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EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY

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MessageSujet: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Ven 20 Oct - 14:09



Event hors-sujet n°1 - Remains of the Day.

« For no mere mortal can resist the evil of the thriller. »

31 Octobre 1891.

La nuit était déjà bien avancée quand vous vous décidez à vous glisser dans votre lit, ou du moins ce qui s’en rapproche. Vous êtes plus ou moins confortablement installé(e) et vous pensez que demain sera un autre jour, même si tous les jours se ressemblent. Cependant, malgré la pleine Lune dont la douce lumière blanchâtre venait caresser votre peau, quelque chose allait perturber votre sommeil étrangement profond. Si une fanfare passait sous votre fenêtre, vous ne l’entendriez même pas. Mais passons. La joue sur l’oreiller, vous vous abandonnez à Morphée, pensant passer une nuit comme les autres, sans rien pour venir la perturber. Cependant, vous vous trompiez. Dans votre sommeil, des images commençaient à se dessiner, d’étranges silhouettes pourtant aussi effrayantes que familières. Vous n’en tenez pas rigueur. De toute façon, vos yeux ne sont pas encore bien adaptés et vos paupières sont tellement lourdes qui vous ne pouvez les maintenir que quelques secondes ouvertes, comme si votre corps voulait que vous gardiez les yeux fermés. Incapable de voir ce qu’il se passait ni de ressentir quoique ce soit, vous vous laissez faire, n’ayant pas d’autre alternative pour le moment. Pour les plus couards d’entre vous, les tentatives de réveil forcé étaient vaines.

Finalement, vos pieds touchèrent le sol et vos paupières acceptèrent enfin de s’ouvrir de façon décente. Vous pouvez désormais distinguer votre environnement : un vieux village anglais apparemment désert. Il faisait noir, vous ne pouviez pas voir plus loin que le bout de la rue. Tout semblait ne plus exister, tout simplement, au bout d’une centaine de mètres. Les pavés s’enfonçaient dans les ténèbres, indiquant clairement que votre chemin n’était pas dans cette direction. Une épaisse brume s’élevait de terre, flottant dans l’atmosphère, créant parfois d’étranges apparitions pour votre pauvre regard. Si les couleurs semblaient avoir abandonné l’extérieur, ce n’était pas le cas d’une bâtisse à l’angle d’un croisement, d’où s’échappait par les fenêtres une lumière entre le jaune et le vert. Pour les yeux les plus perçants, vous pouvez lire le nom du pub : The Headless Horseman's Pub. Constatant que vous étiez bien seul dans ce village, avec pour seule compagnie dans ses rues que le brouillard dense et l’ombre menaçante d’arbres sans feuilles, peu de choix s’offrent à vous : vous pouvez très bien rester dehors, dans les rues aux pavés humides et gris, ou vous dirigez vers la seule source de lumière. Ou bien, foncer tête baissée dans les ténèbres, mais cela est fortement déconseillé.

Pour les plus sensés d’entre vous, derrière les portes du bar que vous aurez poussées, vous trouverez en train de baigner dans cette étrange lueur verdâtre des gens. Mais pas n’importe lesquels : certains étaient bien pâles, grisâtres. D’autres avaient les yeux injectés de sang, une marque de corde autour du cou. Sur votre droite, un homme qui tenait sa tête sous le bras discutait visiblement avec une femme calcinée. Tous bougeaient et s’exprimaient de la plus normale des façons, comme dans un vrai pub. Après tout, tout cela paraissait parfaitement réel. Même votre présence ne sembla pas les déranger, bien que vous n’apparteniez pas au même monde qu’eux. Un coup d’œil derrière votre épaule et vous pouviez constater que vous n’étiez plus le seul vivant parmi les macchabées du pub. Un homme d’un certain âge s’approcha de vous, un sourire chaleureux aux lèvres. Il donnait l’impression d’avoir des os brisés un partout dans son corps et son crâne avait un renfoncement pour le moins inquiétant. Il regarda votre petite bande de vivants un peu perdus dans la Mort, conservant son sourire. Il dit alors d’une voix claire et parfaitement limpide :

— Bienvenue parmi nous. Quelle votre histoire à vous tous, pour que vous arriviez tous en même temps ? Un accident ? Un incendie ?

Il sourit et tendit une main vers la première personne du groupe.

— Je me prénomme Henry Ravenswood. Enfin prénommais, puisque je suis décédé.

Son sourire s’élargit un peu plus, dévoilant ses dents, serrant avec force malgré ses doigts tordus, les doigts du premier venu. Il fronça alors les sourcils.

— Mais… Ma parole, vous n’êtes pas mort… Vous êtes chaud.

Une femme qui toussait fortement et qui tenait une peluche entre ses mains, avait suivi Mr. Ravenswood et regardait avec curiosité votre petit convoi de cœurs battants. Ses yeux se posèrent sur l’un d’entre vous en particulier.

— Dick…? fit-elle d’une voix enrouée.

Mettre une explication rationnelle sur ce qu’il se passait actuellement aurait donné un mal de crâne en plus philosophe d’entre vous. Les occupants du pub avaient déjà arrêté leur conversation et leurs festivités pour mieux vous épier, tout aussi curieux que vieillard tordu et la femme qui continuait de cracher ses poumons.
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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Ven 20 Oct - 15:53



EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY

« ... »



« Viens Lord Sawyer! Hop! » Fit le jeune homme en tapant vigoureusement sur le vieux matelas de son lit afin de faire comprendre à son basset de venir le rejoindre. Lord Sawyer obéit immédiatement et vint se blottir contre le torse nu de son maître, comme il le faisait toujours. Dick sourit en grattant le ventre dodu de son chien et ferma les paupières, épuisé par sa journée de travail. « N’était-elle pas ravissante aujourd’hui… » Dit-il d’une voix endormie alors que le sommeil le gagnait déjà…

Dick avait l’impression qu’il venait de fermer les yeux lorsqu’il ouvrit subitement les paupières sur un village anglais qu’il ne connaissait pas. « Où sommes-nous Lord… » Il se tut, s’apercevant que son brave compagnon canin ne l’accompagnait pas. « Lord Sawyer? » Le fossoyeur se mit à jeter de brefs regards dans toutes les directions; il devait rêver, mais tout lui semblait si réel… Haussant les épaules, convaincu de rêver, Dick se mit à marcher vers une unique source de lumière. En approchant, le jeune homme dû plisser les yeux afin de déchiffrer l’écriteau du bâtiment d’où émanait la lumière : The Headless Horseman's Pub. « Même en rêve ma vue n’est pas très bonne… » Murmura le gardien du cimetière pour lui-même en poussant la porte de la taverne.

Ce rêve était si étrange… Dick ressentait chacune des sensations physiques que lui procurait l’exploration de ces lieux inconnus : l’humidité du brouillard, l’odeur familière de la pierre, la texture de la porte en bois, le courant d’air que son ouverture produisit et finalement, les frissons qui parcoururent son échine lorsque son regard se posa sur les gens qui se trouvaient à l’intérieur du pub. S’il n’était pas convaincu d’être au beau milieu d’un rêve, Dick aurait certainement hurlé d’effroi en voyant tous ces gens morts (puisque cela était une évidence) vivre comme si de rien n’était. Personne ne semblait remarquer sa présence et doucement, Dick recula d’un pas, mais son dos heurta quelqu’un. Il se retourna alors, probablement pour s’excuser, mais remarqua alors que derrière lui se trouvaient des visages connus et semblant être bien vivants. « Qu’est-ce que… »

« Bienvenue parmi nous. Quelle votre histoire à vous tous, pour que vous arriviez tous en même temps ? Un accident ? Un incendie ? »

Sursautant, Dick se retourna pour faire face à l’homme qui venait de s’adresser chaleureusement à lui et au petit groupe de vivant derrière lui. Ne sachant que répondre, le gardien du cimetière demeura silencieux et l’homme au corps brisé et au crâne défoncé  poursuivit en tendant une main dans sa direction : « Je me prénomme Henry Ravenswood. Enfin prénommais, puisque je suis décédé. » Ravenswood… Dick sentit son cœur battre plus fort à l’annonce de ce nom; confirmant qu’il était bel et bien vivant et que ce rêve devenait de plus en plus étrange. « Je suis Dick Fusslebottom… » Dit-il poliment en serrant la main de l’homme qui lui écrasa presque les doigts; cette sensation aussi, Dick la sentie… Étonnamment, l’homme paru surpris de la chaleur de la main du fossoyeur et lui en fit la remarque. Aussitôt, le fossoyeur rit nerveusement : « Je suis bien vivant, croyez moi et… », mais il ne put terminer sa phrase : son regard venait de se poser sur une silhouette derrière monsieur Ravenswood.

« Dick…? »

Elle était là, devant lui. Pendant des années, Dick avait prié pour revoir ce visage si doux, entendre le son de sa voix et maintenant qu’il l’oubliait pour ouvrir son cœur à une autre jeune femme, Margaret était là. Le regard du jeune homme se couvrit d’un voile de larmes alors qu’il sentait son cœur explosé sous l’émotion : « Margaret… » Contournant l’homme à qui il venait de serrer la main et oubliant les vivants derrière lui, Dick se dirigea tout droit vers la femme qu’il avait aimé plus que sa propre vie et qui était décédée quelques années plus tôt. La pauvre, qui était morte d’une infection pulmonaire, toussait à s’arracher les poumons, mais Dick ne craignait pas d’être contaminer. Lorsqu’il fut à sa hauteur, ses mains se posèrent sur les joues grises et froides de Margaret et un faible gémissement sorti de sa bouche alors qu’il réalisait qu’elle n’avait rien de la Margaret pleine de vie qu’il avait connue et aimée. Des larmes chaudes coulaient maintenant sur ses joues roses de vivant : « Margaret… » Répéta-t-il, la voix brisé par les sanglots qui secouait maintenant ses épaules. Ne sachant combien de temps allait durer ce rêve et combien de temps qu’il lui restait en compagnie de la jeune femme, Dick déposa son front contre celui de la belle, descendant ses mains vers son dos pour la serrer contre lui. Margaret toussa à nouveau. Le jeune homme redressa la tête et déposa un tendre baiser sur le front de la morte, comme si cela pouvait l’empêcher de se cracher les poumons. « Chut… Je suis là maintenant… »


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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Sam 21 Oct - 9:37



Event hors-sujet n°1 - Remains of the Day.

« IT'S OFF THE HELL WE GO. »

Quelque part, 31 Octobre 1891.

Felix se souvenait vaguement d’être parvenu à fermer les yeux assez rapidement, son épouse blottit dans ses bras. Une scène parfaitement normale dans le quotidien des Adler si l’horloger insomniaque ne s’était pas assoupi presque instantanément. Il n’allait pas s’en plaindre. Dormir était un pour lui un luxe rare comme en témoignait ses cernes qui faisaient constamment le tour de ses yeux. Mais son repos fut de courte durée : ses pieds touchèrent le sol froid. Il regarda sous lui et vit les pavés d’une rue. En inspectant autant de lui, il remarqua qu’il était dans une ville bien lugubre qui ne donnait pas du tout envie de rester dedans. Las, il poussa un petit soupir, s’attendant à voir des monstres hideux surgir d’un coin sombre, ou de voir d’autres choses atroces où sa famille était forcément concernée. La plupart des rares nuits complètes que Felix faisait étaient rythmées par d’effrayants cauchemars, l’obligeant toujours à se réveiller à sueur et agité, réveillant Amy au passage. Dire qu’il était fatigué de tout ceci était certainement le mot le plus adapté. Mais malheureusement, il ne pouvait que subir une nouvelle fois. S’il était cette fois-ci conscient qu’il rêvait (du moins il croyait), il ne savait pas s’il avait de l’emprise sur ce rêve.

Il remarqua alors de la lumière, provenant d’un pub. Ce n’était pas vraiment le genre d’établissement que fréquentait Felix, n’aimant pas les grosses foules confinées. Cependant, il comprit bien qu’il n’aurait rien de plus intéressant dans la rue. Et puis, comme il rêvait, que pouvait-il risquer ? Il s’avança donc et poussa la porte. Là, il vit des gens apparemment morts mais en bonne santé. Enfin du moins, certains ne pouvaient tout simplement pas vivre dans leur état. Il soupira une nouvelle fois. Les voilà les fameux monstres de son cauchemar. Comme quoi, ils n’étaient pas bien loin. Il paria avec lui-même que dans cette foule de cadavres vivants, il y aurait sa femme et ses enfants, défigurés et dépecés. C’était ainsi que ses cauchemars se passaient. Restant cependant à la porte d’entrée pour pas trop s’avancer, il entendit une femme tousser fortement qui se rapprocher de lui. Il tourna la tête et vit que ladite femme était précédée d’un vieil homme qui s’adressa à « eux ». Felix remarqua à l’instant un homme assez jeune, de dos, légèrement plus en avant que lui. Il se retourna et vit qu’il y avait maintenant une foule de vivants derrière lui.

Il fit une grimace, commençant déjà à se sentir mal à l’aise. Être encerclé par des inconnus, certains morts, d’autres apparemment vivants, lui était déjà insupportable. Ce rêve prenait une tournure étrange mais cela ne faisait qu’accentuer son cauchemar, l’horloger souffrant d’une ochlophobie sévère. Pour l’instant sa tête ne tournait pas encore, évitant de penser que les vivants bloquaient la sortie et donc la potentielle bouffée d’air. Il avait brusquement baissé la tête et s’était décalé sur la droite, là où il n’y avait pas encore trop de monde au mètre carré. Il jeta rapidement un coup d’œil à l’homme qui semblait s’appeler Dick qui s’était déjà précipité dans les bras de la femme qui toussait. Pour être honnête, Felix n’avait pas écouté ce qu’il se disait autour de lui. Il essayait juste à rester calme pour l’instant, les yeux rivés sur ses pieds, jouant plus que nerveusement avec ses doigts qu’il se tordait, nerveux. Puis, tout à coup, il sentit une main se poser sur son poignet. Une main dont il manquait trois doigts et une partie de la chair sur le poignet. Felix releva les yeux vers le propriétaire de ce bras et vit un vieillard à qui il manquait une partie du visage.

— Ça va petit ?

L’horloger eut un instant d’absence, ne pouvant s’empêcher de fixer l’endroit où manquait le morceau de crâne du mort et hocha la tête, ayant du mal à déglutir, haussant un sourire pour contenir son haut-le-cœur. Il aurait fait l’effort de répondre un « et vous » courtois, mais il estima que c’était finalement parfaitement déplacé comme remarque. Il essaya donc simplement de sourire et regarda de nouveau ses pieds quand le mort lui lâcha le bras. Inutile de dire que le cœur de l’horloger tambourinait dans sa poitrine.
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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Sam 21 Oct - 12:24



Event hors-sujet n°1 - Remains of the Day.

« Suddenly
Out of breath
What is this ?
Is this death ? »


... - 31.10.1891

Un nouveau soir, une nouvelle nuit passée chez O’Farrell. Les acrobaties, les applaudissements, ces « oh ! » et ces « ah ! » qui ne la touchaient plus depuis longtemps, Léonie s’en était faite une raison. Pire encore ; elle s’en était faite une routine. Ainsi, chaque jour, c’était la même chanson. Le travail derrière les coulisses, le travail sur scène. L’entrainement, le spectacle. Et puis, le sommeil -pour peu que la nuit soit clémente. C’était tout. Si elle voulait qu’un autre évènement vienne ponctuer son quotidien, elle devait le provoquer elle-même. Bien sûr, c’était également à elle d’en subir les conséquences par la suite. Et elle le faisait ; elle répétait ce que l’on lui avait maintes fois défendu, commettant encore et encore la même erreur avec l’espoir qu’un jour, les choses viennent à changer.
Mais ce jour n’avait pas été aujourd’hui. Cette fois encore, Léonie se couchait épuisée, n’ayant ni la force de songer à sa colère, ni d’avoir la mort dans l’âme. Demain, tout recommencerait. Voilà tout.

Et pourtant, cette nuit-ci se distingua de toutes les autres. Si le sommeil de Léonie était habituellement assez profond -surtout les soirs où elle donnait une représentation-, elle dormait généralement d’une seule traite, ne se réveillant que rarement au milieu de la nuit, surtout pour ne pas se rendormir de suite.
Cette fois-ci, elle émergea du sommeil avec une bien drôle de sensation. Elle était toujours vêtue de son costume de scène et de son maquillage ; elle s’était endormie aussitôt après s’être jetée sur son lit en rentrant. Si elle s’était réveillée, c’est parce qu’elle avait été prise de l’étrange sensation de ne s’être jamais endormie. Une vie macabre semblait s’agiter dans son esprit assommé, réalisait-elle seulement qu’elle dormait toujours ? Ou alors, ne dormait-elle vraiment plus… ?
Cette confusion la fit froncer les sourcils. Plusieurs fois, sans doute. Ses longs cils sombrement maquillés se mirent à battre comme les ailes d’un papillon, et bientôt, sa vision s’éclaircit plus-ou moins. Tout était sombre. C’était donc toujours la nuit ?

Mais le cadre qui l’entourait avait lui aussi changé. Elle n’était certainement plus chez O’Farrell -elle était dans un vieux village anglais. Elle n’avait jamais mis les pieds dans un lieu pareil, qu’était-ce donc que cela ?
De plus, la jeune trapéziste n’y voyait pas grand-chose. Entre le vieux bois et cette humidité anglaise qu’elle haïssait tant, elle ne vit pas grand-chose ; l’horizon s’emblait s’enfoncer dans de bien lointaines ténèbres. Cela la fit frissonner. Une fois de plus, les « pourquoi ? », les « que ? » et les « comment ? » venaient lui retourner la tête. Qu’était toute cette mascarade, enfin ? Encore un rêve ? Léonie ne rêvait pas. Elle avait passé l’âge de rêver, de s’imaginer des histoires afin d’apaiser son sommeil. Ça, c’était autre chose, et cet incertitude l’agaçait autant qu’elle l’impressionnait.

La lumière du Pub qu’elle aperçut au loin eut le don de la surprendre, et sans se poser d’avantage de questions, elle s’y précipita comme un papillon attiré par une unique lueur de clarté. Mais ce qu’elle vit en poussant les portes de ce Headless Horseman's Pub dont elle n’avait pas lu le nom, ça l’immobilisa instantanément au seuil de l’entrée. On aurait dit un spectacle d’horreurs. Les gens n’y ressemblaient plus à des gens ; à croire qu’un concours du plus immonde avait eu lieu. Il y en avait dont les corps étaient ouverts, brisés, et d’autres qui n’avaient plus tous leurs membres. Si l’on se soulageait de voir quelque personne décente, on déchantait bien vite lorsqu’elle se retournait vers vous avec ses yeux imbibés de sang au point de ne plus réellement être des yeux.
Mais Léonie n’était pas seule à avoir récemment mis les pieds dans ce lieu sans queue ni tête, qui derrière ses inexplicables clients, avait tout d’un pub plus-ou-moins normal. Devant elle, un homme, un jeune homme qui s’avéra être prénommé Dick, s’était fait aborder par un certain Henry Ravenswood.

« Bienvenue parmi nous. Quelle votre histoire à vous tous, pour que vous arriviez tous en même temps ? Un accident ? Un incendie ? »

Cette question la fit reculer d’un pas. Les yeux écarquillés et le corps tendu, Léonie avait écouté le bref échange entre ces deux hommes dont l’un était mort, et l’autre vivant. Absurde. C’était n’importe quoi. Mais…
Il faut croire que trop, c’était trop. Entre le son des toux douloureuses et des os craquants qui résonnaient dans sa tête et la vue de ces hommes et ces femmes qui n’étaient plus vraiment des hommes et des femmes, Léonie eut encore une fois, le réflexe de se reculer. Pourtant, elle était bien la première à toujours s’avancer sur le devant de la scène, ou sur le devant de la conversation. Mais là, tout s’était retourné.
Près d’elle, un homme se fit aborder par un bien drôle de personnage -mais elle ne lui trouva rien de drôle. Alors elle recula une fois de plus, puis encore, et à grands pas. Mais quels ne furent ses regrets lorsque, alors qu’elle osait espérer une échappatoire, elle se heurta à son tour à quelqu’un. Son sang se glaça, et elle crut que son cœur aurait pu s’arrêter. Mais au lieu de cela, il se mit à se battre à la chamade, plus vite qu’après n’importe quel effort physique.
Léonie se retourna d’un bond, sa bouche rouge cherchant à articuler quelque confusion sans réellement y parvenir. Ce qu’elle vit devant elle, c’est un homme. Un homme en magnifique costume abîmé par quelques tâches de sang superflues.
Léonie commit une seconde erreur -celle de relever les yeux vers le visage de ce mort-vivant plus mort que vivant qu’elle avait heurté. C’est la vue de ce visage qui parvint à lui arracher une exclamation de surprise, un « ah !» étouffé, car derrière les plaies et les cheveux décoiffés, elle était certaine de voir une figure dont elle pouvait presque se souvenir.

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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Dim 22 Oct - 11:19



Event hors-sujet n°1 - Remains of the Day.

« Une chimère vole le plaisir du quotidien »

Quelque part, 31 Octobre 1891.

La fin de l'année se faisait sentir par les nuits de plus en plus fraîche et le jour de moins en moins long.
Après une journée des plus banale à avoir navigué dans la mer urbaine de la ville, la jeune Jenny avait une fois de plus passé la soirée avec certains compagnons de la Tribu dans l'aura réchauffant d'un bon feu.
Cette chaleur réconfortante, faisant du bien aux membres engourdi de l'adolescente, pourrait être à l'origine de la fatigue inexplicable de ce soir là. Elle n'avais pourtant pas fais quoi que ce soit d'exceptionnellement fatiguant mais autant couper court à cela pour ne pas ressentir le froid nocturne dans la couvertures des chimères.
C'était avec le plus grand des soulagements que le matelas accueillant ouvrait ses draps pour ouvrir le monde du repos, qui ne tarda pas à faire son arrivé. En effet, une minute s'était à peine écoulée après avoir combattu pour se coucher que les paupières se couchèrent sur les globes oculaire surplombant des petites cernes.

Au réveil, l'atmosphère s'était montrée bien étonnante. La nuit pointait encore le bout de son nez tandis que la cambrioleuse était adossée à un mur lorsqu'elle ouvrit les yeux. Aurait-elle succombé à un aliment peu frais lors du dîner pour la rendre dans un état somnambulique le temps d'une journée entière ou étais-ce pire que ça ?
Jenny avait dû fortement marcher dans ce cas, elle ne reconnaissait pas cet endroit de Londres et le brouillard d'automne n'aidait en rien. La jeune fille avait beau se frotter les yeux pour remettre d'aplomb son regard ainsi que son esprit, il était encore difficile de ce repérer mais avança tout de même. Une nuit dehors elle en avait l'habitude, encore fallait-il qu'elle sache dans quel buisson dormir en toute quiétude si elle devait s'y résoudre.
Les gambettes musclées par les courses du chats et la sourie lui permettais de marcher sans trop chanceler sur les vieux pavés. Ainsi, au bout d'une dizaines de minutes à essayer de se repérer par-ci par-là, une lueur d'espoir naquît enfin. De tous les lieux qui existaient dans ce monde, le destin avait décidé que ce serais un pub, le territoire de toutes les rencontres possible et imaginable.
La contrée de la nourriture et de la boisson aussi, il est important de noter ça pour Jenny. Elle sentais un petit creux dans son estomac d'ailleurs. Enfin... Jenny sent toujours un petit creux dans son estomac. Et sa langue était toujours en quête d'une boisson, que ce soit thé, café, bière, eau ou gin. C'était donc avec motivation qu'elle poussait la porte d'entré.

La décoration du lieu laisserait à désirer, ce qui laissa songeuse la voleuse. Elle devait être bien plus loin qu'elle ne l'aurais pensée de la contrée de la Tribu. Par contre, les fêtards encore présent n'étais pas si originaux que ça, ils avaient l'air sous l'effet de la boisson et leur joie n'étonnait pas plus que ça l'adolescente. Pour avoir trimballée son vécue dans quelques pub certain hivers, la voleuse avait déjà vu passer tout un type de personnage haut en couleur.
Elle commença à se diriger vers le comptoir, les yeux encore quelque peu plissé pour s'habituer à l'éclairage de l'endroit tranchant avec le noir ténébreux de l'extérieur. Le regard encore trop dans le brouillard pour distinguer concrètement les clients buvant autant leur joie que leur verres, la crocheteuse pouvait s'estimer victorieuse de ne pas se prendre les pieds dans le tapis avant d'atteindre le bois vernis du comptoir.

Lorsque enfin Jenny pu poser ses fesses sur un siège, elle plaça son visage entre ses mains pour mieux se réveiller avant de commander quoi que ce soit lorsqu'une phrase attira son attention. En relevant son regard, il était question d'un vieil homme qui s'étonna finalement autant que Jenny. Être assise lui permettais enfin de mieux appréhender la situation sous un angle neuf et prendre conscience que les fameux joyeux buveur avait un profil quelque peu déroutant. S'il n'y avais pas eu le siège pour maintenir la plus jeune personne de l'endroit, elle serait tombée à la ramasse très rapidement.
Faisant naviguer son regard parmi la populace présente, remarquant certain à la peau douteuse ainsi que d'autre au teint plus naturel et plus réconfortant, Jenny se fît la réflexion qu'une gorgé d'alcool fort lui serait d'un grand secours.
Pendant que la plupart des clients déroutant continuaient à jacasser entre eux tandis que les plus normaux clignaient des yeux à répétition laissant l'esprit de la membre de la Tribu au placard, elle distingua que le premier d'entre les plus ordinaire client du pub se rapprocha d'une femme à l'allure étonnante. Cette femme recevant un tendre baiser de l'homme retenant des sanglots, elle avait un objet particulier dans ses mains. Un objet ayant une fourrure brune, deux petites jambes, deux petits bras dont l'un était partiellement déchiré et du coton dépassant, avec un sourire innocent destiné à partager une confiance aux plus démunis.

-M'sieur Nounours ?
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Si vous êtes impliqués dans ma douleur, et que vous n'êtes pas effrayés, alors vous ne comprenez rien.
Pour votre bien, comprenez ceci : je suis Jenny. Je viens vous voler et jamais, jamais, je ne m'arrêterai.
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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Dim 22 Oct - 15:10



Event hors-sujet n°1 - Remains of the Day.

« IT'S OFF THE HELL WE GO. »

Quelque part, 31 Octobre 1891.

La nuit n'avait tardé à tomber, alors que le corps d'Amy se reposait des fourbures de la journée, se calant dans le creux de son mari. Le rythme de son souffle dans son cou lui faisait un plaisir incroyable, la soulageant de tous les problèmes de sa journée pour ne plus être qu'à cette instant précis, là où elle devait être. Rien ne pouvait être plus parfait dans l'univers alors qu'elle sentait son esprit doucement partir dans les limbes du sommeil réparateur. Elle espérait que son mari ait pu en faire autant, lui qui avait souvent tant de mal à s'endormir. Mais rapidement la couturière n'eut même plus assez de force pour réfléchir à tout ça, et dans sa belle et longue nuisette elle s'endormit...

...pour aussitôt se réveiller sans comprendre ce qu'il lui arrivait. En tout cas était-ce l'émotion qui lui prenait au coeur. Amy avait l'impression de s'être réveillée, mais elle avait encore dans la tête les vapeurs de sa fatigue, une sorte d'illusion devant ses yeux grands ouverts qui lui firent comprendre qu'elle n'était que dans un rêve particulièrement réaliste. En tout cas l'espérait-elle, car en plus de cela, elle se trouvait toujours dans sa longue robe de chambre -l'une des rares qu'elle possédait de pudique. L'air autour d'elle ne semblait ni froid ni chaud, comme si tout s'était éteint. La jeune femme pouvait pourtant toujours respirer, mais avec cette étrange impression d'étouffement comme si l'air était brûlant. Se mordant les lèvres avec une profonde inquiétude, n'ayant encore jamais fait de rêve aussi lucide de sa vie, elle avança dans ce nouvelle univers. La brume et les ombres qui rôdaient autour d'elle la terrifiaient, la faisant trembler de tous ses membres alors qu'elle s'approchait du seul endroit un peu éclairé de ce glauque univers: The Headless Horseman's Pub. Si elle était dans un rêve, personne ne lui en voudrait de boire un petit verre. Il lui semblait en avoir grandement besoin à l'heure actuelle, tant tout semblait si horriblement réelle. Amy se retrouve pourtant rapidement au milieu d'une foule de gens, dont elle connaissait parfois uniquement de vu certains visages. Ils semblaient tous comme elle, perdus. Les avait-on kidnappé pour les faire participer à quelques terrifiants jeux de sang et d'esprit ? Le sang pulsait dans le coeur de la jeune femme, cette dernière tentant maladroitement de se mettre sur la pointe des pieds pour voir au delà des épaules bien portantes.

De l'autre côté, des êtres immondes, toussant, parfois manquant des parties de corps, des peaux brûlés et de véritables cadavres marchant, des flaques d'eau poisseuses sortant de leurs membres noyés. Ils ne semblaient pourtant pas malheureux, certains s'en donnaient à coeur joie de chanter quelque chanson d'alcool dans le pub; on ne pouvait qu'entendre vaguement leurs voix. Et bien que l'on put capter quelques regards mélancoliques, ce fut un vieil homme qui vint les acceuillir avec un regard luisant. Il semblait normal, mais après quelques secondes d'observations, Amy ne put s'empêcher de gémir de peur: il était tout aussi brisé que les autres. Elle qui avait voulu se mettre sur la pointe des pieds pour voir au delà des autres se faisait à présent toute petite derrière les plus grands de ses camarades. Avec ses ongles rouges, la couturière commença à se tordre la peau des bras, à se pincer avec violence pour tenter de sortir de ce terrifiant cauchemar. Des larmes vinrent au bord de ses cils, tandis qu'elle se donna un dernier coup violent du plat de la main sur le bras. Rien ne parvenait à la faire revenir dans les bras de son mari, elle se trouvait dans ce terrifiant cauchemar sans pouvoir  affirmer que cela en était un. Ses bras et ses jambes tremblaient à ne plus savoir quoi faire, tandis qu'elle se blottit à l'intérieur de ses propres bras.

Pourtant autour d'elle déjà la masse de vivants se séparaient, ils allaient tous voir certains morts qui leur semblaient connus. Amy ne voulait pas s'en approcher, elle restait à l'écart, regardant le sol avec un regard vide. Pourtant une petite voix lui fit relever légèrement la tête. Une femme d'un certain âge, mais qui n'était pas non plus au stade de grand-mère, la regardait avec un doux regard. Les larmes de peur qu'Amy était parvenu à retenir ne purent rester sobre davantage. La couturière fondit en larmes en se rapprochant de sa mère, lui prenant les mains et finissant par la prendre dans ses bras, ne voyant plus rien autour d'elle. Elle trouva pourtant l'énergie de calmer ses larmes pour lui dire en français:

- Maman... tu me manques tellement...

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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Lun 23 Oct - 11:20



Event hors-sujet n°1 - Remains of the Day

« Quelque part »

31 Octobre 1891

Lucy foulait de ses pas les pavés humides de Whitechapel, traînant avec peine la fatigue d’une nuit entière de labeur. Cette nuit sans lune ne dérogerait pas à la règle ; une fois de plus, la fille joie s’endormirait avant même d’avoir eu conscience que sa tête ait touché la paillasse rude qui faisait office de lit. Son sommeil lourd serait peuplé de songes atroces, d’hallucinations épouvantables, dont la prostituée ne garderait aucun souvenir au réveil, hormis une angoisse incompréhensible, des traits tirés et des cernes bleuâtres.

De fait, à peine avait-elle ouvert la porte de sa chambre exigüe que ses paupières s’alourdissaient déjà. Un instant, son estomac sembla se creuser, manifestant d’un râle sonore contre l’état de jeûne que Lucy s’imposait depuis plusieurs heures. L’intéressée posa une main lasse sur son ventre, jetant un œil lourd de sommeil sur la demi-miche de pain qui trônait sur la chaise bancale, unique mobilier de la vétuste chambre. Elle n’avait pas même le courage de s’alimenter. Autant conserver ce frugal repas pour demain, lorsque les forces pour attaquer avec vigueur sa nouvelle nuit de combat se révèleront indispensables. Pour le moment, la nourriture n’aiderait en rien un repos salutaire.

Sans même avoir pris la peine de se déshabiller, Lucy se jeta plus qu’elle ne s’étendit sur sa couche et ses paupières se fermèrent malgré elle, laissant déjà entrevoir les prémices d’affreux cauchemars, annonciateur d’un sommeil troublé et peu réparateur. Pourtant, la jeune rousse ne tenta même pas de lutter, si tant est qu’elle en ait eu la force. Les affres de son quotidien, jamais, ne l’empêcheraient de dormir. Elle était bien trop fatiguée. L’insomnie était l’apanage de ceux qui s’offraient le luxe de pouvoir s’ennuyer. Sa chute précipitée dans ce sommeil lourd, douloureux parfois, répondait à un besoin primaire, instinctif, qui découlait de la survie. Son corps répondait à un besoin élémentaire et lutter contre un irrépressible et aussi naturel besoin était un combat perdu d’avance, équivalant à tenter de se laisser mourir de faim devant une table chargée de victuailles.

Les yeux de Lucy s’ouvrirent soudainement. Ses pieds foulaient les pavés froids d’une ruelle, au bout de laquelle elle ne voyait rien. Les yeux plissés, malgré tous ses efforts et son talent de nyctalopie acquis lors de ses longues nuits de travail en pleine obscurité, la prostituée ne distinguait rien aux alentours, hormis la lueur chétive s’échappant de la fenêtre crasseuse d’une masure délabrée au sein de laquelle il semblait y’avoir quelque ambiance. Une pancarte surmontait l’établissement miteux, qui semblait être une taverne ou un pub. Plissant de nouveau les yeux, le regard perçant de Lucy put distinguer les lettres qui s’inscrivaient sur la pancarte de bois, sans toutefois parvenir à les déchiffrer ; elle n’avait encore reçu que trop peu de leçons de lecture de la part de son divin bienfaiteur pour parvenir à décrypter une inscription seule.

L’endroit ne lui disait rien qui vaille. Il répugnait à la misanthrope Lucy de se mêler à une salle remplie de monde et sans aucun doute d’hommes ivres et violents, de même que la prudence instinctive qui caractérisait toute prostituée quelque peu sensée l’empêchait de se retrouver au cœur d’un lieu ou une milice de police pouvait débarquer à tout moment sous un prétexte quelconque, une rixe, un contrôle de routine ou simplement pour se délecter d’une chope de bière pour fêter la fin de leur service. Mais Lucy grelottait. La brume épaisse, à couper au couteau, semblait vouloir l’étouffer, la priver des sens élémentaires tels que la vue qui lui permettrait de distinguer le lieu au sein duquel son sommeil l’avait projetée. La fille de joie était au moins certaine de ne pas se trouver à Londres. Même dans les tréfonds d’un quartier aussi misérable que Whitechapel, quelques lumières, bien que lointaines et chétives, se percevaient toujours à l’œil aguerri des gens de la nuit tels que Lucy. Cette sensation d’isolement total, de confinement forcé au sein de l’étau de brume qui l’enserrait de plus en plus avait de quoi angoisser la prostituée pourtant solitaire à l’extrême et accoutumée à des situations bien plus sordides.

Mais l’ambiance affreusement étrange de ce cauchemar semblait avoir transformé Lucy en statue de sel. Indécise, stupidement plantée au milieu d’une ruelle obscure, déserte et hostile, la rousse fixait l’unique source de lumière, consciente de son aura salvatrice. Tout au fond d’elle-même, elle avait déjà compris qu’il n’y avait rien à chercher dans cette ruelle glaciale, que quelque chose se jouait là-bas, et que ce hâlo de lumière, dardant avec insolence sa chétive lueur vers la silhouette frêle plongée dans l’obscurité, se voulait un appel à rejoindre la chaleur de la taverne. Aussi, grelottante de froid, secouant la tête devant cette lâcheté qui ne lui était pourtant pas coutumière, Lucy se dirigea vers la taverne.

Après s’être retrouvée projetée sous des cieux noirs d’encre voilés d’une brume épaisse, l’étrange lumière du pub, aux halos verdâtres quelque peu inquiétants, aveuglait presque Lucy. Elle cligna plusieurs fois des yeux, s’accoutumant vite à la lumière surnaturelle, et put enfin jeter un regard à la clientèle de la taverne ; elle découvrit avec un effroi sans nom un groupe de personnes qui discutait de manière tout à fait paisible. Cette réunion aurait pu sembler tout à fait normale si les participants en question ne présentaient pas d’horribles mutilations, un teint blanchâtre et des yeux vitreux. Aucun, pourtant, ne semblait souffrir. Les plaies ne saignaient pas, les membres arrachés ou brisés ne semblaient pas entraver les mouvements de ces cadavres ambulants. Un homme décapité tenait sereinement sa tête sous son bras, tandis qu’un homme au cou marbré de stries violacées, visiblement mort par pendaison, vidait sa chope paisiblement. Car, contre toute logique, il fallait bien admettre, n’en déplaise à l’âme cartésienne de Lucy, que ces gens étaient morts. Personne ne pouvait survivre la tête séparée du reste du corps. Mais aucune règle, aucune logique, aucune barrière n’avait sa place au cœur des songes.

Ce fut lorsqu’un homme, aux os et au crâne brisé, s’avança pour saluer la petite troupe qui s’était formée que Lucy s’aperçut de la présence d’autres humains autour d’elle. Leurs yeux exorbités, leurs traits déformés par la stupeur et l’effroi prouvaient à la fille de joie qu’elle n’était guère la seule à être complètement abasourdie par cet inquiétant et sordide spectacle. Pourtant l’homme qui s’avançait, aussi effrayante soit son apparence, n’était guère menaçant ; il salua chaleureusement le premier protagoniste de la petite bande, un jeune homme complétement interloqué par la situation irréaliste.

— Bienvenue parmi nous. Quelle votre histoire à vous tous, pour que vous arriviez tous en même temps ? Un accident ? Un incendie ?

Un instant, le sang de Lucy sembla quitter ses veines ; elle se souvenait simplement s’être endormie. Etait-il possible qu’elle soit morte ? Non, sans doute pas. Il s’agissait uniquement d’un cauchemar ; un cauchemar atrocement, étrangement réaliste, mais un cauchemar malgré tout. La preuve en était ce M. Adler, qui se trouvait dans la foule, et que la prostituée avait rencontré il y’a de cela plusieurs mois, et qui l’avait secourue elle et Indianna grâce à une coquette somme d’argent et le nom d’un de ses amis, médecin au St Bartholomew’s Hospital. Seraient-ils morts au même moment ? La coïncidence était peu probable, et la fille de joie n’avait aucun trou de mémoire concernant sa dernière nuit. Elle n’aurait pas oublié l’évènement qui aurait causé son décès. De toute évidence, son cerveau harassé, enivré des horreurs qui faisaient son quotidien, lui avait concocté un macabre cauchemar, ponctué de la présence de personnes qui n’avaient marqué sa vie que d’un bref et somme toute plutôt insignifiant passage.

Après s’être présenté, et après avoir bel et bien affirmé qu’il ne comptait plus parmi le monde des vivants, le vieillard au crâne brisé serra la main du jeune homme à la tête du groupe, puis ce fut à son tour d’être interloqué devant la chaleur de la peau de celui qui, tout comme Lucy, semblait être bien vivant et en bonne santé. Entendre le cadavre ambulant affirmer que la petite troupe n’était pas morte rasséréna sur le champ la fille de joie et son sang reflua quelque peu à ses joues devenues presque aussi pâles que celles des cadavres. Elle se détourna lorsqu’une jeune femme appela par son prénom celui qui tendu sa main au vieil homme. Lucy observa, déconcertée, émue, abasourdie, ce qui semblait être les retrouvailles de deux êtres amoureux, à l’union brisée par la mort, que ce cauchemar, soudain, venait de miraculeusement réunir. La prostituée regardait vaguement d’autres morts s’approcher des membres de leur petit groupe. Aucun ne semblait menaçant, tous semblaient familiers à leurs interlocuteurs.

Le cerveau rationnel de Lucy s’embrumait, opposant encore une faible résistance devant le peu de logique des évènements. Il était clair qu’il ne pouvait s’agir que d’un mauvais rêve. Les morts ne revenaient pas à leurs êtres chers, la fille de joie étant assez bien placée pour le savoir. Toute à ses divagations, elle mit quelque temps à lever les yeux lorsqu’elle sentit une main glacée qui avait délicatement saisit la sienne. Lucy dévisagea un homme encore jeune, le regard bouleversé et le cœur figé, semblant une pierre au fond de sa poitrine. Il était roux comme la fille de joie, mais sa tignasse épaisse était moins bouclée ; de même était la peau d’albâtre, bien que ternie par la mort. Les yeux d’azur pâles étaient également voilés, rendus vitreux par l’ombre du trépas. Une plaie béante, ulcérée, déchirait sa cuisse. Mais aucune goutte de sang, aucune odeur ne s’en échappait. Le temps et le mouvement autour d’eux deux sembla se figer tandis que l’idée que l’esprit de Lucy ne parvenait pas à assimiler commençait à faire son chemin dans les méandres de son cerveau qui ne répondait plus à rien. Son sang semblait de nouveau avoir quitté son corps tandis qu’elle ne pouvait détacher son regard de l’homme qui semblait être sa copie masculine. Des odeurs lui revenaient avec force, fouettant son esprit d’images dont elle ne se souvenait pas ; le parfum de la terre humide sur la chemise d’un homme très grand qui penchait sur son petit lit, l’odeur de feu de bois qui imprégnait les vêtements de celui qui passait ses heures à réchauffer ses os gelés à la chaleur du feu mourant. Les doigts de Lucy serrèrent la main immense, abîmée par le travail aux champs, aux ongles noircis de terre, puis, sans même avoir eu conscience d’avoir entrouvert les lèvres, les mots s’échappèrent, prononcée par l’âme en plein tourment qui avait peine à distinguer le monde autour d’elle :

- Je vous connais…Père…

Car elle en était certaine à présent. Jamais elle n’était parvenue à se remémorer le moindre trait du visage de celui qu’elle avait perdu au berceau. Le doute n’était pas permis cependant. Les moindres fibres de son être lui hurlaient qu’il était bien là celui dont le trépas soudain avait creusé un tel vide en son cœur, et Lucy réalisait soudain avec plus de force que jamais que l’homme auquel elle n’avait pas eu le temps de s’attacher lui avait toujours cruellement manqué. Cette ressemblance frappante, cette blessure qui avait causé son trépas ; le désir le plus profond de la fille de joie avait été exaucé ; elle avait pour la première fois sous les yeux l’image de son géniteur, et à présent qu’il venait à elle, Lucy ne savait que dire ni que faire. Statue de sel, elle dévisageait celui qu’elle voyait sans doute pour la seule et unique fois, consciente qu’une fois réveillée, elle perdrait, à tout jamais cette fois-ci, le seul homme dont elle aurait eu besoin par-dessus-tous dans sa vie. Pour la première fois depuis son enfance, devant le visage qui lui ressemblait tant, pâli par la mort, devant la certitude cruelle que l’opportunité de le revoir ne lui serait jamais plus accordée, les larmes coulèrent des yeux de la placide Lucy, qui subissait, stoïque, coups, violences et maltraitances diverses au quotidien sans même l’ombre d’un rictus de douleur. Ne semblant pas même avoir conscience du flot intarissable qui creusait ses yeux et rougissaient ses yeux, Lucy semblait avoir perdu pied avec la réalité et n’accordait d’importance qu’à l’image, morbide et enchanteresse de celui que, par une cruelle bénédiction du destin, on lui avait accordé de revoir, ne fut-ce que pour instant, malgré l’horreur du déchirement qui allait s’ensuivre lorsque la fille de joie s’extirperait du sommeil pour redécouvrir l’univers sans celui qu’elle ne s’imaginait pas avoir tant aimé.

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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Lun 23 Oct - 12:43



Event hors-sujet n°1 - Remains of the Day.

« IT'S OFF THE HELL WE GO. »

Quelque part, 31 Octobre 1891.

- C'est fait miss Thomas. La vieille veuve Smith est morte comme vous le vouliez en laissant tout son héritage à l'église comme vous l'avez prévue...

- Merci messieurs... Vous pouvez disposer!

Jeanne eut un petit sourire satisfait lorsque les gros bras de Fergus furent sortis de sa roulotte. C'était réjouissant de voir ces gaillards faire leurs boulots correctement. Elle rendait quelques services pour la Tribu et ils l'aidaient en échange. C'était un partenariat qu'elle appréciait grandement. Ainsi, elle se sentait plus en sécurité. Elle n'avait pas les mêmes aspirations qu'eux. Ils voulaient l'égalité des richesses et elle non. Elle rêvait monter dans les grades de la société et être plus puissante que ces minables vivants dans ces cabanes déglinguées qu'ils osaient appeler maisons. Une telle alliance permettait de s'assurer qu'elle n’aurait aucun problème avec eux une fois l'épouse d'un grand noble. Évidemment, elle avait ses propres hommes, mais il arrivait qu'ils fassent mal leur travail. Dans de tels cas, elle se débarrassait de l'indésirable et faisait affaire avec la Tribu en attendant d'en trouver un autre comme dans ce cas précis. Après... Peut-être pourrait-elle ne faire appel qu'à la tribu? Elle préférait largement payer le prix qu'ils demandaient, mais avoir un bon travailler. Ils ne rechignaient pas au mot meurtre au moins!

Après un bon bain bien mérité et s'être habillée d'une longue nuisette blanche pour la nuit, Jeanne se mit au lit. Entre ses draps chauds, elle sourit en pensant à son client qui serait dans sa caravane le lendemain matin, alarmé d'avoir vu son héritage s'envoler en fumer avec la mort de son irritante tante! Doucement, elle sombra dans un sommeil profond en ricanant mentalement de cette magnifique perspective, mais soudain, tout devin froid. Comme si elle se trouvait dehors... Ne comprenant pas, elle fronce les sourcils et se redressant. Elle se trouvait dans un village fantôme? Mais comment? Elle devait rêver, elle ne voyait pas d'autres explications... Puisque des gens allaient vers un pub, seul endroit rempli de lumière, elle s'y dirigea aussi. Autour d'elle se trouvaient des gens. Ils discutaient comme si de rien n'était. Elle croisa les bras en regardant le décor et en observant ces gens. Rapidement, ils remarquèrent qu'ils étaient des étrangers.

- Bravo pour le maquillage!, elle dit à un homme en regardant une plaie qui semblait envahie de vers. on dirait une vraie blessure! Quel artiste de cirque vous a appris cela?!

lls semblaient être de bon acteur, allant même jusqu'à demander comment ils étaient morts. Elle rigolait en les regardant, se moquant d'eux. Pourtant... Quelqu'un parmi la foule attira son attention. Barbu... Blond... Fort...

- Pa... Papa?!

Elle hurla d'un coup et se mis à pleurer. Regardant autour d'elle avec folie. Non! NON! C'était quoi cette mascarade!

- Ce n'est pas drôle! Enlevez ce masque! ENLEVEZ CE MASQUE ESPÈCE DE FOU! MON PÈRE EST MORT! MORT, JE VOUS DIS!





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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Lun 23 Oct - 20:47



Remains of the day

Grim grinning ghosts come out to socialize

Une nuit au manoir Ravenswood n'était jamais une nuit facile. Melanie n'arrivait à s'écrouler de sommeil que lorsque ses insomnies l'épuisaient jusqu'à ce que son corps n'ait plus le choix. Il savait au moins la maintenir en vie malgré tout ça...
Au départ, cette nuit ne semblait pas être une exception. La jeune veuve était allongée dans son lit, scrutant le plafond plongé dans l'obscurité. Ses grands yeux semblaient attendre quelque chose. Après tout ce temps, elle n'arrivait pas à cesser d'être alerte. Mais pour une fois, des souvenirs chaleureux de sa journée vinrent subitement à sa mémoire. Melanie sourit. Cela n'avait pas été une mauvaise journée, vraiment. Le basset et son maître étaient devenus une petite source de joie dans son quotidien. Petite, mais importante. Comme une lueur brillante dans la brume. Au final, on ne voyait que ça. Et elle commençait à la voir... Melanie rouvrit les yeux. Elle les avait fermés. Oh, après tout, c'était sûrement cette nuit qu'elle s'endormirait facilement. Dieu soit loué.
La jeune femme se tourna sur le côté, refermant ses paupières et se remémorant la chaleur du corps du petit chien qui se laissait caresser. C'était réconfortant... Il ne lui en fallut pas plus. Elle entendit vaguement des pas s'écraser dans le bois des escaliers, mais Melanie était déjà loin... trop loin.

La brume était revenue. Melanie se trouvait dans une rue. Cela lui semblait tout à fait normal pour le moment, n'ayant pas conscience de dormir, ni d'être réveillée. Il y avait un pub, c'était le seul endroit qui se trouvait ici. Il était évident qu'il fallait qu'elle s'y rende. Melanie avait l'impression de flotter, mais elle sentait tout de même les pavés froids contre ses pieds nus. Mais plus elle s'avançait vers l'échoppe, moins elle semblait s'en rapprocher... Lorsqu'elle tourna la tête, elle y était cependant sans se souvenir d'avoir poussé une porte, et oubliant de fait la sensation d'avoir tenu un chandelier pendant quelques secondes. C'est là que tout parut infiniment réel. Comme si sa vision s'était acérée, que la brume s'était envolée de la rue et de son esprit. Mais pas tout à fait.
Des morts, ils étaient morts... tous les gens ici. Sauf le groupe dans lequel elle se trouvait. Melanie se mit à respirer de plus en plus difficilement. Une étrange sensation l'envahit. Comme si un endroit dans lequel elle ne s'était jamais rendue lui paraissait familier. Il n'y avait pas de pub de cette envergure à Thunder Mesa mais... elle avait l'impression d'y être. Alors qu'elle n'était jamais revenue après le tremblement de terre. Un pincement au cœur nauséeux... De plus qu'une voix renforça l'illusion qu'elle venait de se créer.

Melanie se retourna instantanément lorsqu'elle la reconnut. Son père... Il parlait à Dick et, du point de vue de Melanie, venait de lui serrer la main. Pendant un instant, cette vision lui parut agréable. Si seulement... si seulement quoi ? Dick venait de disparaître. Mais son père était là, devant elle. Il ne s'en allait pas. La jeune femme sentit l'émotion l'envahir. Elle fit un pas vers son géniteur, mais s'arrêta net lorsqu'il tourna complètement sa tête. Il était... il était... Les larmes de la veuve coulèrent sans qu'elle ne put y faire quelque chose. Étais-ce comme ça qu'il était mort ?... Le crâne défoncé... lorsqu'il périt à la mine ?... Le visage de Melanie se tordit de douleur, avant qu'elle ne cache son rictus par ses deux mains... Elle réalisait de plus en plus l'horreur de la situation, et son cœur battait au rythme de mille violons joués au même moment.
Melanie fit retomber ses bras.

« Père... » arriva-t-elle à articuler.

Elle avala un sanglot, secouée par les larmes telle une enfant. Pour sûr, elle se réveillerait une nouvelle fois avec les joues humides. Une autre phrase parvint à ses oreilles.

« Chut… Je suis là maintenant… »

C'était Dick. Un coup d’œil suffit à Melanie pour comprendre qui il avait été rejoindre. Pourquoi son cœur semblait être écorché de rasoirs lorsqu'elle entendit ses paroles ? Étais-ce le sentiment qu'elle éprouvait face au cadavre de son père... qui parlait ? Il avait accueilli des gens, elle avait cru qu'elle avait retrouvé la figure paternelle charismatique qu'elle avait admiré malgré les disputes qui les avaient éloignés au fil du temps... Elle l'aimait toujours comme un père. Et même si elle avait du mal à se l'avouer, elle ne souffrait pas seulement du deuil de son fiancé depuis ces quelques années...

« Où est mère ? » demanda Melanie, plaintive mais plus calme. « Où est... »

La jeune femme scruta la pièce des yeux. Si les morts étaient ici... était-il... Non... pas un signe de lui... l'éternelle mariée baissa la tête. Comment avait-elle pu être aussi sotte pour y avoir songé une seule seconde ? Elle n'aurait pas droit à des retrouvailles... Au fond d'elle, elle arrivait à sentir la présence de son père, d'une manière aussi inexplicable qu'irrationnelle. Mais son fiancé... son amour... elle avait le sentiment de l'avoir perdu à jamais. Seul un vide avait suivi sa mort. Melanie entendait de plus en plus de gens crier, s'agiter. D'autres personnes retrouvaient des proches, tous à leur manière, mais elle n'en avait pas conscience. Seule l'atmosphère lui paraissait désagréable et bruyante. La jeune femme grimaça. Ces bruits... combinés au sourire figé de son père qui la regardait... elle commençait à en être presque effrayée. Plus elle le regardait, pire c'était... Le visage qu'elle avait pu tant aimer, comment avait-il pu être aussi torturé... aussi déformé... Melanie croisa les mains, agrippant ses bras comme pour se protéger. Elle n'avait pas envie de se jeter dans ses bras pour des retrouvailles... Elle était comme une jeune enfant... horrifiée par la réalité de la mort en face d'elle.
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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Mar 24 Oct - 16:12



Event hors-sujet n°1 - Remains of the Day.

« DEVIL BENEATH MY FEET. »

Quelque part, 31 octobre 1891.

Edgar était, comme à son habitude à cette période-là de la soirée et de la semaine, chez lui, même si l’heure était tardive. Les messes étaient souvent le lundi et le mercredi, voire le vendredi, mais en l’occurrence, le 31 octobre 1891 était un samedi. Ainsi, l’antiquaire s’était donc couché, seul, comme depuis quelques années depuis le décès de son épouse. Sans plus de rebondissement dans cette soirée en soit totalement banale, il se coucha normalement, s’endormit normalement, sans plus de rituel que pourrait avoir une vieillard, sans tics, sans manières séniles. Edgar n’avait de toute façon pas l’impression d’être sénile et il avait raison de le croire, même si certains le voyaient d’un œil différent. En réalité, cela était sûrement un retour de son aura un peu insolite qu’il pouvait dégager. Quoiqu’il en soit,  il mit un temps relativement normal pour s’endormir, environ une dizaine de minutes. Tout était le plus normal du monde dans la banale soirée du sataniste. Cependant, depuis quelques années, il ne rêvait plus. Ses songes n’étaient plus que ténèbres, le néant absolu. Il se doutait qu’il ne pourrait plus penser à rien de plaisant, de joyeux. C’était ainsi son fardeau, depuis le décès brusque de son épouse.

Cependant, sa surprise fut totale quand il sentit ses pieds toucher le sol. Quand ses yeux purent voir, il remarqua qu’il était au milieu d’un village anglais, un peu similaire à celui de son enfance, mais en beaucoup plus lugubre, froid et hostile. Tout n’était que brume et ténèbres, une nouvelle fois. L’arbre sans feuilles sur sa gauche avait un aspect menaçant, d’apparence morte de l’intérieur mais donnant l’impression de bouger de son plein grès, comme animer par une entité maléfique. Edgar remarqua alors de la lumière provenant d’un pub nommé The Headless Horseman’s Pub. Intrigué et se disant qu’il ne risquait dans un rêve, vêtu de son simple peignoir de nuit, s’approcha de l’entrée du bar et ouvrit la porte pour y voir un étrange spectacle : des cadavres, tout autour, semblaient profiter pleinement de l’Au-Delà, chantant, riant et buvant. Le vieil homme fronça les sourcils, suspicieux. Cela n’avait rien de l’Enfer ou du Paradis. Cela ne ressemblait pas non plus à un Purgatoire. C’était donc un endroit bien étrange sur lequel il ne pouvait placer de nom et cela l’agaça presque. Toujours silencieux, il remarqua qu’il était dorénavant entouré par une bande de jeunes gens qui paraissaient bien vivants.

Un homme, encore plus âgé que lui et au corps et au crâne brisés, s’approcha alors de leur petite troupe et leur souhaita la bienvenue. Edgar fut relativement surpris de tout ceci, regardant attentivement autour de lui le comportement des morts et des vivants. Celui qui ouvrait la marche s’était précipité dans les bras de la femme à la toux importante qui se trouvait dans le dos du dénommé Henry Ravenswood. Un homme, qui s’avérait être Mr. Adler, s’était un peu déporté sur la droite du groupe, sans le lâcher, mais avait attiré l’attention d’un cadavre. Sur leur gauche, Mme Adler s’était jetée dans les bras d’une dame qui semblait avoir un air de famille. Ensuite, trois jeunes femmes qu’il ne connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, paraissaient avoir retrouvé une figure paternelle perdue. Ou plutôt décédée. Des parents. Ravenswood s’avéra être aussi le père d’une autre femme. Il remarqua alors qu’une adolescente se trouvait parmi eux et regardait l’ours en peluche de la fameuse Margaret, celle qui toussait fort. Edgar se demanda alors s’il y avait un de ses proches dans la foule. Cependant, un détail le dérangeait, sans qu’il ne puisse savoir quoi. Il continua d’inspecter les alentours, cherchant une réponse.

Son mauvais pressentiment venait du fait que tout paraissait très réel. Beaucoup trop réel. Que les gens présents dans ce rêve et surtout les vivants, semblaient chacun avoir une personnalité bien propre et des actions imprévisibles. Son cerveau endormi ne pouvait pas songer à tout ceci en même temps. Les gens, dans les rêves, étaient généralement passifs ou avaient une façon de faire très logique, voire machinale. Ou que était planifié et qu’il subissait juste ce que sa conscience créait au fur et à mesure. Mais là, il semblait bien qu’ils avaient tous de l’impact. Que personne n’était sous contrôle. Il avait beau croire au Paradis et à l’Enfer, il ne reniait pas le fait que le savoir humain était encore limité sur ce sujet. Il n’affirmait pas comme l’Eglise pouvait le faire. Il n’y avait pas de vérité générale, rien n’avait été prouvé, personne n’avait réellement vu Dieu ou le Diable, pas même lui. Ainsi, il regarda autour de lui et préféra rester vers la sortie du pub, au cas-où cela dégénèrerait. Il estima le nombre de personnes encore présentes autour de lui, c’était-à-dire plus beaucoup. Cependant, il parvint à glisser pour être suffisamment audible pour ceux encore présents autour de lui :

— Ne faites pas confiance aux morts…

Il pourrait clamer qu’il s’agissait de son expérience de prête satanique mais il ne voulait pas tellement avouer ceci, sachant que c’était particulièrement mal vu et que les dernières personnes autour de lui ne lui feraient justement pas confiance. Il fit un pas en arrière, restant en retrait, ne voulant pas se faire remarquer par Ravenswood et Margaret.
©️ plumyts 2016



See the Devil in I.
Si cruel ce reflet de moi-même, dans cette glace qui me glace l'épiderme. Si réel ce reflet, qu'il nous gêne. Cet emblème matinal nous rend blême. Qui est le plus fragile ? La vérité sans un mot de trop. Qui est le plus fragile ? Juste un constat, les qualités, les défauts. ©️ by Sun
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