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Away the Pain [ ft David ☼] [Fini]

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MessageSujet: Away the Pain [ ft David ☼] [Fini] Mer 20 Sep - 0:45



Away The Pain

« Fake it like you love me  »

St Bartholomew's Hospital, 16 Mai 1891

L'obscurité. Voilà tout ce qu'Harry ressentit sur sa peau lorsque vint brutalement les limites de ses propres forces. La pluie ne le rafraichissait que trop, trempant le peu de ses vêtements qui restait le long de sa peau déchiré et mordue jusqu'à l'os. La douleur était telle qu'il ne la ressentait presque plus, elle devenait part de lui-même, il pourrait l’enserrer, la regarder dans les yeux. Tout tremblant de froid et de chaud, avec cette fièvre dans le regard qu'ont les mourants, Harry se laissa tomber sur le sol dallé de la Tour de Londres. Qu'aurait-il pu faire tout seul face à ces monstres ? Il estimait avec naïveté être parti à la recherche d'un cavalier des ténèbres, mais il avait eu affaire au Diable lui-même. Sa pie était morte, et lui se trainait aux portes de ce qui semblait être le Purgatoire. Ses genoux craquèrent sous la chute, mais sa machoire ne tarda pas à goûter l'âpre sensation du sang putride qui formait une flaque entre les joints pierreux.

La seule chose qu'il put sentir, c'était de puissants bras qui le soulevaient du sol, l'arrachant à ce calvaire humide, le berçant d'un mouvement régulier et stable. Les yeux mi-clos, il ne voyait pourtant pas plus loin que le bout de son nez -et cela n'était pas du au fait qu'il n'avait pas ses lunettes. Le vétérinaire n'avait plus l'esprit très clair, c'était un euphémisme. Celui-ci pourtant se tourmentait à se demander pourquoi. Pourquoi savait-il pertinemment que chacune de ses sorties nocturnes étaient un contre la montre avec la mort ? Cette dernière qui semblait tant l'attirer, alors qu'il avait une belle vie. Un père aimant, des animaux qui comptaient sur lui et un petit ami... Cette auto-destruction primaire qui continuait de cingler sa chair, il ne parvenait pas à la comprendre.

On le glissa au fond d'une boite; Harry songeait déjà au cercueil. Ce ne fut que quand celui-ci se mit à le balancer dans tous les sens qu'il comprit qu'il était en route. Où ça, il n'en avait aucune idée. Peut-être chez le thanatopracteur, peut-être déjà chez le fossoyeur. Il aurait le temps de lui dire au revoir, oh, mais c'est vrai qu'il était déjà avec eux sur la Tour. Le vétérinaire espérait qu'il s'en fut sorti, n'ayant pu vérifier la santé de personne. Ses yeux luttaient contre le sommeil qu'il savait mortel. Sa chair à vif, ses os par endroit tout aussi exposé, il n'osait imaginer à quoi il ressemblait à l'instant. Certainement déjà à l'une de ces créatures qu'ils venaient d'affronter. Ses gémissements rauques de douleur ne s'entendaient déjà plus, ressemblant à des maugréants à peine perceptible. Des spasmes secouèrent quelques parties de son corps, comme s'il ne pouvait plus contrôler les frissons persistants de sa chair. La pluie n'était plus qu'un mauvais souvenir. La lumière astrale de la Lune n'était plus qu'une vague image dessinée au fond de son crâne. Il n'y avait plus rien, tout devenait de plus en plus froid. Harry avait toujours été assez frileux, aimant par dessus tout tricoter des pulls et des couvertures, vivant plus ou moins dans un véritable cocon filandreux qui ne laissait aucune parcelle de chaleur s'échapper à l'extérieur. Mais  cette seconde là, le froid ne le dérangeait plus, il était devenu totalement inerte.

Lentement la couleur de son regard devenait terne alors qu'on le secoua encore une fois, plus intensément cette fois, le mettant sous une puissante lumière blanche. Il la vit même au travers de ses yeux vides, songeant qu'il n'avait jamais été si religieux que cela jusqu'ici. Et qu'il n'y avait de toute façon aucun paradis pour les gens comme lui. Espérait-il racheter ses péchés en mourant de façon aussi spectaculaire, à la façon d'un martyr. Il était ridicule. Le reste de ses souvenirs étaient très flous, il se souvenait du blanc. De beaucoup de blanc. De cette couleur inexistante qui collait à sa rétine sans vouloir s'en échapper. Tout était flou autour de lui, et il lui sembla avoir même dormi. Son corps était recouvert de bandages -il n'y avait rien d'autres à faire. Sa gorge brûlait toutes les flammes de l'enfer tandis que sa tête peinait à émerger du Styx. Une ombre au dessus de lui le regardait, mais le vétérinaire était incapable d'en distinguer les formes. Il ne fit qu'un rapide sourire, sa tête partant dans tous les sens dès qu'il tentait de la soulever. Si tout ce blanc n'était le Paradis, alors très certainement était-il déjà à l'Hopital, et ces gens l'avaient sauvé. Encore une fois, tout comme ce jour où il avait rencontré David, où il l'avait littéralement accusé d'être Jack, juste pour l'impressionner, pour attirer son attention, juste pour l'embêter. Pour le plaisir du jeu de l'esprit. Mais Harry aurait absolument tout donner à cette seconde pour l'avoir à ses côtés. Peut-être était-ce même cette ombre mais qu'en aurait-il pu savoir ? Même les voix dans ses oreilles se mélangeaient à celles des anges. Tremblante, sa main vint se passer autour de son cou brûlant.

- De.... de l'eau.... s'il vous plait... et... Où... est... Docteur Williams.. ?

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MessageSujet: Re: Away the Pain [ ft David ☼] [Fini] Mer 20 Sep - 16:53



Away The Pain.

« Embrace The Tears. »

St Bartholomew's Hospital, Nuit du 16 mai 1891.

RP supprimé par mégarde... Désolé... David disait rassurait simplement Harry en lui disant qu'il était tiré d'affaire et qu'il était curieux de savoir ce qu'il lui était arrivé mais ne voulait pas le brusquer.
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MessageSujet: Re: Away the Pain [ ft David ☼] [Fini] Dim 1 Oct - 19:16



Away The Pain

« Fake it like you love me »

St Bartholomew's Hospital, 16 Mai 1891

Il n'y avait pas plus rassurant que la chaleur d'une chambre à la douce couleur, à la belle lueur reflétait de partout par la blanche opale des murs et des draps. Ceux-ci avaient beau ne pas être des plus doux, ils suffisaient à se sentir protéger. La chambre était si bien stérilisée, il eut été un miracle de sentir la moindre odeur. Harry n'avait pas l'habitude que tout soit aussi bien nettoyé, parfaitement récurré jusqu'à ce qu'on ne sente plus que les produits d'entretien. Il lui manquait déjà les odeurs sauvages de ses animaux, de leurs fourrures entretenues et de ses couvertures en laine. La chaleur de son cocon, loin des humains et de cette société qu'il ne parvenait pas à suivre. Dans cette blancheur spectrale, il se sentait douloureusement exposé, aussi bien dans ses blessures que dans son orgueil. Qu'il aurait souhaité pouvoir se recroqueviller dans la lumière sombre d'un feu de cheminé, léchant ses plaies tel un animal abimé.

Le vétérinaire en avait pris l'habitude, de se complaire dans une solitude où il était sûr de pouvoir répondre à ses propres besoins. Avoir besoin d'un autre, c'était se fragiliser plus que nécessaire. Peut-être était-ce pour cela que dans sa profonde fierté mal placée, il avait risqué sa vie au delà de la légalité, saignant son corps pour retrouver celui qui faisait trembler la capitale entière. Se chercher en lui-même, savoir s'il était encore l'homme solitaire qui n'avait pas grand chose à perdre. Se réveillant dans cette chambre d'hopital, la première chose à laquelle il avait pensé, ce n'était pas lui-même. Pas même ses douleurs emprisonnées dans de longs bandages, ni même ses animaux qui lui manquaient pourtant terriblement. Il pensa à son petit ami, première fois qu'il lui semblait avéré de pouvoir appeler quelqu'un comme cela. Harry désirait sa présence, à ses côtés, comme il n'avait jamais encore désiré la présence de quelqu'un.

Dans cette dualité à oeillères demi-fermés, le vétérinaire sentit une douce chaleur enserrée sa main. Un murmure prolongea ce geste, lui arracha un sourire. L'absent se tenait à ses côtés. Un profond soupir de soulagement s'éprit d'Harry, alors qu'il ferma complètement les yeux pour mieux tenter de repositionner son corps dans ses draps. Peine perdue, tant la douleur de ses membres déchiquetés parfois jusqu'à l'os se faisait ressentir. Écouter cette voix délicate, lui susurrant qu'il n'y avait rien à craindre, qu'il était en sécurité et qu'il n'avait qu'à se reposer. Ne pas avoir à s'occuper de quoique ce soit, que l'on s'arrange à le couvrir d'attention et d'amour; son coeur battait une chamade romanesque. Jamais il ne songeait pouvoir être plus heureux qu'à cette seconde, partageant un instant privilégié avec son amour dans un endroit certes peu conventionnel, mais qui n'était pour une fois pas l'intime sécurirté de sa chambre fermée à double tour, tous rideaux et volets fermés, mais bien en pleine lueur du soleil réconfortant. De son pouce, il caressa la main apaisante de David, rouvrant péniblement les yeux sur son visage. Il lui fut plus facile de se réveiller et d'assimiler les formes de son visage, après avoir bu. Mais il secoua la tête quand on lui proposa à manger.

Harry avait toujours été un ogre en ce qui concernait la nourriture, mais il n'avait actuellement pas faim. C'était une grossière erreur, car son corps affaibli n'avait qu'à peine suffisamment de graisse pour survivre de lui-même. Il était le premier à faire les plus bons repas pour ses animaux lorsque ceux-ci étaient malade, les forçant à grignoter jusqu'à la dernière lampée de croquettes afin de donner le maximum de force à leurs organes fatigués. Ses oreilles entendirent alors une histoire de Home Secretary qui avait exigé qu'on le sauve, et le questionnement quant à son état. Harry était sur le point d'ouvrir la bouche quand David posa un doigt sur ses lèvres. Tendre et apaisé, il finit par se taire, l'écoutant promettre la patience. Harry but donc en toute tranquilité son médicament, et finit tout de même par tendre la main, grignoter ce que son médecin personnel lui avait prescrit. La nourriture d'hopital n'avait jamais eu très bon goût.

- Ce n'était donc pas un rêve... je suis tellement désolé David. Je ne m'attendais pas à... à tout cela... personne n'aurait pu s'y attendre... c'était de la folie... s'il n'était pas intervenu, on serait déjà tous mort... J'ai été si stupide, de risquer de te perdre comme ça...

Il soupira, regardant le plafond avec un air désespéré, machouillant avec plus ou moins de conviction le morceau de nourriture qu'il trainait entre ses dents. Mais le médecin qu'il était également ne pouvait être plus convaincu sur le sujet suivant: il s'en sortirait. Il se sentait déjà bien mieux qu'en se réveillant, rien qu'en buvant et mangeant quelques bouts. Mais la mort lui était passée si prêt au dessus des oreilles, qu'il aurait cru voir dans l'entrebaillement lumineux de la fenêtre, l'ombre de la faucheuse. D'un coup d'oeil désabusé, il regarda ses mains remplis de bandage de certains de ses doigts jusqu'à ses épaules. Son corps avait été littéralement dévoré, et il était passé à quelques secondes près de devenir l'un des leurs, peut-être. Mais il ne voulait plus y penser. Ce qui le chagrinait, ce fut une toute autre chose. Ses yeux se voilèrent d'une ombre humide tandis qu'il serra le poing, récupérant la main de David, comme une ancre qui l'aidait à garder pied:

- David... Syl... elle est morte... elle a été... oh mon dieu... pour me sauver...

Harry parlait bien évidemment de sa pie dressée dont il était si fier. Elle avait été une alliée de poids dans toute cette idiotie et s'était sacrifiée pour qu'il s'en sorte. Cela ne lui avait pas empêché de se faire dévorer vivant mais certainement cela lui avait permis d'éviter certaines blessures, qui aurait peut-être accéléré sa mort. A en regarder son corps qu'il ne pouvait à peine bouger, il en doutait cependant. Et si elle avait été morte en vain ? C'était la pire des choses à laquelle il pouvait penser. Buvant encore un peu d'eau pour sa gorge qui s'asséchait à la vitesse d'une courte phrase, il mangea encore un peu, sans conviction cette fois. Il aurait voulu que ce ne fut qu'un rêve, causé par une mauvaise chute qui l'aurait emmené à l'hopital. Songeant alors à Lydess et à tous ses compagnons de mauvaise fortune, il serra encore la main de David et murmura:

- Est...est-ce que tu as eu d'autres patients, venant de la Tour...?

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MessageSujet: Re: Away the Pain [ ft David ☼] [Fini] Mar 7 Nov - 19:01



Away The Pain.

« Embrace The Tears. »

St Bartholomew's Hospital, Nuit du 16 mai 1891.

David regardait Harry, silencieux, lui laissant le temps de retrouver ses esprits. Il ne voulait pas le brusquer et risquer une complication dans son état de santé encore fébrile. S’il était tiré d’affaires, il n’était pas à l’abri de certaines séquelles, certes superficielles mais dont il pouvait se passer. Il se doutait que le vétérinaire voulait quitter l’hôpital au plus vite et pour retourner chez lui. Comme tout le monde d’ailleurs. Le jeune docteur devait pourtant avouer qu’il était préoccupé par l’état de son chéri même s’il ignorait ce qu’il avait pu le mettre dans un tel état. Il se doutait bien qu’Harry avait un petit côté aventureux et une curiosité à toute épreuve, comme sa passion pour Jack l’Éventreur que personne n’avait d’indices à son sujet. Il espérait juste qu’il n’eut pas fait une mauvaise rencontre qui aurait abouti à ce résultat. Cependant, les morsures et les griffures enlevaient toute suspicion de d’agression. Les questions se bousculaient dans sa tête sans qu’il ne puisse avoir de réponses. Même le Home Secretary et ses quelques policiers avaient été très vagues à ce sujet. David avait bien compris que moins il en savait, mieux ce serait, mais il ne pouvait pas fermer les yeux sur ce qu’il était arrivé à Harry.

Il le regarda parler et le laissa manger, s’asseyant à côté de lui sur un petit tabouret relativement inconfortable. Il parla de mourir, lui et visiblement d’autres personnes. Apparemment, il n’était donc pas seul. Et maintenant qu’il y pensait, le Home Secretary semblait blessé aussi. Il fit une moue inquiète. Aurait-il un conflit important qui se prépare ? Une nouvelle guerre ou quelque chose comme cela ? Il devait avouer qu’il n’en avait absolument pas envie, même si de par sa faible santé, il serait sûrement tenu à l’écart des combats et s’occuperait probablement des blessés graves qui devront être évacués des fronts. Ironiquement, il ne désirait pas voir tout ce sang. Il en voyait suffisamment quotidiennement et il n’avait pas envie de voir tant de cadavres d’innocents. Même si tous ne l’étaient pas, il en était bien conscient et surtout convaincu. Sa vie était déjà suffisamment chaotique, il n’avait pas besoin d’un conflit international qui viendrait perturber son nouveau train de vie équilibré qu’il essayait vainement de se bâtir. Et il était vrai que sans Harry, il ignorait ce qu’il serait capable de faire. Il lui sourit cependant tendrement, même s’il se rendit compte que la survie d’Harry avait engendré sa survie à lui.

— Tu es pardonné, ne t’occupe pas de cela…

Il eut un sourire amusé pour le mettre en confiance. L’inquiéter était bien la dernière chose qu’il voulait, il était déjà suffisamment faible, il n’avait pas besoin de percevoir une anxiété dans les yeux de son médecin. Le regard de Harry se voila pourtant et des larmes perla à ses yeux. David fronça doucement les sourcils, inquiet de voir une telle tristesse aussi soudainement. Le vétérinaire parlait d’une certaine Syl, nom qui disait vaguement quelque chose au chirurgien. Le patient continua son histoire, disant qu’elle s’était sacrifiée pour le sauver. Vu ses blessures, il n’en doutait pas. Cependant, il se contenta de faire une moue triste et de murmurer un petit «  je suis vraiment désolé… » même s’il ignorait de quel animal Harry parlait. Il en avait tellement que le pauvre chirurgien n’avait pas tout retenu. Il ne savait malheureusement pas quoi lui dire de plus, ayant peur de dire une bêtise et il ne le désirait pas. Il voulait tout simplement qu’il se calme un peu pour guérir et être sur pieds plus vite. Pour être honnête, David avait du mal à supporter le fait de voir une des personnes qu’il appréciait le plus dans un tel état. Et rares étaient les personnes qu’il appréciait. Harry lui demanda alors s’il était le seul patient qui provenait de la Tour. David lui serra la main en retour.

— Je l’ignore… Je ne sais pas de quelle Tour tu parles… Mais nous n’avons eu personne d’autres dans un état similaire au tien… En revanche… Maintenant que tu le dis, le Home Secretary semblait être blessé légèrement… Mais rien d’assez grave pour qu’il reste ici… Donc peut-être y a-t-il eut d’autres cas de morsures, mais je n’en sais rien. Je ne t’ai pas quitté depuis que tu es arrivé ici.

Il sourit doucement, voulant le rassurer. Il voulait juste le mettre en confiance et ne pas surcharger son esprit de pensées obscures et sombres. Il le regarda dans les yeux et dit avec bienveillance :

— Mais je t’en prie, repose-toi… Tout va pour le mieux maintenant… Tu resteras ici quelques jours mais ne t’en fais pas, j’irai m’occuper de tes animaux. Tu me diras si je dois faire des choses en particulier pour certains. Mais sache que plus tu t’agites, plus tu resteras ici.

Il sourit un peu plus, avec un air amusé.

— C’est la deuxième fois que je suis ton médecin. Je sais que tu m’aimes bien mais tu pourrais tout simplement me demander de venir chez moi plutôt que sur mon lieu de travail.

Il rit doucement, voulant le détendre un peu avec une petite touche d’humour.
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MessageSujet: Re: Away the Pain [ ft David ☼] [Fini] Dim 17 Déc - 18:35



Away The Pain

« Fake it like you love me  »

St Bartholomew's Hospital, 16 Mai 1891

Les yeux du vétérinaire avaient fini par s'habituer à la lumière ambiante, tremblante dans toute sa blancheur. De formes floutés à des contours étrangement délimités, il pouvait à présent parfaitement voir le visage de celui qui accompagnait sa douleur. Son merveilleux docteur qui l'avait sauvé de bien des maux, autant physique que mental. Mais Harry se sentait coupable, d'ainsi l'avoir auprès de lui mais de continuer à faire autant d'erreurs dans sa vie. Son obsession pour se rapprocher de la mort, de Jack l'Eventreur, de ce genre de défi quasi inaccessible. Peut-être essayait-il d'attirer davantage encore l'attention du chirurgien qu'il savait parfois éloigné, car ils n'étaient pas censé s'aimer dans cette société. Etait-ce un appel à l'aide ou une passion dévorante et mal placée ? Il se posait beaucoup de questions mais ne trouvait aucune réponse. Rien que des ombres lointaines qu'il essayait d'attraper sans y parvenir. Au final, perdu dans ce grand lit d'hopital, il était toujours au moins heureux d'avoir son amour auprès de lui. Il chercha sa main, pour l'attraper, bien que sa propre main soit recouverte de bandage. Une immense partie de son corps était recouvert de bandage bien propre, recouvrant sa chair malade. Il donnait l'impression d'être un lépreux, et peut-être était-ce la raison pour laquelle il se trouvait dans une chambre solitaire. Le vétérinaire ne pouvait s'en plaindre, car là encore, cela lui permettait de goûter une intimité nouvelle auprès de celui qui faisait battre son coeur plus que de raison.

Ses paroles l'adoucirent quelque peu alors qu'il le pardonnait sans véritablement savoir ce qu'il avait été faire là-bas. Qu'est-ce que cela aurait bien pu changer. Mais Harry prenait ce pardon tout contre son corps et sourit doucement. Si David avait voulu le calmer, il y arrivait petit à petit, tandis qu'Harry continuait d'expier par les paroles tout ce qu'il s'était passé, arrachant ses propres souvenirs du mystère d'un mauvais rêve pour leur donner sens de la réalité. Comme s'il fallait qu'il se convaincque que tout ceci puisse s'être réellement passé. Il ne parlerait pas à David des cadavres qui marchaient, de l'homme qui pouvait briser des chaines, du carnage dans les cachots de la grande Tour de Londres. Il n'en était pas capable, pas pour le moment. Et comment un esprit aussi carthésien que David pouvait croire à son histoire, c'était bien peine perdue. Harry soupirait doucement, bien que souriant toujours, gardant une certaine mélancolie dans toute cette histoire: il n'était qu'un sombre idiot, qui avait une chance folle d'avoir à ces côtés un homme comme David. Il entendit alors ce dernier le rassurait, car il était le seul aussi mal en point; mis à part le Home Secretary ne possédant que quelques morsures, personne n'était restée à l'hopital. Au moins, il n'y avait pas eu de mort "grave", si l'on oubliait la courageuse Syl.

Devant le regard plein d'amour du médecin, Harry en oubliait ses petites douleurs constantes, lancinantes piqures tout le long de son corps. Savoir qu'il ne pourrait pas voir ses animaux pendant plusieurs jours le rendit assez triste mais il se rendait bien compte qu'il ne récoltait que ce qu'il avait semé par son ignorance du risque. Il soupira cette fois plus sincèrement mais reprit rapidement ses yeux de chiots adorables, plongeant son regard dans celui de son aimé. A son romantique humour, Harry eut un éclat de rire qui le secoua en petit tressautement, lui arrachant une petite grimace bien qu'il en riait très sincèrement.

- Merci... infiniment... Et je pourrais en effet passer chez toi mais cela manquerait soudainement de piquant non ? -il rit davantage- Plus sérieusement... je te dirais tout ce que tu dois faire pour mes enfants, ne t'en fais pas... Tout se passera bien, je resterai tranquille. Je me suis assez puni en... en faisant cette connerie, je n'ai pas envie d'y rester plus que nécessaire...

Il serra un peu plus la main de David, caressant sa peau de son pouce recouvert de bandage. Souriant de tout son coeur, Harry pouvait le regarder pendant des heures, cela ne le déranger pas. Mais il savait qu'il serait peut-être appeler plus tôt que prévu pour s'occuper d'un nouveau cas et qu'il lui faudrait l'abandonner pour une nouvelle mission. Il reviendrait certes, mais en attendant, le vétérinaire se nourrissait de son image, pour pouvoir fermer les yeux et avoir encore son portrait contre son esprit. Cependant, alors que le temps passait, il ne lui semblait pas correct de laisser ainsi son amour dans le vide du pourquoi. Peut-être Harry ne pouvait-il encore parler de toutes les choses surnaturels qu'il s'était passé dans cette tour, mais ça, il le pouvait.

- Tu sais... si j'étais là-bas, ce soir... c'était à cause de toutes ces rumeurs, autour de la Tour. Comme quoi on y aurait peut-être enfermé Jack, je voulais en avoir le coeur net. Mais finalement, ce n'était pas lui, dommage...

Il haussa les épaules en souriant avec tristesse. Ce n'était que parti remise entre lui et le célèbre tueur en série. Mais Harry ne se laisserait pas avoir comme cela, il continuerait sa quête avec détermination – mais en n'essayant de ne plus être aussi inconscient.

- En tout cas, tu vas me manquer... je te promets que lorsque je sortirai de cet hopital, je ferai de mon mieux pour t'offrir une merveilleuse soirée que tu n'oublieras pas.

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MessageSujet: Re: Away the Pain [ ft David ☼] [Fini] Mer 10 Jan - 17:41



Away The Pain.

« Embrace The Tears. »

St Bartholomew's Hospital, Nuit du 16 mai 1891.

David se tenait toujours proche d’Harry, même s’il était tiré d’affaire. Beaucoup de questions lui venaient en tête mais son chéri devait juste se reposer et ne plus penser à rien. Chose qui lui serait difficile de faire, il le savait. L’esprit du vétérinaire était vif souvent en train de réfléchir à milles et unes questions. C’était quelqu’un de curieux, qui fouinait sans arrêt. Le chirurgien était convaincu que ce n’était pas la première fois qu’il avait des problèmes de la sorte. Après tout, ne dit-on pas que la curiosité a tué le chat ? Et pour le coup, il était passé relativement proche de la mort. Quelque part, David espérait que cette mésaventure lui serve de leçon. Non pas qu’il voulait enfermer Harry dans une cage. Mais il y avait cependant une différence entre vouloir découvrir les petits secrets de la ville et s’abandonner à une mort quasi-certaine. Le vétérinaire avait eu de la chance pour cette fois-ci… Un peu tristement, David finit par se lever afin de ranger les outils et les bandages qu’il avait utilisé pour soigner son patient favori, en silence. Il ne savait pas tellement quoi lui dire dans une situation pareille. Après tout, il n’avait jamais été très doué pour parler aux gens sans les vexer.

Cependant, quand il reprit la parole, David s’arrêta un instant dans ce qu’il faisait pour le regarder simplement. Il n’aurait su décrire son expression à cet instant précis où Harry avait dit avoir fait tout ça pour trouver Jack l’Éventreur. Sur le moment, le jeune chirurgien baissa les yeux et se demanda bien ce qui pouvait pousser un homme à en vénérer autant un autre. Quelque part, David retrouvait les stigmates de la religion dans ce fanatisme qu’avait Harry pour le tueur en série. Cependant, entre Dieu et un massacreur de prostituées, il y avait un monde. Il avait presque de la peine pour Harry mais il n’avait qu’il puisse faire pour essayer de le stopper. Malheureusement, dans ce genre de situation, les mots n’étaient pas suffisants. Néanmoins, il avait le faible espoir que de braver la mort l’avait ramené un minimum à la raison. Il hésitait à en remettre une couche, même s’il savait que cela ferait sûrement de la peine au vétérinaire. Mais les risques étaient trop grands. Il soupira doucement, posa ce qu’il avait encore dans les mains et se rapprocha du lit pour s’accroupir à côté de nouveau.

— Harry… Tu sais… Jack l’Éventreur… On ne sait même pas qui il est… Si cela se trouve, ce sont plusieurs personnes qui se sont donné le mot pour agir de la même façon… Je… Tu devrais laisser tomber… Je veux dire, regarde où cela t’a mené…

Il eut un petit sourire désolé sans trop savoir quoi dire d’autre. À vrai dire, il ne voulait pas raviver de flamme, bien au contraire. Il ne désirait juste pas qu’Harry s’attire davantage d’ennuis mais qui était-il pour vouloir ceci ? Il n’était qu’un chirurgien arrogant qui vivait presque en ermitage de la société. Il prit de nouveau la main de son amant pour la serrer avec tendresse et le regarda dans ses yeux jaunes d’un air tendre et solennel.

— Je veux que tu te reposes d’accord…? Tes animaux iront bien et ne t’en fais pas pour moi, je ne vais pas me vexer parce que je n’irai pas dîner ce soir.

Il rit doucement.

— De toute façon, nous sommes partis pour se voir toute la semaine alors…

Il le regard toujours avec tendresse et posa une main sur son front pour prendre sa température. Il eut un petit soupir avant de se redresser.

— Mais là, tout de suite, tu dois dormir. Et longtemps. Moins tu dors, plus tu restes ici et tu le sais. Je ne serai pas loin, tu peux te reposer sur tes deux oreilles. Je dois voir un autre patient dans une chambre voisine, si tu ne dors pas dans dix minutes, je vais te tirer les oreilles, compris ?

Il eut un sourire amusé, se tenant près de la porte tout en rangeant sa montre qu’il venait de consulter. Il regarda son chéri avec un petit air inquiet et triste en même temps de le voir si faible encore une fois.
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MessageSujet: Re: Away the Pain [ ft David ☼] [Fini] Jeu 18 Jan - 11:03



Away The Pain

« Fake it like you love me  »

St Bartholomew's Hospital, 16 Mai 1891

Faire le moindre geste de ses membres élançait le vétérinaire dans des douleurs insurmontables. Une démangeaison soudaine aurait été une terrible épreuve, si son corps tout entier ne le brulait pas de multiples piqures. Heureusement que la médecine avait fait d'incroyables progrès, et que des médicaments -bien que point toujours sans risques- existaient. Posé dans son lit comme une masse, à la libre merci de n'importe qui pouvant le récupérer, Harry était rassuré de la présence de David, qui jouait comme une chaleur dans son coeur. Le voir se mettre encore plus près le mettait encore plus en joie. Il était tout simplement heureux qu'il soit là, c'était tout aussi simple que cela. Il l'aimait, ce petit bout d'homme cerné et souvent mal rasé, taciturne et incroyablement grognon. A certains égards, il lui rappelait lui-même. Mais quand son médecin préféré commença à lui parler de Jack l'Eventreur, le sourire d'Harry baissa. Ce qu'il disait était malheureusement la vérité; sa quête venait de l'amener jusqu'aux portes de la Mort, et peut-être pour rien. Harry refusait de croire cependant que cela pouvait être plusieurs personnes. Il y avait trop de choses d'une précision exemplaire et d'une singularité extraordinaire pour que cela fut ainsi. Mais il garda le silence, et fit un petit sourire timide, ne souhaitant pas remettre de l'huile sur le feu. Il aurait également été mal venu pour lui de défendre ses actes alors qu'il était encore souffrant de ceux-ci. David prit alors sa main et le rassura sur ses animaux, l'intimant au plus précieux des repos. Harry serra alors ses doigts autant qu'il le put, souriant avec davantage de sincérité. Il n'avait jamais ressenti un amour aussi passionnel pour quelqu'un, et se demandait parfois si cet amour pouvait le détourner de sa malsaine recherche. Est-ce que pour David, Harry ferait une croix sur l'inssaisissable Jack ? C'était dans des moments de paix et de calme comme celui-ci, où il s'occupait si bien de lui, que le vétérinaire voulait le croire.

David s'éloigna alors, ses devoirs médicaux l'arrachant à son étreinte pour continuer à faire ce qu'il savait faire de mieux: sauver des vies. Tout comme il ne cessait de sauver la sienne. Harry sourit en le saluant doucement d'un petit mouvement de la main avant de tout laisser retomber sur le matelas, cherchant le sommeil comme celui-ci le lui avait commandé. Il parvint, avec grande surprise, à le trouver assez rapidement. Quand David revint après les fameuses dix minutes qui en durèrent bien plus, Harry dormait déjà du repos  mérité, paisible comme on n'avait jamais pu le voir.

Quelques jours plus tard, dans la semaine qui suivit, les plaies d'Harry s'étaient correctement refermé. Des cicatrices seraient très potentiellement visibles pour encore quelques années, peut-être pour toujours à présent. Il pouvait à présent se lever, marcher, effectuer les taches de la vie quotidienne sans avoir besoin d'une infirmière autour de lui. S'habillant en ce dernier jour, s'apprêtant à rentrer chez lui, il regarda le soleil à travers la fenêtre. Enfin, il s'apprêtait à reprendre la vie qui lui était commune; mais il ne savait pas s'il s'agissait véritablement d'une bonne idée. Le vétérinaire allait rentrer chez lui et faire comme si de rien ne s'était passé. Toute la Tour ne serait à présent qu'un mauvais rêve dont les cicatrices resteraient sur son corps pour lui rappeler sa véracité. Sortant du couloir, il fit semblant de tomber sur une infirmière, faisant jouer de son grand sourire jovial pour s'excuser en toute honnêteté. La jeune femme, naturellement effrayée, n'attendit pas son reste pour s'enfuir le long du couloir presque vide. Harry s'en amusa, cela lui était usuel. Faisant jouer les clés qu'il avait récupéré sur l'employée, il sifflota, bienheureux. Quand il finit par croiser le chirurgien arrogant, le nez dans ses fiches, le vétérinaire le récupéra au vol et ouvrit un placard à balais pour le mettre à l'intérieur. S'enfermant à l'intérieur, il eut toute joie à prendre possessionde son amour et à le couvrir de baisers, s'enflammant d'une vigueur que l'abstinence l'avait forcé à converser. Au moins, il s'était bien reposé.

Le Parlement, 21 Mai 1891

Pourquoi s'était-il retrouvé là ? Quel idée lui était passé par la tête ? En tout cas, ce n'était absolument pas pour s'être fait surprendre en pleins galopages homosexuels dans l'hopital, dieu merci cela ne s'était pas produit. Mais Harry sentait qu'il y avait quelque chose à faire, lui, le simple vétérinaire de Whitechapel. Il avait fait une erreur, et ne l'avait purgé que de sa propre stupidité. Aucune remontrance ne lui avait été faite, et bien qu'il ne fut pas particulièrement masochiste, il sentait qu'il n'avait pas été honnête. Et en tant que fils du Directeur de Scotland Yard, il se devait de laver la culpabilité qu'il ressentait au fond de lui. Se dirigeant de son plus beau costume -qui pour une fois, était un véritablement beau costume gris, il a fait un effort- Harry passa les portes du Parlement, où il savait être le Home Secretary. Ce n'était absolument pas son monde, il avait hâte d'en partir, mais pas avant d'avoir dit ce qu'il avait à dire. La secrétaire ne fut absolument pas agréable, malgré qu'il ait insisté pour le voir suite à l'affaire de la Tour de Londres. Conscient que les journalistes avaient du s'emparer de l'affaire et harceler le bâtiment, Harry soupira alors qu'elle devait directement lui demander si Harry Downcry pouvait entrer à son bureau. Ce à quoi la secrétaire fut bien obligée d'obtempéré avec toutes les grimaces qui la caractérisaient. Décidément, elle revint avec une mine encore plus orageuse qu'avant et lui autorisa le passage, ne souhaitant même pas lui montrer le chemin. Il n'a qu'à se perdre, pensait-elle, elle qui n'en pouvait plus qu'on arrivât à son bureau pour entrer chez le Home Secretary comme dans un putain de moulin. La technologie avait inventé les téléphones pour pouvoir prendre des rendez-vous.

Au final, le vétérinaire ne se perdit pas. Il n'était pas bien difficile de trouver la bonne pancarte qui lui permit de frapper de la porte. Tout était bien trop luxueux autour de lui, mais il ne s'attendait pas à encore plus de grandeur en entrant dans le bureau de Renfield. Ce fut un peu bouche-bée qu'il entra, regardant un peu autour de lui, levant également la tête. C'était bien différent de chez lui, mais il appréciait le confort et les belles tapisseries. La boiserie ne lui était pas non plus désagréable. Mais il n'était pas là pour faire la nouvelle décoration du bureau mais bien pour parler à l'homme qui lui avait sauvé la vie. Très doctement, connaissant tout de même ses manières, il s'inclina en face du bureau.

- Lord Renfield, pardonnez mon intrusion sans rendez-vous, mais je tenais à vous faire part de quelque chose de très important pour moi, je ne vous prendrai pas beaucoup de votre temps.

Il aurait été injuste de songer qu'Harry n'était qu'un rustre idiot, un sauvage n'appréciant que ses animaux et détestant ses contemporains. Alors certes, il y avait un peu de cela, et certainement Lord Renfield n'avait eu de souvenirs de lui qu'un homme arrogant se baladant dans Scotland Yard avec son petit chien de compagnie, tel une folle. C'était avec une nouvelle humilité pourtant qu'il se présentait à l'homme de pouvoir, sans aucune honte.

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Informations : Comte de Warwick. • A été adopté à l'âge de sept ans. • A hérité d'une fortune incommensurable à la mort de son père adoptif, mais aussi des titres honorifiques. • Possède une grande force physique, ayant subi un entraînement militaire intensif pendant plusieurs années. • A passé plusieurs années en Inde, Chine et Japon. • Connait quelques arts martiaux. • Est connu pour ses fêtes mondaines où il n'apparaît jamais, se tenant à l'écart. • A un comportement et un caractère assez puéril. • Fait parfois preuve d'une grande naïveté. • Se met rarement en colère. • Passe certains de ses soirs dans Whitechapel, au sein de la Tribu de Fergus Lynch. • Est considéré comme un excentrique de par ses idées. • Son prénom vient d'un prénom juif mal orthographié. • A une petite cicatrice sous l'œil gauche et ailleurs sur le corps. • Origine sino-écossaises.
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MessageSujet: Re: Away the Pain [ ft David ☼] [Fini] Dim 4 Fév - 12:05



Away The Pain.

« IN THE FLESH. »

Chambres du Parlement, 21 Mai 1891.

Loban venait d’arriver dans son bureau, après presque une semaine d’absence, tout d’abord parce qu’il avait gardé la Tour de Londres lui-même mais sa fièvre qui avait failli lui être fatale l’avait gardé alité beaucoup plus longtemps que prévu. C’était grâce à Lydess qu’il se tenait sur ses deux jambes désormais. Sa sœur de cœur avait été si vaillante qu’il avait une dette envers elle. Une dette qui se rajoutait aux nombreuses dettes qu’il avait à son égard. Après tout, elle l’avait élevé, sauvé quelque part d’une mort infantile inévitable suite à son abandon par sa mère, d’une mort certaine suite à cette morsure… Lui n’avait fait que son devoir de les protéger au sommet de la White Tower suite à sa propre incompétence et celle de ses hommes pour garder l’endroit. Quelques fois, il se sentait vraiment minable, mais ce n’était pas le moment de se laisser polluer l’esprit par un soudain manque de confiance en soi. Il rangeait donc ses affaires, lentement, restant quand même très fatigué de son aventure aux portes de la mort. Lydess se reposait tranquillement au manoir mais il l’avait prévenu qu’il était retourné au Parlement, histoire qu’elle ne s’inquiète pas. Malgré, il avait toujours d’importantes responsabilités.

Cependant, il fut interrompu par sa secrétaire, Mrs. Withers, femme au caractère bien désagréable. Beaucoup de choses ne l’avaient pas manqué au Parlement et la bonne femme en faisait partie. Néanmoins, elle lui annonça qu’un homme voulait le voir. À l’annonce du nom Harry Downcry, Loban fronça doucement les sourcils, surpris et donna son accord pour faire entrer le vétérinaire. Quelques instants plus tard, ce fut en effet la silhouette haute et décharnée (littéralement, suite à ses morsures multiples) qui entra dans son bureau. Loban, ayant quelques vertiges suite à sa fatigue, s’était installé dans son fauteuil entre temps. Cependant, il fut pris d’un incontrôlable bâillement quand le fils Downcry posa son regard sur lui. Amusé et gêné, le Home Secretary s’excusa d’un léger sourire. Avant que le jeune politicien ait pu le saluer poliment, le vétérinaire s’empressa de prendre la parole pour lui dire qu’il avait quelque chose à lui annoncer. Le Lord le regarda sans trop comprendre et lui fit un signe de la main pour l’inviter à s’asseoir sur le fauteuil devant lui. Harry avait mauvaise mine. Plus que lui, d’ailleurs. Il semblait fatigué et Loban avait l’impression qu’il avait pas mal de bandages sous ses vêtements.

Le vétérinaire était étrangement le seul contre qui il n’avait pas de rancœur pour être rentré par effraction dans la Tour. Peut-être parce que c’était celui qui avait été le plus blessé et quelque part, il avait été déjà puni de son imprudence. Ce n’était peut-être gentil de penser cela, mais c’était la vérité. Harry avait perdu son oiseau, beaucoup de sang et sûrement un peu de fierté dans tout ceci, ce n’était pas plus mal. Il se doutait que cela lui servirait de leçons et que cela le forcerait à être plus prudent la prochaine fois. Cependant, ces pensées-là n’étaient nullement cruelles. Au contrairement, elles avaient presque un fond bienveillant. Même s’il n’appréciait pas tellement Andrew Downcry, il savait à quel point lui et son fils étaient proches et cela lui aurait brisé le cœur qu’Harry ait trouvé la mort dans cette « excursion ». Quelque part, Loban aurait ressenti de la culpabilité et aurait eu l’impression qu’il avait participé indirectement à sa mort. Mais, fort heureusement, ce n’était pas le cas et Harry se tenait bien vivant de lui. Tout comme lui. Les deux hommes avaient beau avoir une mine affreuse, les traits tirés et des cernes à rivaliser avec un certain horloger, mais ils étaient vivants et c’était l’essentiel.

— Bonjour, Mr Downcry.

Il marqua une pause, se rendant compte que son ton avait été peut-être un brusque pour marquer cette marque de politesse qu’Harry avait omise de faire. Il lui sourit doucement, se passant doucement la langue sur les lèvres, cherchant ses mots.

— Je… Vous ne me dérangez pas, j’allais justement demander des nouvelles à votre médecin mais allez-y, parlez…

Il lui sourit doucement avant de reprendre doucement :

— Désolé si je vous semble un peu ralenti. Ce n’est pas contre vous, n’y faites pas attention.

Parfois, sa morsure à l’épaule lui faisait encore très mal. Il se sentait un peu mal à l’aise du fait d’être si affaibli par une simple morsure alors que Harry en avait subi plusieurs dizaines. Ce fut pour cela qu’il dissimula une petite grimace de douleur tout en regardant le vétérinaire dans les yeux, malgré sa tête lourde.
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MessageSujet: Re: Away the Pain [ ft David ☼] [Fini] Dim 11 Fév - 14:44



Away The Pain

« Fake it like you love me  »

St Bartholomew's Hospital, 21 Mai 1891

L'immensité du bureau le rendait mal à l'aise, malgré le confort évident de l'endroit. Mais tout ce qui s'y trouvait transpirer le pouvoir et l'argent d'une manière si inconfortable qu'il avait hâte de s'enfuir. Néanmoins, il lui fallait encore tenir bon et ne pas s'enfuir face à cette responsabilité qui lui incombait. Aussi droit qu'il pouvait se tenir avec tous les bandages qui gênaient encore la progression de son corps, Harry regardait son puissant interlocuteur. Il semblait alors bien différent des dernières fois qu'ils s'étaient croisés. Fatigué à un point inimaginable, des cernes impressionnantes se trouvaient sous ses yeux, des cernes qu'Harry n'avait un jour vu que sous les yeux de Felix. Lui même ne devait pas être très beau à voir, car même s'il allait bien mieux qu'au départ de son hospitalisation, il dormait toujours très mal. Les évènements de la Tour de Londres, comme certainement à tous ceux qui étaient avec lui, restaient dans sa tête jusqu'à le réveiller par de puissants cauchemars bien trop réaliste pour être vrai. Peut-être en était-il de même pour l'esprit du jeune home secretary. Déglutissant à ses salutations, le vétérinaire venait de se rendre compte qu'il n'avait lui-même pas dit bonjour, comme si son inclination faisait mine de salut. Au final, c'était un peu le cas, mais il aurait pu être un peu plus poli en ce qui concernait l'homme qui lui avait sauvé la vie. Son ton était brusque et il en avait entièrement le droit. Voilà que le fauteur de trouble préféré de Scotland Yard, le fifils à papa qui avait été l'un des coupables de la déchéance médiatique du ministre, venait à lui sans demander rendez-vous, sans dire d'autre bonjour qu'une révérence certes profonde mais maladroitement exécuté. Encore une fois, Harry agissait comme un sauvage qui ne savait pas vraiment comme faire pour être un véritable être humain de la société victorienne... et qui n'en faisait donc qu'à sa tête pour garder la tête hors de l'eau. Il déglutit et s'apprêtait donc à dire le fameux bonjour, qui décidément était terriblement important, mais Loban lui coupa l'herbe sous le pied pour enchaîner.

Il lui souriait d'ailleurs. Peut-être s'était-il rendu compte qu'il n'avait pas été très doux dans son ton. Même si c'était dans son droit. Harry lui sourit en retour, alors qu'il disait être sur le point de demander des nouvelles à son médecin. Les informations seront toujours plus fraiches et sûres auprès du principal intéressé. Loban semblait très affaibli par son combat contre le vampire, bien plus que le vétérinaire lui-même, ce qui inquiéta profondément ce dernier.

- Vous... vous êtes sûr que ça va ? Je peux peut-être revenir plus tard ou... vous savez, il n'y a rien de mieux qu'un chocolat chaud pour remonter le moral. Si on était chez moi, je vous en aurais bien proposé un, mais... hé.

Harry sourit de manière un peu idiote, haussant les épaules en montrant autour de lui. C'était un humour de bien piètre qualité, mais cela le caractérisait, et il essayait pitoyablement de rendre la situation moins malaisante pour les deux hommes. Harry se sentait extrêmement gêné d'ainsi dérangé le ministre de l'intérieur dans un état aussi faible. En même temps, c'était peut-être l'unique raison pour laquelle il ne l'avait pas viré sans ménagement tout en le traitant de tous les noms pour son inconscience. Il décida donc de profiter de la situation et commença les paroles qui lui tenaient à coeur en s'inclinant à nouveau.

- Je voulais vous remercier de m'avo... de nous avoir tous sauver la vie... et à titre personnel, je voulais vous demander pardon pour mon acte. Plus que ma propre vie, je ne pensais pas que j'aurai eu à risquer celle de mes compagnons de fortune, croyez-moi que j'étais parti seul et que j'étais prêt à mourir seul si j'avais été inconscient la fois de trop.

Le vétérinaire poussa un long soupir, regardant le sol. Ses jambes tremblaient très légèrement. C'était comme s'il était devant une fille qu'il essayait d'inviter au restaurant. Même si le sujet était bien plus complexe et qu'il n'y avait absolument pas le même rapport d'attirance, Harry restait tout de même incroyablement nerveux face à cet homme de pouvoir. Ce dernier étant d'ailleurs très jeune, beaucoup plus jeune que lui-même, il se demanda si sa masse musculaire n'était pas pour justement compenser tout cela. Mais sans plus penser à tout cela, Harry prit une profonde respiration et poursuivit son monologue d'excuse:

- Vous savez... à l'origine, j'étais allé à la Tour pour voir si les rumeurs concernant Jack l'Éventreur étaient véridiques. Je sais que ce n'est pas une excuse, pour faire genre que je ne pouvais pas être au courant que ce serait beaucoup plus violent que cela... et je... je suis véritablement navré que vous ayez été blessé. J'aurai voulu vous être plus utile, sur cette Tour, mais j'ai encore une fois été inconscient. Je radote...

Il croisa les bras tout en continuant de regarder le sol, mal à l'aise dans ses deux mètres d'os et de bandages. Jetant des petits coups d'oeil à Loban, il ne savait pas trop quoi dire de plus. Tout aurait pu se résumer à merci et pardon, pour ensuite tourner les talons et fuir cette terrible honte. Mais Harry avait beau être fier, il n'était pas ingrat. Rejetant un regard vers le Home Secretary, le vétérinaire remarqua qu'il n'était vraiment pas dans son assiette, même s'il disait que ce n'était que de la fatigue et qu'il ne devait pas y faire attention.

- Vous voulez que j'aille vous chercher quelque chose ?
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MessageSujet: Re: Away the Pain [ ft David ☼] [Fini] Mer 14 Fév - 9:43



Away The Pain.

« IN THE FLESH. »

Chambres du Parlement, 21 Mai 1891.

Loban écoutait son interlocuteur sans rien dire, silencieux. Après tout, il n'avait pas tellement la force de parler pendant des heures et préférait ménager ses forces, se concentrer sur les excuses d'Harry lui coûtant déjà trop. Même si pour l'instant, il lui demandait juste comment il allait. Il était vrai qu'il n’était sûrement pas terrible à voir, sa secrétaire ayant déjà froncé les sourcils en l'apercevant plus tôt. Mais il ne voulait pas passer pour un faible auprès de Harry qui avait enduré bien plus, en témoignait l’ombre des bandages sous les manches du vétérinaire. Mais il avait l’impression ses propres pensées se répétaient et légèrement perdu, il ne répondit même pas à ce pauvre Harry qui faisait pourtant preuve d’une gentillesse exemplaire. Loban était dans les vapes qu'il ne se rendit même pas compte du silence gênant qu'il avait imposé involontairement au fils d'Andrew. Ce n’était nullement de ma rancune enfantine qui se contentait d’ignorer les gens pour leur montrer qu’on leur en voulait, non. C’était juste de la profonde fatigue. Pourtant, il l'entendit reprendre la parole. Harry s’excusait d’avoir été plus qu'imprudent et cela fit soupirer le Home Secretary. Pourquoi donc risquer sa vie comme ceci ? Qu’aurait fait Andrew si Harry avait trouvé la mort ce soir-là ?

Cependant, il ne s’arrêta pas là et en y réfléchissant, il aurait peut-être dû. Le vétérinaire avoua qu’il pensait trouver Jack l’Éventreur dans la Tour, ce qui fit profondément soupirer Loban. Personne ne le lâcherait jamais avec cette affaire. Personne ne comprendrait que le tueur était un criminel dangereux et pas une bête de foire. Il retrouva donc, dans ces quelques phrases, ce qui l’exaspérait chez Harry : cette fascination morbide pour un éventreur de prostituées. Il ne se rendait pas compte qu'il se mettait lui-même en danger, entraînant d’autres personnes avec lui dans son inconscience. Cependant, en voyant son visage, Loban pouvait constater qu’il semblait avoir retenu la leçon mais pour combien de temps ? Cela allait-il freiner son désir de retrouver le plus célèbre criminel de Londres ? Le Home Secretary posa ses coudes sur la table et se massa les tempes, sa fatigue commençant à lui infliger une importe migraine. À cet instant, il ne savait pas tellement quoi lui répondre, essayant de regrouper ses idées pour former quelque chose de cohérent, bien que cela ne soit pas si évident. Le seul discours qui lui venait à l’esprit était des paroles moralisatrices, sûrement un peu mal venues, vu son jeune âge, c’était la seule chose qui lui venait en tête pour éviter d’infligera Harry un nouveau silence.

—Écoutez… J'entends bien vos excuses et je ne veux pas paraître vieux jeu mais… avez-vous pensé à votre père ? Je sais que vous avez la trentaine passée et que vous ne vivez plus chez lui depuis un moment mais il vous aime toujours autant. Qu’aurait-il fait en perdant son fils unique, mort après être entré illégalement sur un territoire défendu dans le but de trouver Jack l’Éventreur ? Je… Il n'y a pas que vous dans ce cas, croyez-moi, mais n’oubliez pas qu'il y a des gens qui vous aiment derrière…

Il soupira doucement, se demandant comment il pouvait protéger tout le monde s’il y avait toujours une troupe de chiens fous qui risquaient leurs vies sans se soucier des conséquences qui pouvaient pourtant être facilement funestes. Il se rappela alors de l'insistance de Harry pour avoir de ses nouvelles et lui apporter quelque chose pour le remettre sur pieds. Loban hocha négativement la tête et essaya de sourire malgré son air un peu contrarié.

— Ne vous en faites pas pour moi, je suis juste fatigué. J'ai eu une vilaine grippe que j’ai dû attraper à la Tour. Je vais rentrer chez moi, de toute façon… Quant à ma blessure, elle est superficielle. C’est juste la morsure de désespoir d'un homme pris au piège.

Il lui sourit simplement et se leva pour faire face à Harry. En chemin, il dut pourtant s’appuyer sur le dos d'un fauteuil afin de conserver son équilibre. Les deux hommes étaient gigantesques, mis côte à côte, Loban ne s'en rendit compte que maintenant. Mais, si le Home Secretary était plus épais, le vétérinaire le dépassait quand même d’une dizaine de centimètres. Il lui posa la main amicalement sur l’épaule avec un sourire avant de lui dire :

— Rentrez chez vous et essayez de ne pas trop vous faire remarquer dans les prochaines semaines. Voire dans les prochains mois. Je sais que cela ne sera pas aisé pour vous mais bon…

Il rit doucement avant de reprendre :

— Je vous appelle un fiacre ou vous avez quelque chose d’autre à me dire ?

Il le regardait avec bienveillance et presque avec tristesse et lassitude. Mais au final, c’était sûrement la fatigue qui le rendait mélancolique.
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