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Percy ⊰ I’m still learning to love, with you. [Fini]

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Âge : 19
Emploi : Servante, fille à tout faire.
Informations : Se pense orpheline ➸ Es servante pour Miss Bolton au bordel depuis toujours ➸ Est en réalité la fille illégitime de M. Harrington. Mais ignore tout, évidement ➸ Est sous la protection de Miss Bolton pour une obscure raison, mais la considère comme une mère. Même si cette amour n'est pas réellement réciproque ➸ Travail très dure chaque jour, mais ne s'en plein jamais ➸ Ne sais pas lire mais tente d'apprendre seule ➸ Parle assez peu, mais écoute beaucoup ➸ Peu avoir un tempérament de feu. Pourtant la plupart du temps elle sera douce, agréable et serviable ➸ Malgré son corps de femme c'est une enfant qui à grandi trop vite ➸ Son plus grand plaisir, courrir dans les champs sous la pluie. Ce sentir libre et sans attache ➸ Est "amoureuse" d'un homme qu'elle ne connais pas an réalité ➸ Dessine parfois le soir à la lumière d'une bougie, quand Morphée lui refuse ses bras.
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MessageSujet: Percy ⊰ I’m still learning to love, with you. [Fini] Ven 29 Sep - 16:24


Percy Mortimer & Indianna Peters
Londres, fin mai 1891
Son panier en main, Indianna Peters avait pour mission d'aller acheter du poisson au port. La maisonnée avait fait quelques bénéfices, plus qu'à son habitude le mois passé et Belinda Bolton avait eu envie de fêter cela avec un mets d’exception. Indianna n'avait mangé du poisson qu'assez rarement. Une ou deux fois dans l'année et encore. Cela dépendait. Cela restait plus accessible que la viande en général, mais toujours cher. La Tamise et ses docks n'étaient pas non plus un des lieux qu'elle fréquentait le plus. Changer un peu d'air lui ferait le plus grand bien après tout ce qui venait de se passer. Cette aventure a la tour de Londres, ces choses qu'elle avait vues de ses propres yeux. La rousse n'en revenait toujours pas. Ses nuits déjà courtes étaient devenues agitées. Revoyant le visage de ce jeune homme qu'elle avait défendu les trahir et manquer des tués tous. Oui chaque fois qu'elle fermait les yeux elle revoyait ses scènes d'horreur, ce qu'il avait trouvé dans les cachots, l’odeur du sang lui revenait même aux narines parfois. Elle frissonnait de terreur à l'idée d'y repenser chaque nuit ou presque. Mais une chose éclairait ces cauchemars. Car cette abominable aventure avait eu un bon côté. Oui malgré toute l'horreur qui s'était offerte sans retenue à ses yeux. Elle n'avait pas été seule dans cette épreuve, non. Il y avait eu d'autres gens, mais surtout lui... Percy. Son gentil Percy. Cette mésaventure leur avait offert l'occasion de se découvrir davantage. Et même bien plus. Car oui, Indianna dans la vision d'un mort presque certaine avait offert son premier baiser au jeune homme. Alors chaque nuit depuis le 15 mai, après chaque cauchemar qui la réveillait en sursaut, elle laissait ses yeux contempler n portait de son ami dessiné par ses soins. Se remémorant la proximité qu'il avait eue alors. Ce remémorant la douceur de ses lèvres pure, cette petite force qu'il avait mis à l'embrasser plus dignement, plus correctement qu'elle n'avait, elle oser le faire. C'était peut-être idiot, sûrement même. Mais cela l'aidait à se rendormir un léger sourire aux lèvres et pour un instant un doux rêve laissait place à ses cauchemars.

Son panier accroché à son bras, ses cheveux de devant nouée par un petit nœud à l'arrière de son crâne. Laissant ainsi la flamboyance de sa crinière briller à l'arrière de son corps. Les quelques pièces que Bolton lui avait données pour acheter les poissons cliquetaient dans sa poche à chaque pas. D'une humeur à demi-joyeuse, toujours heureuse de se balader en ville et de sortir de l'antre du vice qu'était sa maison. Elle se dirigea vers la Tamise et ses docks. L'odeur particulière de l'eau, du sel et des poissons et autres animaux pêchaient lui venu aux narines bien avant qu'elle ne voit les stands et que le reflet de l'eau ne l'aveugle légèrement pas. Le soleil était haut et alors que Londres semblait si triste et morose, il fallait avouer qu'ici, aux abords de l'eau tout semblait vite plus illuminé. Fronçant un instant les yeux pour s'habituer elle s'arrêta contemplant un instant à droite et à gauche les dizaines de stands marchands, de poissons et autres, qui s'offraient à elle. Un soupire sortie d'entre ses lèvres, ignorant par où elle allait commencer. Elle ne venait pas assez souvent pour savoir chez qui acheter... Alors elle ferait sûrement un tour pour revenir vers le stand et les poissons qui auraient la meilleure mine. Bolton lui avait dit de ne pas trop traînée, mais elle savait aussi que sa jeune protégée aimait les balades en ville.

Droite... Elle choisit de commencer par la droite, à gauche il semblait y avoir moins de stands. Comme un instinct elle reprit sa marche. Un sourire léger sur les lèvres, s'arrêtant pour jeter un œil à tout stand qui semblait le mériter. Comparant les prix assez vagues et la tête des mets proposer. Décidément, elle n'y connaissait rien et l'odeur était horrible. Il lui faudrait bien se frotter en rentrant pour espérer enlever l'odeur. Et même, elle en était persuadée, elle serait présente pendant plusieurs jours encore. Beurk. Non pas que son hygiène soit irréprochable, mais elle se lavait chaque jour avec un peu d'eau et sa petite serviette. Un minimum quand même. Elle arriva presque au bout du Dock côté droit, elle n'allait pas par tarder à faire demi-tour pour remonter et voir le côté gauche. Sauf si elle achetait quelques choses en rebroussant chemin. Un stand avait retenu son attention quelques pas avant. La foule s'épaississait un peu sur le bout du chemin d'ailleurs et elle n'aimait pas trop cela. Alors sans même avoir vu les deux ou trois derniers marchant elle décida de faire volt-face. Mais le monde semblait s'être accumulé un peu partout en réalité. Se frayant un chemin un peu, plus difficilement, elle percuta une personne. Son regard un peu vague se tourna pour s'excuser.

« Excusez-m... Percy ? ! »
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MessageSujet: Re: Percy ⊰ I’m still learning to love, with you. [Fini] Mar 3 Oct - 15:06



I’m still learning to love, with you

« Les Docks »

Fin Mai 1891

Reclus au fond du petit appartement de Fergus, Percy étouffait. Les rayons d’un soleil de mai, chauds et radieux, transperçaient avec insolence les rideaux élimés aux rayures verdâtres qui auraient mieux convenus à la chaumière coquette d’une vieille femme qu’à l’appartement du célibataire endurci et de l’influent chef de gang qu’était Fergus. Il fallait bien admettre que la décoration n’importait guère au meneur de la Tribu, qui considérait son logis sombre et somme toute quelque peu vétuste comme une planque plutôt qu’un lieu de vie douillet. La situation délicate du jeune roux entravait ses déplacements, en particulier lorsqu’ils étaient diurnes et de surcroît inutiles. Mais le pauvre garçon tournait comme un lion en cage, enfermé par une si belle journée printanière, comme il n’y en avait que trop rarement à Londres, et dont chaque anglais se hâtait d’en savourer la rareté. Seul un britannique de pure souche pouvait comprendre l’ampleur du gâchis. Ravalant avec peine son impatience et sa frustration, Percy se roula en boule sur le lit de camp usé qu’il utilisait lorsqu’il dormait chez son bienfaiteur et tenta de dormir pour tuer le temps. En effet, l’éducation du bâtard Mortimer ayant été incroyablement bâclée, il ne savait ni lire, ni écrire, et à peine compter. De plus, la moindre activité nécessitant un effort de concentration épuisait vite son esprit rendu simple de par les maltraitances infligées par les bourreaux qui lui avaient servi de famille durant tant d’années.

Mais même pour tomber dans les bras de Morphée, la concentration lui manquait. Le soleil l’agaçait en dardant ses rayons au travers de ses paupières fermement closes, il avait chaud et, surtout, il n’était pas fatigué. Son impatience légendaire reprenant le dessus, Percy se leva d’un bond, profitant de sa solitude pour grommeler un affreux juron. Il ne pouvait décemment rester enfermé ici par une journée si radieuse, quand tous les autres membres de la Tribu vaquaient à leurs petites occupations quotidiennes. Déterminé, Percy saisit à la volée ses souliers de cuir patiné par le temps et l’usure, qu’il commença à lacer avec concentration. Se redressant une fois le laçage laborieux de ses chaussures achevé, le jeune garçon saisit sa veste élimée bleue marine qu’il jeta sur ses épaules, et claqua la porte sans plus de cérémonie.

Fergus ne serait pas content s’il l’apprenait. Percy déglutit à la simple évocation de la colère éventuelle de son mentor. Mais il haussa bien vite les épaules, tentant d’appréhender la situation avec moins d’angoisse qu’à l’accoutumée ; contre toute attente, le bâtard Mortimer parvint, en effet, à dédramatiser un scénario, qui, d’ordinaire, l’aurait rendu tremblant et malade d’anxiété. Après avoir échappé à la mort, à une armée de créatures cadavériques sorties tout droit des Enfers, manipulée par la main diabolique d’un monstre assoiffé d’horreur et de sang, le jeune roux se sentait tout à fait capable d’essuyer l’ire, aussi dévastatrice soit-elle, de son aîné. Il avait conscience que son attitude était ingrate ; les mesures de claustration entreprises par Fergus à l’égard de Percy n’avaient pour but que sa sécurité, menacée par l’inextinguible soif de vengeance de son malfrat de paternel. Mais une fois de plus, le cadet Mortimer, après les atrocités vécues dans la Tour de Londres, ne voyait plus d’un œil aussi horrifié l’épée de Damoclès que représentait au-dessus de sa tête le clan de sa famille de sang. La prudence, pourtant, était de mise, et c’est avec grande sagesse que Fergus recommandait à son protégé le moins de sorties possibles, en plein jour qui plus est.

Mais aujourd’hui, Percy avait envie d’être inconscient, ingrat, égoïste. Son esprit obnubilé par le baiser que lui avait offert Indianna, sa tendre amie dont il n’avait jamais eu l’audace d’espérer un tel traitement, le rendait ivre de joie, rêveur, léger. Plus rien n’avait d’importance ; ni les mises en garde du mentor de la Tribu, ni les menaces du patriarche Mortimer ; son esprit flottait au creux d’une brume délicieuse ; lui et sa douce compagne avaient échappé à une mort affreuse et leur lien semblaient s’être soudés davantage de par le partage de cette épouvantable aventure ; cet évènement, si cauchemardesque soit-il, leur serait toujours commun. Y’a-t-il deux êtres plus proches que ceux qui ont cru voir, ensemble, leur dernière heure arriver ? Car c’est en imaginant son trépas imminent que Percy avait compris qu’il n’avait besoin de rien, car il était aux côtés de la personne qu’il fallait. La présence d’Indianna lui avait fait regarder la mort dans les yeux, avait dévoilé chez lui un courage encore inconnu, profondément enfoui dans les tréfonds de son âme simple, timide et prude.

Ils n’étaient pas morts pourtant. La proximité du trépas, telle une résurrection, avait fait ressurgir d’un souffle nouveau les tout petits plaisirs du quotidien auxquels Percy ne prêtait plus attention. Voilà pourquoi, se sachant chanceux, rendant grâce à la vie et à la nature, il ne pouvait décemment laisser s’échapper une aussi belle journée, ignorant s’il lui serait donné de nouveau la joie d’en savourer une autre.

C’était véritablement une belle journée. Les lèvres de Percy s’étirèrent inconsciemment lorsqu’un vent léger s’engouffra délicatement au travers de sa tignasse rousse, ses yeux se plissant malgré lui en fixant l’horizon ensoleillé. Il n’était visiblement pas le seul à avoir eu le désir de se délecter du soleil réconfortant. Les rues de Londres étaient parsemées de couples flânant à l’aveuglette, main dans la main, de matrones un panier à la main, en quête de denrées destinées à nourrir leur nombreuse marmaille au souper, de vieillards profitant de la douceur du temps pour leur promenade quotidienne.

Quant au jeune homme, n’ayant aucun endroit précis dans lequel se rendre, il laissait ses pieds l’entraîner. C’est ainsi qu’il se retrouva sur les Docks, longeant la Tamise, savourant les embruns délicats du fleuve qui fouettaient avec douceur son visage quelque peu rougi par le soleil et l’effort de la marche. La foule s’intensifiait sur les Quais, le bruit s’amplifiant également ; les vendeurs de poissons scandaient le tarif de leur marchandise qui trônait sur les étals, tandis qu’une foule d’acheteurs se pressait vers le plus offrant. Percy, que la foule angoissait, s’apprêtait à rebrousser chemin, fixant résolument ses pieds pour ne croiser le regard personne, dans un réflexe stupide qui entraînait inévitablement des chutes plus ou moins spectaculaires.

Il ne s’emmêla pas les pinceaux cette fois-ci, de même qu’un de ses pieds ne buta pas contre un des traîtres pavés des rues londoniennes. Non, il percuta quelqu’un de plein fouet, ou plutôt fut percuté par quelqu’un. En réalité Percy n’en savait trop rien, et était un peu trop secoué pour être certain de quoi que ce soit. Une voix douce et connue, comme tirée d’un rêve, amorça des excuses, pour ensuite appeler le jeune homme par son prénom. Surpris, Percy fit volteface pour se retrouver devant la vision enchanteresse d’une Indianna en robe printanière, un panier sous le bras. La dernière vision  qu’il avait eue de sa chère amie était celle d’une jeune fille couverte de sang et de blessures, rescapée de justesse d’une mort affreuse. Aussi la voir ainsi, pleine de vie, sa queue de cheval dansant sur son dos, ses jupons agités par le brise fouettant ses mollets frêles que Percy, en rougissant comme une pivoine, s’imaginait gracieux et délicats comme de l’albâtre, le remplissait d’une ivresse indescriptible, d’une joie de vivre violente, déboussolante. Comme si le trouble, mêlé à la surprise de l’entrevue ne suffisait pas, leur baiser ressurgit avec une force spectaculaire à la surface de sa mémoire d’ordinaire si peu fiable. Pourtant, de ce baiser, il se souvenait des moindres détails avec une clarté dont il n’était guère accoutumé ; la frénésie des battements de cœur d’Indianna, que Percy avait senti contre sa poitrine, le regard qu’elle avait planté dans le sien, alliant détermination et ferveur, avant de poser ses lèvres délicates sur celles du jeune roux, dans un baiser léger et rapide.

Percy ne savait pas combien de temps il était resté là, immobile, stupidement planté devant la jolie rousse, à se remémorer leur si tendre baiser, oasis au cœur d’un véritable Enfer, mais il se secoua soudainement, conscient d’embarrasser la foule, et risquant de paraître plus benêt encore qu’il ne l’était aux yeux d’Indianna. Aussi, prenant son courage à deux mains, il répondit en la regardant :

- Oh !! Indianna !! Quelle…surprise !! Mais que…que…fais-tu ici ?

La question était idiote, et Percy s’en aperçut quelques secondes après l’avoir posée, en jetant un œil sur le panier que la servante de Miss Bolton tenait sous le bras. Elle était sans aucun doute en courses pour sa patronne, dans le but de confectionner par la suite les repas des nombreuses filles de joie qui peuplaient la maison de passe. Lorsqu’une matrone bouscula violemment le dos du frêle rouquin avant de grommeler avec véhémence contre leur immobilité au milieu du passage qui embarrassait tout le monde, Percy sursauta et, posant lui-même le plat de la main sur le dos d’Indianna, il l’encouragea à se décaler sur la droite, ou un banc libre se dessinait à travers la masse informe des nombreux passants. A l’abri de la foule à présent, le jeune roux retira sa main avec empressement, affolé de sa propre hardiesse, avant de chercher à engager la conversation :

- Ca…ca fait longtemps ? Comment…ça va ?

Piètre début de conversation en réalité, mais la jeune rousse était accoutumée aux talents d’orateurs inexistants de son pataud et maladroit de Percy. Elle n’aurait aucun mal à trouver parole plus sensée pour amorcer la discussion.

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MessageSujet: Re: Percy ⊰ I’m still learning to love, with you. [Fini] Sam 14 Oct - 11:50


Percy Mortimer & Indianna Peters
Londres, fin mai 1891
Les yeux d'un bleu clair de la servante s'étaient presque embuée dans un plaisir incommensurable alors qu'elle avait reconnu, sans mal aucun, la chevelure frivole et particulière de son ami. Elle venait de le percuter, le destin se jouait d'elle, d'eaux même si elle se laissait y croire. Une sortie somme toute banale, une simple course et voilà que dans toute cette grande ville elle percutait le seul homme en qui elle avait pleinement confiance dans cette ville, le seul homme qu'elle aimait. Oui, oui, elle devait bien se l'avouer à présent, et ce, depuis cette terrible nuit. Percy avait su gagner son coeur rapidement, trop pour qu'elle y accorde de l'importance au départ. Ne se fiant pas à ce sentiment encore si inconnu et qu'elle estimait frivole. Mais pourtant maintes fois, au cours de mainte rencontre ce sentiment ne s'était envolé, il s'était même chaque fois endurcie et encrée un peu plus au sein de son palpitant. Puis il y avait eu cette soirée, horrible, qui lui donnait des cauchemars aujourd'hui encore. Qui la faisait se tourner dans ses draps bien trop de fois avant que le sommeil et la fatigue ne l'emportent sur son esprit torturé. Alors qu'il se retourna pour lui faire face, une vague de chaleur s'empara de la jeune femme. Son regard glissant sans vraiment y prêter attention sur les lèvres du jeune homme. Son cœur se mit à battre plus vite. Ses lèvres s'étaient légèrement entrouvertes comme pour laisser échapper son souffle plus saccadé. Passant sa langue sur ses lèvres furtivement, tout en reprenant ses esprits. Elle s'était un instant laissé aller à un souvenir récent. Le souvenir de cette horrible nuit qui pourtant n'avait fait que renforcer leurs relations, du moins elle l'espérait. Le goût des lèvres de l'homme lui revenue, un peu sec sur le moment, mais pour un premier baiser elle n'aurait pu rêver mieux. Cette hardiesse qu'il avait mis à répondre à son léger baiser d'un adieu qui n'avait finalement pas eu lieu. Elle en rougit de nouveau. Elle baissa le regard un peu gêné pourtant de se souvenir qui calmait ses rêves bien moins doux.

Les deux jeunes gens semblaient être restées inertes un léger temps, tous deux aussi surprirent et troubler par cette rencontre hasardeuse. Mais la voix légère de Percy résonna dans l'esprit de la rousse, la laissant sortir de ses songes un peu inavouable alors. Mais le jeune homme eut-il à peine le temps de poser sa question qu'une femme le bouscula, non sans grogner contre eux. Indianna fronça un instant les sourcils, prête à ne pas se laisser faire. Surtout, que le rouquin avait fait un bond en avant à cause de la grosse femme. Il ne fallait pas toucher à Percy. Mais la main de l'homme calma instantanément l’ardeur de la servante. Qui dans un sourire léger, le suivit jusqu'au banc où ils prirent alors place d'en tarder. Plus à l'abri de la foule qui comme une photo mouvante s’affairait devant eux. Indianna avait pris soin de se poser non loin de Percy, comme si le manque de sa personne avait trop grand durant ses quelques semaines qui les avaient séparé. Mal assise, mais assise de façon à voir le jeune homme et contempler chacun de ses traits fins et un peu trop creux, elle peut enfin répondre à ses questions. D'une voix à la fois douce et chaleureuse, avec un fonds d'excitation de le croiser ainsi. Heureuse comme elle ne pouvait pas l'espérer se revoir sa frimousse ainsi dans ce tableau qui lui semblait si sombre au fin fond de ses rues londoniennes.

« Et toi comment tu vas ? Moi et bien écoute ça va comme toujours. Mais encore bien plus depuis que tes cheveux ébouriffés sont apparus à mes yeux. »

Dans un geste non réfléchi, elle ébouriffa un peu plus les cheveux de feu de son ami. Presque aussi excité comme une puce, ses pieds dans des petits souliers de peau se levaient et s'abaissaient avec frénésie, comme un tic nerveux. Son large sourire et ses joues rosies trahissaient sa joie de retrouver le jeune homme ici.

« Comme tu peux le voir, j'essaie de faire quelques courses. Mais l'odeur et ma non-connaissance des poissons n'aide pas à ce que je me décide. Je trouve cela cher et... Beurk. »

La mine soudaine dégoûtée de la jeune fille, qui évidemment exagérait sa grimace, était digne de sa légèreté d'esprit à cet instant. Avec Percy, tout semblait si simple, sans aucune prise de tête, sans aucune limite, sans même contraire. Elle savait le jeune homme frêle et fragile, toujours timide et peureux. Pourtant avec lui, elle avait l’impression que le monde était autre, que plus aucune classe et politesse n'existait, non pas par le fait qu'il soit odieux ou autres, mais elle oubliait presque certaines politesses élémentaires avec lui. Libre comme un oiseau qu'on sortait soudain de sa cage. D'ailleurs voilà que ses mains avaient saisi celle du jeune homme dans une étreinte sans barrière et aucune pensée, comme un geste instinctif, comme un besoin répressif de sentir sa peau chaude contre la sienne.

« Et toi, qu'est-ce qui t'amène ici ? Tu dois aussi faire quelques courses pour ta famille ? »

Percy lui avait vaguement laissé entendre lorsqu'il était venu la voir dans la maisonnée Bolton qu'il avait une famille. Indianna n'avait pas trop cherché à en savoir plus, par politesse, sûrement, car celle-ci ne semblait pas très agréable. Mais à cet instant elle luttait contre une irréversible envie de le serrer contre elle avec force. Comme pour s'assurer qu'il était bien là et que le destin l'avait une nouvelle fois mis sur son chemin. Comme pour s'enivrer de son odeur si agréable à son nez et de son énergie si agréable. Comme en manque de sa dose de courage qu'il lui donnait au travers de ses nombreuses taches de rousseur et de son visage timidement adorable.
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MessageSujet: Re: Percy ⊰ I’m still learning to love, with you. [Fini] Mar 24 Oct - 10:59



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« Les Docks »

Fin Mai 1891

Au grand soulagement de Percy, Indianna semblait aussi surprise que lui de cette rencontre impromptue. Les joues de la jeune fille s’empourprèrent à sa vue, et son regard d’azur se baissa vers le sol. Le bâtard Mortimer, soudain, se sentit un peu moins nigaud en s’apercevant que ce genre de réactions n’était pas propre qu’à lui-même mais à toutes les personnes dans l’embarras. Les yeux d’azur de son amie rivés au sol, le jeune roux eut la hardiesse de profiter de cet instant pour l’admirer à loisir ; elle était plus jolie encore lorsque le rose colorait ses pommettes délicates, un peu saillantes, déjà constellées de tâches de rousseur, et que son regard d’une limpide clarté se voilait d’une ombre pudique, un léger sourire presque maladroit étirant ses lèvres fines. Se remémorait-elle leur baiser, elle aussi ? Peut-être le regrettait-elle ? Assurément. Il ne s’était sans donc agi que d’un accès de folie passagère, un geste inconsidéré pour sa part, motivé par la certitude d’un trépas imminent. Comment une fille aussi merveilleuse qu’Indianna pourrait-elle considérer Percy autrement que comme un simplet ? Avoir acquis son amitié était déjà, pour le jeune homme, une bénédiction inespérée. Il ne fallait guère demander l’impossible au destin, surtout lorsqu’on ne le méritait pas ; sa douce amie méritait, en effet, bien mieux qu’un imbécile tel que lui.

Ses sombres pensées s’éclaircirent, avec la soudaineté d’un ciel d’azur après un orage, lorsqu’Indianna fronça un sourcil désapprobateur devant la brusque secousse que la désagréable matrone avait administrée à son corps frêle. Le gentil Percy, pas misogyne pour un sou, regardait d’un œil attendri et ému l’instinct protecteur qu’avait acquis la rousse envers lui, malgré que ce fût lui l’aîné de quelques années. La tension naissante, visible sur les traits crispés d’Indianna, sembla s’évanouir à l’ instant même où le frêle jeune homme eut le culot de poser le plat de sa main dans son dos. Ce visage détendu le rasséréna soudainement, lui qui croyait s’être comporté comme le pire des rustres et avoir encouru la colère de sa tendre amie.

Elle suivit docilement la direction qu’il lui avait suggéré d’une légère pression de la main, sans doute incommodée elle aussi par cette foule bruyante et désagréable qui s’évertuait à briser la moindre seconde de contemplation ahurie que chacun dérobait à l’autre. Avec sa maladresse légendaire et un manque de délicatesse inconscient, Percy s’assit sur le petit banc abrité de l’agressivité de la populace avant son amie, qui vint cependant se placer à ses côtés sans paraître s’offusquer de cette absence de galanterie qui, chez lui, trahissait plutôt une étourderie incurable.

La proximité du visage adoré, des prunelles azurées qui semblaient dévorer les traits fins, presque émaciés de Percy étaient des raisons amplement suffisantes pour faire refluer avec abondance le sang à ses joues pâles, qui se colorèrent pour la énième fois d’une teinte écarlate qui trahissait son trouble. Contre toute attente, Indianna semblait heureuse de revoir le jeune roux, malgré les abominables aventures partagées lors de leur dernière entrevue. Mais un lien, même aussi sordide que celui de l’ombre de la mort, pouvait renforcer l’union de deux êtres bien plus, parfois, que la célébration d’un évènement plein de joie et de vie. Ce genre de paradoxe de l’existence ne s’expliquait pas, mais même le simple Percy comprenait que la survie face à un trépas imminent avoir unifié leurs deux êtres plus que n’importe quel autre évènement n’aurait su le faire.

Et les premières paroles que la jolie rousse lui adressa confirmèrent ses pensées ; elle était heureuse de le revoir et le lui faisait remarquer tout en lui adressant une légère taquinerie sur sa flamboyante et indomptable crinière. De fait, elle devait être bien plus hirsute qu’à l’ordinaire, s’étant tourné et retourné dans son lit avant de sortir comme une furie sans même prendre le temps d’observer, ne serait-ce que quelques secondes, son reflet dans un miroir, à supposer que Fergus en possède un.  Avant même qu’il ait pu passer une main dans ses cheveux, amorce d’une vaine tentative de leur donner un aspect plus convenable, ce fut Indianna qui avança la sienne, ébouriffant un peu plus, d’un geste taquin, la tignasse épaisse de Percy. Le jeune homme rougit de nouveau, de concert avec son amie, à qui les joues rosées seyaient bien mieux qu’à lui. Les mouvements frénétiques de ses petits pieds chaussés de soulier vert d’eau assortis à sa robe trahissaient sa joie mêlée d’embarras de se trouver en présence de son ami. Le jeune homme pouvait, sans fausse modestie, penser qu’Indy était heureuse de le retrouver, au large sourire qui fendait son ravissant visage et au naturel de ses gestes qui prouvait l’absence totale de malaise entre ces deux êtres.

Lorsqu’Indianna évoqua le but de sa venue sur les Quais de la Tamise, à savoir approvisionner toutes les membres de la maison de passe de Miss Bolton en poisson, et avouant son inexpérience et son dégoût en la manière par une grimace écœurée, Percy ne put réprimer un éclat de rire. C’était cette Indy qu’il aimait là, celle qui dédramatisait les situations embarrassantes par des moues adorables et un naturel déconcertant. Le jeune garçon s’y connaissait un peu plus. Cherchant par tous les moyens à se rendre le moins inutile possible à la Tribu, il se désignait souvent pour les tâches subalternes telles que l’achat des denrées pour la confection des repas. De plus, rester enfermé de longues heures en compagnie de l’épouse de Saul lui avait permis d’acquérir les bases d’une cuisine simple et à bas coût, la famille nombreuse ne roulant pas sur l’or. Aussi Percy, avec sa timidité et sa modestie coutumière, se permit la hardiesse de conseiller son amie :

- Les poissons frais, c’est souvent trop cher…Par contre…Tu peux essayer la sardine, ou le hareng, c’est du poisson séché…du coup pour l’odeur…ça sent moins…moins mauvais…et c’est bien moins cher…

Il jeta un regard timide à Indianna, ne sachant guère comment allait être accueillis ces piteux conseils. Elle semblait toujours d’aussi bonne humeur, laissant toujours aller son instinct à des gestes alliant tendresse et naturel. Lorsque ses deux mains se nichèrent vivement au creux de celles de Percy, il parut un peu moins gêné qu’à l’accoutumée, se délectant de la chaleur des petites paumes chaudes dans les siennes. Il se sentait de plus en plus en confiance avec Indy. Sa méfiance instinctive envers les filles, qui lui avaient fait beaucoup de mal, s’estompait peu à peu sous la tendresse, la candeur et le naturel généreux de la jeune rousse qui lui prouvait chaque jour qu’il n’avait rien à craindre d’elle. Il bégayait de moins en moins en sa présence, parvenait un peu plus à la regarder dans les yeux et sa maladresse s’amoindrissait elle aussi à vue d’œil.

La question d’Indianna le rappela à la réalité. Non, il ne venait pas faire de courses pour sa famille. Percy pensait bien entendu à la Tribu, la seule véritable famille qu’il n’ait jamais eue, et dont les membres seraient bien fâchés de l’imprudence dont il faisait preuve aujourd’hui, en errant dans les rues de la capitale en plein jour sans même une escorte. Mais la rencontre impromptue qui s’était offerte à lui valait bien tous les dangers et toutes les réprimandes du monde. Il aurait réitéré sa désobéissance à Fergus sans hésiter, sans même l’ombre d’un scrupule, pour la retrouver ainsi, en pleine jour, radieuse sous l’éclat du soleil, ses cheveux éparpillés par les embruns fluviaux. Se rendant soudain compte qu’il évinçait la question de son amie, Percy se hâta de répondre :

- Euh…non non…J’avais juste envie de sortir…Il fait si beau…Et te voir ici…C’est…c’est…quelle surprise !!

Quelque peu enhardi par l’attitude naturelle et instinctive de la jeune rousse, Percy serra un peu plus fort les petites mains frêles dans les siennes, levant un regard vers son amie qui le regardait lui aussi. Et, dans cet échange mutique, lié par le contact charnel de l’unisson de leurs mains, ils se comprenaient mieux que par l’art de la parole, que le jeune homme ne maîtrisait que trop peu, et qu’Indianna, quant à elle, était bien trop fière pour se permettre d’exprimer les épanchements que son cœur éprouvait manifestement pour lui.

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MessageSujet: Re: Percy ⊰ I’m still learning to love, with you. [Fini] Mar 7 Nov - 15:53


Percy Mortimer & Indianna Peters
Londres, fin mai 1891
Cette journée qui s'annonçait morose, monotone et puante, avait soudainement pris une teinte plus colorée et douce. Aux côtés de Percy, tout semblait plus agréable de toute façon. Indianna devait bien se rendre à l'évidence qu'avec Percy les choses étaient différentes. Elle ignorait réellement pourquoi, mais lui seul lui procurait cette chaleur qui semblait lui brûler l'échine. Elle connaissait au fond assez peu de monde, c'était bien vrai, mais aucun n'occupait ses pensées comme lui. Ce jeune homme face à elle à présent. Il s'était laissé aller à un conseil, cela surprit assez la rousse. Lui qui était généralement si fermé, si peu bavard, qui ne donnait jamais son avis. Mais elle fut ravie qu'il ose dire ce qu'il pensait et surtout ses conseils qui lui étaient alors bien utiles.

« Oh merci mon Percy pour tes conseils ! Je prends note dans un coin de mon esprit. »

Indiana était à la fois si nerveuse et ne si surexciter qu'elle avait du mal à tenir en place. Ses jambes en étaient la peuvent, mais aussi ses petites mains qui serraient à présent celle du rouquin. Elle avait posé une autre question assez rapidement à la suite, mais il sembla partir dans ses pensées. Elle aimait le voir ainsi rêveur. Il avait un visage si particulier, si attachant, même trop, elle avait souvent envie d'y déposer un baiser, surtout depuis cette fameuse soirée d'horreur. Cette soirée qui les avait rapproché. Si certain, et peut-être même Percy, imaginait que le baiser qu'elle lui avait donné n'était qu'un baiser désespérer face à une mort imminente. Indianna savait bien que c'était autre chose. Quelques choses de bien plus profond, de bien plus fort, comme une envie qui lui rongeait le cœur depuis trop longtemps. Mais la politesse, son lien encore un peu trouble avec Percy, elle n'avait jamais osé. Oser imaginer autre chose qu'une amitié avec lui. Elle eut un très léger rire alors qu'il exprima de nouveau sa surprise. Il éluda un peu la question sur sa famille, du moins il n'en dit pas vraiment plus, laissant davantage de doute dans l'esprit curieux de la servante.

Le silence avait pris place un vague instant, il n'était pas dérangeant, non tout au contraire. Noble, presque, il n'y avait pas besoin de mot parfois pour communiquer. Leur regard qui s'évitait pour se chercher de nouveau quelques instants plus tard, comme un jeu de cache-cache timide. Leur main qui se serrait davantage encore. Indy, de son surnom, se rapprocha un peu plus du jeune homme, oubliant ce petit écart d'intimité qui s'était mit naturellement entre eux lorsqu'il s'était assis. Relevant son visage, plus assurément, ses yeux cristallins gravant chacun de ses traits de visage une nouvelle fois dans son esprit, comme si elles les avaient déjà oubliés. Elle aurait aimé déposer un baiser sur sa joue, rapide, futile. Mais ils étaient dans un lieu public où le passage était plus que fréquent pour ne pas dire bondé, et elle avait peur de le faire fuir. Alors elle réprima cette folle envie au creux de son cœur et sans lâcher la main de l'homme, elle se laissa aller dans le banc. Ses yeux quittant enfin le visage trop attrayant du jeune vagabond pour poser ses yeux sur le ciel bleu. Quelques très rares nuages d'un blanc presque pur, c'étaient imposer dans l'azur aveuglant du ciel. Ses yeux clos doucement, appréciant la chaleur qui gagnait ses traits pâles. Cela ferait sûrement ressortir ses taches de rousseur, mais si elle venait à faire un concours de qui en avait le plus. Percy gagnerait sûrement.

« Tu n'as pas eu d'ennuis suite à notre soirée mouvementée ? »

Osa alors Indianna, la question lui était venue comme cela, sans retenue. Après tout, si elle avait été inconnue de l'homme qui les avait sauvés. Percy lui semblait être connu du home Secretary. Pourquoi ? Indianna ne ferait pas l'affront de demander. Elle voulait simplement rester ici un temps avec lui avant de devoir reprendre son marché et de le quitter sûrement. À moins qu'il ne l'aide. Oui tiens, quelle idée. S'il en avait le temps, évidemment. Elle le lui proposerait plus tard à ne pas douter, de faire un bout des Docks avec elle pour acheter ce dont elle avait besoin. Enfin connaisseur qu'il semblait être.
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PS :: désolée c'est pas génial. Je me rattraperais. coeur



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MessageSujet: Re: Percy ⊰ I’m still learning to love, with you. [Fini] Mar 21 Nov - 10:08



I’m still learning to love, with you

« Les Docks »

Fin Mai 1891

Le bavardage futile de Percy l’étonnait lui-même. Depuis Emma, jamais le jeune roux n’avait eu la hardiesse de prendre ainsi la parole devant une fille, fille qui lui plaisait qui plus est. Mais Indianna faisait partie de ces perles rares dont la présence regonflait la confiance du bâtard Mortimer, étouffée dans l’œuf par la totalité des membres du clan qui l’avait élevé. Le regard mutin de la jolie rousse lui procurait une sérénité aussi inexplicable que soudaine, et le large sourire qu’elle offrit à Percy en guise de remerciements devant ses piètres conseils le rasséréna sur la foi qu’il pouvait avoir en l’affection qu’elle lui portait ainsi que sur la pureté de l’âme de sa tendre amie, exempte de la moindre trace de méchanceté. La chaleur de ses remerciements et la tendresse de ses mots achevèrent de faire fondre le cœur de Percy pour la demoiselle hors du commun qu’il chérissait tant. Le cœur immaculé d’Indianna, à peine sortie de l’adolescence, parvenait à faire fondre toutes les barrières que Percy avait, depuis plusieurs années, dressé entre lui et la gent féminine, et qu’il avait cru infranchissables.

C’étaient d’ailleurs ces réactions propres à l’enfance, dont la demoiselle venait à peine de sortir, qui touchaient tant Percy et le rassurait sur la bienveillance des intentions de la jeune fille à son égard. Ses jambes fines se balançant avec frénésie sous ses jupes couleur vert d’eau trahissaient sa gêne manifeste, de même ses joues rosissant par alternance, et son regard qui, fixant parfois le rouquin maladroit avec une avidité mal contenue, se baissait soudainement, comme honteux d’une telle hardiesse qui paraissait incontrôlable. Il était réconfortant pour l’émotif Percy de retrouver les mêmes signes d’embarras qui handicapaient son quotidien chez l’élue de son cœur, bien que, chez Indianna, ils soient tout de même mieux dissimulés.

Car aurait-il été seulement capable de regarder la jolie rousse comme elle le scrutait à ce moment précis ? Non, sans nul doute. Le pauvre Mortimer parvenait à peine à soutenir les prunelles d’azur hardiment fixées sur son visage presque émacié, constellé de tâches de rousseur et auréolé d’une masse informe de cheveux roux. Une flamme semblait briller dans les yeux de glace d’Indianna, qui semblait vouloir imprimer au fond de sa mémoire jusqu’au plus petit détail du visage de Percy. Et l’heureux élu, celui qui n’aurait jamais osé rêver à une pareille chance, statue de sel, muet d’une stupeur émerveillée, ne parvenait même pas à lui retourner ce regard plein d’une avidité flatteuse, regard féminin auquel il n’était que trop peu accoutumé.

Les yeux baissés et les joues résolument écarlates, le jeune homme pouvait pourtant sentir le regard pénétrant de la jolie rousse qui lui brûlait le visage, et il entrevoyait avec une appréhension mêlée d’un désir mal contenu les lèvres s’approcher de lui, ses mains serrant toujours les siennes. La proximité était telle qu’il pouvait sentir le souffle chaud de son amie, de même que le sien devenait court et que ses mains commençaient légèrement à trembloter. Etait-ce devant ce trouble manifeste qu’Indianna décida soudain de briser l’étreinte de ce regard mordant, pour le lever vers les cieux d’azur, qu’auréolaient quelques nuages immaculés ? Percy venait-il encore une fois de tout gâcher ? Voilà qui n’aurait pas été étonnant. Le revirement soudain de sa tendre amie lui procurait un étrange mélange de frustration et de soulagement, conséquence de sa lâcheté sans nom. Car le cadet Mortimer ne désirait rien de plus au monde que de sentir de nouveau la douceur des lèvres de la jolie rousse sur les siennes ; mais, en indécrottable trouillard qu’il était, son cœur s’était mis à battre la chamade et ses mains à vaciller en voyant approcher le visage tant chéri.

Il fut heureux lorsque le son de la voix mélodieuse d’Indianna déchira délicatement le silence gêné qui s’était imposé entre eux. Elle ne lui en voulait pas. Elle ne s’était pas sentie insultée. Sans doute connaissait-elle Percy mieux que personne, peut-être mieux que lui-même. Aussi ne s’offusquait-elle pas de ses réactions somme toutes étranges qui sembleraient chez n’importe quel autre homme être le summum de la goujaterie. Le jeune homme fut en revanche surprit par le sujet de conversation que sa douce amie avait amorcé. Il lui était reconnaissant d’avoir pris l’initiative de briser la glace concernant leur aventure sordide, cependant il fallait bien admettre que ce sujet n’allait pas aider à détendre l’atmosphère. Le cadet Mortimer, en plus des affreux souvenirs qu’il conservait de cette effroyable soirée, souffrait de toujours tout dissimuler de son existence à Indianna, en qui il avait pourtant une entière confiance. Mais les ordres étaient formels et venaient de Fergus même. Percy était traqué et aucune information ne devait être divulguée à une personne extérieure à la Tribu. Il ne s’agissait pas uniquement de sa propre sécurité, mais de celle de tous les membres du clan. Et, en dépit de tous ses défauts, jamais le bâtard Mortimer ne pourra être taxé d’ingratitude. Il vouait une reconnaissance éternelle à sa famille d’adoption, qu’il aimait par-dessus tout et qu’il ne trahirait sous aucun prétexte. De plus, Indianna était si délicate et intelligente qu’elle ne posait aucune question, lui évitant ainsi la bassesse du mensonge.

Oui assurément ce qu’il redoutait était arrivé. Percy l’aimait cette rouquine si naturelle et délicate à la fois, celle qui préférait la poussière des tâches ménagères à l’opprobre de la prostitution, celle qui assumait son rôle dans l’ombre face aux moqueries incessantes de celles qui avaient choisi les phares tapageurs de la lubricité et du stupre, celle qui le préférait lui, ce garçon maladroit et mal dégrossi au cœur tendre, plutôt que la foule de prétendants qui devait sans doute tournoyer autour de la belle jeune femme qu’elle devenait. Le jeune homme ne s’expliquait pas la rage folle, exempte de toute peur qui le caractérisait d’ordinaire, qui l’avait saisi lors de cette tragique aventure, en voyant ces mains décharnées qui s’étaient emparées des bras frêles de l’adorée rouquine qu’il avait, malgré lui, embarqué dans cette atroce épopée. Tout ce dont il se souvenait, c’est que toute crainte, toute appréhension du danger avait été annihilée par une colère sans nom devant l’immaculée blancheur de la peau d’Indianna souillée par la saleté de ces créatures démoniaques qui avaient osé s’en prendre à elle. Visiblement elle ne le prenait ni pour un fou, ni pour une brute. Mais il ne pouvait rien lui révéler du savon monumental que lui avait passé Fergus pour son inconscience et sa sottise, bien qu’il ait été rassuré en ayant appris la présence de Gérald à ses côtés, et que sa colère ait été atténuée par le fait que le geste inconsidéré de Percy n’avait été motivé que par loyauté envers lui. Il s’en était finalement plutôt bien tiré. Mais elle ? Le jeune homme tressaillit en imaginant la mégère qui faisait office de maquerelle au sein de la maison de passe dans laquelle elle vivait lui infliger une sévère remontrance dont ce genre de femmes avait le secret. Etait-elle parvenue à dissimuler ses blessures ? La curiosité l’emportant sur la pudeur et la timidité, qui, de toute façon, s’amoindrissaient à chaque entrevue avec Indianna, Percy se lança :

- Non…non…Ce policier…Il m’a juste mis…mis en garde…Mais toi ? Tu as réussi à te…faufiler dans ta…ta chambre ? Comment vont tes…blessures ?

Joignant le regard à la parole, Percy riva ses yeux sur les bras frêles de la jeune fille, recouverts du coton de sa robe, qui avaient été tant meurtris par les monstres putrides qui avaient eu l’impudence de s’en prendre à elle. Tout cela était sa faute à lui, finalement. Une culpabilité sans nom envahit son âme rongée de remords. La vie qui lui était la plus précieuse avait été risquée par sa stupidité et son inconscience. Car Indianna n’aurait jamais eu la bêtise de s’engouffrer dans ces tréfonds infernaux si ce n’était dans le but de le suivre. Et cet imbécile qui n’avait même pas eu la prévenance de s’excuser. C’était pourtant bien le moins qu’il puisse faire. Tentant ainsi de réparer sa faute pourtant incurable, le jeune homme prit son courage à deux mains, malgré la boule qui lui serrait la gorge à l’étouffer :

- Je suis désolé…pour tout ce qui s’est passé…Tout était ma faute…

En guise de pardon, et, son aveu lui donnant des ailes, ses mains serrèrent un peu plus celles de la jeune rousse, et son regard se leva vers le visage d’albâtre exposé au doux soleil de printemps, comme pour contempler à l’envi ces traits que finalement, à cause de sa timidité, il connaissait si peu.

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MessageSujet: Re: Percy ⊰ I’m still learning to love, with you. [Fini] Sam 2 Déc - 14:26


Percy Mortimer & Indianna Peters
Londres, fin mai 1891
La foule grouillait autour des deux jeunes roux. Le port était empli d'âmes à la recherche de leur repas de la journée, de la semaine peut-être. Bien que le poisson ne se garde que très peu de temps. Le beau temps avait fait sortir les gens. Indianna pouvait le constater, elle sortait au moins une fois par semaine pour faire les commissions pour la maisonnée, qu'il pleuve, Neige, grêle ou qu'il fasse beau comme aujourd'hui. Elle s'amusait à comparer la foule à chaque sortie. La pluie était, selon son expérience le temps qui faisait le moins sortir la populace. La neige dérangeait peu, la grêle, si peu puissante était comme la pluie. Mais un temps comme aujourd'hui... Il semblait que tout Londres et ses alentours se soient décidé à sortir. D'ailleurs, le brouhaha ambiant était un écho fort désagréable dans l'oreille de la jeune femme. Mais elle s'était concentré nez en l'air sur le ciel bleu. La main de Percy encore et toujours dans la sienne, elle semblait presque trembler encore légèrement. Ce rapprochement qu'ils avaient eu. Elle se sentait coupable de se laisser aller à de telles envies et de sentir le jeune homme si fébrile face à tout cela. Parfois, pour ne pas dire souvent Indianna oubliait que malgré ses vingt ans passés Percy était encore un enfant dans son esprit. Et si elle-même commençait à être partagé entre son corps d'adulte et les envies qui viennent avec et son esprit enfantin. Elle ne savait pas trop comment tout gérer cela. Peut-être que la chose serait plus simple avec un autre, mais elle ne voulait personne d'autre. Elle le savait depuis déjà longtemps... La journée qu'ils avaient passée ensemble, dans sa chambre, en toute amitié, n'avait fait que confirmer les soupçons que son esprit avait. Sur ce cœur qui bat la chamade chaque fois que ses yeux se posent sur son visage similaire au sien. Le silence avait laissé place à une question entre les lèvres de la jeune rousse. Percy sembla encore plus déconcerter. Peut-être n'aurait-elle pas dû revenir sur ce passé horrible qui les avait rapproché. Elle sentait la main du garçon serrer un peu la sienne. Alors elle redescendit son visage et son regard, poliment elle l'écouta et le regarda. Il éluda un peu la question, ou du moins ne donna pas réellement de détails. Ce qui déconcertait à son tour Indiana. Elle n'était pas bête et savait bien que le jeune homme avait des choses à cacher, peut-être était-ce à cause de sa famille. Était-elle si cruelle qu'il n'osait en parler ? Ou peut-être tout le contraire. Peut-être en réalité, était-il le fils d'une très riche famille et qu'il se faisait passer pour un pauvre homme pour se faufiler dans la foule et vivre plus libre. Peut-être n'aurait-elle jamais les réponses à cette question. Elle ne voulait pas insister après tout, ils se connaissaient encore assez peu. Surtout elle, en réalité. Lui commençait à bien connaître sa vie, si futile au fond.

« Je n'ai plus rien, enfin un petit égratignure encore juste ici. Mais elle partira d'ici peu. Et oui, Miss Bolton à le sommeil lourd. Heureusement. »

Elle baissa le visage, suivant du regard celui de Percy sur ses bras. Elle avait indiqué le milieu de son bras gauche, vers l'épaule. Là, où une des créatures l'avait fortement agrippé et qui avait déchiré sa peau alors qu'elle avait réussi à se défaire de son emprise grâce à la jeune femme qui l'avait alors tiré de là. Bolton n'avait effectivement rien remarqué le soir même. Mais le lendemain matin, le visage blanc et les nombreuses égratignures ici et là d'Indy lui avaient fait quand même poser des questions. Mais Bolton n'était pas une femme cruelle, en tout cas pas avec elle. Elle était plutôt indifférente, ou du moins la feintait. Indianna lui avait évidemment menti sur la raison de tout cela. Elle s'était contenté de dire qu'une sortie nocturne n'avait pas été de tout repos à cause d'un homme ivre et un peu violent. Bolton n'en avait pas fait trop cas, vu que quelques mois auparavant Indianna avait déjà subi une nuit agitée de la sorte. Comme toujours la maquerelle s'était contenté de dire qu'elle devait prendre ses responsabilités qu'elle avait un travail et était utile ici, que sortir ainsi était des enfantillages et qu'elle était imprudente. Évidemment qu'elle l'était, elle l'avait toujours été. Mais ses sorties nocturnes, c'était comme un sentiment de liberté. Pas qu'elle soit prisonnière de Bolton... Mais... Elle ne se lassait pas de parcourir la ville alors que les rues étaient plongées dans le noir que le ciel brumeux parfois laisser les étoiles apparaître à ses yeux. La ville avait comme une autre vie la nuit et elle l'aimait tant. Plus que cette vie de jour avec ce monde qui jactait ici et là, ses gens qui vous bousculaient sans même un "pardon" et qui même vous tueraient sur place s'il en avait l'occasion... Oui, décidément, Indianna n'était pas la plus sociable des jeunes femmes.

« Tu n'as aucunement à t'excuser. Si je dois blâmer quelqu'un pour cette soirée, c'est bien moi. En plus d'avoir fait le mur, ma curiosité m'a poussé à te suivre pour te...»

Elle s'arrêta un instant alors qu'elle croisa son regard. Le protégé, c'était idiot à dire, à penser même. Une gamine comme elle protégeait un homme. Si on l'entendait, on se moquerait d'elle. Et pourtant cela avait été son intention à la base. Cette fois-ci, c'est elle qui baissa un peu le regard, gêné. Laissant ainsi Percy la regarder à sa guise sans qu'il ne se sente à son tour observer. Peut-être ainsi sera-il plus à l'aise. Car oui, elle aimait sentir son regard sur elle. Ainsi, elle se sentait soudainement belle, belle pour lui. Du moins, elle l'espérait. Leurs mains de nouveau se serrèrent, alors. Son étreinte chaleureuse la faisait rougir davantage.

« Je voulais juste être avec toi. »

Avoua alors la rousse doucement. Comme si cela avait été un secret à garder coûte que coûte. Son regard se releva, un sourire se dessina sur ses lèvres, légères et sincères. Elle l'observa à son tour, plongeant un très court instant ses yeux cristallins dans ses yeux tout aussi beaux. Le monde s’effondra autour, elle oublia en une éclaire l'odeur putride, la foule, le brouhaha qui lui était il y a encore peu insupportable. Pendant un court instant, elle fut seule avec lui, dans une bulle, comme là-haut sur ce toit de l'horreur alors que ses lèvres touchaient les siennes. Elle détourna pourtant vivement le visage vers la foule alors qu'on percuta son pied qui traînait un peu "trop" hors du banc. Sans excuse aucune évidemment, l'homme, cette fois-ci, grommela tout en continuant son chemin. Indianna était en rogne qu'on est ainsi brisé cet instant magique. Elle se leva alors d'un bon invitant le garçon à faire de même.

« Tu m'aides à trouver mes poissons pour Bolton et après, je m'amène dans un endroit des docks que j'aime bien ! D'accord ? »

Sans réellement attendre de réponse elle commença à se faufiler parmi la horde de gens qui marchait. Tel un poisson, sa main serrant plus fortement par instants celle de Percy. Avançant vivement pour ralentir brusquement, parfois s'arrêtant tout aussi brusquement, ils arrivèrent avec un peu de difficulté vers un stand de poisson. Mais ils ne semblaient absolument pas frais... Indianna malgré un arrêt grimaça en se tournant vers Percy et d'un regard elle lui indiqua que la "course" allait reprendre. Repartant à vive allure elle se dirigea, cette fois-ci dans le sens de la foule, donc plus facilement vers un autre stand qui déjà avait meilleure mine.
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MessageSujet: Re: Percy ⊰ I’m still learning to love, with you. [Fini] Ven 15 Déc - 10:56



I’m still learning to love, with you

« Les Docks »

Fin Mai 1891

Les excuses étaient pour le moins piteuses. Mais en côtoyant Percy, on abandonnait l’espoir d’une éloquence verbale, d’une délicatesse orale et de la moindre once de tact dans l’expression des émotions. Ce sacrifice n’était pas vain toutefois, car au charme parfois hypocrite des belles paroles et des styles ampoulés, la maladresse du jeune homme avait ce je ne sais quoi de bouleversant qui attestait de la sincérité incroyable du moindre son qu’il parvenait péniblement à sortir de sa bouche. Mais rares étaient les filles qui semblaient sensibles à cette authenticité fragile, cette véracité défaillante qui ne s’échappaient de ses lèvres que par bribes, souvent informes et décousues. Percy s’était résolu à croire que les femmes préféraient les hommes galants et bien tournés, qui, avec un raffinement exquis, inondaient leur ego et leur coquetterie d’une foule d’adorables compliments qui faisaient rosir leurs pommettes délicates d’un plaisir mal contenu. Mais le jeune roux découvrait ébloui qu’il en existait d’autres, des différentes, des fleurs sauvages indomptables, qui préféraient l’honnêteté d’une relation vraie à la flagornerie diablement séductrice d’hommes, qui, bien souvent, dissimulaient leurs sombres desseins sous la fade beauté de ces éloges impersonnels.

Les femmes étaient des créatures complexes. On leur apprenait à redouter ce genre de charmants prédateurs pour lesquels elles ressentaient pourtant une inclinaison particulière. Et les pauvres délaissés tels que Percy, ceux dont la gent féminine n’avait rien à craindre, ceux-là se retrouvaient seuls,  méprisés, moqués parfois. La déception monumentale qui avait giflé son âme lors de la trahison d’Emma avait persuadé le jeune homme de ne plus trop s’approcher des filles, qui avaient l’incroyable pouvoir de briser son cœur d’enfant, l’espace d’une parole, l’espace d’un geste. C’est par peur et non par mépris ou par rejet que Percy s’était éloigné des femmes. Elles l’intimidaient. Il savait qu’il risquait de tomber sous leur charme fou, et il savait également qu’elles n’auraient aucun scrupule à le faire souffrir.

Il n’était étrangement pas resté longtemps sur la défensive avec Indianna, qui avait cette âme d’enfant qui le rassurait, et cette spontanéité qui n’accordait aucune place à la moindre forme d’hypocrisie, de moquerie ou de mépris. Chaque fois qu’un sourire éclairait le visage mutin d’Indianna, la méfiance de Percy s’étiolait, fondait comme neige au soleil pour se muer en confiance totale envers cette adorable jeune fille qui ne semblait qu’à peine connaître l’existence des mots injustice, méchanceté ou dédain. Et, à chaque entrevue avec un peu plus d’intensité, Percy sentait déferler en lui un sentiment qu’il avait déjà eu l’occasion de connaître, qui bouleversait son âme et son sommeil, jusqu’à son appétit pourtant devenu légendaire au sein de la Tribu.

Tomber amoureux apportait son lot de tracas ; bien sûr il y’avait l’éblouissante sensation qui donnait l’impression de flotter au-dessus de ses semblables, et de voir le reste de l’univers comme des ombres floues et sans importance ; mais à cet incroyable sentiment de légèreté s’ajoutait l’écrasant fardeau de l’inquiétude, l’ombre de colère chargée de menaces qui accompagnait l’ardente affection que l’on éprouvait pour quelqu’un. Car malgré le ton désinvolte, malgré les paroles rassurantes, Percy, à l’évocation des vestiges des blessures qui avaient meurtri les bras délicats de son amie, frémit d’une rage qui ne demandait qu’à s’éveiller, tandis que son cœur s’alourdit d’une culpabilité sans nom. Percy était toutefois rassuré qu’à la frayeur de cette nuit d’enfer ne s’était pas abattue sur la jeune rousse la foudre de la maquerelle qui l’hébergeait. Alors qu’elle désignait son avant-bras droit, tout en expliquant à Percy qu’il s’agissait uniquement d’une égratignure un peu plus tenace que les autres,  le jeune homme, d’un geste instinctif, lâcha une de ses mains pour saisir le poignet qui portait encore une ultime trace de leur nuit d’horreur commune, dissimulée sous le coton vert d’eau de la robe d’été de la jeune rousse.

- Ces monstres…n’auraient jamais dû…te toucher…C’est ma faute…

La culpabilité resurgissait, écrasante, insoutenable. Les paroles rassurantes d’Indianna n’y changeaient rien. Comme à son habitude, il savait qu’elle tentait de le protéger, et il savait aussi que les douces chimères qu’elles prononçaient n’étaient pas la réalité. La stupidité et l’inconscience notoires du jeune roux avaient délibérément mis la vie d’Indianna en danger. Un frisson glacial lui parcourut l’échine à l’idée que sa douce amie ait pu succomber à cette tragique aventure. Jamais Percy ne se serait remis d’une telle perte, causée par son incommensurable sottise qui plus est. Elle ne lui en voulait pas, bien au contraire. Elle rejetait la faute sur elle, sur sa curiosité maladive, sur l’adorable manie qu’elle avait de vouloir sans cesse protéger les gens qu’elle appréciait. Mais soudain, la fin de sa phrase sembla mourir sur les lèvres fines tremblotantes d’émotion, et Percy, pour la première fois de son existence, regarda quelqu’un perdre ses mots devant lui. Quelle drôle d’impression pour le jeune homme maladivement timide, quasiment privé du don de la parole en présence d’une fille, que de voir, dans un inconcevable dénouement, cette situation s’inverser et admirer l’élue de son cœur les joues rosies, le regard baissé et la parole hésitante devant lui.

Leurs mains se serraient davantage, comme une étreinte nécessaire au courage qu’Indianna tentait de s’insuffler, courage dont pourtant elle ne manquait pas d’ordinaire. Mais quand vint l’aveu de la jeune rousse, prononcé tel un secret d’alcôve, Percy comprit cette réserve pudique, cette gêne soudaine si peu commune à la jeune fille naturelle et spontanée qu’elle était. Car elle lui avouait qu’elle l’avait suivi dans cette atroce épopée uniquement pour se joindre à lui. Et, lorsque les yeux d’azur clairs retrouvèrent soudain la hardiesse de plonger dans ceux de Percy, lorsque les lèvres crispées s’étirèrent en un franc sourire, ce fut à son tour de baisser la tête, dans l’expression de l’extrême pudeur qui l’avait toujours caractérisé. Mais après un tel courage de la part de sa douce amie, pouvait-il réellement se défiler, une fois de plus, sans occasionner une amère déception ? Ne pas relever cet élan d’affection serait comparable à de la goujaterie. D’autant que cet aveu transportait son cœur de joie, bien qu’il n’osait pas encore croire à une pareille chance. Il ne pourrait guère s’en tirer cette fois-ci par un silence gêné. Revigoré par l’étreinte de leurs deux mains enlacées, Percy leva les yeux. Et dans l’azur des prunelles qui le regardait comme si il était le centre du monde, le jeune homme sembla puisa une insatiable force, une puissance qui lui donnait des ailes, et il parvint, sans même bredouiller, à répondre à sa tendre amie, son regard fermement planté dans le sien :

- Et moi j’étais tellement heureux que tu sois là…Comme à chaque fois que tu es avec moi…Je n’avais même plus peur…

Le silence se chargeait de l’ambiance féerique désormais. Une brise mélodieuse sembla s’agiter délicatement au-dessus de leurs têtes, coupant la douceur des émotions qui unissaient leurs deux êtres à la brutalité impersonnelle de la foule compacte qui s’agitait devant eux. Plus rien n’avait d’importance désormais que ces doux yeux qui se dévoraient, dans une soif inextinguible de découvrir la moindre parcelle du visage de l’autre, et de ces mains qui se nouaient entre elles, comme liées par un irrépressible besoin de sentir la chaleur de la peau de l’autre pour pouvoir exister. Et ce doux moment, cette exquise interlude au milieu d’une foule qu’ils ne voyaient plus, qui avait paru une seconde ou une éternité, cet Eden pris fin d’une manière si brutale qu’elle semblait une insulte à la magie de l’instant ; un des nombreux passants invisibles la seconde auparavant, dans un accès de maladresse et de brutalité, percuta le pied d’Indianna, qui sursauta en regardant l’homme s’éloigner en grommelant. La magie était rompue. Percy réprima un mouvement d’humeur devant la réaction grossière du malotru qui avait osé briser l’étau si délicat aux confins duquel il se trouvait reclus, lui et Indianna.

Mais Indianna avait toujours ce chic pour rebondir d’une manière naturelle et insuffler à Percy la bonne humeur en quelques secondes, en quelques mots. Comprenant bien qu’ils ne retrouveraient pas l’intimité aussi délicieuse que soudaine qu’ils avaient vécu quelques instants auparavant, la jeune rousse lui proposait de s’occuper de ses petites emplettes, et d’emmener ensuite Percy dans un endroit de sa connaissance. Toute activité qui requérait la présence d’Indianna enchantait de toutes façons le jeune homme, aussi ne tarda-t-il pas à saisir l’opportunité au vol en répondant à son amie :

- Bien sûr…Allons-y, je te suis.

A peine avait-il eu le temps de fermer la bouche qu’Indianna l’entraînait dans la foule, se faufilant avec une habileté hors du commun, traînant un maladroit Percy par la main qui se cognait à des passants mécontents qui grognaient contre son empressement. Lorsque son amie fit une halte inattendue devant un stand de poissons, Percy n’osa pas lui dire que l’odeur épouvantable qui en émanait promettait plutôt un empoisonnement massif qu’un joyeux festin. Mais, à la grimace de sa jeune amie, il comprit qu’elle était du même avis et il eut un soudain éclat de rire en voyant sa moue dégoûté et son air décidé à repartir en trombe, aussi vite qu’elle s’était arrêtée. Soudain une mine connue apparut au milieu de la foule de visages qui défilait à toute vitesse. La poissonnière chez qui l’épouse de Saul allait souvent, qui vendait de bons produits à des prix raisonnables. Ne sachant comme arrêter Indianna dans sa course, Percy resta planté, immobile, serrant la petite main un peu plus fort pour qu’elle comprenne qu’il voulait lui dire quelque chose. Lorsqu’elle se retourna, Percy déclara :

- Allons ici, si tu veux…je la connais…

Lui désignant le petit étal qui ne payait pas de mine mais qui suffisait à leurs bouches de gens du peuple, Percy commença à entrainer son amie sans lui demander son avis, la présence dans la foule ne permettant pas qu’on s’y attarde…

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MessageSujet: Re: Percy ⊰ I’m still learning to love, with you. [Fini] Dim 7 Jan - 16:08


Percy Mortimer & Indianna Peters
Londres, fin mai 1891
Indianna semblait découvrir à chaque instant un nouveau Percy. Il était si complexe. Elle se plaisait à redécouvrir cet homme doux, un peu naïf et timide. Qui cachait en son fond l'âme d'un lion. Elle le ressentait sur ce regard qu'il lui portait. Peureux, presque honteux de cette blessure finalement plus légère qu'elle ne l'avait cru au premier abord. Ronger par une culpabilité qui n'avait pas lieu d'être, tenue en haleine par une rage qu'il exprimait par ses quelques mots compliquer à sortir. Mais il n'avait pas besoin de s'exprimer, elle lisait au travers de ses pupilles en feu. Cela la faisait presque rire, mais pas de ce rire moqueur, non, bien au contraire. De ce rire touché, de cette relation, de cette confiance et de cet attachement qui grandissait en eux. Car si lui était mécontent qu'on ait osé la toucher, elle l'était tout autant de savoir qu'il s'inquiétait tant pour elle. Elle n'en avait pas l'habitude et avait un peu de mal à l'accepter pour tout avouer. Elle avait forgé sa carapace avec le temps et les coups de bâton que le destin lui avait donnés. Car jamais Bolton n'avait levé sa main sur elle, elle avait crié, plus d'une fois même. Et son cri était effroyablement horrifique. Il la glaçait chaque fois, ce regard qu'elle avait parfois porter, elle n'osait que rarement la mettre en colère à cause de cela. Mais jamais au grand jamais elle n’avait posé violemment ses mains sur elle. Une chance sûrement. Une gifle avait manqué de venir claquer sa joue il y a peu... Le fameux lendemain de cette soirée horriblement angoissante. Mais elle n'était pas venue, et Indianna l'aurait compris. Il aurait accepté comme une preuve de cet attachement si espérée de sa patronne et presque mère. Mais elle n'était pas venue. Sa main élégante était restée le long de son visage alors qu'elle l'avait levée avec vivacité. Se fermant dans un poing, se contenant de la gronder sans plus de finesse. Peut-être la rousse aurait-elle finalement préféré la gifle.

Mais pour l'heure, Indianna tenta de calmer l'effroyable colère mitaine de son ami. Caressant la main où il posa sur son poignet blesser. Un regard attendrit, un sourire doux. Elle avait baissé le visage, ne pouvant le rassurer davantage de mots qui ne lui venaient pas. Perdue dans ses émotions vives qui faisaient tinter son cœur au creux de ses oreilles avec violence. Avouant avec honte ce sentiment qu'elle ne pouvait cacher plus, cette envie d'être avec lui encore et toujours criant trop fort à son cœur. Au risque de le mettre de nouveau mal à l'aise. Échangeant de nouveau les rôles, reprenant celui de la jeune femme hardie et certaine, regardant son visage moucheter de fines taches brunes plus adorables les unes que les autres se plonger dans une gêne qu'elle craignait pour la première fois. Serrant davantage ses mains sans s'en rendre compte, l'invitant à ne pas se défiler, à dépasser cela pour une fois, la seule. Son cœur se desserra alors qu'il releva ses yeux tout aussi bleus que les siens. Plongeant ses pupilles océans dans les siennes, le cœur de la rousse ne pouvait plus s'arrêter de battre de plus en plus fort, comme si jamais il ne s'arrêterait de raisonner au creux de son esprit. Et ses mots, elle aurait pu en mourir. Oui, elle aurait tellement pu mourir de cette vague de chaleur qui l'envahissait de ce bonheur qui grésillait dans son ventre. De ses papillons qui volaient dans son esprit, magnifique comme ce sentiment qui rougissait ses joues déjà écarlates. La magie semblait avoir pris possession de l'instant, comme un bulle formé autour d'eux. Impénétrable... Et pourtant. On brisa cet instant sans gêne sans délicatesse. Percy se renfrogna, mais Indianna ne voulait pas briser la magie, pas totalement, elle rebondit, sans plus réfléchir. Les docks étaient bondés, autant aller ailleurs ou dans un coin moins fréquenté. Et elle savait pertinemment où. Si leur bulle avait éclaté avec ce coup de pied qui l'avait fait sursauter. Elle voulait lui faire découvrir, peut-être un lieu qui lui tenait à cœur, un lieu comme une cabane secrète et discrète où jamais ils ne seraient jugés et dérangés.

Sans plus attendre elle avait entrainé le jeune homme dans la foule, sa faufilant tel un poisson dans l'eau au travers du courant. Elle s'était arrêter, ils avaient rit à l'unissons et elle était repartie, le trainant toujours avec une joie sans nom. Mais il s'arrêta, la stoppant avec une petite violence amusante alors. Elle fit volt-face et s'amusa de le voir planté, n'osant pas la brusquer par un hurlement ou un autre geste plus violent. Revenant sur ses pas et s'approchant de lui elle l'écouta, tournant vers son visage suivant ses paroles. Suivant, amuser ses pas qu'il menait avec une hardeur peu connu. Déliant leur étreinte un vague instant pour glisser ses doigts entres les siens dans une caresse plus intimes alors que le pas étaient moins presser. Arrivant devant le petite stand un peu miteux mais à l'odeur déjà plus agréable et une présentation plus chaleureuse que le précédent. Indianna ne tarda pas à demander les prix pour la commandes de Bolton. Ils étaient correcte, du moins pour les quelques pièces que sa mains libres faisait tinter dans la poche cousus de son vêtement. Payant sans attendre, lui restant même une pièce pour peut-être une gourmandise si l'occasion se présentait. Elle récupéra les poissons qu'elle mit soigneusement dans son panier, les entourant du torchon user qui avait jusque là sagement attendu. Un regard vers le jeune homme, le remerciant. Elle serra un peu de nouveau sa main dans la sienne.

« Merci Percy, c'est adorable, je retiendrais et reviendrais ici pour la prochaine fois. À mon tour de te mener dans un endroit que j'aime bien. »

Avec plus de calmes elle s'éloigna alors du stand. Il avait à présent le temps. Enfin pas trop non plus. I ne fallait pas que les poissons frais pourrissent sous la chaleur et le beau ciel que Londres offrait si rarement. Marchant ainsi côte à côte elle, se plaisait et s'amusait à détourner parfois le regard de sa marche festive et joyeuse. Pour se perdre sur les traits doux du visage de son ami. Sautillant presque au lieu de marcher elle le guida sans mal vers le fin fond des docks où les bateaux étaient encrés pour remorquages et autres réparations ou cargaison. Une grande porte s'ouvrait sur les docks, la marchandise et des immenses caisses de bois y entraient et en sortaient comme une danse étrange. Le bruit de la foule était loin, laissant place au cliquetis des mécanismes de poulie et autres, qui montaient des charges à bord de navires. S'arrêtant face à la grande porte ouverte, prête à les avaler entier.

« C'est ici, enfin, il faut entrer. »

Indiqua comme pour rassurer le jeune homme. Un regard à son égard et la voilà qui entre. Le lieu semblé réellement les avaler la vive lumière rassurante de l'extérieur se fait rapidement vaine pour trouver un lieu sombre, presque inquiétant. Mais cela n’inquiète en rien Indianna qui navigue entre les caisses qui attendent d'être embarqué, jusqu'à une petite porte dans le fond de l'immense salle d’entrepôt. Elle en pousse la porte de bois sans difficulté et laisse éblouir aux yeux du jeune homme une tout autre ambiance. Si la luminosité est faible encore à cause d'unique bougie parsemée ici et là pour seul éclairage. La chaleur humaine qui se dégage du lieu s’imprègne des cœurs qui entre ici. La rousse marque une pause à peine entrée, laissant la porte se refermer derrière eux.

« Je suis venue ici par hasard en me baladant, il y a quelques années. Et je me suis toujours senti bien ici. »

De nombreux sourires s'étaient tourné vers eux, une voix masculine les avait même accueilli d'un joyeux "bienvenu". C'était Arthur, c'était son nom, un homme d'âge mûr, il était vêtu d'un tablier blanc et servait de la soupe à quelques maigres âmes en perditions, qui sagement faisait la queue prête d'une table où trônait une énorme marmite fumante. On pouvait aussi voir circuler quelques femmes habillées de blanc, des infirmières qui faisaient leur ronde auprès de quelques pauvres personnes souffrantes ou juste fatiguer de la vie et malchanceuse. D'autres encore, homme ou femme lisait des livres à quelques bambins sagement assis dans le fond de la pièce qui ressemblait presque à une cave.

« J'aime venir ici. Parfois, j'aide à servir la soupe. Parfois, j'écoute moi aussi des histoires. Et puis parfois, je m'assois juste, prête à écouter quelqu'un qui en as besoin. »

Indique alors Indianna à Percy. Ce lieu un peu étrange, un peu hors du commun, où la solidarité n'est pas qu'un mot. Indianna s'y sens comme chez elle, comme à sa place. Elle lâche alors la main de Percy et l'invite à la suivre malgré tout vers Arthur qui sert la soupe. Demandant si elle peut aider. Il tend alors deux tabliers et un masque pour la bouche aux deux roux, heureux de voir quelques bonnes âmes s'intéresser aux plus malheureux
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MessageSujet: Re: Percy ⊰ I’m still learning to love, with you. [Fini] Mar 13 Fév - 10:03



I’m still learning to love, with you

« Les Docks »

Fin Mai 1891

Indianna suivit docilement l’avis de Percy et acheta sans discuter ses victuailles à l’étal qu’il lui avait timidement proposé. Quelle sensation étrange que cette confiance aveugle en son jugement qu’on avait toujours qualifié d’idiot, de naïf ou d’attardé. Le jeune homme avait la désagréable sensation qu’il serait néfaste à la jolie rousse de croire en ses divagations de pauvre être éberlué, même pour quelque chose d’aussi anodin que le choix d’une marchande de poisson. La flatterie, caressant son égo masculin existant malgré tout, subsistant au fond de son âme d’enfant, brisée par des années d’humiliation, aurait pu le rendre heureux, d’une joie pleine de virilité qu’ont les hommes ordinaires lorsque les femmes se laissent guider par leur choix et se réfugient sous leurs ailes protectrices. Mais Percy avait bien trop peu d’estime en lui-même pour se satisfaire de ce genre de flagornerie dont la gent masculine se délectait en règle générale. Il laissa sans fierté aucune Indianna commander sa marchandise à l’étal qu’il lui avait humblement proposé, uniquement heureux que sa stupide personne d’ordinaire inutile ait pu être d’un quelconque secours à son amie, aussi triviale que cette aide soit.

A peine quelques minutes après cet arrêt devant le stand familier de la tribu Berensohn, Indianna planta de nouveau son désarmant regard franc et plein de reconnaissance dans celui de Percy. Elle le remerciait bien chaleureusement, remerciements que le jeune Mortimer trouvait bien immérités pour une aide si quelconque. Toutefois ses sombres pensées s’envolèrent bien vite devant la charmante proposition de sa jolie amie, qui l’invitait au partage d’un lieu qu’elle affectionnait. Le cœur de Percy, cette fois-ci se gonfla d’orgueil, car il était de ce genre d’homme qui préférait recevoir des femmes des témoignages de tendresse plutôt qu’une obéissance passive. De nouveau il se laissa entraîner par la jeune fille au panier plein et à la bourse allégée, le visage rayonnant d’une joie sans nom, joie dont Percy ne parvenait pas encore à se persuader que sa petite personne était la cause. Sa grâce légère avait ce je ne sais quoi de féérique, semblant s’attarder au berceau rassurant de l’enfance et enjambant à pas précautionneux l’âge adulte, dans cette naissance de la femme qu’Indianna incarnait sans devoir s’en rendre compte. Sans doute n’imaginait elle pas le trouble qu’elle commençait à causer aux hommes, cette nymphe à l’innocence encore juvénile et au corps qui repoussait délicatement l’enfance déjà déchue de ses formes timides qui commençaient à poindre sous les modestes vêtements de coton.

Le jeune Percy, dont les brimades avaient, dans une sorte de refuge, dissimulé son âme dans une enfance tardive, ne comprenait pas réellement ce trouble qu’elle lui inspirait. Etant lui-même l’innocence même, comment se douter de ce qu’Indianna commençait à inspirer ? Pour lui elle était sa belle amie, à qui il était si heureux de tenir sa main frémissante, qu’il se contentait de regarder chastement, et n’espérant pas plus, ayant ainsi atteint l’apogée du bonheur, ne désirant rien d’autre que cette compagnie charmante et gracile, que cette main dans la sienne, que ces regards qui se dévoraient avec pudeur. Il laissa donc la jeune fille l’entraîner gaiement, se soulant de la voir gambader avec une attachante euphorie au beau milieu de la foule morne et pressée qui les piétinaient sans qu’ils ne s’en rendent compte. Le jeune roux la suivait sans mot dire, s’enfonçant de plus en plus au cœur des Docks, guidé par la main tant chérie en qui il avait confiance aveugle. Percy ne percevait qu’à peine ce spectacle étrange, industriel, presque monstrueux, de navires énormes, surhumains, immenses et à l’aspect si diabolique que l’on peinait à croire qu’ils étaient l’œuvre de l’homme. Leurs ventres se déchargeaient des tonnes de marchandises qu’ils transportaient dans d’énormes caisses de bois qui avaient flotté des kilomètres durant sur le paisible fleuve qu’était la Tamise.

Immobiles devant la porte de fer qui se tenait, grande ouverte, à leur disposition, Percy était soudain perdu dans la contemplation sinistre des monstres d’acier au grincement orageux qui remontaient de leurs titanesques bras d’airain les malles de bois sans un effort autre que ce bruit lugubre qui aurait réveillé un mort. C’est avec soulagement que la douce voix mélodieuse brisa cette terrible mélodie de machines et extirpa Percy de leur morne contemplation. Avec n’importe qui d’autre, Percy n’aurait guère pénétré cet antre obscur de gaieté de cœur, qui ne lui inspirait qu’une confiance très mesurée. Mais un regard d’Indianna, combiné à la douceur mélodieuse de sa voix, suffit à vaincre les ténèbres de l’endroit dans lesquels il s’enfonçait à présent avec une sorte de confiance aveugle et quelque peu candide. Le jeune homme suivait sans mot dire son amie qui naviguait lestement entre les caisses de bois, tentant quant à lui de ne pas empêtrer ses jambes maladroites dans ce chemin parsemé d’obstacles, véritable parcours du combattant pour l’étourdi qu’il était, mais qui semblait rehausser la grâce naturelle et insouciante d’Indianna. Enfin, au fond de cet immense entrepôt déshumanisé, la jeune fille s’arrêta devant une porte de bois qu’elle ouvrit sans hésitation aucune. Une ambiance totalement contraire à celle qu’ils venaient de quitter régnait dans cette pièce d’aspect chiche, pauvre même pourrait-on dire. La faible lueur d’une bougie éclairait cette salle modeste ainsi que les nombreux visages qui l’emplissait.

Ce lieu semblait un endroit de charité, repaire pour les nombreuses créatures en mal de pain, de soins, de chaleur ou même de contacts humains. Un homme au tablier blanc, portant sa bonhomie sur son visage, servait la soupe aux malheureux, tandis que quelques bonnes âmes en blouses blanches tentaient de soulager leurs maux. Percy regardait cet étalage de misère et de compassion avec un sentiment étrange de bien-être, comme si cet endroit avait vocation à soulager tout le malheur de Londres. Le jeune homme ne s’étonnait pas de ne pas connaître cet endroit, malgré ces semaines passées dans la rue, à se geler les os et à se contenter de pain rassis, lorsque la providence daignait lui en offrir. Activement recherché à cette époque, et toujours à présent, Percy, réputé stupide, ne l’était toutefois pas suffisamment pour risquer sa peau dans ce genre de lieux activement connus des réseaux de son père, et qui l’auraient tout droit mené dans un traquenard rondement mené. Il avait donc enduré le froid mordant, la faim dévorante avec une bravoure qu’on ne supposait guère chez ce simplet fragile, et n’avait pas cédé aux sirènes du réconfort d’une soupe chaude, d’un sourire ou d’une couverture.

Aussi lorsqu’Indianna lui expliqua que cet endroit lui faisait du bien, il comprit mieux que personne. Seuls les privilégiés, ceux qui chauffaient leurs os en hiver sous d’épaisses étoffes de laine, ceux qui mangeaient de la viande grasse et du pain blanc en abondance, étaient incapables de comprendre la bienveillance que pouvait inspirer ce lieu, le réconfort que dégageait l’odeur d’une soupe chaude, l’espoir qu’un sourire pouvait insuffler dans l’âme esseulée d’un malheureux qui a faim et froid. Certes la jeune rousse n’avait pas connu la rue. Mais elle faisait partie des démunis elle aussi, travaillant sans relâche à des tâches ingrates par tous temps, les mains dans l’eau glacée en hiver, trop peu vêtue pour affronter les intempéries londoniennes, se nourrissant juste suffisamment mais sans abondance, d’une nourriture maigre et peu savoureuse qui lui assurait juste sa subsistance. Aussi Percy lui adressa ce regard de ceux qui se comprennent et qui ont partagé les mêmes épreuves, et lui répondit, son regard plein d’empathie ne vacillant pas cette fois :

- Oui je comprends…Je ne connaissais pas cet endroit…Merci.

Il accompagna son remerciement d’un léger sourire, timide et reconnaissant, heureux de la confiance qu’Indianna lui témoignait. Il regardait ce spectacle comme attendri par les bonnes âmes qui faisaient la lecture aux gamins des rues, ceux qui semblaient se délecter de la soupe pourtant claire mais chaude qu’on leur offrait gracieusement, et aux autres qui se contentaient d’un peu de chaleur et d’humanité, deux luxes qui ne se trouvaient pas dans tous les coins de rue des bas-fonds londoniens. Lorsqu’Indianna expliqua à Percy qu’elle aimait venir aider les mains charitables qui œuvraient ici, en plus du labeur qu’elle supportait au quotidien, le jeune homme leva des yeux pleins de fierté vers celle qu’il ne cessait d’admirer chaque jour un peu plus, pour son ineffable bonté, pour sa nature insouciante, pour son âme d’une pureté virginale.

- Je t’aiderais volontiers, Indianna.

A ces simples paroles et à son grand désarroi, l’étau fragile qui unissait leurs deux mains se dénoua, et la jeune fille se dirigea vers le quinquagénaire aux cheveux gris et aux traits bienveillants qui servait la soupe. L’homme, avec un sourire ravi plein de gratitude, leur tendit des tabliers et des masques. Percy allait protester mais se ravisa. Non pas que servir la soupe aux miséreux l’ennuyait, non mais il avait bien peur que sa maladresse ne fit encore quelque malencontreux ravage…

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Percy ⊰ I’m still learning to love, with you. [Fini]

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