Please accept my apology | Loban



 

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Joséphine E. Morel
Joséphine E. Morel

Âge : 23
Emploi : Officiellement aucun, officieusement romancière.
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Eugène Morel est le pseudonyme utilisé pour signer ses romans.
❤️ Joséphine est féministe et fait de ses convictions le sujet principal de ses romans.
☂️ Habite la demeure du cousin de son père, M. Devlin Stanton, dans The Strand.
☠️ Afin de mousser son inspiration pour ses romans, Joséphine s'habille parfois en homme pour se promener incognito dans les rues de Londres.
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MessageSujet: Please accept my apology | Loban Please accept my apology | Loban Icon_minitimeSam 21 Oct - 15:19



Please accept my apology

« Demander pardon, c'est toujours convenir qu'on a tort, et il n'est pas permis à une personne sensée qui pense et qui sait réfléchir, d'avoir dit ou de faire des sottises. »
|Citation de Jean Baptiste Blanchard ; Les maximes de l'honnête homme (1772)|

Juillet 1891

Je faisais les cent pas, le bruit de mes semelles résonnant entre les murs du hall du parlement. Les bras croisés sur ma poitrine, je n’arrivais pas lever les yeux plus haut que le bas des murs, les sourcils légèrement froncés par mon impatience grandissante à mesure que les minutes s’écoulaient et que mon angoisse ne faisait qu’augmenter. De temps à autre, je soupirais en jetant de brefs regards en direction de la secrétaire qui m’avait répondu plus tôt comme si elle était l’unique responsable de mon interminable attente. Régulièrement, je regardais les grandes portes par lesquelles j’étais arrivée en me jurant de les franchir très bientôt si personne ne venait m’annoncer que le Home Secretary était prêt à me recevoir, mais près d’une heure plus tard, j’étais toujours là, à faire les cent pas et à me faire les mêmes fausses promesses.

Pour une énième fois, je cessai de marcher pour retourner m’assoir dans l’un des fauteuils qui se trouvaient près d’une grande fenêtre et sur lequel j’avais laissé un porte-document en cuir brun que j’avais emprunté à Devlin sans le lui avoir demandé. En vérité, depuis que mon tuteur était parti, peu de temps après les évènements de la Tour (un frisson remonta mon dos en passant par ma colonne vertébrale), me laissant vivre sous son toit, puisque malgré son absence il demeurait responsable de moi, il était difficile de communiquer avec lui. Ainsi, pendant une petite exploration clandestine de son bureau, j’avais trouvé ce porte-document et l’avait trouvé joli. Puisqu’il ne semblait pas avoir été utilisé depuis des lustres, j’avais décidé de le prendre en me promettant de le remettre à sa place au retour de Devlin. Le moment venu, je pourrais toujours demander à mon tuteur de me l’offrir.

Quoi qu’il en soit, ce porte-document renfermait aujourd’hui des documents plus ou moins importants, mais qui pourraient m’être d’une grande utilité lors de mon plaidoyer. Du moins, c’est ce que j’espérais en cas de manque  d’arguments. Près de deux mois s’écoulés depuis les évènements de la Tour et depuis ma dernière rencontre avec Loban; j’avais repoussé cette rencontre (par orgueil), mais voyant que le jeune Lord semblait être aussi têtu que je pouvais l’être, je n’avais plus le choix. Certains diront que nous avons toujours le choix dans la vie, mais dans mon cas, il était justement question de ma vie… Que c’était-il passé pour que j’en sois ici aujourd’hui? Pour résumer, Loban, que je considérais comme un ami précieux, connaissant mon penchant pour le féminisme et mon goût prononcé pour la liberté, m’avait offert de travailler pour lui. Il ne s’agissait toutefois pas de n’importe quel travail de secrétaire ou femme de ménage, non! Loban m’avait demandé de devenir son assistante, son bras droit dans ses fonctions de Home Secretary. À notre époque, il était inimaginable pour une femme de prétendre un jour à un tel poste. C’était un rêve, une chance inouïe de marquer l’histoire à jamais! Je n’avais pas accepté d’emblée,  prise de vertige par tout ce que cela signifiait, mais accepter était bel et bien mon intention. Néanmoins, j’avais fait l’erreur de suivre mon tuteur et un groupe d’aventuriers dans la Tour de Londres… Ce qui n’avait pas du tout plu à Loban. Inutile d’ajouter que sa proposition ne tenait plus… Je devais donc réussir à me faire pardonner du jeune homme…

À court d’idées, ne connaissant pas Lord Renfields depuis longtemps, j’avais demandé conseil à la seule personne que je connaissais qui semblait exceller dans l’art d’avoir tout ce qu’il voulait; Fergus. La relation entre les deux hommes n’étant plus ce qu’elle était, le chef de la Tribu m’avait alors dit de laisser tomber, que le Home Secretary n’en valait pas la peine, mais c’était probablement parce qu’il ne comprenait pas (ou refusait d’admettre) tout ce que cela représentait pour moi et mon avenir… Une profession honnête, une indépendance financière certaine, la liberté de vivre ma vie comme je l’entendais et peut-être cesser toutes mes activités illégales pour la Tribu… Malgré tout l’amour que j’éprouvais en secret pour Fergus Lynch, travailler pour lui allait me conduire à ma perte; les cartes de Lydess l’avaient prédit…

Je penchai la tête vers l’arrière en soupirant : ce dernier point n’était toujours pas clair dans mon esprit, mais ce n’était pas le moment d’y penser, je devais me concentrer sur ce que j’allais dire à Loban, s’il daignait un jour accepter de me recevoir… Je posai le porte-document sur mes genoux et l’entrouvris pour jeter un regard à l’intérieur sur les feuilles mobiles qui s’y trouvaient. Je connaissais par cœur son contenu, mais j’avais déjà compté les tuiles du carrelage trois fois et pourrais dessiner le portrait de la secrétaire les yeux fermés tant j’avais eu le temps de la regarder.

Je me levai du fauteuil en défroissant légèrement d’un geste de la main ma longue jupe. Pour cette rencontre avec Loban, j’avais opté pour des vêtements sobres et une coiffure soignée; exactement le genre de tenue que je porterais si je travaillais pour le jeune homme. Tout avait été pensé. J’attrapai le porte-document et me dirigeai, une nouvelle fois, vers la secrétaire qui semblait occupée à écrire à la machine quelque chose. J’avais toujours été fasciné par les progrès énormes qu’avait subis l’écriture suite à l’invention de la machine à écrire. La femme d’un certain âge leva les yeux vers moi, mais sembla exaspérée de me reconnaître : « Mademoiselle, je vous préviendrai lorsque le Home Secretary sera prêt à vous recevoir! » Je fronçai les sourcils, insatisfaite de cette éternelle réponse : «  Êtes-vous certaine qu’il sera prêt un jour?! Cela fait déjà plus d’une heure que j’attends! » Ma voix était légèrement plus forte et sèche qu’elle ne l’avait été jusqu’à maintenant, signe flagrant de mon impatience grandissante. « Laissez tomber! » Sur ces mots, je me tournai vers le long corridor auquel je n’avais pas accès et entrepris de l’emprunter, d’un pas rapide et décidé. La secrétaire se leva de derrière son bureau, le contourna et se mit à courir à ma suite en m’interpelant sur un ton qui se voulait autoritaire : « Mademoiselle! Vous n’avez pas le droit! »

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   Because a vision softly creeping, left its seeds while I was sleeping. And the vision that was planted in my brain still remains, within the sound of silence.
   
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Loban V. Renfield
Loban V. Renfield

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Âge : 25
Emploi : Home Secretary.
Informations : Comte de Warwick. • A été adopté à l'âge de sept ans. • A hérité d'une fortune incommensurable à la mort de son père adoptif, mais aussi des titres honorifiques. • Possède une grande force physique, ayant subi un entraînement militaire intensif pendant plusieurs années. • A passé plusieurs années en Inde, Chine et Japon. • Connait quelques arts martiaux. • Est connu pour ses fêtes mondaines où il n'apparaît jamais, se tenant à l'écart. • A un comportement et un caractère assez puéril. • Fait parfois preuve d'une grande naïveté. • Se met rarement en colère. • Passe certains de ses soirs dans Whitechapel, au sein de la Tribu de Fergus Lynch. • Est considéré comme un excentrique de par ses idées. • Son prénom vient d'un prénom juif mal orthographié. • A une petite cicatrice sous l'œil gauche et ailleurs sur le corps. • Origine sino-écossaises.
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MessageSujet: Re: Please accept my apology | Loban Please accept my apology | Loban Icon_minitimeMer 25 Oct - 16:50



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« I WILL FORGET BUT I’LL NEVER FORGIVE YOU. »

Chambres du Parlement, Juillet 1891.

Loban se trouvait dans son bureau, se remettant difficilement du brusque départ de Lydess après qu’il lui ait demandé sa main. Pour l’instant, il arrivait à tenir le rythme par rapport à son travail non-négligeable d’Home Secretary, mais il se doutait que, dans les semaines à venir, il n’aurait même plus la force de sortir de chez lui. Déjà que se rendre au Parlement était difficile… Sans oublier cette histoire de la Tour de Londres, qui datait certes d’un peu plus d’un mois, mais cela avait laissé une trace indélébile sur sa réputation au sein des autres parlementaires. Depuis, il lui semblait entendre chuchoter sur son passage et craignait même des représailles quelconques. Mais après tout, cela pouvait tout simplement être une paranoïa naissante. Après avoir été trahi, à ses yeux, par un grand nombre de ses proches, il ne pouvait tout simplement plus faire confiance à qui que ce soit, encore moins à des politiciens avides de pouvoir. Il refusait donc depuis catégoriquement des entrevues personnelles, exigeant le calme parfait dans son bureau, essayant de ne pas trop penser à Lydess et se concentrer sur ses dossiers. Mais l’exercice était difficile, les gens ne comprenant pas son désir et surtout son besoin d’être seul avec lui-même. Il n’avait tout simplement plus foi envers personne.

Justement, la secrétaire du Parlement toqua à la porte. Loban reconnaissait sa façon de toquer à la porte depuis le temps, puisqu’il l’entendait jusqu’à dix fois par jour. Cette fois-ci, ce n’était pas pour lui donner un énième dossier sur diverses lois à faire appliquer à revoir. C’était pour lui annoncer que quelqu’un souhaitait s’entretenir avec lui. Quand le jeune homme lui demanda l’identité de cette personne, il poussa un profond soupir. Joséphine Morel. Une des personnes qui l’avait le plus déçu depuis la Tour. Elle était l’exemple des personnes à qu’il avait accordé sa confiance, lui ayant même proposé de travailler pour lui mais qui l’avaient trahi… Elle avait préféré satisfaire sa curiosité et entrer par effraction dans un lieu sécurisé. Elle était à la seconde place, dans le classement de la déception. Autant dire qu’il n’avait aucune envie de la voir et qu’il n’était nullement disposé à faire un effort, même si celle-ci venait probablement s’excuser. On le lui avait souvent dit : Loban se comportait encore parfois comme un enfant. Et, à cet instant, face à ce refus de s’entretenir avec la jeune femme, c’était purement et simplement de l’immaturité. Cependant, plutôt que d’être violent dans ce refus, il demanda juste à la secrétaire de dire qu’il se préparait à la voir. Ce qui était que pur mensonge.

Une fois la secrétaire repartie et lui, de nouveau dans sa solitude, il s’affala dans un fauteuil près d’une fenêtre et posa son front dans sa main, soupirant profondément. Il était las de tout ceci. Las de faire un travail qui ne le passionnait nullement et avec des responsabilités beaucoup trop lourdes. Las de ces gens qui se détournaient brusquement de lui, le laissant seul face aux autres. Peut-être que Joséphine avait ses raisons d’être entrée dans la Tour. Peut-être que Lydess avait les siennes pour être partie sans rien dire à peine venait-il de lui demander sa main. Il n’avait pas encore jeté la bague de fiançailles d’ailleurs, même si l’envie était grandissante. Quelque part en lui, il y croyait encore, qu’elle reviendrait. Mais il fallait se rendre à l’évidence : son retour dans sa vie fut bref et ses intérêts sans appel. En effet, il avait tout simplement l’impression que Lydess n’était rien de plus qu’une sorte d’espionne pour Fergus. Il savait qu’ils se voyaient encore et, le fait que la Tribu et elle soient présentes à la Tour lui avait mis la puce à l’oreille. Et le fait qu’elle ait tout simplement fui dès qu’il l’avait demandé en mariage le laissait croire qu’elle n’était là que pour avoir des informations sur lui, au nom de leur fraternité mais rien de plus.

Il ne sut combien de temps il se perdit dans ses pensées. Mais il en fut tirer par un bruit et des voix dans le couloir. Agacé que même dans un lieu comme le Parlement, il pouvait encore être dérangé, il se dirigea d’un pas fort vers la porte de son bureau pour l’ouvrir et sortir dans le couloir beaucoup plus lumineux que son spacieux bureau qu’il avait volontairement plongé dans l’ombre. Légèrement ébloui, il plissa les yeux et vit une silhouette s’approcher de lui. Il eut cependant le temps de dire :

— Que se passe-t-il ici ? Quel est ce boucan ?

Il vit la secrétaire arriver en courant et crut qu’il allait devenir fou. Plus qu’agacé, il fronça les sourcils et posa les mains sur les hanches. Devant lui, Miss Morel qui arborait un air déterminé. Du haut de ses cent quatre-vingt-quinze centimètres, il regarda la jeune femme d’un air courroucé avant de reporter son attention sur la secrétaire.

— Depuis quand court-on dans les couloirs du Parlement, Mrs. Withers ? Nous ne sommes dans une cours de récréation !

Il baissa les yeux et regarda alors Joséphine.

— Quant à vous Miss Morel, Mrs. Withers vous a sûrement demandé d’attendre, non ? Est-ce donc votre passe-temps favori que de désobéir ? L’éducation de votre tuteur a bien porté ses fruits à ce que je vois.

En colère, il regarda Joséphine droit dans les yeux. Ses yeux qui étaient rougis d’avoir mal dormi depuis plusieurs nuits et de pleurer de temps en temps en pensant à Lydess qui n’était plus la grande sœur qu’il avait connu. Encore moins disposé que précédemment, il eut pourtant le sentiment qu’elle ne partirait pas dans qu’elle n’aurait pas eu un entretien avec lui. Ainsi, il lui montra la porte ouverte de son bureau.

— Entrez, mais soyez brève, je n’ai pas toute ma journée.

Il fit un signe de tête à Mrs. Withers pour lui demander de retourner à son poste et qu’il s’occupait du reste. Une fois que Miss Morel fut rentrée, il ferma la porte du bureau derrière eux. Il s’installa derrière son bureau, posant les coudes sur la surface de ce dernier, croisa les mains pour cacher le bas de son visage derrière, ses yeux aussi noirs que son regard retranscrivant uniquement de l’agacement.
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My mouth was a crib and it was growing lies. I didn't know what love was on that day. My heart's a tiny bloodclot, I picked at it. It never heals it never goes away. This was never my world, you took the angel away, I'd kill myself to make everybody pay. I would have told her then she was the only thing that I could love in this dying world. But the simple word love itself already died and went away. This was never my world, you took the angel away, I'd kill myself to make everybody pay.
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MessageSujet: Re: Please accept my apology | Loban Please accept my apology | Loban Icon_minitimeMer 27 Déc - 14:39



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Juillet 1891

J’entrai dans le spacieux bureau de Loban, mais n’eus pas le temps de l’admirer que la porte se refermait derrière moi, plongeant la pièce dans une pénombre à laquelle mes yeux n’étaient pas habitués. Je tournai sur moi-même dans la direction de la silhouette du Home Secretary que je distinguais et qui semblait se déplacer vers son bureau. Je ne bougeai plus jusqu’à ce que mes pupilles, suffisamment dilatées, puissent voir le jeune homme s’assoir à son bureau. Son regard, posé sur moi, n’annonçait rien de bon et je restai planté là, pendant quelques instants, à le soutenir en me demandant si je n’empirais pas mon cas en me présentant à lui ainsi.

« Lord Renfield… Loban, je n’ai pas l’intention de m’éterniser… » Dis-je en réponse à sa demande d’être brève, mais principalement pour gagner un peu de temps avant d’entrer dans le vif du sujet. En vérité, j’ignorais comment commencer cette conversation alors que je l’avais tant de fois pratiqué avec mon reflet dans le miroir. Je pris une profonde inspiration et fronçai, tout à coup, les sourcils : « Loban? Vos yeux sont terriblement rouges… » Dis-je d’une voix soudainement inquiète. Je laissai tomber mon porte-document sur la chaise rembourrée se trouvant devant le bureau, près de moi, et contournai le meuble de bois pour rejoindre le Home Secretary. « Mon pauvre ami… Vous avez une mine affreuse… » Dis-je dans un souffle en approchant les mains du visage de Loban pour le regarder avec une plus grande attention.

Je me sentais soudainement très mal pour le jeune homme; si les évènements de la Tour avaient été plus qu’éprouvant pour ma personne alors que je n’avais fait qu’être un boulet pour tout le monde, ce n’était rien comparés à la souffrance qu’avait dû avoir notre sauveur. Après tout, la Tour était sous son autorité, il s’était battu contre une créature surnaturelle pour sauver la vie de personnes qui l’avaient trahi, il avait même été blessé et ma seule inquiétude avait été de perdre l’opportunité de travailler pour lui? Quelle égoïste avais-je été!

Délicatement, je caressai la joue de Loban du bout des doigts : « Je suis vraiment désolée… ». Je retirai mes mains du visage de l’homme que je considérais comme mon ami et me reculai légèrement jusqu’à ce que mes fesses touchent la tranche du bureau. Je baissai les yeux pour détailler le contour de la silhouette imposante du jeune Lord puis les remontai pour capter son regard. Croisant les bras sur ma poitrine, je décidai de faire tout le contraire du monologue que j’avais pratiqué des centaines de fois alors que j’attendais avec impatience d’être reçu par le Home Secretary; au lieu de lui prouver ma valeur, j’allais reconnaître mes torts, chose que je ne faisais que très rarement ayant un orgueil démesuré…

« J’ai été idiote… idiote et égoïste… Et jalouse… Et envieuse… Mais surtout idiote! » Dis-je en souriant timidement. « Je savais que monsieur Stanton me tenait à l’écart de quelque chose d’important; vous savez, j’avais pris l’habitude de le suivre lors d’enquêtes au faible potentiel dangereux… » Je me raclai la gorge; personne ne savait que j’avais accompagné Devlin lors d’enquête. « … Quand je me suis aperçue qu’il préparait quelque chose sans me le dire, je me suis sentie trahie… ». Je baissai les yeux; en termes de trahison, Loban était très bien placé pour comprendre ce que c’était… « J’ai décidé de le suivre et lorsque je l’ai vu rejoindre la cartomancienne vêtue en habits d’hommes… ». J’émis un son qui ressemblait à un éclat de rire étouffé. « Inutile de vous dire que j’ai été contrariée… Mon tuteur ne me faisait pas confiance pour une mission, mais il prenait comme partenaire une autre femme? ». Je tournai la tête en me mordillant la lèvre inférieure; j’avais envie de révéler le fond de ma pensée à Loban, mais je n’étais pas ici pour cette raison. La suite, il la connaissait. Je rapportai mon attention sur le visage du jeune homme et souris à nouveau : « Je vous estime beaucoup, Loban… » Dis-je avec tendresse en me déplaçant légèrement pour être plus près de lui. « … Ce soir-là, j’ai agi sans réfléchir aux conséquences de mes actions, sans penser un seul instant que je pourrais blesser quelqu’un… Que Delvin soit furieux contre moi, c’est une chose! Mais que vous, vous le soyez, cela me chagrine… Je n’ai jamais souhaité vous causer du tort… ».

Je décroisai les bras et posai les mains de chaque côté de mes hanches pour prendre appui sur la tranche su bureau. Ma respiration soulevait ma poitrine avec douceur alors que je gardais les yeux fixés sur ceux du jeune Lord. « Je vous considère comme un ami, peut-être même le seul ami que je possède ici… J’ai besoin de cette amitié, vous avez besoin de mon savoir-faire, nous avons besoin l’un de l’autre… »


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Loban V. Renfield
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Informations : Comte de Warwick. • A été adopté à l'âge de sept ans. • A hérité d'une fortune incommensurable à la mort de son père adoptif, mais aussi des titres honorifiques. • Possède une grande force physique, ayant subi un entraînement militaire intensif pendant plusieurs années. • A passé plusieurs années en Inde, Chine et Japon. • Connait quelques arts martiaux. • Est connu pour ses fêtes mondaines où il n'apparaît jamais, se tenant à l'écart. • A un comportement et un caractère assez puéril. • Fait parfois preuve d'une grande naïveté. • Se met rarement en colère. • Passe certains de ses soirs dans Whitechapel, au sein de la Tribu de Fergus Lynch. • Est considéré comme un excentrique de par ses idées. • Son prénom vient d'un prénom juif mal orthographié. • A une petite cicatrice sous l'œil gauche et ailleurs sur le corps. • Origine sino-écossaises.
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MessageSujet: Re: Please accept my apology | Loban Please accept my apology | Loban Icon_minitimeMer 27 Déc - 17:32



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« I WILL FORGET BUT I’LL NEVER FORGIVE YOU. »

Chambres du Parlement, Juillet 1891.

Loban était toujours calé dans son fauteuil, le regard froid et agacé. Ce dernier était toujours braqué sur Joséphine qui lui faisait face. La première chose qui l’irrita chez la jeune fille fut l’usage direct de son prénom. En effet, le Lord n’estimait pas qu’elle fût en position d’utiliser de telles familiarités à son égard, surtout après ce qu’il s’était passé depuis la Tour. Il était déjà las de cette entrevue qui ne venait que de commencer. Cependant, elle ne s’arrêta pas là. Elle s’approcha de lui, sous le regard intrigué et peu enjoué de ce dernier. Il eut alors quelques questions dans sa tête, se demandant jusqu’où irait-elle dans cette sorte de rendez-vous. Elle posa la paperasse qu’elle avait dans ses bras pour faire un commentaire sur ses yeux. Le regard de Loban se fit alors plus noir. De quoi se mêlait-elle encore ? La Tour ne lui avait pas suffi comme exemple concret du « mêles-toi de ce qui te regarde » ? Il soupira profondément et finit par détourner le regard comme pour l’empêcher d’en voir plus. Elle continua ses familiarités en lui prenant le visage et en lui rappelant que non, actuellement, dans sa vie, ce n’était pas une bonne période.

Ses joues dans les paumes de Joséphine, il la regarda sans broncher, les yeux toujours noirs et glacials. Puis, elle finit par faire glisser son doigt sur sa peau tout en s’excusant. Loban eut une légère grimace de dégoût tout en reculant sa tête pour l’empêcher de continuer. Il essayait pourtant de rester calme et de conserver son sang-froid mais sa patience avait franchement été altérée suite au départ de Lydess et elle était encore plus amoindrie face à Joséphine. Autant dire qu’il n’était nullement disposé à accepter ces sortes d’avances qu’il ne comprenait pas. Il devait avouer qu’en plus d’être agacé, il était maintenant un peu perdu. Il croisa à son tour les bras, ne bougeant pas et restant silencieux tout du long. Il écouta son long monologue sur sa culpabilité, sur ses sorties avec Devlin Stanton. Il n’ignorait pas que Stanton était le tuteur de Joséphine mais le détective n’était guère apprécié par le Home Secretary. L’évocation de ce nom avait pour don de l’agacer toujours un peu plus, surtout ces dernières semaines. L’évocation de la « cartomancienne vêtue en habits d’homme » aggrava un peu plus la situation et l’humeur de Loban qui ressentit, cette fois-ci, bien que plus de l’agacement.

Il serra dents et poings sous la colère. Il n’avait que faire des sentiments de trahison et de culpabilité que pouvait ressentir celle qui avait failli devenir son assistante. Il était trop dégoûté et trop enragé pour pouvoir envie de faire un effort de pardon. Mais pour l’instant, il parvenait à ne pas éructer de rage face à l’insolence, l’impolitesse et surtout la familiarité de Joséphine. Cependant, elle n’en avait pas encore terminé et il se demandait si elle ne le faisait pas exprès pour le provoquer. Elle le toucha encore, avoua qu’elle avait de l’estime pour lui et s’excusa encore une nouvelle fois auprès de lui. Il ignorait ce qu’elle cherchait au final, ce qu’elle voulait. Ses sourcils se froncèrent un peu plus tandis qu’il se sentait prêt à se lever à tout moment si elle continuait de le toucher ainsi. Cependant, elle se retira et avoua qu’elle le considérait comme un ami et que chacun avait besoin de l’autre. Ceci… fut en quelque sorte la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Son visage fermé et dur se détendit soudainement pour laisser apparaître un grand sourire amusé et quelque part, dépité.

Il éclata d’un grand rire en se levant, un rire franc qui avait quelque chose de désincarné, voire même de dément. Il marcha un petit peu en reprenant son souffle, ne croyant toujours pas à ce qui venait d’être dit. Il se dirigea vers la fenêtre de son bureau pour regarder à travers le carreau d’un air pensif, ricanant toujours un peu. Il finit par soupirer, un sourire aux lèvres, préparant ses mots avant de se tourner vers Joséphine. Il la regarda droit dans les yeux pendant quelques secondes avant de hausser les sourcils tout en souriant, donnant un air très condescendant à son visage.

— Si vous pensez réellement à tout ce que vous venez dire, alors vous êtes bien naïve, chère « Joséphine ».

Il avait insisté sur l’usage de son prénom pour bien lui faire comprendre que ce qu’elle avait fait au début de leur entrevue l’avait fortement déplu. Il secoua la tête avec dépit avant de poursuivre :

— Je ne suis pas votre ami. Je ne suis pas là pour vous conseiller quand vous prenez de mauvaises décisions. J’ai assez à faire la sécurité d’un peuple tout entier pour écouter vos jérémiades. Je vous estimais également beaucoup, Miss Morel. Mais vous m’avez profondément déçu.

Il se tourna vers la fenêtre et croisa les bras dans son dos.

— Cependant, vous n’êtes pas la seule à m’avoir déçu, si cela peut satisfaire votre curiosité déplacée. Le reste ne vous concerne pas.

Il marqua une pause, fronçant légèrement les sourcils avant de renchérir :

— De plus, ce que vous et votre petite bande avez accompli à la Tour est de la haute trahison. Je pensais pourtant avoir été clair mais il faut croire que non : faites-vous remarquer encore une fois et vous finirez dans les cachots de la Tour.

Il se dit alors qu’elle n’avait probablement pas eu vent des conséquences qu’avait eu la morsure qu’il avait reçu à l’épaule. Mais après tout, il n’était pas là pour jouer les victimes. C’était son intimité, sa vie privée, il ne voyait pas en quoi cela devait être appris par Joséphine. Il tourna alors un regard noir et dénué de toute autre émotion que la colère vers elle.

— Or, votre remue-ménage dans les couloirs du Parlement a été remarqué. Je n’appelle pas vraiment cela être discret.

Il soupira profondément avant d’avoir un léger ricanement.

— Quant à votre « savoir-faire »… De quel savoir-faire parlez-vous ? De votre capacité à désobéir ? À n’en faire qu’à sa tête ? Désolée, mais je ne pense pas que ce soit un savoir-faire qui me soit utile dans ma profession.

Il regarda de nouveau la fenêtre.

— Vous voyez, j’avais confiance en vous, mais je vous avais jugé trop vite. Je n’accepte pas vos excuses. Sortez maintenant. Et ne vous avisez plus jamais de me toucher.

Le regard froid et noir, il regardait la pluie qui commençait à s’abattre sur les verres de la fenêtre. Il espérait réellement qu’elle s’en aille, espérant qu’il pouvait profiter de cette solitude qu’il cherchait. Cette solitude qui le réconfortait tout comme qui le détruisait.
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MessageSujet: Re: Please accept my apology | Loban Please accept my apology | Loban Icon_minitimeMar 2 Jan - 1:55



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|Citation de Jean Baptiste Blanchard ; Les maximes de l'honnête homme (1772)|

Juillet 1891

L’air agacé de Lord Renfield ne m’avait pas échappé, mais loin d’en être impressionnée, j’avais poursuivi mes excuses, pensant peut-être que je réussirais à le gagner, tôt ou tard. Si je pouvais imaginer toute sorte de réactions de la part du jeune homme, je n’avais pas imaginé un seul instant qu’il éclaterait de rire. Son rire, plus que tout autre air renfrogné, fut ce qui me désarma; je fronçai les sourcils, la bouche légèrement ouverte en suivant le Home secretary des yeux alors que celui-ci se levait et se dirigeait vers la fenêtre. La folie venait-elle de le gagner? Mes frères m’avaient souvent avertie que je ferais perdre la tête à notre père si je continuais d’avancer sur la voie que j’avais choisie et qui était contraire à ses valeurs, mais en avais-je réellement le pouvoir? Cette idée était ridicule et pourtant, alors que Loban reprenait son souffle, je commençais à la considérer comme acceptable…

Lorsque le jeune homme se tourna enfin dans ma direction, après un moment de silence que je n’avais osé perturber, les muscles de mon visage se contractèrent en une expression colérique alors que j’apercevais le sourire arrogant qu’il semblait fier d’afficher. Les paroles que Loban prononça par la suite me firent regretter rapidement la bienveillance avec laquelle j’avais tenté de me faire pardonner. Mes méthodes ne lui avaient pas plus? Tant pis! Était-ce plus adéquat de m’insulter et de m’humilier comme il le faisait à présent? Je ne le crois pas! Mon regard soutenait celui de cet homme pour lequel j’avais prétendu avoir de nobles sentiments d’amitié alors que ma poitrine se soulevait rapidement, muet avertissement de la tempête qui approchait et que je ne pourrais bientôt plus contenir…

« Je n’accepte pas vos excuses. Sortez maintenant. Et ne vous avisez plus jamais de me toucher. »

Il m’avait tourné le dos, osant me chasser ainsi, sans même me regarder droit dans les yeux comme il l’avait fait tout au long de ses venimeuses paroles. Mes poings s’étaient serrés et je tremblais imperceptiblement; ignorait-il que lorsque l’on me contrariait de la sorte, je me transformais en véritable volcan en éruption? N’avais-je pas tenté de détruire la porte de bois massif de la demeure de Devlin, en la frappant de mon petit poing? N’avais-je pas mis son bureau sens dessus dessous en cherchant une arme pour tuer Billy? Bien sûr que Lord Renfield l’ignorait! Il ne me connaissait pas et il n’était pas dans ses intentions de le faire!

Je m’éloignai du bureau en frappant violemment sa tranche sur laquelle mes paumes avaient été posées pour rejoindre le Home secretary près de la fenêtre. « Sinon quoi, Lord Renfield !? » Dis-je entre mes dents, en dédaignant le titre de noblesse de Loban, en réponse à son interdiction de le toucher. Aussitôt, j’enfonçai mon index dans le flanc du jeune homme, au niveau de ses côtes. « Vous crierez au viol? » Demandais-je en répétant mon geste, mais cette fois plus bas, au niveau de l’abdomen. « Vous me ferez enfermer dans la Tour de Londres? ». Mon index, telle une arme, s’enfonça cette fois dans le triceps du jeune homme. « Pour motif que j’ai osé poser mes mains sur vous? » M’exclamais-je en levant cette fois mes deux index dans la direction de Loban, prêts à être utilisés à nouveau. « À l’aide! Cette jeune demoiselle a caressé mon noble visage! » Dis-je d’une voix exagérément plaintive, me moquant ainsi de Loban.

Je ne savais quelle mouche m’avait piqué, mais elle m’avait piqué au vif! Sans réfléchir (comme si j’avais réfléchi jusqu’à maintenant), je poursuivis : « Vous n’êtes qu’un enfant gâté! Restez caché dans votre bureau sombre à pleurer sur votre sort! C’est vrai que c’est la meilleure chose à faire! Oui, je ne fais qu’à tête et oui, je désobéis, mais moi, au moins, je fais quelque chose! ». Cette fois, j’avais tourné les talons, pensant peut-être que je pourrais partir de ce bureau alors que mon attitude pourrait me conduire directement à la potence. « Je pensais que vous étiez un homme fort et courageux, mais vous n’êtes qu’un faible… Je n’ai aucune envie de travailler pour un lâche! » Sifflais-je entre mes dents en rejoignant la chaise sur laquelle j’avais laissé tomber le porte-document de Devlin.


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   Because a vision softly creeping, left its seeds while I was sleeping. And the vision that was planted in my brain still remains, within the sound of silence.
   
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Loban V. Renfield
Loban V. Renfield

Admin
Âge : 25
Emploi : Home Secretary.
Informations : Comte de Warwick. • A été adopté à l'âge de sept ans. • A hérité d'une fortune incommensurable à la mort de son père adoptif, mais aussi des titres honorifiques. • Possède une grande force physique, ayant subi un entraînement militaire intensif pendant plusieurs années. • A passé plusieurs années en Inde, Chine et Japon. • Connait quelques arts martiaux. • Est connu pour ses fêtes mondaines où il n'apparaît jamais, se tenant à l'écart. • A un comportement et un caractère assez puéril. • Fait parfois preuve d'une grande naïveté. • Se met rarement en colère. • Passe certains de ses soirs dans Whitechapel, au sein de la Tribu de Fergus Lynch. • Est considéré comme un excentrique de par ses idées. • Son prénom vient d'un prénom juif mal orthographié. • A une petite cicatrice sous l'œil gauche et ailleurs sur le corps. • Origine sino-écossaises.
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MessageSujet: Re: Please accept my apology | Loban Please accept my apology | Loban Icon_minitimeMar 2 Jan - 11:27



Please Accept My Apology.

« I WILL FORGET BUT I’LL NEVER FORGIVE YOU. »

Chambres du Parlement, Juillet 1891.

Quelque chose disait à Loban que Joséphine ne lâcherait pas l’affaire aussi rapidement. Et pourtant, il savait pertinemment qu’il n’aurait pas non plus la patience pour tenter de dégager la jeune femme qui l’importunait déjà au plus haut point. Et il ne se trompa pas. Il l’entendit frapper de colère son bureau et ses pas s’approcher de lui. Il n’ignorait pas qu’elle était désormais tout aussi en colère que lui après ce qu’il lui avait dit. Mais si mademoiselle n’était pas disposée à accepter la vérité, il ne pouvait plus rien faire pour elle. De plus, il n’en avait pas envie, là tout de suite, mais cela, elle l’avait sûrement compris. Elle prit la parole et Loban regarda le ciel avec exaspération. Il avait l’étrange impression que tout ceci allait dégénérer encore plus. Il garda pourtant son calme quand elle prononça son titre de noblesse avec dédain, dans des fins purement irrespectueuses. Elle continua ensuite ses provocations, cherchant sûrement à le faire sortir de ses gonds à moins que ce ne soit elle qui ne soit déjà hors de contrôle. Il sentit un doigt se planter désagréablement dans sa chair, toujours avec la voix de Joséphine qui le défiait de l’accuser de viol vu qu’elle le touchait.

Il la regarda avec des yeux à mi-chemin entre le choc ou l’outrage. Il ne s’était réellement pas attendu à ce que la jeune femme n’ait pas froid aux yeux. Mais cela ne l’étonnait guère, il avait toujours aimé les femmes de caractère. Mais quoiqu’il en soit, l’heure n’était pas à la flatterie, bien au contraire. Elle continuait de le provoquer, de le toucher et il aurait été mentir de dire que Loban ne sentait pas la colère monter en lui. Il bouillonnait de rage face aux propos de la jeune insolente dont les provocations fonctionnaient à merveille. Il serra les dents, essayant de garder vainement son calme mais ce fut qu’elle dit ensuite qui le fit craquer définitivement. Le fait qu’elle l’accuse d’être un enfant gâté, qui pleure à la moindre contrariété et qu’il était inutile et lâche. Tout ceci était faux, bien évidemment, aux yeux de Loban. Joséphine parlait sans connaître sa situation. Elle avançait des accusations sans connaissance de causes. Alors qu’elle tournait les talons pour aller faire il ne savait quoi, il se saisit de son bras avec force, peut-être un peu trop, sous la colère, il la dosait très mal.

Il la ramena près de lui pour la maintenir devant ses yeux furieux. Il lui tenait toujours l’avant-bras d’une forte poigne qui laisserait sûrement une belle ecchymose. De son autre main, il administra une gifle d’une force toute aussi certaine à Joséphine. Il ne voulait pas lui faire mal à proprement parler, mais il bouillait tellement de rage que doser sa puissance musculaire était devenue impossible. Toujours sans rien dire, il finit par la prendre par la mâchoire, maintenant son cou droit et la forçant à le regarder. Il finit par la plaquer contre le mur de son sombre bureau, la regardant toujours dans les yeux avec rage. Il ne savait pas quoi lui dire pour se défendre à cet instant. Il n’y avait qu’un long silence pesant. Ses mains n’avaient pas changé d’emprises : l’une tenait toujours fermement la mâchoire de la jeune fille, l’autre son avant-bras. Finalement, dans une voix grave et rauque, il finit par siffler :

— Tu ne connais pas ma vie. Et je ne connais pas la tienne. J’aurai dû te laisser crever dans la Tour avec les autres. Vous m’auriez apporté beaucoup moins de problèmes, tous.

Il força un peu sur la mâchoire, l’obligeant à poser l’arrière de son crâne contre le mur.

— Je ne suis pas un lâche. Si je l’avais été, le vampire aurait été libéré après s’être repu de vos cadavres.

Il soupira rapidement avant de reprendre :

— Et je ne suis un pourri gâté non plus. Preuve que tu ne m’écoutes pas quand je t’ai parlé de mes origines.

Il la lâcha alors pour lui saisir le col à deux mains et mieux la planquer contre le mur. Il ferma les yeux, tremblant légèrement, avant de murmurer :

— Vous m’agacez… Tous. J’en ai marre de tout ça, de tout ce luxe, de toutes ces manières, des protocoles, des critiques des bourgeois, de la jalousie des classes moyennes…

Il la retira du mur pour la plaquer de nouveau contre. Tête basse, il dit à mi-voix :

— Je t’ai dit de foutre le camp. Ou je te casse les dents.

Il la lâcha et finit par se détourner. Il était incapable de se mettre dans une véritable colère autoritaire. Il continuerait de se laisser marcher sur les pieds indéfiniment et de n’être qu’un objet du décor dans la vie des autres. Il n’avait pas l’impression d’être l’acteur de sa propre existence, c’était les autres qui décidaient pour lui, ce qui était ironique quand on occupait un poste si haut-placé dans la politique. Il partit se replacer devant sa fenêtre, se passant une rapide main sur le visage en soupirant avant de croiser les bras dans son dos, regardant à l’extérieur.
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My mouth was a crib and it was growing lies. I didn't know what love was on that day. My heart's a tiny bloodclot, I picked at it. It never heals it never goes away. This was never my world, you took the angel away, I'd kill myself to make everybody pay. I would have told her then she was the only thing that I could love in this dying world. But the simple word love itself already died and went away. This was never my world, you took the angel away, I'd kill myself to make everybody pay.
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Joséphine E. Morel
Joséphine E. Morel

Âge : 23
Emploi : Officiellement aucun, officieusement romancière.
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Eugène Morel est le pseudonyme utilisé pour signer ses romans.
❤️ Joséphine est féministe et fait de ses convictions le sujet principal de ses romans.
☂️ Habite la demeure du cousin de son père, M. Devlin Stanton, dans The Strand.
☠️ Afin de mousser son inspiration pour ses romans, Joséphine s'habille parfois en homme pour se promener incognito dans les rues de Londres.
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MessageSujet: Re: Please accept my apology | Loban Please accept my apology | Loban Icon_minitimeVen 5 Jan - 17:10



Please accept my apology

« Demander pardon, c'est toujours convenir qu'on a tort, et il n'est pas permis à une personne sensée qui pense et qui sait réfléchir, d'avoir dit ou de faire des sottises. »
|Citation de Jean Baptiste Blanchard ; Les maximes de l'honnête homme (1772)|

Juillet 1891

Qu’avais-je pensé? Que je pourrais partir sur mes dernières paroles, récupérer le porte-document de Devlin et franchir la porte du bureau de Lord Renfield avec grâce, le laissant seul à réfléchir aux mots que je lui avais crachés tel un venin et que je m’en sortirais sans aucune conséquence? Si mon tuteur s’était toujours montré patient malgré mes sautes d’humeur, c’était en grande partie parce qu’il ne voulait lever la main sur la fille de son cousin, mais puisque je n’étais rien de plus qu’un problème, pour Loban, pouvais-je réellement croire à mes chances de m’en sortir ainsi?

Alors que je tentais de m’éloigner, je sentis sa forte main se serrer autour de mon bras en une douleur soudaine et inattendue. Je poussai un petit cri de surprise alors que mon adversaire me tirait vers lui avec tout autant de force pour me forcer à faire face à son regard colérique. « Lâchez-moi vous me faites m… » Protestais-je avant d’être interrompue par une gifle puissante qui me fit tourner la tête. La peau délicate de mon visage fut pincée et je sentis une douleur lancinante sur ma joue, à l’endroit où l’empreinte rose de la main de Loban resterait probablement visible pendant quelques heures. Des larmes remplirent mes yeux, des larmes de colère par un orgueil blessé.

La tête tournée, je ravalais ma fierté lorsque la main du Home secretary se saisit de ma mâchoire, me forçant à tourner la tête pour le regarder à nouveau. Je lisais la rage dans le regard normalement doux du jeune homme et même si je me refusais de l’admettre, elle était tout à fait justifiée. À cet instant, je n’avais qu’une envie : cracher au visage de cet homme… et c’est ce que j’allais faire, mais ce dernier, d’un mouvement rapide, me plaqua contre le mur, contrant ainsi ce plan insensé... La force de l’impact, pour mon petit corps, me fit perdre le souffle et mes yeux se fermèrent un instant alors que ma poitrine se soulevait et retombait rapidement au rythme de ma respiration saccadée.

Après un moment, mes paupières s’ouvrirent et je soutins le regard mauvais de Loban avec défi alors que, maintenu dans cette position de soumission, il disait regretter de m’avoir sauvé la vie dans la Tour de Londres (la mienne et celle de tous les autres). Comme pour appuyer ses paroles, le Home secretary pressa ma tête contre le mur alors que de son autre main il serrait toujours mon bras que je ne sentais presque plus. Les paroles qu’il prononça ensuite me firent rapidement comprendre que j’avais réussi à le blesser en l’accusant de lâcheté et d’être un enfant gâté. Cela me fit presque plaisir… Presque parce qu’en fait, mon corps n’avait aucun plaisir à être ainsi malmené…

Loban retira sa main d’autour de mon bras et celui-ci se mit immédiatement à picoter désagréablement. Il lâcha également mon menton, mais ce n’était pas pour me libérer de son emprise ou pour me laisser partir; Lord Renfield attrapa fermement le col de mon vêtement pour me plaquer à nouveau contre le mur. Cette fois, j’eus la terrible envie de lui asséner un coup de genou dans son noble entrejambe, mais il semblait si vulnérable, tout à coup, que je l’observai fermer les yeux, sentant son tremblement, sans oser bouger. Sa voix fut un murmure, mais je compris parfaitement chacun de ses mots. La colère qu’il laissait exploser contre moi prenait racine dans quelque chose de plus profond que la déception que je lui avais causée cette nuit-là, à la Tour de Londres. Je fronçai les sourcils en l’écoutant parler, puis, lorsqu’il termina, j’allais lui dire une parole réconfortante (qu’il aurait certainement mal interprété), sentant qu’il relâchait légèrement ses doigts autour de mon col, mais ce fut simplement pour me repousser, une fois de plus, et de me menacer de me casser les dents si je ne partais pas…

Lorsque ses mains me quittèrent pour de bon et qu’il se détourna, je restai là, sans bouger, ne croyant pas réellement que c’était terminé. Au final, je n’avais pas été si malmené que cela, mais mon orgueil avait été piétiné et c’était ce qui me blessait le plus. Je baissai les yeux, fixant un point imaginaire au sol du bureau sombre de Loban et machinalement, je posai ma main sur mon bras meurtri en rejoignant lentement la chaise sur laquelle se trouvait toujours le porte-document de Devlin. Je me baissai pour l’attraper, mais au lieu de me diriger ensuite vers la porte du bureau pour le quitter, je me tournai dans la direction du Home secretary qui regardait par la fenêtre. Je luttais contre l’envie de foncer sur lui à nouveau pour le frapper du porte-document; succomber à mon impulsivité, une fois de plus, ne ferait qu’aggraver les choses…

« Bien! » finis-je par dire, d’une voix qui se voulait en pleine possession de ses moyens. Je déposai le porte-document sur le bureau du Home secretay et tirai la chaise légèrement pour m’y assoir, face à celle vide de Loban. « Maintenant que nous avons exposé le véritable problème et que nous avons évacué le… méchant… » Poursuivis-je en étalant le contenu du porte-document sur le bureau avec ordre. « … Que diriez-vous de venir vous assoir? ». Je tournai la tête par-dessus mon épaule pour regarder la silhouette imposante du jeune homme. « Je ne partirai pas d’ici sans avoir fait ce pour quoi je suis venue, que cela vous plaise ou non… Et si pour cela je dois perdre des dents… et bien… Je connais un homme qui fait de très jolis dentiers… » Dis-je sur un ton léger, espérant adoucir l’atmosphère et de me convaincre également que je n’avais plus envie d’arracher les yeux de Loban…


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MessageSujet: Re: Please accept my apology | Loban Please accept my apology | Loban Icon_minitimeLun 8 Jan - 11:54



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« I WILL FORGET BUT I’LL NEVER FORGIVE YOU. »

Chambres du Parlement, Juillet 1891.

Loban ne bougea pas de devant sa fenêtre, regardant les oiseaux gazouillaient sur une branche qui entrait dans son champ de vision. À cet instant, il se disait que les petits êtres à plumes semblaient bien plus insouciants et heureux que lui. Non seulement il avait envie d’être seul, mais il savait aussi que s’enfermer dans cette solitude serait néfaste. Il soupira doucement, tendant cependant l’oreille afin de savoir si Joséphine allait l’écouter ou pas. Étrangement, il s’était presque attendu à ce qu’elle lui saute dessus pour se « venger », mais il entendit juste ses pas s’éloigner légèrement. Il s’en voulait déjà d’avoir été si violent avec elle alors qu’elle ne l’avait qu’insulté. Ce qui était déjà beaucoup en soi, surtout vu la position politique de Loban. Mais pour le Home Secretary, des injures, qu’elles soient justifiées ou non, ne méritaient pas la violence. Cette dernière était une réaction facile et quelque peu totalitaire à une situation déplaisante. Surtout que, vu leurs carrures à tous les deux, Miss Morel n’avait aucune chance face au jeune homme. C’était clairement de l’abus de force et il pouvait aussi abuser de son pouvoir, mais ce serait tomber bien bas. Il n’avait déjà pas beaucoup d’estime pour lui-même, cela ne servait à rien d’en rajouter.

N’entendant pas beaucoup de bruit de la part de Joséphine et craignant de l’avoir traumatisé après son excès de colère, il jeta un petit coup d’œil discret et inquiet à la jeune fille. Étrangement, elle était toujours là et ne semblait nullement affectée par ce qu’il venait de se passer. Loban, interloqué, fronça légèrement les sourcils, épiant ses gestes, se demandant ce qu’elle allait bien faire. Pour être franc avec lui-même, il n’avait aucune idée de ce qu’il allait se passer ensuite. Elle s’exclama alors, d’un ton plutôt sûr, ce qui contrastait énormément avec le fait qu’elle venait de se faire menacer d’avoir les dents brisées si elle restait dans ce bureau. Apparemment, elle n’avait guère peur et ne le prenait pas au sérieux. Le Home Secretary eut une moue contrariée et renfrognée suite à cette ignorance de sa menace qu’il aurait été, de toute façon, incapable de mener à terme. Elle s’assit alors, déclarant qu’elle insisterait pour parler de ce pourquoi elle était venue à la base. De plus en plus pris au dépourvu, Loban ne bougea pas, malgré l’invitation de Joséphine. Il se contenta de la regarder dans les yeux, son regard semblant plus surpris que colérique.

À vrai dire, elle l’avait tellement pris au dépourvu et avait adopté un ton tellement détaché que cela avait chassé toute la colère du jeune homme, mêlé à la culpabilité de celui-ci. Il soupira profondément, ne sachant pas vraiment comment réagir dans une situation pareille. Il finit par cligner des yeux, en proie à une hésitation certaine. C’était déjà suffisamment compliqué dans sa tête, il n’avait pas besoin d’une femme qui agissait comme si rien n’avait de conséquences. Quelque part, cette légèreté était une qualité mais pouvait être un défaut. Tant d’insouciance, c’était… Il se passa une main sur le visage, déboussolé, ayant le sentiment qu’il avait besoin de s’asseoir. Cependant, sa petite fierté l’empêchait d’aller rejoindre la chaise confortable de son bureau. De plus, il préférait garder une certaine distance. Et dernièrement, il passait suffisamment de temps assis ces derniers jours, rester debout ne pourrait faire que du bien à ses jambes. Il resta silencieux quelques instants, continuant de la regarder dans les yeux en cherchant ses mots, un peu perdu. Néanmoins, la petite touche d’humour de Joséphine ne lui esquissa pas l’ombre d’un sourire, même si cela aurait pu dans d’autres circonstances. Il inspira profondément, finissant par baisser le regard pour le tourner vers ses pieds.

— Écoutez, Miss Morel… Abrégez… S’il vous plaît.

Il s’était exprimé sur un ton plus las qu’autre chose. Après la colère s’ensuivait toujours une sorte de dépression bégnine, sûrement à ce sentiment de culpabilité qui le rongeait depuis quelques secondes.

— De toute façon, vous ne semblez pas disposer à m’écouter alors autant quelqu’un soit à même de le faire.

Il fit alors un bref geste de la main, encourageant Joséphine à parler. Il croisa ensuite ses bras, le dos appuyé contre le mur. Il la regarda, l’expression de ses yeux étant au final entre la lassitude et l’absence totale d’émotions, donnant au rendu final un côté assez… mort à l’intérieur.
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MessageSujet: Re: Please accept my apology | Loban Please accept my apology | Loban Icon_minitimeDim 28 Jan - 15:59



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« Demander pardon, c'est toujours convenir qu'on a tort, et il n'est pas permis à une personne sensée qui pense et qui sait réfléchir, d'avoir dit ou de faire des sottises. »
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Juillet 1891

Le sang me montait à la tête, frappant violemment contre mes tempes et je sentais ma joue s’engourdir alors que je tremblais imperceptiblement; malgré mes efforts, il était difficile d’oublier la colère que je ressentais envers Loban. Alors qu’une petite voix avait tenté de me faire fuir ce bureau sombre, craignant que la menace du jeune Lord soit mise à exécution, j’essayais de me convaincre que jamais Lord Renfield ne ferait une telle chose; malgré toute l’insolence que pouvait avoir une jeune femme envers lui, jamais son geste ne serait accepté et il le savait très bien. Allait-il réellement risquer de tout perdre, alors que sa réputation était déjà mise à l’épreuve, pour assouvir sa violente impulsion?

Je soutins donc le regard du jeune homme, ne sachant quelle serait sa prochaine réaction, alors que les documents sans importance que j’avais apportés avec moi étaient étalés sur son bureau. Parmi ces documents, il y avait l’exemplaire de mon roman dans lequel ma défunte mère avait écrit des paroles réconfortantes et encourageantes qui rendaient hommage à tout le travail et l’acharnent que j’avais mise à la réalisation de ce roman. Tout près se trouvaient quelques ébauches de ce qui serait ma prochaine histoire : l’ascension de la Tribu et de son chef. Ce n’était peut-être pas une bonne idée d’avoir apporté cela… Il y avait aussi quelques dessins, rien de bien exceptionnel, représentant des personnes inconnues que j’avais croisées au court de mes explorations de la ville et pour terminer, quelques textes, plutôt brefs, ressemblant à des articles de journaux que je m’étais amusé à écrire lors de mes précédentes aventures. En somme, rien de bien intéressant pour Loban ou pour n’importe qui d’autre. Néanmoins, c’était tout ce que je possédais pour tenter de vendre mes capacités à travailler pour le home secretary, outre mes propres paroles.

Lord Renfield inspira bruyamment et parla enfin. J’avais l’impression qu’il déposait enfin les armes et j’allais répondre à sa demande lorsqu’il ajouta : « De toute façon, vous ne semblez pas disposer à m’écouter alors autant quelqu’un soit à même de le faire. ». Cette dernière pique me fit froncer les sourcils et je tournai les yeux sur les documents que j’avais disposés sur le bureau de Loban. Il était prêt à m’écouter, d’accord, mais pas par volonté de cœur. Il le faisait parce qu’il supposait peut-être que j’en serais satisfaite et que je partirais rapidement par la suite. Il se trompait! Je fermis les yeux, soupirant à mon tour; je devais garder mon calme, ne plus exploser comme je l’avais fait, lui parler, tout simplement.

« Vous m’avez proposé, un jour, de travailler pour vous. Vous ne saviez peut-être pas, à ce moment, que je m’infiltrerais dans la Tour, à la suite de bien d’autres personnes, mais vous aviez vu quelque chose en moi. Quelque chose qui devait certainement être une qualité que vous recherchiez pour ce poste. Ce quelque chose, c’était peut-être cette aptitude que j’ai à désobéir, à faire le contraire de ce qui est attendu par la bonne société, de suivre mes instincts… Vous savez que j’aspire à beaucoup plus que la majorité des femmes de ma condition. Je veux être libre en tout point. Néanmoins, je ne suis pas méchante et je n’ai jamais souhaité blesser qui que ce soit dans mes agissements. Je ne suis pas parfaite, que le ciel en soit loué, mais mes défauts peuvent être utilisés… Avant que notre petit groupe s’infiltre dans la tour, jamais vous n’auriez pensé que cela était possible. Maintenant, vous le savez… Nous le savons. J’ai suivi mon tuteur et toutes ces personnes, j’ai réussi à ne pas être repéré par vos gardes. Si cela fait de moi une criminelle, je l’accepte, mais maintenant, je peux ajouter cela à mon dossier d’embauche. Avoir près de vous une personne capable de prévoir les coups de ceux qui désobéissent dans le but de vous briser ne pourrait pas être un avantage? » Je pris les quelques écrits sur la Tribu que je possédais et poursuivis : « Je connais toutes les ruelles de Londres, les endroits les moins fréquentables de la ville… Depuis que je suis arrivée, j’ai exploré chacun de ces recoins et j’ai rencontré bon nombre de personnes… Des gens bien, mais également des gens peu fréquentables… Personne ne se méfie de moi : voyez par vous-même, je ne suis qu’une jeune française rêveuse qui n’a de talent que pour l’écriture… Et pourtant… » Je froissai légèrement l’une des feuilles sur lequel se trouvait le nom de Fergus et la rangeai lentement dans le porte-document de cuir brun de Devlin. « … Et pourtant, je possède plusieurs cordes à mon arc que la majorité ne pourrait même pas soupçonner… »

Je me levai et entrepris de ranger les documents que j’avais étalés devant moi et que Loban ne viendrait pas regarder; quel intérêt y avait-il en fin de compte? Lorsque le bureau du home secretary fut revenu dans son état initial, je pris le porte-document sous mon bras et me tournai vers le jeune homme : « Je vous répète que je suis désolée de vous avoir blessé, même si je ne crois pas être l’unique responsable de votre malheur. Je suis également désolé de vous avoir touché… Je ne pensais pas que cela serait déplacé… Finalement, je suis désolée d’avoir pris de votre temps, mais je vous suis reconnaissante de m’avoir écoutée. »

Étais-je réellement prête à trahir la Tribu pour travailler pour Loban Renfield? C’est du moins ce que mes paroles avaient semblé vouloir dire alors que le home secretary ignorait tout de ma relation avec le séduisant chef des bandits. Était-ce une manière, pour moi, de tenter de contrer le destin prédit par Lydess et dans lequel je courais à ma perte à suivre Fergus et à lui obéir? Malgré tout l’amour que j’avais pour lui, étais-je réellement prête à mettre de côté mes aspirations pour une idylle qui ne perdurerait peut-être pas? Ou alors, était-ce ce que je souhaitais faire croire à Loban? Seul l’avenir pourrait apporter des réponses à ces terribles questions…


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   Because a vision softly creeping, left its seeds while I was sleeping. And the vision that was planted in my brain still remains, within the sound of silence.
   
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Loban V. Renfield
Loban V. Renfield

Admin
Âge : 25
Emploi : Home Secretary.
Informations : Comte de Warwick. • A été adopté à l'âge de sept ans. • A hérité d'une fortune incommensurable à la mort de son père adoptif, mais aussi des titres honorifiques. • Possède une grande force physique, ayant subi un entraînement militaire intensif pendant plusieurs années. • A passé plusieurs années en Inde, Chine et Japon. • Connait quelques arts martiaux. • Est connu pour ses fêtes mondaines où il n'apparaît jamais, se tenant à l'écart. • A un comportement et un caractère assez puéril. • Fait parfois preuve d'une grande naïveté. • Se met rarement en colère. • Passe certains de ses soirs dans Whitechapel, au sein de la Tribu de Fergus Lynch. • Est considéré comme un excentrique de par ses idées. • Son prénom vient d'un prénom juif mal orthographié. • A une petite cicatrice sous l'œil gauche et ailleurs sur le corps. • Origine sino-écossaises.
Avatar : Sam Riley
Quartier Résidentiel : Westminster.
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MessageSujet: Re: Please accept my apology | Loban Please accept my apology | Loban Icon_minitimeVen 2 Fév - 15:28



Please Accept My Apology.

« I WILL FORGET BUT I’LL NEVER FORGIVE YOU. »

Chambres du Parlement, Juillet 1891.

Loban écoutait silencieusement la jeune fille qui s’était assise devant son bureau. Son humeur ne s’était pas améliorée et il semblait que Joséphine l’avait remarqué. Tous deux s’exaspéraient réciproquement et il ignorait si à l’heure actuelle, cet échange pouvait amener à quelque chose de constructif. Tous deux avaient leurs caractères, étant aussi têtu l’un que l’autre. Cependant, il resta silencieux tandis qu’elle partait dans un long monologue que le Home Secretary écouta tout de même attentivement. Malheureusement, ce qui semblait être un discours pour vanter ses capacités et se faire bien voir de son futur employeur sonna faux aux oreilles de ce dernier. Cela l’agaça même un peu plus. Il dit ne rien, se contentant de détourner le regard de manière dédaigneuse, presque ennuyé. Il n’avait pas grand-chose à lui dire sur ce sujet-là. Il estimait aussi que ce n’était absolument de lui en parler. Se vanter de pouvoir s’introduire là où c’était défendu et de ne pas avoir peur de désobéir et des conséquences que cela pourrait avoir n’étaient clairement pas des qualités aux yeux de Loban. Il était loin d’être le plus mature des hommes mais il savait pertinemment que cela ne serait bien vu par personne. Encore moins par les hommes du gouvernement.

Il soupira alors profondément, une nouvelle fois, la laissant pourtant finir, avec l’intime conviction qu’elle se trompait sur toute la ligne. Elle se disait connaître la ville comme sa poche, mais elle ignorait que lui aussi, suite à ses années d’enfance à Whitechapel ou alors ses journées passées à chercher Lydess. Cependant, un détail attira son œil dans le dossier de Joséphine. De loin, il put clairement lire « Fergus Lynch » sur la couverture. Il fronça doucement les sourcils. Que pouvait-elle savoir sur ce brigand ? Pourquoi avait-elle tout un dossier à son nom ? Le connaissait-elle personnellement ? Perturbé et songeur, il se mordilla la lèvre inférieure, cherchant vainement une réponse plausible. Déjà que ses actes avaient largement dégradé sa vision d’elle, son monologue n’avait rien arrangé et le nom de Fergus venait de soulever d’autres problématiques. Sa vieille paranoïa resurgit à nouveau. Et si Joséphine était une envoyée de la Tribu ? Après, lors de l’épisode de la Tour, il y avait bien Gerald Fogg et Percy Mortimer. Des partisans de la Tribu, donc. Des hommes de Fergus. Était-il possible que le gang ait remonté jusqu’à la bourgeoisie, via Joséphine. Anxieux, il ne dit rien, la regardant juste avec une nouvelle colère dans son regard.

Cependant, il se devait de rester un minimum professionnel. Il ne pouvait pas la chasser en l’accusant de traitrise. Mais il devait avouer les coïncidences étaient trop nombreuses pour être crédibles. Elle ne pouvait pas avoir monté un tel dossier sur cet homme avec juste ce qui avait été dit dans les journaux. Ou alors, elle avait reçu des témoignages, peut-être. Mais sa curiosité pour le personnage le dérangeait. C’était comme Harry Downcry par rapport à Jack l’Éventreur. C’était juste… bizarre. De plus, depuis l’épisode de la Tour, Loban avait soudainement coupé tout contact avec la Tribu, hésitant même depuis quelques jours à renforcer les contrôles et les arrestations sur les membres du gang. En vrai, il suspectait surtout Lydess d’être au cœur de tout cela. D’avoir tout dit à Fergus et à Devlin Stanton. Qui se trouvait être, comme par hasard, le tuteur de Joséphine ici présente. Il regarda alors ses pieds, perdu dans ses pensées. Tout ceci pouvait être une abominable machination que cela ne le surprendrait même pas. Il était déçu et en colère contre tous. Qui sait si Lydess n’était pas repartie auprès de Fergus, son amant depuis plusieurs années ? Qui sait si Lydess n’avait pas été envoyée Fergus pour justement récupérer des informations sur le Home Secretary, issu du même orphelinat qu’eux mais ayant finalement eu la chance d’être adopté par des nobles ? Il soupira cependant, se disant qu’une réponse à Joséphine était nécessaire :

— Vous savez, Miss Morel, vous n’auriez pas eu besoin de tout ceci quand je vous ai proposé de travailler pour moi. Cependant, maintenant, j’ai dû mal à vous faire confiance. Vous vous vantez de savoir désobéir, je ne sais pas si c’est que je recherche. J’ai été élevé dans la discipline et la loyauté, c’est pour cela que j’ai énormément de mal avec la trahison. Néanmoins, appelez cela de la naïveté si cela vous chante, mais quand je vous ai fait mon offre, j’étais sûr de moi. Ou plutôt de vous. Mais, comme vous pouvez le constater, je me suis trompé.

Il marqua une pause et planta son regard noir dans ses yeux.

— J’ai cependant une question à vous poser : comment connaissez-vous Fergus Lynch ?

Son ton était froid, glacial. Il la toisait du regard, les bras toujours croisés sur son torse, ne bougeant pas d’un pouce.
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The Hate Inside.
My mouth was a crib and it was growing lies. I didn't know what love was on that day. My heart's a tiny bloodclot, I picked at it. It never heals it never goes away. This was never my world, you took the angel away, I'd kill myself to make everybody pay. I would have told her then she was the only thing that I could love in this dying world. But the simple word love itself already died and went away. This was never my world, you took the angel away, I'd kill myself to make everybody pay.
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