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EVENT N°3 - HOWLING NIGHT

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MessageSujet: Re: EVENT N°3 - HOWLING NIGHT Jeu 24 Mai - 0:07


Event : Howling Night

Cimetière de Highgate, Avril 1892

Elle ? Tortionnaire ? Et c’était elle qui exagérait ? Décidément, elle aurait tout vu…

- Veuillez surveiller vos paroles sur les femmes mon cher, vous pourriez le regretter. Pour quelqu’un qui se veut cartésien, je trouve que vos expériences personnelles altèrent beaucoup votre jugement
.

Et voilà que maintenant il se mettait à lui expliquer la situation avec luxe, calme et volupté.
La jeune femme aurait volontiers répondu quelque chose de cinglant, mais elle se contenta d’un soupir accompagné de son traditionnel « Vous m’épuisez ». La prenant par le bras, il l’entraîna jusqu’au groupe de personnes qui se trouvait avec Loban Renfield. Devlin lui présenta un à un tous les hommes de cette assemblée improvisée, employant son ton insupportablement ironique. La comédienne détailla précisément toutes les personnes devant elle, souhaitant se souvenir de leur visage et de leur nom. Alyson eut comme un sourire quand il lui présenta Loban Renfield, puis elle réalisa soudain que cela voulait dire qu’ils se connaissaient. Bon sang… Connaissant les deux, elle imaginait mal comment leurs caractères puissent faire bon ménage… Alyson remarqua le sarcasme appuyé quand il parla de Loban. Cet épisode s’annonçait des plus… mouvementés.
Elle salua poliment les quatre hommes, avant de tiquer sur les dernières phrases que le détective venait de prononcer.

- Je vous prie d’excuser Monsieur Stanton, il essaie de faire de l’esprit, sans vraiment de succès. Et surveillez votre langage, je ne cesse de vous le répéter : « Amie » ? Est ce vraiment un terme adéquat ? Et pour la énième fois, laissez ce génie en paix, votre jalousie et votre ignorance ne vous mèneront nulle part,
fit-elle entre agacement et ironie.

La jeune femme se tourna vers Loban.

- J’avoue que je ne pensais guère que notre prochaine rencontre se ferait dans un cimetière… Nous avons bien évidemment entendu un cri, vous n’êtes pas blessés ?

Cette dernière question s’adressait davantage à toute l’assemblée, y compris l’inconnu devant eux. La jeune femme détailla son aspect physique lorsque soudain, il se mit à balbutier des phrases parfois incompréhensibles parfois cohérentes. Il lâcha son nom : Jonas Harper. Il se jeta aux pieds d’Andrew, implorant pour de l’aide, avant de planter ses ongles dans le bras du directeur de Scotland Yard.

- Il faut le conduire dans un hôpital, et tout de suite !
s’exclama-t-elle, un regard insistant vers Loban Renfield.

Voulant éviter tout geste brusque, la comédienne s’agenouilla auprès de ce pauvre homme. Ses gémissements se firent de plus en plus fort.  Elle prit une voix apaisante, calme et tenta de capter son regard. La panique était le meilleur moyen de rendre quelqu’un agressif ou dangereux. La souffrance apparente de cet homme lui faisait mal au coeur. Sa douleur semblait impossible à se figurer sans la ressentir. Cependant, la jeune femme gardait l’ombrelle que Devlin lui avait donné à portée de main, par précaution.

- Monsieur, écoutez moi, essayez de vous concentrer, vous êtes en bonne compagnie ne vous inquiétez plus. Si vous vous calmez, tout se passera pour le mieux. Je m’appelle Alyson, nous allons vous aider.


Que le fait de lui parler aide ou pas, selon elle, ils devaient aider cet homme qui semblait réellement souffrir. Que pouvait-il bien lui arriver ? La question était de savoir s’il était une victime ou non. Si la réponse était négative, se rapprocher de lui aurait pu être considéré comme un acte insensé, mais elle avait son arme non loin d’elle, et une floppée d’aide potentielle. A priori, elle ne risquait rien.  
Mais pour l’instant, le plus important était de pouvoir aider cet homme et de comprendre ce qui se passait dans ce fichu cimetière.


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MessageSujet: Re: EVENT N°3 - HOWLING NIGHT Jeu 24 Mai - 10:34



Event n°3 – Howling Night

« BIRDS ARE SILENT FOR THE NIGHT. »

Cimetière de Highgate, 16 avril 1892.

Loban se tenait toujours proche de l’inconnu qui venait de subitement leur donner un nom, ce qui étonna grandement le jeune homme. Vu l’état de l’intrus, il avait sérieusement douté de sa santé mentale et il n’avait pas espéré que l’homme lui donnât réellement une réponse à ses questions. Cependant, il n’allait pas s’en plaindre. Cela dit, le nom de Jonas Harper ne lui disait strictement rien, ce qui n’était pas inimaginable en soi, Loban ne pouvant connaître toutes les âmes de Londres ou du pays. Mais cela signifiait aussi que l’homme n’était pas un criminel notoire, ce qui était plutôt un point positif à ses yeux. Néanmoins, l’homme ne semblait pas le calculer et se tourna directement vers Andrew Downcry qui s’était approché, accompagné de son fils et de Felix Adler. Harry le salua d’ailleurs, ce à quoi Loban répondit poliment par un bref sourire mais un mouvement de la tête honnête et amical. Le Home Secretary n’avait jamais détesté le fils Downcry et il s’en était toujours un peu voulu de le voir quitter son bureau, amer, l’année précédente suite aux évènements de la Tour. Il ne savait pas trop ce qu’il avait pu dire pour vexer le vétérinaire mais il aurait voulu que cela se termine dans de meilleurs termes.

Cependant, avant qu’il n’ait pu dire quoique ce soit, Harper gémit de nouveau de douleurs, se tordant dans tous les sens, sans qu’il n’y ait aucune blessure visible. Il eut une moue embêtée, n’ayant que très peu de compétences médicales. Il avait les rudiments en cas de blessure grave mais n’avait aucune base quand le mal semblait invisible. Il se tourna donc vers Harry, bien que vétérinaire, il pourrait sans doute donner un diagnostic précis. Cependant, l’homme attrapa subitement le bras du Directeur de Scotland Yard, le suppliant de l’aider, ne rendant l’odeur nauséabonde dans l’air que plus puissante. Loban dut se couvrir le nez de son poignet pour éviter d’avoir un puissant haut-le-cœur. L’homme n’avait guère l’air agressif envers Andrew mais dans le doute, Loban se leva, mettant sa main sur la garde de son katana. Malheureusement, comme si la présence d’Andrew Downcry et celle de l’homme qui s’agrippait à ce dernier ne suffisaient pas à rendre la situation plus tendue qu’elle n’était déjà, quand il entendit des pas dans son dos, il eut un très mauvais pressentiment. Il aurait beaucoup donné pour qu’il n’y ait qu’Harry et le mari d’Amy avec lui, pour gérer Harper, mais Londres devait être trop petite pour ceci.

Il ne se retourna même pas quand il entendit la voix trop familière de Devlin Stanton dans son dos. Rien que le ton sarcastique qu’il employait constamment l’énervait déjà. Rien que le fait qu’il nomme Harry et Felix Adler par leurs prénoms, ainsi qu’Andrew par « Sir Downcry », alors qu’il avait bien fait attention de n’utiliser son nom sans marque de politesse, se contentant d’un simple « Renfield » le faisait déjà sortir de ses gonds. Il lui tournait déjà le dos mais l’envie de lui mettre une droite dans la cloison nasale le démangeait sérieusement. Histoire de mettre les points sur les i. Ou plutôt les poings, dans ce cas de figure. Mais ce qui le força à se retourner fut l’emploi du prénom « Alyson ». Il n’en connaissait qu’une et il serait profondément déçu de celle-ci si elle se retrouvait à fréquenter le détestable détective. Tandis que son instinct lui sommait de ne toujours pas se retourner pour ne pas être déçu, il inspira profondément et ne put se retenir. Pendant que Stanton faisait des présentations que le Home Secretary n’écoutait même pas, il regarda sa protégée droit dans les yeux, une lueur de profonde déception dans ses iris noirs. Loban savait pertinemment qu’il devait mettre de l’eau dans son vin mais il ne pouvait s’empêcher de se sentir une nouvelle fois trahi.

Cependant, ce qui adoucit un minimum l’humeur du jeune Lord fut la réponse cinglante de la comédienne à l’égard du détective. Loban préféra ne pas s’en mêler, sinon, la nuit allait rapidement devenir un calvaire. La seule femme du petit groupe s’adressa alors directement à lui, ce à quoi il répondit juste de la tête, indiquant que personne n’avait rien. Puis il se dégagea de devant Harper pour montrer qui était l’homme dans le mal. Il laissa donc passer Alyson qui se préoccupa tout de suite de l’état de l’inconnu. Cela pouvait être relativement dangereux de la laisser si proche d’un blessé visiblement instable mentalement mais il était prêt à trancher la main de n’importe qui aurait geste suspect. Et il n’aurait aucun remord s’il s’avérait que cette main tranchée s’avérait être celle de Stanton. Il resta silencieux, observant seulement Harper pendant quelques secondes. Il n’avait pas envie de s’en mêler. Il voulait juste rentrer chez lui, s’occuper d’une Lydess clouée au lit comme elle l’aurait fait pour lui et ne plus voir cet abruti de Stanton qui allait ramener sa science et son ego afin d’emmerder son monde. Finalement, il lâcha aux deux nouveaux arrivants :

— Il s’appelle Jonas Harper, c’est tout ce que nous savons. Il dit aussi qu’il ne se souvient de rien.

Il croisa les bras, ignorant royalement Stanton. Il savait que si leurs regards se rencontraient, il aurait du mal à se contenir pour éviter de le frapper. Il n’était vraiment pas dans l’humeur d’être patient et encore moins avec quelqu’un qui s’amusait à le provoquer constamment. Il n’avait pas répondu pour emmener le pauvre bougre à l’hôpital mais Loban avait encore quelques réserves à cette idée. Avec ce qui s’était passé à la Tour de Londres, il n’avait peur que cela ne soit qu’un piège, une telle puanteur n’étant pas naturelle. Il ne dit donc rien de plus, se contentant de regarder l’homme se tordre de l’heure avec une inexpressivité qui traduisait un désintérêt profond pour ce qu’il se passait devant ses yeux. À cet instant précis, il ne ressentait que colère et dégoût (sans compter celui olfactif) et ne parvenait à être véritablement inquiet pour la santé de Harper.
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The Hate Inside.
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MessageSujet: Re: EVENT N°3 - HOWLING NIGHT Jeu 24 Mai - 11:32



Event n°3 – Howling Night

« DEAD MEN TELL NO TALES. »

Cimetière de Highgate, 16 avril 1892.

Felix était resté en retrait dès le moment où Andrew les avait rejoints. Il avait toujours été d’un naturel très effacé mais la présence de leur père biologique n’avait rien arrangé. Déjà mal à l’aise, l’homme qui se tordait de douleur non loin n’améliorait pas son état, bien au contraire. Surtout qu’Harry s’empressa de rejoindre le Home Secretary qu’il semblait bien connaître vu la facilité avec laquelle il s’était adressé au ministre. L’horloger ne pouvait que regarder passivement la scène sans trouver quoique ce soit à dire ou faire. Ce n’était par ailleurs pas dans sa nature de s’interposer au milieu d’une situation où il ne pouvait rien apporter pour contribuer. L’homme agrippa alors le bras d’Andrew, le suppliant de faire quelque chose. Felix ne réagit tout simplement pas. Il n’avait après tout rien à dire. Il n’avait jamais été dans ce genre de situation d’urgence, ne savait pas comment les gérer, alors il préférait rester en retrait. De plus, être en présence du Directeur de Scotland Yard et du Home Secretary n’arrangeait en rien les choses et il préféra se faire tout petit derrière Harry qui était bien plus grand que lui, même si beaucoup plus fin. Cependant, il observait tout de même la scène en silence.

Ce fut alors que deux autres personnes vinrent dans leur direction, dont Devlin Stanton. Felix le salua brièvement de la tête quand il s’adressa à lui, leur présentant la jeune femme qui l’accompagnait. L’horloger la salua tout aussi sobrement. Il nota cependant le sarcasme impressionnant qu’utilisait le détective envers son ministre et il fut égoïstement soulagé que Devlin ne s’adressât pas constamment à lui avec ce ton. Déjà qu’il n’était guère à l’aise en société… Il se demandait pourquoi son ami agissait avec une telle effronterie face à un homme du gouvernement mais il préféra ne pas se mêler de cette histoire qui ne le regardait guère, ne voulant guère attirer sur lui le regard noir et assassin du ministre. Il soupira donc doucement, restant bien derrière son jumeau, ayant comme l’impression d’être inatteignable et caché, bien que, comme à son habitude, il ne passe guère inaperçu avec ses yeux sans couleur, son teint pâle et maladif et son manque visible de sommeil. Tout le monde sembla se préoccuper dudit Jonas Harper et, se sentant parfaitement inutile, il tira timidement et discrètement sur la manche d’Harry pour attirer son attention avant de lui dire doucement :

— Dis… Tu penses que je peux rentrer…? Je ne vais pas être très utile…

Puisque Felix n’était nullement concentré sur Harper, il était légèrement plus attentif à ce qu’il se passait autour et remarqua alors qu’une silhouette familière se rapprochait d’eux. S’étant habitué à la puanteur, il pouvait se focaliser un peu plus sur ses autres sens. Ses yeux gris suivirent donc l’ombre qui se venait dans leur direction et finit par reconnaître Jonathan, vêtu de son habituel soutane. Se demandant bien ce que le pasteur faisait ici, il fit une moue embêtée. Mais peut-être qu’il pouvait tout aussi bien être une excuse pour s’éclipser discrètement du cimetière et éviter de se retrouver dans des problèmes qui le dépassaient. Il tenta d’attirer son attention de la main, afin que Jonathan n’aille pas s’égarer au milieu des immenses Harry et Lord Renfield. Il était lui-même plutôt grand mais il sentait bien misérable par rapport au vétérinaire et au ministre. D’ailleurs le comportement de Devlin vis-à-vis du Home Secretary l’étonnait toujours, déjà à cause de la position de ce dernier mais aussi de sa taille et de la force visible du Comte de Warwick. Il était imposant, que ce soit par sa carrure ou par sa position sociale, même pour Devlin. Enfin, du point de vue de Felix, puisque le détective semblait prendre un malin plaisir à narguer l’ami d’Amy qui bouillonnait sur place. Il tentait désespérément de capter le regard de Jonathan qui, cependant, de loin, semblait déjà bien sombre. Les épaules du pauvre horloger s’affaissèrent et, déjà nerveux, il se sentit extrêmement mal à l’aise, ne sachant où se mettre entre Harper et les tensions visibles entre tout le monde. Il sentait bien que l’esprit d’équipe n’était pas vraiment présent et il avait un peu peur des répercussions en cas d’urgence.
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MessageSujet: Re: EVENT N°3 - HOWLING NIGHT Jeu 24 Mai - 14:55



Event n°3 – Howling Night

« Avril 1892 »

Cimetière de Highgate
La jeune rousse, gisant sur l’asphalte, n’était pas à l’origine de la panique sourde qui affluait à la gorge et aux lèvres de Lucy. La prostituée appréciait assez Indianna pour s’inquiéter de son sort, mais restait suffisamment pragmatique pour évaluer son état, qui ne semblait pas gravissime outre mesure. Ses traits n’étaient pas déformés, et elle ne semblait pas même blessée. Ce n’était pas le malaise en lui-même, mais sa cause, qui glaçait les veines de Lucy ; qu’avait donc bien pu voir sa jeune amie, pourtant téméraire et de cœur solide, pour qu’elle soit ainsi ébranlée ? D’où pouvait bien venir cette odeur âcre, plus épouvantable que celle de la mort, qui étouffait de son linceul putride les pauvres hères plantés à l’entrée du cimetière ? Et ce cri atroce, terrible, qui avait déchiré le silence sépulcral, faisant encore frémir les os de la fille de joie des pieds à la tête. Peu prompte aux angoisses de petite fille et aux épouvantes infondées, Lucy s’aperçut vite qu’elle n’était pas la seule à paniquer.

Dick, pourtant habitué aux situations sordides, au regard de sa profession, conseillait de ne pas rester là. Il avait légèrement scandé cette affirmation, d’une voix vibrante d’une angoisse contenue. Son fidèle compagnon grognait lui aussi, et cet instinct animal n’était pas synonyme de bon présage. Lucy fit volteface au son de la voix du gardien de cimetière ; dans la panique de trouver Indianna inconsciente, elle était persuadée que tout le monde l’imiterait et suivrait le pasteur aux pieds de la jeune rousse. Mais Dick ne semblait pas avoir bougé de sa place initiale ;  sa figure morne et triste, en retrait de la petite troupe qui s’était formée autour de la gisante, ajoutait à la désolation sourde qui planait sur le cimetière. La panique instinctive qui battait les tempes de Lucy s’accrut en voyant que le gardien de cimetière restait seul, en retrait, alors qu’une chose innommable, un mal encore impalpable régnait sur les lieux sordides. D’une petite voix pressée, rendue plus aiguë par une angoisse qu’elle tâchait de contenir, la fille de joie s’empressa d’interpeller Dick :

- Viens donc avec nous Dick, ne reste pas tout seul !

Cet égard ne pouvait pas déplaire à Jonathan ; à la vérité, elle n’y avait pas réellement songé avant d’appeler le gardien de cimetière de la sorte. Le pasteur de Whitechapel pourrait-il réellement lui reprocher d’avoir eu un conseil prudent et protecteur pour un ami, qui courrait peut-être on ne sait quel abominable risque ? Lucy n’avait pas vraiment envie d’y penser, et n’en avait pas le temps, se sentant oppressée par cette peur sourde qui lui dévorait les entrailles. D’ailleurs, Dick proposait à Jonathan d’emmener la jeune fille inconsciente dans sa cabine, près de l’entrée, tandis que Callisto, en petite despote énergique qu’elle était, se rendait maîtresse de la situation. Elle venait de s’emparer avec délicatesse du frêle poignet lorsque Lucy sentit le contact réconfortant de sa main fraîche sur sa joue blanche. A peine après l’avoir rassuré par des exclamations dans son anglais approximatif, que la danseuse autoritaire faisait valser de nombreux ordres aux deux hommes présents, demandant à Dick d’apporter de l’eau, conseillant Jonathan sur ses tentatives de réanimation qui ne lui semblaient pas optimales. La prostituée espérait que le pasteur, qui semblait déjà contrarié, ne devienne pas carrément exaspéré par la fermeté qu’une petite païenne noire mettait dans ses propos envers lui. Au moins, elle avait eu le tact de l’appeler par sa fonction chrétienne, ce qui édulcorait l’autorité du ton.

Mais Lucy n’eut guère le temps de s’effrayer de l’éventuelle contrariété de Jonathan. Car, au son de sa voix, et de celles environnantes, les yeux de la gisante papillonnèrent doucement, et, lorsque ses prunelles se fixèrent sur le visage penché de la fille de joie, elle s’éveilla tout à fait, surprise de retrouver son amie ici. Elle laissa échapper son nom, d’une voix blanche et faible, tendant sa main vers elle. La prostituée la saisit doucement, comme pour la calmer de la panique violente qui la reprenait, au sortir de sa torpeur. La jeune fille, tel un animal sauvage, blessé, regardait avec incompréhension, inquiète, ces visages que, pour la plupart elle ne connaissait pas, tous penchés sur elle. Puis l’angoisse reprit le dessus, elle se leva d’un bond, se rappelant le cri atroce, voulant retourner à l’endroit où il avait déchiré le silence. Mais, vacillante, remise sur ses pieds un peu trop vite, la jeune rouquine chancela dangereusement. La chute semblait inévitable. Pourtant elle ne tomba pas ; Indianna fut sauvée de l’asphalte par les bras du Révérend dans lequel elle venait de tomber. Lucy en oublia même jusqu’à l’insupportable odeur qui étouffait tous les protagonistes ; Les membres raidis et le visage figé, elle n’était plus obnubilée que par la contemplation muette de ces bras blancs qui s’accrochaient avec vigueur aux manches de Jonathan, par les plis de la robe d’Indianna qui pouvaient frôler l’habit ecclésiastique. Et la dure fille des rues ne sut pas expliquer pourquoi elle eut aussi mal, figée devant la vision de cette chevelure rousse, moins vive et plus disciplinée que la sienne, qui s’étalait avec une impudence involontaire sur l’habit sacerdotal. Elle comprit encore moins cette colère sourde qui afflua à ses veines, lorsque le Révérend Williams baissa ses yeux d’azur clair, troublé et surpris, vers le frêle corps qui lui était littéralement tombé dans les bras. Cette colère envers Jonathan était infondée, injuste, ridicule. Mais il était de ces rages passionnées qui entravent tout raisonnement logique et toute idée de justice. Lucy en voulait au pasteur, parce qu’il soutenait de la force de ses bras une jeune fille au bord de l’évanouissement. Lucy lui en voulait surtout de lui imposer ce déchirant tableau qu’elle dévisageait en spectatrice muette de chagrin, cette image désolante du pasteur de Whitechapel soutenant de sa force et de son regard céleste une frêle rousse alanguie qui n’était pas elle. Aussi, lorsqu’il tenta de rassurer Indianna qui posait une foule de questions d’un air affolé, lorsque, pour appuyer ce soulagement, il posa une de ses larges paumes sur la frêle épaule, Lucy, qui les fixait sans vraiment s’en rendre compte, croisa le regard clair de Jonathan. Il avait sa limpidité habituelle, tandis que les prunelles de la prostituée avaient la froideur de la glace. Ses yeux, qui d’ordinaire ne laissaient rien paraître, étaient sombres et semblaient jeter des éclairs, brillant d’une colère contenue.

Ce regard n’avait pas duré plus de quelques secondes. Lucy avait bien vite réfréné sa colère, comme réalisant soudain qu’ils n’étaient pas seuls. Aussi, lorsque Jonathan tenta de réconforter sa jeune amie en lui expliquant que l’odeur provenait sans doute d’une tombe ouverte, la prostituée se mordit la langue. Elle aurait volontiers répliqué au Révérend que, pour avoir quelques fois pratiqué le viol de sépultures en compagnie de Dick, jamais une odeur aussi épouvantable n’était parvenue à leurs narines. Mais elle se ravisa, assez intelligente pour comprendre qu’elle irait trop loin. Le pasteur de Whitechapel acceptait déjà tant bien mal son statut de fille de mauvaise vie, pourquoi s’ajouter soi-même une épine dans le pied en lui parlant des quelques rares fois où elle avait été la complice de Dick dans cette besogne sordide, qui lui avait permis de gagner quelques pièces en plus dans les moments difficiles ? De plus, elle n’avait guère envie de compromettre le gardien de cimetière dans ses activités illégales, d’autant qu’il avait eu assez confiance en Lucy pour en faire sa complice occasionnelle. Et puis, la meilleure raison était que la prostituée n’était foncièrement pas mauvaise. Les mots blessants étaient contre nature chez elle, en particulier si ils pouvaient blesser Jonathan.

Avec sagesse, Lucy se ravisa donc, regardant du coin de l’œil le pasteur écarter de lui la jeune Indianna, qu’il approcha d’elle et de Callisto. La fille de joie s’empara du bras de son amie, en regardant Jonathan qui s’adressait à Dick. Il souhaitait sans doute l’emmener dans les tréfonds du cimetière, comme pour y sonder l’origine du cri atroce qui avait insufflé une telle panique à tout ce petit monde. Oubliant cette colère injuste, cette jalousie ridicule de petite fille capricieuse, Lucy eut soudain affreusement peur ; Jonathan allait s’enfoncer dans les ténèbres avec Dick, là où se dissimulait une horreur telle qu’Indianna s’en était évanouie, tandis que les trois filles allaient attendre sagement qu’ils reviennent ou non de cette intrépide escapade ? Lucy aurait volontiers saisit le Révérend par les épaules pour le forcer à rester ici, si il ne les avait pas si larges. Aussi, lorsqu’il se retourna vers elle, lui lançant une œillade qui se voulait rassurante, accompagnée d’un léger sourire, la prostituée n’y tint plus, et ne parvint pas à contrôler son effroi et sa panique :

- Mais Révérend, nous ne devrions pas nous séparer !! Vous ne savez même pas ce qu’il y’a là-bas !!

Après l’œillade glaciale dont elle l’avait fusillé tout à l’heure, c’était un regard implorant qu’elle lui jetait cette fois-ci. Il ne pouvait pas s’enfoncer ainsi, aussi inconsciemment, dans les tréfonds d’une situation dont personne ne connaissait l’ampleur du danger.

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MessageSujet: Re: EVENT N°3 - HOWLING NIGHT Sam 26 Mai - 14:31



Event n°3 – Howling Night

« La certitude de n'être pas seul qui console même dans un cimetière. » - Jules Renard

Cimetière de Highgate, 16 avril 1892.

Lorsque l'on vivait de son temps à sauver les animaux de toutes sortes de maux, il y avait des odeurs peu supportables qui faisaient tout naturellement parti du métier. Mais cette odeur-ci dépassait tout ce qu'avait pu sentir le vétérinaire, alors même qu'il lui était parfois arrivé de faire face à des cadavres peu ragoutants et autres infections purulentes. Il observait cet homme, ne voyant aucune explication sur pourquoi cela pouvait provenir de lui -si tant est que cela provenait effectivement de lui. L'inquiétude le gagnait, augmenté par l'impuissance même. Il avait promis de ne pas s'occuper de choses qui pourraient le mettre en danger, mais là, au moins n'était-il pas contre la Loi. Ce fut véritablement anxieux qu'il se vit rejoindre par son frère et son père. L'inconnu commençait à s'agiter, donnant quelque chose qui ressemblait à son nom et parlant de papiers et de sang. Certainement un fou qui était sortit de l'asile, dont les mouvements saccadés et les paroles décousues ne démontraient qu'une immense panique innexpliquée. Rien que le vétérinaire ne puisse aider, au final. En le voyant s'avancer vers eux, Harry ne put s'empêcher de faire un mouvement en arrière, poussant légèrement Felix pour qu'il suive son mouvement derrière lui, le protégeant légèrement d'un bras. Il se crispa quand l'individu s'empara du bras de son père, ne sachant plus dans quel direction aller. Il faisait confiance à son père, émérite directeur de Scotland Yard, pour gérer ce malotru. Quant à lui, il lui semblait plus pertinent de protéger le pauvre horloger inoffensif. L'homme commençait à geindre de plus en plus fort, se plaignant d'incommensurables souffrances. Il avait beau le regarder attentivement, aucune blessure ni flaque de sang apparente et cela ne pouvait signifier qu'une chose: la douleur était intérieure.

C'était un véritable médecin qui devait l'ausculter, et l'envoyer à l'hopital était la chose la plus logique à faire. Mais à peine réfléchissait-il à ces possibilités qu'une connaissance arriva, bien triomphante et insouciante comme à son habitude: Devlin Stanton. Ce n'était pas le moment de faire le clown, et même si Harry avait toujours été du genre à sourire et à dédramatiser les situations quant il le pouvait de son ridicule naturel, le fait que son père et son frère puissent être impliqué dans quelques étranges affaires le mettait sur la corde raide. Il n'y avait que lorsqu'il était le seul à pouvoir mourir qu'il en oublait les conséquences. Le détective demanda alors ce qu'il se passait autour, ce dont s'étonna le vétérinaire. Fallait-il vraiment qu'il fut surpris en pleine balade romantique avec une femme pour en perdre tous ses moyens et ne pas voir l'évidence devant ses yeux ? Harry haussa un sourcil, et fut bien heureux de laisser Sir Renfield répondre à sa place, non sans nervosité agressive. Il pouvait le comprendre, car tout le monde ne pouvait pas supporter le comportement du détective, surtout face à l'ironie dont il avait fait preuve à son nom. La jeune femme qui l'accompagnait se mettait à son tour à hausser la voix contre tout et tous, et il comprenait alors bien mieux pourquoi ces deux là se trouvaient proches. Ils avaient démontrer en à peine quelques paroles qu'ils avaient tous deux la même ironie et arrogance, couplant cela à une manière de prendre le devant de la scène sans aucun consentement. Se plaçant légèrement en retrait de tous, Harry voulut analyser la situation d'une manière plus globale. Il n'était plus seulement question de l'inconnu et de sa souffrance, de son étrange maladie qui le dévorait de l'intérieur pouvant causer cette effroyable puanteur. Impossible de ne pas prendre en compte l'électricité ambiante qui régnait dans cette pénombre crépusculaire. Les esprits s'échauffaient, sous la panique et les orgeuils de chacun.

Il se retourna vers Felix, l'entendant demander timidement de rentrer à la maison. Harry ressentait un irrésistible mauvais pressentiment qui lui tordait les boyaux sans pouvoir expliquer pourquoi. Il jeta un coup d'oeil là où regardait son frère et remarqua le pasteur Williams qui s'avançait vers eux. Pourquoi pas. Ce n'était pas le centre de son attention, et il préféra poser une main sur le bras de Felix et lui demander, assze fort cela dit, pour que ça puisse être entendu de tous:

- Je pense qu'il faudrait effectivement mieux que tu rentres... mais... j'ai un mauvais pressentiment, je ne sais pas si c'est une bonne idée de rester seul dans ce cimetière.

Harry aurait pu l'accompagner, mais il n'avait pas envie de laisser son père seul face à cette potentielle menace qui l'agripper. Trop de fronts à tenir, et si peu de temps pour se décider. Même si après tout, son père pouvait également compter sur l'aide d'une détective et du Home Secretary, ce qui n'était pas rien. Il se mordit la lèvre, continuant de prendre du recul sur la situation aussi bien mentalement que physiquement. Mais il lui semblait que plus il tentait de réfléchir à quoi faire pour s'en sortir au mieux, moins bien il parvenait à penser. Tout se mélangeait dans sa tête, et il ne parvenait pas à trouver la bonne ligne. Des cris féminins, semblant formés des phrases, se faisaient entendre près de l'entrée, créant un nouveau frisson le long de sa colonne vertébrale. Etaient-ils encerclés ? Tous les traumatismes de la Tour de Londres remonta dans ses veines, le glaçant de l'intérieur. Il ne voulait pas que son père et son frère connaissent le même malheur et s'en voulait intérieurement de ne pas faire preuve de plus de courage. Que lui arrivait-il ? Pourquoi ne pouvait-il rien faire ? Finalement, prenant une profonde respiration, il se rapprocha d'Andrew et retira la main du blessé, écartant d'un bras son père. La peur le rendait peut-être méchant et insensible, mais Harry ne se laisserait pas une nouvelle fois surmené par les évènements. Il voulait qu'on puisse contrôler l'homme, véritablement. Et le meilleur moyen pour se faire était déjà de ne pas se laisser sous sa main.

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MessageSujet: Re: EVENT N°3 - HOWLING NIGHT Sam 26 Mai - 20:20

L’odeur avait surpris tout le monde. Une odeur putride s’était élevée dans le cimetière. Andrew avait remarqué la présence de ses fils et comme tout père inquiet, il était allé les voir pour s’assurer qu’ils n’allaient pas se mettre dans des problèmes qui les dépassaient. Devant lui se tenait Harry, le fils qu’il avait élevé, bercé, nourri, protégé , éduqué du mieux qu’il avait pu. L’autre avait été une découverte surprenante. Le jumeau de son fils, donc son fils aussi, avait refait surface dans sa vie sans le savoir trop tard à son goût. Il n’avait même pas pu lui donner la vie décente qu’il méritait.  Johanna l’avait encore manipulé. Il espérait ne jamais revoir cette femme de sa vie. S’il l’avait un jour devant lui, il ne se retiendrait pas de dire ce qu’il pensait (et il lui hurlerait dessus pour la peine).

Par contre, il avait plus important à régler que des problèmes de famille. Soudain, un homme est apparu, il hurlait et semblait souffrir. Le directeur de la police se retourna vers sa direction et il n’eut pas besoin de s’approcher de l’homme que lui-même se jeta devant lui. Il se mit à respirer par la bouche tellement l’odeur était pestilentielle. La victime semblait grandement souffrir en s’accrochant à lui. Downcry se pencha et lui agrippa les épaules pendant que Loban disait comment s'appelait ce malheureux.

-Monsieur Harper? Êtes-vous capable de marcher? Seriez-vous capable de vous rendre jusqu’à la rue avec un peu d’aide? Il faut vous emmener à l’hôpital. Quel est votre dernier souvenir?  Allez, laissez-moi vous aider...

Il tenta de le lever afin qu’il tienne sur ses pieds. Ils ne pourraient rien faire, sauf lui trouver un cocher pour l’emmener vers un médecin. Ce ne serait pas lui, ni un horloger, ni un vétérinaire, ni un imbécile de détective qui jouait son fin finaud.

-Monsieur Stanton! Au lieu de faire l’imbécile, venez m’aider à mettre ce malheureux dans un cocher. On doit le transporter à l’hôpital le plus proche comme le dit madame. Vous ne voyez pas qu’il a peut-être été empoisonné?!
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MessageSujet: Re: EVENT N°3 - HOWLING NIGHT Lun 28 Mai - 4:00



Event: Howling Night

« Demons dreaming, breathe in, breathe in… »

Cimetière de Highgate, 1892

Callisto avait apprit énormément au cours de ces dernières années… entre autre, à observer… observer les gens, leurs attitudes, leurs regards, tout ce qui pouvait donner une information.

Respirant toujours par la bouche, elle fut étonnée de voir l'étrange manège à 3 qui se déplaçait sous ses yeux. Le fossoyeur, le pasteur et Lucy.
Oh oui, elle connaissait bien ce jeu de regard, ce constant renvoie de balles, ce malaise…
Se pouvait-il que... ?
Ce regard, également, lorsqu'il posa sa main sur l'épaule de la jeune évanouie... Oh elle connaissait ces yeux!
Elle prit doucement le bras son amie prostituée pour lui demander d'un ton taquin:

-Dis donc. Le gars dont tu m'as pa'lé l'aut'e jou', c'est lui, non? Alors? C'est lui?

Demanda-t-elle en désignant le pasteur du menton et haussant rapidement les sourcils avec un éclat pétillant dans l'œil qui signifiait "Tu vas pas me la faire! Avoue!", se souvenant que Lucy lui avait parlé d'une rencontre avec un homme sur un ton plus réservé encore qu'à son habitude qui était signe sans équivoque pour la Négresse.

Le pasteur, d'ailleurs semblait faire preuve d'une certaine envie d'aller plus avant dans le cimetière, en quête, surement, d'une brebis à sauver, en bon chevalier ecclésiastique qu'il semblait être.
Ce qui rappela à la prêtresse le pourquoi de sa présence.

-Ecoute, moi doit retrouver quelqu'un! Veni', pa'ti', mais pas rester ici! Mauvais, ici.
Dit-elle à l'ensemble avant de prendre la route se dirigeant vers le monument d'une démarche féline au déhanché ravageur et appuyé, ses bracelets de cheville tintant en cadence.

Elle vit très rapidement une scène des plus incongrues. des personnes qui semblaient vouloir aider un homme visiblement mal en point tandis que d'autres se tenaient un peu à l'écart.
Parmi cet attroupement, 2 têtes seulement qu'elle connaissait, mais qu'elle était ravie de voir: Loban Renfield, le fiancé de Lydess et… comment ils disent dans ce pays?... bref il contrôle la police, ou quelque chose comme ça!... et Félix Adler, l'horloger qui l'aida, avec son épouse, à comprendre que O'Farrell avait tenté de la rouler.

Au moment où elle arriva, le plus agé de ce groupe invectivait un homme pas très grand mais élancé pour qu'il vienne aider à évacuer celui qui semblait souffrir. Homme qui répondit avec bien peu de douceur dans la voix:
-Hors de question! Miss Dale, Sir Downcry, la dernière fois qu'une pauvre victime a suscité toute la compassion de l'univers sur sa personne, il s'est avérée que c'était elle la source du problème, et elle manqua de tous nous massacrer.
Donc, tant que je ne saurai pas ce dont il retourne vraiment, je crains de devoir maintenir une objection au fait que Mr Harper quitte ce cimetière.
Je sais que je suis inhumain de dire cela ainsi, mais vous le seriez tout autant à ma place.
Si jamais il s'agit bien d'une victime, je serai désolé, croyez-le, mais des événements passés m'ont démontré que l'humanité fait parfois courir l'homme à sa perte
.

Aux yeux de Callisto, la réponse était logique. Il semblerait qu'aucun ne sache vraiment ce qu'il arrivait à cet homme. En d'autres circonstances, l'évacuer chez un médecin aurait été la solution adéquate mais dans cet environnement, entouré de cette odeur infâme qui semblait s'intensifier

Elle s'avança vers l'homme et demanda:
-Stanton? C'est Lydess-Cheveux-de-Feu qui envoie moi! Moi Callisto! Hey! Loban! Moi préparer médecine pour Lydess! Donner toi après: ça au cirque. Infusion, ça bon! Félix-Gentil! Amy-Gentille aller bien?
Une vraie pile électrique! Elle semblait avoir oublié la situation, trop heureuse de voir des visages amicaux, comme lorsqu'elle oublia de chercher Devlin quand elle vit Lucy.
Le détective dû lui faire un signe du menton, désignant le pauvre homme en souffrance pour qu'elle s'arrête et regarde.

-Hum! Moi vois! Ecartez-vous, moi regarder! Stanton, quoi dire?
-Il sait juste qu'il s'appellerait éventuellement Jonas Harper. Il souffre d'amnésie partielle surement liée à un choc émotionnel, il souffre de douleurs, essentiellement abdominales et d'un trouble du comportement…
-… qui pousser lui à creuser terre comme chien qui veut enterrer os!
-En effet! Ah oui: l'intensification de cette odeur atroce et sa douleur semblent liés.

Callisto regarda le détective, cette donnée-là était intéressante, puis les autres avant de s'approcher.
L'odeur n'était pas naturelle: rien au monde ne pouvait sentir cela avec une telle force: un vrai parfum de charnier… en pire.
Mais qu'elle donne des nausées était une chose, qu'elle fasse souffrir...
-Toi respirer par bouche, avoir moins envie vomir! Si liées, alors pas naturel!
L'odeur d'alcool lui parvint rapidement, elle écarta l'homme d'âge mûr et la jolie blonde qui étaient trop près et s'agenouilla à côté de l'homme.
-Toi mal? Toi mal au ventre? Moi aider. Moi voir?
Sans vraiment crier gare, elle arracha la chemise de l'homme au niveau de l'abdomen, faisant voler les boutons. Attentive au moindre symptôme bizarre au niveau du ventre, ou à la moindre réaction de l'individu.



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Dis-moi ce que tu désires, je te dirai ce que j’exige!
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MessageSujet: Re: EVENT N°3 - HOWLING NIGHT Lun 28 Mai - 22:56



Event n°3 – Howling Night

« the rest of the dead will not be respected »

16 avril 1892.

L'obscurité grandit. Elle enveloppe le ciel tel un linceul imprimé en négatif. Le soleil n'est bientôt qu'un lointain souvenir, capturant dans ses filaments les derniers rayons de feu, avant de sombrer dans l'horizon. Les couleurs se teintèrent petit à petit de mauve, pour finalement ne plus laisser qu'un amer indigo, ainsi qu'un filament de lumière qui auréole les bâtiments visibles de la Capitale. La fraicheur du temps se fait plus mordante encore, tandis qu'une petite brise printanière s'éteint dans l'air. A ce moment précis, rien si ce n'était l'odeur, n'aurait pu auguré de l'ambiance pesante qui venait de s'installer avec la pénombre. L'atmosphère aurait pu être agréable, presque romantique.

Le bruissement des feuilles qui s'entrechoquent dans le silence le plus absolu peut cependant vous pétrifier jusqu'aux os. Tandis que le silence de la ville éteinte, bien loin des ruelles toujours fournis de Whitechapel, fait écho dans vos oreilles et rend plus intense chaque son. Au loin, vous commençez d'ailleurs à entendre quelques aboiements de chiens, ainsi que des hurlements. A première vu, ils ne semblent pas être près de vous, mais leurs voix se portent des quatres coins du cimetière, n'offrant aucune reconnaissance spatiale. L'odeur est stagnante, n'allant pas plus en avant dans l'horreur, gardant cette même sensation piquante. Le dégoût reste présent, à moins que vous ne vous soyiez habitués à la puanteur.

A l'entrée du cimetière, vous vous pensiez tranquille. Mais alors que toute votre attention est concentré les uns sur les autres, portant secours à une victime de l'odeur... vous n'avez pas perçu Lord Sawyer, restant en recul de la situation tandis que son maître était tout aussi troublé que vous. Le fidèle compagnon grogne, tête baissé en fixant le sol. Restant ainsi pendant une minute ou deux, il finit par rapidement se rouler les oreilles sur la terre battue. Gémissant alternativement à ses grognements, il recule du groupe. Ses griffes raclent le sol quand ils ne tentent pas de boucher ses longues oreilles. Depuis les sous-bois proche de vous, des crépitements se font entendre -de plus en plus forts. Alors que vous vous interrogez sur la source de ce bruit, peut-être un incendie... c'est à ce moment que vous pouvez voir une nuée de rats et de souris, petites musaraignes diverses, s'enfuirent des sous-bois, courant à découvrir dans la pénombre pour attendre les murs du cimetières. Ceux qui ne parviennent pas à la grimper la contournent. Les bruits de leurs petites pattes et de leurs couinements incessants sont stridents.

Autour du monument de Blackbough, l'ambiance n'avait pas la moindre once de romantisme. Là où l'odeur se trouvait la plus forte faisait déjà flétrir plus d'un coeur, alors que les ténèbres se faisaient plus denses, seulement transpercé par la lumière de la lune qui resplendissait déjà au sommet des arbres. La nuit allait être longue. L'homme reconnu potentiellement comme étant Jonas Harper geint un peu plus, ses yeux se révulsant dans le vide là où il n'y a rien à voir. Son esprit s'embrouille de plus en plus et il ne pourra bientôt plus prononcer le moindre mot. Tout autour de lui, il n'y a que des ombres, qui s'approchent et dont les paroles se mélangent pour ne plus former qu'une bouillie informe sans explications. Ses épaules tressaillent alors que ses mains tombent au sol, grattant la terre avec ses ongles. Deux femmes se rapprochent de lui, mais il ne les identifie pas comme tel. Tout ce qu'il parvient à comprendre, ce sont deux mains qui  arrachent son vêtement. D'un geste violent et répulsif, il donne un coup de bras latéral pour dégager ces deux personnes qui altèrent son espace vitale. [Callisto et Alyson sont invitées à lancer un dé dans le topic de discussion afin de savoir si elles peuvent esquiver le coup ou non.]

Callisto a néanmoins le temps de voir une pilosité curieusement importante, grouillant presque comme des vers sur la peau de l'individu suspicieux. Dans la tumulte de son acte imprévisible, Jonas tombe au sol, sur les marches du mémorial; son corps se mit alors à se tordre dans tous les sens, lentement mais durement. Ses seuls membres qui ne tremblaient pas trop étaient ses main, qui serraient fortement sa machoire. Ses cris revinrent, plus nombreux, reprenant péniblement son souffle. Ses yeux brumeux de larmes fixaient le ciel, écarquillés.


- Déroulement de l'Event -

Bienvenue dans ce quatrième tour de piste ! Voici les rappels:


Très important : Étant donné que le cimetière de Hightgate est un endroit très boisé et où il est facile de se perdre, nous vous donnons l'opportunité de nous indiquer votre position à travers une carte. En effet, nous conserverons pour le bien de cet Event uniquement la partie Ouest du cimetière. Envoyez-nous un mp avec cette carte pour nous indiquer votre position, si vous avez le moindre doute quant à la position de vos camarades, n'hésitez pas à demander dans le topic de discussion !

Pour le lancer de dés : le seul site que vous pouvez utiliser et celui proposé par ce lien. Pour en comprendre le score, tenez-vous en au barème suivant.

Entre 75 et 100: Réussite Critique.
Entre 50 et 74: Réussite.
Entre 25 et 49: Échec.
Entre 0 et 24: Échec Critique.

• Si les autres joueurs veulent tenter des jets de dés, sachez que les traumatisés de la Tour de Londres recevront un malus de -10 points dans leurs résultats.

• Il n'y a pas de minimum de mots pour participer, l'important étant que vous confirmiez votre action et que vous donniez du contenu pour les autres joueurs.

• Vous avez deux semaines pour répondre. En cas de non-réponses durant ce laps de temps, votre personnage sera un peu plus malmené que le autres.

• Un Topic de Discussion dédié aux membres de l'Event vous est reservé ICI.

• La prochaine intervention du MJ sera le 11 juin.

• Amusez-vous bien, c'est le principal ! coeur
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MessageSujet: Re: EVENT N°3 - HOWLING NIGHT Dim 3 Juin - 1:10



Event n°3 – Howling Night

« Cette histoire va prendre fin au cimetière, comme toutes les histoires. »

Cimetière de Highgate, 16 avril 1892.

Abandonner le groupe à l’entrée du cimetière ne fut pas facile. Jonathan ne doutait pas qu’ils seraient parfaitement en sécurité sans lui ; car après tout, que pouvait-il se passer dans un endroit si vide de vie ? Le pasteur marchait en direction du monument, n’ayant pas entendu clairement les mots que portait la voix enjôleuse de la ténébreuse étrangère. Dieu merci qu’il ne l’eut pas entendu, tournant le dos à la scène. Son esprit si amer aurait tôt fait de se tromper de cible, tant il était persuadé de sa malchance actuelle. Il se sentait presque naturellement écarté de la réunion, se sentant de trop dans cet environnement d’identités diverses qui ne se connaissaient que trop. La nuit tombait de plus en plus, l’enveloppant d’une étrange sensation de solitude au milieu des arbres recourbés en sa direction. Le pasteur l’avait bien vu, le regard glacé de son amie qui le transperçait tel une arme blanche -bien qu’il n’ait pas compris ce qu’il avait fait de mal. Son coeur en avait été blessé, et peut-être cela avait-il pesé dans la balance de sa décision.

Partir à l’inconnu pour trouver une âme qui avait de toute évidence besoin d’aide, c’était la pilule qui soignait tous les maux d’orgueil. Pourtant il l’entendit, la voix de sa douce qui cristallisa l’air, le tout dans un élan de terreur. La culpabilité rongea le pauvre pasteur l’espace d’une seconde, tant il ne voulait pas blesser la jeune femme. Son âme chevaleresque passait malgré tout avant tout. Et si Jonathan avait bien un péché à porter telle une croix, il s’agissait bien de l’orgueil. Il se retourna vers le petit groupe, ne regardant que Lucy. Son expression était assez triste, mais déterminé.

- Quelqu’un peut avoir besoin d’aide, ce se...serait contraire à mes commandements que de l’ignorer. M...mais la nuit est tombée, vous devriez rentr…

Sa voix se tarit lentement au fur et à mesure de sa dernière phrase. Où pouvait-elle rentrer, en sécurité dans un taudis ? A moins qu’elle ne venait à se réveiller et que sa journée de travail commençait ? Peut-être avait-elle même déjà commencé ? Le pasteur se mordit la langue, et détournant le regard, s’en alla finalement pour rejoindre définitivement le monument. Ses pas s’étaient d’ailleurs fait plus rapide. Intérieurement, Jonathan s’en voulait d’être aussi lâche et d’ignorer royalement la vérité, préférant marcher ailleurs. Est-ce qu’il avait véritablement envie de venir en aide à cette personne ou voulait-il juste fuir sous un prétexte ? Il vit courir à côté de lui la tornade noire qui s’esclaffait déjà de sa haute voix, ce qui avait au moins eu le mérite de lui changer un peu les idées.

S’avançant encore, il reconnut dans la pénombre, la peau blanchâtre de son ami Felix. Sa présence lui révéla qu’il lui restait encore un peu de sourire dans son moral, et s’approchant de lui, Jonathan le lui offrit. Enfin quelqu’un qu’il connaissait et dont il pouvait vanter l’amitié. Ce n’était pas la relation la plus chaleureuse du monde, mais le petit pasteur était content de pouvoir se dire proche de cette personne. Jetant un coup d’oeil inquiet sur tout ce qu’il se passait devant eux, les éclats de voix qui s’entrechoquaient avec l’incertitude d’une décision à pourvoir. Un homme allongé par terre tressautait de tout son long, surprenant Jonathan qui fit aussitôt un signe de croix sur son torse, le faisant reculer d’un pas.

- Oh ! Seigneur, que se passe-t-il ici ?!… oh… d’accord….

Son regard reconnut la voix et le faciès du détective Stanton, dont il avait déjà eu recours au service. Durant tous ces entre-mêlés de mots, il avait pu discerner que l’on parlait d’hôpital, et que cet homme pourrait avoir besoin, mais que cela n’était pas une bonne idée de l’y emmener. Ses gestes avaient pourtant tout d’une crise d’épilepsie. A moins qu’il ne fut possédé ? Jonathan n’avait rien sur lui qui pourrait l’amener à un exorcisme, autant dire que cela ne se pratiquait pas en pleine rue. Il avait la sensation qu’il fallait agir vite, mais ils avaient tous raison. On ne pouvait rien faire sans savoir exactement d’où provenait son mal. S’il était désormais incapable de parler, trop abasourdi par une violence sans image, comment découvrir la source ? C’était visiblement bien plus grave que tout ce à quoi il pensait, ayant auparavant rationaliser la question au plus strict nécessaire. Une personne qui crie dans un cimetière ne pouvait qu’avoir peur de la mort. Mais cette personne avait des cris si douloureux qu’il semblait l’appeler de ses vœux,glaçant le long de sa colonne vertébrale. Jonathan se décida à approcher un peu plus, passant devant les deux immenses hommes sur sa droite.

La curiosité tua le chat, pensa-t-il soudainement avant de se redresser. Que ferais son frère médecin s’il était là ? Ah, si jamais le pasteur qu’il était soignait les maux de l’esprit, il ne pouvait rien faire si le mal présent était physique. Ayant du mal à se mettre en avant face au directeur de Scotland Yard et au détective qui semblaient se tourmenter pour savoir quoi faire de l’homme agonisant, Jonathan se tourna vers Harry et Felix, inquiet. Son regard se leva alors un peu plus près de lui, où une grande armoire aux yeux aussi noirs que tout le reste de son attirail observait la scène sans dire un mot. Il déglutit. Il n’avait rien de moins que le Home Secretary en face de lui, qu’il venait de dépasser pour se mettre devant lui, dans le plus grand des calmes. Aaah,  Seigneur, pourquoi avait-il décidé de faire le beau et d’aider une pauvre âme, le voici à présent aussi peu à sa place qu’auparavant.

Sortant péniblement sa bible de poche, Jonathan en tourna quelques pages, cherchant une ligne à lire pour se donner du courage. Il la referma finalement, et murmura quelques notre père bien basique et peu recherché. Après quelques minutes, il finit par lever la tête vers les trois hommes bien silencieux au milieu de tout ce vacarme, et leur demanda :

- Pensez-vous que cela peut être un cas de possession ? Ou… peut-être une simple crise d’épilepsie… ?

Que l’on eut vu un pasteur bien drastiquement religieux, portant la bible comme d’autres portent le fleuret, essayait désespérément de rationaliser la situation comme il pouvait, voilà qui était amusant. Le voir quitter les démunies comme un prince, pour se retrouver demi-homme face au gratin masculin de la bourgeoisie et de la noblesse. S'il n'y avait eu son orgueil, très certainement aurait-il rapidement fait demi-tour pour retrouver la belle de ses pensées. Au final, l’âme qui avait le plus besoin de son aide, en dehors de la sienne, c’était bien Felix. Aussi se rapprocha-t-il de lui, en soutien quasi silencieux. Ce n’était pas dans ce genre de situation que l’on pouvait légèrement pencher la tête et dire « alors, comment vont ta femme et tes enfants, bien le travail ? ».

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"Lune. Avant, que le jour ne vienne. ✻ Entends, rugir le coeur de la bête humaine. C'est la complainte de Quasimodo qui pleure, sa détresse folle, sa voix, par monts et par vaux s'envole, pour arriver jusqu'à toi. Lune, veille sur ce monde étrange qui mêle sa voix au chœur des anges."
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Informations : Comte de Warwick. • A été adopté à l'âge de sept ans. • A hérité d'une fortune incommensurable à la mort de son père adoptif, mais aussi des titres honorifiques. • Possède une grande force physique, ayant subi un entraînement militaire intensif pendant plusieurs années. • A passé plusieurs années en Inde, Chine et Japon. • Connait quelques arts martiaux. • Est connu pour ses fêtes mondaines où il n'apparaît jamais, se tenant à l'écart. • A un comportement et un caractère assez puéril. • Fait parfois preuve d'une grande naïveté. • Se met rarement en colère. • Passe certains de ses soirs dans Whitechapel, au sein de la Tribu de Fergus Lynch. • Est considéré comme un excentrique de par ses idées. • Son prénom vient d'un prénom juif mal orthographié. • A une petite cicatrice sous l'œil gauche et ailleurs sur le corps. • Origine sino-écossaises.
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MessageSujet: Re: EVENT N°3 - HOWLING NIGHT Lun 4 Juin - 11:22



Event n°3 – Howling Night

« BIRDS ARE SILENT FOR THE NIGHT. »

Cimetière de Highgate, 16 avril 1892.

Loban était resté en retrait depuis que leur petit groupe avait été rejoint de Stanton et Miss Dale. Il regardait passivement tout ce beau monde qui s’agitait autour de lui pour un homme que personne ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam. Il n’avait pas tenté de retenir la jeune femme qui voulait porter secours à la victime qui continuait à se tordre de douleur sur le sol. Le Home Secretary se sentait étrangement déconnecté de cette situation. Il avait l’impression de ne pas être concerné par tout ceci et pourtant, les délibérations de Downcry sénior et Stanton lui prenaient la tête à lui créer des migraines. À moins que ce ne soit Lydess qui l’ait contaminé avec sa maladie mais il en doutait fortement surtout qu’il savait parfaitement à quel point le détective et l’inspecteur pouvaient lui briser les pieds à une vitesse phénoménale. Il se pinça l’arête du nez tout en soupirant. L’arrivée de Callisto, étrangement, n’arrangea rien à son humeur. Pourtant, il appréciait beaucoup ce petit bout de femme mais il savait que son énergie inexhaustible allait assaillir sa patience déjà atrophiée et meurtrie. Il n’était disposé à être compatissant envers personne, ni à faire preuve de tact, comme tout bon politicien devrait faire.

Il remarqua Downcry junior s’adresser à Adler qui avait l’air de vouloir lâchement rentrer chez lui et Loban ne pouvait que le comprendre, même si ses raisons étaient beaucoup plus égoïstes. Mais avant, il devait régler cette histoire au plus vite avec Stanton ne s’emballe, même si c’était déjà à moitié fait. Il allait enfin prendre la parole quand un pasteur se faufila entre eux pour s’approcher du blessé qui ne présentait d’ailleurs aucune marque de lacérations ou autres contusions quelconques. Et puis, bien évidemment, Stanton avait déjà dépeint un diagnostic poussé digne des meilleurs médecins du St Bartholomew Hospital. Excédé, il regarda avec un air désabusé et agacé le révérend inspecter l’inconnu. La scène était presque comique : tout le monde venait tour à tour regarder Mr Harper qui repoussait violemment ceux qui s’approchaient un peu trop, comme s’il n’était qu’un cobaye sous les regards d’étudiants en médecine. Un cas d’école qui n’en était au final pas un. L’homme d’Église se retourna alors vers eux, prononçant ses suppositions. Loban resta silencieux, le regardant seulement dans les yeux. Il soupira simplement, se disant que la situation stagnait et s’éternisait pour des broutilles. Alors il se décida de faire quelque chose.

Il dégaina son arme, à moitié caché sous son manteau et s’approcha à son tour de Harper, prenant bien soin de bousculer Stanton de l’épaule. L’inconnu s’était déjà occupé de repousser Miss Dale et Callisto, lui facilitant l’accès. Du pied, Loban le mit sur le dos. Il se saisit de la garde de son sabre avant de l’enfoncer sans plus de manières dans le torse velu de l’homme. Il retira alors la lame couverte de sang sous les gémissements de Harper avant de la nettoyer sur les vêtements de sa victime avant de rengainer. Il regarda son petit auditoire dont il avait sûrement l’attention.

— Voilà, comme personne ne semble prendre une décision, je l’ai prise pour vous, pour éviter un nouveau drame comme à la Tour. Maintenant, foutez-tous le camp, y a rien à voir. Et le premier qui vient pleurnicher, qu’il se dise que ce type était déjà condamné, vu sa douleur. Rentez chez vous, me faites pas chier. Trouver le fossoyeur du cimetière pour le faire enterrer ou, si vous n’êtes pas tranquille Stanton, brûlez-le. Affaire classée.

Il se tourna alors vers l’Inspecteur Downcry.

— Si vous voulez remplir un dossier, écrivez que c’était de la légitime défense. L’individu se montrait agressif et violent. D’ailleurs, vous ne pouvez pas le nier, vous avez été témoin comme moi de ce qu’il a fait à Miss Dale et Miss Arantes, non ?

Le visage toujours inexpressif et froid, il passa en revue un peu les gens encore présents, ne tenant pas compte des gémissements plaintifs de Harper à l’agonie.

— Je ne déconnais pas que je vous disais de rentrer de chez vous. Et magnez-vous. Bonne soirée.

Il s’éloigna alors du petit groupe, leur tournant le dos sans se retourner. Il arriva alors vers l’entrée du cimetière où il aperçut trois autres personnes, dont le fameux fossoyeur et ce qui semblait être une fille de joie. La dernière, celle qui semblait mal en point, donnait juste l’impression de venir des quartiers pauvres. Ce fut cependant l’homme qui retint son attention.

— Il y a un corps à mettre dans la fosse, là-bas.

Il fit un signe de la tête aux demoiselles à côté mais ne leur adressa pas la parole, reprenant sa route.
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The Hate Inside.
My mouth was a crib and it was growing lies. I didn't know what love was on that day. My heart's a tiny bloodclot, I picked at it. It never heals it never goes away. This was never my world, you took the angel away, I'd kill myself to make everybody pay. I would have told her then she was the only thing that I could love in this dying world. But the simple word love itself already died and went away. This was never my world, you took the angel away, I'd kill myself to make everybody pay.
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MessageSujet: Re: EVENT N°3 - HOWLING NIGHT

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EVENT N°3 - HOWLING NIGHT

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