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«ⱱous l'ai-je dit, cher ami ? - Dagmar & Bartholomew»

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MessageSujet: «ⱱous l'ai-je dit, cher ami ? - Dagmar & Bartholomew» Ven 9 Juin - 14:54



ⱱous l'ai-je dit, cher ami ?

«Ne cessez jamais d'explorer.»

Propriété londonienne de Lord Collins - 1891.

Un homme en costume de ville était venu se présenter à la porte de Lord Collins. C'était un soir de printemps, en pleine saison mondaine, et il avait plu toute la matinée jusqu'à ce qu'enfin le ciel se dégage. L'air ambiant était humide mais contrairement au climat habituel, il n'y avait pas de vent froid pour venir faire frissonner les uns et les autres. Nous nous trouvons devant un grand manoir -bien entretenu et fort bien situé dans la capitale Britannique. Dès le premier coup d'œil on s'apercevait qu'il s'agissait bien là de la maison d'un Lord, vu ses parterres fleuris et sa cheminée fumante. Aussi, la personne venue ouvrir la porte à l'homme en costume de ville était une domestique en uniforme. Elle s'était arrachée à sa tâche afin de venir voir quel visiteur pouvait bien déranger à une telle heure, et à voir la manière dont elle l'a laissé rentrer sans lui poser la moindre question, il faut croire que le visiteur en question était soit attendu, soit habituel.
Il y avait là un peu des deux.

«Lord Collins est dans son bureau. Je vais lui annoncer votre arrivée.»

C'est sur ces quelques mots que le visiteur fut laissé, acquiesçant doucement en guise de remerciement silencieux. Sa silhouette élancée se tenait au centre du salon des invités et son regard, aussi vif que tendrement charmeur, parcourait les nombreux objets d'art et meubles délicatement sculptés qui constituaient la décoration de la pièce. Il s'agissait de nul autre que Dagmar von Stierlitz -ce diplomate allemand était à peine plus jeune que le maître des lieux qu'il avait connu il y a de cela à peine quelques semaines, lors d'une soirée privée à laquelle Dagmar s'était retrouvé quelque peu par hasard, et à laquelle Bartholomew était bien évidemment convié. Les deux hommes n'avaient pas eu à converser bien longtemps pour qu'une certaine forme d'intérêt s'installe dans leur attitude de l'un envers l'autre. Le comte était curieux, et le diplomate d'une compagnie particulièrement enrichissante. S'étant quittés en bons termes, il s'étaient revus quelques fois depuis cette fameuse soirée. Lord Collins conviait Stierlitz à venir passer quelques heures en sa compagnie privée, et tous deux avaient alors l'occasion de communiquer librement sans se soucier des conventions ou des questions déplacées. S'il arrivait à l'un de tout demander, il arrivait sans nul doute à l'autre de répondre à tout.

La servante s'en était donc allée avertir Bartholomew de l'arrivée de Dagmar. En attendant, ce-dernier, une fois débarrassé de son manteau et de son couvre-chef, avait reçu une tasse de thé à laquelle il ne toucha pas, ainsi que la permission momentanée de se mettre à son aise. Il en fallait peu pour que Dagmar parvienne à s'accommoder à un nouvel environnement -il était particulièrement flexible à ce niveau là, et à tant d'autres. Il faut comprendre qu'un homme qui a autant voyagé finit par ne plus avoir de repères, et c'est loin d'être aussi triste que cela paraît. Il s'adapte tout simplement à tout ce qui lui passe sous la main, ce qui est une indéniable qualité dans bien des situations. Elle lui a permis d'accomplir les choses qui l'ont propulsé jusqu'à la position qu'il occupe aujourd'hui. Qui sait, si Stierlitz était un tant soit peu plus fermé d'esprit, peut-être qu'il ne se tiendrait même pas dans la demeure de Lord Collins aujourd'hui.
D'ailleurs, il est non-négligeable que si Stierlitz se trouvait ici en ce moment précis, c'est que lui aussi devait avoir décelé en la personne de Lord Collins quelque chose qui piquait sa curiosité. Était-ce l'allure du personnage, ou son fond caché derrière toutes ses bienfaisances qui attirait le regard perçant du diplomate ? Peut-être bien, peut-être que non. Quoi qu'il en soit, on peut affirmer sans trop de crainte que Dagmar était enthousiaste à l'idée de revoir Bartholomew. D'ailleurs, un mince sourire vint étirer ses lèvres.

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MessageSujet: Re: «ⱱous l'ai-je dit, cher ami ? - Dagmar & Bartholomew» Lun 12 Juin - 14:07



ⱱous l'ai-je dit, cher ami ?

«Ne cessez jamais d'explorer.»

Propriété londonienne de Lord Collins - 1891.

Bartholomew était rentrée d'York depuis peu, des affaires urgentes l'avaient poussé à retourner au domaine familial. Enfin, elles n'étaient pas été si urgent que cela au final. Seulement quelques paperasses de noble et autres devoirs en tant que fils de... Et surtout de nouveau des sermons de ce cher comte d'York qui lui servaient de père. Le mariage et la descendance de la ligner, comme une roue qui tournait et tournait encore et toujours en rond. Le mariage justement Bartholomew y pensait de plus en plus, avec ce qui s'était passé avec Amy, avec Felix, ses lettres houleuses. Peut-être qu'un mariage aiderait à clarifier tout cela. Même si son cœur n'appartenait pas à Maddie en entier, au moins il se savait assez correcte et respectueuse pour l’honorer et la chérir comme une amie et une femme. Comme elle mérite de l'être. Mais cette situation devenait de plus en plus inconfortable pour les uns comme les autres. Peut-être que oui, peut-être que ce mariage réglerait quelques-uns de ses soucis. Il se devait d'en faire part à Madelyne et de connaitre ses envies à elle aussi. Mais ce qui était certain, c'est qu'il lui laisserait toutes les libertés qu'elle souhaite. Même si aux yeux de la société cela passerait pour une trahison envers lui, il s'en fichait. Il savait bien qu'elle ne l'aimait pas non plus et se retrouver coincé le reste de sa vie avec un ronchon comme lui... Il lui souhaitait bien du courage.

Un sourire avait gagné le visage de l'homme assis face à son bureau. Sa plume à la main. Il avait toujours aimé écrire avec cela, même si l'encre mettait bien du temps à sécher. On frappa à la porte, il manqua de faire une rature sur cette lettre à Amy. Les tensions précédentes s'apaisaient et il souhaitait que cela continue ainsi. Une servante entra restant sur le pas de la porte. Le noble se contenta de relever la tête de sa lettre. Comme seule attention à l'égard de son message.

« Installez-le dans le grand salon, avec une tasse de thé s'il le souhaite. J'arrive dans un instant. »

Rebaissant son visage, il conclut alors plus rapidement que prévu ses écrits. Et laissa la lettre libre ouverte sur le bureau, ce n'était que quelques mots agréables à une amie précieuse. Descendant les escaliers, il se rendit dans la pièce où il avait demandé que son visiteur soit installé.

[color:3d32=#teal]« Bonjour mon cher Stierlitz. J'espère que vous allez bien aujourd'hui . Fait-il chaud ? J'avoue ne pas avoir mis le nez dehors depuis deux jours au moins. »

Barth se présenta à l'homme une main tendue comme signe de bienvenue. Un visage un peu plus doux qu'il ne l'abordait en général.

« Que me vaut l'honneur de votre visite. Cela me coupera un peu de mes obligations qui sont, ma foie, bien trop nombreuses ses temps-ci. »

D'un geste, le noble invita Dagmar à s'installer sur l'un des fauteuils face à celui dans lequel Barth s'asseyait lui-même. Prendre des gants, il n'avait jamais aimé trop cela et jouer les nobles biens trop coincés et à cheval sur les règles était une façon de faire avec ceux qu'il méprisait, mais l’homme face à lui n'en faisait pas parti alors.

« Vous à ton proposer un thé . Mais vous préférez autre chose, nous avons du vin, du très bon vin même et des jus de fruit. J'ai ramené quelques caisses de mon séjour à York. Ou quelque chose de plus fort, si vous le souhaiter. »
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MessageSujet: Re: «ⱱous l'ai-je dit, cher ami ? - Dagmar & Bartholomew» Mer 21 Juin - 10:07



ⱱous l'ai-je dit, cher ami ?

«NE CESSEZ JAMAIS D'EXPLORER.»

Propriété londonienne de Lord Collins - 1891.

Les salons de Lord Collins étaient décorés avec beaucoup de goût -mais un goût fort britannique. Voilà l'un des premiers constats que s'est fait Dagmar von Stierlitz au fil de cette énième visite chez celui qu'il pouvait, en quelques sortes, considérer comme un ami tout au plus, une sympathique connaissance tout du moins. Cela ne faisait pas si longtemps que le diplomate s'était sédentarisé à Londres pour des raisons aussi bien politiques que diverses, mais il se lassait déjà de ce triste portrait qu'était le paysage de ce royaume. Tous et tout se ressemblait, à ses yeux, et en réalité, il s'agissait là d'un profond manque d'exclusivité et d'aventures auquel il s'était malgré lui habitué, et pire encore -devenu dépendant. S'il ne niait absolument pas son amour pour le luxe et les choses bien faites, au fond de lui, il restait un homme avec une certaine forme de danger coulant dans ses veines. Il n'avait jamais cru que se poser le rendrait aussi las, mais sa fierté et tous ses autres principes aussi bien moraux qu'élémentaires ne lui permettaient même pas d'y penser. Aux yeux de tous, Stierlitz était un homme qui personnifiait l'intelligence et l'élégance qui en découlait, et avait une allure qui lui permettait d'être le digne représentant d'une puissante nation européenne.
Mais bientôt, il fut interrompu dans ses pensées par une arrivée qui était loin de lui déplaire. Il allait pouvoir troquer sa contemplation des décors de ce salon pour une discussion en tête-à-tête avec la personne qu'il était venu voir dans un premier lieux. D'ailleurs, rien que de voir Bartholomew se tenir devant lui arracha un curieux sourire au diplomate, -un sourire faible et plutôt énigmatique qui se dessinait dans les traits tout aussi particuliers de Stierlitz.

« -Si vous êtes adepte des promenades sous un Soleil fatigué, vous apprécieriez sans doute le temps qu'il fait actuellement dehors, répondit Dagmar tout en se dirigeant vers le fauteuil qui lui avait été indiqué par Lors Collins, juste en face de celui où il s'était lui-même installé. Mais pour ma part, je vous avoue que l'humidité m'en dissuaderait bien vite, ajouta-t-il, cette fois en s'asseyant aussi habilement que tranquillement, croisant les jambes aussitôt qu'il fut bien positionné.

S'il y avait une chose qui était certaine aux yeux du diplomate, c'est que Bartholomew avait, en fait, beaucoup de travail ces temps-ci. Que ce soit au niveau de ses expressions ou de son attitude, Dagmar percevait une certaine fatigue, ou au moins, une certaine lassitude. Cependant, il appréciait Lord Collins suffisamment pour être loin de juger cela comme une faiblesse quelconque, mais plutôt pour s'y montrer compatissant. Il n'avait aucune idée de ce que le travail de "Lord" pouvait bien représenter -et plus sincèrement, il doutait que l'on puisse considérer cela comme étant un travail à part entière-, mais il se sentait un brin désolé -un sentiment sur lequel il ne s'attarda pas.


- Je me suis, en effet, dit que je pourrai vous distraire, ne serait-ce qu'un court instant, de vos nombreuses occupations. Bien évidemment, si vous y voyez le moindre inconvénient -je m'en irai aussitôt.


A la dernière question de Bartholomew, Dagmar ne put s'empêcher d'esquisser un sourire accompagnant sa réponse;

- Je crains que mon palais ne soit pas suffisamment délicat pour capter toutes les saveurs du thé, dit-il afin de justifier amicalement et habilement son désamour pour ladite boisson. Mais je me ferai un plaisir de goûter à vos jus de fruits -parait-il que l'on en fait de très bons, dans les campagnes avoisinantes.»

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MessageSujet: Re: «ⱱous l'ai-je dit, cher ami ? - Dagmar & Bartholomew» Jeu 29 Juin - 15:34



ⱱous l'ai-je dit, cher ami ?

«Ne cessez jamais d'explorer.»

Propriété londonienne de Lord Collins - 1891.

Bartholomew Collins avait quitté sot bureau et sa lettre à Amy pour un ami de chair et d'os. Car à n'en pas douté ce cher von Stierlitz était bien un ami aux yeux du Lord. L'écouter parler de ses aventures, de ces contrés dont il ne pouvait qu'imaginée la beauté et la culture. Ses deux-là s'étaient bien trouvés. Une réception ennuyeuse les avait amenées à discuté, par politesse et moqueries au départ. Puis l'aventure avait vite prit possession de leurs esprits. Barth qui enfant avait toujours rêver d'être un pirate, comme dans les contes qu'il aimait lire en cachette sous ses draps de soie blancs. En un sens écouter Dagmar parler de ses périples et visites aux quatre coins du monde ou du moins du continent était comme se plonger dans un de ses livres fantaisiste où Barth se laissait aller autrefois. Il avait pris soin de se rendre un peu présentable et avait profité d'un miroir dans un des couloirs avant de rejoindre son visiteur pour rafistoler quelque peu, sa chemise et son veston et sa coiffure qui, en privé laissait souvent à désiré. Un simple petit effort de présentation, bien que minime. Il voulait simplement démontrer un peu de courtoisie envers l'homme.

Une fois son visiteur en face Barth l'invita à s’asseoir face à lui dans un fauteuil confortable que la maisonnée offrait à leurs carcasses. L'homme répondit à sa question sur le temps au-dehors. Un sourire gagna les lèvres du Lord. Les temps couverts et un peu humides étaient bien ses favoris. Un peu de pluie s'abattant sur sa peau blanche, lui rappelait qu'il était vivant. Peut-être irait-il alors faire un tour au-dehors quand son ami serait parti. Dans un mimétisme parfait Collins croisa ses jambes comme son camarade face à lui. Un peu plus droit et fier peut-être qu'il ne l'était. Comme on lui avait appris à être en réalité. Malgré ses plus profondes volontés, son éducation était encrée dans sa chair... À regret parfois.

« Oh non ne vous en fait pas. Mes occupations ne sont pas urgentes. Du moins, elles ne le sont plus à présent. Je suis ravi de votre visite elle me changera un peu les idées. »

La conversation avec ce cher von Stierlitz, était des plus naturel et simple. Chose assez rare pour être signalée de la part du jeune Lord. Poli et courtois Bartholomew avait évidemment proposé de quoi rafraichir la gorge de l'homme, ou de l'enflammer selon ce qu'il choisirait bien entendu comme breuvage. Un léger rire s'échappa aussi subtilement que futilement des lèvres du Lord alors que Dagmar refusa poliment un thé. Il était coutume ici à Londres, plus qu'ailleurs en Angleterre de proposer un thé à son hôte. Comme une tradition ancestrale et sacrée. Barth avouait aimer ce breuvage simple et bienfaisant quand le temps était frais et délicat. Une goutte-de-lait pour épaissir ce breuvage et il était parfait pour ses papilles difficiles. Mais il appréciait tous autant d’autres breuvages comme un bon whisky ou du vin, ou divers jus que son domaine et employé produisaient. D'ailleurs, l'homme opta pour cette option proposée par le Lord. Comme une petite fierté personnelle, Barth se leva et s'approcha un meuble bas, fermé par une clef. La sortant de sa poche, il ouvrit le dit meublé et laissa apparaitre aux yeux de son visiteur diverses sortes de jus et de bouteilles. Plus ou moins claire selon le jus qu'elles contenaient.

« Je peux vous laisser choisir le parfum qui vous inspirera le plus. Celui qui est aux pommes est très agréable en bouche. Ainsi que le jus de fraise et de framboise, bien qu'un peu plus fort, surtout si vous n'apprécier pas leur goût de base. Le jus d'amande douce est une nouveauté, je dois avouer que ce n'est pas mon favori, mais parmi ceux qui l'ont testé il a été globalement apprécié. Ou je peux vous proposer celui qui a toutes mes faveurs, aux raisins. Faite donc votre choix et si le goût vous plaît, je vous en offrirai quelques bouteilles, avec plaisir. »

Une fois le parfum choisi par Dagmar, Barth prit deux verres sur la table plus loin où était exposer une belle bouteille de Whisky sans âge que son père lui avait offert pour son retour à Londres. Elle avait déjà été goûtée par le fils et sa fiancée. Et comme dans le soin d'une décoration pointilleuse quelques verres de cristal trônaient toujours aux côtés de ladite bouteille. Mais cette fois les verres se voyaient emplir de vulgaire jus frais, de production artisanale et locale. Tendant le verre demandé à son visiteur Bartholomew retrouva sa place dans son fauteuil en face, son verre en main. Un sourire à l'égard de l'homme, il leva son verre.

« Dites-moi ce que vous en pensez, sincèrement. Vous êtes en droit de ne pas apprécier. Je doute parfois de mon palais difficile. »
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MessageSujet: Re: «ⱱous l'ai-je dit, cher ami ? - Dagmar & Bartholomew» Lun 17 Juil - 22:06



ⱱous l'ai-je dit, cher ami ?

«Ne cessez jamais d'explorer.»

Propriété londonienne de Lord Collins - 1891.

Tandis que son charmant hôte prenait sur lui-même la responsabilité de lui servir à boire (chose que Stierlitz trouvait toutefois fort naturelle -s'il s'était rapproché de Lord Collins et qu'il le connaissait comme c'était le cas aujourd'hui, c'est entre autres pour le détachement dont celui-ci savait faire preuve et qui était fort agréable à savourer dans les jungles mondaines qui s'étendent à vue d'œil. Contrairement à ce que le plus commun des gens pourrait croire, Dagmar n'était pas homme à constamment vivre dans le chaste et à apprécier les manières tirées à quatre épingles. Certes, il faisait preuve et exigeait une certaine élégance dans la manière d'être et de vivre, mais la frontière est très fine entre le "juste assez" et le "trop, c'est trop" -si fine qu'elle est bien souvent franchie par quelque maladresse que le diplomate avait en horreur.), Dagmar se redressa quelque peu dans son délicat fauteuil, les jambes toujours simplement croisées, et esquissa un sourire qui montrait à la fois deux des nombreuses facettes de sa personnalité; l'une singulièrement charismatique, l'autre à laquelle il arrivait d'être sincère. Aux côtés de Bartholomew, il va sans dire que Stierlitz était sincère et qu'il se sentait bien de la sorte. Cependant, cette confiance ne l'empêchait pas de rester prudent, autant dans ses paroles que dans ses attitudes. Au contraire, c'est lorsque l'on se détend que l'on est le plus à même de commettre une fâcheuse erreur et de semer le doute ou la contrariété.
Une fois que Bartholomew eut versé dans les verres étincelants tout juste ce qu'il faut de ce délicieux nectar qu'avaient choisi l'œil curieux et le palais particulier de Stierlitz, ce dernier se pencha légèrement en avant afin de récupérer, non sans un "Merci" au bout de ses lèvres, ledit verre que lui tendait à présent Lord Collins. Comme on le fait avec le bon vin et n'importe quelle autre boisson que l'on veut savourer, le diplomate n'attaqua pas immédiatement le contenu mais le laissa quelque peu mijoter, admirant ses couleurs et sentant le parfum qui s'en dégageait. Une odeur aussi plaisante que la belle teinte du liquide vint ravir les sens de Dagmar qui, à part à de rares occasions s'étant furtivement présentées par le passé, n'avait jamais vraiment eu un tel embarras du choix en matière de jus de fruits. Il ne connaissait que les parfums classiques tels que la pomme et l'orange, ainsi que quelques parfums parfaitement exotiques comme ceux à la mangue qu'il avait pu goûter lors de ses voyages dans les contrées africaines. Aussi, voilà pourquoi son choix s'était porté sur un mélange qui avait attiré ses envies, à savoir un alliage de ces deux saveurs fort délicates que sont les fraises et les nectarines -à moins qu'il ne s'agisse de pêche ?

« -Vous pouvez sans crainte compter sur mon honnêteté,
répondit Stierlitz en relevant ses yeux vifs vers son hôte. Son regard avait beau être curieusement étincelant, l'ensemble de ses mimiques étaient plutôt du genre sereines et confiantes -un parfait équilibre -ni trop, ni trop peu. C'est exactement ce qu'il attendait de la part de ce jus de fruit entre ses mains que sans plus tarder il goûta de quelques gorgées. S'en suivit un silence de quelques secondes -secondes durant lesquelles Dagmar avait maladroitement oublié de parler. La majeure partie de son attention se rassemblait autour de cette boisson dont les saveurs lui étaient exclusives, et il en esquissa un sourire qui était, nous pouvons l'affirmer sans trop de crainte, plutôt satisfait.

-Mon cher, cela est exquis !»
poursuivit-il en relevant les yeux vers le jeune Lord, comme s'il venait de se rappeler de sa présence et de son courtois devoir de lui faire la courtoise conversation. Comme il l'avait promis, Stierlitz était resté sincère. Il aimait ce qu'il venait de goûter, et pouvait maintenant ajouter cette petite trouvaille à sa liste de boissons tout au plus chéries, tout du moins fort appréciées. « Ce sont de forts bons fruits que vous avez là, et j'en déduis que les hommes ayant préparé ce mélange ont tout autant de goût. », poursuit-il en haussant les sourcils avec un air familier qui avait le don de chasser toute tension, si il y en avait. « Puissiez-vous un jour me faire parvenir quelques bouteilles afin que j'en fasse goûter à mon ambassade ? Je suis certain qu'ils apprécieront ce petit trésor de terroir, et puis, votre prix sera le mien.» finit-il, toujours avec le sourire, mais cette fois, avec quelque chose de fort sympathique, comme s'il parlait à un cousin ou à un frère respecté.

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