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✞ Poetry is not Dead [Victoria & Dick] ✞

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MessageSujet: ✞ Poetry is not Dead [Victoria & Dick] ✞ Ven 19 Jan - 23:41



✞ Poetry is not Dead ✞

« we should be legendary lovers  »

Cimetière de Highgate, 14 Février 1890.

Lentement, les doigts de Victoria passaient le long de ce morceau de parchemin qu'elle rangeait dans son carnet de voyage; celui qui ne lui servait à présent plus que pour s'évader uniquement dans sa tête. Il n'était plus rempli que de poèmes de mauvaise qualité, caligraphié avec des pattes de chats, tant l'écriture de la jeune bourgeoise avait pâti de son isolement. Rangeant l'objet de tous les sacres dans son petit sac à main noir, elle fit bien attention à comment son visage était poudré, que le moindre défaut soit caché. Ses yeux étaient souligné de noir pour ressortir dans la blancheur forcée de son teint que l'on aurait dit malade. Cela aurait été pire s'il n'y avait tous ces artifices pour la sauver du déshonneur. Du rouge le long de ses lèvres pour cacher les craquelures de leur surface violacé.

Mais au delà que de sauver les apparences, c'était un jour spécial où elle devait se montrer le plus belle possible. Un jour comme il y en avait tout autant dans l'année, un jour de février, celui de la Saint-Valentin. Cela ne voulait rien dire pour certains, tandis que d'autres s'en jouaient entre eux, amants galants. Pour Victoria, c'était un triste jour marqué d'un voile noir, de ceux que l'on mettait sur la peau des veuves le temps du deuil. Ce voile, la jeune femme le mettait encore sur son chapeau, couvrant artistiquement une partie de son visage, dont le cou était presque entièrement couvert par le haut col de sa robe. Après s'être assurée qu'elle n'avait plus besoin de retoucher son maquillage, elle mit ses gants, rassura sa prise sur son parapluie fermé et se fit ouvrir la porte de sa grande demeure. Tout se jouait au millimètre près comme à l'occasion d'une pièce de théâtre. Scène aussi sombre et macabre que la pluie qui tombait à tout rompre sur le perron de sa demeure. D'un coup qui brisa le silence, Victoria ouvrir son parapluie et s'engouffra dans la tempête.

Personne ne se risquait à perdre son temps dans les ruelles d'une Londres sous les éléments naturelles. Mais telle une ombre, la jeune veuve se glissait un chemin parfait à travers les trottoirs. C'était devenu une habitude, car quelque soit la météo, il y avait des rendez-vous qui ne se laissaient pas oublier. Ainsi, ce fut avec le bas de la robe abimé par la pluie que Victoria ouvrit les portes grinçantes du Cimetière de Highgate. C'était un face à face commun, avec le fer rouillé qui frottait à son gant. Mais elle ressentait le métal comme s'il était appliqué contre sa peau. Ses délicates bottines sur le gravier auraient fait frémir n'importe quel femme du beau monde, mais Miss Ravenswood n'était plus de ceux là. Le chemin, elle le connaissait par coeur. Cela commençait pourtant à faire quelques mois maintenant, peut-être même davantage. La jeune femme avait fini par perdre son rapport au temps depuis tous ces tragiques évènements.

Lorsqu'elle parvint à sa destination, la pluie ne s'était toujours pas arrêtée de tomber. Mais cela n'empêcha pas Victoria de sortir de son sac une rose qu'elle déposa avec un triste amour sur la table mortuaire. Cela avait beau faire si longtemps à présent qu'elle suivait ce rituel, mais ses yeux ne pouvaient s'empêcher de faire poindre des larmes de son cœur. Les visiteurs qui passeraient dans le cimetière ne seraient plus dépaysé par cette brave femme qui n'avait su faire son deuil, elle était comme un élément du décor entièrement assumée.

Serrant ses bras tout en les croisant, Victoria gardait les yeux fixés sur la tombe, sur ce nom qui aurait du être le sien. La tombe de son fiancé, qu'elle pleurait encore dans l'indifférence la plus totale du monde. Les femmes de son rang lui disaient que c'était ridicule d'autant se renfermer dans le passé, qu'il y avait tant d'hommes sur terre, tellement de choses à gagner à travers un mariage de bonne qualité, et qu'il était stupide de se faire autant de mal pour un simple ouvrier, fusse-t-il un excellent amant. Victoria leur aurait arracher le visage de ses propres ongles si elle n'avait su se taire. Alors elle rentrait chez elle, se bouclait à double tour dans sa chambre et écrivait. Lors de jour comme celui-ci, elle venait au cimetière, devant cette tombe parfaitement entretenue, et sortait ses écrits qu'elle lui lisait en murmurant:

- J'ai encore écrit... ce n'est pas terrible, mais j'en avais besoin... je te le lis...


Loin dans le ciel, je regarde
pour observer les étoiles d'où je discerne ton paradis,
pour me faire oublier ce monde
et étreindre en moi la flamme enlaidie
de cette rage qu'ont les abandonnés
d'un amour trop vite consumé


Victoria replia le morceau de papier et le glissa dans son carnet. Ses écrits lui avaient toujours semblaient incroyablement puérils et amateurs. Cela lui faisait du bien, cependant. Les thèmes tournaient bien trop autour de l'amour perdu, de son ressentiment face au monde, et à la haine qu'elle éprouvait pour elle-même, parfois elle écrivait à propos des éléments surnaturels qui se déliaient dans son manoir. Mais c'était toujours avec cette plume naïve, aux rimes incertaines et à la construction syllabiques bancales. Ce fut avec un petit rire triste qu'elle rangea le carnet dans son sac à main, avant que celui-ci n'ait trop pris l'eau.Reniflant sa peine à travers un bruit fort qui ne correspondait guère à son rang, elle finit par sortir un mouchoir et se moucher dedans à grands renforts d'inspirations; la pluie couvrait  le son de ses lents sanglots qu'elle tentait de contrôler à tout prix. Il ne fallait pas que son maquillage ne coule de ses larmes, c'était inconcevable, et cela l'obligerait à écourter sa visite. La veuve sombre se fit alors violence pour reprendre sa contenance et sourit à la tombe, murmurant un doux je t'aime.

Puis elle resta là, fixant la tombe avec des yeux dans le vide, comme si elle s'était endormie sur le coup, regard grand ouvert. La pluie continuait de courir sur son parapluie, protégeant une bonne partie de son corps, alors que sa robe commençait à prendre l'eau de plus en plus. Le temps passa, les minutes langoureuses, oubliant jusqu'à tout autour d'elle. Ce n'était pas dans ses habitudes de rester aussi longtemps, surtout lorsqu'il pleuvait. Elle ne prenait d'ordinaire que le temps de méditer un peu, de proférer une prière à son intention, dans les nuages et de repartir. Mais ce soir-ci, c'était comme si plus rien n'avait véritablement d'importance, et c'était le cas, la futilité de sa vie la prenait en pleine face, et Victoria n'était pas prête à l'accepter.


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MessageSujet: Re: ✞ Poetry is not Dead [Victoria & Dick] ✞ Sam 10 Fév - 18:14



✞ Poetry is not Dead ✞

« If you love me, let me go »

Cimetière de Highgate, 14 Février 1890.

Les courtes pattes de Lord Sawyer martelaient le chemin boueux à quelques mètres devant le gardien du cimetière de Highgate qui trainait les pieds. Ses longues oreilles étaient collées de chaque côté de sa tête et il sillait discrètement pour exprimer son désir de se mettre à l’abri rapidement de cette pluie froide qui mouillait ses poils courts. Si son maître avait cru que son haut chapeau le garderait au sec, il se trompait; le matériau du chapeau de l’animal absorbait toute cette eau qui créait un net inconfort sur le dessus du crâne du basset qui secouait par moment la tête en espérant se débarrasser de ce fardeau. Son gros ventre était sali par la boue; Lord Sawyer détestait cela. Le chien tentait d’accélérer le pas, mais il ne pouvait accepter de distancer son papa sans que ce dernier ne lui ait donné la permission.

Tous deux revenaient de la pierre tombale près de laquelle Dick se rendait souvent et près de laquelle il s’endormait parfois directement sur le sol. C’était également à cet endroit que le jeune homme avait trouvé son fidèle compagnon, bien des années plus tôt, en compagnie d’une femme que la mémoire de l’animal commençait à oublier. Contrairement à bien des jours, le fossoyeur n’y était pas demeuré bien longtemps; en ce jour de fête de l’amour, un autre homme avait décidé de rendre visite à Margaret. Cet homme, l’époux de la morte, n’ignorait pas que cette dernière avait pris, de son vivant, pour amant le gardien du cimetière où elle se rendait souvent pour pleurer la mort de leur enfant, mais il s’était bien gardé d’en faire part au jeune homme de crainte d’ébruiter ce fait honteux. L’homme ne se contentait que de lancer des regards haineux au fossoyeur les rares fois où leur chemins se croisaient et Dick en comprenait que trop bien la raison. De ce fait, il tentait toujours d’éviter de se trouver près du dernier lieu de repos de la femme qu’il avait aimée profondément lorsque son époux se trouvait dans les parages. Ainsi, en compagnie de Lord Sawyer, Dick avait déposé une fleur sur le sol mouillé devant la pierre tombale où les noms de Margaret et de son enfant y étaient inscrits et s’était éloigné en apercevant la silhouette familière de l’époux de cette dernière. Le regard rempli de larmes, il n’avait pas vu l’homme écraser la fleur entre ses larges mains, la réduisant en miettes qu’il avait ensuite jeter au vent, alors que ses pas trainants l’éloignaient sur le chemin boueux, Lord Sawyer en tête.

De grosses larmes coulaient sur les joues du fossoyeur, dissimulées par la pluie, qui marchait machinalement en murmurant des paroles d’amour pour la défunte Margaret. S’il avait relevé la tête, il aurait peut-être aperçu quelques amants ayant choisi ce lieu sanctifié pour donner libre cours à leurs amours malgré la pluie battante en ce jour de St-Valentin, mais qu’aurait-il pu faire? Les chasser? Non… Le cimetière avait toujours été le témoin de l’amour interdit des jeunes gens et lui-même avait profité de son calme, de sa discrétion et de son aura mystique pour honorer Margaret… Au souvenir de ces jours heureux, Dick étouffa un sanglot en levant les yeux sur son compagnon canin qui s’éloignait. Lord Sawyer était tout ce qu’il lui restait de la femme; il était leur enfant issu d’une tout autre espèce.

Comme s’il sentait le regard de son maître sur lui, Lord Sawyer cessa d’avancer et se tourna dans la direction du fossoyeur. Sa queue se mit à remuer lorsqu’il aperçut le regard de son maître sur lui, mais il se tourna à nouveau pour reprendre sa route; Dick le suivait, c’était ce qui importait. De son côté, le jeune homme, dont les cheveux mouillés plaqués sur son crâne et ses vêtements imbibés d’eau faisaient trembler, renifla un bon coup pour ravaler son chagrin qui ne semblait jamais s’estomper malgré les années qui s’écoulaient depuis le décès tragique de la belle. Parfois, Dick avait envie de rejoindre Margaret dans la mort, mais c’était toujours dans ces moments que Lord Sawyer décidait de faire quelque chose d’idiot qui l’amusait au point tel où il oubliait tous ses tracas, riant aux éclats à s’en faire mal aux côtes. Les idées noires du jeune homme s’envolaient alors et il retrouvait le goût de vivre, entrevoyant même le future avec une lueur d’espoir.

La vie de fossoyeur était une vie de solitude malgré que ce travail lui permette de voir, à un moment ou à un autre, tous les habitants de Londres. Il était le témoin discret de leurs deuils et participait à cette étape douloureuse de leur vie, à sa manière. Parfois, certaines personnes ressentaient le besoin de lui parler, pour soulager leur peine, mais lorsque Dick avait rempli ce rôle, il redevenait invisible à leurs yeux. Seule Margaret avait semblé s’apercevoir qu’il était un être humain comme les autres, bien que plus marginal, et qu’il était un homme solitaire. Elle avait fait de lui un être heureux et l’avait aidé à devenir l’homme qu’il était aujourd’hui : un homme qui n’avait que faire du regard et de l’opinion des autres et qui vivait pour lui et non pour se soumettre à une quelconque autorité. Dick était le maître de ces lieux où les morts vivaient éternellement et personne n’osait, ouvertement du moins, critiquer sa manière d’être et de faire les choses.

Lord Sawyer aperçu, au loin, la silhouette d’une femme qui ne lui était pas inconnue : elle venait souvent à cet endroit, faire ce que Dick faisait lorsqu’il allait près de la pierre tombale de Margaret… Pleurer… Parfois, le jeune homme observait cette jeune femme endeuillée, mais n’osait s’en approcher et avait interdit à Lord Sawyer de le faire également. Dick était bien loin derrière l’animal en ce moment… Le basset, après avoir jeté un bref regard dans la direction de son maître, se mit à marcher plus rapidement jusqu’à courir dans la direction de la jeune femme. Il se souvenait avoir été aimé par une femme, d’avoir été caressée par des mains délicates et embrassées par des lèvres douces. Le chien avait un amour sans fin pour son maître, mais Dick était son papa. Lord Sawyer n’avait plus de maman… Oubliant la pluie, l’animal avait décidé qu’il irait à la rencontre de cette femme pour lui réclamer quelques caresses.

Perdu dans ses pensées, Dick ne vit pas son chien s’approcher de mademoiselle Ravenswood. Le jeune homme connaissait son nom; c’était l’un des rares qu’il retenait, allez savoir pour quelle raison. Quoi qu’il en soit, trempé jusqu’aux os et tremblant de plus en plus, ses dents s’entrechoquant les unes contre les autres, Dick releva la tête au moment où son basset, ne pouvant contenir sa joie, se levait sur ses pattes arrière pour poser ses lourdes pattes sales sur la robe sombre de la jeune femme. « LORD SAWYER, NON!! » cria le pauvre homme en se mettant à courir pour rejoindre son compagnon, mais il était trop tard; Dick était beaucoup trop loin pour empêcher Lord Sawyer d’agir selon son envie. « LORD SAWYER! » cria à nouveau Dick, cette fois plus près. Malgré le bruit de la pluie, l’animal entendit le son de la voix colérique de son maître et compris qu’il avait mal agi. Avant de se laisser retomber lourdement au sol, sur ses quatre pattes, Lord Sawyer donna un coup de langue sur les joues mouillées de larmes salées de la jeune femme.

« Oh non… Méchant chien!... Je suis désolé, mademoiselle… Vous a-t-il blessée? » demanda Dick, à bout de souffle, après avoir rejoint son chien désobéissant et la pauvre mademoiselle Ravenswood.


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MessageSujet: Re: ✞ Poetry is not Dead [Victoria & Dick] ✞ Mer 14 Fév - 17:24



✞ Poetry is not Dead ✞

« we should be legendary lovers  »

Cimetière de Highgate, 14 Février 1890.

Perdue dans le trouble de son désespoir, Victoria au col monté ne vit absolument rien ni personne de ce qui pouvait l'entourer. Si même en cette journée, le tourment de la pluie ne pouvait la consoler, alors rien ne le pourrait. Cette tombe  en face d'elle était comme un être vivant à part entière avec qui elle pouvait communiquer par le plus saint des silences. Ni les passants, ni les animaux, ni les pétales morts courant à travers le vent, ne faisaient ses yeux quitter la rupture du marbre, où les gravures dessinaient encore le nom de son ancien fiancé. Las de tout, ses pensées allaient et venaient, songeant qu'un jour, cette tombe n'existerait plus et que peut-être un jour construirait-on quelque chose par dessus, manquant du respect que l'on doit aux souvenirs. Elle le savait, après tout, son père n'avait-il pas fait la même chose, dans cet endroit que tous appelaient le Nouveau Monde ? Les cimetières qui l'habitaient pourtant, n'avaient rien de nouveau. On ne faisait pas de sentiments aux souvenirs qui ne nous appartiennent pas.

La pluie frappait son parapluie, tombant sur ses bottines et salissant le bas de sa robe en continuité. Peut-être rentrerait-elle avec une puissante fièvre qui l'emporterait, et pourrait-elle enfin connaître le repos éternel auprès de celui qui avait réveillé son coeur à la douleur ? Victoria en venait à l'espérer, dans ce puissant silence que la pluie ne parvenait à briser. C'était comme une mélodie sourde et lointaine qui n'avait plus aucune importance. La jeune femme aurait rêvé de pouvoir baisser son parapluie, laisser son visage à la pureté de l'eau. Ses longs cheveux en chignon prendraient l'eau jusqu'à s'alourdir au point de tomber de ses épingles de poupée. Sur ses genoux, son corps retomberait, emporté par le poids de sa robe aux multiples étoffes trempées. Son visage, délavé de tout maquillage et de toute tromperie, retomberait sur le marbre, faisant face à son reflet verdâtre. Tel une princesse des contes anglais, elle s'éteindrait sur la tombe de son futur époux décédé. La scène s'en trouvait terriblement pittoresque, d'un pathétique auquel elle aurait aimé rendre hommage à travers un poème ou une pièce de théâtre. Mais tout le monde ne pouvait pas avoir le talent d'un Shakespeare. Ainsi, tout ceci n'étant qu'un fantasme de son esprit malade, Victoria restait droite, parapluie contre son épaule, se protégeant partiellement de la pluie. Elle n'était pas certaine d'être seule dans ce cimetière, car après tout, il y avait ce gardien. Victoria ne se rappelait jamais de son nom, le réduisant tristement à sa fonction. Mais c'était tout ce qu'elle se sentait le besoin de savoir. Il était le gardien qui veillait à ce que les morts restent les seuls morts de ce domaine. Victoria n'y avait pas sa place. Quelque part, de par son regard, il avait pouvoir de vie et de mort sur elle. Il lui suffisait de l'abandonner à la pluie pour qu'elle puisse rejoindre les nombreuses tombes dont il s'occupait. Mais Victoria savait qu'il ne ferait jamais cela. Il la sauverait si jamais il la voyait accomplir le fantasme délirant de son esprit morbide et pathétique. Cela ne la rendait triste ni heureuse, juste incroyablement vide.

Rien n'aurait pu approcher la jeune femme, et d'ici quelques minutes supplémentaires, elle aurait simplement tourné ses talons pour reprendre sa vie. Mais sans qu'elle n'eut la présence d'esprit de se retourner, Victoria sentit soudain sur sa robe de solides pattes qui lui firent perdre son équilibre. Tombant au sol, son parapluie roula au loin, et de tout, ce fut bien cet hasard qui fit pousser à Victoria un petit cri de désespoir. Cela n'était certes pas la scène pittoresque qu'elle s'était imaginée, mais le mal se faisait. La pluie tombait sur sa tête, et c'était une sensation bien pire que les pattes du chien qui avaient sali de boue sa robe d'éternel endeuillement. Au loin, elle entendit le gardien appeler son chien d'une voix forte. Son autorité eut sa récompense car le fameux Lord Sawyer s'écarta de la jeune femme pour lécher les fantômes de ses larmes salées. Profitant de l'arrivé et de la reprise de son souffle du maître, le chien ne s'occupant plus d'elle pour un moment, Victoria étendit son bras avec rapidité pour récupérer son parapluie. Se relevant avec le peu de fierté qu'elle pouvait encore conserver, elle toussota en sortant un mouchoir en tissu de sa poche. Avec, elle essuya la joue que Lord Sawyer avec lécher avec tant d'avidité et se retourna vers le jeune homme. Il avait l'air sincèrement inquiet et ne paraissait pas dans un meilleur état qu'elle. Il ne portait aucun parapluie et la tempête courait sans limite sur lui: il était cruellement trempé, c'était une évidence. Sous cet aspect, il ressemblait à un de ces fameux princes pathétiques. Le chien aurait pu avoir un peu plus de prestance et d'élégance, mais nous parlions là d'un gardien de cimetière, pas d'un véritable prince. Victoria baissa la tête et soupira doucement, d'une voix terriblement douce:

- Je vais bien, ce n'est rien... juste quelques tâches sur ma robe, mais cela se nettoiera vite, ne vous inquiétez pas.

Elle le regarda alors, prenant soin de le détailler. Ils n'avaient jamais encore véritablement échanger de phrases. A peine si tout au plus, ils s'échangeaient un salut de la tête quand elle entrait pour voir sa tombe. Mais Victoria n'avait encore jamais eu l'occasion de voir au travers de ses yeux, l'incroyable mélancolie qui s'en dégageait et la simplicité de son maintien. Elle paraissait bien trop guindée en comparaison, rendue encore plus froide de par son sombre quotidien. Mais ce fut alors qu'une étincelle s'alluma dans son esprit, se rendant compte qu'effectivement, il n'avait pas de parapluie. Elle se rapprocha alors et tendit son grand outil entre eux, afin qu'il ne patisse plus autant des éléments. Gênée mais tenant fermement le manche, la jeune veuve toussota encore un peu, se tenant la bouche avec son gant noir.

- Monsieur... Fusseli...Fusslibott... oh, pardonnez-moi, je suis confuse. Mais vous allez attraper la mort, à vous promener comme cela sans protection. Être un gardien de cimetière ne vous rend pas plus impéméable à l'Au-Delà que moi.

Le chien entre eux deux semblait bien content de ce qu'il se passait, ou alors totalement insconcient de ce qui l'entourait, jusqu'à être tout bonnement heureux d'exister. Victoria l'enviait presque. Intérieurement, elle priait pour que son maquillage n'ait pas eu le temps de couler, et que le mensonge d'une peau normale resta évident.  Ne sachant plus quoi faire, n'étant plus habitué à un contact social aussi soudain depuis maintenant bien longtemps, elle baissa la tête, jetant un coup d'oeil au Lord Sawyer qui amusait bien de là où il était. Autour d'eux, les dernières personnes venus mettre une fleur sur leurs disparus -et il n'y en avait déjà pas beaucoup, disparurent à leur tour. Ne revint bientôt que le silence, et la pluie qui redoublait d'intensité, comme une terrible tempête quasi surnaturelle. Le sang de Victoria ne fit qu'un tour, mais elle devait se contenir. Ce qui ne se passait pas au manoir Ravenswood n'était pas du ressort des Ravenswood. Elle tenait à ne pas se croire elle-même maudite ainsi que tous le croyaient dans cette capitale. La pluie tombant au sol créait presque un brouillard tout autour, tant et si bien que le gardien et la veuve semblaient coincé sous cet unique parapluie. Il était insupportable à la jeune femme que de laisser ce brave homme retourner chez lui à tête nue par un pareil cataclysme. Mais elle n'était pas elle-même assez inconsciente pour se laisser elle-même rentrée avec une bonne pneumonie. Soudainement, ses idées morbides et héroïques semblaient avoir disparu. Ce n'était pas la première fois, ni la dernière. Parlant d'une voix un peu plus forte pour se faire entendre par dessus la pluie, elle le regarda dans les yeux:

- Vous ne sauriez pas où nous pourrions nous abriter en attendant la fin de cette tempête ?! Il n'y a pas une cabine quelque part pour vous ?

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MessageSujet: Re: ✞ Poetry is not Dead [Victoria & Dick] ✞ Sam 21 Avr - 16:00



✞ Poetry is not Dead ✞

« If you love me, let me go »

Cimetière de Highgate, 14 Février 1890.

Si une petite voix avait suggéré à Dick de tendre la main pour aider la jeune femme à se relever, la crise de larmes de mère Nature l’avait camouflée et le gardien du cimetière n’avait pas eu la vivacité d’esprit de le faire par lui-même. Il était resté à bonne distance, regardant mademoiselle Ravenswood se relever et récupérer son parapluie. Dick baissa les yeux vers la robe salie de la jeune femme lorsque celle-ci tenta de le rassurer au sujet de sa toilette. C’était un beau gâchis, en vérité… La boue se nettoierait, effectivement, mais Lord Sawyer n’avait pas renversé n’importe quelle femme; cette dernière était une bourgeoise. Si elle décidait que cet affront ne pouvait demeurer impuni, elle pouvait demander que le basset soit mis à mort pour inconduite, que son maître soit emprisonné… Le fossoyeur releva les yeux vers le visage de Victoria; rien dans son regard ne semblait envisager une telle conclusion et un pâle sourire timide étira les lèvres du jeune homme. Encore une fois, il faisait preuve d’un incroyable pessimiste…

Sentant le regard de la belle sur lui, Dick se sentit gêné et tourna la tête vers la tombe sur laquelle elle venait souvent se recueillir. Bien que tous deux ne se soient jamais parlé, il connaissait les grandes lignes de son malheur et en lisant le nom du mort, il ne put s’empêcher de penser à son propre chagrin, à sa tendre Margaret et les larmes remplirent à nouveau son regard déjà rougi par sa peine. Reniflant, le fossoyeur rapporta son attention sur mademoiselle Ravenswood au moment où, réduisant la distance entre eux, elle tendit son parapluie pour l’épargner de la pluie qui tombait de plus belle. Ce simple geste le troubla quelque peu; rares étaient les âmes charitables qui se souciaient de lui, humble gardien des morts. Dick était dans un état lamentable, mouillé de la tête au pied, frémissant de froid et pleurant sans orgueil la femme d’un autre homme, mais il avait choisi cet état. Chaque jour qui passait l’éloignait de la chaleur du corps de Margaret, du souvenir de ses caresses, du son de sa voix, du parfum de sa peau… Si Lord Sawyer n’était pas là, le jeune homme aurait souhaité ne plus respirer; une partie de lui était déjà morte de toute façon… Son cœur ne semblait plus battre depuis longtemps…

Comme si Victoria avait lu dans ses pensées, elle reprit la parole, s’inquiétant de son état à lui, massacrant son nom au passage. Il eut un petit rire nerveux; ce n’était pas la première fois qu’il se voyait ainsi débaptisé. Son prénom, tout comme son nom, avait été source de moqueries pendant toute son enfance. Intimité par les autres enfants, battu par de plus vieux en quête de reconnaissance, Dick avait toujours préféré la présence des morts à celle des vivants. Lorsque son père lui avait proposé de venir travailler au cimetière avec lui, le jeune homme y avait vu la fin de son calvaire et il avait alors embrassé le rôle solitaire de gardien du cimetière. Après le décès de son paternel, Dick était demeuré seul bien longtemps jusqu’à ce qu’il rencontre Margaret… Elle avait fait de lui un homme, elle lui avait appris à s’aimer, à marcher la tête haute et à laisser couler sur son dos tout ce que les gens pouvaient raconter à son sujet. Ensemble, ils avaient recueilli Lord Sawyer, ce petit chiot abandonné, et dès lors, l’animal était devenu le reflet de l’âme brisé du jeune homme…

« Vous ne sauriez pas où nous pourrions nous abriter en attendant la fin de cette tempête ?! Il n'y a pas une cabine quelque part pour vous ? »

Comme si le fossoyeur reprenait le contrôle de son corps et de son esprit après une longue léthargie, il aspira de l’air humide par sa large bouche avant d’acquiescer d’un bref signe de tête : « Il y a un petit cabanon près de l’entrée… ». Lord Sawyer, qui avait observé ces deux étranges humains, la langue pendante, compris qu’ils allaient enfin se remettre en marche et fut le premier à avancer dans la direction de l’abri tant espéré. Dick, sans réfléchir à la légitimité de son geste, pressa sa main sur le dos de la belle pour l’inviter à le suivre, profitant, par le fait même, de la protection que lui offrait son parapluie.

Lorsqu’ils arrivèrent à la loge, bien après Lord Sawyer qui donnait de petits coups de museau contre la porte dans l’espoir de la voir s’ouvrir, Dick distança Victoria pour aller déverrouiller cette dernière. Aussitôt, le basset se faufila par l’ouverture de la porte et entreprit de se secouer pour se débarrasser de toute l’eau qui le mouillait. « Je suis désolé de l’état des lieux… » fit le gardien en entrant dans la cabine, après avoir laissé mademoiselle Ravenswood entrer avant lui. L’espace était relativement restreint : l’utilité première de cette loge était d’y entreposer tous les outils nécessaires au travail de fossoyeur, mais également à l’entretien du cimetière. Sur un crochet, derrière la porte, se trouvaient plusieurs trousseaux de clés permettant à Dick d’ouvrir tous les caveaux du cimetière. Au fond de la pièce, il y avait un vieux cercueil de bois ouvert. À l’intérieur se trouvaient un sac de provisions et quelques vêtements propres; le gardien se faisait un honneur d’être, le plus souvent possible, très bien habillé. Son couvercle se trouvait de travers et sur le dessus, il y avait une bougie éteinte; le cercueil servait de table basse au fossoyeur. De l’autre côté, un vieux matelas était posé directement sur le sol. Des couvertures chaudes le recouvraient et il y avait même un oreiller sur lequel Lord Sawyer semblait s’être souvent couché. Une unique fenêtre de petite taille permettait à la lumière de jour, aussi faible puisse-t-elle être, de pénétrer dans ce lieu étrange. L’épais rideau brun d’une saleté insoupçonné n’avait pas été tiré.

« Je travaille parfois si tard… Dick eut un raclement de gorge nerveux… que je ne rentre pas toujours chez moi… » Il contourna la jeune femme pour rejoindre le cercueil ouvert. Sans délicatesse, il remit son couvercle en place, au cas où la demoiselle voudrait s’assoir. « J’ai des couvertures si vous voulez vous sécher… » Le jeune homme se dirigea alors vers le matelas, se penchant pour se saisir d’une couverture poussiéreuse. Il la secoua nerveusement, mais la poussière qui s’envola le fit éternuer. Décidément, Dick ne savait pas recevoir convenablement une femme… C’était à se demander ce que Margaret avait bien pu lui trouver de charmant…

« Je n’ai rien à vous offrir… ah! J’ai peut-être une miche de pain… dans le cercueil… » Il venait de revenir vers Victoria avec la couverture, lui adressant un sourire timide, mais sincère.


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MessageSujet: Re: ✞ Poetry is not Dead [Victoria & Dick] ✞ Lun 14 Mai - 9:46



✞ Poetry is not Dead ✞

« we should be legendary lovers  »

Cimetière de Highgate, 14 Février 1890.

Les larmes du ciel continuaient à déferler sans discontinué, contre vent et marées sur la terre meuble du cimetière de Highgate. A tout moment, la tempête menaçait de gronder là où il n'y avait pour le moment que forte pluie. Si Victoria ne craignait pas la mort, il y avait cela dit des façons de partir plus agréable que foudroyer par le ciel, crachant son désespoir pour punir son orgueil. Son esprit était à présent bien réveillée par la présence du fossoyeur -bien que surtout de son chien qui avait sans honte salit le noir ébène de sa robe de bourgeoise. Elle percevait à présent la fraicheur de l'eau qui la glaçait jusqu'au sang, la force de frappe contre son parapluie et tout ce que celui-ci ne pouvait pas protéger, ainsi que l'absence d'intimité décente entre elle et l'individu trempé.

Bien que tenant sur ses positions et refusant qu'il n'attrape véritablement une pneumonie ou pire encore, Victoria resta droite et sa main ne trembla pas en tenant le parapluie. Aussi sa demande était-elle tout à fait légitime, car nul ne pouvait continuer à attendre sous ce déluge. Les dernières âmes qui semblaient encore traîner autour du cimetière s'étaient effacé dans la brume que soulever les éléments. Il n'y avait plus qu'eux. Visiblement non sans gêne, Mr Fusslebottom lui indiqua qu'il existait effectivement un cabanon d'où ils pourraient se protéger -tout en maintenant une distance de sécurité viable, songea silencieusement la veuve. Le chien, vaillant et de bonne humeur malgré la tempête, partit devant... tandis que l'homme guida Victoria en poussant légèrement sur son dos. Un courant électrique passa dans toute sa colonne vertébrale, la ramenant à une stature plus droite que jamais, comme un réflexe.

C'était certes ainsi que l'on apprenait la belle marche, mais à travers cette main qui n'avait rien à faire ici, Victoria se sentait raidir, presque rougir. Dieu merci que l'intérêt fut plus prompt à trouver la porte du cabanon qu'à disserter sur ce genre de choses. Il était évident de toute façon que l'homme, comme à son tour réveillé d'une transe, préférait le secours gracieux du parapluie, que de subir une nouvelle fois le torrent de la Tamise. Par chance, cela ne fut pas si loin qu'elle n'aurait imaginé, et le fossoyeur s'excusa bien vite tout en la laissant entrer. Victoria aurait de toute façon donner beaucoup pour pouvoir se mettre à l'abri, maintenant. L'endroit n'était même pas si hideux que cela, même si la jeune femme avait pour coutume d'exiger un nettoyage parfait de son manoir. Disons que pour sa fonction première, ce cabanon remplissait toutes ses prérogatives à la perfection. Elle y trouva même un certain charme dans ce taudis sombre, éclairé par la seule volonté du soleil à travers l'unique lucarne. Passant son regard partout là où la lumière pouvait lui permettre de voir quelque chose, Victoria resta cloitrée dans un silence presque admiratif. Cela lui inspirait tant de choses. Des idées, des images en tout poésie lui venaient en tête, mais elle n'avait absolument rien pour écrire. Alors, la jeune veuve s'abreuvait presque, comme une assoiffée, de toute cette macabre ambiance. Elle trouva même terriblement drôle de se servir d'un cercueil comme d'un mobilier tout ce qu'il y avait de plus standard. Toute l'ironie de l'endroit la prenait au corps, la faisait doucement sourire.  

Quand Mr Fusslebottom referma la porte, l'ambiance se fit plus sombre encore, renfermant Victoria dans une sensation de claustrophobie qui n'avait étrangement rien de désagréable. Elle qui avait vécu toute sa vie dans de grands espaces lumineux, blancs et bien éclairé, de richesses et de dorures... l'opposition était flagrante et rafraichissante. Bien que l'écart d'intimité fut bien respecté entre les deux jeunes gens, Victoria se sentit soudainement plus proche encore de lui, comme si l'obscurité, troublant la vue et l'appréciation des distances, mélangeait un seul corps les parties que l'on ne pouvait pas discerner. Retenant son souffle, elle s'assit sur le cercueil, n'osant pas faire le moindre mouvement, déposant lentement son parapluie à côté d'elle. A ce même moment, la tempête se transforma en orage, grondant sa colère gargantuesque au dessus de la Capitale.

- Nous sommes rentrés juste à temps...

Murmura-t-elle pour elle-même, bien qu'il ait pu facilement l'entendre. Peut-être qu'il faudrait bientôt allumer des bougies, afin que les noirs nuages ne plongent davantage ces deux âmes dans les ténèbres. Le voyant se démener si précipitamment, éternuant à la poussière d'une couverture hâtivement remué, Victoria ne put s'empêcher de cacher son sourire du revers de sa main. Un petit sourire moqueur sous couvert d'un regard rieur à moitié perdu dans l'ombre. Cela ne l'empêcha pas de remercier son hôte d'infortune en récupérant la couverture. Même s'il l'avait épousseté, elle n'en restait pas moins sale. La jeune femme, par respect pour lui, la mit tout de même autour de ses épaules. Ce n'était pas non plus comme si elle n'avait pas froid. Il était agréable pour elle d'avoir un tel spectacle de spontanéité devant elle, cela la rassurait.

- Ne vous en faites pas... je n'ai pas faim... est-ce que vous auriez... mmh, enfin, si ce n'est pas trop vous demander, du thé ? Ou de quoi faire de l'eau chaude ?

Elle n'avait pas particulièrement envie de faire sa princesse, alors qu'elle se faisait gracieusement protéger de l'orage par le jeune homme. Mais passé la transe de son esprit face à la tombe de son ancien aimé, le réveil brutal, la soudaine conscience de son corps fin et en manque de nutriments, affaiblie davantage par la pluie qu'elle s'était infligée par pure psycho-dramatisme... tout ce qu'elle pouvait souhaiter à cette seconde, c'était quelque chose de chaud à prendre dans ses mains et à boire pour réchauffer son corps. Madame faisait tout de même la maline à vouloir du thé, là où des ouvriers du bas-peuple se réchauffaient le gosier à coup d'alcool séance tenante. Elle baissa alors la tête et s'excusa :

- Pardonnez-moi, je ne souhaitais pas être impolie. Je ne vous importunerais pas longtemps, juste le temps que l'orage se calme.

Alors que Victoria prononçait ses mots, l'orage redoubla d'intensité, la faisant pousser un profond soupir. Ce n'était pas qu'elle n'aimait pas l'endroit, ou qu'elle n'aimait pas l'orage, ou qu'elle n'appréciait pas la présence de son hôte. C'était un ensemble de chose, lui donnant l'impression de passer pour la pire bourgeoise de l'univers, ironique quand on songeait que son premier amour était un ouvrier. La jeune veuve espéra que le fossoyeur n'ait pas mal pris sa demande, alors que ce lieu était bien évidemment qu'un lieu de fonction ne se prêtant certainement pas à l'emmagasinement de tasses, d'eau et de tasses. A voir l'extrême simplicité rudimentaire dont était fait l'endroit, il ne fallait pas trop en demander. Victoria joignit donc sagement ses mains après en avoir retirer les gants humides qu'elle posa à côté d'elle. Souhaitant se racheter, elle continua :

- Mais ne vous excusez-pas, j'aime beaucoup cet endroit, étrangement il m'inspire... mais... est-ce que vous auriez des bougies ? On n'y voit de moins en moins avec cet orage...

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