Le tourment de toute une vie



 

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Jenny Smith
Jenny Smith

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MessageSujet: Le tourment de toute une vie Le tourment de toute une vie Icon_minitimeMar 26 Sep - 13:45



Le tourment de toute une vie



Londres, quartier de WhiteChapel au matin. Jenny s'était levée légèrement courbaturée comme après chaque nuit, s'étant accommodée après toutes ses années de s'endormir sur un vieux matelas posé à même le sol.
Comme toujours, elle rejoignait ses compagnons de la Tribu pour se rafraîchir le visage et prendre un petit-petit-déjeuner en groupe et discuter autour d'un gobelet remplis d'eau la plupart du temps, ou de lait selon les ressources acquises.

Peu importe le nombre de mangeurs, ils étaient toujours au même endroit pour se retrouver en groupe au moment de se remplir le ventre et discuter pendant cette activité culinaire, assis en rond autour d'une table-basse à la provenance imprécise.
Ce matin là, la discussion tournait autour du port du chapeau. Certain trouvait cela ridicule tandis que d'autre trouvais cela adéquate pour y cacher du butin. Jenny aimait les chapeaux des gens fortuné pour pouvoir les revendre à n'importe quel chapelier.
Arrivé aux biscuits faisant office de dessert, un adulte de la Tribu les rejoignis pour transmettre un message à la jeune voleuse : la cartomancienne du Cirque voulait la voir en personne aussi vite que possible dans la journée. Grand étonnement que voilà, il fallait que ça vaille le coup. Cela fera une promenade pour se mettre en jambe en début de journée avec toujours cet espoir qu'il y ai retour sur investissement : une tel trotte jusqu'à la roulotte de Lydess ne se faisait pas en cinq minutes.

Les chaussures enfilées, un verre d'eau pour s'éclaircir la voie respiratoire en préparation d'une marche à pied et le déplacement pouvait commencer. L'interrogation persistait dans le jeune esprit pour connaître la raison d'une telle convocation.
Le déplacement se fît sans encombre pour une journée en milieu de semaine et la foule bien présente dans les rues. Arrivé au Cirque, Jenny s'arrêta quelques instants au niveau des autruches pour approcher ses mains au plus près des cou démesurés pour les rétracter aussi rapidement que l'attaque de l'animal voulant se défendre. Ses mêmes mains se réfugièrent au fond des poches de pantalon plus par mécontentement que par protection.
Un mécontentement qui devais se résoudre à s'échapper pour toquer à la porte de la roulotte. Lydess l'ouvrit pour faire rentrer la fillette qui remarqua que l'adulte affichait un sourire forcé.

-S'lut, y'a quoi pour m'faire v'nir ? J'dois voler qui?
-Assied-toi s'il te plait. Un café ?
-J'dit jamais non à quoi qu'ce soit d'gratuit.

Jenny s'assit à la table faisant office de lieu de travail pour les prédictions de la voyante pendant que cette dernière servit une tasse encore chaude. Lydess s'installa ensuite dans son fauteuil douillet, s'accouda et reposa sa tête dans le creux d'une main pour se concentrer.

-Bien assise ? Ce n'est pas pour une requête de cambriolage que je t'ai conviée chez moi. Ni pour partager un repas ou pour reluquer ton visage innocent.
-J'vois pas alors, J'jette ma langue au chien répondue Jenny avant de boire une gorgé.
-La semaine dernière, j'ai reçue une cliente pour que je lui lise les cartes.  Je lui ai conseillée d'aller voir la police ou un détective pour sa demande mais elle ne place pas de confiance en eux.
-Tant qu'elle a d'la monnaie à r'fourguer.
-Laisse moi terminer, je n'ai pas besoin de tes commentaires habituelles. Elle recherchait quelqu'un de sa famille : un enfant. J'ai donc interrogée les cartes après lui avoir posée quelques questions pour mieux cerner son aura. Il m'a été révélé qu'il s'agissait plus précisément de sa descendance, toujours en vie, se trouvant actuellement à Londres.

Jenny continua à boire le café sans dire un mot, pour connaître le fin mot de l'histoire au plus vite.

-J'ai ressentie un certain âge, que cet enfant jouait avec sa vie, semblait aimer jouer à cache-cache. Tu vois, ce genre d'information à décrypter. Cette cliente m'a demandée de me pencher sur ce que m'ont dit les cartes. Une demande à la limite de me supplier, je lui ai donc demander quelques jours pour que j'évite les erreurs.
-J'vois toujours pas où tu veux en v'nir...
-Vraiment pas ? Ne joue pas à la plus maligne pour une fois. J'ai la certitude que c'est ta mère et qu'elle donnerais sa vie pour te revoir.

Silence dans la roulotte. Les deux femmes s'observeait sans dire un mot. Jenny baissa son visage pour fixer le récipient de café, Lydess en profita pour reprendre la parole.

-Je ne peux pas me tromper, je suis la plus douée pour comprendre l'interprétation des cartes.
-Ce... n'est pas possible.
-Écoute jeune fille, elle m'a donnée une adresse si mes prémonitions me conduisaient à quelque chose de concluant. Je t'y emmène, d'accord ?
-... Oui ?

La cambrioleuse ne termina pas sa boisson, se leva et attendis la cartomancienne devant la roulotte. Lydess se dépêcha de ranger la table sans prendre le temps de faire dans le détail, sortis et ferma à clé sa roulotte. Cette nouvelle chamboula la malice fougueuse de Jenny, elle le ressentais en plus de le voir dans son regard silencieux. Il était impossible que ce soit faux, elle ne pouvait cependant pas prétendre que cette rencontre se passera bien.
Le chemin se fît sans parole, tout ce qui devait être dit avait été dit. Le voyage aurai pu se faire en calèche, Lydess pouvait se le permettre financièrement mais trouva le moyen de transport inadéquate dans ce contexte, les pavés des rues sous les roues auraient chambardé le corps de Jenny à l'esprit déjà bien assez bouleversé.
Au bout d'un certain temps, elles arrivèrent dans le quartier résidentiel du Strand, Lydess sortie de son sac un papier pour vérifier l'adresse exacte.

-Ce n'est plus très loin.

Elles arrivèrent en effet au bout de quelques minutes devant une maison des plus banales, entretenue un minimum pour être présentable sans pour autant sortir du lot. La porte pouvait faire la différence, cachant derrière elle un secret bien trop gardé depuis des années. La voyante dû prendre les devants en toquant à la place de Jenny qui se montrait inhabituellement cadavérique, la jeune fille étant toujours la première à être fougueuse pour se sentir vivre.
Un homme aux cheveux grisonnant ouvrit pendant que Jenny restait derrière la tireuse de cartes, frigorifiée que ça puisse être son père ou son grand-père. Lydess reprit une fois de plus la parole :

-Bonjour mon brave, je viens voir Madame Nora pour l'affaire concernant sa fille.
-Vous avez déjà terminée vos recherches ? Je... Je vous prie de vous rentrer dis le vieil homme inspectant Jenny. Je vous conduis à la chambre de Madame.

Il semblait être un homme à tout faire. Pas un domestique, il n'avais pas l'élégance que l'on demande pour être engagé dans une famille de bonne classe, il devait être davantage un homme de compagnie tâchant d'aider dans les activités du quotidien.
Les deux femmes le suivirent dans un corridor menant à un escalier qu'ils montèrent tous ensemble pour arriver jusqu'à une porte fermé. L'intérieur de la maison était tout aussi banal que l'extérieur, on ne ressentais pourtant aucunement un quelconque signe de vie.

-Madame est au lit. Vous aviez évidemment remarquée ses signes de fatigue lorsqu'elle a pris la peine de venir vous voir informa l'homme. J'ai bon espoir pour que cette visite lui fasse le plus grand bien
-Merci répondu Lydess. Je l'espère aussi de tout cœur. Allez Jenny, courage. Ça va bien se passer.
-...

Le vieil homme ouvrit la porte pour annoncer la visite et s'écarta pour laisser le passage libre. Lydess se retourna vers Jenny pour en faire de même en lui faisant signe de la tête pour que la jeune fille rentre la première. Elle s’exécuta, le cœur battant, s’efforçant à regarder d'un air confus l'homme de compagnie pour y trouver du courage.
Silencieusement, elle rentra dans la pièce qui se trouva être une chambre et y vit quelqu'un dans un lit. Cette vision surprenante qui fixait l'attention de la gamine fut interrompue par la porte qui se ferma ne laissant que deux personnes seule : Lydess avait prévue depuis le début de les laisser en tête à tête pour la rencontrer.

-Penny ? Tu peux te rapprocher s'il te plait ? demanda une voix féminine brisant ainsi le silence.

Jenny se rapprocha et une femme au visage fatigué apparut dans son champ de vision. Habillée d'une robe de chambre blanche, elle avait le visage creusé alors qu'elle ne devais seulement dans les 30 ou 35 ans, rendant ses cheveux lisse et brun plus long qu'ils ne semblaient l'être.

-Moi c'est Jenny, pas Penny, m'dame chuchota la crocheteuse.
-Comme me le rappelais souvent Monsieur Lynch, je sais.
-Vous connaissez Fergus ?
-C'est un ami fidèle. Il ne t'as pas laissé pour compte, tu ne présente pas si mal pour avoir été dans la Tribu.
-Pourquoi il m'a jamais parlé d'vous ?
-Il ne l'a pas fait à ma demande.
-Qui êtes vous ? demanda Jenny d'un ton neutre.
-Samantha Nora, anciennement fille de joie ou... aguicheuse comme tu dirais à la Tribu ?
-Y'a plein d'mots mais moi j'dit pute avoua la gamine à demi-mot dans une pointe de rare culpabilité.
-Tu as la langue déjà bien fleuri pour ton âge. Je ne peux pas le reprocher à Monsieur Lynch et je ne suis pas des plus innocente non plus.
-Alors expliquez moi siouplait. Expliquez pourquoi vous m'avez enlevée mon innocence dès la naissance.

Madame Nora reposa sa tête dans le fond de son oreiller, son cou sentant une gêne à force d'observer son progéniture. Elle ferma l'espace de trente seconde les yeux avant de reprendre la parole :

-J'ai commis l'erreur à éviter lorsqu'on arpente le trottoir : j'ai commencée à tisser des liens avec un client. Un régulier qui me préférais aux autres, voulant tester son charme et qui est tombé sous le mien. Un détective je crois.
-Continuez.
-Comme pour chaque client, je prenais mes précautions, mais force de le revoir il a commencé à vouloir me payer en nourriture, puis m'en faire cadeau en plus des tarifs habituelles. Il lui arrivait de juste passer me voir pour me faire la bise et donner une pièce pour ça, un véritable petit cœur. Puis... la mégarde est arrivé si tu vois où je veux en venir.
-Erreur de jeunesse... Votre tourtellerie m'aide pas à apprécier les aguicheuses. Ensuite ?
-J’étais jeune, oui. Ensuite, j'ai dû freiner de plus en plus mon activité au fil des mois. Je dois confesser que j'aurais voulu me faire vider mais ça coûte comme pratique. Et tu es née.
-C'était trop vous d'mander d'me garder... Une bouche en plus à nourrir...
-Ce n'est pas faute d'avoir essayée. Je me souviens que tu me mordillais le sein lorsque je te le donnais, tu avais un solide appétit comme tous les bambins. Mais la vie n'a pas été tendre pour autant avec moi. Monsieur Lynch m'a alors proposé de venir m'aider, il était pourtant encore un gamin, des plus adorable d'ailleurs.
-Il l'est toujours.
-Voyant que ça me consumait à petit feu de vouloir joindre les deux bouts, il m'a fait une proposition au bout de trois mois. Il a demandé à te prendre à sa charge ce que j'ai acceptée après un temps de réflexion.
-Un véritable p'tit cœur, lui aussi.
-Il s'est comporté de façon exemplaire, te prenant dans une couverture et te serrant contre lui pour ne pas que tu tombe malade jusqu'à chez lui. J'ai perdu en moi quelque chose ce jour là, moi qui voulait ne pas souffrir.
-Fergus s'est comporté comme un père pour moi. Vous auriez pu prendre exemple sur lui.
-J'en suis consciente, Penny. Je m'en suis voulus d'avoir reniée mon instinct maternel à en vouloir mourir. Pour être tout à fait honnête avec toi, les remords me rongeant, un jour je suis aller à la Tamise voulant me convaincre que l'air iodé me ferais du bien alors que c'était pour bien autre chose.
-J'ose deviner.
-J'ai longée le fleuve pour m'éloigner du port bruyant pour n'entendre que le bruit des vagues, l'apaisement hypnotique apporté m'a aidé à sauter. Le froid de l'eau qui attaquait subitement mon corps m'a endormi les muscles et j'ai failli avoir la rédemption que je méritais. Bien malgré moi, j'ai été sauvée par des gens ayant vu mon acte.
-Vous auriez dû mourir, madame... décréta Jenny.
-Je l'ai souhaitée de tout mon cœur. J'ai été bien punie si cela peux te consoler: je suis tombée malade ce qui a eu pour conséquence de fragiliser mon corps depuis, d'où le fait que je garde mon lit la plupart du temps. Fergus a profité de ses relations pour que Hector, le vieil homme que tu as vu, s'occupe de moi.
-Il gagnera son ciel, lui. Si un Saint-patelin existe.
-Il y a une dernière chose que j'ai à te confier. Tu veux bien m'accorder une faveur et aller chercher dans mon bureau une lettre ? Il n'y en a qu'une, tu la trouveras.

La jeune fille en haillon s’exécuta, n'ayant pas l'esprit à la contradiction à ce moment. Un morceau de papier ayant du vécu était effectivement la, Jenny la pris pour l'apporter du bout des doigts à cette inconnue.

-Merci. Après m'être assez rétablie mais toujours clouée au lit, j'ai écrit ce message à ton attention pour le moment où tu serais en âge de lire. Ce soir là, cet écrit m'a provoqué une sensation viscéral et les émotions m'avaient gagné. Chacun de nous a sa blessure, j'ai eu la mienne. Toujours vive, elle est là cette blessure ancienne. Elle est là sous la lettre au papier jaunissant où l'on peux voir encore des larmes et du sang.
-Sa lettre, vous me la feriez lire ?
-Tu veux la lettre ?
-Oui... Je l'veux. Maintenant.
-Tien.
-Je peux ouvrir ?
-Ouvre. Lis.
-«Penny, adieu. Je vais mourir. C'est pour ce soir je crois, ma fille bien aimée. J'ai l'âme encore lourde d'amour inexprimé, et je meurt. »
-Comme tu la lis, cette lettre...
-« Et je cris adieu ».
-Tu la lis...
-« Ma chaire, ma chérie, mon trésor »
-D'une voix...
-« Mon amour »
-D'une voix mais que je n'entend pas pour la première fois.
-« Mon cœur ne te quitta jamais d'une seconde. Je suis et serais jusque dans l'autre monde celle  qui t'aima sans mesure, celle... »
-Comment peux tu lire à présent ? La lettre s'arrête la.
-Depuis seize ans, Fergus a joué ce rôle d'être le père qui viens pour éduquer. Pour m'apprendre à parler avec en exemple une prétendue lettre de sa propre mère.
-Penny...
-J'aperçois toute la généreuse imposture. Cette lettre, c'était vous.
-Oui...
-Les mots chers et fou, c'était vous.
-Oui...
-La voix dans la nuit, c'était vous.
-Je dois l'avouer.
-C'était toi... Maman.

Dans un tendre sourire, Jenny pris la main de sa mère. Le pardon avait apaisé la fille.

©️ plumyts 2016


Si vous êtes impliqués dans ma douleur, et que vous n'êtes pas effrayés, alors vous ne comprenez rien.
Pour votre bien, comprenez ceci : je suis Jenny. Je viens vous voler et jamais, jamais, je ne m'arrêterai.
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