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EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY

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Emploi : Gardien de cimetière.
Avatar : Brendon Urie
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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Mar 14 Nov - 15:46



EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY

« ... »



Margaret avait prononcé des mots, entre les quintes de toux qui semblaient être douloureuses, mais Dick n’avait pas répondu; ses pensées vagabondaient alors qu’il n’arrivait pas à comprendre comment il pouvait ressentir toutes ces choses (ces sensations, ces émotions…) alors qu’il dormait. La peau froide de Margaret, contre ses lèvres, lui laissait une désagréable sensation qu’il ne pouvait laisser paraitre à la belle. Elle l’avait légèrement repoussé, probablement consciente de son état alors que le corps du fossoyeur était chaud et plein de vie. Dick avait alors déposé un regard tendre sur la femme qu’il avait aimé plus que tout au monde, mais son attention ne lui était pas exclusive; à quelques pas derrière lui, la voix bouleversée de Melanie parvenait à ses oreilles et une partie de lui, celle qui avait fait le deuil de Margaret, aurait préféré se trouver auprès de cette jeune femme pleine de vie aux joues roses et au cœur battant.

La morte sembla percevoir le dilemme émotionnel du gardien du cimetière puisqu’elle parla à nouveau, mais cette fois d’une voix derrière laquelle on devinait de l’amertume : « Dick… Dick… est-ce que tu t’occupes bien de Lord Sawyer, comme je te l’ai demandé ? Il le faut, après tout, je t’ai toujours dit qu’il était comme notre fils… car un chiot reste le digne fils de son chien de père, n’est-ce pas Dick ? »

Le début des paroles de la morte auraient dû faire sourire tristement le jeune homme, lui faire peut-être verser quelques larmes ou alors le rendre d’humeur plus joyeuse, comme si cette réunion avec Margaret était la plus belle chose de sa vie, la réponse tardive à ses nombreuses prières, mais ses derniers mots eurent l’effet d’une bombe dans l’esprit du fossoyeur. La femme qu’il avait aimée venait-elle de l’insulter? Étrangement, Dick senti son cœur en proie à une sourde terreur alors qu’il réalisait tout à coup que rien de ce qu’il se passait ici n’était bon. Son regard scruta le visage gris de Margaret et il se recula doucement : « Que dis-tu là? Jamais aucune parole blessante n’avait traversé tes lèvres… La mort t’aurait-elle aigrie? À moins qu’elle ne révèle ta véritable personnalité… »

Dick recula encore d’un pas. Il n’avait pas le cœur brisé par les paroles de Margaret, car il lui semblait que cette réaction soit plus normale que cette ambiance de réjouissance qui leur avait été présentée plus tôt. Les morts et les vivants ne pouvaient cohabiter ensemble et si tout cela n’était qu’un rêve, il était maintenant clair qu’il s’agissait plutôt d’un cauchemar… D’instinct, le jeune homme se mit alors à chercher du regard Melanie; il ne prit pas de temps à la repérer et remarqua qu’elle le regardait également. Se pouvait-il que ses retrouvailles ne se passent pas comme souhaitées également? Le gardien du cimetière lui adressa un sourire bienveillant, comme pour la rassurer par sa présence puis, comme s’il oubliait avec qui il se trouvait, il articula sans un mot : « Je suis là… » à l’attention de l’éternelle mariée.


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« I am a cemetery by the moon unblessed. »
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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Mer 15 Nov - 8:52



Event hors-sujet n°1 - Remains of the Day.

« Suddenly
Out of breath
What is this ?
Is this death ? »


... - 31.10.1891

« — N’est-ce donc pas évident ? Je suis mort. Qu’est-ce que cela pouvait t’importer... Toi ma prodige partie sans un remord, sans un souvenir. Vois, même à présent que tu me vois, désarticulé, tu ne t’en ai pas même souvenu. Paris, pendant que tu la lisais, nous la vivions.

Léonie en resta bouche bée, comme si son être tout entier venait d’être soudainement traversé d’un violent frisson. À l’entente de cette remarque qui avait tantôt des airs de reproches, tantôt des airs de regrets, elle ne pouvait qu’éprouver une bien curieuse offuscation, mélange d’incompréhension, d’injustice et, disons ce qui est, de remords. Car même si, au bout du compte, elle ne pouvait se blâmer d’avoir disparu de l’Opéra de Paris, elle n’en nourrissait pas pour le moins une mélancolie certaine à chaque fois qu’elle se remémorait les innombrables images qu’elle gardait de ce lieu emblématique. Parfois, elle se perdait dans les tendres souvenirs de ces temps révolus où tout allait bien.
Malgré l’émotion et les innombrables pensées qui se bousculaient dans sa tête, se pressant pour être les premières exprimées à voix haute, Léonie ne laissa échapper pas la moindre larme, pas le moindre gémissement ni soupir malheureux témoignant des états d’âme de la jeune danseuse. On lui avait rigoureusement appris à ne pas pleurer, et surtout pas devant le maître de ballet. Et tant bien qu’elle ne soit plus ballerine et que lui ne soit plus maître de ballet, elle se tenait à cette unique règle, encrée en elle comme un commandement primordial.
Alors même si elle voulait rétorquer, même si elle aurait aimé raconter toute l’histoire telle qu’elle l’avait vécue, de l’incompréhension à la peur, de la perte aux voyages, de cet étrange et presque tragique suite d’événements qui l’enleva de Paris pour la rejeter de l’autre côté de la mer, elle se tut, sans quitter un seul instant Majorel des yeux, se confrontant ainsi à ce qu’il y avait d’encore plus pesant que ses paroles, à savoir ses paroles. Ses mots, il ne les mâchait pas, et pourtant, il n’en gardait pas pour le moins une bien belle locution. Il y avait quelque chose dans son timbre de voix, dans son attitude et dans la manière dont il s’adressait à elle comme à n’importe quel autre qui, même dans la mort, restait étrangement hypnotisant. On n’écoutait pas les paroles de Majorel ; on les buvait, et on s’en imprégnait sans se rendre compte. Qu’il formule des flatteries ou des remarques, c’était toujours le même effet ; on était d’accord avant même d’en comprendre le sens.

Mais ce n’est pas pour autant que Léonie baissa la tête, mettant la fin à cet échange auquel elle n’aurait jamais pu croire, laissant le maître de ballet décider du sort de cette discussion à base de souvenirs amers. Elle restait Léonie, et de sa naissance jusqu’à aujourd’hui, elle n’avait cessé de nourrir ce tempérament qui lui était bien propre. Ce caractère, bien qu’agaçant pour plus d’un, était également celui d’un perfectionnisme de renom. Lorsque quelque chose lui tient à cœur, elle endure jusqu’au sang s’il le faut. Aucune douleur, aucun chagrin n’est pertinent lorsqu’il s’agit de réussite. Lorsqu’elle apprenait à maitriser son saut de chat, elle le faisait jusqu’à trouer ses chaussures, quitte à se briser les os et ne plus pouvoir tenir debout s’il le fallait.
Cet orgueil justifié, cette défiance pertinente, elle les justifia en reprenant la parole, changeant de sujet sans pour autant se détacher de la conversation. C’est en haussant les sourcils qu’elle dit, toujours sans détacher son regard malicieux de celui de Majorel qui, en y réfléchissant, l’était tout autant :

— Voulez-vous voir mon saut de chat, Monsieur ? Je vais vous montrer, moi, que quand bien même je ne vivais pas Paris, je vivais l’Opéra. »

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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Mer 15 Nov - 23:57



Event hors-sujet n°1 - Remains of the Day.

« For no mere mortal can resist the evil of the thriller. »

31 Octobre 1891.

Quelque chose de pesant s’était soudainement abattu dans le pub au-delà des frontières de la logique. Les morts toisaient les vivants, les inconnus parmi les défunts avaient laissé place à leur sourire de bon-vivant (ou de bon-mort plutôt) pour laisser place à une sorte de jalousie peu dissimulée à l’égard de ceux dont le cœur battait toujours. Le rythme cardiaque de certains s’était d’ailleurs soudainement accéléré pour certains, suite aux remarques soudainement agressives de leurs proches. Beaucoup de questions devaient se bousculer dans la tête dont la cervelle pouvait encore chauffer. Les plus aigris des morts eurent un sourire mauvais sur leurs lèvres violettes, regardant leur fille, leur élève, leur amant comme si ces derniers allaient les rejoindre expressément sous peu, dans l’autre vie. Henry Ravenswood se tourna vers sa fille puis vers les autres, son sourire toujours sur les lèvres mais transmettant un bien autre message que sa bienveillance et son accueil chaleureux qu’il avait pu avoir précédemment. Non, il avait un sourire bien plus malsain. Regardant donc Melanie, puis son audience de vivants, il clama d’une voix forte mais sombre :

— Puisque vous tenez tellement à retrouver vos êtres perdus, pourquoi ne resteriez-vous pas avec eux ? Melanie, tu pourrais retrouver ta mère et ton… « mari ». Toi, Carrie, c’est ça ? Ton amant t’y attends aussi. Emily, ton père est ici aussi, tout comme le tien, Jeanne. Toutes vos familles sont là… Elles n’attendent que vous !

Il eut un ricanement lugubre tandis que les morts les plus agressifs le suivirent, comme soudainement hypnotisés par le vieillard et vidés de toute âme. Cependant, certains semblaient encore avoir un minimum de libre arbitre. Ces derniers se rapprochèrent du petit groupe de vivants, ou de leurs proches un peu excentrés des autres. Davy fut le premier à sourire à Carrie avec tendresse et avec une mine désolée. Désolé de ne pas être là pour elle mais l’excusant de tout. Cependant, une inquiétude certaine brilla au fond de ses iris sombres et regarda le peu de personnes autour de lui pour murmurer :

— Vous ne pouvez pas rester ici… Partez, c’est dangereux pour vous… Carrie… S’il te plaît, vis. Tu as encore toute ta vie devant toi. Vis pour nous deux.

Il lui sourit doucement tandis qu’Evelyn se rapprocha du petit groupe, obligeant Edgar à la suivre. Elle retira un vieux tapis sur le sol pour désigner une trappe sortie de nulle part. Après tout, pour certains vivants, tout ceci n’était qu’un rêve. Et peu de choses avaient de sens dans un rêve, ne serait-ce que les morts revenus étrangement à la vie. Angélique Carter-Bessac réapparut auprès d’eux, venant soutenir ses défunts alliés. Davy poursuivit :

— Le temps presse allez-y… Nous allons faire diversion auprès d’Henry, il ne vous laissera jamais partir sinon. Ce n’est peut-être pas réel, mais ça pourrait bientôt le devenir si vous restez ici.

Il caressa la joue de Carrie avant de saisir d’une bouteille vide quelconque sur une table et la brisa sur le rebord de celle-ci. Soudainement armé de son tesson, il regarda avec un air de défi les autres morts aussi abîmés qu’éméchés, provoquant un certain chahut dans l’enceinte du bar, essayant de gagner du temps pour les vivants. Les deux femmes en profitèrent pour faire des signes à ceux dont le cœur battait toujours mais qui étaient éloignés pour se rapprocher. Pour les plus téméraires d’entre vous et les plus courageux, vous emprunterez l’échelle qu’offrait la trappe et la descendrait.

Quand vos pieds toucheront le sol, vous serez dans le noir total, avec seulement une lumière blanche au bout. Vos plantes de pieds laisseront des empruntes blanches et fantomatiques derrière vous tandis que vous rapprocherez de cette lumière blanche. Ce couloir était étrangement calme, même si les tumultes dans le bar pouvait encore se faire légèrement entendre. Au fur et à mesure de vos pas, vous constatez que la lumière blanche se rapproche. Cependant, le halo clair pris une forme de porte. Une porte avec une serrure et une poignée. Vous aurez beau tourner cette dernière, la porte ne s’ouvrira pas tant que vous n’aurez pas la clef. Cependant, vous pouvez y lire distinctement en guise de seul indice « logique n’est pas lucidité ».

- Déroulement de l'Event -

Bienvenue dans ce quatrième tour de ce mini-event ! Voici les rappels:

• Les tours durent entre une semaine et dix jours !

• Les proches sont joués par le MJ et uniquement par le MJ.

• Il n’y a pas de limites de mots, donc amusez-vous !
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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY Mar 21 Nov - 15:08



Event hors-sujet n°1 - Remains of the Day

« Quelque Part »

31 Octobre 1891

Du visage de son père dont elle avait tant de fois essayé de souvenir, Lucy ne voyait plus rien. Les larmes embrumaient tant et si bien son regard qu’elle ne discernait plus rien aux alentours. Privée du sens de la vue, son ouïe ne l’aidait guère, l’émotion et la cruauté des paroles de son géniteur lui faisant battre les tempes et bourdonner les oreilles. Sa mère l’avait toujours décrit comme un homme bon. Etait-ce la mort qui le faisait parler ainsi ? S’agissait-il réellement de lui ? Dans le cas précis de la prostituée, il était compliqué de discerner le vrai du faux, dans le sens ou, en dépit des liens du sang, elle ne connaissait rien de l’homme qui se tenait face à elle. Alors comment distinguer des réactions qui paraitraient anormales chez quelqu’un qu’elle ne se souvenait même pas avoir côtoyé ? Ce qui, toute sa vie, avait constitué son rêve le plus fou se transformait en véritable cauchemar, Lucy s’humiliant en piètres explications devant un trépassé insensible, attendant un geste ou un mot de réconfort qui ne venait pas.

Dans cette attente lugubre, sadique, d’un élan de compassion dont le cadavre mouvant semblait incapable, les larmes de la fille de joie finirent par se tarir. Et le visage sur lequel se peignaient l’instant d’avant les vestiges de sentiments humains, -l’esquisse d’un sourire gêné, l’ombre d’un regard bienveillant- ne reflétait plus rien d’autre désormais que la mort et l’impassibilité. Le visage semblait de cire, les traits figés, les yeux inexpressifs. Malgré la peine lancinante qui semblait la vider de ses forces, Lucy, à mesure qu’elle attendait une réponse de son père, commençait à reprendre ses esprits. L’atmosphère jovialement sinistre semblait s’être ternie pour se voiler d’une ombre inexplicablement dangereuse. Tout comme la jeune rousse face à son père disparu, de nombreux vivants semblaient déçus ou blessés par les paroles acerbes assénées par leurs proches trépassés.

Lucy prêta donc l’oreille lorsque le vieillard, qui semblait être le patriarche de cette petite fête réunissant morts et vivants, prit de nouveau la parole, d’un ton bien plus solennel et moins léger que la fois précédente ; il exhortait les vivants à retrouver pour toujours les êtres bien-aimés qu’ils avaient perdus. Mais sa proposition, qu’il s’efforçait de proclamer sur un ton bienveillant et d’en exagérer les bienfaits, était chargée de menaces et les vivants ne pouvaient en tirer qu’une seule et unique conclusion : il leur proposait la mort. Il appelait certaines des filles qui entouraient Lucy par leur prénom, leur rappelant que la personne qu’elles avaient aimé était ici, et, à cet instant, un frisson glacé parcourut l’échine de la prostituée, qui comprit qu’elle, ainsi que tous les êtres au cœur battant étaient en danger à présent.

Le rire du vieil homme décharné vint confirmer l’intuition de Lucy. Sinistre, machiavélique et tonitruant, il semblait sonner le glas de la bienveillance d’apparat qui régnait depuis que les vivants avaient posé le pied sur le seuil de cette taverne aux lueurs verdâtres. Certains des défunts aux visages mauvais se rapprochèrent de leur patriarche, commençant ainsi à encercler le petit groupe de vivants. La fille de joie tendit l’oreille à la mise en garde d’un trépassé envers une jeune femme qui se trouvait près d’elle. Elle comprit soudain que, peut-être, ils étaient tombés dans un piège. Cette créature sans âme était-elle réellement son père ? Quel pouvait donc bien être le dessein de toutes ces créatures surgies de la mort ? Tout cela était-il bien réel ?

Une femme d’âge mûr au teint blafard, d’aspect bienveillant, vint chercher un homme parmi le groupe que formaient les vivants, l’entraîna vers un tapis qu’elle souleva, dévoilant une trappe recouverte de poussière. C’est à ce moment que Lucy comprit qu’il lui fallait partir. La bienveillance de quelques-uns des défunts était leur unique chance de survie. L’homme qui avait mis en garde la jeune femme qui semblait être sa fille vint confirmer cette théorie. Il les exhortait tous à partir. L’instinct de survie et la raison avait pris le pas sur le choc émotionnel de la prostituée. Cet homme n’était que l’hologramme d’un père qui n’existait plus, elle qu’elle ne connaîtrait pas. Il n’y avait rien ici pour elle, ni chaleur, ni réconfort, ni bienveillance. Il n’y avait là que créatures morbides dont les plus sombres desseins échappaient aux vivants. Une violente nausée monta à la gorge de Lucy. Cette ambiance malsaine, lugubre et dangereuse lui donnait le vertige, ce spectacle semblant tout droit sorti du tréfonds des Enfers.

Aussi, lorsque l’homme a la mise en garde fit diversion en menaçant les autres défunts à l’aide d’un tesson de bouteille, Lucy n’eut pas une seconde d’hésitation. Elle fit lestement glisser ses mains de l’étau glacial de celles du cadavre qui se prétendait son père et s’enfuit à toutes jambes, sans se retourner, sans même un regard pour ce visage que, pendant tant d’années, elle avait ardemment rêvé de revoir. Elle suivit les deux femmes qui faisaient signe aux vivants, et s’engouffra dans la trappe, oubliant jusqu’à son vertige en descendant à toute vitesse l’échelle abrupte qui la longeait. La descente sembla durer une éternité. Lucy apercevait encore cette lueur verdâtre en hauteur, quoique quelque peu obscurcie par l’ombre d’autres vivants qui semblaient avoir suivi le même chemin qu’elle.

Au bout de longues minutes, Lucy posa les pieds sur la terre ferme. Mais l’obscurité était telle qu’elle ne pouvait pas même distinguer le bout de ses souliers, elle qui pourtant, lors de ses longues nuits de passe, avait développé un certain talent de nyctalopie. Mais, en levant les yeux, la prostituée s’aperçut qu’il y’avait bien une source de lumière, à l’horizon. Elle n’était guère accueillante. Blanchâtre, chétive et fade, ce hâlo représentait pourtant la seule issue possible à ce cauchemar et à cette oppressante obscurité. La prostituée ne réfléchit pas trop longtemps et amorça un pas en direction de la lumière. Soudain, se détachant du noir de jais du paysage, son empreinte de pas, d’une couleur paradoxalement immaculée, restait ancrée au sol. Lucy  réitéra l’opération, et le résultat fut le même.  Secouant la tête, ayant été bien trop déboussolée cette nuit pour pouvoir s’offusquer par des traces, aussi étranges soient-elles, la jeune rousse continua de s’enfoncer dans le tunnel sombre, se rapprochant un peu plus à chaque pas de la lumière blanche, à la fois peu avenante et salvatrice, tâchant de ne pas prêter attention aux bruits sourds de la rixe qui avait éclaté au-dessus de sa tête.  

Enfin elle voyait le bout de ce périple insensé. La lumière était en réalité une porte. La fille de joie posa la main sur la poignée avec avidité. Mais elle eut beau tourner de toutes ses faibles forces, la porte ne bougea pas d’un pouce. La panique commença à envahir la prostituée lorsqu’elle s’aperçut qu’une serrure était aménagée dans le bois de la porte. Mieux valait remonter se faire assassiner par la horde de morts assoiffés de sang plutôt que de chercher une clé dans ce noir total. Cependant, sur la porte, un indice s’inscrivait. Autre bizarrerie de cet endroit ; Lucy, qui, malgré les leçons du pasteur de Whitechapel, n’était encore qu’une piètre lectrice, déchiffrait parfaitement les quelques mots inscrits sur la porte : « logique n’est pas lucidité».Déchiffrer cette brève phrase était une chose, la comprendre en était une autre. La prostituée, complètement inculte, ignorait même ce que signifiait le mot « lucidité ». Se retrouvant dans de beaux draps, elle fit soudain volte-face, bien décidée à se joindre aux vivants qu’elle avait vu descendre l’échelle derrière elle, et qui ne devaient plus se trouver bien loin…

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MessageSujet: Re: EVENT HORS-SUJET N°1 ▬ REMAINS OF THE DAY

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