This life had many shades | Georgiana



 

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Oswald M. Korhonen
Oswald M. Korhonen

Âge : 41
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MessageSujet: This life had many shades | Georgiana This life had many shades | Georgiana Icon_minitimeDim 21 Jan - 18:16



This life had many shades

« I saw beauty to the north »

janvier 1892

Une fine neige scintillante avait recouvert le paysage londonien au cours d’une nuit particulièrement froide, mais le soleil, qui se faisait si rare dans ce pays gris,  avait réchauffé le jour et promettait, à présent, une soirée et une nuit à venir plus clémentes. L’astre du jour était très bas à l’horizon, colorant le ciel d’un bleu foncé alors qu’une mince ligne orangée persistait à s’estomper graduellement. Quelques étoiles brillantes étaient déjà visibles, mais personne ne semblait les remarquer… Personne, sauf peut-être cet homme à l’apparence étrange qui, seul derrière un chapiteau de petite taille, levait les yeux vers ce ciel magnifique, un sourire béat aux lèvres.

Cette scène aurait pu être imaginée très belle et émouvante si seulement l’homme ne profitait pas de ce moment de quiétude pour uriner sur la mince couche de neige, le regard vers la voute céleste, alors qu’il se dandinait doucement pour créer un motif doré sur ce canevas blanc éphémère. Malgré une température douce, Oswald frissonna; il frissonnait toujours lorsqu’il terminait de soulager sa vessie. Il secoua machinalement son organe et baissa enfin les yeux sur son œuvre. Le freak eut un sourire satisfait, mais il lui manquait quelque chose! L’homme pencha la tête vers l’arrière, les yeux levés à nouveau vers le ciel et il se mit à pianoter, du bout des doigts, son outil d’artiste, qu’il tenait toujours en espérant réussir à puiser dans ses dernières ressources. Comme si cela l’aiderait, Oswald crispa les muscles de son visage alors qu’il tentait de donner tout ce qui lui restait de fluide pour signer son œuvre de quelques gouttes d’urine supplémentaires. Réussissant la mission qu’il s’était donnée, après quelques longues minutes, l’homme poussa un soupir de soulagement puis, sa création ainsi complétée, Oswald rangea son outil dans son pantalon. Il baissa les yeux sur le motif doré et s’en détourna pour retourner à l’intérieur du chapiteau; la petite pause qu’il s’était octroyée et à laquelle il avait droit était terminée.

Il arrêta néanmoins son mouvement en tendant l’oreille; des applaudissements en provenance du grand chapiteau du Cirque O’Farrell annonçait la fin du spectacle et le flot de spectateurs qui en sortirait bientôt. Un sourire malicieux étira les lèvres charnues et beaucoup trop maquillées de l’homme au physique élancé. Si les curieux aimaient se faire des peurs en contemplant le freak sur cirque, l’apparence d’Oswald n’était jamais aussi effrayante que lorsque le soleil se couchait et que les ombrages jouaient avec son maquillage. S’il restait sagement dans son petit chapiteau à attendre des visiteurs, l’effet ne serait pas le même que s’il allait directement à leur rencontre, n’est-ce pas? L’homme contourna le chapiteau en suivant sa toile poussiéreuse, à la manière d’une araignée peu habile, mais néanmoins discrète. Tapi dans l’ombre, il attendrait que soient passés quelques spectateurs désireux de rentrer chez eux avant la tombée de la nuit et se joindrait alors à leur petit groupe. L’effet de surprise devrait en rendre mal à l’aise plus d’un…  

©️ plumyts 2016

*Titre : Rose Tattoo | Dropkick Murphys
*Citation : Rose Tattoo | Dropkick Murphys



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MessageSujet: Re: This life had many shades | Georgiana This life had many shades | Georgiana Icon_minitimeVen 26 Jan - 1:12


This life had many shades

Every beauty needs her beast to protect her from everything but him

cirque o'farrell, janvier 1892
Je ne saurais dire ce qui avait passé par la tête de mon époux, mais je fus agréablement surprise lorsqu'il nous proposa, à moi et aux enfants, d'aller faire un tour au cirque. Je n'avais bien sûr aucune objection quant à faire une petite sortie en famille, même que j'en étais plus que ravis. Tout comme les enfants, j'avais du mal à contenir mon excitation face à cette soirée qui nous attendait. Le cirque avait toujours été un endroit où la diversité était rêne et ce, autant dans les numéros que dans les artistes, car aucun d'eux ne se ressemblait. Pendant que la gouvernante des enfants était allé chercher quelques friandises pour les enfants avant que le spectacle ne commence, nous avions pris place dans les sièges qui nous avait été attribués. J'étais assise sagement au côté de mon époux, Günther installé sur mes genoux. Pendant que Friedrich et les filles discutaient avec animation au sujet du spectacle qui nous attendait, je jouais dans la chevelure soyeuse de mon fils, m'arrêtant parfois pour le faire glousser à l'aide de petite chatouille dans le coup. À un moment, ce fut lui qui me fit éclater de rire en prenant une mèche de mes cheveux pour la placer au-dessus de ses petites lèvres en guise de moustache. Lorsque les lumières commencèrent enfin à se tamiser, annonçant le début du spectacle, nous cessâmes bien vite nos imitations de Friedrich pour nous concentrer sur toute cette magie qui se déroulait sous nos yeux. À chaque fois qu'un numéro prenait fin, c'est avec entrain que nous applaudissions tous ensemble. En cet instant présent, je baignais dans le bonheur absolu. Je ne saurais me rappeler la dernière fois que je m'étais autant esclaffer. J'en avais d'ailleurs de douloureuse crampes et à plusieurs reprises, j'avais dû me faner, car incapable de reprendre mon souffle entre tous ses éclats de rire, presque hystérique, qui m'avait été impossible de contrôler. Puis comme toutes bonnes choses dans ce monde, il devait y avoir une fin. Bien que trop vite à mon goût, la présentation s'arrêta enfin. Je me levais donc, portant mon fils qui dormait dans mes bras, prête à partir.

Une fois à l'extérieur, je tendis Günther à Friedrich, trop fatiguer pour supporter le poids de mon petit bout de chou. La nuit était fraîche et ma chevelure d'ébène flottait au gré du vent hivernal et se balançait au rythme de mes pas. C'est avec un sourire mélancolique que j'observais les alentours de cet endroit qui me rappelait mon adolescence. À l'époque, moi et Charles avions passé des heures dans ce genre d'endroit, sans compter ni le temps, ni l'argent. Les lumières, la musique, les rires, les cris, les sourires, les regards émerveillés, les parents discutent en gardant l’œil ouvert, les commerçants et moi, je marche, m'enfonçant petit à petit dans la foule. Il y avait un océan de monde autour et il aurait été facile de s'y perdre. C'était d'ailleurs ce qui m'était arrivé. Perdu dans mes songes, je m'étais laissé distraire et de ce fait, je n'avais pas fait très attention. Je tournais donc sur moi-même, allant jusqu'à me hisser sur le bout des pieds, histoire de peut-être apercevoir mon époux dans cette masse de monde, mais sans succès. J'étais mal... Très mal même. Il n'y avait pas que des gens décent ici et une jeune femme seule était toujours une proie vulnérable pour les gens mal intentionné. C'est pourquoi je n'osais pas trop bouger et m'aventurer pour partir à la recherche de ma famille. Qui sait sur quoi ou qui, je pourrais tomber en chemin... Pour ne pas sembler trop désorienter, j'essayai de contrôler l'expression sur mon visage histoire de camoufler la peur et l'angoisse que je ressentais en cet instant précis. Devant moi, je regardais les gens déambuler à une vitesse fulgurante et certains me bousculaient au passage. Ma respiration s'était fait courte due à ma nervosité, mais mon visage restait stoïque. Les poings serrés, pour m'empêcher de trembler sous l'effroi qui me submergeait à mesure que les minutes s'écoulaient, je restais planter la tel une statue de marbre. Tout ce que je souhaitais était que mon époux s'aperçoive de mon absence et parte à ma recherche pour me retrouver le plus vite possible avant que je ne défaille sous la panique que je sentais monter en moi. J'avais la désagréable sensation d'être sur le point d'hyperventiler, ce qui m'arrivait souvent lorsque je vivais de trop forte émotion qui m'oppressait et ce corset que ma servante avait trop serré n'aidait en rien. Je sais bien que la taille de guêpe était l'effet recherché, mais il devait bien y avoir une limite quelque part, non ? Peu importe... Si je ne voulais pas m'écrouler sur le sol, je devais sérieusement me calmer et reprendre le contrôle sur mes pauvres nerfs. Je fermai donc les yeux un instant, en inspirant et expirant le plus doucement qui m'étais possible et peut être qu'au moment où j'ouvrirais enfin les yeux, mon stupide époux se tiendrais devant moi et ma porter pour lui assener une gifle magistrale. Mais bon, ce ne fut pas le cas, loin de là... Bien qu'une gifle était bel et bien partie lorsque je m'étais retourné et fis face à l'antichrist en personne. Pendant un moment, j'étais resté là les yeux écarquiller face à cette apparence des plus choquante et inquiétante avant de m'écrouler inconsciente sur le sol et ce, avec la grâce d'une énorme vache...
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Oswald M. Korhonen
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MessageSujet: Re: This life had many shades | Georgiana This life had many shades | Georgiana Icon_minitimeSam 10 Fév - 16:37



This life had many shades

« I saw beauty to the north »

janvier 1892

Invisible aux yeux des gens, Oswald attendait le bon moment pour sortir de sa cachette de fortune pour rejoindre le groupe de spectateurs. Il reconnaissait plusieurs visages malgré qu’il n’en connaissait aucun; des habitués du cirque, fort probablement, puisque l’homme ne quittait que rarement le site du Cirque O’Farrell. Lorsqu’il le faisait, ce n’était jamais pour bien longtemps, car à l’extérieur, dans la ville, il n’était plus le freak du cirque, mais un être étrange, tout simplement. Les remarques et les regards haineux n’en étaient que plus difficiles à supporter. Chaque fois, cela lui rappelait ses années d’errance et il revenait toujours au cirque la tête basse et le cœur brisé. Ici, il était quelqu’un malgré la peur qu’il suscitait chez les spectateurs et de cela, il s’en gonflait d’orgueil.  

Après quelques instants, le regard d’Oswald s’arrêta sur la silhouette d’une jeune femme qui semblait s’être égarée. De sa cachette, il ne pouvait distinguer les traits de son visage, mais il ne se rappelait pas d’avoir déjà vu cette femme. Il se serait certainement souvenu de sa chevelure : une épaisse et longue toison foncée qui tombait librement dans son dos jusqu’à ses reins. Le vent soulevait gracieusement quelques mèches de ses cheveux à chaque pas qu’elle faisait et chaque fois qu’elle tournait la tête, cherchant probablement une personne qui devait l’avoir accompagnée au cirque. Oswald pencha sa tête sur le côté en plissant légèrement les yeux pour observer la femme qui approchait du petit chapiteau à côté duquel il se cachait. Elle devait faire un effort considérable pour tenter de garder son calme, mais Oswald avait été initié très jeune à déchiffrer l’expression d’un visage; il devinait donc que l’angoisse, et peut-être même la panique, était en train de gagner la jeune femme. Maintenant qu’elle s’était approchée, l’homme pouvait admirer la très grande beauté de l’inconnue et toute idée de l’effrayer avait complètement disparu de son esprit.

La magnifique femme s’était arrêtée tout près, laissant les gens la contourner pour poursuivre leur route. Oswald, sentant la peur qui habitait la femme, comme s’il pouvait ressentir ses émotions, fronça les sourcils par compassion et décida de sortir de sa cachette pour aller à sa rencontre. Pas un instant il ne pensa à son apparence effrayante; il désirait venir en aide à cette beauté. Il la rejoignit donc assez rapidement, les gens s’écartant sur son passage, et lorsqu’il fut derrière elle, il tendit une main vers son épaule pour lui signifier sa présence sans la surprendre. L’inconnue se tourna vers lui et aussitôt, le gifla : « Ouille… » fit le pauvre homme alors qu’il n’avait pas physiquement mal; c’était la première fois qu’une femme le giflait pour aucune raison et il se sentait si triste, tout à coup. Les traits de son visage maquillé, très expressif malgré tout, reflétaient honnêtement la douleur émotionnelle que ce geste lui occasionnait. « Je suis désolé… » dit-il d’une petite voix en baissant les yeux à la manière d’un enfant innocent, prêt à s’éloigner rapidement pour ne pas déplaire davantage à cette très belle dame.

Lorsque le freak releva timidement les yeux sur le visage de la belle, il vit ses yeux rouler dans leurs orbites et tenta de l’attraper avant qu’elle heurte le sol, en vain. Elle venait de s’évanouir. Ce n’était pas la première fois qu’Oswald produisait cet effet chez une femme, mais comme à chacune de ces fois, il n’arrivait pas à comprendre qu’il puisse en être la cause et ne pensait plus qu’à venir en aide, d’une manière ou d’une autre, à une dame en détresse. Ignorant donc les curieux qui s’arrêtaient de marcher pour observer la jeune femme inconsciente au sol, Oswald se pencha vers elle pour la prendre dans ses bras délicatement; il ne voulait pas la blesser ou lui manquer de respect en la prenant d’une manière inappropriée. Malgré le poids des tissus de sa tenue, la belle était plutôt légère et c’est sans difficulté que l’homme l’éloigna du flot de spectateurs, la conduisant vers le petit chapiteau qui lui servait de lieu de représentation, mais également de « maison ». Cette deuxième utilisation du chapiteau était délimitée par un épais rideau tiré de couleur foncée derrière lequel se trouvait le lit de l’homme et tout ce qu’il possédait d’effets personnels.

Après s’être frayé un chemin jusqu’à son lit, Oswald y déposa la femme qui n’avait toujours pas retrouvé ses esprits. Il ignorait quoi faire et aurait rapidement été cherchée Callisto s’il n’ignorait pas où elle se trouvait à cet instant et qu’il ne craignait pas de laisser la jeune femme seule. Ainsi, il chercha des yeux une bassine d’eau et au moment où il s’en approchait, il renifla son contenu et y goûta pour s’assurer qu’elle était propre puis, après avoir trouvé un morceau de linge, imbiba celui-ci d’eau avant de revenir vers la belle pour lui déposer sur le front. Oswald s’éloigna du lit et se dirigea vers la sortie du petit chapiteau. Il jeta un bref regard à l’extérieur; il n’y avait plus personne et aucune trace de son amie. Soupirant, l’homme revint sur ses pas pour revenir auprès de l’inconnue étendue sur son lit. Hésitant, il finit par s’assoir près de la jeune femme et se pencha vers elle pour attraper le linge humide d’une main. Il tapota doucement son front en se concentrant sur son mouvement plutôt qu’en profitant pour admirer la beauté de la femme. Elle si vulnérable ainsi dans le lit de cet homme qui inspirait la crainte à tous ceux qui posaient leur regard sur lui…

Devait-il retirer les vêtements chauds de cette jeune dame? À l’intérieur du petit chapiteau, la température était contrôlée par un bon feu qui crépitait de l’autre côté du rideau et peut-être que la chaleur l’empêchait de revenir à elle? Oswald leva les yeux et regarda partout autour de lui comme pour s’assurer que personne ne s’opposerait à cela, puis, il tendit les mains vers les vêtements de la belle : « Ne vous inquiétez pas, je ne vous veux aucun mal… » dit-il d’une voix douce comme s’il pouvait être entendu par l’inconnue. « … Vous êtes brûlante… » poursuivit-il alors qu’il réussissait sans difficulté à retirer les vêtements superflus de la brunette. Convaincu qu’il avait fait ce qui se devait être fait en pareilles circonstances, Oswald attrapa à nouveau le linge humide et recommença à tapoter doucement le front de la jeune femme, puis tapota également ses joues roses. Ce fut seulement à ce moment qu’il se donna le droit de baisser les yeux vers ses lèvres. N’avait-il pas entendu une histoire, un jour, d’une princesse endormie et réveillée par le baiser de son prince charmant?

Oswald déglutit, sentant ses entrailles se contracter par la nervosité alors qu’il se penchait vers le visage de la belle. Doucement, il approcha ses lèvres maquillées de celles de la jeune femme, mais hésita à l’embrasser. Il leva les yeux pour regarder les paupières closes de cette princesse endormie; elle était si jolie. L’homme sourit timidement avant d’approcher son visage si près de celui de la jeune femme que le bout de son nez frôlait la peau délicate de son visage. « Je n'ai jamais vue, de toute ma vie, une aussi belle femme que vous... » prononça le freak dans un souffle avant de déposer ses lèvres charnues sur les lèvres inertes de la belle en un baiser qui n’avait rien à envier aux plus beaux contes de ce monde…


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