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Did you want to see me ? [Loban V. Renfield]

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MessageSujet: Did you want to see me ? [Loban V. Renfield] Jeu 18 Jan - 22:07


Did you want to see me ?

Scotland Yard, 1892

La lumière et le bruit de quelques passants sortirent Alyson de son sommeil. Enfin, si on pouvait appeler cela un sommeil. La faim et le froid ne contribuaient pas vraiment à des conditions idéales à un repos réparateur. Les membres tout engourdis, elle se leva et commença à faire quelques pas. Son ventre criait qu’on lui donne à manger. Elle devait absolument écrire une nouvelle pièce, là les revenus étaient au plus bas. Elle passa dans un marché, où discrètement, elle déroba un peu de pain de la poche d’un jeune homme.
Il fallait qu’elle trouve une nouvelle idée. Avec son morceau de pain en bouche, elle commença à déambuler lentement dans les rues de SouthWark, l’environnement de la ville était pour elle très inspirant. Elle aurait aimé voir ce qu’était la campagne. Sûrement que les paysages devaient être encore plus stimulant que des bâtiments et des rues pavées, mais le fait qu’elle soit obligée de se les imaginer, rendait ses pensées encore plus folles.

Soudain, la tirant de ses pensées, elle aperçut deux agents de police au bout de la rue. Alyson n’était jamais rassurée à la vue des forces de l’ordre, peut être parce que cela lui arrivait de voler pour se nourrir comme pas plus tard qu’il y a cinq minutes. Elle se détendit légèrement quand les deux agents accostèrent un vieil homme pour lui demander un renseignement. Le mieux était de prendre la prochaine intersection et passer dans la rue parallèle pour continuer son chemin. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que le vieil homme la montre du doigt, et qu’avant qu’elle ait pu atteindre le croisement, les deux agents étaient déjà devant elle.

- Mademoiselle Dale ?
- Hum, je suppose que vous connaissez déjà la réponse. Quel bon vent vous amène par ici messieurs ?
Peut être pas la meilleure entrée en matière, effectivement.
- Veuillez nous suivre jusqu’à Scotland Yard, déclara plus simplement du monde un des deux agents.
- Pardon ?
Ils se retournèrent pour la dévisager.
- Y-a-t-il un problème mademoiselle ?
Elle se ressaisit.
- Hum, je suppose que non. Je vous suis.
Scotland Yard ? Scotland Yard ? Mais pour quelle obscure raison devait-elle aller à Scotland Yard ?
Bon, d’accord, cela lui arrivait de voler à manger, comme ce matin, mais elle n’était pas à la tête de tout un cartel de trafic d’elle ne savait quoi ! Le vol à l’étalage nécessitait-il une convocation escortée à Scotland Yard ?

Alyson n’affichait rien de ses craintes, mais son esprit bouillonnait. Evidemment, elle ne pouvait pas leur fausser compagnie maintenant qu’ils savaient son visage et son nom. Et puis d’ailleurs, comment avaient-ils eu son nom ? Personne ne savait comment elle s’appelle, elle n’était qu’une vagabonde parmi tant d’autres. Elle avait retourner les choses dans tous les sens, elle n’arrivait pas à comprendre cette étrange rencontre.
Alyson, perdu dans ses pensées, n’aurait pu dire si les deux agents lui parlaient ou discutaient entre eux. Ses  questions furent bientôt remplacés par l’observation du quartier The Stramb qu’ils étaient en train de traverser. C’était de loin le quartier préféré d’Alyson de Londres. Entre le théâtre, Picadilly Circus, le parc, ce lieu dynamique était très entêtant. Soudain, les agents devant elle s’arrêtèrent et elle manqua de leur rentrer dedans. Ils étaient arrivés à Scotland Yard. Les agents poussèrent les larges portes et pénétrèrent à l’intérieur du grand bâtiment. Alyson ne put s’empêcher de détailler tous les recoins du hall. On la conduisit dans une salle pour patienter, toujours accompagnée d’un des deux agents, l’autre alla appeler quelqu’un pour prévenir quelqu’un d’autre de quelque chose, elle n’avait pas vraiment écouté. Elle crut seulement comprendre « Home Secretary ».
Etait-ce une bonne nouvelle ?
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Emploi : Home Secretary.
Informations : Comte de Warwick. • A été adopté à l'âge de sept ans. • A hérité d'une fortune incommensurable à la mort de son père adoptif, mais aussi des titres honorifiques. • Possède une grande force physique, ayant subi un entraînement militaire intensif pendant plusieurs années. • A passé plusieurs années en Inde, Chine et Japon. • Connait quelques arts martiaux. • Est connu pour ses fêtes mondaines où il n'apparaît jamais, se tenant à l'écart. • A un comportement et un caractère assez puéril. • Fait parfois preuve d'une grande naïveté. • Se met rarement en colère. • Passe certains de ses soirs dans Whitechapel, au sein de la Tribu de Fergus Lynch. • Est considéré comme un excentrique de par ses idées. • Son prénom vient d'un prénom juif mal orthographié. • A une petite cicatrice sous l'œil gauche et ailleurs sur le corps. • Origine sino-écossaises.
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MessageSujet: Re: Did you want to see me ? [Loban V. Renfield] Mer 31 Jan - 11:20



Did You Want To See Me ?

« OF COURSE I DO. »

Scotland Yard, Janvier 1892.

Loban s’était approprié un petit bureau ce jour-ci à Scotland Yard. Il avait des affaires à régler avec Andrew, ainsi que plusieurs dossiers à ranger et à superviser avec la police londonienne. Pour un Home Secretary, il était plutôt insolite de le voir se promener dans les rues et d’aller directement au cœur du sujet et des problèmes, mais c’était un homme de terrain. Il avait la ferme conviction qu’on ne pouvait pas être mieux servi que par soi-même, ce qui n’était nullement une réflexion prétentieuse mais plus une façon pouvoir être le seul fautif si quelque chose se passait mal. Il n’était pas d’un naturel agressif, même s’il avait des problèmes pour garder parfois son calme, mais il n’était pas l’homme le plus patient, bien que le plus compréhensif possible. L’environnement de Scotland Yard l’exaspérait beaucoup, les détectives amateurs qui travaillaient mieux que les inspecteurs les mieux payés du poste de police l’exaspéraient tout autant, mais malheureusement, il n’y avait pas grand-chose à faire pour cela et il savait que Downcry n’y était pour rien. Il était conscient que les forces de l’Ordre étaient suffisamment occupées avec tout le quartier de Whitechapel, la montée en puissance de la Tribu depuis quelques années et Jack l’Éventreur qui courrait toujours dans la nature.

Cependant, il ne s’attendait pas à voir la secrétaire arriver dans son bureau éphémère en lui signalant que la jeune femme qu’il avait demandé était présente. Loban regarda le manuscrit sur la surface en bois, manuscrit qu’il avait trouvé parfaitement au hasard dans la rue et qui avait attiré son regard. Il l’avait lu, par curiosité, et avait été grandement surpris par la qualité des choix des mots et de la singularité de l’ouvrage. Fort heureusement, l’œuvre avait été signée, ce qui permit à Loban d’essayer de chercher l’auteur du manuscrit. Cependant, il dut constater que les chances qu’elle ait édité quelque chose d’autre furent minces. Après tout, rares étaient les femmes à être publiées, il ne pouvait que le constater avec son amie Joséphine ou encore Lady Collins qui utilisait un nom d’emprunt. Il se leva alors de sa chaise et suivit la secrétaire pour aller chercher la demoiselle. Sa jeunesse le frappa. Elle devait être guère plus jeune que lui, peut-être à peine la vingtaine. De plus, ses habits témoignaient des conditions de vie assez rudes. La plupart des personnes vivant dans la rue étaient analphabètes. Ce n’était pas une catégorisation orgueilleuse de sa part mais simplement un fait. Comment pouvait-elle écrire quelque chose de cette qualité ?

Il lui fit signe de venir avec un sourire bienveillant. Après tout, il n’avait absolument rien à reprocher à la jeune femme, bien au contraire. Néanmoins, l’idée que les policiers ne se soient trompés de personne lui trotta dans l’esprit. Puis d’autres hypothèses apparurent rapidement, comme celle que c’était peut-être un homonyme ou encore que la jeune femme avait signé de son nom et s’était ainsi approprié une œuvre qui ne lui appartenait pas. Toutes les suppositions avaient leur place mais Loban préféra jouer la carte de la confiance. Tant qu’ils n’avaient pas discuté, il ne pouvait pas juger. Il la fit entrer dans son bureau et referma la porte pour ensuite lui tendre la main avec un sourire toujours aussi bienveillant.

— Loban Renfield, enchanté. Miss Dale, c’est cela ? Je vous en prie, asseyez-vous.

Le Lord repartit s’asseoir derrière son bureau, dans son fauteuil presque trop petit pour sa carrure imposante. Il la regarda un instant, l’air songeur un instant, continuant de regarder son interlocutrice. Il croisa les jambes, voulant se donner un air décontracté. Après tout, le but n’était pas de mettre la demoiselle mal à l’aise. Bien au contraire.

— Vous vous demandez sûrement ce que vous faites ici, je peux le comprendre aisément. Cependant, j’aurai une petite question à vous poser.

Il prit le fameux manuscrit et le tendit vers la jeune femme. Avec un ton un peu plus sérieux mais sans pour autant être brusque, il reprit :

— Reconnaissez-vous ceci ?

Bien entendu, Loban ignorait parfaitement les petits délits que faisait Miss Dale, mais, de toute façon, il ne l’aurait pas arrêté pour cela et encore moins réprimandé. Pour avoir connu la misère lui-même, il avait beaucoup de mal à se dresser contre les plus pauvres dont le seul crime était de vouloir manger un morceau de pain pour rester en vie.
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My mouth was a crib and it was growing lies. I didn't know what love was on that day. My heart's a tiny bloodclot, I picked at it. It never heals it never goes away. This was never my world, you took the angel away, I'd kill myself to make everybody pay. I would have told her then she was the only thing that I could love in this dying world. But the simple word love itself already died and went away. This was never my world, you took the angel away, I'd kill myself to make everybody pay.
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MessageSujet: Re: Did you want to see me ? [Loban V. Renfield] Ven 2 Fév - 17:51


Did you want to see me ?

Scotland Yard, 1892


Alyson n’eut pas à attendre longtemps. On vint rapidement la chercher, pour la guider jusqu’à un grand bureau. Et celui qui était venu la chercher n’était autre que le Home Secretary. Par rapport à sa taille moyenne à elle, il était extrêmement grand. A l’annonce de son nom, méfiante, Alyson ne fit qu’acquiescer brièvement. Il se présenta, comme si cela était nécessaire, et l’invita à s’asseoir, en lui tendant une poignée de main qu’elle lui rendit aimablement.
Sur son visage, aucune trace de colère, de sévérité, ou même d’autorité. Peut être n’était-elle pas là pour ses actes illégaux de vol en fin de compte ? Cette situation devenait décidément vraiment étrange.
Alyson ne pouvait s’empêcher d’analyser les moindres mouvements de Loban Renfield, cherchant à savoir ce qu’il lui voulait. Son sourire semblait sincère. Il s’installa sans prétention à son bureau, marqua une pause pour observer la jeune femme.
Cela ne dura que quelques instants, mais pour Alyson, il s’agissait d’une éternité. Elle n’en montrait rien, mais elle trépignait intérieurement. Une question ? Quelle question pouvait-il bien poser à une fille comme elle ?

    - Reconnaissez-vous ceci ?

Lorsqu’elle baissa les yeux pour apercevoir ce qu’il lui tendait, elle crut rêver. Dans sa main, Loban Renfield tenait un manuscrit papier. Il était abîmé, les coins cornés, et légèrement déchiré sur les bords. Elle ne comprit pas tout de suite au début, puis elle se saisit lentement du manuscrit, qui n’était autre que le sien.  
Non, elle n’avait pas rêvé, il s’agissait bien du sien.
Mais oui ! C’était une des copies qui avait été faite pour les autres comédiens de la troupe, qu’elle était censée ramener la semaine dernière, mais impossible de mettre la main dessus.  Et dire qu’elle ne pensait jamais revoir ce fichu papier qui lui avait valu une réprimande de son responsable… Heureusement qu’elle avait la mémoire excellente, et que tout ce qu’elle écrivait restait gravé dans sa tête ! La répétition s’était bien passée, mais son responsable ne cessait de lui lancer des regards agacés, alors que la situation était sous contrôle. Il l’avait plus ou moins recueillie, et permit d’écrire, mais qu’est ce qu’il pouvait être énervant quand il s’y mettait ! Toujours sur son dos, à lui demander de se dépêcher toujours plus, d’écrire toujours plus et toujours mieux…
Soudain, elle se souvint qu’elle était dans le bureau du Home Secretary. Et que celui ci était en possession d’une de ses pièces. Rien que ça.
A moins qu’il soit un habitué de Southwark ou Whitechapel, ce qui aurait beaucoup étonné la comédienne, il avait très peu de chance de l’avoir trouvé de manière hasardeuse  lors d’une ballade au détour d’une rue. Ou alors quelqu’un était venu lui apporter ? Mais non quelle idiotie ! Personne de son entourage aurait pu faire cela, Réfléchis un peu Alyson !
Elle chassa ses pensées et releva la tête vers Loban Renfield.

    - Assurément, il s’agit d’une de mes compositions. Je suis écrivaine. Plutôt devrais-je dire, j’essaie, déclara-t-elle, d’un ton mi assuré mi toujours surpris par cette situation.

La manière de parler d’Alyson ainsi que sa posture droite digne de l’éducation bourgeoise que sa mère s’était efforcée de lui donner, avait toujours contrasté de manière flagrante avec sa condition de démunie. Elle s’en rendait compte elle même, quand elle baissait les yeux pour redécouvrir ses vêtements rapiécés de toute part. Cependant, ce décalage, et l’étonnement de ses interlocuteurs l’amusait plus qu’autre chose.

    - Laissez moi à mon tour vous posez deux questions, si vous me le permettez. J’aimerais savoir, par quel heureux hasard une de mes création s’est-elle retrouvée entre vos mains ? Je veux dire, étant donné mon apparence physique, je pense que vous avez saisi que je ne suis pas du genre à habiter à Westminster.
Et ensuite, si vous m’avez fait venir pour ceci, pourquoi ? Je suppose aisément que vous avez à votre disposition des ouvrages mille fois plus travaillé et intéressant que celui ci.


Alyson lui avait répondu, toujours d’un ton assuré et mesuré. Elle n’était pas du genre à se laisser impressionner par une carrure imposante ou un statut prestigieux, cependant elle répondait toujours avec respect, valeur si chère à sa mère. De plus, échanger ne serait-ce que quelques mots avec quelqu’un d’un milieu auquel elle avait failli faire partie, qui parlait avec la même soutenance qu’elle, lui faisait une étrange sensation.
Ses manières, sa posture, son langage, ne se trouvait jamais en adéquation avec son milieu de vie. Là, c’était comme si elle faisait un premier pas dans la connaissance de la vie de ses parents. Elle s’imaginait que sa mère, son père avait du parler toute leur vie avec des personnalités intéressantes, cultivées et sûrement monstrueusement hypocrites. Elle n’aurait su dire si cela éveillait en elle un sentiment positif ou négatif. En tous les cas, il était nouveau, et ça, c’était positif.

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MessageSujet: Re: Did you want to see me ? [Loban V. Renfield] Lun 5 Fév - 11:44



Did You Want To See Me ?

« OF COURSE I DO. »

Scotland Yard, Janvier 1892.

Loban était toujours tranquillement assis dans son fauteuil, beaucoup plus modeste cependant que celui dans son vrai bureau au Parlement. Cependant, ce n’était qu’un détail absolument risible dans la conversation qu’il entretenait avec la jeune femme en face de lui. Elle sembla quelque peu surprise de voir le manuscrit qu’elle avait elle-même rédigée dans à Scotland Yard. Il était vrai que c’était relativement insolite après tout, qu’un tel ouvrage écrit dans les quartiers pauvres se soit retrouvé dans les bureaux officiels de la police. Loban l’écouta donc avec attention lui dire qu’elle essayait d’être écrivaine, confirmant ainsi que c’était l’une de ses créations. Cela confirmait l’hypothèse la plus simple et la plus honnête et le jeune Lord en fut, quelque part, soulagé. Au moins, il ne passerait pas plus d’énergie et de temps à courir après quelqu’un dont l’identité demeurait inconnue. Il eut un petit sourire avant de se repositionner un peu plus sur son fauteuil, se passant la main sur les lèvres de manière songeuse. Plusieurs questions se soulevèrent donc : comment avait-elle appris à si bien écrire dans les quartiers les plus défavorisés de Londres ? Il avait bien appris à lire grâce à sa grande-sœur de cœur, mais il était resté quelques lacunes que son éducation au sein de la famille Renfield avait comblées.

Il resta silencieux, la laissant poser ses deux questions tout en analysant sa façon de se tenir, de parler, etc. Et plusieurs détails ne semblaient pas correspondre entre eux. Comme par exemple sa posture droite, loin de celle légèrement affalée et décontractée du Home Secretary. Non pas que ce dernier avait été mal éduqué par ses parents adoptifs, mais il restait encore quelques traces de ses premières années dans un orphelinat de Whitechapel. Le langage de la Miss était aussi posé et ses mots semblaient être choisis avec soin. Sa manière d’articuler était limpide, loin des syllabes mâchées par certains roturiers de Southwark. Bien évidemment, ils n’étaient pas tous comme cela, mais la majeure partie répondait à ce cliché plutôt tenace. Mais quelque chose dans toute l’aura de la jeune femme n’allait pas. Comme si ces vêtements en haillons dissimulaient autre chose que le Lord ne pourrait décrire. Il avait bien quelques petites idées, mais cela lui semblait invraisemblable et de toute façon déplacé. Il ne pouvait pas lui demander depuis combien elle vivait dans la misère, ni comment elle avait reçu son éducation. Cela restait dans le domaine privé. Après tout, Loban avait parfois du mal à parler de ses origines. Il sourit alors avant de répondre :

— Croyez-le ou non, j’ai trouvé ce manuscrit par hasard dans la rue, du côté de Southwark, à moitié dans une poubelle. Les pages ont attiré mon attention alors je l’ai pris, tout simplement.

Il inspira alors tout en cherchant ses mots pour la deuxième question qui était quelque part plus délicate que la première. Il regarda devant lui, les yeux songeurs avant de dire d’un ton plus lent, comme plus prudent :

— Je… Disons que j’apprécie soutenir des petits talents insoupçonnés. On connait tous des William Shakespeare, des Charles Dickens ou encore des Robert Louis Stevenson, mais rares sont les femmes qui percent dans l’écriture. Jane Austen est l’exception qui confirme la règle et encore, elle venait d’une famille relativement aisée. Je suis convaincu qu’il y a parmi les bas-fonds de Londres, des talents qui ne demandent qu’à être découverts et à être mis en avant. Surtout parmi les femmes qui sont, à mes yeux, encore trop dénigrées et rabaissées.

Il soupira doucement avant de regarder dans le vide toujours, continuant de chercher ses mots pour continuer sa pensée. Il se gratta lentement la tempe avant de reprendre d’un ton tout aussi prudent :

— Je ne peux pas vous donner de l’argent brut pour vous aider à survivre. Je pourrais, mais si je le faisais avec tout le monde, je ne m’en sortirai pas. Je suis navré. Je fais ce que je peux au Parlement pour les alerter de la situation, mais bon. Enfin bref. Ce que je peux faire, en revanche, c’est vous faire publier. Ce manuscrit ou même d’autres si vous en avez.

Il lui sourit doucement en reportant son regard dans ses yeux avant de dire avec un ton amusé :

— Et effectivement, quelque part, j’ai beaucoup plus d’ouvrages, parfois mieux « travaillés » – même si j’ignore combien de temps vous avez passé à rédiger celui-ci – mais ils sont nettement moins intéressants et surtout, beaucoup moins bien écrit. L’éducation ne fait pas le talent. Le travail en fait une grande partie, mais j’estime qu’il y a une part d’innée en nous.

Il sourit alors avec bienveillance, toujours nonchalamment installé dans son fauteuil. Il ajouta alors :

— Cependant, je ne vous force à rien, bien évidemment.

Son sourire ne disparut pas. Il ne voulait d’ailleurs pas lui faire peur, bien au contraire. Ses intentions étaient pures et honnêtes. Il n’avait après tout pas menti une seule seconde bien que la situation pouvait paraître étrange.
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MessageSujet: Re: Did you want to see me ? [Loban V. Renfield] Jeu 8 Fév - 17:31


Did you want to see me ?

Scotland Yard, 1892


Trouvé dans une poubelle ? Cela voulait bel et bien  donc dire que Loban Renfield se baladait tranquillement dans Southwark incognito. Etrange occupation pour un Home Secretary.
Venait-il à l’instant, de la comparer à Shakespeare, Darwin, Stevenson ? Ah ! Jane Austen… Qu’est ce que sa mère lui en avait parlé de Jane Austen, une véritable adoratrice. Alyson, elle, soupirait toujours quand sa mère se mettait à en parler, elle préférait de loin les œuvres de Shakespeare.
Et il défendait la cause des femmes ? Alyson aimait déjà le Home Secretary. Il semblait différent. Comme familier. Non pas qu’elle l’ait déjà rencontré, mais il la mettait à l’aise, son sourire était chaleureux, et même si leur conversation se déroulait dans les règles du respect de la haute société, il lui sembla proche d’elle.

Les sphères du pouvoir semblaient tellement lointaines pour des gens de la même condition que la jeune comédienne. Contrairement à beaucoup des démunis qu’elle côtoyait, grâce à son père, elle comprenait un petit peu ce qui se passait, comment les lois étaient faites, quels étaient les grands principes. Mais malgré cette initiation, c’était comme si ces gens resteraient à jamais inaccessibles.
A jamais hors de portée. A jamais dans un autre monde.
Alyson n’accordait pas tellement d’importance aux différentes classes sociales, elle traitait avec le même respect tous ceux avec qui elle s’adressait, qu’ils soient nobles comme Mr. Renfield ou pauvres comme elle. De plus, elle se sentait un peu à cheval entre les deux, même si elle n’avait jamais connu le quotidien de la haute société que par les anecdotes de ses parents.
Seulement, dans sa condition de misère, elle devait bien être obligée de reconnaître qu’elle et ses congénères étaient d’un côté du fossé, et le pouvoir de l’autre.
Etrangement, ce n’était pas le cas de Loban Renfield.
Il avait l’air, elle espérait que ce ne soit pas une façade, de s’intéresser à la cause des démunis, de plus aux arts, de plus aux femmes. Tout pour plaire à notre comédienne. Lui, semblait quelqu’un d’accessible, comme si quelque chose en lui le reliait à ce monde qu’il ne connaissait pas. Un peu comme elle, que ses origines reliaient à ce milieu bourgeois qu’elle ne connaîtrait jamais.
Elle éprouva soudainement une grande sympathie pour lui. Certainement une illusion, mais comme s’ils se comprenaient.
Il lui parlait comme s’ils avaient le même rang social, sans mépris, sans condescendance, sans jugement.
Décidément, Alyson appréciait de plus en plus Loban Renfield.

Pas d’argent brut ? Tant mieux, elle n’était pas du genre à susciter la pitié. D’un naturel assez fière, elle ne supportait pas d’être traitée comme une personne nécessiteuse, même si c’est ce qu’elle était.
Cependant il pouvait… Me faire publier ?
Alyson se figea l’espace de quelques secondes. La faire publier ? Elle ? Ses œuvres ?
Réellement ?
Si elle en avait d’autres ? Mais cher Home Secretary, elle avait des dizaines et des dizaines d’autres !

Son ton amusé la fit rire, et le compliment qu’il y a glissa lui fit chaud au coeur. La jeune écrivaine se sentit tellement flattée que ses pensées se bousculaient dans sa tête.
Le Home Secretary, venait de dire, qu’il trouvait qu’elle avait du talent, et que ses pièces étaient bien meilleures que certaines qu’il avait l’habitude de lire.L’écriture était vraiment toute la vie d’Alyson. Son plus grand souhait était d’en vivre, de sortir de cette misère, de manger à sa faim, de dormir au chaud, et de ne pas manquer de mourir du froid chaque hiver.
Il trouvait qu’elle avait du talent. Elle ne put s’empêcher d’esquisser un sourire discret.

- Monsieur, je ne sais que répondre. Tout d’abord, Fort étonnée de savoir que vous vous promenez l’air de rien dans Southwark à trifouiller les poubelles,
dit-elle avec le même sourire amusé.

Elle s’efforçait de plaisanter pour contrôler l’immense joie qui montait en elle.

- Vous me faîtes là un honneur des plus… inattendus et fantastiques. Je… J’écris et raconte mes histoires depuis plus de sept ans maintenant, sans avoir réussi à en faire quelque chose qui me permettent d’en vivre. Et vous, par un hasard digne d’un miracle, vous tombez nonchalamment sur une de mes pièces, par une chance encore plus extraordinaire vous l’aimez, et vous me demandez si je veux bien me faire publier ? Monsieur, si vous me faîtes cette faveur, je vous serais redevable à vie !


Peine perdue pour dissimuler son enthousiasme ! Elle sentit alors qu’elle laissait le naturel et sa spontanéité légendaire reprendre le dessus.
L’éducation de ses chers parents étaient profondément ancrée en elle, mais étant d’une spontanéité folle, il n’était pas rare qu’elle fasse quelques écarts sous ses émotions grandissantes.
Elle inspira un grand coup avant de poursuivre, non sans un sourire mi gêné, mi folle de joie sur les lèvres.

- Très honnêtement, les mots me manquent pour exprimer toute ma gratitude, ma joie, et mes remerciements. Pardonnez, si je n’ai pas l’attitude adéquate qui convient à ce don insensé, je ne sais comment je suis censée agir. J'ai autant de manuscrits que vous voudrez.
Dites moi, comment puis-je vous remercier ? Je sais que je n’ai pas grand-chose à offrir, mais je me sens tellement gênée d’un telle aubaine !


Elle avait conscience que sa dernière phrase était peut être idiote, mais elle s’en fichait pas mal. Elle se battait littéralement contre la vie, la misère et la faim depuis le décès de son père il y a huit ans. Et ni plus ni moins qu’une des plus grandes figures de l’Angleterre venait de remarquer son travail.

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MessageSujet: Re: Did you want to see me ? [Loban V. Renfield] Lun 12 Fév - 15:07



Did You Want To See Me ?

« OF COURSE I DO. »

Scotland Yard, Janvier 1892.

Loban attendit patiemment la réponse de la jeune femme, sans songer un instant que sa proposition pouvait la déstabiliser à ce point. Disons qu’il ne faisait pas tout cela dans un but un peu malsain pour améliorer sa cote parmi le peuple. Par ailleurs, le jeune politicien avait déjà aperçu ce genre de comportement parmi ses semblables, mais lui n’était pas comme cela. Il aidait les gens parce que, naïvement, il le pouvait. Même si cela commençait à dater un peu, il se souvenait de cette partie de sa vie qu’il avait passé dans une pauvreté totale à l’orphelinat. Il avait eu de la chance, plus ou moins, d’avoir été adopté, mais il savait que beaucoup d’autres étaient destinés à ne connaître que la misère sans jamais avoir un vrai toit pour dormir le soir. Il aidait donc, comme il le pouvait, ces braves gens qui luttaient quotidiennement pour survivre. Et il faisait tout cela avec une bienveillance naïve qui le caractérisait. On le décrivait comme quelqu’un de trop gentil et même s’il avait été trahi quelques mois plus tôt par des proches, il avait vite tourné la page pour de nouveau avoir une confiance aveugle dans ces gens-là comme en témoignait sa bague de fiançailles à son doigt.

Mais là n’était pas le propos. Loban sourit quelque peu timidement face à la joie visible sur le visage de son interlocutrice qui s’interrogea sur le fait que le Home Secretary faisait apparemment les poubelles de Southwark. Suite à ce détail qui avait échappé à sa mémoire, il rougit légèrement de gêne et rit doucement et nerveusement. Il devait avouer que la façon dont il avait trouvé le manuscrit était plutôt insolite pour un homme de sa stature et dire simplement « une pile de feuilles a retenu mon attention » paraissait un peu étrange et insolite, voire même stupide, même si c’était la pure vérité. Il préféra passer outre ce sujet, ne voulant pas non plus que tout le monde apprenne que le Home Secretary s’amuse à se balader dans Whitechapel et Southwark. Cependant la voix de la jeune femme le tira hors de ses pensées, qui continuait de le remercier. Loban ne pouvait que se contenter de sourire gentiment. À vrai dire, il aimait faire plaisir aux gens, mais n’appréciait pas tellement une telle reconnaissance, qui était pourtant purement justifiée. Il ne savait pas ce qu’il devait dire ensuite ni quoi faire. Il se contenta de juste hausser les épaules et de dire :

— Oh ne vous en faites pas… Si vous continuez à être publiée à l’avenir, ce sera la meilleure façon pour vous de me remercier. Continuez votre bon travail et vivez-en.

Il lui sourit doucement avant de reprendre doucement :

— Et puis ne vous en faites pas, il n’y a pas « d’attitude adéquate » à avoir avec moi. Soyez juste vous-même, nous avons assez d’hypocrisie, de conventions et de masques dans ce monde. Pas besoin d’en avoir plus. En toute honnêteté, c’en est même assez barbant au Parlement. Alors pour une fois que quelqu’un montre un peu d’émotion, surtout sincère et positive, je ne vais pas m’en plaindre.

Il rit doucement, ne se rendant pas vraiment compte qu’il prenait un langage un peu moins formel. Mais comme il venait lui-même de le dire, les conventions sociales de la haute noblesse l’agaçaient rapidement et dès qu’il pouvait s’en détacher un minimum, il respirait comme un grand bol d’air frais. Les jambes toujours croisées, il commença à jouer machinalement avec sa chevalière noire, continuant de regarder la jeune Miss Dale, ayant toujours quelques interrogations, portées plus sur de la curiosité. Voulant satisfaire cette dernière, il dit alors :

— Dites-moi… Si cela n’est pas trop secret… Pouvez-vous me dire où vous avez appris à lire et écrire comme ceci…? Non pas que j’ai des avis sur les gens vivant dans Southwark mais… le fait est que le taux d’alphabétisation dans ce quartier et dans Whitechapel sont assez… faibles.

Il fit une moue un peu gênée, ne voulant pas froisser la jeune femme. Après tout, c’était une question assez personnelle et Loban comprenait parfaitement qu’elle ne veuille pas y répondre. Par ailleurs, il ne voulait pas qu’elle se sente obligée de quoique que ce soit. Ce fut pourquoi il sourit de nouveau, toujours avec politesse et un air amical.

— Si c’est une question un peu trop privée, ne vous en faites, vous n’êtes pas obligée de me répondre. Je ne veux pas vous forcer à faire quoi que ce soit.

Il craignait juste qu’elle ne trouve son comportement un peu étrange et même louche. Cela n’aurait pas été la première fois, d’ailleurs, que quelqu’un aurait été un peu interloqué par ce comportement si familier qu’avait le Home Secretary. Mais après tout, malgré son titre de Lord et tous les privilèges auxquels il avait accès, il ne se sentait pas à sa place.
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MessageSujet: Re: Did you want to see me ? [Loban V. Renfield] Lun 19 Fév - 22:09


Did you want to see me ?

Scotland Yard, 1892

Au fil de la conversation, Alyson se rendait compte que peu à peu, le Home Secretary se détendait en sa présence. Il adoptait de plus en plus une façon de lui parler qui correspondait moins à une attitude noble qu’à sa véritable nature. La jeune comédienne eut l’impression qu’il lui laissait apercevoir son vrai caractère, et sa manière d’agir au naturel, sans tous ces artifices que lui imposait la société.
Comme si tous ces mécanismes, qui étaient bien ancrés en Alyson, ne faisait pas vraiment partie de lui.
Avec une gêne qu’il eut du mal à dissimuler, il lui posa la question tant attendue. Elle leva les yeux au ciel en souriant à l’annonce de cette question.
Elle savait pertinemment qu’il s’était interrogé sur ce sujet à la seconde même où elle était entrée dans son bureau. Et c’était le cas de toutes les personnes qu’elle croisait. A force, elle savait reconnaître dans le regard de ses interlocuteurs, la surprise et le déclic qu’ils avaient en la voyant.
Cela ne la vexait pas qu’on se pose autant cette question sur son identité, elle savait qu’elle était un contraste et un paradoxe à elle toute seule. Et oui, toutes ces politesses exagérées étaient ancrés en elle. Cependant, voir les sourires gênés l’amusait beaucoup.

- Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, je vous l’accorde volontiers,
fit-elle en désignant ses vêtements rapiécés dans un geste théâtrale comiquement exagéré, je… Je suis née bourgeoise. Ma famille est issue de la haute bourgeoisie irlandaise. Cependant, mon père, après avoir été victime d’une monstrueuse arnaque, a fait sombrer une des entreprises familiales. Nous avons tout perdu. Peu de temps après ma naissance, reniés par le reste de ma famille, mes parents ont du quitter mon Irlande natale et sont arrivés ici. Ma mère, en tant que grande amoureuse des lettres, a tout fait pour m’apprendre à lire, écrire et compter, pour m’enseigner toute sa culture, malgré nos conditions de vie.

Alyson avait fait le deuil du décès de ses deux parents. Elle n’avait jamais eu vraiment de mal à en parler, à répondre aux questions, à dire qu’ils étaient partis il y a bien longtemps maintenant. Comme si le fait d’avoir fini sa jeunesse seule dans les rues lui avaient empêché d’être triste.
Cependant, cette fois ci elle eut un pincement au cœur en prononçant ces phrases. Ils avaient tout donné pour elle, jusqu’à leur vie.
Sa mère, lui avait tout appris. Elle lui avait transmis cette passion qui était maintenant celle de la jeune femme. C’était sa mère qui lui permettait de manger, d’avoir un métier aujourd’hui. Elle ne put s’empêcher de se remémorer toutes ces soirées, où sa mère lui contait les vieilles légendes d’Irlande, ou lui décrivait avec une passion dévorante tous les romans, pièces de théâtre et poèmes qu’elle avait tant aimé lire auparavant. Elle se souvint de tous ces moments où elle lui faisait faire un peu de lecture dans les derniers ouvrages qu’elle avait pu sauver. Elle semblait tellement parler avec le cœur, elle s’exprimait avec fougue et joie. Il suffisait d’évoquer, que ce soit de près ou de loin, un sujet culturel ou littéraire pour que sa mère sourît. Que de bons souvenirs.
Plutôt devrait-on dire illusion.
Une manière pour ses parents de se dire qu’ils n’avaient pas totalement quitté leur ancienne vie.
Jamais elle n’avait été plus heureuse que lorsqu’ils étaient tous les deux là pour elle, et qu’il prenait tant de plaisir à lui expliquer comment le monde fonctionnait.
Alyson avait toujours été quelqu’un de très curieux, de très ouvert sur le monde, et avait toujours eu cette envie d’apprendre et de découvrir. Les nuits où elle ne parvenait pas à dormir, ils lui promettaient de voyager. Ils lui faisaient vivre à travers leurs souvenirs comment étaient les pays qu’ils avaient visités. C’était depuis ce temps là qu’Alyson avait découvert une véritable envie de voyager. Si un jour elle parvenait à vivre convenablement, elle dépenserait tout ce qu’elle aurait pour parcourir l’Europe, l’Amérique, l’Asie, tout ce qu’il était possible de découvrir.
Voilà pourquoi elle était plus émue qu’à son habitude. C’était en quelque sorte grâce à sa mère qu’aujourd’hui, le Home Secretary appréciait ses œuvres. Si elle n’avait pas été là, jamais elle n’aurait eu cette chance, et peut être serait-elle déjà morte dans les rues depuis longtemps.

Elle réalisa alors qu’elle était seule depuis bien longtemps maintenant. Qu’elle avait suivi l’exemple de ses parents, pour se battre et prendre une sorte de revanche sur la vie. Elle aurait du avoir la meilleure des vies. La plus belle. Avec des parents les plus aimants qui soient. Et qui n’étaient plus là, ne seraient plus jamais là.
Elle n'était pas malheureuse de vivre dans les rues, ou dans le froid, ou dans la faim même parfois, non, ça elle s'en fichait pas mal, du moment qu'elle pouvait faire ce qu'elle aimait.
Alyson était une jeune femme très intelligente, qui serait certainement devenue brillante, mais elle avait aussi cette âme d'artiste un peu folle : qui tant qu'il exerce sa passion ne ressent aucune peine.
Cependant là, c'est comme si toute son enfance défilait devant ses yeux.

Quelque peu perdue dans ses pensées, elle ne se rendait pas compte que son visage affichait une soudaine mélancolie, de fort contraste avec son air amusé qu’elle avait quelques secondes plus tôt.
Elle ne rendit pas compte non plus que le Home Secretary ne devait plus rien comprendre à ce qui se passait dans sa tête. Déjà que tout n’était pas toujours très clair pour elle, alors pour quelqu’un venant de la rencontrer…

Elle s’efforça peu à peu de reprendre le contrôle sur elle même, et plongea à nouveau son regard dans celui de Loban Renfield. Alors qu’elle allait se remettre à parler, elle sentit une larme jalonner sa joue, qu’elle chassa d’un coup de main. Elle soupira discrètement avant de finalement reprendre, décidée à ne pas se laisser prendre par sa satanée émotivité.

- Contrairement à moi, pour qui ces réflexes ne sont pas dérangeants, vous semblez ne pas apprécier devoir user de tous ces artifices. Permettez moi de vous dire que vous ne ressemblez pas aux autres élites de ce pays. Vous semblez sincèrement bon et bienveillant, et je dois dire que si je pensais ne jamais rencontrer le Home Secretary, je ne suis pas déçue. Et si, comme vous dîtes, vous faîtes réellement tout pour aider des gens de ma situation, je pense qu’ils devraient se sentir heureux d’être représenté par quelqu’un tel que vous.


Alyson s’efforçait de parler sur un ton plus léger parce qu’elle s’en voulait d’avoir laissé transparaître si facilement ses sentiments, devant le Home Secretary. Elle savait qu’il voudrait lui poser d’autres questions, et elle ne les refuserait pas. Elle ne se sentait pas mal à l’aise, mais repenser soudainement au fait que quelque part sa mère était encore un peu avec elle, et lui permettait d’atteindre une chance pareille, la pourtant excellente comédienne, n’avait pu s’empêcher de trahir quelque fond de sa pensée.

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MessageSujet: Re: Did you want to see me ? [Loban V. Renfield] Lun 26 Fév - 10:13



Did You Want To See Me ?

« OF COURSE I DO. »

Scotland Yard, Janvier 1892.

Fort heureusement, la question que le Home Secretary avait posée à la jeune femme au sujet de son lettrisme ne semblait pas la froisser. Ce n’était pas dans son intention de vexer son interlocutrice qui s’était retrouvée dans Scotland Yard, face à un ministre sans n’avoir rien demandé. Il s’efforçait à la mettre en confiance et il se doutait qu’elle l’avait remarqué depuis le temps. Cependant, encore une fois, c’était par pure sincérité. Elle lui répondit donc, lui narrant son histoire tragique. Sa famille et elle avaient eu des conditions de vie très aisées avant de tout perdre brusquement. La chute avait dû être rude pour ses parents et le pauvre Loban ne put que compatir. Lui avait vécu le scénario inverse : aucun parent à la naissance, une grande partie de son enfance à Whitechapel avant d’être adopté par les Renfield et d’être maintenant là où il en était aujourd’hui, aussi déplaisant soit-il. Car oui, Loban haïssait la politique. Il ne démissionnait pas par honneur à son père adoptif, lui aussi décédé. Cependant, pour revenir sur la jeune femme, cela justifiait effectivement sa culture et son aisance avec les mots et les lettres. Son histoire avait de quoi marquer, comme il pouvait le voir sur le visage en face de lui.

Il baissa simplement les yeux, comme par pudeur. Il lui aurait bien proposé un mouchoir pour se débarbouiller le visage mais il n’avait rien sous la main. Il la laissa donc en paix, regardant son bureau non par gêne mais par respect. Ce fut quand elle reprit la parole qu’il releva les yeux vers elle. Les quelques petites phrases qu’elle dit à son sujet le fit sourire d’amusement et légèrement de dépit, même si les paroles de la jeune auteure lui allait droit au cœur. Il se doutait bien que tout le monde ne pouvait pas le détester mais rares étaient ceux qui l’appréciaient réellement. Du moins pour ce qu’il faisait politiquement. L’homme politique qu’il était essayait d’être bien différent de l’homme qu’il était réellement. Plusieurs défauts qu’il possédait étaient à éviter de toute urgence quand on était si haut placé. Une trop grande naïveté, des états d’âme constants, une facilité déconcertante à faire confiance au premier venu, le sentiment que les choses qu’on voulait changer seraient pour le bien de tous… C’était délicat comme situation et il espérait juste qu’on le fasse destituer rapidement, même s’il continuait à faire le plus sérieusement possible son travail.

— C’est… très gentil ce que vous me dites… Malheureusement, beaucoup ne pensent pas comme vous.

Ses idées féministes avaient peut-être un peu plus d’un siècle d’avance et cela lui valait de nombreuses railleries parmi les autres ministres septuagénaires et endimanchés qui constituaient le Parlement. Songeur, il regarda son bureau, plongé à son tour dans ses pensées, cherchant ses mots. Un silence de quelques secondes s’écoula sans que Loban ne s’en rende vraiment compte, instaurant ainsi un moment de blanc un peu gênant et oppressant pour son interlocutrice. Il finit par dire d’un ton lointain et vague :

— C’est ainsi…

Il savait néanmoins qu’il n’avait pas trop à se plaindre de sa situation. Il avait connu la rue et la misère et désormais, il ne manquait plus de rien, vivait dans l’opulence financière, était fiancé à celle qu’il aimait. Il n’y avait que professionnellement que cela n’allait pas vraiment et pourtant, nombreux étaient ceux qui convoitaient sa place. Mais encore une fois, lié par l’honneur pour un homme qui lui avait tout donné, tout légué, du jour au lendemain, il ne pouvait pas se permettre de le trahir. Il reporta son regard sur Alyson et sourit plus franchement.

— Cela vous dérange-t-il de me laisser ce manuscrit pour que je le fasse éditer ? Ou sinon, vous pouvez très bien venir avec moi, je pense y aller d’ici une petite heure.

Il réfléchit un petit instant avant de regarder le manuscrit d’un air songeur avant de reprendre d’un ton beaucoup plus enjoué et joyeux que lors de ses quelques phrases sur son métier.

— Si vous en avez d’autres, d’ailleurs, soit vous me les envoyez, soit j’enverrai quelqu’un les récupérer. Ou alors je viendrai moi-même, peu importe. Ils ne se perdront pas comme ça.

Il sourit plus franchement, retrouvant son regard amical, ayant définitivement chassé toute trace de tristesse de son visage. Il reprit avec un ton un peu plus songeur :

— Cela ne me dérange pas de passer par Southwark.

Il se passa une main sur ses joues imberbes avant de marmonner pour lui-même :

— Cela me permettrait de jeter un coup d’œil à certaines choses…

Loban était plus du genre à aller sur le terrain et régler les problèmes directement à la source plutôt que de tout commanditer depuis des bureaux à des kilomètres de la source du problème. Il s’en passait des choses, à Southwark, et il était impossible de s’en rendre bien compte depuis Westminster, même si la Tamise ne faisait que séparer les deux quartiers. Il reporta son attention sur la jeune femme et lui sourit de nouveau. Il se rendit compte qu’il n’avait pas plus de questions que cela à lui poser. Après tout, il ne voulait pas s’immiscer dans sa vie et, le peu qu’il avait vu d’elle lui donnait l’impression qu’elle était une bonne personne. Bien évidemment, il accordait une nouvelle fois sa confiance trop rapidement. S’il venait chercher lui-même les manuscrits, quelles garanties avait-il sur sa bonne volonté ? Qu’elle n’allait pas sortir une arme pour l’assassiner ? Ce genre de pensées ne traversait pas l’esprit du jeune politicien beaucoup trop imprudent parfois. Il pensait que s’il était le plus gentil possible avec les gens, ces derniers le seraient en retour. C’était globalement le cas, mais malheureusement, il y avait toujours des écarts. N’y faisant cependant pas attention, il demanda simplement :

— Voulez-vous boire quelque chose ? Je crois qu’ils ont un peu de tout ici… Café, chocolat, ou simplement de l’eau…

Loban avait déjà fait son choix sur ce qu’il allait prendre. Malgré sa grande taille et sa carrure large, il ne demeurait pas moins un grand enfant qui avait du mal à grandir à l’intérieur.
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MessageSujet: Re: Did you want to see me ? [Loban V. Renfield] Dim 4 Mar - 23:15


Did you want to see me ?

Scotland Yard, 1892


Est ce que cela la dérangeait de lui laisser son manuscrit ?
Mais autant que vous voudrez cher Home Secretary.

Est ce qu’elle voulait venir avec lui ?
Mais évidemment que oui! Alyson n’en revenait pas. Le Home Secretary en personne, lui proposait de venir avec lui, aller faire publier ses œuvres ?

Il voulait passer par Southwark ? Elle n’avait rien contre, mais il avait intérêt à faire attention à lui. Quoique, s’il était accompagné d’Alyson, il y avait peut de risque que quelqu’un reconnaisse qu’il s’agisse du Home Secretary. Quelle probabilité y avait-il pour que Loban Renfield se balade dans les rues aux côtés d’Alyson Dale ?
Exactement, quasiment aucune.
La jeune comédienne ne fut pas si surprise que ça d’apprendre qu’il ne voyait aucun inconvénient à passer par un tel quartier. De ce qu’elle avait vu de lui, sa façon de se tenir, de se comporter, et de parler, elle se doutait qu’il ne devait pas être du genre à rester lire et signer des documents dans son bureau, comme beaucoup d’autres de ses semblables, à ce que racontait le peuple.

Cependant, ses autres écrits… Une partie devait se trouver dans un vieux sac que lui avait donné le responsable de leur troupe, qui gisait près de là où se trouvait d’autres membres de sa troupe, où elle avait dormi la veille. Quand ils ne pouvaient se produire dans de vrais théâtres, les membres de la troupe (excepté le responsable qui lui avait un petit logement) avaient construit une espèce de théâtre de fortune dans une rue de Southawark. En ayant placé plusieurs morceaux de bois d’une certaine façon pour délimiter une espèce de scène, et une vielle couverture trouée en guise de rideau. Ils déplaçaient leur couverture trouée à travers tout le quartier, comme s’il s’agissait du Grâal, et certains dormaient même dedans quand les nuits étaient trop froides. La plupart du temps, Alyson laissait ses écrits là, cela évitait que quelqu’un ne vole le sac.

- J’avoue que je donnerai n’importe quoi pour un peu de café,
répondit-elle aussitôt. Puis, se rendant compte de sa spontanéité, elle se reprit.
Hum, si ce n’est pas trop abuser, s’il vous plait.


Une boisson chaude, bon sang mais elle en rêvait ! Qui plus est du café, Alyson avait vraiment besoin d’énergie. Par le froid ambiant de ces derniers jours, n’importe quelle boisson chaude aurait été la bienvenue.
Elle se trouva quelque peu gênée de devenir aussi familière avec le Home Secretary, mais ce sentiment disparut bien vite. Loban Renfield la rendait vraiment à l’aise. En y réfléchissant bien, Alyson se demandait si elle aurait été faite pour vivre dans la haute société. Sa spontanéité et son caractère aurait-il pu s’adapter à un tel milieu ? Elle avait beaucoup trop tendance à se laisser porter par ses émotions. Une bonne chose quand on est artiste sûrement, mais cela n’aurait pas convenu à tous les milieux. Peut être que si elle avait grandi dans ce milieu, elle aurait été différente.
Qui sait ? Une des grandes passions d’Alyson, était de refaire le monde avec des si. Quoi de plus intéressant que d’imaginer la vie, le caractère de quelqu’un, dans un autre contexte ?
Pour Alyson, les sources d’inspiration étaient partout autour de nous. Il suffisait simplement de relever les yeux et d’observer, de réfléchir, et finalement de créer.
Elle se détendit bientôt presque complètement. Le fait qu’elle soit sans cesse absorbée dans son imaginaire et ses pensées facilitaient grandement ses capacités d’adaptation. Son esprit était une sorte de rempart contre beaucoup de choses, mais aussi une aide précieuse. S’évader l’aidait à mieux appréhender la suite, et se retrouver seule dans son esprit la rassurait énormément. Si elle était capable de penser, de réfléchir et d’imaginer, c’est qu’elle se persuadait inconsciemment que tout allait bien. En y réfléchissant mieux, non, cette manie de toujours se laisser embarquer par tout ce qui lui passait par la tête, elle était sûre qu’elle était faite comme ça, et que même n’importe quelle éducation n’aurait pu changer ça. Il y a des choses, dans une vie, dont nous sommes sûrs, sans même savoir pourquoi. Celle-ci en faisait partie.
Une fois de plus, elle sortit de ses pensées de manière brusque. Bon d’accord, cette fâcheuse tendance à avoir du mal à se concentrer l’aidait, mais il fallait vraiment qu’elle y remédie, surtout si elle était en présence de personnes aussi importantes, et surtout, qui lui offraient une si belle opportunité. Si Loban Renfield lui avait parlé, elle n’avait pas écouté. Quelle impolitesse !
Sa mère aurait eu honte à sa place. Elle choisit de jouer la carte de l’honnêteté, mieux valait s’excuser que commettre un impair.

- Je tenais à m’excuser Monsieur, si vous vous êtes adressé à moi dans les dernières secondes, j’étais perdue dans mes pensées. Pardonnez cette fantaisie de mon esprit, j’ai des difficultés à ne pas me laisser emporter par ce qui me passe par la tête.

Soudain, un sourire chaleureux et amical se dessina sur le visage de la jeune comédienne. Encore victime de sa spontanéité, une idée lui vint.

- Puisque je suis honnête et franche, que dites vous de l’être ?


Elle marqua une pause avant de poursuivre :

-  Il est vrai que je sais pas bien quelles responsabilités vous avez, enfin, j’en possède une vague idée. Je ne connais point votre emploi du temps en ce jour non plus. Et, je crois savoir, fit-elle avec un sourire et une certaine ironie,
qu’il ne s’agit pas là d’une proposition bien raisonnable et digne de votre rang, cependant… étant donné que Monsieur aime se promener nonchalamment dans Southwark, que diriez vous d’aller vous y perdre quelques instants avec moi ?

La jeune comédienne avait conscience que sa proposition pouvait paraître insensée, mais, que ce soit seul à fouiller les poubelles pour trouver des écrits de potentiels écrivains, ou avec elle, quelle différence ?
S’attendant à une expression effarée, elle poursuivit, non sans sourire malicieusement.

- Vous m’offrez la possibilité incroyable d’accomplir ce que je souhaite tant depuis maintenant des années, vous me proposez de vous accompagner me faire publier – rendez vous compte - vous flattez mes qualités d’écrivaine, vous m’offrez un café Monsieur ! Alors, il est vrai que de ma condition je ne peux vous offrir grand-chose, si ce n’est tout ce que j’ai : un petit instant de liberté. On dit que les artistes sont les êtres les plus libres de cette terre. En effet, si les limites physiques ne nous suffisent plus, il nous reste tout notre imaginaire. Je ne vous connais guère, mais je décèle chez vous un certain ennui dans ce que vous faîtes. Non, pas un ennui, mais un retrait, une réserve, un dégoût peut être ? pour tout ce qui touche à votre milieu. Et je pense que votre imaginaire crie à la délivrance depuis bien longtemps.

Elle pouvait lui offrir la chose la plus précieuse qu’elle possédait : sa liberté. Alors oui, elle avait une vie de misère, un salaire tellement irrégulier qu’elle même n’y comprenait plus rien, des nuits réparatrices une fois sur douze peut être, elle avait souvent froid, faim, mais elle possédait, à son sens la plus belle chose que le monde puisse offrir : faire ce que l’on aime.
Elle pouvait donner l’impression de se laisser embarquer par sa folie (c’était peut être un peu le cas, il fallait le reconnaître), mais quand elle entendait son père lui raconter la vie d’une entreprise, ou alors les formes qu’il fallait constamment utiliser, elle trouvait que la liberté individuelle n’était pas assez respectée. Etant donné qu’elle avait grandi avec une certaine liberté, elle trouvait que le milieu bourgeois bridait beaucoup. Même si elle en connaissait les mécanismes, et en avait intégré beaucoup, elle voyait à travers des gens comme Loban Renfield, que la liberté leur manquait.

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MessageSujet: Re: Did you want to see me ? [Loban V. Renfield] Mar 27 Mar - 20:08



Did You Want To See Me ?

« OF COURSE I DO. »

Scotland Yard, Janvier 1892.

Silencieux, regardant vaguement le manuscrit sur le bureau, Loban se perdit rapidement dans ses pensées en songeant à aller à Southwark. Là où se trouvait le fameux Cirque O’Farrell avec qu’il avait eu tant de problèmes. Là où il avait trouvé sa sœur de cœur, après des années de séparation. Il ne comptait pas le directeur du cirque parmi ses connaissances. Depuis plusieurs mois, Loban s’entêtait à trouver des preuves pouvant incriminer Owen O’Farrell des nombreux crimes dont il était incriminé mais Jack l’Éventreur occupait beaucoup trop le temps des officiers de police, ainsi que les récents évènements de la Tour de Londres. La mine plus sombre, Loban se contentait de regarder le manuscrit sans lire. Son travail l’accaparait encore et lui pourrissait l’esprit : rares étaient les heures où il ne pensait pas à protéger la population car tel était son devoir. Devoir qu’il n’avait guère voulu par ailleurs. Malheureusement, il n’avait pour l’instant pas le choix et son honneur pour son père adoptif décédé était bien trop important pour faire ce dont il avait envie. Cependant, la voix de la jeune Alyson le tira hors de ses pensées et c’était finalement une bonne chose, répondant favorablement à sa proposition de café.

— Je vais aller vous chercher cela.

Avec un petit sourire, il se leva et se dirigea vers l’entrée de la pièce pour entrouvrir la porte et demander à un des policiers qui montaient la garde d’aller chercher un café et un chocolat chaud. Il retourna à sa place tout en se disant que cela avait du bon d’avoir un peu de pouvoir, même si, d’ordinaire, il préférait y aller lui-même. Mais par respect pour son « invitée », il préférait rester avec elle le temps que leurs boissons arrivent. Il se rassit alors, un peu plus souriant que quelques secondes auparavant. Cependant, la jeune femme semblait être à son tour perdue dans ses pensées, ce que Loban ne pouvait lui reprocher. Au contraire, cela l’amusa doucement et il préféra sourire discrètement, attendant que son esprit revienne dans le bureau de lui-même. Au bout de quelques secondes, il finit par s’excuser pour son absence et le jeune Lord secoua la tête avec un sourire pour signifier que cela n’était rien. D’une part, parce qu’il s’en moquait, cela lui arrivait aussi, comme il l’avait montré. Et puis, d’un autre côté, il n’aimait pas que l’on s’excuse devant lui pour quelque chose qui restait, quelque part, parfaitement humain.

Cependant, il fut quelque peu déboussolé quand elle lui demanda d’être franc à son tour. Loban n’eut pas l’impression qu’il avait un seul instant caché son jeu avec elle, ayant été toujours honnête. Elle lui proposa alors de l’accompagner dans Southwark, malgré leurs classes sociales différentes pour ne pas dire opposées. Avant qu’il n’eut le temps de lui donner une réponse, elle reprit alors un long monologue pour tenter de le convaincre de l’accompagner, avançant que cela pour l’aider à lui vider la tête de toute cette administration. Il l’écouta silencieusement, presque religieusement. Après tout, elle n’avait pas tout à faire tort. Elle avait même totalement raison. Loban s’ennuyait fermement dans sa vie, quand il était au Parlement et il n’était pas mentir que de dire qu’il préférait largement l’air, même pollué de Londres, que l’odeur des eaux de toilette hors-de-prix des magistrats et autres députés. Il n’était pas quelqu’un qui restait enfermé. Ainsi, il n’avait pas tellement envie de décliner la proposition de la jeune femme, même si, quelque part, elle n’était pas raisonnable. Plusieurs questions se posèrent alors à lui : devait-il être accompagné par quelques policiers ou y aller parfaitement seul ? Devait-il y aller incognito ou à visage découvert ?

Cependant, il avait vraiment l’impression d’avoir été sondé par la jeune auteure et cela le mettait presque mal à l’aise, surtout face à un tel enthousiasme de la part de son interlocutrice. Il ne dit rien pendant quelques secondes, continuant de la regarder en silence, réfléchissant posément afin de prendre la meilleure décision possible. Néanmoins, il fut interrompu par des petits coups à la porte et se leva alors pour l’ouvrir et prendre le petit plateau qu’on lui tendait. Loban remercia naturellement et poliment le policier avant de reprendre une nouvelle fois sa place dans son fauteuil, en face de son interlocutrice. Sur le chemin, cependant, il posa la tasse de café devant elle dont une légère fumée s’élevait avant de prendre sa propre tasse, remplie de chocolat chaud. Avec un sourire satisfait et presque enfantin, il finit par boire une petite gorgée du breuvage chaud avant d’inspirer profondément. Il faudrait bien qu’il lui donne une réponse avant qu’elle ne commence à se poser des questions sur ses motivations, qui étaient pourtant sincères. Il finit par soupirer profondément, essayant toujours de seoir à un poste qui ne lui ressemblait pas. Loban n’était pas fait pour être un politicien et tous ses efforts pour essayer d’en être un ne le rendait pas spécialement heureux. Il sourit alors.

— Très bien, je vais vous accompagner si vous le désirer. Nous pourrions passer chez l’éditeur tout de suite après si vous le souhaitez. Dès que nous aurons récupérés vos autres œuvres.

Son sourire persistait sur ses lèvres avant de prendre un air un peu plus « prudent ». Toujours avec cet air posé, il dit d’un ton doux :

— Où logez-vous exactement ?

Il montra du regard un plan détaillé de Londres sur un grand panneau en bois, tout en prenant une gorgée de son chocolat. Sur la carte se trouvaient notamment diverses inscriptions que Loban avait marquées de sa main. Des lieux stratégiques surtout liés à Jack l’Éventreur. Le reste des quartiers avaient bien quelques annotations mais la concentration de petits cercles rouges étaient beaucoup moins importantes que sur le quartier de Whitechapel. La carte était d’ailleurs suffisamment grande pour y lire le nom des rues, même s’il doutait que la jeune femme ait un domicile fixe à proprement parler. Il se leva alors pour se diriger vers le panneau, tenant toujours sa tasse fumante dans sa main.
©️ plumyts 2016



The Hate Inside.
My mouth was a crib and it was growing lies. I didn't know what love was on that day. My heart's a tiny bloodclot, I picked at it. It never heals it never goes away. This was never my world, you took the angel away, I'd kill myself to make everybody pay. I would have told her then she was the only thing that I could love in this dying world. But the simple word love itself already died and went away. This was never my world, you took the angel away, I'd kill myself to make everybody pay.
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Did you want to see me ? [Loban V. Renfield]

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