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Very Far From Home. [PV. Sinéad Eliacin.]

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Informations : Comte de Warwick. • A été adopté à l'âge de sept ans. • A hérité d'une fortune incommensurable à la mort de son père adoptif, mais aussi des titres honorifiques. • Possède une grande force physique, ayant subi un entraînement militaire intensif pendant plusieurs années. • A passé plusieurs années en Inde, Chine et Japon. • Connait quelques arts martiaux. • Est connu pour ses fêtes mondaines où il n'apparaît jamais, se tenant à l'écart. • A un comportement et un caractère assez puéril. • Fait parfois preuve d'une grande naïveté. • Se met rarement en colère. • Passe certains de ses soirs dans Whitechapel, au sein de la Tribu de Fergus Lynch. • Est considéré comme un excentrique de par ses idées. • Son prénom vient d'un prénom juif mal orthographié. • A une petite cicatrice sous l'œil gauche et ailleurs sur le corps.
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MessageSujet: Very Far From Home. [PV. Sinéad Eliacin.] Mar 19 Sep - 8:00



Very Far From Home.

« LEAVE ME ALONE. »

Propriété Renfield, Alentours de Beijing, 1883.

Cela faisait plusieurs mois déjà que le jeune Loban Renfield se trouvait en Chine. Il maitrisait déjà la langue d’une manière tout à fait honorable et avait déjà appris bon nombre de leurs coutumes. Mais ce qui avait passionné de le début l’adolescent âgé de quinze ans était l’histoire du pays, comme à chaque où il en visitait un. Les différentes dynasties, les relations parfois houleuses avec les pays voisins… L’Histoire l’avait toujours parfaitement intéressé, pouvant plonger des heures dans un livre retraçant l’ouverture des voies commerciales entre l’Inde et la Perse, par exemple. Cependant, selon son père, ce n’était pas ce à quoi il était destiné. Loban avait toujours eu un grand respect pour ses parents adoptifs, même s’il aurait voulu qu’ils adoptent sa Lydess en même temps que lui, mais il n’allait ni ne pouvait se plaindre d’avoir été sorti de l’orphelinat. Cependant, la compagnie de sa sœur lui manquait. Et dire qu’il s’ennuyait, loin de tout, était un bel euphémisme. Loban comptait les heures passer. Il y avait bien des livres, mais sa maîtrise du chinois était trop approximative encore pour comprendre parfaitement les livres. Il vit alors apparaître sa mère dans l’entrebâillement de la porte. Elle lui indiqua avec un sourire bienveillant qu’ils partaient pour le reste de la journée et quelqu’un allait s’occuper de lui.

Loban répondit par un faux sourire. Comme dit plus haut, il aimait ses parents adoptifs, là n’était pas le problème. Mais il avait encore l’impression d’être couvert d’un côté, d’être surprotégé, et de l’autre, de devoir honorer son statut d’héritier Renfield, de suivre une éducation militaire, de devenir plus fort pour mieux se battre. Ou tuer. Loban ne se faisait pas d’idée là-dessus : à la guerre, on tuait. Il se doutait qu’il n’allait pas suivre un entraînement marital d’ici quelques années pour aider les vieilles dames à traverser la rue. Plutôt pacifiste, même si actuellement en pleine crise d’adolescence, aider les personnes âgées était une activité qu’il préférait largement à la guerre. Même s’il avait réussi à en éviter pas mal, son père avait tenu à commencer à lui faire lire certains livres traitant de stratégies, des grandes batailles, etc. Cela faisait certes partie de l’Histoire mais Loban avait un peu plus de mal à accrocher au fait de savoir quelles sont les différents positions d’une armée sur un terrain en pente ou alors dans un champ des plus classiques.

Il descendit alors au rez-de-chaussée, étant prêt à accueillir sa « nounou » et le reste de sa famille, éventuellement. À vrai dire, il ne savait pas qui était là ni pourquoi. Il se doutait que ses parents avaient invité une famille du coup à prendre le thé avant de se décider de sortir dans la capitale chinoise avec eux. Il ne comprenait pas pourquoi, à quinze ans, il avait encore besoin d’être surveillé comme un enfant. Il avait certes de l’énergie mais n’était pas non plus très turbulent. Enfin. Il était vrai que depuis quelques jours, l’idée lui venait de faire le mur afin de visiter discrètement les différentes structures religieuses de la ville en toute discrétion. Mais cela ne voulait pas dire qu’il avait encore besoin d’un baby-sitter pour s’occuper de ses fesses. Un peu vexé dans son orgueil, il se réfugia dans un des salons de la grande propriété pékinoise des Renfield, se cachant afin de ne pas être vu déjà. Il entendit alors sa mère lui dire au revoir, et la porte d’entrée claquer. Tout redevient alors calme, presque mort. Loban sortit alors de son antre et longea presque les murs comme pour se cacher, n’ayant aucune envie d’être trouvé.

Puis, il tomba nez à nez avec une jeune femme qui le fit sursauter brusquement. Il poussa un petit cri de surprise avant de soupirer en faisant une moue. Bien évidemment, elle était plus grande que lui. Après tout, même s’il avait quinze, sa puberté tardait à vraiment venir et était largement en-dessous de la moyenne en taille et en poids pour son âge. Il était aussi bien loin de la morphologie qu’il aurait dans quelques années. Il regarda la jeune femme de haut en bas, ne parvenant à se faire un avis sur elle, trouvant juste qu’elle avait une tête sévère, et dit simplement :

— C’est vous qui allez me garder ? J’espère que vous êtes patiente.

Il eut un petit ricanement insolent et n’ajouta rien de plus. Il voulait lui faire comprendre qu’il n’avait absolument pas envie que quelqu’un le suive comme son ombre pendant plusieurs heures.

— C’est quoi votre nom ?

Histoire quand même d’avoir un matricule sur cette présence gênante.
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MessageSujet: Re: Very Far From Home. [PV. Sinéad Eliacin.] Ven 22 Sep - 1:53


Very far from Home

« Lionceau voulant déjà être roi aura tôt fait de se calmer quand la lionne rugira »

Un matin particulier de l'an 1883

La chaleur était étouffante. Le soleil lui semblait moins brûlant que celui qu'elle avait tant aimé enfant lorsqu'elle jouait avec Siam et les autres en Inde, mais il régnait dans l'air de la ville une lourde humidité qui lui donnait la migraine. Peut-être était-ce le long voyage en mer qui l'avait affaiblie, elle essayait de s'en convaincre tout en se massant les tempes et en humant l'odeur délicieuse d'un thé brûlant. Un remède qu'on lui avait conseiller pour desserrer l'étau qui emprisonnait sa tête. Plus fort et amer il sera, plus vite votre migraine disparaîtra lui avait-on dit. On étant le traducteur qui l'accompagnerait le temps qu'elle apprenne la langue et puisse se débrouiller seule.

Jean-Baptiste Lecourbe, explorateur et naturaliste français en mission en Chine espérait bien profiter de la présence d'une lady britannique pour se voir ouvrir quelques portes. Avant d'accepter le travail offert par Sinéad Eliacin, il avait procédé à quelques recherches sur elle, contacté quelques personnes susceptibles de lui rapporter la réputation de la dame. Et dieu seul savait qu'il n'avait pas été déçu du voyage. De sang irlandais et de haute lignée, la donzelle avait grandi en Inde auprès de son illustre père avant de revenir au pays pour se fiancer à un banquier, fils de banquier lui-même. Plus important cependant, on lui avait rapporté que cette lady anglaise avait réussi à faire chuter les recettes de son père à son propre avantage après que celui-ci ait divorcé de sa mère, ou quelque chose comme ça. Avec un tel outil en main, Monsieur Lecourbe était sûr de découvrir des secrets qu'il n'apprendrait jamais seul.

A commencer par mettre un pied dans la propriété Renfield. Le français jubilait intérieurement quand on lui avait remis le cachet à l'intention de Lady Eliacin quelques jours avant son arrivée.

-Madame, vous êtes invitée à passer la journée de demain à la propriété Renfield, annonça-t-il en déposant la lettre à côté de la tasse de la jeune femme.

Sinéad passa du papier à son traducteur, les sourcils froncés d'une légère contrariété. Elle n'appréciait guère de voir que le français s'était permis d'ouvrir et de lire son courrier sans sa permission, d'autant plus qu'il était évident que la correspondance était rédigée en anglais. Dans la mesure où elle dépendait encore du français pour se faire comprendre des locaux, elle ravala ses reproches cinglants et déplia la lettre.

Sa migraine rendait sa lecture extrêmement désagréable et laborieuse mais après quelques minutes de peine et de douleurs, elle avait pris connaissance des termes exacts de l'invitation. Lord et Lady Renfield devraient s'absenter dans la journée et lui proposait de passer ce temps en compagnie de leur jeune fils, Loban, afin de profiter de leur propriété. Bien sûr, elle était conviée à rester dîner avec eux en remerciement.
Gardiennage n'était pas exactement le genre d'activité que Sinéad s'était apprêtée à suivre lors de son séjour en Chine, mais l'offre était honnête.  

-La propriété des Renfield se trouve loin d'ici ? s'enquit-elle en testant la chaleur de la tasse du dos de la main.
-Un peu, oui. Mais je vous y conduirais avec plaisir. Et en moins d'une demi-heure !

Sinéad releva les yeux vers son interlocuteur dont le sourire lui rappelait celui d'un diable. Heureusement, la jeune femme ne prêtait pas beaucoup d'importance à la religion; cependant, elle n'aimait pas cette attitude ouvertement perfide. Pour un français, celui-là manquait de finesse.

-L'affaire est conclue alors. Je veux y être pour 9h, je vous attendrais devant l'entrée. Tâchez d'être à l'heure, il est hors de question que je sois en retard.
-Vous avez ma parole...
-Parfait. Après m'avoir conduite, vous serez libre de votre journée Monsieur.

Elle but d'une traite le thé encore brûlant, sans qu'une grimace ne vienne déformer son visage fatigué.

-Lord Renfield me fera raccompagner si la soirée s'éternise, je n'aurais donc pas besoin de vos service demain.

Lecourbe resta sans voix devant cette annonce, la lady brisant tous ses espoirs aussi rapidement qu'une gorgée de thé. Il se contenta d'une révérence pour la saluer et sortit sans demander son reste. Cette leçon lui aura au moins confirmé ce qu'on lui avait rapporté : la Lady n'était pas un outil, mais une personne. Et s'il voulait obtenir quelque chose d'elle, mieux valait qu'il la traite comme telle...

~*~

-Lady Eliacin, vous êtes ravissante aujourd'hui.

Beau joueur malgré sa déconvenue, Jean-Baptiste Lecourbe se présenta à l'heure et tout en sourire le lendemain matin, ponctuant ses salutations d'une large révérence d'un autre temps. La dame se contenta d'un hochement de tête et d'un léger sourire amusé, mieux disposée que la veille et miracle abandonnée par sa migraine.

-Puis-je vous demander de transmettre cette lettre au prochain bâtiment en départ pour Londres ? Si je ne peux pas communiquer régulièrement avec mon mari pendant mon séjour, j'aimerais au moins qu'il sache que je suis arrivée à bon port et en bonne santé.

Le français parut un peu surpris que la dame lui confit une telle lettre mais il acquiesça et lui assura que ce serait fait dès qu'ils seraient arrivé chez les Renfield.
De plus, il n'avait pas menti sur le temps de trajet. En une vingtaine de minutes ponctuées d'informations sur l'architecture et la langue locale, ils arrivèrent devant la luxueuse propriété. Sinéad souhaita une bonne journée à son compère avant de s'aventurer chez ses compatriotes anglais.

L'assurance dont elle avait fait preuve jusque là fondait un peu plus à chaque pas qui la rapprochait des Renfield. D'une part, parce qu'ils faisaient parti des noms influents qu'une fille de diplomate connaissait par coeur, ensuite parce qu'on l'abandonnerait avec un adolescent et qu'elle n'avait fichtrement aucune idée de comment interagir avec cette espèce. Qu'elle fut l'aînée de la famille ne lui servirait pas à grand chose aujourd'hui puisqu'elle avait grandi loin de ses soeurs. Et qu'en prime, c'était un petit homme dont elle aurait la charge.

Alors qu'elle attendait d'être annoncée, elle chercha dans sa mémoire quel autre adolescent elle avait cotoyé dans sa vie. Seule l'image de Stephen, son meilleur ami d'alors, s'imposa à son esprit, lui tirant un sourire. Elle revoyait le gringalet un peu rêveur qu'il avait été, et ses grands yeux plein de tendresse et de sollicitude. Elle regrettait ce garçon et la relation simple qu'elle avait entretenu avec lui; l'époque où elle en avait fait son frère et où il ne l'avait encore jamais vu nue. Une relation qu'on lui avait arrachée comme on arracherait les ailes d'un papillon, le jour où ils avaient du se marier.

Le bruit familier de petits talons claquant contre le sol l'obligea à chasser ses souvenirs. Lady Renfield venait la saluer, et l'introduisit auprès de son mari. Le couple lui apparut chaleureux et accueillant, elle se força donc à donner le change avec la même bienveillance, tâchant de faire preuve d'un brin d'ingénuité et de toutes les autres caractéristiques essentielles à la bonne réputation d'une fille bien née et récemment mariée. Une mascarade bien difficile à tenir quand on s'en pensait libérée en étant si loin de chez soi et qu'on passait plus de temps à chercher Loban du regard qu'à suivre véritablement la conversation.

Sur le ton de la confidence, lady Renfield lui glissa de ne pas s'inquiéter si son fils ne se montrait pas tout de suite. Sinéad acquiesça avec un sourire, gênée d'avoir laissé son trouble paraître.

Lorsque la maison retomba dans le calme, après le départ des maîtres des lieux, la jeune femme se repassa les derniers mots des parents : il vous testera certainement, mais ce n'est pas un mauvais garçon, vous verrez, tout se passera bien. Tout se passera bien... Tout. Se passera... Bien. Elle l'espérait, sans quoi elle perdrait un précieux atout en la personne des Renfield.

Prenant son courage à deux mains et se cachant derrière son austérité naturelle pour se donner une contenance, Sinéad commença à arpenter le rez-de-chaussée en attendant que le petit monstre lui fasse l'honneur de sa présence.

Elle s'était arrêtée devant un vase Ming d'une finesse à couper le souffle quand elle sentit une présence dans son dos. Elle ne vit personne en se retournant mais franchit le seuil et manqua presque de percuter ce qui devait être le jeune Loban Renfield. Quoi que son glapissement la fit baisser les yeux pour s'assurer qu'elle n'avait écraser la queue d'aucun animal par inadvertance.

Si l'appréhension n'était pas si présente chez la dame, sans doute aurait-elle souri et plaisanté sur cette rencontre... percutante, au lieu de quoi elle se contenta de darder son regard d'aigle sur le garçon qui la détaillait maintenant de haut en bas. Elle croisa les bras, un sourcil haussé, en attendant qu'il termine son examen, et se trouva fort surprise du ton que cette demi-portion employait en s'adressant à elle. Être patiente, hein ? De toute façon, elle n'avait pas vraiment d'autre choix, même si de sa taille élevée pour une femme, elle n'aurait sûrement pas beaucoup de mal à jeté l'insolent dans un placard et de l'y enfermé jusqu'au retour de ses parents.

-Bonjour jeune homme, fit-elle un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu. Je suis Sinéad Eliacin et j'imagine que vous êtes le jeune Loban Renfield ?

Franchement guindée jusque là, la jeune femme se détendit légèrement après ces quelques paroles et se para d'un sourire bienveillant tandis qu'elle décroisait les bras pour tendre une main face au garçon, s'attendant à ce qu'il la serre en guise de véritable salut. Oubliant peut-être qu'il n'était pas coutume de serrer la main d'une femme...

-Entre nous, vous pouvez m'appeler Sinéad, puisque nous allons passer une bonne partie de la journée ensemble, cela me semble plus simple. Et si cela vous convient, je me contenterais également de vous appeler Loban. Qu'en dites-vous ?

Vouvoyer un gamin lui était étrange et pourtant, elle n'osait le tutoyer de peur qu'il le prenne mal. Après tout, il n'était plus un enfant. Mais à ses yeux, il n'était pas non plus un homme. La journée s'annonçait longue...




Tes yeux où rien ne se révèle de doux ni d'amer sont
deux bijoux froids où se mêlent l’or avec le fer
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MessageSujet: Re: Very Far From Home. [PV. Sinéad Eliacin.] Sam 23 Sep - 8:56



Very Far From Home.

« LEAVE ME ALONE. »

Propriété Renfield, Alentours de Beijing, 1883.

Loban continuait de regarder la demoiselle avec un air suspicieux. Il en voulait à ses parents de lui avoir trouvé une baby-sitter alors qu’il avait quand même quinze ans. De plus, il ne comptait pas fuguer pour retrouver Lydess qu’il n’avait pas vu depuis huit ans maintenant. Et il n’allait pas s’amuser à aller la retrouver en faisant le mur car elle était sûrement toujours en Angleterre et lui en Chine. Littéralement à l’autre bout du monde. Il ne connaissait personne ici, parlait à peine la langue. Il était suffisamment mature pour ne pas être tenté de fuir dehors dans l’inconnu. Même si après cela, cette idée le plut étrangement. Il était légèrement las de tout ceci mais il garda le silence pour l’instant. La baby-sitter ne semblait pas savoir où elle était tombée ni avec qui. Il n’était pas une terreur mais cela faisait quelques mois qu’il n’était pas aimable pour autant. Sa mère disait que c’était l’adolescence et elle avait sûrement raison mais Loban ne voulait pas penser que la solution était si simple. Elle lui dit son nom. Nom qu’il n’avait jamais entendu, que ce soit de ses parents ou de qui que ce soit. Il se fit la remarque qu’elle aussi avait un prénom peu courant et ne pouvait donc ce servir de cet argument contre elle à l’avenir.

Il regarda la main qu’elle lui tendit et passa quelques secondes à se demander s’il devait le faire ou pas. La question de savoir si c’était correct pour une femme lui passait par-dessus la tête. Il ne comprenait pas pourquoi les hommes et les femmes devaient se comportaient différemment tout simplement parce qu’ils n’avaient pas le même sexe. Non, il hésita à lui serrer pour éviter montrer signe de reddition et de sympathie. Voire même de coopération. Et il ne savait pourquoi il était sur farouche avec elle. Peut-être était-ce son regard qui l’intimidait… Au bout de quelques instants à hésiter, il serra finalement sa main, remarquant au passage son alliance. Il ne dit toujours rien mais un sourire pincé qui ressemblait plus à un rictus qu’autre chose quand elle lui sourit avec bienveillance. Elle indiqua qu’elle voulait qu’ils se parlent directement avec leurs prénoms. Là encore, Loban n’y voit pas d’inconvénients, même si un petit détail le gêner. Il croisa alors les bras pour mieux planter son regard dans ses yeux qui le forçait à mirer ailleurs et dit sur un ton de défi :

— Si vous voulez m’appeler Loban, vous pouvez directement me tutoyer, hein. Je n'en serai ni choqué ni outré.

Il soupira doucement et lui tourna le dos pour s’éloigner un peu avant de s’arrêter dans le cadre d’une porte. Il se tourna vers elle et la regarda de nouveau.

— Si vous voulez une bonne raison pour me tutoyer : vous êtes ici, en train de me garder comme si j’étais un enfant de neuf ans. Or ce n’est pas le cas. Je ne les fais peut-être pas mais j’ai quinze ans. Cependant, comme on semble plus juger sur mon physique toutefois en retard certes, que sur mon âge réel et donc ma maturité, vous pouvez donc considérer que je suis un enfant.

Il repartit donc faire ce qu’il était en train de faire avant l’arrivée de Miss Eliacin, c’est-à-dire absolument rien, avant de s’arrêter une nouvelle fois et de se retourner de nouveau.

— Tant que j’y suis, n’oubliez pas mon bain à 18h et il faut que je sois couché pour 21h. Et au moment du dîner et donc, de la bouillie, n’oubliez pas ma serviette parce que je m’en fous partout. Loin des exigences princières, mais autant jouer le jeu du bébé jusqu’au bout, vous ne pensez pas ?

Il la vouvoyait toujours, elle n’ayant pas précisé si elle désirait instaurer cette sorte de « proximité » entre eux. Après, ce n’était pas un détail très important. Mine de rien, il s’ennuyait comme un rat mort ici et Sinéad lui apportait un peu de distraction, même s’il y avait des moyens moins agressifs et agaçants pour combattre l’ennui. Mais pour lui, l’insolence était un moyen de se libérer un peu, ayant toujours le petit garçon adorable de papa et maman, n’osant faire quoi que ce soit de travers avec ses parents adoptifs. Certainement par respect ou par obligation. Ils l’avaient tiré de la rue, l’avait certes arraché à sa sœur de cœur, mais l’avaient aussi enlevé d’une misère sans nom où il n’aurait probablement rien fait de sa vie. Pas sûr qu’il en fasse quelque chose maintenant, mais au moins, il ne dormait pas dans la boue. Il regarda la jeune femme avec un air de défi et dit avec un sourire insolent :

— Vous allez vous faire chier, je vous préviens. Bienvenue chez moi.

Il s’appuya contre le mur, la regardant avec un sourire, impatient de voir ce que Miss Eliacin allait faire pour s’occuper d’un enfant qui n’en était plus vraiment un.
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