the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell



 

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Tobias Wright
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MessageSujet: the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell Icon_minitimeMar 3 Juil - 9:57



La soirée touchait doucement à sa fin pour permettre à la nuit d’entrer en jeu. Le ciel s’assombrissait sur Southwark. Il reconnaissait dans la démarche exténuée et le regard vide des ouvriers rentrant chez eux l’effet du dur labeur qu’exigeaient les manufactures anglaises. Ce qui faisait la richesse de ce pays faisait la pauvreté de ses gens. Appuyé contre un mur, Tobias les regarda en pensant qu’il aurait dû, comme eux, avoir les manches retroussées et la chemise recouverte de tâches noires ou brunâtres. C’était de ce monde là, qu’il venait. Il avait grandi en se salissant les mains dans une manufacture de Lambeth. Pernicieux travail que celui là, car ses mêmes petites mains auraient bien pu se faire broyer par les doigts de fer qu’elles approchaient. Les petites mains de Tobias étaient ensuite devenues propres, tout en tenant de l’argent qui lui, était sale. Aujourd’hui, ni les mains, ni l’argent de Tobias n’était sale. Il tenait une cigarette, qu’il portait à ses lèvres à un rythme lent mais régulier. Vêtu de ses vêtements de ville, le petit garçon de la workhouse de Lambeth était aujourd’hui un homme qui, chez lui, disposait d’un uniforme et d’une insigne.  
Emplissant ses poumons de fumée, Tobias pensait. A la vie, à la mort. Au sens et à l’absurdité des choses. Il pensait trop. En un sens, le travail empêche bien de penser, c’est ce qu’il se dit. Il rend les gens idiots, certes, mais on est plus heureux idiots. Le sommeil lui était venu plus facilement durant ses jours de travail à la manufacture de Lambeth, quand il répondait au nom de Daniele Pirlo. Quand on travaille si dur, on n’a pas le temps de penser, si ce n’est qu’à la fin de la journée, que l’on attend impatiemment et quand elle arrive, on est trop fatigué pour penser à autre chose à dormir. Même pour un insomniaque invétéré, l’accueil de Morphée se fait plus facilement lorsqu’on est exténué par un travail purement physique et à la fois horriblement fatiguant et inintéressant.  [La suite de ce post a disparu dans les abîmes du monde...Sadly.]
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MessageSujet: Re: the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell Icon_minitimeJeu 5 Juil - 14:50

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Le ciel avait cette teinture orangée, si caractéristique du coucher de soleil de l'été londonien. Une petite brise traversait le paysage, passant au travers des cheveux sombres, ondulés, et abîmés d'une jeune artiste du cirque. C'était Ellie. Il y a bien longtemps qu'elle ne faisait plus attention à son apparence propre. Travailler au cirque, et qui plus est avec des chevaux ne permet pas de jouir d'une apparence délicieuse, comme ces petites filles de la noblesse qui se pavanaient dans les rues. C'était la fin d'un spectacle; un spectacle qui ne fut ni admirable, ni décevant. C'est ce genre de prestation, basée sur la routine, qui s'oublie vite... Pour elle. Car il est bien vrai que le public reste toujours autant bouche-bée par les figures d'Ellie, sans pour autant que cela lui demande désormais un effort considérable. Non, Ellie ne se foule pas. Elle n'en a pas vraiment envie, en ce moment. Elle se dirige vers son écurie. Écurie est un bien grand mot pour désigner ce champs uniquement entouré d'une clôture en bois, mais il n'en reste pas moins que c'est tout à fait honorable, surtout pour le budget du cirque. Elle se planta devant les clôtures, observant le coucher de soleil sublimant ses destriers.

Elle venait tout récemment d'obtenir un ancien cheval de l'armée, un bel hongre de couleur noire, élégant, aux membres encore forts et musclés par l'intense effort demandé à la guerre. Bien malheureusement pour ce dernier, on lui tirât dans la patte arrière droite, le rendant ainsi inutile. Il boitait. On allait l'envoyer à la boucherie quand Ellie survint pour le récupérer au dernier moment. Elle l'eut à un très bon prix. Elle n'était pas sûre cependant, qu'elle arriverait à en faire quelque chose, sans quoi, elle devrait là aussi s'en débarrasser; et c'est bien là la plus cruelle chose: garder un cheval inutile occasionne des dépenses qu'elle ne peut endurer seule.

Elle passa sous la clôture, encore maquillée pour le spectacle, mais revêtant ses pauvres habits médiocres. Cela lui donnait une allure étrange, comme si elle était un être fantastique, qui ne devait pas se tenir en ce lieu. Elle était maigre, comme le voulait les canons de beauté de l'époque, une "belle malade" mais en même temps, son teint pâle, ses lèvres rouges carmins, son fard à joue excessivement voyant la rendent presque fantomatique. Sans oublier les multiples couleurs vives qu'elle appose sur ses paupières. Non, Ellie est loin d'être discrète. Elle saisit une bride sur le sol et commença à s'approcher de son magnifique hongre noir de jais. Il avait cette qualité d'être relativement docile, comparé à certains autres, moins habitués à la présence humaine. Elle l'éloigna du troupeau et l'attacha près de la porte de l'enclos. Elle commença à l'examiner paisiblement, passant ses mains sous son ventre, et s'approchant peu à peu de la fameuse patte abîmée, pour vérifier s'il était blessé ailleurs. Il râla quand elle arriva au niveau du jarret.

" Ce sont de belles bêtes."


Elle se retourna brusquement, sur le qui-vive, avec ce fameux regard assassin dont elle avait le secret dès qu'il s'agissait de s'adresser à un homme. Elle ne l'avait pas entendu venir, et elle fut quelque peu agacée qu'un homme vienne sur son "territoire" pour la déranger. Elle se releva, s’époussetant un peu, honteuse de sa tenue médiocre et de ses mains sales. Elle avait oublié, pour l'heure, qu'elle était encore maquillée. Elle flatta l'encolure de son cheval, pour le rassurer et surtout pour se rassurer elle-même. Elle avait été un peu vive et dieu sait que les chevaux de guerre bien souvent, ont peur pour un rien. Mais il resta docile. Elle détailla son interlocuteur de haut en bas, froide, antipathique. Il était bien mieux habillé qu'elle, ce qui renforça son insécurité quant à son apparence. Il était bien évident qu'ils n'avaient pas les mêmes moyens. Elle fit exprès de laisser un temps pour répondre, elle lui en voulait de lui parler, et d'être là tout simplement. Elle retourna son attention sur son cheval, lui intimant quelque chose du regard, avant de le tourner pour le mettre face au jeune homme. Quelqu'un qui se place derrière un cheval est toujours dangereux, c'était l'une des premières choses qu'on lui avait apprises à l'écurie.


"Bien meilleures que les humains."
 Riposta-t-elle sur un ton sec, flattant encore une fois l'encolure du cheval noir pour appuyer ses propos. Elle connaissait cet homme sans vraiment le connaître: il était policier, l'avait aidé quant à une affaire d'harcèlement et c'est à peine si elle connaissait son nom. Il était le seul à l'avoir écouté quand elle se fut plainte à la police, tandis que les autres lui avaient ri au nez. Elle n'avait pas bien compris pourquoi ils avaient ri d'une part, ni pourquoi ce policier-là était venu juste après pour l'aider. Elle ne comprenait pas non plus, pourquoi il revenait. Il voulait demander de l'argent? Elle n'en avait pas. Et encore moins des remerciements. Ce n'est pas comme si elle connaissait les règles de politesse en ce bas-monde. Aussi, elle n'hésita pas à demander:

"Qu'est ce que vous voulez?"

Bien qu'elle fut hautaine, ce ne fut en aucun cas son but; en réalité, elle l'est naturellement, sans pour autant le vouloir. Sa manière de parler démontre seulement son manque de tact, et surtout, de sociabilité. 
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MessageSujet: Re: the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell Icon_minitimeJeu 5 Juil - 20:03



Tobias n’avait pas voulu surprendre Ellie. Il aurait dû cependant se douter qu’une telle approche ne pouvait pas avoir un autre effet que celui là. De toute façon, quand on était un homme portant l’insigne, à Londres, et qu’on se promenait dans le quartier de Southwark, on suscitait aisément les regards surpris et effrayés ou au contraire, chez les plus courageux, les regards méprisants et dédaigneux. Dans un sens, c’était normal. A l’image de la vie, la loi était dure et injuste pour beaucoup de monde dans la capitale anglaise. Et si Tobias ne s’y habituait pas encore, il la représentait aujourd’hui, dans toute son injustice. Il n’était plus simplement un homme, il était aussi un uniforme Il pensa d’ailleurs que le regard assassin que lui avait lancé la jeune femme en le voyant trouvait sa raison dans ce même uniforme et dans qu’il représentait, car en croisant ce regard peu aimable, d’autres, similaires, lui revinrent en mémoire. Des regards d’un autre temps, du temps où son argent était sale et son accent italien. Il eut envie de sourire à ce renversement de situation et à la tendance que les gens pouvaient avoir maintenant de le prendre pour un petit bourgeois, mais il réprima son rictus ; il ne voulait pas paraître plus désagréable que son uniforme ne le rendait peut-être déjà aux yeux de la dresseuse de chevaux, à l’air soit dit en passant plus farouche et rebelle que ses montures. Elle le toisa de haut en bas. Elle portait beaucoup de maquillage, comme le soir où il l’avait vu pour la première fois et cela agrandissait son regard et l’appuyait en intensité. L’apparat de ses yeux contrastait cependant avec ses pauvres vêtements. La première fois qu’il l’avait vue, elle portait des vêtements de scène qui laissaient entrevoir plus que ce que les femmes montraient habituellement en public. C’était sans doute une des raisons pour laquelle ses collègues ne lui avaient pas répondu avec le plus grand des respects et ne l’avaient pas prise au sérieux. La mode et les mœurs étaient aux chevilles et aux jambes bien cachées. Seule les épaules et la poitrine, mises en valeur par un corsage serré, pour le plus grand bonheur des hommes, pouvaient se dévoiler, quoi que certains discutent encore sur le bienfondé pour une femme de dénuder ses épaules. Quant au maquillage, il se devait d’être léger.
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Tobias tira une dernière fois sur sa cigarette, qui s’était consumée lentement, et la jeta sur le sol, avant de l’écraser. Cela laissa à Ellie Campbell le loisir de l’observer encore un peu de son air froid et antipathique sans que le regard du policier ne soutienne le sien. Faire quelque chose d’anodin, comme écraser sa cigarette, c’était une bonne manière de ne pas mettre mal à l’aise une femme en la regardant dans le blanc des yeux trop longtemps, sans pour autant baisser soudainement les yeux devant elle.
- Bien meilleurs que les humains, dit-elle.
Tobias acquiesça. « C’est vrai. », dit-il simplement. L’homme pouvait être aussi bon qu’il pouvait être mauvais. Le jeune homme avait cependant croisé plus de mauvaises que de bonnes personnes sur sa route. Il ne pouvait toutefois nier la bonté humaine car cela serait nier l’existence passée de la douceur rassurante du regard de Rose-Ann. Passée, car Rose-Ann n’était plus. Si elle était encore, ce même regard l’accompagnerait encore, en dépit des vents et des marées, de la laideur du monde et la méchanceté des gens.
Le cheval dont la demoiselle s’occupait se tourna, à la demande silencieuse de sa maitresse, pour faire face à Tobias. Il y avait une tristesse dans le regard de cet animal. Il la reconnut sans vraiment savoir sur quels critères sa déduction se basait. Il avait déjà vu de la tristesse dans le regard des animaux. On ne faisait pas se battre que les hommes, pour miser de l’argent. Il avait vu des chiens, aussi. Les chiens ne peuvent décider de leur destin, cela rendait leur sort plus triste que le sien. Lui, il avait le choix de se battre. Enfin, pas vraiment. Dans un sens, on a toujours le choix. Pourtant parfois, on ne la pas vraiment. Surtout quand on vient du fond de la pyramide sociale, de ce fond qui en constitue pourtant la base et qui se fait constamment écrasé par le maigre sommet qui toise de haut.
- Qu’est ce que vous voulez ?
Froide et sauvage. Contrairement au cheval qui faisait face à Tobias, Ellie Campbell n’était pas docile et domptée et au vu de son attitude, elle aimait sans doute le faire savoir. Cela devait lui causer des problèmes avec certains représentants de la gente masculine.
- Voir si vous allez bien.
C’était difficile à croire, il s’en doutait. Si quelqu’un était venu voir s’il allait bien, à Lambeth, quand il était petit garçon, il aurait froncé les sourcils et se serait sans doute méfié. Les gens ont toujours des intérêts cachés. Ou du moins souvent. Car il n’y en avait pas dans sa démarche à lui. Il n’était pas comme les gens. Il voyait bien qu’Ellie Campbell n’était pas comme les gens, elle non plus. C’est pourquoi elle se méfiait d’eux.
Il s’approcha, attiré par le regard triste de la bête. Il prit toutefois soin de respecter un périmètre et de s’approcher lentement car il ne souhaitait pas provoquer un mouvement de recul méfiant, non pas chez l’animal, mais chez la demoiselle.
- Voir si cet homme n’est pas revenu vous embêter ou s’il a besoin d’un rappel pour apprendre sa leçon.
Tobias regarda la jeune fille. C’était difficile de résister à l’envie de détailler son maquillage, tant cela était inhabituel. Le jeune homme approcha sa main de la bête, sans pour la toucher.
- Je peux ?, demanda-t-il.
Il lui vint à l’esprit de lui préciser qu’elle pouvait dire non, dans le sens où il ne le prendrait pas mal et ne prenait pas son uniforme comme un laisser passer pour faire tout ce dont il avait envie. Il se ravisa, estimant que cela lui paraitrait peut être insultant qu’il lui rappelle son droit de refuser quelque chose aux forces de l’ordre, et que cela ne ferait que creuser un fossé social, inexistant en réalité car Tobias ne se sentait pas supérieur et venait lui aussi, de la populasse, mais sans doute bien réel pour la jeune femme.



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MessageSujet: Re: the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell Icon_minitimeVen 6 Juil - 19:30

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"C'est vrai."

"Allons bon. C'est pas comme s'il en avait quelque chose à faire." pensa-t-elle. Ellie faisait partie de ce genre de personne qui n'arrive pas à penser que quelqu'un ne travaillant pas avec les chevaux peut tout de même avoir une certaine compassion envers eux. Elle sentit le tabac lui monter au nez. Une odeur piquante, enivrante, aveuglante. Ellie n'avait jamais été attirée par ce genre de chose; tout comme l'alcool : c'était tout d'abord interdit par sa religion, et puis quand bien même elle avait déjà pêché, cela ne lui a pas plu: l'alcool est trop amer, pour elle qui aime les choses sucrées telle une enfant. Pour ce qui est de la cigarette, l'odeur désagréable a bien suffi à l'éloigner. Quant aux drogues, elle n'en connaît pas même l'existence.

Le cheval déplaça son bassin sur son côté gauche, il avait de toute évidence mal et ce même à l'arrêt. Ellie nota silencieusement cette information dans sa tête, fronçant les sourcils, comme si c'était une impression désagréable. Elle reposa son regard glacé sur Tobias:

" - Voir si vous allez bien."

Elle le regarda avec des grands yeux interloqués. Comme si quelqu'un venait de faire apparaître un grand lapin blanc devant elle. Comme si elle avait été touchée par un éclair. Elle ressemblait à un grand poisson mort avec son maquillage qui ne flattait pas son teint. Elle resta sans rien dire longuement, l'examinant de bas en haut comme s'il était malade, ou plutôt comme si on venait de lui annoncer que cet homme devant elle était Jésus. Elle était toute raide comme une planche, tous ses muscles contractés, ses épaules et ses gros bras ressortissant.

"Moi? Est-ce que je vais bien? Pourquoi il revient me voir pour ça? Il veut de l'argent? Il a un problème? Il a un cheval à donner?" Pensa-t-elle obscurément. [...]

Un flot de questions incessantes immergèrent le cerveau de la pauvre femme, complètement perdue, mais non pas flattée, car elle n'avait pas conscience que quelqu'un puisse s'assurer de son bien d'une manière désintéressée. De longues minutes passèrent dans lesquelles elle mordit ses lèvres en regardant presque paniquée son interlocuteur.

[...]Je prends pas les enfants. Puis c'est pas ma faute s'il fait des enfants à droite et à gauche et qu'il peut pas s'en occuper. Je suis pas faîte pour ça moi. Je suis peut-être une femme mais pas une mère! Il aurait pu trouver quelqu'un d'autre que moi quand même! On peut peut-être mettre l'enfant dans l'enclos avec les félins pour s'en débarrasser non? Oh mon dieu je veux pas voir ça je suis trop pure!" Continua-t-elle de penser à toute allure avant de finalement déclarer sur un ton plein d'aplomb et suspicieux.

"Il est hors de question que je garde un enfant."

Il s'approcha alors d'elle, mais surtout de l'animal, lequel se redressa, car il commençait à somnoler légèrement.

"- Voir si cet homme n’est pas revenu vous embêter ou s’il a besoin d’un rappel pour apprendre sa leçon."

Deuxième long silence, auquel Ellie put elle-même, -même avec son peu d'expérience en société-, comprendre qu'il était terriblement incommodant.

"- Oh. "

Elle passa une main dans sa nuque, derrière ses cheveux noirs et fit échapper son regard vers le ciel de plus en plus sombre; il laissait place à la nuit clémente. On pouvait déjà apercevoir la lune au loin alors que le soleil était toujours présent.

"- Eh bien... Non, pour l'instant, il semble avoir disparu. Que lui avez-vous fait plus exactement?"

Ce n'est pas le genre de détail qu'une lady voudrait probablement entendre. Mais Ellie n'avait pas cette notion de bienséance. Ironiquement, elle n'avait vécu qu'avec des hommes et c'est eux qu'elle détestait le plus. Inconsciemment, et bien que cela ne la désole, elle avait plus un comportement masculin que celle d'une jeune et délicate fleur. Sans oublier son dos et ses bras anormalement musclés pour une jeune femme. Elle était bien plus taillée pour porter des sacs de patates que pour faire voltigeuse dans un cirque -du moins, dans l'imaginaire collectif, car la voltige exige elle aussi une bonne musculature-.
La jeune femme intercepta le regard insistant, sans vraiment l'être, du policier, arquant son sourcil d'un air dédaigneux. Et c'est à ce moment précis qu'elle se rappela qu'elle était maquillée. Cela la rendit d'autant plus fière, comme pour dire: "Voyez Monsieur, comme je suis spéciale."

Mais puisqu'il ne s'attardait sur son maquillage, il lui demanda s'il pouvait approcher la monture. Elle lui répondit d'une manière presque brutale.

" - Oui. Mais pas ici. Les chevaux n'aiment pas quand on leur caresse le front..."

Elle allait lui expliquer le pourquoi du comment mais elle se disait que le jeune policier s'en fichait probablement et que, cette demande de le caresser n'était probablement qu'un moyen de continuer la conversation. Elle se censura elle-même et préféra plutôt se saisir avec quelque brutalité du poignet de Tobias pour l'apposer plus délicatement sur l'encolure de son cheval.

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MessageSujet: Re: the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell Icon_minitimeSam 7 Juil - 0:41



Tobias ne comprit pas vraiment pourquoi Ellie lui parla soudainement d’enfants à garder. Il n’avait pas d’enfants et, du haut de ses dix sept ans, ne s’était jamais encore imaginé père d’un enfant. Cependant, s’il devait être père, il serait sans doute un père présent car il avait grandi orphelin de la workhouse de Lambeth et que cela n’avait pas été aisé. En soit, il avait dû devenir un homme alors qu’il était un enfant. Mentalement, il était un homme depuis plus longtemps que son âge le laissait supposer, ce qui expliquait sa maturité, et il ne souhaitait pas vraiment cette innocence perdue à un être de sa propre chère.

"- Eh bien... Non, pour l'instant, il semble avoir disparu. Que lui avez-vous fait plus exactement?"

- Je l’ai mis en garde, répondit Tobias.
Il l’avait un peu frappé aussi, parce qu’un homme de son espèce n’aurait pas compris la leçon sans avoir la certitude d’être inférieur physiquement, d’être vaincu par des muscles plus développé que les siens. La plèbe londonienne ne respectait que la force physique et non les forces dites de l’ordre, c’était malheureusement vrai.

A sa demande de caresser l’animal, Tobias récolta à nouveau une réponse qu’il jugea plutôt froide. Ellie devait avoir souffert, il pensa, assez souffert que pour se forger cette carapace de glace.

- Oui. Mais pas ici. Les chevaux n'aiment pas quand on leur caresse le front..., expliqua la dresseuse.
Tobias allait obtempérer et dégager sa main pour la reporter plus loin du front de l’animal. Il n’eut pas à le faire de lui-même car il fut surpris par la poigne de la jeune femme, se resserrant autour de son poignet pour le guider. Il la regarda dans les yeux, alors que son attention restait portée sur l’animal. Elle avait une sorte de profondeur dans le regard. Derrière cet air rebelle et indompté, derrière la carapace de fer, se cachait une femme sensible. C’est du moins ce que pensa Tobias. Alors que sa main caressait l’animal dans le sens du poil, Tobias reposa son regard sur celui-ci.

- Il a l’air d’avoir souffert dans le passé., dit-il. Il avait la certitude intérieure de ne pas se tromper. Cet animal avait du se battre, d’une manière ou d’une autre, pour sa survie. Il le savait. Il le voyait dans son regard. On disait que les yeux constituaient le reflet de l’âme. C’était sans doute vrai. Cependant, l’idée qu’on puisse lire dans son âme à lui, à travers ses yeux,  le dérangea. Il se remémora un instant le jeune Tobias de treize ans qui prenait sa première droite lors un combat. Il se remémora le regard effrayé qu’il avait sans doute dû avoir en croisant le regard de son employeur, de son tuteur, de son « faux père ». Il se souvint de la peur et de l’instinct de survie qui l’avait poussé à se relever pour rendre le coup. Il se souvint aussi des cris des parieurs, plus tard, quand il entrait torse nu et les mains bandées dans le sous-sol qui accueillerait ses tâches de sang et celle de son adversaire. Il entendait scander son nom, son faux nom. « Da-nny, l’It-al-ien, Dan-nny, l’It-al-ien ! »

Il n’était pas Danny. Il n’était pas italien. Mais, le sang par terre était le sien.
« Je m’appelle Tobias. », dit-il. « Tobias Wrigth.  Je ne sais plus si je me suis présenté à vous, l’autre fois… »


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Il s’appelait Tobias Wright. Il était le fils d’une certaine Katherine, dite Kate Wright, et d’un homme inconnu au bataillon. Il avait grandi à Lambeth, il venait lui aussi de la classe la plus pauvre de Londres, celle qui travaillait d’arrache pied gratuitement pour un toit branlant sur sa tête parmi les fous et les vieux séniles. Il faisait partie des enfants sacrifiés de l’Angleterre, de ceux dont on se fiche suffisamment que pour leur refuser les droits les plus essentiels, de ceux que personne ne viendra défendre s’ils perdent un bras dans le travail des usines, de ceux qui ne connaissent pas l’innocence, mais qui doivent d’emblée travailler pour vivre, et vivre pour travailler, de ceux qui n’ont jamais transpiré d’avoir trop joué, seulement transpiré d’avoir trop sué. Il s’appelait Tobias Wright, c’était son nom, celui que sa mère lui avait donné. Il avait grandi à Lambeth, dans une workhouse. Il n’était pas italien et il n’était plus Daniele Pirlo, il ne l’avait d’ailleurs jamais pleinement été, mais il n’était pas non plus un jeune homme bourgeois ou semi-bourgeois, qui avait reçu une bonne éducation et enfilé l’uniforme pour rendre fier son père artisan ou commerçant.

« …Mademoiselle Campbell. »

Oui, Ellie Campbell, votre nom a suffisamment d’importance que pour être retenu. A nouveau, il se douta de l’étonnement qui pourrait envahir la jeune femme. On l’avait appelé « petit » pendant plusieurs années comme si les deux syllabes de « Toby » était trop longues, comme si de toute façon, il n’était qu’un individu de plus dans l’énorme masse qui constituait la main d’œuvre anglaise gratuite et que sa disparition éventuelle passerait inaperçue. Puis, il s’était appelé Daniele, mais n’avait jamais été Daniele, ni Danny, ni l’Italien. Il n’était pas qu’un rôle, il n’était pas qu’un bras pour faire tourner des machines. Elle n’était pas qu’une artiste de cirque, qu’une dresseuse de chevaux, qu’une femme qui portait des vêtements trop courts et qui s’était fait harceler par un homme étrange. Elle était mademoiselle Campbell. Il s’en souvenait  parce que cela avait de l’importance. Parce qu’il savait que la base de la pyramide sociétale anglaise n’était pas qu’une masse informe, parce qu’il savait que chacun était quelqu’un, une personne, un individu, et non de la chaire à pâté. Il savait qu’il était plus qu’un garçon de Lambeth ou qu’un uniforme et qu’elle était plus qu’une belle femme en robe courte et au maquillage prononcé ; il savait qu’il était Tobias Wright et qu’elle était Mademoiselle Campbell. Et malgré le ton tout à fait habituel qu’il avait pris en le disant, cela se lisait dans son regard. Qu’il accordait de l’importance aux noms. Aux personnes. Aux individus. A Ellie Campbell et sa sécurité. A sa personne. Et à ce qu’elle était, en dehors de cette masse de personnes démunies vivant sous le symbole clinquant de la couronne d’Angleterre.



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MessageSujet: Re: the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell Icon_minitimeLun 9 Juil - 22:44

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" Je l’ai mis en garde", répondit-il simplement.

Elle mentirait si elle disait qu'elle n'avait pas eu l'idée de lui en demander plus, mais il semblait bien plus intéressé par l'équidé que par ses précédents exploits; l'idée même qu'il aurait pu en venir aux poings ne lui frôla pas l'esprit, innocente qu'elle était.

Sans qu'elle ne sut pourquoi, il semblait fasciné par l'animal. Pourquoi diable un policier aurait-il de la compassion pour des bêtes? Pour un cheval, qui plus est. Ellie savait que les chevaux étaient bien souvent considérés comme des utilitaires bien avant d'être des animaux. Et elle savait qu'elle ne faisait pas exception. Sans ces bêtes, elle n'aurait aucun gagne-pain. Mais elle espérait valoir mieux, pourtant. Elle pensait avoir plus de compassion et de ce fait, sa vertu n'en était que plus valorisée.

L'hongre la sortit de ses pensées en renâclant de son sabot droit, soulevant de la boue.

" Il a l’air d’avoir souffert dans le passé."
, continua-t-il pensif, comme s'il entrait en contact intime avec la bête. Une pointe de jalousie naquit dans le coeur d'Ellie. C'était ses chevaux. Elle ne considérait pas que quelqu'un d'autre puisse s'y intéresser dans un bon sens, et elle pensait toujours que Tobias faisait cela pour correspondre aux codes sociaux d'une conversation triviale. Ainsi, sa rancoeur ne put que s'accroître. Le cheval, qui plus est, semblait assez curieux envers Tobias, au point de renifler son uniforme. La jalousie continua à transpercer son coeur, à tel point que remplie d'impatience, elle ajouta:

"- C'est le cheval d'un ancien soldat. Il boite." Répondit-elle du tac-au-tac, sa phrase claquante, comme si elle était sous-tension. Elle ne laissait presque aucun silence entre ce que disait Tobias et sa réponse. Comme si elle avait tout planifié.


" - Je m’appelle Tobias. " dit-il. "Tobias Wright.  Je ne sais plus si je me suis présenté à vous, l’autre fois… " Oh. C'est vrai; dialoguer avec des inconnus est chose courante, Ellie? Puisqu'elle se fichait de la bienséance, cela lui importait peu. Mais elle n'ignorait pas, cependant que c'était quelque chose d'anormal. Aussi elle évacua toute haine pour inscrire ce nom dans sa boîte crânienne. Elle se méfiait toujours, et connaître le nom de son éventuel antagoniste reste un avantage. Elle resta silencieuse, un petit moment de flottement, puis ajouta, désinvolte:

"-Oh. Peut-être. Je n'ai pas fait attention." Répondit-elle d'un air détaché en haussant les épaules. Elle n'était pas dans une posture agressive, ni défensive par ailleurs, c'était juste qu'elle ne voulait pas donner l'impression de donner à Tobias d'être important car... Il était un homme, tout simplement. Et l'homme est son ennemi. Elle eut pour projet de ne pas lui dire son prénom, car se serait dévoiler son identité. Or, elle savait qu'il la connaîtrait tôt ou tard, que ce soit au travers des spectacles, ou bien dans les dossiers de la police. A cette idée, d'être si vulnérable, elle eut une sorte de frisson de dégoût.

"- …Mademoiselle Campbell." Son coeur manqua un battement. Ses yeux s'écarquillèrent. Un deuxième frisson, plus puissant, glissa jusqu'à son échine. Il lui transperça de l'intérieur, en une sensation très désagréable, un froid qui l'envahissait de l'intérieur. C'était cette sensation de peur, de panique, étrangement familière, car elle lui rappela son entrée au cirque, aussi traumatisante qu'elle fut. Une sensation de honte émergea, et elle se sentit plus faible, plus affectée que jamais. Son visage rougit, de colère et de peine à la fois, et plutôt que d'être flattée que Tobias retienne son nom, elle ne se sentit que d'autant plus menacée.

"Tenez-le moi, reprit-elle, "Une main sous le menton.", finit-elle d'ajouter en prenant le poignet de Tobias fortement pour le mettre dans la bonne position, pas trop serré, pour pas que le cheval ne se sente enfermé, ni trop lâche. Il était désormais dos à elle, et elle put en profiter pour lui glisser un regard de mépris avant de recommencer à palper le cheval. Il s'impatientait, alors autant vérifier rapidement la blessure et le relâcher, plutôt que de continuer à le tenir inutilement durant la discussion. Ellie se dit que plus rapidement elle eut fait cela, plus rapidement la conversation se finirait. Ses yeux s'embuèrent brièvement, sans vraiment qu'elle en eut conscience. Elle le palpa doucement, du garrot jusqu'à la croupe, et commença à descendre sur les membres arrières. Le cheval sembla se tendre au niveau de l'encolure, et ses oreilles se renversèrent en arrière, signe de mécontentement évident. Ellie pensa que ce n'était pas de la douleur, mais simplement de l'appréhension. Elle décida, avant de toucher la blessure, de vérifier l'autre patte, et le cheval se détendit presque immédiatement. Puis, elle se rapprocha de la partie douloureuse. La blessure semble encore à vif, la peau à peine reconstituée, et une sorte de liquide s'en dégageait. Une odeur désagréable parvenait aux narines d'Ellie. La patte était probablement infectée. Elle ne savait si elle pouvait le sauver. Elle tenta de poser ses doigts autour de la plaie, là où il persistait encore des poils, mais à peine eut-elle frôlé la peau de l'animal que celui-ci rua vers l'arrière.


Bien heureusement, elle était bien placée par mesure de sécurité, car elle en avait l'habitude. Elle se releva, s'époussetant. Le cheval était encore nerveux. Aussi, elle s'approcha de lui et tenta de l'apaiser en lui flattant l'encolure et en lui chuchotant quelques mots. Puis, elle glissa son regard impassible vers Tobias, le sondant, voir s'il fut traumatisé par l'action de son équidé. 
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Tobias Wright
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MessageSujet: Re: the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell the ones that entertain and the ones that observe - ft. Ellie Campbell Icon_minitimeMar 10 Juil - 14:11



Tobias fut étonné de constater que l’attention qu’il accordait au cheval ne semblait pas plaire à la dresseuse. Au contraire, cela semblait l’exaspérer, elle qui pourtant, semblait se préoccuper de leur bien-être et non les considérer comme de simples instruments de travail.

- C'est le cheval d'un ancien soldat. Il boite, dit la jeune femme. Elle semblait vouloir couper court à la conversation sur ce sujet.

Ainsi, c’était donc ça. La guerre avait du marquer le pauvre animal. Tobias avait lu certaines choses sur la guerre, plus précisément sur la guerre franco-prussienne, ayant éclaté quelques dizaines d’années auparavant. Ni les hommes ni les animaux ne sortaient indemnes de la guerre. La guerre, par l’ampleur de sa violence, opérait une transformation sur tous ceux qui avaient contacts avec elle. Une transition trop violente, trop abrupte, qui laisse des traces dans les regards.
Tobias ne fut pas vexé par le fait qu’elle n’est pas retenue son nom à lui. Il n’était même pas certain d’avoir eu l’occasion de le lui donner, et quand bien même l’aurait-il fait, il n’était, à première vue, qu’un homme dans un uniforme, qu’on désignerait très bien par l’appellation simple de policier, plutôt que par un nom et un prénom. Tobias pensa qu’il était tout de même mieux pour Ellie Campbell qu’elle demande les noms de ceux à qui elles s’adressaient, quand elle interpellait la police. Les hommes mauvais pouvaient être partout, même dans la police. Si un homme en uniforme se comportait mal à son égard, et qu’elle n’avait pas son nom, elle ne pourrait pas s’en plaindre plus haut dans la hiérarchie.

Le jeune homme remarqua immédiatement que le fait d’avoir retenu le nom de son interlocutrice ne fut pas accueilli comme il l’avait cru. Plutôt que d’en être flattée ou peut-être simplement surprise, la jeune femme parut soudain bouleversée. Dans ses yeux écarquillés, c’était sans aucun doute de la peur que Tobias lisait. Il ne comprit pas. Ellie Campbell demanda alors à Tobias, d’un ton ferme voir autoritaire, qu’il tienne le cheval. Elle lui saisit le poignet qu’il place ses mains au bon endroit.
Comme lui en entrant dans le repère de la demoiselle, quand il avait tiré une dernière fois sur sa cigarette pour briser le contact visuel qui le liait à elle,  la dresseuse de chevaux semblait se remettre à s’affaire pour fuir le regard de Tobias, pour fuir la conversation…Pour le fuir lui ?

Tout en tenant le cheval fermement dans la position qui lui avait été montrée, Tobias observa la demoiselle, accroupie, inspectant les pattes de l’animal. Avant que ses cheveux ne retombent devant son visage, Tobias crut voir les yeux de la demoiselle plus brillants qu’ils ne devraient l’être. Comme s’ils s’étaient humidifiés, à la simple énonciation de son nom. Jamais le jeune homme n’avait voulu provoquer une telle réaction, bien au contraire. La demoiselle ne l'avait probablement pas cru quand il avait dit qu'il venait pour voir si elle allait bien. Elle devait sûrement lui prêter des intentions qu'il n'avait pas. Inspirait-il si peu la confiance ?
two kind of people
the ones that entertain and the ones that observe

Quand l’animal, tout de même impressionnant, se rua vers l’arrière, Tobias perdit lui aussi l’équilibre et tomba. Une fois au sol, il eut le réflexe rapide de se glisser sur le côté pour que les pattes avant du cheval ne viennent pas l’écraser. Qui pouvait savoir ce que l’animal ferait au contact de la douleur qu’il semblait avoir ressenti ? Une fois l’animal revenu dans sa position initiale, moins dangereuse, Tobias se releva. La dresseuse, déjà debout, était en train d’épousseter ses vêtements. Tobias l’imita brièvement. Avoir un peu de foin accroché à son uniforme n’était pas dramatique, il pourrait s’occuper de ça plus tard plus en détail. Pour l’heure, la réaction de la jeune femme plutôt que celle de l’animal, le préoccupait. Certes, la réaction du cheval avait été quelque peu surprenante pour lui. Mais, il était loin d’être dans tout ses états pour si peu. C’était un cheval qui réagissait comme réagissent les chevaux.

- Vous allez bien ?, s’enquit-il. La demoiselle n’avait pas l’air d’avoir été blessée dans sa chute mais la politesse de demander quand même lui paraissait tout à fait naturelle. Certains pourraient croire que cela était la façade de la politesse qu’arboraient certains hommes pour se montrer courtois et parvenir à séduire davantage  les jeunes filles. Mais, Tobias n’était pas un calculateur. Il n’y avait pas de mauvaise intention cachée dans ses formules de politesses.
- J’espère que vous allez pouvoir faire soigner la blessure qui fait souffrir cet animal. Une nouvelle vie loin de la guerre, ici dans vos numéros, devrait lui faire le plus grand bien, dit Tobias. Tout en parlant, il prit une fine boite métallique qu’il gardait dans la poche intérieure de sa veste, l’ouvrit et en sortit une cigarette. Réalisant que cela pouvait indisposer l’animal, et même peut-être la jeune femme, il se ravisa et la rangea dans sa boite qu’il remit dans la poche de sa veste. Privé d’objet sur lequel exercer sa concentration, Tobias jugea qu’il était nécessaire qu’il précise certaines choses à son interlocutrice.

- Ecoutez, Mademoiselle Campbell, je crois sentir une certaine…., Il fit attention à ne pas parler de peur, ce qui serait sans doute tout à fait vexant ou humiliant pour la jeune femme,…méfiance de votre part à mon égard... Il fit une pause et inspira. Il faut que vous sachiez que je n’aie aucune intention cachée. Je ne viens pas avec l’idée d’obtenir quoi que ce soit de votre part, service, requête, argent ou autre. Je venais uniquement voir comment vous alliez et m’assurer que mon travail avait porté ses fruits face à l’individu qui refusait de vous laisser en paix. Ce sont les seules et uniques raisons de ma venue. Si ma présence n’est plus désirée ici, qu’elle vous met mal à l’aise, vous pouvez me le dire et je m’en irais de ce pas. Sachez toutefois que si vous avez des problèmes avec d’autres personnes comme cet homme à l’avenir, vous pouvez vous adresser à moi. Je ne devrais pas vous dire cela bien sûr mais certains collègues des services de polices ne prennent pas ces problèmes là aux sérieux ou pourraient même vous accuser d’en être responsable. Alors, si cela se reproduit et que vous voulez éviter de tomber sur une de ses personnes…Et bien…Vous avez mon nom et je fais souvent des rondes par ici.



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