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Mors, ubi est victoria tua [Poppy]

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Emploi : Notaire, sollicitor
Informations : Issu de la noblesse, a du renoncer à son titre en intégrant une faculté de droit et de clerc de notaire au sein de la Commonwealth par ordre de son frère aîné. Garçon aux bonnes manières appliquées, aussi sarcastique qu'il peut se montrer suffisant, c'est pourtant un homme appliqué dans son travail qui tente de persévérer au sein du métier qu'il aime. Handicapé, il se tient sur sa canne pour palier à sa prothèse qui remplace sa jambe gauche (pied / mollet).
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Quartier Résidentiel : Lambeth
Messages : 59
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Âge du Joueur : 28

MessageSujet: Re: Mors, ubi est victoria tua [Poppy] Dim 16 Juil - 18:21


Mors, ubi est victoria tua

« Pie-grièche et cerf »

Mai 1890

Ô brûlure pernicieuse, ô saloperie d’entaille, comme une coupure au papier entre deux doigts trop frêles. Johan pince les lèvres avec un rien d’assentiment gourmand, une lueur frôlant le gris de ses yeux ternes pour les aviver d’une nouvelle flamme. C’est qu’elle picore cette bête, à l’empaler à ses bois de cerf, et se permet de l’insulter, soudain presque digne sur cette chaise. Comme s’il avait voulu être attaché – et l’idée, loin de l’amuser, est presque insolente. Quand elle vient faire luire la peau de sa nuque. La rougeoyante et caractérielle petite personne qui lui fait face est une bougie trop indomptable. Certes, il y laissera des plumes mais non sans avoir goûté au sel de ses regrets. Il finira bien par en avoir, de s’être ainsi amené en sa demeure, et d’y repenser lui vient l’idée d’une réplique qu’il formule d’une voix presque trop basse.

Clairement charmante.

« Lâche, accuse le lâche, en critiquant celui qui attache, après s’être faufilé dans la chambre d’un endormi. Tu pensais venir et me prendre d’une flèche, au beau milieu d’un songe. Tu n’avais ni l’envie de te confronter à moi, ni m’éveiller pour accuser le coup d’un dernier regard de panique. Tu voulais être un criminel marchand de sable, avec ton arbalète et tes flèches. C’est donc de perdre qui te rend si amère, ma bête. »

Claudiquant sur sa jambe de bois, Johan s’écarte de sa canne, posée contre le bureau, s’aidant de ses deux mains libres pour nouer avec plus de fermeté la ceinture de son peignoir de soie, trahissant dans ses lambeaux bleutés la frêle carcasse de sa silhouette. Oh il n’a rien d’un éphèbe, ce tas d’os dont les jambes de son pantalon de nuit sont presque trop longues et trop larges. A-t-elle perdu du poids, la pie grièche ? Avec tous ses tracas, tous ses tourments, et les gouttes du Laudanum qui s’accumulent.

Sa langue vient chasser une goutte de sueur perlant à la feuille de sa lèvre supérieure puis son œillade cille à Félix. Il doit approcher les cinq heures du matin. Et cinq heures, c’est l’heure du thé.

« Deux sucres, avec mon earl grey. » Puis à la bête, ricanant. « Vous prendrez bien quelque chose, quitte à ce que l’on vous fasse siroter. »

Qu’il serait bon d’ajouter l’une de ces pâtisseries à la pomme et à la cannelle, dont la boulangère d’à côté semble s’être fait une spécialité. Mais n’ajoutons pas trop de gourmandise à une scène déjà bien trop indigeste puisque la menace revient et qu’à occuper Félix dans ses missions quotidiennes, il évite à la bête un coup de poing.

Quand la porte se referme, Johan lui revient. Approchant sa carcasse d’une chaise voisine de celle de Poppy. S’asseyant à assez bonne distance pourtant pour ne pas déclencher de nouvelles hostilités. Buste à peine penché vers son drôle d’invité, il l’observe comme l’enfant observerait une fourmi. Et lui sourit à nouveau, un rien plus tendre.

« Puisque l’argent est ce qui vous importe, il se pourrait qu’à la somme proposée par mon frère, je rajoute quelques deniers. A votre tête de girouette souffle le vent de l’opportunisme car si vous vous complaisez à revenir me tuer, ma bête, je prendrais les devants qui s’imposent. Félix a assez de compétence et d’armes, ici-bas, pour vous lyncher proprement avant de jeter votre corps à la tamise. Mais j’aimerais m’épargner une telle finalité. J’ai l’estomac un peu sensible, à cause de mon mal. Et le sommeil facilement troublé, comme vous avez pu le constater. »

Une mèche noire et aussi brillante qu’une tâche d’huile vient glisser sur son front, formant une boucle d’encre sur son teint trop pâle. Et l’acuité de son regard semble prendre quelques degrés de plus.

« Je ne perdrais plus mon temps à simplement survivre et si je dois mourir, j’aimerais décider de quand. Brett ne me prendra pas cette liberté là. Malgré son entêtement de cochon… » Ses narines sifflent doucement de rire, d’une blague trop personnelle qui le fait tout de même frémir.

« Alors qu’en pensez vous ? Rognons de pieds de porc pour votre repas, ou oiseau maigrelet… ? »




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Pie-Grièche
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Emploi : Tueur à gages.
Informations : • Grande créature androgyne dégingandée. Regard absent, d'apparence tranquille. Observe. Tout le monde, tout le temps.

• Comportement hors normes. Souffre probablement d'un quelconque syndrome jamais diagnostiqué. Comportement proche de l'animal. Difficultés à entretenir des relations sociales. On ne le tient que par le respect ou l'intérêt.

• Fasciné par la facilité de la mort. Vous tuera sans hésitation, juste pour voir, par envie. Vision globalement très innocente du concept de mort.

•Tireur d'élite, archer.

• Cheveux auburn, yeux acajou. Parfaitement rouge sous la lumière. Globalement quelqu'un de passablement inquiétant.
Avatar : Jose Wickert
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MessageSujet: Re: Mors, ubi est victoria tua [Poppy] Lun 17 Juil - 11:13



Mors, ubi est victoria tua

« He wants the colour of you to wear and feel alive
And you bite, and I'm awake and I'm the slave tonight »

Mai 1890

La brise nocturne qui entre par la fenêtre soulève les ondulations rougeâtres de sa chevelure crasse, dévoilant progressivement les lignes pâles du visage inconnu, tel un artiste découvrant patiemment sa toile, modulant à son gré l’excitation d’un public à bout de souffle. La Lune trône à l’extérieur, impériale dans ses cieux de suie liquide et plus royale que n’importe quelle reine de ce monde. On le pendrait rien que pour cela et l’idée parvient pratiquement à lui décocher un sourire. Un rictus discret et amer. Ce fumier l’a fait exprès, de lui laisser ainsi ouvert le ventre béant de l’échappatoire inatteignable. Attends un peu que je sorte de là et je te le ferais ravaler, plume par plume. Et l’animal s’ébroue, rejetant vers l’arrière – pour ce que lui permet cette désagréable position – la tresse pendant à son épaule ainsi que la capuche recouvrant jusque-là son visage d’une ombre protectrice dont il n’a jamais vraiment saisi l’utilité.

Le silence, premièrement, pour accueillir son sarcasme vainqueur qui n’a de la partie remportée que le goût âcre de la toute puissante. Ça non plus, il n’en comprend pas l’usage. D’écraser ainsi un adversaire qui ne peut pourtant pas se battre. Et l’autre pavane, claudique dans la tristesse maigrelette de son peignoir. Et il n’y a effectivement là-dessus pas de quoi se faire les dents, retrace-t-il du regard dans le noir sans la moindre once de discrétion, détaillant un morceau de viande plus qu’un tout jeune homme au roulement de ses pupilles. Un gibier qui s’agite et hulule pour une Bête qui, dans l’ombre d’un serviteur trop vivement disparu, gronde ostensiblement d’un claquement de fond de gorge. Et, d’une torsion, fait vaciller la chaise. Il faudrait sans doute voir à ne pas trop l’attiser dans le brasier de sa fureur.

- C’était de toute évidence mon travail. Aurais tu voulu que je frappe ? Que je m’annonce ? Mais si cela avait pu m’épargner la longueur de ton discours, j’aurais effectivement mieux fait de ne pas t’éveiller. – C’est un crachat désagréable, une fausse note de colère à sa partition toujours impeccablement accordée. Sur la chaise, elle roule la poitrine, se gonfle à se faire plus grosse et plus large que lui, quoique plus indéniablement féminine, jusqu’au sourire qui éclate en rangées de crocs au marbre de son visage. – Et qui a dit que j’en avais fini… ? Je pourrais tout aussi bien revenir. Et t’arracher les plumes. Une par une cette fois, juste pour le plaisir d’inverser la donne…

Sa voix s’éraille et la toux perce à sa gorge en vieille compagne anxieuse. L’air du dehors pourvu qu’il soit compagnon d’hiver ne lui est plus bénéfique depuis longtemps, pas plus que la pollution qui exsude en eau de toilette de cette ville informe. Infernale. A moins que l’air de la chambre n’en soit devenu irrespirable de moqueries. Cela ne serait finalement pas si étonnant que ça, tant l’oiseau semble se complaire dans cette soudaine supériorité qui l’étreint.

Mais La Rouge est patiente, plus qu’elle est affamée, promenant à la pièce quelques regards furtifs, en apprenant mentalement les pièges et les détours. Pour mieux revenir et le mordre pour de bon. Dans le cadre de la fenêtre s’ébroue un papillon, petit insecte aux ailes iridescentes d’argent qui peine à trouver son chemin. Une perle de sueur au corps ecchymosé de l’appartement qui a sur l’instant tout à voir avec son propriétaire, digne mais épuisé. Prêt à s’éteindre malgré les secousses. La proposition a de quoi le surprendre d’autant plus. Ils n’en cesseront jamais de le surprendre, à toujours lutter quand leur fin est pourtant inéluctable. Son sourcil se soulève, décrit un arc savamment exécuté autant à la menace qu’à la proposition.

Moi je n’ai jamais eu peur de mourir. C’est peut-être même tout ce qu’il mérite désormais.

- Tu t’abaisserais donc au niveau de ton frère… ? Nous parlions de lâcheté, justement…

La Bête n’en fait qu’à sa tête et sur son honneur bafoué, voit dans cette tentative de contrôle une simple opportunité de lui rendre les précédentes moqueries. Les problèmes de la fratrie Withers ne la concernent après tout pas le moins du monde, et plus encore si l’on s’essaye à la faire pion d’échec. Plus encore si, dans les mots du saint argent ne sonnait pas comme une insulte à sa propre famille de substitution, qu’importe la jeunesse du volatile finalement.

Il y a un chat dans les allées fangeuses qui regarde tourner l’heure et s’étonne peut-être déjà de ne pas le voir rentrer. Il devrait être revenu, depuis des heures déjà. La simple idée d’un Tobias se rongeant à sa furieuse inquiétude suffit à lui faire tourner le sang. Puis, il est déjà bien tard, plus que l’heure même. Ah, je dois rentrer à la maison.

- Tu fais bien le fier parce que je suis attaché mais je parie mon arbalète que sans les cordes et les artifices, tu n’oserais pas m’approcher. Je me trompe… ? Tu viens là et me regardes avec la curiosité d’un enfant face à un opossum crevé sur le bord des routes mais si je te sautais au visage… - Sa voix ronronne, se délite en quelque chose qui ressemble presque à un chant, à une piteuse comptine issue des quelques souvenirs que lui inspirent le dossier de sa proie. – Tu partirais en pleurnichant et tu te pisserais dessus Johan. Jojo, Jojo, Jojo la boitiiiiiille…

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