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[Amy & Félix] Une visite pour le travail... Ou pas!

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Amy est très douée dans son domaine, la couture. ⊹ Ressentais une profonde frustration envers son mari durant les cinq précédentes années, ce qui l'incitait à accepter plus facilement les avances d'autrui. ⊹ A des tendances névrosées et borderline. ⊹ Ne supporte pas/ou difficilement les enfants en bas âge. ⊹ Apprécie la compagnie de l'alcool et du tabac bon marché. ⊹ Est d'une grande immaturité. ⊹ Très facilement morte de jalousie en compagnie d'autres femmes. ⊹ Manque de confiance en elle-même et a souvent besoin qu'on la rassure sur son apparence. ⊹ Passe beaucoup trop de temps devant le miroir à peigner ses très longs cheveux noirs. ⊹ Femme de Felix J. Adler. ⊹ A ouvert récemment un bordel de luxe dans un vieil hôtel rénové de Whitechapel.
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MessageSujet: Re: [Amy & Félix] Une visite pour le travail... Ou pas! Sam 2 Déc - 17:03



Une visite pour le travail.

« A genoux devant la Panthère Rouge. »

Juin 1891

Amy était contente de l'avancé de cette conversation. Ce n'était pas rien pour son entreprise que de se mettre le directeur de Scotland Yard dans la poche, surtout quand il s'agissait d'une entreprise quasi révolutionnaire de bordel de luxe extrêmement sécurisée. Elle doutait que les bordels cachés dans les caves de Westminster possédaient pareil système. Mais à présent, la couturière pourrait se passer des hommes de la Tribu et ce n'était pas quelque chose de négligeable. Elle était sûre que Fergus comprendrait qu'elle veuille assurer cette argent pour quelque chose d'aussi important que le suivi médicale de ses filles. Cependant, la jeune femme savait que ce double-jeu serait difficile à tenir. Elle ne souhaitait pas mettre à mal les intérêts de la Tribu, mais souhaitat également rendre le monde un peu meilleur en arrêtant les criminels si elle pouvait. Un jour, la confrontation aura lieu et il faudra qu'Amy soit ferme. Après tout, si certains membres de la Tribu se faisaient coffrer pour des motifs comme le meurtre, il ne pourrait s'en prendre qu'à eux-mêmes. Que Fergus soit l'un des hommes les plus droits de la ville n'empecherait malheureusement pas ses sbires de se prendre quelques incartades. Il semblait même à la couturière que lui-même exécrait le meurtre, alors peut-être ne serait-il pas outré voir même choqué de son acte en double-masque. Mr Downcry serra alors sa main, et elle fut ravie de cet échange égalitaire. La conversation menait à sa fin, après que tout ceci fut merveilleusement bien réglé d'une main de maître.

Mais un éclat de voix interrompit le directeur dans ses au revoirs, une voix qu'Amy ne put que trop reconnaître. Sa peau se blêmit instantanément, alors qu'un vacarme s'affaira dans les étages inférieurs. Remontant ses jupons, la couturière s'empressa de courir après l'homme de la justice pour descendre les escaliers quatre par quatre. Elle ne put cependant arriver avant Andrew qui s'empressa aussitôt de faire relâcher la forme blanche que représentait son mari, qu'Amy ne put que reconnaître aussitôt. Les choses devinrent évidentes pour elle, il l'avait suivi, elle qui rentrait trop tard. La jeune femme s'en voulait depuis le début, mais si l'on prenait les choses stricto-censu, elle n'avait pas menti: elle rentrait clairement trop tard car elle travaillait. Mais le quiproquo de cette situation était insupportable, et d'une voix terriblement aigue par le stress, Amy fit prévaloir son autorité sous son toit au dessus de celle du directeur de Scotland Yard et s'exclama:

- LACHEZ LE IMMEDIATEMENT ET RETOURNEZ A VOS POSTES, C'EST UN ORDRE.

La rage de la panthère rouge faisait peur à voir, elle qui ne supportait pas que l'on fasse de mal à son mari chéri et adoré. Les hommes de la Tribu avaient accédé à la moitié des ordres d'Andrew, calmant le jeu mais tenant toujours Felix de leurs lourdes poignes. Avec l'ordre d'Amy, ceux-ci le lâchèrent aussitôt et s'éloignèrent pour redescendre au rez-de-chaussé. Se précipitant alors sur Felix, elle lui saisit le visage pour voir si tout allait bien, l'aider à se redresser avant de se retourner vers les filles et les clients qui avaient sorti la tête de certains couloirs:

- De quoi je me mêle ? Retournez-donc dans vos chambres !

Les individus un peu trop curieux retournèrent à leurs occupations parfaitement intéressantes et Amy se saisit du bras de Felix pour l'embarquer, indiquant à Andrew de venir à sa suite.

- On ne peut pas parler ici, les murs ont des oreilles. Viens à mon bureau, je t'expliquerai tout.

Amy monta alors les escaliers avec la sueur froide qui glissaient le long de son dos. Elle n'osait pas parlait tout de suite, mais espérait que ses craintes se voyaient calmer par l'utilisation du mot "bureau" et non pas "chambre" comme elle l'avait indiqué aux autres prostitués. Elle le fit monter donc au dernier étage, revenant sur ses pas, et ouvrit la porte du majestueux bureau, parfaitement symétrique. La couturière n'y avait pas pensé tout de suite, mais elle espérait bien que le directeur de Scotland Yard ne croit pas qu'elle se donnait tout le luxe de l'argent qu'elle gagnait. Une grande partie de l'argent récupéré était voué à gérer le confort des filles. Elles recevaient directement l'argent des clients selon leurs prestations personnelles et payaient à Amy une sorte de loyer dont elle conservait un peu moins de 30%, le reste servant bien largement à payer la nourriture et l'entretien de l'endroit, ainsi que les fameux soins médicaux et les hommes de mains. Cependant, l'établissement avait si vite réussi à réunir un grand nombre d'adepte, et l'argent coulait avec prospérité. Une fois arrivée à son bureau, elle se retourna vers son mari et déglutit:

- Felix... je peux tout expliquer...

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Informations : Souffre d'un autisme d'Asperger • Dyslexique • Est obsédé par son métier • Rêve de travailler sur l'horloge de Big Ben. • Insomniaque. • Parle peu • Se sent mal à l'aise dans une foule • A quelques bases d'Allemand et de Français • A le corps glacé et est d'une pâleur à faire peur • Origines Juives • Possède une Pamphobeteus Platyomma mâle pour animal de compagnie • Est le mari d'Amy S. Adler.
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MessageSujet: Re: [Amy & Félix] Une visite pour le travail... Ou pas! Mer 6 Déc - 16:29



Une Visite Pour le Travail... Ou Pas !

« HOW DID I END UP HERE ? »

La Tanière de la Panthère, Whitechapel, Juin 1891.

Les pieds de Felix ne touchaient toujours pas le sol. Écœuré et agacé par la simple présence de son épouse dans un tel lieu, il continuait de se débattre comme il pouvait pour avoir un minimum de réponses, ce qu’il n’aurait probablement pas. Il allait être jeté dans le caniveau comme un vulgaire chien, un trouble-fête, un agitateur, voire même un ivrogne qui avait besoin de se défouler à n’importe quel prix. Malgré le fait qu’il ait transgressé toutes les règles de sécurité qui semblaient être en vigueur dans la maison close, il continuerait à essayer d’apercevoir son épouse pour lui parler, s’entretenir avec elle et avoir des réponses. Ce fut alors qu’un homme à la cinquantaine d’années passée apparut dans la cage d’escaliers en demandant aux gardes de bien vouloir le poser sur le sol. Le regard toujours féroce, Felix essaya de se dégager mais la poigne qu’exerçaient les deux vigiles broya chacune de ses épaules. Il préféra alors rester sage, regardant son « sauveur » d’un œil noir, pensant avoir à faire au gérant des lieux, qui venait d’ailleurs de l’insulter. Felix n’était certes pas le plus grand des hommes et avait une apparence plutôt svelte, voire chétive comparée aux gardes qui le tenaient, mais il n’était pas non plus ridicule.

Cependant, l’homme lui demanda s’il venait de s’entretenir avec la patronne. Le pauvre horloger, pris au dépourvu, le regarda sans comprendre. Il n’était pas gérant ? Qui était-il alors ? Pourquoi la patronne ? Parce qu’il avait crié le nom de son épouse ? Non, non, il devait mal comprendre. Amy ne pouvait pas tenir un bordel. Toutes ces questions qui se bousculaient dans sa tête lui donnaient presque une migraine aussi forte que la douleur dans ses épaules ou dans ses abdos, tous écrasés par la force des deux gardes. Puis ce fut une silhouette écarlate qui apparut dans le champ de vision de l’horloger agacé. Une voix strident à vriller les tympans recouvrit le petit tumulte que Felix avait provoqué. Il reconnut cette voix comme étant celle d’Amy mais elle avait employé un ton qu’il n’avait jamais entendu auparavant. Pourtant, les gardes relâchèrent ses épaules meurtries que l’horloger massa aussitôt, instinctivement, son regard collé à son épouse qui venait d’apparaître comme par magie. Déboussolé, il la regarda s’approcher rapidement et lui saisir le visage pour l’inspecter avec inquiétude, mais Felix resta impassible, n’arrivant pas à aligner tous les bouts du problème devant lui. Il pouvait faire preuve du plus logique des esprits, mais dès que les évènements se bousculaient un peu trop vite, il ne répondait plus à rien.

Son épouse s’adressa avec le même ton autoritaire aux prostituées et leurs clients avant de lui saisir le bras. Il se laissa traîner, trimballer et eut le malheur de mal comprendre la dernière phrase de son épouse. En effet, il ne comprit pas « mon » bureau mais « son » bureau, ce qui changeaient drastiquement ce qu’Amy voulait faire passer comme message. Il lança un regard assassin à l’homme grisonnant qui les suivait mais ne dit rien, essayant de calmer vainement son calme. Elle le fit entrer dans un très joli bureau bien agencé, mais Felix ne le vit pas du même œil. Elle le lâcha et lui dit que tout pouvait être expliqué. La phrase traditionnelle, jumelle de « ce n’est pas ce que tu crois ». Il croisa les bras et ferma les yeux en soupirant. Pour l’instant, c’était plus la colère et la rage qui prédominaient sur toutes autres choses. Il ne voulait pas faire de conclusions hâtives et pourtant, tout ce qu’il voulait savoir était sous ses yeux : Amy s’était faite embauchée en tant que femme de joie et cet homme était le proxénète. Il ne voyait que ceci. Mais une question prédominait par-dessus toutes les autres : pourquoi avait-elle fait ça ? Il ne voulait pas se laisser aller à la rage et pourtant…

— Quoi ? Tu peux tout expliquer ? Pourquoi tu rentres tard le soir ? Tu es quoi ici ? La pute en chef ? C’est pour ça que tu diriges tout le monde ? Et lui, c’est qui alors ? Ton proxénète ? Un client ? Allons...

Il eut un ricanement désabusé, dépassé par la situation. Il était dépité et las de tout ceci. Il n’avait pas envie de se battre et baisser même déjà les épaules, qui étaient déjà, par ailleurs, bien abîmées au sens propre par les gardes. Il secoua la tête et regarda alors l’homme avec un air mauvais et agressif, comme de la façon dont il pouvait regarder les Collins quand ceux-ci lui tapaient sur le système.

— Et vous, là… Proxénète ou simple client, vous me dégoûtez. Aucun honneur, aucune dignité… J’espère que vous avez honte de vous et que vous peinez à vous regarder dans le miroir chaque matin… Franchement.

Étrangement, la colère et la rage annihilaient la timidité et l’introversion maladives de Felix, surtout quand il s’agissait de son épouse. Il se tourna une nouvelle fois vers elle et le regarda avec beaucoup de déception dans ses iris grises.

— Je… Je m’étais juré de ne jamais mettre les pieds dans une maison close parce que je trouve que c’est un lieu de débauche facile pour les hommes insatisfaits ou tout simplement incapables de se retenir. Je n’ai jamais compris ces gens-là. Regarde ce que tu me fais faire…

Par-là, il entendait qu’il venait de bafouer ses principes. Et que si une connaissance éloignée l’avait aperçu en train d’entrée dans ce bordel, de nouvelles rumeurs allaient être colportées et c’était tout son travail et son statut d’Horloger Royal qui pouvaient être altérés. Alors certes, il se souciait davantage à sa carrière qu’à l’état de son couple face à une situation comme celle-ci. Mais son mariage, dans l’immédiat et même sur le long terme, n’avait rien à craindre. Malgré tout ce que pouvait faire Amy, il ne pouvait vivre et il se doutait qu’elle avait une bonne raison. Du moins, il l’espérait fortement.
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MessageSujet: Re: [Amy & Félix] Une visite pour le travail... Ou pas! Dim 14 Jan - 0:10

L'homme qui venait de se faire attraper par ces deux gros colosses le regardait avec une expression vexée qui exprimait aussi le jugement. L'homme de la police de Scotland Yard haussa un sourcil en l'observant d'un oeil critique. Sur le coup, il eut une impression de déjà vue, mais il repoussa cette impression pour lui demander s'il était là pour la tenancière. Il sembla très perturbé et principalement en voyant cette dernière arrivée. La chef de cette maison de passe s'adressa au jeune homme brun avec un ton très familier et assez inquiet. Sa voix trahissait la crainte de son jugement et Andrew compris tout de suite que cet homme était le mari de sa partenaire en affaire. Elle voulait qu'ils la suivent dans son bureau, alors le le fit sans se préoccuper de se que pouvait penser l'homme. Ce dernier lui rappelait ses subalternes droits comme des bâtons qui pensaient que les choses fonctionnaient que d'une seule manière. Ces hommes rigides avaient le don d’irriter Andrew parce qu'ils ne se mettaient absolument pas à la place des gens. Une fois dans le bureau, l'homme du nom de Felix se mit à poser des questions à son épouse avant de se tourner vers lui. Il l'accusait d'être soit un dégoûtant proxénète ou d'être un client sans morale. Insulté d'être jugé et accusé ainsi, Downcry pinça les lèvres et fronça les sourcils en attendant que son flot de questionnements cesse enfin.

- Voyons jeune homme... Vous n'avez pas à l'accuser d'être entré ici. Vous êtes un grand garçon et vous avez fait votre choix seul. Si je peux me permettre, vous n'avez pas brisé votre promesse. Vous n'êtes pas ici en tant que client à moins que vous mentiez, mais je ne pense pas que vous sachiez me berner... Je me nomme Andrew Downcry et je ne suis pas un client (pas encore du moins...), je suis le directeur de Scotland Yard venu faire un marché entre votre épouse et la police dit-il en sortant son insigne pour le lui prouver. Son entreprise pourra facilement nous fournir les criminels que nous voulons et en échange, elle aura des gardes gratuitement pour veiller à la sécurité des jeunes femmes à l'intérieur. Je sais ce que pensent les gens comme vous. C'est indécent... C'est odieux... Pourtant ces femmes font ce qu'elles peuvent pour survivre. La pauvreté est difficile monsieur et vous devriez le comprendre puisque vous n'êtes pas riche... Attendez une seconde...

Il haussa à nouveau un sourcil. D'un coup, il eut une illumination. Il comprit tout de suite d'où lui était venue cette impression. Il déglutit. Il ne pouvait pas être plus vieux que Harry...

- Êtes-vous Felix Adler? ... Un fils de Johanna Adler?

Il déglutit se souvenant d'un papier qu'il avait dans la poche et il le lui tendit quand il eut confirmé son identité.

- On a porté plainte contre vous pour agression... Je vous demanderais de venir au poste demain après midi pour que nous puissions en discuter.

Avant leur rencontre, il en profiterait pour en apprendre plus sur ce jeune homme...
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Amy est très douée dans son domaine, la couture. ⊹ Ressentais une profonde frustration envers son mari durant les cinq précédentes années, ce qui l'incitait à accepter plus facilement les avances d'autrui. ⊹ A des tendances névrosées et borderline. ⊹ Ne supporte pas/ou difficilement les enfants en bas âge. ⊹ Apprécie la compagnie de l'alcool et du tabac bon marché. ⊹ Est d'une grande immaturité. ⊹ Très facilement morte de jalousie en compagnie d'autres femmes. ⊹ Manque de confiance en elle-même et a souvent besoin qu'on la rassure sur son apparence. ⊹ Passe beaucoup trop de temps devant le miroir à peigner ses très longs cheveux noirs. ⊹ Femme de Felix J. Adler. ⊹ A ouvert récemment un bordel de luxe dans un vieil hôtel rénové de Whitechapel.
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MessageSujet: Re: [Amy & Félix] Une visite pour le travail... Ou pas! Mar 16 Jan - 22:18



Une visite pour le travail.

« A genoux devant la Panthère Rouge. »

Juin 1891

La situation venait d'échapper aux mains de la reine avec une facilité déconcertante. Dans ses belles parures de jeune femme, Amy commençait à littéralement transpirer de peur. Pourtant, elle n'avait absolument rien à se reprocher dans cette étrange quiproquo qui se jouait là. La jeune femme savait parfaitement ce qu'elle avait fait -rien de mal. La seule chose qui n'allait pas, c'était le silence qu'elle s'était tenue à garder; car elle savait que son mari était prompt à s'enflammer pour peu de choses quand cela les concernait. Amy avait des convictions propres et solides, et se refusait à continuer de perdre des clientes à cause d'un meurtrier. Mais elle savait également que Felix ne lui aurait jamais permis de faire toutes ces choses. Maintenant qu'elle s'était imposée dans le marché, il était évident qu'il lui fallait en parler. Mais elle aurait préféré le faire à la maison, calmement; elle n'aurait pas tardé à le faire. A ce moment précis, tout venait comme un ouragan se mélanger et la fouetter sans mérite. Face à la rage justifiée car ignare de son mari, Amy ne put dire un mot, elle était complètement pétrifiée, se tournant lentement vers son bureau pour s'asseoir à sa place de chef alors que Felix commençait déjà à fustigier le directeur de Scotland Yard. Rien que cela. C'était très mauvais pour ses affaires mais elle ne pouvait rien dire, et ce n'était pas les paroles de Mr Downcry qui allait changer les choses.

Felix était une bombe à retardement et c'était l'instant précis qu'il avait choisi pour exploser. Les doigts tremblant légèrement, que ce fut sous l'effet de la fatigue comme du stress, ses doigts glissèrent dans un tiroir et caressèrent une boite de cigarettes qu'elle mourrait d'envie de fumer. Elle devait se retenir, son chéri montrait déjà tant les signes de colère qu'elle n'aimait pas lui connaître et ne souhaitait pas rajouter des charges à son malaise. Assise bien en place dans le bureau central qui la grandissait, en face de cet immense tableau représentant son mari, Amy finit pourtant par prendre la parole, d'une voix cruellement blanche:

- Felix... je savais que tu m'interdirais de faire tout ça si je t'en avais parlé...je ne suis pas une pute en chef... je suis LA chef. Mr Downcry ici présent a raison, il est venu me présenter un marché me permettant d'économiser de l'argent sur la sécurité du bâtiment en échange d'informations sur les potentiels criminels qui seraient clients. C'est long à t'expliquer, chéri... tu te souviens du soir où je t'avais dit qu'une de mes clientes les plus fidèles avaient été tué par Jack l'Eventreur...?

Elle soupira tristement, se mordant les lèvres tout en sortant la main du bureau. Ses doigts s'entrelacèrent et maintinrent son menton, coude sur la table. Son regard était luisant, alors que la jeune couturière tentait de reprendre contenance d'elle-même. Amy n'avait jamais été une battante, c'était une princesse. Choyée toute sa vie, elle n'avait pas l'habitude de se lever pour quelque chose qui lui portait à coeur. Cette cause-ci était bien la seule, et c'était la première fois que Felix pouvait apercevoir cette nouvelle lueur de détermination dans son regard.

- Ce soir là... j'ai décidé que je devais faire tout mon possible pour protéger mes autres clientes, les moins fortunées... mais qui ont également le droit de pouvoir être joli. Avec Mylène, on a économisé pour payer des gens de la Tribu pour qu'ils nous rénovent ce bâtiment, et il est maintenant décrit comme un rubis au milieu de la fange... tu te rends compte Felix ? J'ai peut-être sauvé des filles qui se seraient fait tué dans la rue... sales et toutes seules...

Des larmes apparurent dans ses yeux devenus électriques de par leurs rougeurs. La panthère finit par ouvrir le tiroir avec plus de fermeté et en sortit finalement une cigarette fine et délicate qu'elle alluma à la lueur d'une bougie sur le bureau. Après une unique mais profonde bouffée, elle prit une respiration et poursuivit, après avoir lever la main en voyant que l'un d'entre eux voulait se lancer à une réponse. Cette entreprise était sa plus grande fierté, cette sensation d'être utile à une échelle si puissante, d'être l'écrin d'un système qui protège, qui soigne et qui permettait à des vies de se reconstruire. Tout celui lui avait donné le courage de redresser la tête, et de ne plus être la silencieuse victime d'elle-même qu'elle avait pu être tout le temps de sa vie.

- Je... tu n'as pas besoin d'être d'accord avec moi... ou d'accepter... sache que ce qui est fait est fait, et je ne reviendrais pas en arrière, cela me tient trop à coeur. J'aurais voulu t'en parler dans d'autres circonstances... j'attendais justement une meilleure stabilité dans mes finances pour t'en parler, ce contrat avec Mr Downcry est une aubaine. Mais... Felix... ne crois pas que je me sois prostituée, je te le jure sur ma vie, je n'ai rien fait de tel, je ne suis que la directrice de cette établissement, tout est fait pour que personne ne puisse monter me voir à moins d'une raison strictement professionnel. Mais... (elle jeta un coup d'oeil au directeur de Scotland Yard:)... nous devrions en parler seul à seul... j'espère juste avoir calmer tes craintes... (elle tira une nouvelle bouffée de sa cigarette et regarda le policier en chef pour reprendre avec une voix tremblante qui se voulait maitrisée:) Excusez-moi pour ce long monologue sentimental... j'ai été prise au dépourvu par la situation.

Celui-ci pourtant sembla se moquer de ce que pouvait bien dire la jeune femme, ne regardant que l'horloger avec un regard qui paraissait remplit de question. Quand il finit par ouvrir la bouche pour demander l'identité de l'homme, cela fit hausser un sourcil à Amy. Mais quand le directeur donna un papier à Felix tout en lui déclarant d'une voix professionnelle qu'une plainte pour agression avait été déposé contre lui... Amy laissa tomber sa tête contre sa main ouverte qui tenait la cigarette. Les choses pouvaient-elles tourner plus mal ? La couturière songea qu'elle avait maintenant un élément de contre attaque si jamais Felix venait à lui en vouloir pour ses actes. Mais tout de même, sérieusement ?! La jeune femme redressa la tête et lança un regard qui suppliait son mari. De quoi, elle même ne savait pas exactement, mais rien que pour ses affaires c'était très mauvais. Elle ignorait également si la situation devenait horriblement cocasse ou d'une tristesse absolue.

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MessageSujet: Re: [Amy & Félix] Une visite pour le travail... Ou pas! Mer 17 Jan - 10:53



Une Visite Pour le Travail... Ou Pas !

« HOW DID I END UP HERE ? »

La Tanière de la Panthère, Whitechapel, Juin 1891.

Felix restait silencieux face à tout ceci. À vrai dire, il avait très envie de rentrer chez lui pour tout oublier, s’enfermer dans sa chambre ou dans son atelier. Il n’avait pas envie de lutter contre quoi que ce soit ni contre qui que ce soit. Il y avait eu suffisamment d’histoire dans son couple, il n’avait pas envie d’en créer d’autres, malgré la situation, aussi étrange soit-elle. Il jeta un coup d’œil à Amy, qui s’était assise derrière ce qu’elle prétendait être son bureau. Elle disait qu’elle dirigeait tout ceci, cet établissement de débauche en tout genre. Elle lui expliquait qu’elle assurait les fonds et la sécurité du bâtiment, ainsi que les filles mais qu’elle n’avait jamais « pratiqué » le métier. Felix ne savait qu’en penser. Il eut cependant une moue courroucée quand elle évoqua Jack l’Éventreur. Encore lui. Tout ceci était de sa faute, une nouvelle fois. Par ailleurs, le petit horloger remarqua une lueur bien différente de celle qu’il avait l’habitude de voir dans les yeux bleus de son épouse. Il vit la volonté et la détermination. Les deux époux n’étaient pas des exemples en matière d’hardiesse et de courage mais il devait admettre que cela le motivait et le calmait de voir un tel regard.

Il inspira profondément pour mieux soupirer, essayant de faire le tri dans son esprit qui s’embrouillait déjà, essayant de donner de la crédibilité à cette histoire qui, il devait le reconnaître, tenait debout. Cependant, il avait quand même le sentiment qu’elle aurait dû lui en parler, même si, elle avait raison, il ne l’aurait sûrement pas laissé faire. De plus, ils étaient dans une société où la femme avait à peine le droit d’ouvrir un compte en banque à son nom et pouvait posséder des biens sans que cela ne soit automatiquement au mari. Non pas que Felix jouait les maris abusifs et possessifs, mais il ne voulait surtout pas se faire remarquer par les « autres ». Après, bien évidemment, il laissait Amy faire ses choses dans son coin, lui accordant toute la liberté qu’elle désirait, ce qui pouvait parfois choquer la bourgeoisie bien-pensante. Cependant, elle reprit avec cette détermination qu’il n’avait jamais elle qu’elle ne reviendrait pas en arrière, que ce qui était fait était fait et de toute façon, Felix n’avait rien à lui dire sur cette décision. Il avait juste un certain regret de ne pas avoir été mis dans la confidence… Il fit un petit geste nerveux de la main comme pour chasser la conversation.

— Je comprends bien, ne t’en fais pas… Puis tu fais bien ce que tu veux... C’est juste qu’on avait dit plus de secrets entre nous… Surtout un secret de cette ampleur… Enfin bon, on reparlera de cela à la maison. Rentr…

Il ne put terminer sa phrase, l’homme (qu’Amy avait d’ailleurs appelé « Mr. Downcry » qui n’avait pas attirer l’attention de Felix dut au grand nombre d’informations qu’apportait Amy lors de sa justification) prit la parole. Il se prénommait Andrew Downcry, le directeur de Scotland Yard, tout en lui montrant son insigne. Felix la regarda en fronçant les sourcils. Ce nom lui était familier et il ne mit pas longtemps à se souvenir qu’Harry lui en avait parlé il y avait de cela bien longtemps. L’horloger reporta son regard sur le visage du policier, déstabilisé par cette nouvelle révélation. Il resta silencieux, le laissant poursuivre son monologue qui prit une tournure étrangement agressive. Andrew Downcry le prenait clairement de haut, justifiant les débauchés qui venaient ici prendre du bon temps soit disant parce que la pauvreté était rude. Felix eut un air offusqué qui était largement justifié. Il allait répondre pour se défendre quand le policier en chef lui demanda si sa mère s’appelait bien Johanna Adler. Encore plus déstabilisé, il jeta un coup à son épouse, comme un appel à l’aide, ne comprenant pas où l’homme venait en venir.

Ce fut à ce moment-là que l’inspecteur sortit ce qui semblait être un mandat d’arrêt contre lui. Felix resta légèrement bouche-bée, continuant ses appels du regard vers Amy qui semblait plus dépitée qu’autre chose, voire même terriblement déçue. Son regard ne savait où se poser entre les deux individus présents dans la salle avec lui et il finit par regarder ses pieds tout en se mangeant nerveusement les ongles déjà ras. Il fouillait vaguement dans son esprit pour savoir qui avait pu l’accuser. Sa mère Johanna ? Un concurrent ? Puis il se souvient des épisodes avec Bartholomew Collins, qui s’était déroulé sous les yeux d’Amy, et celui du tournevis lancé à l’attention de Madelyne Errington, la fiancée de ce dernier. Il voyait mal le Lord portait plainte contre lui, ses suppositions tournèrent donc vers la jeune femme. Il se passa une main tremblante sur le visage, jetant un dernier coup d’œil à son épouse qui n’avait pas l’air disposé à l’aider et commença à faire nerveusement les cent pas dans la pièce. Toujours en regardant ses pieds, il finit par murmurer d’un ton absent :

— Je l’ai pas touchée, je ne lui ai rien fait…

Puis avec une moue déterminée mais peu assurée néanmoins, il releva la tête. Il se trouvait désormais entre Amy et Andrew, regardant ce dernier droit dans les yeux.

— Je n’irai pas, elle n’a aucune preuve contre moi.

Mué par une sorte d’insolence effrontée qui ne lui ressemblait pourtant pas, il secoua la tête avant de murmurer pour lui-même :

— Qu’elle aille se faire sauter par son Lord, cette salope.

De là où était Amy, il n’y avait aucun doute que celle-ci venait d’entendre les propos vulgaires de son mari. Quant à Andrew, s’il avait l’ouïe un minimum fine il avait lui aussi entendu sans problème. Mais Felix n’en avait cure. Ses nerfs étaient sur le point d’imploser et le bout de ses doigts qu’il continuait à ronger tremblaient fébrilement. Il reprit alors, continuant dans son impulsive lancée sur la défensive :

— D’ailleurs, Mr Downcry, ce n’était pas correct de dire que nous ne sommes pas riches. Votre fils est aussi « pauvre » que nous, voire plus, à vivre dans Whitechapel.

Il le regarda dans les yeux, continuant à se grignoter nerveusement les peaux mortes de ses doigts. Cependant, en plus de la lueur insolente, un éclat de défi était désormais apparu dans ses iris grises, presque blanches.

— J’ai connu la vraie pauvreté Mr Downcry, contrairement à vous sûrement, qui venait juste ici pour vous envoyer en l’air. J’ai connu la rue. Jusqu’à aujourd’hui, je n’avais jamais mis les pieds dans un bordel, ne venez pas me faire la leçon. Qui est la mère d’Harry, d’ailleurs, hein ? Une simple pute ? Vous continuez à faire le gamin sans se soucier des conséquences ?! Vous avez bel et bien aucun honneur, Monsieur le Directeur de Scotland Yard !

Il avait bien insisté sur la dernière partie de la phrase, regardant désormais Andrew avec des yeux emplis de colère, tournant le dos à Amy qu’il avait complètement oublié. À vrai dire, il s’était laissé submergé par le stress et il avait tendance à empirer les choses quand il perdait le très peu de contrôle qu’il avait sur lui-même. Il se tourna finalement vivement vers son épouse de façon assez inattendue, le regard toujours colérique bien que cette rage ne lui soit pas destinée.

— Rentrons Amy.

Son ton avait été assez sec et rude, même si sa pauvre épouse n’y était absolument pour rien dans cette histoire où Felix s’était entraîné tout seul. Le plus triste, au final, était que la malheureuse agression de Madelyne Errigton venait du fait que le sujet de la liaison de Bartholomew et Amy avait été mis sur le tapis faisant, une nouvelle fois, perdre le contrôle à l’horloger.
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[Amy & Félix] Une visite pour le travail... Ou pas!

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