide et éparse. On pouvait très clairement dire qu'il était au bout du rouleau.

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MessageSujet: Re: mark my words [Johan & Jonathan] Mer 31 Mai - 20:27


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« Compétences en juridiction »

Fin 1889

La main sur la tasse, l’autre étreignant son genou et l’armature de cuir qui sanglait sa jambe de bois au reste désœuvré de son corps, Johan se surprit à contempler le pasteur avec un rien de colère désenchantée. Pourtant, loin d’être la cible de cette rage entièrement tournée vers ses propres pensées, son vis-à-vis demeurait sympathique, attentif même, comme au confessionnal et le malaise que cela instaura dans sa poitrine le poussa de fait à renverser les forces en marche, reprenant son aval sur la situation sans lui préciser, inutilement, qu’ « effrayer » n’était qu’un verbe comme un autre pour maquiller la plus cruelle vérité :

Ainsi balafré et estropié, il n’était pas effrayant. Il était dégoûtant. Et personne ne le toucherait car qui oserait, ici bas, oser s'approcher de sa cuisse jusqu’à son articulation pour ne trouver que le vide béant d’une cicatrice mal refermée ? De quoi couper toute envie et c’était autant par dédain que par crainte que Johan s’était réservé son pucelage sans céder aux chants des sirènes des quelques putains attrayantes que sa vie avait pu croiser.

Mais aujourd’hui il en était là et il n’y avait pas à discourir de sa vie car, au fur et à mesure des léchés à la coupe de sa tasse, voilà que la surprise le figeait à son siège, d’écouter une pareille histoire. Ce n’était pas digne de la vie quotidienne des habitants de Londres, oh ça non, même avec la menace désormais éteinte de Jack l’Eventreur. C’était un récit tout droit sorti de quelques romans obscurs vendus sous le manteau.

Et plus Johan en apprenait, plus sa main s’abaissait pour finalement délaisser son thé et fixer, non plus colérique mais presque choqué, d’apprendre de manière aussi naturelle bien que gênée, les obscurs penchants d’une épouse autrefois noble, vivant ainsi dans le pêché.

« Des femmes ? » Hoqueta-t-il presque en jetant un vif coup d’œil à la fenêtre puis la porte. Craignant presque qu’un visiteur innoportun ne vienne à tendre l’oreille et n’écoute les bribes de leur conversation.

Puis, reprenant sa stature tout en se raclant la gorge, Johan fronça joliment du nez.

« Eh bien, je vous avais mis au défi et vous l’avez royalement relevé. A dire vrai, mon Père, Ami, si vous me permettez, il ne me semble pas que votre principal problème soit l’union non consommée de votre… mariage. Ou de ce simulacre qui a su, un temps, profiter à la vieille famille respectable de votre épouse. Par pure curiosité, quelle est son nom de jeune de fille ? »

Vivant autrefois à Manchester, il n’était toutefois pas rare pour lui de croiser des nobles venus du plus lointain et la simple idée d’avoir pu, un jour, croiser le chemin de cette dépravée aux humeurs homosexuelles lui donnait envie de rire. Une hilarité qu’il étrangla vite comme le chat tout juste attrapé, par crainte de blesser ainsi Jonathan et de le méprendre sur sa curiosité.

Sur son zeste de fascination incrédule. Une homosexuelle...

« La Loi est stricte. » Claqua-t-il fermement, là encore plus pour reprendre plus contenance qu’en vue de l’impressionner. « Avec nos avancées actuelles, il s’avère que les femmes peuvent prétendre à emporter, dans le divorce, leurs biens comme leur dote. Mais soyons clairs, tous les deux, après ce que vous venez de me narrer, il est de mon devoir d’homme autant que de représentant de la justice de vous venir en aide et ainsi faire en sorte de laver l’affront qu’elle vous a fait. Car, et en tant que pasteur vous devez vous-même le savoir, les pêchés de l’épouse retombent sur le mari. Voyez donc, dans notre propre Bible, à quel point Eve a su tenter Adam et l’emporter dans son blasphème ! »

Le doigt manucuré, levé comme un petit poteau attirant la foudre, tressaillit presque mais Johan se redressa dans son siège et reprenant sa tasse, la vida en quelques lampées bien moins classieuces pour finalement le percer de son regard d’orage.

« Vous récupérerez tout. Et nous l’enverrons… au bûcher. Tout d’abord, il nous faut dresser un procès-verbal, et par-là même, obtenir du juge une date pour le procès. Car ce ne sera pas un divorce, monsieur, ça non. Ca sera une condamnation pour cette âme et que Dieu ait pitié de ce qu’il en restera. » Une femme avec une femme, que de diableries, sorcelleries même !

Comment pouvaient-elles trouver satisfaction à s’accoupler entre elles – et d’ailleurs, comment faisaient-elles sans hommes ? C’était une vision aussi obscure que dérangeante, le ramenant à sa propre inutilité et bafoué dans sa vigueur de jeune homme, Johan rougit légèrement, aussi contrarié que paniqué.

Pour une surprise, ça en était une belle assurément !



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MessageSujet: Re: mark my words [Johan & Jonathan] Mar 6 Juin - 20:45



mark my words

« help me to get out dark waters »

Fin de l'année 1889, Lambeth

Jonathan n'était clairement pas de ceux qui s'étalaient sur leurs vies privés, ce notaire à l'allure si jeune et désinvolte en savait davantage que le Seigneur, à ce stade là. Ce simple constat, qui aurait été évident pour tous, après tout, que pouvait bien savoir Dieu des stupides et irrégulières conventions et lois humaines. Rien n'était moins pertinent que d'inquiéter une entité aussi profonde avec une superficialité si toute orgueilleuse. Aussi Jonathan n'avait adresser aucune prière sur le plancher de la Justice. Il s'offrait tout d'Adam vêtu au jugement sobre et efficace de l'individu en face de lui. C'était un homme comme les autres, malgré sa jambe en bois, mais Jonathan ne pouvait s'empêcher d'être troubler par cette force de caractère, cette puissance de frappe mental qui le tenait asservi sous un torrent d'un verbe langoureux. La sueur lui coulait dans le dos à force de panique et le thé n'arrangeait finalement pas grand chose. Disons que notre pauvre petit pasteur devenait petit à petit un véritable ascenseur émotionnel tringlant le calme et la nervosité comme des drapeaux d’atterrissages alcoolisés. Cela n'a pas beaucoup de sens, mais pour lui, ça veut dire beaucoup.

Quand, abasourdi, Johan répéta le mot femme, Jonathan ne put qu'acquiescer. Que pouvait-il faire d'autre après tout ? Même si le notaire était relativement petit par rapport au pasteur, il ne faisait aucun doute qu'à cette seconde précise, l'homme de Foi se faisait tout petit suite au monologue tempétueux de l'être de Justice. Il se demandait même s'il avait bien fait d'ouvrir sa grande bouche. Peut-être qu'il aurait du juste rester dans son coin et subir son sort ? Mais l'homme à la jambe de bois continuait de faire preuve d'exaspération, de surprise et de colère. Tant et si bien qu'il en transmit quelque peu à son client qui se réveilla lentement de sa torpeur. "Adler"... murmura-t-il doucement tandis qu'il lui demandait son nom de jeune fille... "Juliette Adler"répéta-t-il alors, ses yeux bleus s'assombrissant. Il n'avait jamais aussi peu honnis un nom de sa vie, et s'il fallait bien qu'il eut de l'horreur pour un seul prénom, cela aurait celui-ci. Le monologue se poursuivit aussi vite que Jonathan eut fini sa tasse de thé, trouvant qu'il manquait clairement de douceur. Un café avec du lait et du sucre, voilà ce qu'il manquait.

- Vous.. vous savez... je ne veux de mal à personne...

Finit-il par bredouiller de manière très misérable, en reposant la tasse sur la table. C'était la plus pure des vérités, il n'en voulait pas à l'intégrité physique de Juliette. Oh, il pourrait certainement vouloir la faire souffrir, mais qu'elle en meure, c'était... c'était trop doux. Une forme de sombres pensées lui vint à  l'esprit, et il se surprenait à ne pas avoir ressenti cela. Était-ce la hargne de Withers qui le faisait ainsi réagir ? Tout ce qu'il voulait, c'était qu'elle sorte de sa vie au plus vite, et avec le pas de course. Qu'il récupère son appartement et qu'elle quitte la ville. Mais s'il y avait une possibilité.. qu'elle paie en plus de cela. Il resta songeur pendant quelques secondes et redressa la tête vers Johan, l'air plus sévère.

- Mais si elle peut n'avoir qu'un centième de tout ce qu'elle a pu me faire subir, alors... je ne peux pas tourner le dos à une pareille chance. Je suis venu vous voir aujourd'hui pour mettre un terme... à ce que je sais pertinemment être une injuste. Aussi bien au nom de la loi que des règles établis par l'homme de la volonté du Seigneur.

Ses mots étaient savamment choisi, plus qu'il n'aurait du, très certainement. Peut-être pouvait-on percer en ses phrases une concrète indiscrétion sur les fameuses règles religieux infligés par l'homme, mais Jonathan ne pouvait en dire plus. Son laxisme sur l'homosexualité masculine et féminine pourrait être extrêmement mal interprété, et Monsieur Withers ne semblait pas être homme à se laisser attendrir par la notion d'Amour Divin sur un étalage romanesque datant malheureusement d'un amour courtois qui n'était plus en vigueur. Essayant de rester beaucoup plus froid dans sa tête qu'il ne pouvait montrer à l'extérieur. Jonathan jeta un coup d'oeil au bureau, et y posa ses deux mains.

- J'ignore si nous obtiendrons une autre preuve que ma propre parole, mais nous pouvons certainement mettre suffisamment le doute sur une union sans enfant pendant six années... et s'ils veulent se défendre sur une prétendue stérilité, il faudra donner des explications qui seront peut-être tout aussi malheureuses pour l'honneur de sa famille.

Il finit par remettre ses mains sur ses genoux et baissa la tête. Qui est-ce qu'il voulait impressionner, ce n'était que des idées en l'air qu'il balançait. Pour potentiellement sauver la vie de sa femme ? Non, certainement pas. Mais il aurait tellement plus voulu la faire pendre pour son insolence et son irrévérence, et non pas pour une homosexualité qu'il pouvait envisager et respecter... s'il n'avait eu sa main liée à la sienne. C'était un conflit intérieur qui se faisait cuisant en son esprit, avec d'un côté toute sa rancœur qu'il n'arrivait pas à maîtriser et de l'autre qui était trop gentil pour vivre. Il soupira doucement en regardant ses genoux:

- Je... je suis désolé, je ne veux pas faire votre... votre travail à votre place. Je dis n'i...n'importe quoi. Héhé... dites... on fait encore... brûler des gens.. de nos jours ?

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MessageSujet: Re: mark my words [Johan & Jonathan] Dim 11 Juin - 18:08


Mark my words

« Compétences en juridiction »

Fin 1889

Adler. La famille Adler. Si lui nom lui évoquait quelque chose, cela demeurait aussi flou qu’une brume d’automne sur la Lande aussi Johan se refusa à tout quiproquo, fronçant les sourcils en notant l’identité de la jeune femme dans un coin de sa mémoire, à l’abri de ses propres pensées tourmentées. Pourtant, celui qui lui apparaissait comme le plus concerné par cet orage était bien ce pasteur qui s’embarrassait de ses mots comme de sa propre volonté, fuyant clairement son regard.

Calmé, le jeune lord finit par dédaigner sa tasse de thé pour venir faire tourner le pommeau de sa canne en lents mouvements circulaires. Il y avait un calme d’horloge à ainsi s’occuper les mains mais pas un seul instant son regard ne se détourna du visage appliqué et complexe de son client. Il y avait quelque chose de terriblement pur et naïf dans chacun de ses mots, et cela malgré la fièvre de sa vengeance. Si l’honneur de l’homme subsistait, bafoué et hargneux comme un chien prêt à mordre, sa religion l’enrubannait de mises en plis inutiles pour cette affaire.

Il lui fallait renoncer à ces bassesses, à cette empathie qui lui étreindrait le cœur avec trop d’empressement pour le faire se tenir face au juge de manière correcte. Mais comment lui dire, que ce que tous prendraient aujourd’hui pour une affliction émotionnelle compréhensible et même louable, était, de leur époque, la preuve d’un manquement à la virilité la plus absolue de l’homme.

Johan frappa de sa canne, au sol, comme au théâtre. Trois coups qui brisèrent la question du pauvre homme et l’assujettirent à sa seule voix. A son seul tempérament.

« Reprenez-vous. » Ordonna-t-il clairement et sans sécheresse, le regard gris presque opaque. Ainsi, il se faisait l’impression d’être une mouture de ce que Brett avait voulu tuer en lui depuis le départ. « Reprenez-vous, redressez la tête, carrez les épaules et écoutez bien ce que j’ai à vous dire. »

De lui-même, le jeune homme se redressa comme pour donner l’exemple.

« L’homme est le socle, le toit, les fondations de la maison. L’homme seul vient en aide au feu du foyer, le nourrit, le protège et fait en sorte que son sang comme son nom perdure. Si la femme en est le cœur, ce cœur est insuffisant au bien-être. Il est instable, caractériel et trop sensible. Ce sont ces émotions là qu’il vous faut gommer, aujourd’hui, monsieur Williams. Car d’un mot seul, d’une parole, la situation sera votre. »

Ses ongles cliquetèrent sur l’argent de son pommeau et l’oiseau ainsi façonné lança un bref éclair dans la pièce. Johan se racla la gorge, portant la main à son cou pour en redresser le nœud de sa cravate et finit par murmurer, plus intimement.

« Il est vrai que nous n’envoyons plus personne au bûcher et que d’après les nouvelles lois il est impossible de condamner à mort sans crime véritable, par cela j’entends le meurtre, évidemment, la haute trahison, l’espionnage, l’incendie volontaire dans un arsenal royal, et la piraterie avec violence. Aucun de ces faits ne concernent votre femme, la pendaison sera donc à proscrire. Néanmoins, nous pouvons l’envoyer à l’asile. »

Et soigner son parjure, son blasphème et son étrange nature par des méthodes plus radicales. Etonnement, et malgré le plaisir incertain de cette propre pensée, Johan se surprit à frémir d’effroi. La mort, dans ce genre de cas, était encore bien plus douce mais l’aveu de la part du prêtre d’avoir à la faire souffrir n’allait pas dans le sens d’une odieuse miséricorde. Aussi Johan l’abandonna-t-elle, presque à regret.

« Il faudra bien évidemment des preuves mais aussi et avant tout une force de caractère. Le manque de filiation à un descendant est irréfutable dans ce genre de cas. C’est à elle, de donner l’enfant, pas à vous. Votre virilité ne sera remise en question que si vous agissez avec faiblesse. Mais vous ne le ferez pas, n’est ce pas ? Vous parlerez fort, vous condamnerez avec la prétention d’un juge et vous ferez appliquer sa peine par votre seul témoignage. N’oubliez pas : si elle vous a sous-estimé, c’était une erreur et vous lui prouverez que vous êtes le mâle de cette liaison, elle qui apparemment, en est rebutée. »

Claquant le tiroir en l’ouvrant presque brutalement, Johan sortit une plume et du papier pour mieux se tourner vers l’encre et noter la plupart de ses propos, en une liste cintrée à l’orthographe impeccable, pattes d’oiseau un peu dansantes sur le brouillon.

« Avez-vous le nom de son amante ? Auriez vous des témoignages supplémentaires, un endroit où elles se retrouvent, des amis communs portant le même… défaut. »
Ses lèvres se pincèrent et du bout de la plume, il vint les caresser. « Il vous faudra une déposition écrite bien sûr mais je pense que les choses iront assez vite dans votre cas, si tant est que vous soyez convaincants. Et vous le serez, puisque vous racontez l’exacte vérité. »

Au pire, comme un metteur en scène appliqué à sa tâche de scénariste, il serait le maître d’œuvre de leur pièce personnelle. Et le ferait répéter, jusqu’à l’aube selon, pour que devant le juge, Jonathan fasse bonne impression.




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MessageSujet: Re: mark my words [Johan & Jonathan] Lun 12 Juin - 12:02



mark my words

« help me to get out dark waters »

Fin de l'année 1889, Lambeth

Les choses pouvaient ne pas être facile quand on était un pasteur réprimé par sa propre religion en laquelle pourtant on croyait et que l'on aimait plus que tout -surtout quand il s'agissait d'une religion que nous avions nous-même décider de porter autour de l'amour. Les choses pouvaient l'être encore moins, quand on était un véritable morceau de sucre dans le lointain, tel ce misérable petit blondinet grassouillet. L'individu en face de lui, à qui il confiait littéralement le reste de sa vie, le lui faisait bien comprendre. Jonathan n'avait jamais été un homme de poigne, quand bien même il ait largement évolué depuis son adolescence. Il se souvenait d'un temps où il aurait pu faire absolument tout ce qu'on lui demandait si on lui disait que c'était pour le bien de quelqu'un qui lui tenait à coeur, quand bien même on l'aurait gorgé de mensonges pendant toute une existence. Il se laissait tout bonnement vivre, et la seule chose qu'il faisait de bien dans son existence, c'était d'essayer d'aider de pauvres âmes à ne pas faire les mêmes erreurs que les siennes, sans pour autant réussir à se sortir lui-même de son cercle vicieux de désespoir. Une chance qu'il fut si à l'aise avec les mots, et qu'il était bon orateur quand il s'agissait de ressortir ses propres textes préalablement écrit. Il n'aurait alors peut-être pas pu être un aussi bon pasteur que ce que tous disaient pour l'encenser.

Quand Monsieur Withers tapa brutalement avec sa canne, un son qu'il avait eu l'habitude d'entendre avec son propre père, Jonathan sursauta instantanément, comme s'il fut mis sur prise électrique. Les ordres qui suivirent aussi ne tombèrent pas dans l'oreille d'un sourd. Il redressa la tête, mit ses épaules en arrière et se tint aussi droit que ce qu'on pouvait attendre de lui. Une si soudaine rigueur qui lui donnerait presque mal à la colonne vertébrale s'il n'y avait pas été habitué à chacun de ses sermons. Il avait la désagréable sensation d'être comme un élève, pourtant l'homme en face de lui semblait beaucoup plus jeune que lui. Mais après tout, on ne pouvait avoir eu la même éducation, et il semblait qu'on avait manqué de cours de virilité avec Jonathan.

Ce dernier écouta donc très calmement tout ce qu'il pouvait dire. Les leçons comme quoi l'homme était le pilier central de la famille. Il prit même en travers de la gorge comme quoi il avait finalement un coeur de femme, instable, caractériel et trop sensible. Et qu'il s'agissait de choses à bannir de son comportement. Jonathan fronça les sourcils songeurs. Fallait-il être insensible, froid et sévère ? Tel que son propre père l'avait été ? C'était à l'opposé de toute ce qu'il se faisait une joie de décrire à ces fidèles, qu'il essayait de conditionner à l'amour du prochain. Mais c'est alors qu'un mot fit mouche. L'asile. Et soudainement, sans qu'il eut à se défaire de la posture demandée par Johan, son visage se fit sombre. L'asile pour les homosexuels. Ainsi que son frère avait été envoyé, et duquel tous ses calvaires avaient véritablement commencé. Il le laissa continuer de parler jusqu'à ce qu'il lui demande des noms, des adresses, des choses qu'il aurait pu retenir de ses six ans d'infidélités. Oh, des noms, il en avait. Il avait en tête également des noms de restaurants dans lesquels elles se retrouvaient. Mais il ignorait où se faisaient leurs nuitées et n'avait jamais vraiment cherché à savoir. D'une voix étonnamment sobre, comme si toute la misère du monde venait de le rattraper, il déclama ce qu'il savait.

- Pauline Nipp, Bertha Garmon, Anne Wolfe... c'était les noms de sa "meilleure amie" qui changeait approximativement tous les quelques mois d'apparence, si vous voyez ce que je veux dire. Elles se retrouvent généralement pour dîner au Gobelet Scintillant, sur l'avenue principale de City of London entre bonnes femmes de la société. J'ignore par contre où elles allaient plus loin.

Son oeil presque vide s'attarda sur la feuille qui s'apprêtait très certainement à être noirci par l'impétuosité et le zèle professionnel de ce notaire d'incroyable talent, Jonathan ne pouvait mentir. Il ne voulait pas mentir. Car tout ce qu'il disait ici était sa confession, non celle qu'il faisait au Seigneur, mais celle au nom de la Loi des Hommes. Et il était étonnement fou comme parfois l'être humain pouvait être plus cruel encore que Dieu lui-même. Ravalant sa salive et faisant une grimace pour dé contorsionner les crampes de sa mâchoire, il passa une main sur le visage et joint fermement ses mains l'une dans l'autre, croisant ses doigts, pour les poser sur le bureau. Sa stature resta aussi droite qu'il pouvait, il ne cessait d'y penser, mais son visage gardait la sombre attitude que le mot "asile" avait réveillé en lui.

- L'asile n'est pas une solution, c'est une prison où l'on y a le droit de torture. Ne me prenez pas pour un imbécile. Je sais que... je suis naïf, idiot, trop gentil, que je me suis laissé marcher sur les pieds toute ma vie et que... que je mérite à peine le titre d'homme. Mais je ne suis pas aveugle. Je sais ce que l'asile fait aux gens, qu'ils fussent honnête ou non. Je sais que c'est l'endroit rêvé pour y faire souffrir des gens, mais l'y faire souffrir au nom de l'homosexualité... Je ne citerai pas de nom, mais j'ai connu des gens, exceptionnels, d'une grande gentillesse, avec un pureté d'âme que je n'égalerai jamais dans mes plus stupides élucubrations. De véritables anges... dont on a détruit les ailes parce qu'ils avaient le simple malheur d'aimer. Que ce soient des hommes avec des hommes ou des femmes avec des femmes, j'ai toujours mis un point d'honneur à tourner ma religion sur l'acceptation de l'Autre et l'Amour pour son prochain, quel qu'il soit...

Malgré toute la fermeté de son discours, essayant de prendre le contrôle de cette conversation guidée d'une main de fer par Johan, il sentit poindre dans ses yeux des larmes qu'il ne pouvait cacher. Oui, il était décidément beaucoup trop émotif. Mais les souvenirs des malheurs de son frère le touchaient comme s'il s'agissait des siens. Il avait été si naïf à l'époque, de croire son père qui disait à tout bout de champs que c'était "pour son bien" et Dieu qu'il pouvait aimer son petit frère.

- Traitez moi d'hérétique si vous le souhaitez, mais sachez bien que ce que je reproche à ma femme, c'est son traitement vis à vis de ma personne et non de son orientation sexuelle.

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MessageSujet: Re: mark my words [Johan & Jonathan] Dim 16 Juil - 18:19


Mark my words

« Compétences en juridiction »

Fin 1889

Oh Diable, de la miséricorde maintenant !

Ayant pris soin de noter les noms de ces jeunes femmes, bien évidemment amantes, de la future ex madame Williams, Johan releva la tête avec brusquerie en écoutant les paroles peu avisées et même brutales du prêtre, la plume encore levée, le souffle coupé d’une telle indécence. Ce n’était pas tous les jours que l’on entendait de tels sermons sur l’homosexualité, dans une époque aussi trouble et définitive envers ces parjures, comportements blasphématoires et contre-nature. La bouche bée, ce fut quelques secondes de silence troublé que Johan laissa filer entre eux. Attendant presque un rire, une idée, une phrase ou un geste qui ne manquerait pas de trahir l’absence de sérieux de Jonathan.

Mais l’homme de foi l’était, sérieux. Inefficacement sérieux et posant plume sur papier, Johan se pris la tête entre les mains pour mieux se masser les temps.

« Si Dieu nous a fait à son image, je doute qu’il approuve tout de même ce que vous faites de ses cordes vocales. Avez-vous seulement conscience de l’importance de vos propos et du danger que vous courrez à le bramer au premier venu ? Avez-vous la moindre idée des risques que vous prenez ? Si cela n’avait pas été moi… »


Et justement, qu’est ce qui l’empêchait à cet instant de faire appeler la police et de faire condamner femme et mari par le même ensemble ? Rien, si ce n’était un semblant de pitié et la conviction profonde que Jonathan, en plus de sa religion, aspirait à agir avec un rien d’affection pour celle qui avait sa compagne, tant d’années durant.

Aussi son ton se fit plus calme. De professeur à élève.

« Mettons de côté l’idée que ça soit des femmes, que votre épouse ait côtoyé. » Que Dieu lui pardonne. « Mettons nous simplement en tête que leurs noms soient… Roberto, Antoine, Lewis et Malcolm ! Voilà ! Chaque semaine, chaque mois, votre épouse revenait avec une nouvelle proie accrochée à son bras, rompant donc ses vœux de fidélité pour se vautrer dans la luxure la plus totale. Nous sommes bien d’accord, voilà les faits ? »

Ses doigts se croisèrent comme les pattes gracieuses d’une araignée et son regard anthracite se fit un rien plus perçant.

« Si vous souhaitez le divorce, il ne peut pas y avoir d’autres condamnations et même si l’asile peut sembler excessif dans ses accomplissements, songez seulement que votre femme ne vit pas que d’amour mais aussi et avant tout de pêché de chair, Jonathan. » Il en était fini du respect dû à un homme d’église. C’était bel et bien entre hommes qu’ils discutaient maintenant.

« Une femme, une seule, lui aurait ravi le cœur et nous aurions pu faire l’impasse sur toute cette enquête pour simplement l’accuser publiquement de tromperie et lui ravir ses biens. Mais c’est avec la multiplicité de ses conquêtes que votre femme s’est trahie. L’amour est une chose. L’appel de la luxure, en est une autre. Cette Lilith dévorait ces corps comme le diable dévore des âmes et si son nom lui ôctroie une place privilégiée au sein de quelques établissements privés où on ira la perdre, croyez bien qu’il est impératif aujourd’hui de la soigner de ses extases. Pour son propre salut, elle ne peut continuer ainsi. »

Un court instant, il soupesa l’idée de changer la formulation des tortures pour donner à Jonathan une fausse impression de punition divine réservée aux martyrs, un test idéal à sa foi qui pouvait néanmoins lui faire perdre toute avancée dans le dialogue.

Et il fallait que Jonathan y consente, pour son propre bien.

« Alors que faisons-nous ? Allons nous l’inciter à continuer dans sa perdition, non sentimentale mais diabolique ? En prendrons nous la responsabilité, au lieu de l’aider ? »





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