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Friends from the Other Side | Devlin & Victoria

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MessageSujet: Friends from the Other Side | Devlin & Victoria Ven 1 Juin - 23:59



Friends from the other side

«Entre le néant et le surnaturel, ce qu'il y a de stupéfiant est le réel. »

1890

Une nuit de plus, comme les autres, commençait en Enfer. La demeure Ravenswood ne dormait pas, lorsque venait le coucher du soleil. Elle transpirait lentement des murs, presque imperceptibles pour celui qui ne le voyait pas. Victoria, elle, n’en dormait presque plus la nuit. Son corps observait sa santé se dégrader au fur et à mesure des mois qui s’écoulaient dans cette demeure. Sa  chair s’amaigrissait jusqu’au os, tandis que ses orbites ne se faisaient parfois que trop voir sous l’épais maquillage féminin. Sa peau perdait en couleur, se teintant du vert des cadavres avant l’heure. Personne, à moins d’avoir le sixième sens féminin, ou un sens particulièrement aiguë de l’observation, ne pouvait voir tous ces défauts physiques chez la maudite. Cette dernière mettait un point d’honneur à cela, et pouvait passer des heures devant le miroir afin que rien ne ternisse davantage sa réputation. Sa propre apparence la terrifiait parfois plus que les aléas de la force qui se faisait maître en sa demeure.

Les craquements de bois, les chandeliers qui tombaient au beau milieu de la nuit, les mots aléatoires et totalement incongrues qu’elle voyait rarement fleurir sur des feuillets vierges. Tout cela était devenu banal. C’était en tout cas ce que Victoria avait essayé de se dire, afin de se persuader qu’elle n’était pas folle, que tout ceci n’était rien de grave. Pouvait-elle véritablement se cacher qu’à chaque seconde qu’elle passait sous ce toit, ses mains tremblaient et un poids terrible pesait lourdement sur sa poitrine ? Au delà du surnaturel, c’était désormais l’effroi qui cinglait son coeur et qui l’empêchait de partir.

Si encore, ses domestiques lui avaient seulement ris au nez, profitant d’un salaire convenable pour un travail léger -la demoiselle ne salissant guère… peut-être que sa raison aurait repris le dessus. Après tout, ceux qui ne voyaient rien gagneraient toujours en nombre contre celle qui voyait tout. Cette dernière se serait tout simplement persuadé de ses non-sens, et aurait pris les premiers cachets à disposition pour soulager ses esprits. Mais ses domestiques ne riaient pas. Ils fuyaient tous au bout de quelques semaines, la peur au ventre, parfois juste en ayant la sensation de « ne pas être à leur place ». Victoria restait alors seule, sans manger pendant de longues heures, à se rassurer que cela ferait toujours moins d’argent à dépenser, se tordant les mains avec nervosité. Quant aux médicaments, elle en avait pris.

Au début, ce n’était que des somnifères pour l’aider à dormir après le suicide de son fiancé. Ce n’était pas grand-chose, mais le sommeil était un doux échappatoire au milieu du malheur. Mais ces douces pilules n’étaient maintenant plus d’aucune utilité, et la jeune femme tenait encore trop à la vie pour augmenter indéfiniment les doses de soupir. Ce soir serait un soir de plus, où Victoria jetterait dépité ses somnifères par la fenêtre, sous les affres d’une pluie battante pour les faire disparaître de l’oeil des hommes. Se tenant fragilement aux abords du lavabo de sa salle de bain, à l’étage, la jeune femme se regardait dans le miroir, après avoir fermer le battant de sa lucarne. D’ordinaire, la tombée de la nuit était l’heure à laquelle elle faisait tomber les masques sous l’eau purificatrice, affichant pleinement sa peau à la lueur unique de la lune. Mais il était trop tôt pour cela, en ce milieu de soirée.

Victoria n’avait qu’une idée en tête, et plus encore depuis qu’elle avait réussi à sortir de chez elle en de plus nombreuses occasions. Elle devait se battre contre ce mal dont elle ignorait tout, qui se pâmait de sa souffrance comme une ombre au détour de chaque couloir. Alors qu’elle cherchait tristement le sommeil, il lui arrivait de revoir dans ses songes le chien de Mr. Fusslebottom, agressif comme jamais auparavant. La culpabilité lui rongeait encore le coeur. Mais pour se battre contre un ennemi, encore fallait-il le comprendre. Il fallait pouvoir le nommer, le pointer du doigt. Au delà de connaître son existence, la reconnaître en tant que telle. Pour se faire, Victoria n’avait pas fait les choses à moitié.

L’avantage de faire partie de cette étrange caste qu’était la bourgeoisie anglaise, c’était que les langues s’y déliaient aussi facilement que du beurre chaud, et que les rumeurs traînaient comme fieffé poudre. La présence de la jeune femme aux réceptions était si anecdotique, si passagère et silencieuse, qu’on se gardait bien de s’y soucier. Aussi ne craignait-on pas de parler de choses secrètes, que cela fut des calomnies comme des compliments inavouables. Non pas que l’on s’adressait à elle, Seigneur non. Mais s’il y avait une chose qu’elle conservait malgré sa lente descente aux Enfers, c’était bien une excellente ouïe. Elle entendit parler d’un homme, sans Dieu ni maître, qui déchaînait les passions entre une admiration cachée sous le manteau et une profonde réversion. Il semblait que personne ne pouvait avoir un avis neutre sur cette personne, à moins d’être soi-même « de son genre ». Quand elle finit par comprendre que cet homme était un détective, se moquant du confort de son rang pour aller jouer les justiciers, l’esprit de Victoria se mit à travailler. C’était apparemment un homme qui était connu également pour avoir enquêter sur d’étranges événements, tel que des meurtres inexpliqués et inexplicables, ainsi que d’autres bavardages de grand-mère.

Il n’en fallut pas plus à la jeune veuve pour prendre contact avec cet étrange individu. S’il était homme à prendre au corps le paranormal, tout en étant un détective ayant certainement déjà frayer avec des affaires humaines, alors il serait à coup sûr l’homme qu’il lui fallait. Ce qu’elle recherchait, c’était une identité, une étiquette à mettre sur le mal qui la rongeait lentement. En serait-il capable ? C’était presque fébrile qu’elle attendait la sonnette de son manoir, descendant des escaliers jusqu’au grand hall. Si vaste et si calme. Elle avait remercié les domestiques pour la soirée, un peu plus tôt, afin de ne pas être dérangée. L’opportunité d’inviter un homme chez elle à une heure aussi tardive rendait sa vertu bien prude, tant elle songeait à combien sa réputation était déjà basse. Mais la jeune femme était désormais prête à tout pour trouver ne serait-ce qu’une suggestion d’idée. La pluie frappait toujours intensément contre les ardoises du toit, et peut-être était-ce l’unique raison pour laquelle tout semblait bien calme, dans la demeure Ravenswood. Immobile au milieu de son hall, déglutissant de l’attente toujours plus longue, quand la sonnerie frappa son premier clairon, Victoria sursauta. Il était temps. S’avançant jusqu’à la porte, elle l’ouvrit sans hésiter et sans faire plus attendre son invité. Regardant le sol pour éviter d’être sur son chemin, elle l’invita à entrer d’une voix sombre et à demi-éteinte.

- Bonsoir… entrez, je vous attendais, Mr Stanton…

L’eau que l’individu apportait la fit prudemment reculer de quelques pas, tandis que ses yeux se portèrent sur le visage de l’individu. Le reconnaître la figea. Il ne manquait plus que ça. Un élan parcourut l’échine de sa colonne vertébrale, et sa propre expression fronça ses sourcils. Lui aurait-on fait une plaisanterie de mauvais goût ? A moins que tout cela fut un jeu bien amer du destin. En tant que grande lectrice d’oeuvres dramatiques, Victoria se serait pâmer de cette cocasse situation en des moments plus opportuns. A cette seconde précise, elle ne voulait que des explications.

- Vous ?! Qu’est-ce que cela signifie ?! Je ne….

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Âge : 35
Emploi : Détective / Gentleman-Cambrioleur / Chasseur de créatures surnaturelles.
Informations : -1m77 (5’’81), 78 kg (172 lbs)
-Yeux ambre
-Détective depuis 11 ans. plus par passion et goût du défi que pour en vivre.
-Est devenu gentleman-cambrioleur, laissant sur les lieux de ses forfaits une carte: un valet de cœur, ce qui lui vaut le surnom, par les journaux, de "Jack of Heart" ("Valet de Cœur" en anglais.)
-A créé, avec Lydess Hentswig et Katherina Romanov, la Fondation Luna, un groupe de gens qui affrontent les dangers surnaturels.
La Fondation recrute de nouveaux protecteurs ayant assez de courage pour affronter l'inconnu.

-Jamais marié, aucune descendance... du moins, connue.
-Possède un Doberman nommé Athos dont il ne se sépare jamais.
-Asocial et légèrement misogyne en apparence. En réalité, égalitaire.
-Pratique la lecture labiale
-Est devenu le tuteur de Joséphine par la force des choses.
-Fume la pipe uniquement en soirée, la porte à la bouche non allumée pour réfléchir.
-Excellent tireur et virtuose du combat à mains nues, alliant boxe, savate et techniques de lutte. manie aussi la canne de combat.
-Musculature fine mais très dense et efficace, doté d'une force insoupçonnable pour son gabarit et d'une grande résistance aux coups.
-Très discret, marche toujours sans faire de bruit et sait observer sans être repéré.
-Siffleur musical de talent et bon chanteur. A une ouïe bien entrainée.

<> Fiche de personnage

<> Fiche de liens

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MessageSujet: Re: Friends from the Other Side | Devlin & Victoria Dim 12 Aoû - 14:14



Friends from the other side

« Fiant tamquam pulvis ante faciem venti(*)! »

1890

Pouvait-on parler de funeste présage? De tour joué par les esprits et les Dieux moqueurs? 3 jours de beau temps et pile cette nuit, une pluie à transformer un désert en marécage!
Mais les caprices de la météo londonienne ne gêneraient pas Devlin plus que de mesure.
Son manteau long protecteur lui assurait d'être au sec, ses longs pans, d'ordinaire prompts à flotter au vent se plaquaient pathétiquement contre ses jambes, alourdis par l'eau qui glissait sur eux, son chapeau à large bord pliait légèrement mais tenait bon, vaillant gardien du visage du détective, du chasseur.
Il marchait dans les rues éclairées par les réverbères aux lumières dansantes qui découpaient sa silhouette pourtant aisément une mallette qui faisait pourtant son poids dans les zones de lumières, minuscules havres de salut intercalés dans l'obscurité, dessinant des ombres spectrales, presque sinistres, d'un collecteur d'âmes solitaire venu des Abysses chercher sa dime.

Peu avant, il avait croisé un policeman en patrouille qui cherchait désespérément abri sous un porche, maigre secours face à l'eau du ciel déferlant sur eux.
Les yeux méfiants de l'homme face à cette ombre qui déambulait tranquillement sous le déluge faisait naitre un florilège d'interprétations possibles dans l'esprit de l'enquêteur et lui arrachant un sourire presque machiavélique.
Pourquoi les gens redoutaient-ils tant la pluie? Ce n'était que de l'eau! Et pas en quantité suffisante pour être dangereuse.

Il arriva au devant de la demeure Ravenswood, relevant la tête et appréhendant l'édifice. Belle maison! Surement magnifique par beau temps, la nuit et la pluie lui donnait un petit coté lugubre. L'éclair qui zébra le ciel derrière elle ne rajouta rien de rassurant, mais la coïncidence était, aux yeux de l'esthète des situations affolantes, du plus bel effet!
Il avait mené sa petite enquête lorsqu'on lui parla de Miss Ravenswood.
Une veuve en blanc! Ainsi on nommait les femmes dont le futur époux mourait le jour du mariage. Un porte-malheur pour beaucoup de superstitieux imbéciles: le malheur, c'était elle qui l'avait subi.
Devlin était un solitaire dans l'âme et l'esprit, mais il savait apprécier le bonheur des autres. Un tel drame devait être une véritable horreur à vivre.
On racontait aussi que d'étranges événements se produisaient dans ce manoir.
Étranges événements? Voilà de quoi piquer la curiosité maladive de l'homme dont le visage s'éclairait d'un demi-sourire.
Il craignait qu'il s'agisse là du tarif habituel: rat, chouette et autres petits clandestins sachant générer des fantasmes inutiles aux plus craintifs, mais les faits rapportés par le gardien du cimetière, l'attaque perpétrée par son chien pourtant habituellement si doux et fidèle, lui fit réviser son jugement.
Aussi prit-il de quoi faire face à ce genre de situation et opta pour ne pas prendre de risques, laissant Athos chez lui.
Se faire attaquer par un basset était une chose. Un doberman était d'un tout autre calibre!

Il s'approcha tranquillement et usa de la chainette ouvragée qui déclenchait le carillon.
Bruits de pas approchant, clé qui tourne, poignée qui pivote… la porte s'ouvrit sur une pièce, abri providentiel contre l'intempérie qui, si elle n'était pas dangereuse, n'en était pas moins désagréable.
Le détective entra, emmenant avec lui une quantité non négligeable d'eau et une bourrasque de vent!
Relevant la tête pour voir le visage de son hôte que cachait les pans de son chapeau, il reconnu aussitôt celle-ci. La jeune femme de la Tour!
Pouvait-on vraiment parler de coïncidence?
Il était vrai que jamais ils ne s'étaient présentés, mais la question l'avait taraudé de savoir pourquoi certains s'y étaient rendus cette nuit d'horreur. Et cette femme faisait partie de cette liste.
Aurait-il dû être surpris? A peine à moitié. Chassez le surnaturel, il revient au galop! Ceci pouvait expliquer cela: une personne se croyant possédée est irrésistiblement attirée par l'étrange.
Mais au moins, il avait mis un nom sur un visage.
Sa voix fut calme et emprunte de son indissociable légèreté qui faisait tout le mystère dont il s'auréolait, allant à contrecourant de l'expression de surprise de Miss Ravenswood:

-Tiens donc? Londres est bien petite! Miss Ravenswood, je présume?
Votre cheville s'est-elle bien rétablie?


Il retira son chapeau chargé d'humidité et constata les dégâts d’un air presque distrait:
-Hum! Auriez-vous, à tout hasard, une serpillière? Je tacherai de réparer l'inondation que j'ai apporté avec moi!







NdA: (*)"Qu'ils soient comme poussière au souffle du vent" (Extrait de l'exorcisme officiel contre Satan et les Anges Apostats de la Sainte Eglise Catholique)





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MessageSujet: Re: Friends from the Other Side | Devlin & Victoria Mer 22 Aoû - 23:56



Friends from the other side

«Entre le néant et le surnaturel, ce qu'il y a de stupéfiant est le réel. »

1890

De l’obscurité qui régnait en maître au dehors, l’intérieur du manoir se dressait tel un phare. Toit aimant sous la pluie battante, cette dernière semblait suivre les moindres événements de la vie de Victoria comme des mouches autour d’un cadavre. Chaque jour de sa vie, depuis ces tragiques incidents, ressemblait de toute façon à un jour de pluie : gris. Des temps qui l’obligeaient à sortir en permanence avec son sombre parapluie, pour ne point accabler son maquillage vital. Ne pas faire voir la vérité en face, de son corps se flétrissant à mesure des jours. Cette réalité, son invité de ce soir ne la verrait pas. Il ne verrait pas les cernes sous le fond de teint, ni les joues creuses sous les poudres, ni les paupières tombantes sous le mascara. Sa tenue était impeccable, d’une propreté irréprochable, et d’une coupe si ordonnée qu’on l’eut cru cousu à même sa peau. De ses cheveux, un chignon d’une sévérité vestale, ne laissant rien dépasser. Oui, toute son apparence n’était que contrôle de soi ; tout le contraire d’une personne qui se laisserait gagner par une étrange et encore inconnue maladie. Elle refusait de croire en la maladie, et se persuadait que son état n’était rien de plus que le résultat de ces longues nuits d’effroi et de dépression, quand la maison elle-même devenait vivante pour lui tenir compagnie.

Victoria Elizabeth Ravenswood était à l’image de sa demeure : d’une apparence impeccable, d’un contrôle permanent sur la moindre chose, à qui l’on aurait donné le bon dieu sans confession. Mais qui cachait à l’intérieur un secret que personne ne pouvait discerner, un secret qu’elle n’était même pas sûre de connaître elle-même. C’était pour cela qu’elle avait besoin d’un détective que tous réprouve. Un homme qui ne regarderait pas à la réputation, et qui se jouerait du défi et des mystères. Comment aurait-elle pu s’attendre à ce que cet individu fut un être insupportable, que toute décence ignorait, une personne qu’elle connaissait déjà de surcroit ? Néanmoins, il était déjà trop tard pour faire machine arrière. Le vent furieux avait ouvert une brèche dans le mince interstice, déjà avait-elle donc invité l’étranger à venir prendre repos en son manoir. L’eau, le vent. Des éléments qui comme autant d’éléments perturbateurs venaient troubler la propreté du manoir et de son occupante. Le détective salissait de sa seule présence le carrelage du hall par d’immenses flaques d’eau. La colère monta rapidement en la jeune veuve. Cette dernière referma la porte avec rage, non sans quelques difficultés, au vu de sa faible constitution. Un simple bourrasque pouvait soulever cette brindille cassée, sans le moindre problème.

Se retournant vers son invitée, Victoria fut profondément outrée de sa joie. Oh, elle se doutait parfaitement qu’il se nourrissait d’ironie pour jouer de son interlocuteur, le fourbe. La petite question sur sa cheville ne permettait aucun quiproquo, il s’agissait bien là de Devlin Stanton, l’un de ses compagnons de fortune à la Tour de Londres. Cette information la mettait profondément hors d’elle. Avec cette étrange impression de s’être faite trahie, la jeune femme put remarquer cependant que Mr Stanton ne semblait pas non plus savoir qu’elle était « la demoiselle à la cheville cassée » de ce terrible événement. Ils démarraient donc tout deux sur un pied d’égalité. Encore toute fourbue de son entrée fracassante et de son impertinence, Victoria se refusa à lui répondre, et fit plutôt volte face pour se rendre à une petite porte dérobée sur le côté. L’ouvrant en grand, l’intérieur était facile observable : des balais de toutes formes et de toutes tailles, des sceaux en laiton et en ferraille à ne plus savoir quoi en faire, des produits bien étranges sur les étagères dont on méfiait leurs provenances. Parmi toutes ces possessions, la bourgeoise se saisit d’une serpillière, morceau de toile grossière et résistante ; pour revenir bien vite la jeter sur le visage de son invité. Quel hôte de marque. S’agaçant certainement plus que nécessaire, et plus qu’il ne le mérite, Victoria buffa :

- Est-ce que cela vous suffit pour vous dire que ma cheville va très bien, merci ?! Voilà votre serpillière, si vous voulez autre chose, vous irez vous servir vous même.

Comment était-elle supposée accepter de l’aide d’un pareil individu ? Etait-elle même censée le payer ?! Ne valait-il pas mieux chercher d’autres solutions plutôt que de se rabaisser à être peut-être redevable de cet homme ? Victoria prit néanmoins une profonde respiration, c’était tout ce qu’il lui restait à faire. Elle ne pouvait pas faire machine arrière et le renvoyer sous la tempête. Tout d’abord, elle n’était pas une méchante femme. Deuxièmement, elle n’était pas en mesure de se payer le luxe et d’ignorer son aide potentiel. Il était venu avec une étrange valise -que le regard de Victoria fixait avec interrogation et inquiétude. Peut-être était-ce des outils qu’elle ne connaissait pas, et qui prouverait sa compétence en ce genre de domaine ? Tant de questions qui ne pouvaient avoir leur réponse qu’en acceptant l’aide de Mr Stanton. Poussant un profond soupir, elle continuait de fixer l’étrange valise, qui lui semblait d’une taille peu conventionnelle pour une simple valise de travail. On eut dit qu’il venait s’installer ici pour la semaine. L’idée la dégoûta quelque peu. Finalement, la veuve haussa un sourcil et s’éloigna dans le hall :

- Puisque cela doit être ainsi… suivez-moi. Je n’ai pas de temps à perdre avec vos minauderies.

Sans se soucier d’attendre son invité, Victoria marcha jusqu’au salon principal, celui du rez-de-chaussé où elle revenait le plus communément ses invités. Son pas était lent, presque suspicieux. C’était un rythme qui pouvait faire croire qu’elle était parfaitement maîtresse d’elle-même et de ce qui l’entourait. Mais la vérité était tout autre. C’était un mouvement lent, avec une tête haute et une stature droite, dont le regard ne cessait pourtant de longer les murs dans cette peur secrète et paranoïaque du moindre mouvement, même le plus infime. Elle guettait les mystères. Pourra-t-il les voir aussi ? Tout semblait pourtant apaisé, si serein. Rarement Victoria n’avait vu sa demeure aussi saine, mais elle craignait que ce ne fut le calme avant la tempête. Après être arrivé au salon, la jeune femme s’installa calmement dans un fauteuil et attendit que son invité en fasse de même. C’était l’introduction d’une nouvelle pièce de théâtre qui s’écrivait devant eux, le titre d’un nouveau poème qui se discernait à la plume dans la confrontation de leurs deux esprits. Victoria se sentait en position de défense. Ne devait-elle pas ressentir comme une sorte d’entraide entre eux, qui avaient survécu à l’enfer ? Au lieu de cela, qu’elle était que cette fierté mal placée qui l’empêchait de voir le détective comme un allié ?

- Vous savez pourquoi je vous ai fait venir ici. Cette affaire est d’une extrême importance pour moi, et j’ai besoin que vous m’offriez absolument toutes vos lumières. ... Je crois qu’avec ce que nous avons vécu à la Tour… vous saurez ne pas prendre ce défi à la légère. J’attends de vous un grand sérieux, ce n’est pas quelque chose dont on peut rire impunément. Êtes vous capable de sérieux, Monsieur Stanton ?

Il était hors de question qu’elle lui donne la quatrième de couverture sans éprouver sa motivation.

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