Between the ticks of the clock and the beats of my heart [Felix & Ambrosine]



 

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Between the ticks of the clock and the beats of my heart [Felix & Ambrosine]

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Ambrosine L. Bellamy
Ambrosine L. Bellamy

Âge : 21
Emploi : Ecrivain
Informations : ★Présentation : She should have been a son

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MessageSujet: Between the ticks of the clock and the beats of my heart [Felix & Ambrosine] Between the ticks of the clock and the beats of my heart [Felix & Ambrosine] Icon_minitimeMar 1 Mai - 9:19



"Between the ticks of the clock and the beats of my heart"


Felix & Ambrosine



Des rassemblements, il y en avait à Londres. Des regroupements par catégories sociales aux clubs fermés des ducs et filles de comtesses, ils grésillaient tels des ruches un peu partout à travers la ville, ne se différenciant que par leur relative notoriété. Si j’avais moi même pris l’initiative d’en créer un à mon image, j’étais consciente du peu d’effet que cela pouvait avoir face à des empires depuis longtemps bâtis. Un groupe d’écriture composé d’hommes et de femmes en nombre plus ou moins égal, cela ne sonnait pas professionnel du tout – rien de plus qu’une invitation à prendre le thé entre amis, l’occasion de partager un hobby avec des passionnés qui raconteraient leurs histoires de veilles femmes en grignotant des biscuits. A côté des associations de musiciens et d’écrivains dont c’était vraisemblablement la profession, mon salon manquait de cachet, malgré sa réputation immaculée.

Car s’il y avait bien une chose sur laquelle je ne lésinais pas, c’était bien cette réception. Du banquet au thé gourmand, en après midi comme en soirée, chaque détail comptait, chaque règle était respectée à la lettre par les domestiques qui ravis, profitaient de nos discussions animés pour eux même piocher dans les macarons empilés en un tas coloré sur les plateaux qu’ils servaient aux invités. Un rassemblement jovial qui prenait place dans un respect et une bonne humeur collective et s’achevait dans un silence sérieux que chacun veillait à conserver pour peu d’en énerver l’hôte. Si nous étions sans aucun doute un groupe d’amis désireux de partager une passion commune, nous étions avant tout des auteurs qui étaient présents non pour discuter des dernières rumeurs mais pour travailler leur plume, sous le regard doux et critique de leurs semblables. Parmi la fumée des cigares et l’odeur âcre de l’alcool, un spectateur aurait pu s’y méprendre, s’il avait seulement eu le malheur de nous épier depuis la fenêtre du petit salon.

Cet élément qui rendrait plus crédible mes réceptions, je l’avais cherché depuis de longs mois. Certains avaient opté pour des noms pompeux, d’autres pour des pseudonymes ridicules qui étaient loin d’être à mon goût - si je devais déjà publier sous un nom qui n’était pas le mien, ce n’était sûrement pas pour l’endosser également dans ma vie de tous les jours. Finalement, je m’étais intéressée de plus près aux mouchoirs dont étaient affublés hommes comme femmes dans leurs sorties quotidiennes, qui auraient été un moyen à la fois élégant et stratégique de mettre en avant notre réunion d’écrivains. J’avais été jusqu’à me renseigner auprès de couturières et de brodeuses pour savoir si un tel projet serait réalisable avant d’en trouver la réponse moi même lorsque je surpris une vieille amie se rafraîchir le visage avec son propre mouchoir, orné d’un symbole que je ne connaissais que trop bien : celui des naturalistes rivaux qui s’amusaient à condamner publiquement nos textes lorsque nos chiffres de vente avaient le malheur de dépasser les leurs. Il était tout bonnement hors de question que l’on songe un seul instant que j’aie pu m’inspirer de leur immonde mouchoir. N’étaient-ils pas depuis longtemps passés de mode qui plus est ? Je devais trouver quelque chose d’original et d’innovant qui charmerait à la fois mes auteurs et leur public : un objet reconnaissable par son charisme et sa modernité.

En quête d’inspiration, je m’étais alors lancée corps et âme dans la recherche du parfait réceptacle, m’intéressant à chaque accessoire, chaque bijou, pour finalement trouver l’objet de mes rêves en un instrument que je n’avais jusqu’alors jamais envisagé comme tel. Il m’avait pourtant suffit d’une discussion politique auprès de Père à l’heure du thé pour le voir gracieusement briller sur son bureau en ébène. Sans lui en demander à un seul instant l’autorisation, empressée que j’étais, je l’avais saisie pour en observer les contours dorés, imaginant sans effort les initiales de chaque membre inscrits sous la plume encrée qui nous servait d’emblème. Oui, c’était exactement ce dont j’avais besoin.

Le lendemain déjà, je me levais aux premières heures pour me précipiter dans les rues marchandes de Londres, jusqu’à me retrouver face à la porte d’une boutique au sein de laquelle je n’avais jamais encore pénétré, ne l’ayant entendue que mentionnée par mon géniteur lorsqu’il avait effectué sa propre commande, ou bien par la femme du propriétaire qui s’occupait si admirablement des parures qui composaient ma garde-robe. Son mari devait se montrer aussi efficace pour sûr ! Preuve en était que Père s’était extasié de longues heures sur sa nouvelle acquisition lorsque monsieur Adler la lui avait confiée.

Décidée, je poussais délicatement la porte, le regard attiré par chaque somptueux bijou entreposé alors que je m’avançais à l’intérieur de la boutique. Ce ne fut que lorsque mes yeux se posèrent sur une montre resplendissante qui reposait sur une étagère face à moi que je remarquais le visage de l’artiste juste en dessous. Pour en avoir eu une description de Madame Adler, je n’aurais pu me tromper.

- Bonjour monsieur, je suis heureuse de faire enfin votre connaissance, le saluai-je en retirant mon chapeau de soie, comme le voulait l’étiquette.

- Si je viens vous trouver aujourd’hui, c’est pour une commande très spéciale que je ne pourrais confier à aucun autre, l’informai-je une fois les présentations faites. Mon père vous prétend le maître de l’horlogerie, et je ne me permettrais pas de remettre en cause son opinion sur la question. Je ne doute pas un instant que vous saurez faire honneur à votre réputation.
 

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Felix J. Adler
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Informations : Souffre d'un autisme d'Asperger • Dyslexique • Est obsédé par son métier • Rêve de travailler sur l'horloge de Big Ben. • Insomniaque. • Parle peu • Se sent mal à l'aise dans une foule • A quelques bases d'Allemand et de Français • A le corps glacé et est d'une pâleur à faire peur • Origines Juives • Possède une Pamphobeteus Platyomma mâle pour animal de compagnie • Est le mari d'Amy S. Adler.
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MessageSujet: Re: Between the ticks of the clock and the beats of my heart [Felix & Ambrosine] Between the ticks of the clock and the beats of my heart [Felix & Ambrosine] Icon_minitimeLun 27 Aoû - 20:05



Between the Ticks of the Clock

«  AND THE BEATS OF MY HEART. »

Horlogerie Adler, Piccadilly Circus, Mars 1892.

Comme quasiment chaque matin, Felix s’était rendu dans son atelier en milieu de matinée. Cela faisait plusieurs mois qu’on l’avait nommé horloger royal et il avait dû, par conséquent, réorganisé ses journées afin de répondre à ses nouvelles responsabilités. Il y avait deux ans, il passait matinées comme après-midis à effectuer les commandes des clients qui se donnaient la peine d’entrer dans sa modeste boutique qui ne payait pourtant pas de mine vue de l’extérieur. Depuis, il avait arrangé sa semaine afin que les jeudis et vendredis après-midi soient consacrés au déplacement à domicile que Felix devait effectuer chez les riches nobles de Westminster qui payaient souvent gracieusement pour ne pas faire le trajet jusqu’à l’atelier Adler. Mais cela ne dérangeait nullement le petit horloger qui profitait souvent pour faire un tour devant Big Ben, structure qui caractérisait, à ses yeux, la puissance britannique, mais dont l’horloge était un véritable bijou dans son domaine. De part son grade, Felix y avait accès, un peu quand il le voulait, afin d’entraîner les engrenages certes gigantesques, de l’engin. Mais malheureusement pour lui, ce n’était pas un jeudi ou un vendredi et encore moins une après-midi. Il profitait donc de son atelier, dans lequel il avait passé sûrement plus d’heures de sa vie que dans sa propre maison.

Cette matinée était calme. Ayant déjà terminé toutes ses réparations et ses commandes, il en profitait pour réaménager l’endroit, enlever la poussière qui avait pu s’y mettre. La seule chose qu’il laissait et qui donnait peut-être une image pas très sérieuse à l’établissement était les toiles d’araignées qui avaient un habitant. Celles vides, il les retirait. Cela créait donc un contraste assez étrange avec le reste de l’horlogerie qui n’avait pourtant guère de saleté, où tout était rangé au millimètre près, par ordre de taille, et même de son, parfois. Seule une légère odeur de renfermé trahissait quelque peu le lieu pourtant entretenu. Mais Felix y avait passé tellement de jours sans y sortir qu’elle y était devenue permanente, même si relativement discrète et pas gênante. De toute façon, l’occupant des lieux ne l’avait jamais réellement sentie, s’étant imprégnée sur lui. Tandis qu’il faisait son rangement, la petite cloche de la porte d’entrée sonna de son petit carillon, ce qui attira bien évidemment le regard de Felix. Une jeune femme entra et l’horloger se redressa pour l’accueillir sans un mot, juste en s’inclinant respectueusement et timidement. Même si cela faisait plus de treize ans qu’il travaillait seul, il n’était toujours pas à l’aise avec l’accueil des clients.

Les quelques phrases de sa cliente eurent le don de le mettre rapidement mal à l’aise mais pas dans le mauvais sens du terme cependant. En effet, l’usage de « faire enfin votre connaissance » supposait qu’elle avait déjà entendu parler de lui mais il ne savait pas par quel biais, ayant toujours souhaité rester discret dans sa vie. La jeune femme indiqua ensuite venir pour une commande. Pourquoi d’autre après tout ? Ils étaient dans son atelier et lui était horloger. Quelque part, cela le rassura que sa petite célébrité ne fusse que professionnelle. Cependant, elle ne tarda pas annoncer que son père, qui qu’il fût, ne semblait pas avoir tari d’éloges à son égard, commentaire qui eut le don de remettre l’humble horloger dans l’embarras. Il baissa les yeux, ce qu’il faisait très régulièrement en présence d’inconnus, et resta silencieux, ne sachant pas quoi dire de plus. Il craignait de ne pas être à la hauteur, de décevoir, même si son statut prouvait bien que c’était un homme compétent et sérieux dans sa profession. Néanmoins, il avait toujours une certaine appréhension, une certaine inquiétude, comme un ressenti, certes injustifié, qu’il aurait « volé » sa place. Tandis qu’il passait derrière son comptoir, il essaya de ne pas y penser.

— Je… Ce serait avec grand plaisir…

Il s’éclaircit nerveusement la gorge.

— Que vous faudrait-il ?

Comme les chemins de Felix et de Devlin Stanton s’étaient déjà croisés, le maître horloger avait déjà dû réaliser des montres pour le moins insolites. Le défi ne lui faisait pas peur et, étrangement, il était plus à l’aise quand il s’agissait d’innover que de simplement reproduire de simples montres suivant un schéma basique, traditionnel et classique. Même si les œuvres de l’horloger possédaient des dorures et parures plus ou moins travaillées en fonction du prix, les mécanismes étaient souvent complexes, pouvant être simplifiés au maximum quand le client cherchait de la légèreté (ce qui était le cas généralement pour les montres, bracelets ou à gousset) ou au contraire, avoir un poids conséquent et plusieurs options. Cependant, Felix se garderait bien de dire l’étendue de ses capacités, n’y croyant déjà pas lui-même mais n’étant pas un grand bavard non plus. Il se contenta d’avoir un sourire poli, ses yeux gris vadrouillant dans son atelier, ne sachant où se poser. L’horloger était un homme taciturne, appréciant le calme monotone de son antre dont le seul bruit qui venait rompre le silence était le battement des secondes à l’unisson des horloges et des montres en exposition. Finalement, il préféra faire l’effort d’être plus commerçant, qualité qui lui manquait grandement :

— Si c’est un modèle classique qu’il vous faut, vous pouvez faire votre choix, tout est à vendre.

Il sourit simplement, ses yeux ne se posant que très rapidement sur la jeune femme avant de repartir se promener ailleurs.
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MessageSujet: Re: Between the ticks of the clock and the beats of my heart [Felix & Ambrosine] Between the ticks of the clock and the beats of my heart [Felix & Ambrosine] Icon_minitimeJeu 17 Oct - 16:43



"Between the ticks of the clock and the beats of my heart"


Felix & Ambrosine



Lorsque j’avais complimenté l’horloger sur son travail impeccable, je ne me serais jamais doutée que je l’embarrasserais ainsi. Après tout n’avait-il pas à rougir de son travail – si cela avait été le cas, Père s’en serait plaint depuis bien longtemps, Dieu sait qu’il se montre parfois bien plus critique que moi envers les artistes, bien que ne sachant lui même rien faire d’autre que de la politique. A mon tour gênée par ce malaise, j’entrepris, à ma manière, de le rassurer.

- Aucune inquiétude à avoir, ma demande vous semblera bien classique, j’en ai peur.

Je ne pouvais imaginer le nombre de personnes passant chaque jour la porte de son atelier pour une montre à gousset. Mais le fait est que je ne lui en commanderai pas une, mais une bonne trentaine. L’opportunité était bien trop grande pour qu’il la refuse, songeais-je en évaluant tout de même la possibilité négligeable que cela arrive. On m’en avait parlé comme d’un artiste talentueux ; et je me voyais mal à sa place accepter de travailler sur une mission qui ne présente que peu d’intérêt.

- Je ne souhaite pas vous acheter l’une de ces montres, aussi belles soient-elles. Je voudrais un modèle unique. En trente exemplaires.

Je ne me rendis compte qu’après l’avoir prononcé que ma phrase était plutôt paradoxale. Elle ne pourrait pas être unique si elle était destinée à être reproduite. Pourtant, c’était bien là mon intention : obtenir cet objet qui définirait mon salon. Un bijou reconnaissable, une marque de fabrique. Je m’empressais d’éclaircir mes propos.

- Je tiens un salon littéraire, ce pourquoi j’ai besoin d’une création qui représenterait l’esprit de notre communauté. Quoi de mieux qu’une montre, si j’espère un jour que mes amis respectent les délais qui leur sont fixés, plaisantais-je, en espérant arracher un sourire au commerçant, pour le moins crispé.

J’avais beau sembler autoritaire parfois, je n’étais pas un tyran ; je m’accordais seulement des délais plus stricts que mes compères qui semblaient prendre bien moins au sérieux nos activités que je ne l’aurais souhaité. Cependant, tous n’avaient pas publié, je ne pouvais pas leur en vouloir : le fait que l’écriture soit mon rêve et mon avenir ne signifiait pas que cela devait être plus qu’un passe temps pour mes amis – et je ne leur en tenais pas rigueur. Je ne faisais que leur demander de se montrer sérieux et attentifs à leurs critiques, par respect envers les auteurs dont cela était la profession. C’était après tout dans ce but que j’avais donné naissance à ce salon.

- Il faudrait que ce motif y soit gravé, si vous le pouvez, complétai-je en sortant de mon réticule une feuille de papier sur laquelle était dessiné le fameux symbole. Je l’avais fait faire par un peintre avec lequel le salon avait l’habitude de collaborer sur des projets diverses et variés. Un chef-d’œuvre, à mon humble avis, que j’espérais voir apparaître sur un second chef-d’œuvre, fabriqué par Monsieur Adler. Je trouvais cela bien plus élégant qu’un mouchoir, qu’il était si aisé de faire tomber. Une montre est un objet utile, un bijou dont on prend soin et qu’on exhibe en société. Cela participerait autant à notre notoriété qu’à celle de l’horloger ; car mon salon abritait des aristocrates réputés à Londres, qui n’hésiteraient pas à chanter ses louanges, si tant est que le travail soit de qualité – ce dont je ne doutais pas.

Je déposai précautionneusement le dessin sur la table face à moi, en prenant garde à ne toucher à rien d’autre. Je savais les montres faites d’engrenages si complexe que je me serais sentie coupable de déranger et compromettre le travail d’un homme occupé comme monsieur Adler. Je le laissais alors l’observer à loisir, occupant mon propre regard en admirant les œuvres exposées. En voyant ce dont il était capable, je n’avais aucun doute quant au résultat de ma demande, s’il voulait bien l’accepter.

La vue d’une toile au plafond, puis d’une deuxième, calma de quelques peu mes ardeurs. L’intégralité de la boutique me semblait plutôt propre, ce qui ne laissait qu’une seule explication à sa présence : une araignée devait se dissimuler quelque part derrière un meuble. Je ne pus empêcher le frisson qui me parcouru à cette idée. Je n’étais pas aussi effrayée par cet insecte que pouvait l’être ma mère, mais je ne me sentais pas vraiment rassurée en sa présence. Ne pas savoir où l’araignée se trouvait ajoutait à mon malaise.

- Vous devriez vous montrer prudent monsieur, je crois bien voir une toile d'araignée sur votre plafond, la bête ne devrait pas être loin, le prévins-je. Il pouvait lui même les craindre - ou peut-être bien sa femme, madame Adler – et je me serais sentie coupable de ne pas l’avoir averti de ce danger.
 

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MessageSujet: Re: Between the ticks of the clock and the beats of my heart [Felix & Ambrosine] Between the ticks of the clock and the beats of my heart [Felix & Ambrosine] Icon_minitimeMar 29 Oct - 9:57



Between the Ticks of the Clock

«  AND THE BEATS OF MY HEART. »

Horlogerie Adler, Piccadilly Circus, Mars 1892.

Le face-à-face avec les clients était toujours compliqué pour Felix. Asocial endurci et timide maladif, croiser le regard avec la personne qui allait s’acheter ses services était toujours un exercice difficile pour l’horloger. Bien évidemment, il y avait de ces clients qui le mettaient directement mal à l’aise et la communication s’avérait très difficile. Cependant, la jeune femme en face de lui, malgré ses vêtements de riche facture, semblait sympathique et simple, dans le meilleur sens du terme. Il y avait cependant dans ses mots une éloquence qui témoignait aussi de sa classe sociale. Felix avait beau avoir passé une enfance au sein d’une famille aisée, il se souvenait surtout des jurons et du langage fleuri de sa mère. Après tout, leur fortune n’était que récente. Celle de Bellamy devait être ancestrale. Cela n’empêchait pas Felix de regarder uniquement les mains de la jeune fille, préférant fixer ceci plutôt que ses yeux qu’il pensait inquisiteurs. Il se savait être un personnage étrange et il n’avait pas besoin ni envie de retrouver ceci dans le regard de quelqu’un de mieux placé que lui. Il ne souhaitait qu’on puisse se mettre à douter de son travail et de sa capacité intellectuelle à s’acquitter de ses tâches.

Par ailleurs, la mission de Bellamy ne tarda pas à arriver. Une trentaine de montres pour un salon littéraire. C’était assez colossal, même pour Felix qui allait relever le défi avec plaisir. La jeune femme sortit alors un papier de sa poche, avec ledit symbole dessus dont elle parlait. Se mordillant nerveusement la lèvre inférieure, concentré, il inspecta les traits et les courbes du dessin, calculant déjà sa façon de procéder pour pouvoir créer trente répliques identiques de la montre. La jeune femme n’avait pas précisé ce qu’elle souhaitait sur ses articles, cependant. Dans le doute, Felix ne préféra rien lui demander pour le moment, de crainte de passer pour un commerçant opportuniste, tentant de revendre sa marchandise au prix le plus fort possible. Le bénéfice n’avait jamais été l’objectif premier de Felix, en témoigne ces années passées à vendre des chefs-d’œuvre d’horlogerie à des prix de camelote. Amy en avait été folle de rage. Alors il préférait y aller à tâtons, préférant avoir un client qu’aucun. Il lui demanderait des précisions à la fin. Pour l’instant, il s’occupait de noter les instructions dans sa tête, ne sachant quasiment pas lire et encore moins écrire. Il garda le papier avec lui et chercha néanmoins un bout de papier pour les précisions.

Tandis qu’il fouillait derrière son comptoir, il entendit la jeune femme faire un commentaire sur les toiles d’araignée au plafond. S’il y avait bien un sujet de conversation qui pouvait mettre Felix en confiance et le sortir de sa taciturnité, il s’agissait bien des araignées. Ou de ses enfants. Mais ce deuxième thème était un peu plus personnel et moins pertinent que les arachnés. Un sourire se dessina alors sur les lèvres de Felix en regardant les toiles au-dessus de certaines de ses horloges.

— Oh non, je les laisse. C’est leur habitat. Avec l’hiver, elles viennent chercher la chaleur de l’intérieur. Elles ne sont pas agressives envers l’homme, ce serait ridicule de les mettre dehors et intolérable de les tuer… Elles partiront d’elles-mêmes quand arrivera le printemps. Mais je les enlève quand je sais que l’araignée ne reviendra pas, ne vous en faites pas.

Il eut un presque un petit rire joyeux mais ses yeux eurent le malheur de croiser le regard de sa cliente, son éclat s’étranglant dans un son plus nerveux. Il baissa rapidement la tête sur sa feuille de papier et dessina rapidement une esquisse de montre. Il savait que quand on le lançait sur un tel sujet, il pouvait devenir bavard au point d’en devenir ennuyant. Amy était souvent exaspérée par ceci et s’empressait souvent de le faire taire (en douceur). Cependant, tous n’étaient pas aussi compréhensifs que son épouse et une angoisse se planta autour de sa colonne vertébrale, lui serrant également les entrailles au fond de lui. Il essaya de se concentrer sur son schéma, traçant les contours de la montre fermée, avec le symbole dessus, et, à côté, du modèle ouvert.

— Je… Il me faudrait des précisions concernant votre montre… enfin vos… Je… Vous le voulez en acier, en argent…? Vous souhaitez que les mécanismes soient apparents, qu’il y ait quelque chose de gravé sur le rotor ? Le… Le nom de vos… euhm… des membres de votre club, peut-être…?

Tout en parlant, il illustrait ses dires en montrant les parties concernées sur son schéma. Si elle acceptait la dernière éventualité mentionnée, il allait avoir recours à un orfèvre plus qualifié que lui pour tout ce qui est gravure. Cela rajouterait des frais qu’il passerait sous silence certainement. Il ne voulait pas faire croire qu’il souhaitait rajouter un coût à son travail pour faire grimper son chiffre d’affaires, même si son titre d’horloger royal lui permettrait presque. Nerveux, il gardait ses yeux rivés sur son papier, espérant qu’elle ne lui demande pas d’écrire les trente noms.
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