« A lady's heart ought to be flattered - Théodora & Léonie »



 

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MessageSujet: « A lady's heart ought to be flattered - Théodora & Léonie » « A lady's heart ought to be flattered - Théodora & Léonie » Icon_minitimeJeu 27 Juil - 12:44



A lady's heart ought to be flattered

« Un peu de rouge, un peu de noir. »

Cirque O'Farrell - 1891.

Les bruits, les lumières, et tout recommence. Pour une énième fois, la petite prodige a enchanté les foules de ses mouvements gracieux et de ses numéros aériens. Si les cœurs des uns étaient charmés, les yeux des autres étaient éblouis. Aussi, ni ces gentes dames ni ces respectables sieurs ne semblaient se douter que derrière les beaux mouvements se cache la douleur, derrière les acrobaties ont retrouve, tapis cyniquement, les risques mortels, et que ce radieux sourire ne dissimule que grossièrement l'interminable lassitude.
C'était ainsi depuis maintenant deux ans, ou alors un petit-peu plus ? À moins que ça ne soit un petit peu moins... Mademoiselle Sax, comme aimait se faire appeler Léonie sans pour autant que l'on lui accorde cette unique faveur, répétait la même routine encore et encore pour le bon plaisir des visiteurs, et la satisfaction de son grand patron. Les numéros avaient beau changé, au fond et en vérité, ça restait toujours un assemblage de ce qu'elle savait faire de mieux et que pourtant, elle n'aimait pas. Mais ne nous méprenons pas si vite -Léonie aimait la danse, c'est un fait. Faut-il seulement se poser la question: Une enfant élevée à la brillance des planches du Palais Garnier pouvait-elle seulement aimer donner des représentations sur la scène d'un cirque aussi quelconque que misérable ? À ses yeux, l'entreprise O'Farrell avait sûrement encore moins de valeur que ce qu'elle n'en avait en réalité. Léonie, ayant dès son plus jeune âge associé art avec fastes et prestige, ne pouvait tout simplement pas se résoudre à aimer ce chapiteau qui l'accueillait, elle et ses numéros de trapèze, depuis maintenant bien des mois.

Ainsi, à la fin d'une représentation quelconque où la jeune fille avait démontré ses talents sans se surpasser de manière passionnée, elle s'éclipsa comme elle avait bien souvent l'habitude de le faire après avoir jeté un châle sur ses frêles épaules et avant même d'avoir retiré sa tenue du soir. Elle aimait prendre l'air -disons qu'il s'agissait là pour elle un moyen de ne pas s'apitoyer sur son sort. Le cirque perd toute sa magie (et nous savons déjà qu'il en avait déjà fort peu aux yeux de Léonie) lorsque l'on démonte les installations et que l'on range les accessoires en attendant la prochaine représentation.
Léonie s'était donc aventurée hors du chapiteau. Lourdement maquillée avec ses lèvres rouges de sang et ses longs cils noirs charbonneux, elle avait l'air de ces femmes de rues qui ne rendaient bien que sous la lumière d'un cabaret. Son cabaret, à Léonie, c'était le cirque.
Aussi, il lui arrivait parfois de s'aventurer près des foules qui sortaient, quittaient le chapiteau en échangeant quelques mots parfois d'extase, parfois critiques au sujet du spectacle qu'ils venaient d'admirer. Léonie entendait donc tout ce qui se disait au sujet des danseurs, des magiciens et des dresseurs. Il lui arrivait parfois de faire part de ses découvertes à ses collègues, mais la plupart du temps, elle gardait tout pour elle. Cela lui faisait ses petits secrets, en réalité. Et Dieu sait que les jeunes filles aiment avoir des petits secrets.
Cette fois-ci, alors que les gens remettaient leurs manteaux et attendaient leurs fiacres, l'adolescente s'était donc mêlée à ces personnes afin d'écouter un peu ce qui se disait dans les diverses sociétés, et ainsi se changer les idées en s'amusant un peu. Entre les préoccupations des uns et des grandes nouvelles des autres, il lui sembla surprendre une conversation comme elle n'en avait pas encore entendues par ici. Léonie se faufilait entre un groupe de dames et un groupe de messieurs, et soudainement, ses oreilles eurent vent de quelques mots soufflés au sujet de cosmétiques. Cela la surprit car elle avait cru comprendre qu'en Angleterre, les femmes ne se maquillaient pas d'odieuse crainte de ressembler à leurs rivales de rues. Ici, il n'y avaient que les prostituées qui pouvaient se permettre le rouge et le fard, et pourtant... Comprenez donc que curieuse comme elle est, hardie de surcroît, Léonie fit bien et fit vite de retrouver les jeunes voix qui se permettaient de parler de tels produits.
Elle arriva près de deux femmes. Assez jeunes, sûrement, et relativement bien vêtues. D'ailleurs, elles étaient si bien vêtues et si noblement tenues qu'il était surprenant de les voir non accompagnées, seules dans une foule où se mêlaient toutes sortes d'énergumènes. Elle écouta leur conversation, et elle en entendit que celle à la longue chevelure sombre se nommait Théodora. L'autre lui parlait de produits, et parfois, ladite Théodora lui donnait certaines informations en retour -majoritairement des conseils.
Audacieusement, la petite esquissa un sourire certain. Elle avait la fâcheuse tendance à se mêler de ce qui ne la regardait pas en n'ayant pas peur du risque -c'était là à la fois une qualité et un défaut, tout dépendant de la situation. Mais celle-ci n fit pas exception à la règle, et c'est donc avec un grand dédain que Léonie interrompit la conversation des deux dames en demandant à celle qu'elle savait nommée Théodora; « Vous aimez le maquillage, Madame ? »

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MessageSujet: Re: « A lady's heart ought to be flattered - Théodora & Léonie » « A lady's heart ought to be flattered - Théodora & Léonie » Icon_minitimeVen 11 Aoû - 20:17



Meeting the ballet

« Que les jeux du Cirque commencent... »

1891

Elle avait espéré se sortir de sa monotonie en acceptant l’invitation de Lady Crawley, et honnêtement, ce fut une entreprise fructueuse. Théodora se souvenait à peine de la dernière fois où elle avait mis les pieds sous un chapiteau. Ce devait être il y a près de seize ans, et à cet âge, on oublie vite…

Cette fois elle n’oublierait pas. Elle n’oublierait pas parce-qu’inconsciemment, la jeune veuve avait encore la capacité de s’émerveiller. Elle avait savouré chacune des cabrioles, chacun des traits d’humour. Le moindre détail, des costumes aux grimages pourtant excessivement mal vus en cette période. Même sa volubile voisine n’était pas parvenue à la tirer totalement du spectacle qui se déroulait devant ses yeux.

Et puis le rideau était tombé. Métaphoriquement parlant, certes, mais avec la même violence que si un bout de tissu s’était effectivement écrasé sur le sable grossier qui recouvrait l’arène. Et il avait fallu recommencer à converser. Théodora savait pertinemment sur quoi porterait l’échange. Les cosmétiques. Encore et toujours.

Oh il serait hypocrite de s’en plaindre vu que ces préparations la passionnaient autant qu’elles lui permettaient d’accroître sa fortune personnelle, mais parfois… Parfois Théodora aurait aimé tenir de véritables échanges.

Néanmoins, elle écouta, poliment, tandis que les gradins se vidaient et qu’elle attendait dans un coin hors du chapiteau que le gros de la foule se soit dispersé, et qu’elle puisse rejoindre sa voiture sans se sentir oppressée. Serrant sa pochette entre ses mains, puisque les pic-pockets étaient légion par ici, et acquiesçant. Des crèmes… Des pommades… Des parfums…

Jusqu’à ce qu’une petite voix n’interrompe le dialogue. Les deux Ladys tournèrent la tête de concert, et le regard de Théodora se posa sur une jeune fille. Et son accoutrement indiquait qu’elle faisait partie des saltimbanques. Un instant, la veuve fouilla ses souvenirs, et il ne fallut que quelques instants pour qu’elle se souvienne. La danseuse.  

Théodora réprima le sourire qui cherchait à étirer ses lèvres. Quelle audace, de s’adresser ainsi à elles. Ou plutôt, quelle maladresse. Car il y avait fort à parier que cette enfant n’était pas familière avec les usages de la noblesse et elle savait d’ors et déjà que cette familiarité ne plairait pas à sa compagne. D’ailleurs, Lady Crawley toisait déjà l’artiste de toute sa hauteur. Pourtant elle n’était pas grande. Il y avait tant de dédain dans son regard que pendant un instant, Théodora se sentit mal pour l’adolescente.

- Ne savez-vous pas à qui vous vous adressez de la sorte ? Souffla-t-elle, sèchement.

Fort peu incline à voir sa soirée se détériorer, Lady Hale se décida donc à intervenir.

- Vraisemblablement, non.

Elle avait parlé fermement, sans pour autant hausser le ton, comme pour apaiser une tension qui ne cherchait qu’à s’installer. Et alors qu’elle l’avait un instant quittée des yeux, elle reporta son attention sur la nouvelle arrivée.

- Le maquillage ? Celui-là même que notre bien-aimée souveraine a proscrit, mademoiselle… ?

Tout en conservant une distance de convenance dans son attitude, elle invitait l’artiste à se présenter, et légitimait ainsi la conversation tandis que Lady Crawley ne se départait pas de son air dédaigneux.

Elle n’aimait pas le maquillage… Elle n’en portait d’ailleurs que très peu, et usait plutôt de stratagèmes plutôt que de réels produits. Mais pourtant, elle aimait effectivement en fabriquer. Bien qu’elle ne revendique le plus souvent que ses autres créations.
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MessageSujet: Re: « A lady's heart ought to be flattered - Théodora & Léonie » « A lady's heart ought to be flattered - Théodora & Léonie » Icon_minitimeSam 16 Sep - 13:47



A lady's heart ought to be flattered

« Un peu de rouge, un peu de noir. »

Cirque O'Farrell - 1891.

« J'n'en sais trop rien madame, mais si vous me dites votre nom, je saurai à qui m'adresser », répondit Léonie à ladite Lady Crawley, avec un dédain quelque peu naïf, mais naturellement insolent. En effet, elle ignorait tout de ces dames quelconques discutant à la sortie du cirque. Si elle s'était approchées d'elles plutôt que de n'importe qui d'autre dans cette foule immense, c'est pour la simple et bonne raison qu'elle les avait entendues parler de ce qu'elle appelait "maquillage", bien qu'au vu de la réponse de l'autre dame, elles avaient un tout autre qualificatif pour ce genre de produits.

« Le maquillage, oui », reprit-elle en se tournant vers la seconde jeune femme. Celle-ci avait l'air plus sympathique, mais surtout, plus encline à discuter avec une petite trapéziste trop lourdement maquillée, tant pour son âge que pour la décence en général. Mais le monde du cirque était bien différent du monde tel que tous les autres le connaissent. Les fastes y étaient plus rares, et pourtant, plus courants. On se maquillait pour être visibles de loin, visible de tous. On voulait être une étincelle, mais on n'en avait pas les moyens. Alors on usait de toutes sortes de stratagèmes. Les costumes brillants, le rouge à lèvres sanglant, le fard à paupières charbonneux, et les lumières aveuglantes. C'était comme un tour de magie où l'on exhaussait les souhaits des uns pour le plaisir des autres.
Les scènes se ressemblent toutes, aussi différentes puissent-elles avoir l'air. Du palais Garnier au cirque O'Farrell, Léonie retrouvait les mêmes coutumes usées par des visages différents. Comme nous l'avons déjà dit, le maquillage en était une, de coutume. Et peu importe ce que les deux Ladys pouvaient lui affirmer, Léonie était intimement convainque qu'elles en usaient aussi. Certes, en petites doses et avec des composants bien plus dilués, mais une femme mondaine ne pouvait se passer de beauté, et le maquillage était un remède miracle pour toutes celles qui n'avaient pas été gâtées par la nature.

« Vos pommades, vos parfums... sont-ils si efficaces ? » demanda-t-elle en souriant, avec cette même lueur d'espiègle bonté dans ses yeux. Elle ne semblait pas se soucier des réprimandes de Lady Crawley, mais plus des informations dévoilées par l'autre jeune femme dont elle ne connaissait pas le nom, mais qu'elle pourrait bien demander par la suite.

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MessageSujet: Re: « A lady's heart ought to be flattered - Théodora & Léonie » « A lady's heart ought to be flattered - Théodora & Léonie » Icon_minitimeMer 25 Oct - 16:39



Meeting the ballet

« Que les jeux du Cirque commencent... »

1891

Théodora avait soigneusement évité de croiser le regard de Lady Crawley lors de la répartie de l’acrobate, mais elle imaginait parfaitement bien le regard incendiaire et le visage écarlate de cette dernière. Quelle pitié de ne pouvoir en rire…

Mais ce n’était guère le moment. Pour l’heure, elle n’était pas pressée de rentrer. Ce cirque, aussi rudimentaire fut-il, avait des relents de liberté retrouvée, et elle aurait mis sa main à couper que la compagnie de l’artiste serait plus vivifiante que celle de sa compagne attitrée.

- Quelle… Impudence. Sachez que vous…

Encore une fois, la jeune veuve prit le parti de ne pas lasser les choses s’envenimer. Et puisqu’il semblait que la question cachée n’aie pas été saisie, elle reformula une question plus directe. Se disant que, sans doute, l’acrobate ne devait pas être au fait de toutes les subtilités et règles de la noblesse.

- Peut-être devriez-vous commencer par vous présenter vous-même, Mademoiselle ? Je crains de ne pas avoir saisi votre nom…

Toujours affublée d’une certaine bienveillance, Théodora attendit patiemment que la jeune fille décline son identité avant de répondre à ses autres questions.

- Eh bien… Concéda-t-elle ensuite en laissant flotter un léger sourire sur son visage. J’imagine qu’ils le sont, sans quoi on ne m’en demanderait pas tant…

Un grognement désapprobateur se fait entendre, avant que Lady Crawley ne revienne à la charge .

- Veuillez m’excuser d’interrompre ce petit échange, mais il se fait tard et je n’ai pas pour habitude de… Tenir salon dans un cirque…

Le mépris est palpable, et transpire dans chaque intonation. D’ailleurs, Lady Crawley ne s’est adressée qu’à Théodora, ignorant ouvertement l’acrobate.

- Vous avez raison… Votre voiture est avancée, il serait de bon ton que vous vous pressiez de la rejoindre. Nous aurons rapidement l’occasion de nous entretenir à nouveau…

Cette déclaration ressemblait à une congédiation, ni plus ni moins et c’en était une, effectivement. Après que le visage de Lady Crawley soit passé du rouge au pâle en moins de deux secondes, cette dernière se redressa pour se parer de toute la dignité dont elle était capable, et après un salut d’usage à l’intention de Lady Hale et un dernier coup d’oeil courroucé pour l’acrobate, elle déserta la foule.

Enfin libérée et réprimant de justesse un soupir de bien-être, Théodora reporta son regard sur Léonie, enfin disposée à lui accorder toute son attention.

- Il semble que vous disposiez déjà de tout l’attirail nécessaire, Mademoiselle… Alors dites-moi en quoi je pourrais vous être utile…?

Disant cela, la jeune veuve avait tendu sa main gantée vers le visage de l’artiste, pour lui saisir le menton avec délicatesse et observer plus en détail la façon dont elle s’était arrangée. Bien qu’elle ne paraisse toujours pas hostile, elle se fendit d’une moue réprobatrice.

- Quoi que… Je doute que vous fassiez tout ce qu’il faut pour préserver votre beauté…

Il y avait effectivement fort à parier que les produits utilisés par Léonie ne soient pas les moins néfastes à long terme. Une question de qualité et d’utilisation...
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