Jeanne Marie Moulin



 

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Jeanne M. Moulin
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Âge : 45
Avatar : Megan Follows
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Date d'inscription : 20/07/2018

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MessageSujet: Jeanne Marie Moulin Jeanne Marie Moulin Icon_minitimeVen 20 Juil - 10:44



Jeanne Marie Moulin

« UNE JOLIE PETITE CITATION ICI »


FT. Megan Follows
CARTE D'IDENTITÉ


Nom : Moulin, née Lefèvre.
Prénom(s) : Jeanne, Marie.
Âge : 44 ans.
Groupe : Bourgeoisie.

Nationalité : Française.
Lieu de naissance : Pont-L'Evêque, Normandie, France.
Date de naissance : 22 janvier 1848.
Situation Civile : Veuve.
Religion : Catholique, très pratiquante.
Orientation Sexuelle : Hétérosexuelle.
Profession : Chapelière.
Quartier Résidentiel : La City.
Activités Illicites : Aucune

Jolie petite histoire...


- Pardonnez-moi, mon père, parce que j’ai péché.  

Un léger bruissement de tissu se fit entendre de l’autre côté du pan de bois qui séparait le confessionnal. L’homme d’église s’était confortablement installé sur son petit banc, persuadé d’en avoir pour un moment. Le nombre de fautes de la pécheresse n’avait d’égal que sa pénitence assidue et sa ferveur à les confesser. Tous les jeudi matins, Jeanne confiait la boutique à son ouvrière, mettait un soin particulier à sa toilette, qu’elle tâchait de rendre discrète, avec un succès tout relatif. Son énorme croix d’argent, retenue à son cou par un ruban de satin noir, tombait sur sa gorge immense, dont l’ampleur blanche accentuait l’indécence du profond décolleté de velours noir. Ces jours ci seulement, elle renonçait à ses magnifiques chapeaux, accessoire chéri de la trop coquette quadragénaire, qu’elle troquait contre un petit bonnet de coton à rubans noirs, coiffe plus modeste mais qui seyait bien mieux à l’austérité de l’Eglise catholique. Enfin Jeanne, gantée, parfumée et chaussée de bottillons vernis, sortait, digne et imposante dans sa robe de velours noir dont les jupes s’évasaient à la base des larges hanches, accentuant son embonpoint.

La chapelière prenait son temps pour traverser les quelques rues qui séparaient son magasin de l’église du quartier. Les moindres détails de ce petit rituel hebdomadaire étaient réglés comme du papier à musique, dictés par la sacralité toute repentante des pêcheurs catholiques. Parfois Jeanne levait les yeux vers la Cathédrale du quartier de la City, Saint-Paul la sublime, et ne pouvait s’empêcher une grimace de dépit ; la beauté de cet édifice aurait, à ses yeux, bien mieux servi l’église de Rome plutôt que cet austère forme de protestantisme qu’était le culte anglican. Au bout de quelques minutes, la grosse patronne endimanchée finissait par s’engouffrer dans une paroisse discrète des environs, et à neuf heures précises, ses talons vernis claquaient sur les dalles de pierre de l’église, accompagnés du tintement des cloches de l’édifice.  

Le Père Cameron, prêtre écossais, avait soin de prévenir les pêcheurs de la paroisse de son manque de disponibilité dans l’heure qui suivait. Tous deux s’installaient et la phrase rituelle, prononcée par Jeanne de son abominable accent français, sonnait le prélude d’un épanchement expiatoire long, détaillé et pénible pour les deux protagonistes.  Car la pieuse quadragénaire se livrait sans retenue, dans sa foi aveugle, quémandant avec sincérité un pardon divin pour des vices au fond desquels sa nature faible finissait toujours par replonger. Et le prêtre, inlassablement, réitérait le sermon divin, du ton paternaliste qui seyait à sa fonction, l’air serein, préoccupé du message céleste dont il se faisait l’orateur. Jeanne avouait s’être rendue malade à la suite d’un souper, au cours duquel elle avait englouti une demi-pintade, de nombreuses tranches de pâté et une quantité gargantuesque de fromage français. D’un ton alliant bonté et fermeté, la voix se durcit imperceptiblement pour donner cet air solennel qui conférait à la justice divine :

- La gourmandise est un pêché capital ma fille…Vous le savez. Il faut apprendre à réprimer ses pulsions sensuelles, peu importe la forme qu’elles prennent. C’est un défi de tous les jours, mais vous le devez à Dieu, qui vous a puni par cette indigestion. Allons, ma fille, que valent ces nourritures terrestre, contre l’Eden céleste qui vous attend, si vous décidez de vouer votre vie à contenter Dieu ?

La grosse commerçante baissa les yeux avec humilité. Elle savait bien tout cela. D’ailleurs, le Père Cameron ne faisait que rabâcher la même litanie, car la confession de la chapelière était chaque semaine à peu de chose près similaire à la précédente ; ses vices étaient nombreux, mais elle y était fidèle. La gourmandise, l’alcoolisme, la coquetterie exacerbée, qui s’apparentait à l’orgueil, autre pêché capital auquel elle s’adonnait avec beaucoup de passion et d’ardeur. Quant à la luxure, elle ne posait même pas le pied sur la frontière ; la veuve se contentait d’en frôler la ligne de l’orteil, aimant les compliments, aguichant par sa poitrine énorme, ses atours grandiloquents et ses sourires fielleux à des hommes plus jeunes qui, souvent, renvoyaient la politesse par une flagornerie qu’elle adorait, sans doute à demi-consciente de l’hypocrisie de celle-ci, mais préférant s’y vautrer grâce aux délices de l’aveuglement. Alors Jeanne demandait pardon à Dieu au travers du curé, jurait de s’essayer à la sobriété, avec au cœur la désespérante certitude qu’elle n’y parviendrait pas. Malgré toute sa bonne volonté, elle savait que le sempiternel cercle vicieux se reproduirait comme de

coutume, immuable, inviolable. La vertu ne voulait pas de cette femme trop sensuelle, trop vivante malgré sa piété et l’ardeur de sa foi. Condamnée à vivre dans les tourments de plaisirs qu’elle savait prohibés, elle jouissait, se sachant coupable, des pêchés dans lesquels elle plongeait en toute conscience, l’âme partagée entre désir de vertu et faiblesse de chair. Chaque rechute empirait sa déchéance qu’au fond elle avait toujours su inéluctable ; car elle finissait toujours par arriver ; quelques jours, quelques semaines parfois se passaient, durant lesquels Jeanne s’imposait une existence quasi monacale, pour soudain ne tomber qu’avec plus de violence dans l’abîme de vicissitudes qui semblait être sa nature profonde, contre laquelle elle tâchait en vain de lutter. Car un autre pêché, plus honteux, plus injuste et surtout plus tenace que les autres, engendré par la douleur, persistait à tourmenter son âme qui ne réclamait que sérénité. Comme à chaque fois, le sujet tomba tel un couperet, glacial et hésitant, pénible à exprimer :


- Et puis…J’ai encore fait pleurer Madeleine…Ah je n’y peux rien…Les manières de cette fille m’agacent. Cette petite sotte a eu un évanouissement en pleine boutique…A-t-on idée de ne rien avaler ? Combien de fois ai-je pu me quereller avec elle lors des repas ? Cette enfant picore trois grains de raisin par repas, est d’une maigreur de fille de mauvaise vie qu’on voit écumer les bas-fonds de Londres, et elle s’étonne de s’évanouir à la moindre chaleur…Ah je vous assure, quel joli petit effet pour les clientes !! La boutique était pleine, et puis, il y’avait cette ravissante Lady Hamilton, qui a tant d’influence dans toute la bonne société. C’est à croire qu’elle veut me mettre sur la paille !! Cela n’y changera rien pour elle, elle est déjà habituée à crever de faim, et elle ne sait rien faire de ses dix doigts de toute façon !! Ah le soir venu, au souper, je lui ai dit ce que je pensais de ses lubies sans détours, et voilà qu’elle s’est mise à pleurer comme une enfant !! Mais je n’y peux rien moi, ça par exemple, c’est elle qui fait tout pour m’énerver !!


Jeanne s’épanchait toujours très vite lorsqu’il s’agissait de sa fille ; sa confession en ce qui la concernait était un mélange de honte, de douleur et de rage ; car, si, au fond d’elle-même, elle se savait injuste, cette idée ne la révoltait que d’autant plus envers cette fille que la seule présence suffisait à agacer. Le prêtre, de cette voix réprobatrice mais empreinte de la clémence nécessaire qui sied à un juge, rétorquait avec calme :  

- Vous êtes injuste, ma fille. Madeleine est une brave enfant. Elle a ses péchés, mais vous portez également les vôtres. Elle est certes un peu rêveuse, mais c’est une jeune fille sage, pieuse et vertueuse. Elle n’a pas raté une seule messe, auxquelles elle vient à votre bras, sa réputation est sans tâche et son amour pour vous est profond. Dieu approuve l’amour qu’une fille porte à sa mère, mais désapprouve qu’une mère rejette son enfant, d’autant plus lorsque ce rejet est injustifié.  


Comme toujours, la chapelière écoutait, l’échine pliée, le souffle coupé, vaincue par la raison et la honte, attendant le pire. Et le pire venait, toujours, terrible expiatoire venu punir l’injustice que Jeanne, par instinct et presque inconsciemment, ne pouvait s’empêcher de faire subir à son enfant :


- Madeleine n’a pas à payer pour la mort de Louise. Vous savez ma fille, Dieu n’inflige jamais rien au hasard. Avez-vous déjà songé, mon enfant, que la mort de votre fille aînée était le fardeau à porter pour cette préférence que vous lui avez toujours manifestée, que vous m’avez-vous-même avouée, et qui frôlait l’idolâtrie ? Que cette adoration que vous avez vouée à Louise, menant à l’injuste rejet de votre cadette, fruit de vos entrailles au même titre que votre aînée, avait pu provoquer le courroux de Dieu ? A présent, ne croyez-vous pas qu’il faille courber l’échine devant la volonté divine et accepter votre châtiment ? L’expiation de cette faute ne se fera que par l’amour que vous donnerez à Madeleine, mon enfant, car c’est elle, et non Louise, que Dieu a décidé de vous laisser.  

La gorge de Jeanne se gonfla, et des larmes montèrent aux yeux de la matrone qui semblait si rude aux gens qui l’entouraient. Seul le prêtre osait aborder ce redoutable sujet, et la chapelière n’accordait cette permission qu’à lui seul. Personne ne se serait risqué à attaquer la grosse française sur ce talon d’Achille qui avait le

pouvoir de la rendre ivre de rage et aveugle de douleur. Bredouillant soudain, ayant perdu toute la superbe qu’elle réservait au monde laïc, le masque tombé devant l’homme d’église, Jeanne se mit à bredouiller :

- Êtes-vous en train de…de me dire…mon Père…que ma chère petite Louise…m’a été arrachée…Par ma faute ?

Le prêtre, prenant en considération la détresse évidente de la pécheresse, adoucit sa voix, et tempéra ses remontrances :  

- Je dis simplement, ma fille, qu’il y’a toujours une raison aux malheurs que Dieu nous inflige. Il vous faut accepter cette épreuve, car Il a jugé bon de vous l’imposer. Et vous ne la surmonterez pas en malmenant l’enfant qu’il vous reste. De toute évidence, ce comportement déplaît à Dieu. Cela va à l’encontre même de Ses lois naturelles.  

Les larmes coulaient, silencieuses, le long des joues blanches et molles de Jeanne, à l’évocation de l’enfant perdu. Presque quinze ans séparaient désormais cette mère anéantie de l’épouvantable deuil qu’elle avait dû affronter. Et, devant cette colère et ce désespoir qui l’animait, devant l’injustice dont elle accablait sa cadette, devant ses accès de douleur décuplés par son alcoolisme notoire, force était de constater que Jeanne n’avait nullement l’intention de faire la paix avec la mort. Tenace, souffrant comme au premier jour, on pouvait lire sur ses traits épais, prématurément flétris par l’alcool et le chagrin, comme une rage impuissante, une volonté féroce, effrayante, d’arracher son enfant au sépulcre qui l’avait emportée à l’aube de ses dix ans. Succédaient à ces violentes ivresses des abattements pitoyables de mère éplorée, au cours desquels Jeanne semblait revenir en enfance, réclamant à corps et à cris sa fille qui ne reviendrait pas, geignant, pleurant et suppliant contre un sort que pourtant les adultes doivent savoir inéluctable. La douce Madeleine la berçait souvent sans rien dire, essuyant les brimades, les rejets et parfois les injures avec le calme mélancolique dont elle ne se déparait jamais. Et souvent Jeanne se réveillait dans son lit à l’aube, toute habillée, les tempes martelées par une abominable migraine, sans même se demander comment sa corpulence avait pu être soutenue jusqu’à sa chambre par le maigre corps de cette fille qui lui restait et qui ne l’intéressait pas.  


Louise avait toujours été l’enfant préféré de Jeanne. Elle lui ressemblait. Elle était de ces modèles miniatures qui semblent avoir été forgés dans le moule d’un unique géniteur. Cette petite blonde potelée, éclatante de santé, aux joues roses, à l’épaisse chevelure blonde, promettait d’être le portrait craché de cette mère qui l’adulait. Le même appétit pour la vie les animait, cette même vigueur toute terrestre, ce plaisir des choses simples qui fixaient leurs pieds sur terre et empêchaient leurs âmes de tomber dans les tortueux sentiers de la rêverie. Jeanne aimait cette enfant à en perdre la raison. Cet amour exclusif ne souffrait aucun partage ; aussi la chapelière défendait-elle jalousement sa fille des égards et de la tendresse toute paternelle dont Henri avait tenté d’entourer l’enfant. Les efforts de ce père peu combattif, à l’esprit quelque peu fantasque, éthéré, furent de courte durée. Aussi, la ténacité de Jeanne eut bien vite raison de la nature faible et résignée de cet homme à l’esprit rêveur, qui remit complètement l’éducation de sa fille entre les mains possessives de son épouse. Son âme éthérée pouvait ainsi se consacrer pleinement à l’exutoire quasi obsessionnel qu’il cherchait avec une sorte d’avidité insatiable en restant des heures le nez collé à ses livres, ou la plume à la main, s’essayant au difficile travail de l’écriture. Sa médiocrité dans ce domaine n’avait d’égal que son enthousiasme et son acharnement. Aussi, lorsque, entrainé par ses joies livresques, par cette culture dont il s’abreuvait avec une soif inextinguible, ce petit homme se laissait aller à des discours enflammés sur la politique, l’histoire ou la religion, Jeanne, exaspérée, n’hésitait pas à lui rappelait que ses lubies ne les nourrissaient pas.

Car la petite librairie d’Henri, que ses parents lui avaient laissé à sa mort, rapportait bien peu. Trop peu pour subvenir aux appétits charnels de Jeanne, normande solide et pleine de santé, à l’appétit vorace et, déjà très jeune, au goût prononcé pour la coquetterie, qui sera exacerbé avec l’arrivée des premiers signes de l’âge. Fille de paysans, ils l’avaient envoyé à ses quinze ans chez une tante qui tenait un atelier de mode à Lisieux. Et sa

coquetterie, naissant avec sa puberté, s’était épanouie dans les délices de la soie, de la mousseline et des nuages de dentelle. La jeune fille se lassait pourtant vite des corsages, des jupons et des robes aux couleurs de paradis qu’on lui faisait raccommoder. Une tendresse particulière, presque obsessionnelle, la ramenait toujours aux chapeaux. L’étalage de couvre-chefs qui trônaient en vitrine restait un sujet de délectation visuelle pour la jeune apprentie qui pouvait rester là des heures, dans la contemplation ravie de ces accessoires majestueux, ornés avec une délicatesse exquise de rubans de soie, de fleurs virginales ou de plumes à l’exotisme enivrant.  

Jeanne, travailleuse acharnée, avait su se faire apprécier de la patronne et des employées. Jamais elle ne rechignait à la moindre tâche, œuvrant vite et bien, acceptant l’ingratitude de certaines besognes avec l’humilité farouche de ceux qui ne doivent leur pain qu’à la hauteur de leur courage. Très jeune, la paysanne normande avait tenu la valeur du travail en haute estime. Et Jeanne s’enorgueillissait de pouvoir arborer un nouveau fichu, des bottines cirées, et de pouvoir se payer son cidre et ses confiseries enrobées de miel qu’elle se délectait à croquer. Elle ne voulait être redevable à personne de ces coquetteries et de ces gourmandises qu’elle se procurait à la sueur de son front. Aussi sa tante, en confiance avec cette honnête travailleuse, lui laissa-t-elle de plus en plus de liberté. Le jour où une paysanne modeste, à l’air triste, franchit le seuil de la boutique, un chapeau de feutre sans âge à la main, demandant à ce qu’on donnât à ce pitoyable couvre-chef une allure convenable pour les noces de sa sœur, pour une main d’œuvre et des colifichets n’excédant pas dix sous, Jeanne demanda humblement l’autorisation de s’en occuper. La permission lui fut vite accordée. Cette besogne ne rapporterait rien et n’intéressait personne. Ce fut une révélation ; Jeanne se révélait d’un goût exquis. Créative, talentueuse, la jeune femme connut la joie du coup de foudre professionnel. A seize ans, elle savait désormais qu’elle serait chapelière. Cette certitude lui gonflait le cœur d’orgueil, débordant de reconnaissance ; Dieu lui avait fait franchir le seuil de cette boutique pour que ses desseins s’accomplissent. Il avait doté Jeanne du talent de la création, dont l’immensité s’étendait désormais devant celle pour qui plus rien ne semblait impossible.

Alors, pour ce qui touchait aux chapeaux, on commença à réclamer « la petite Jeanne ». Elle était douée, passionnée, travaillait vite et bien. Les femmes comme il faut appréciaient cette sérieuse maturité et cette valeur exacerbée du travail chez une si jeune fille. Son ardente piété, qu’elle ne dissimulait pas, ajoutait au respect que lui vouaient les dames et les dévotes. D’un regard, elle jugeait de la forme qui siérait le mieux aux visages des clientes, trouvait l’harmonie parfaite entre les teintes de rubans et la couleur des cheveux, garnissait plus ou moins le couvre-chef en fonction de la taille et la corpulence de la porteuse.  

C’est ainsi qu’un jour de printemps de l’an 1866, alors que Jeanne était désormais passée au statut d’employée respectée, Henri, grand garçon fluet de vingt ans, franchit le seuil de la boutique. Il venait récupérer une paire de gants commandée par sa pauvre mère, encore de ce monde à cette époque. Un peu frêle, comme grandi trop vite, les yeux rendus troubles par une légère myopie, que sa passion des livres et de la plume n’arrangerait pas, il se retrouva bredouillant devant cette jeune fille qui se tenait derrière le comptoir, déjà plantureuse comme une femme, et dont le regard franc et direct l’intimidait. Elle fut d’une politesse indifférente de parfaite commerçante, ne semblant pas s’apercevoir du trouble manifeste du jeune homme, qui la remerciait à voix basse, sans même lever les yeux sur elle, avant de presque s’enfuir du magasin, son petit paquet brun sous le bras.  

Dans les débuts, Jeanne n’avait pas prêté une grande attention à ce petit homme un peu pâle qui semblait toujours dans la lune. Sous n’importe quel prétexte, il venait se fourrer à la boutique, au moins deux fois par semaine. Alors, Jeanne fut flattée et en confiance ; Henri ne demandait rien d’autre que venir et lui conter les histoires fabuleuses qu’il puisait dans ses livres, pendant que la jeune ouvrière cousait un ruban de soie, liait de petites grappes de fleurs ou piquait une plume dans des chapeaux de toutes les formes, en cloche ou à larges rebords, en feutre épais pour l’hiver ou en paille pour les allures champêtres que les dames s’offraient en période estivale. Puis, ayant flairé ses deux talons d’Achille, la coquetterie et la gourmandise, le jeune homme s’enhardit. Il avait fort bien remarqué que le sourire de la plantureuse blonde s’élargissait et que ses yeux brillaient de plaisir lorsqu’il la complimentait sur un ruban nouveau dans sa coiffe ou lorsqu’il arrivait avec un sachet de pralines dans les mains. La patronne avait finir par autoriser le jeune homme à rendre visite à Jeanne, lorsqu’elle travaillait à l’atelier en arrière-boutique ; elle la savait chaste et pieuse, son ouvrage n’était pas délaissé, et Henri était connu comme étant un bon garçon, qui ne courrait pas la gueuse et qui aidait bien ses vieux parents.  

Au bout d’un an d’entrevues passées à l’atelier, à converser fraternellement, sans que l’un de deux ne se soient permis le moindre rapprochement charnel, Henri fit sa demande en mariage. La jeune femme l’appréciait. Il était doux et gentil, certes un peu rêveur, mais sa passivité d’âme n’entrerait pas en conflit avec l’autorité et la ténacité de Jeanne. Il ferait un époux honnête en somme. Jeanne accepta, non par un besoin impérieux du cœur envers cet homme pour qui elle n’éprouvait qu’une sereine affection, mais par ce cheminement logique de la femme catholique dont le dessein est de devenir épouse et mère, et aussi par ce désir qui tourmentait sa chair et dont la satisfaction ne devait qu’être accomplie dans le mariage, afin de ne pas provoquer le courroux de Dieu.  

A peine un an plus tard naissait Louise, poupon rose et potelé, éclatante de santé dans sa robe blanche lorsque ses parrains la tinrent sur les fonts baptismaux, quelques jours après sa naissance. Et, tandis qu’Henri, dans sa nature douce et affectueuse, vouait une délicate tendresse à sa jolie petite fille, l’enfant, pour Jeanne, devint un véritable sujet de dévotion. La petite famille menait une vie sereine. Mais les affaires allaient mal ; la défaite de la France face à la Prusse avait miné le moral du peuple et l’économie ne battait pas son plein. De plus, l’exil de Napoléon III en Angleterre avait engendré l’instauration de la République. Jeanne ne s’occupait pas de politique ; mais pour Henri, plutôt bonapartiste, ce fut une raison de plus de vouloir tenter sa chance ailleurs. Son épouse, bourrée de talent, perdait son temps à raccommoder des bonnets dans une boutique où les clientes ne se pressaient plus. Elle rêvait d’avoir son propre atelier de confection de chapeaux. Mais le peuple français, ruiné par la guerre, n’avait pas d’argent à dépenser dans les colifichets. Quant à la librairie d’Henri, elle allait au plus mal depuis la mort de ses parents. Le couple eut pour projet de la vendre, afin d’ouvrir la boutique dont la jeune femme rêvait. Jeanne, plus talentueuse, plus travailleuse que lui, plus terre-à-terre, serait plus en mesure de subvenir aux besoins de la famille. C’est ainsi que la petite famille, Henri, Jeanne et Louise, âgée de deux ans, quittèrent la France en direction de l’île de l’autre côté de la mer, dont ils croyaient avoir aperçu les contours flous, lors de leur voyage de noces, durant lequel ils s’étaient essayés à la nouvelle mode des bains de mer sur la côte normande.

A Londres, tout semblait possible. Et la petite boutique que Jeanne avait pu se louer dans les premiers temps, dans le quartier de Lambeth, eut bien vite du succès. Les clientes londoniennes, qui avaient de l’argent à dépenser, semblaient séduites par le talent de cette femme au franc parlé rude et honnête à l’authenticité toute française qui tranchait avec le flegme discret des Britanniques. Car la jeune femme était certes véritablement douée ; et, dans cette capitale à l’économie florissante, à la mode dictée par le souveraineté d’une femme, la Reine Victoria, l’art de Jeanne n’était plus entravé ; ainsi, son esprit créatif stimulé, elle faisait des merveilles, heureuse, épanouie par ce travail qui, en plus d’être passionnant, devenait très lucratif, et sa chère fille qui devenait plus forte et plus jolie chaque jour que Dieu faisait. Henri aussi semblait heureux, pouvant passer ses journées à flâner dans les rues de Londres pour trouver l’inspiration, ou se fourrer des heures entières dans les pages jaunies et poussiéreuses de tous les ouvrages sur lesquels il pouvait tomber.

C’est lors de cette période florissante que Jeanne apprit qu’elle était de nouveau enceinte. Elle fut contrariée. Sa vie professionnelle l’accaparait trop, à son grand plaisir, pour qu’elle sacrifie du temps et de l’énergie à une nouvelle grossesse et à un nouvel enfant. Ses instincts maternels avaient été comblés au-delà de ses espérances avec la venue de Louise. Aussi n’avait-elle jamais songé à une nouvelle maternité, parfaitement heureuse de la petite fille parfaite qu’elle avait engendré et qu’aucun nouvel enfant ne pourrait surpasser. A l’automne 1872, avec un peu d’avance, naquit Madeleine, bébé malingre et chétif qu’il fallut baptiser quelques heures après sa naissance, dans la crainte qu’on avait qu’elle ne passe pas la nuit. Jeanne l’envoya chez une nourrice habitant la campagne londonienne, déclarant qu’elle ne trouverait jamais le temps nécessaire pour s’en occuper et qu’elle n’avait de toute façon pas le lait assez robuste pour remplumer une si maigre enfant. Elle se promettait néanmoins de venir la visiter une fois par mois. Elle s’y tint, dans les débuts. Elle venait avec Louise, adorable enfant de quatre ans désormais, dont les boucles blondes encadraient des joues vermeil, admirablement potelée, aux exquises moues boudeuses de chérubin. Dans ces instincts propres à l’enfant, presque terrifiants de perspicacité, elle ne prenait pas la peine d’être jalouse de sa cadette, comme il est souvent de mise lors de l’arrivée d’un second enfant. Du haut de ses quatre années, la petite Louise se savait déjà chérie, adulée et préférée. Et elle regardait ce nourrisson chétif et calme qu’on appelait sa petite sœur avec une curiosité sereine dans son regard mutin.  

Cette réalité ne valait toutefois que pour Jeanne. Car Henri, exclu de la tendresse fusionnelle qui liait son épouse à sa fille aînée, reporta toute son affection paternelle sur la seconde. Lors de ses longues promenades, il lui prenait des envies subites d’aller voir l’enfant chez sa nourrice, ne rentrant qu’à la tombée de la nuit, pendant que Jeanne l’accueillait en grinçant des dents, la souper refroidi, sa chemise de nuit déjà passée. Et, lorsque Madeleine eut trois ans et qu’elle fut complétement sevrée, Henri, qui ne s’opposait d’ordinaire jamais à sa femme, réclama le retour de l’enfant à la maison. L’accord de Jeanne fut bougon. Avoir cette maladive enfant dans les jambes la gênerait. Mais Henri insista, et Madeleine revint.  

Ce furent des années de stabilité et de paix pour la petite famille française. Jeanne supportait Madeleine plus facilement depuis que Louise s’était entichée de sa petite sœur. Elle était ravie de pouvoir jouer à la poupée avec cette enfant docile qui admirait avec de grands yeux émerveillés la fille préférée de leur mère. Ainsi, devant la joie que Madeleine apportait à son aînée, la chapelière sembla se réconcilier avec cette enfant qu’elle n’avait pas voulu. Il n’y avait aucune chaleur maternelle dans les rapports qu’elle offrait à sa plus jeune fille, mais une paix sereine, une indifférence bienveillante s’était instaurée. Et Madeleine s’en contentait docilement, comprenant déjà qu’il s’agissait là de la plus grande affection que sa mère pouvait lui offrir. Sa nature sensible et mélancolique, exacerbée dès son plus jeune âge, la rendait incroyablement clairvoyante ; et, bien trop lucide, intelligente et peu combattive, elle n’aurait jamais engagé une rivalité perdue d’avance entre elle et Louise. Cette petite âme pleine d’amour adorait cette grande sœur si différente d’elle, et pourtant bienveillante pour l’oiseau chétif qu’elle était. Et l’aînée, ravie de pouvoir jouer à la petite mère avec cette enfant docile qui acquiesçait à tous ses jeux, ne rechignait jamais à prêter les poupées magnifiques que sa mère lui offrait et à lui faire don des robes de tulle qui ne lui seyaient plus. Ainsi s’écoulait donc la vie, entre la complicité improbable de ces deux sœurs qui semblaient le jour et la nuit, l’aînée, l’astre à la blondeur solaire, éclatante sous l’adoration maternelle, et la seconde, se complaisant dans le crépuscule de la tendresse feutrée d’un père qui l’aimait discrètement.  

Louise mourut un matin de novembre. C’était un de ces ternes matins londoniens, triste et grisâtre. La pluie s’abattait contre les vitres de la chambre de l’enfant, couchée dans sa subite agonie. Personne n’avait rien vu venir. Un mauvais courant d’air, une sortie crépusculaire, une averse imprévue ; le climat anglais, rude et humide, était propice aux refroidissements mortels. Et ce fut l’enfant si solide, éclatante de santé, potelée et rose, qui en fut la victime. En trois jours, une violente fluxion de poitrine eut raison de cette coriace nature normande, qui ne demandait qu’à vivre, et qui s’épanouissait dans le monde avec une telle joie des sens et des plaisirs terrestres qu’elle avait semblé immortelle. Ainsi Louise mourut sans une plainte, dans l’hébètement général, la pluie s’écrasant toujours contre les vitres, semblant pleurer la douleur que la famille, abattue, ne ressentait pas encore.  

Le chagrin d’Henri et Madeleine fut comme leur nature le laissait présager ; morfondus dans une mélancolie profonde, ils pleurèrent beaucoup, perdirent l’appétit, leur nature déjà fragile s’étiolant un peu plus dans le jeûne, la douleur et les larmes. Les premiers jours, Jeanne était devenue comme imbécile ; elle avait regardé sans une larme le prêtre accorder l’extrême onction à la petite mourante, l’avait veillée toute la nuit, statique, muette. Elle n’était même pas sortie de son mutisme lorsque la fillette, pâlie et émaciée par la mort, avait été couchée dans le petit cercueil blanc, qu’on avait recouvert de fleurs pour le cortège funéraire. La messe et l’enterrement ne lui arrachèrent rien d’autre qu’un froncement des sourcils stupide, ne comprenant pas ce que sa chère petite fille pouvait bien faire, immobile dans cette boite de bois blanc que deux grands hommes scellait sous ses yeux.

Après le déni et le mutisme, vint enfin la douleur, la vraie. Et chez cette nature entière, elle fut d’une violence rare, dévastant sur son passage tout ce qui lui restait, et qui ne lui importait plus. Le pilier sur lequel reposait la stabilité de son existence n’était plus. Alors qu’importait cette fille restante dont elle se fichait, et qui n’avait d’intérêt à ses yeux que par la valeur que lui accordait son aînée ? Que lui importait à présent cet époux faiblard et rêveur, à présent qu’il n’était plus le père de Louise ? Que lui importait le succès de sa carrière, si elle ne pouvait remplir d’or les bras de la seule fille qu’elle adorait ? Alors, Jeanne claqua la porte de son atelier, fermant son âme à la famille qui lui restait, qui pleurèrent tous les deux cette perte qui les affectait eux aussi.  

Jeanne finit par reprendre le travail ; mais jamais plus elle ne s’intéressa à sa famille qui ne comptait pas désormais. Alors la relation fusionnelle entre Henri et Madeleine s’intensifia, et leur douleur devint commune, tandis que la chapelière s’isolait, s’enfonçant seule dans une souffrance aveugle, s’adonnant aux vices qu’elle se contentait d’effleurer jadis. Jeanne étouffa sa douleur dans le travail, la nourriture, l’alcool et les toilettes extravagantes. Puis elle se repentait ; et, dans un éclair de culpabilité christique, ivre de rage et de douleur, elle allait déverser le poids de ses fautes à l’oreille du curé, imputant le nombre de ses vices à l’intensité de son chagrin. Elle ressortait vidée, comme neuve, pure de l’absolution qu’elle venait de recevoir, pleine de bons sentiments chrétiens, se jurant d’user de sa douleur pour expier la gravité de ses péchés. Alors, plusieurs jours durant, elle jeûnait, s’abîmait en prières, jetait ses bouteilles de vin. Puis le désespoir reprenait cette femme finie, qui, inéluctablement, retombait dans les abysses d’une douleur insurmontable, avec plus de violence encore à chaque déchéance.  

Lorsqu’Henri, friand de promenades nocturnes, fut retrouvé au fond d’un canal après trois jours d’absence, une dague dans le dos, sans doute tué pour sa bourse, Jeanne fut d’une dignité parfaite. Elle porta le deuil avec toute la décence d’une épouse respectable que le pire a déjà brisé. La douleur de cette femme semblait l’avoir rendu invincible, indifférente désormais aux coups de l’existence. Quel mal pouvait-on faire à un cœur déjà mort ? Pour Jeanne et Madeleine, une nouvelle vie commençait. La mélancolique jeune fille, qui trouvait en son père un infaillible soutien à sa nature chagrine et empathique, se trouva brutalement propulsée en face de cette mère brisée qui ne l’appréciait pas. Sans ce père aimant, tampon entre ces deux personnalités contraires, la cohabitation devint rude. La sensibilité exacerbée de Madeleine, endeuillée par le trépas paternel, se heurta à l’indifférence glaciale de cette mère qui ne voulait pas entendre le chagrin dont sa cadette souffrait. Les disputes et les brimades devinrent quotidiennes, pathétiques. Pourtant Madeleine, cette jeune âme remplie d’amour, n’en voulait jamais à sa mère ; elle lui pardonnait tout, revenait sans cesse, en quête d’une tendresse que maintenant seule Jeanne pouvait lui apporter. La douleur, chez cette nature déjà mélancolique, avait étiolé un peu plus le peu de forces dont la jeune fille disposait pour affronter la vie. Madeleine restait une enfant tristement docile, ses rares et trop pâles sourires n’éclairant qu’à peine son visage mince, terni par une existence sans joie que les plaisirs de la vie ne parvenaient pas à illuminer. Des états de prostration la saisissaient, elle pouvait rester des heures les yeux dans le vague, sans quitter sa position initiale. Elle dormait beaucoup et mangeait si peu que ses forces s’amenuisaient encore. Elle semblait n’avoir aucun goût pour les plaisirs sensuels, ne trouvant jamais l’appétit, nullement intéressée de ces choses terrestres qui avaient fait le bonheur de Louise et de Jeanne. L’esprit de Madeleine était bien trop éthéré et trop éloigné du monde pour se fixer sur la moindre tâche. De plus, bien trop faible, le travail l’épuisait littéralement. La solide Jeanne, bourreau acharné de travail, à l’appétit vorace et à l’esprit pragmatique, était exaspérée par cette fille qui, décidément, n’était bonne à rien et se complaisait dans la lecture de ses romans ou s’adonnait à quelque art qui l’éloignait du monde. Elle laissait donc Madeleine à son oisiveté, pourvu qu’elle ne fût pas dans ses jambes,

ce qui, au sein du même foyer, arrivait fréquemment. Et souvent Jeanne, en regardant cette enfant qui lui ressemblait si peu, commettait l’immense péché de songer qu’elle aurait tout donné pour avoir sa chère Louise à ses côtés, plutôt que sa cadette dont, au fond, elle n’avait jamais voulu. Et, parfois, se complaisant dans son malheur et dans sa malchance, elle en venait à trouver le sort si injuste, qu’il lui fallait, de toute la force de sa foi, se retenir de blasphémer. Le curé ne lui avait-il pourtant pas asséné tant de fois ? Rien n’était dû au hasard. Dieu avait ses raisons. La soumission à sa volonté n’était pas une option.

- Ma fille, êtes-vous avec moi ?  

Jeanne sursauta. Egarée dans les méandres de son passé douloureux, elle en avait oublié la maison de Dieu et le prêtre, qui, patiemment, l’écoutait chaque semaine répéter son invariable confession. Et, tandis qu’elle sortait de sa poche un mouchoir de flanelle pour essuyer ses joues flasques et humides de larmes, le prêtre, lui non plus, ne changea pas ses recommandations et pénitences :

- Vous jeûnerez deux jours entiers. Puis, une semaine durant, vous éviterez la viande et les douceurs, et ne boirez que de l’eau, tout en priant beaucoup. Tâchez surtout d’être une bonne mère pour Madeleine. C’est Dieu qui vous l’ordonne. En ne le faisant pas, vous violez la plus naturelle de ses Lois. Je vous absous au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

D’un signe de croix, l’homme d’église clôtura l’entretien, qui ébranlait la pauvre Jeanne depuis déjà presque une heure, la renvoyant en paix vers sa vie brisée, en enfant fautive et repentie pardonnée par Dieu le Père.

Purifiée par l’absolution accordée par son confesseur, Jeanne, deux semaines plus tard, s’était levée à l’aube. Les mains blanchies par la farine, un tablier noué autour de ses larges hanches, elle s’affairait d’un air tranquille, ce genre de labeur simple apaisant son esprit contrarié par le manque d’alcool. Seul un léger tremblement de sa main, lorsqu’elle saisit son verre de lait posé sur la table, trahit la difficulté de son abstinence. D’autant que plus qu’une délicieuse odeur, provenant de la brioche qu’elle venait d’enfourner, commençait à exciter ses papilles privées par l’austérité du régime qu’elle s’imposait. Ses bonnes résolutions tenaient cette fois-ci plus longtemps qu’à l’accoutumée. Elle s’y essayait avec ardeur, sachant pourtant qu’elle finirait par replonger dans les abysses de ses vicissitudes, mais s’accrochant avec ferveur à la vertu, jusqu’à ce que la dernière, l’infime parcelle de volonté que le prêtre avait réussi à insuffler à cette âme brisée, ne s’évapore une fois encore, pour laisser Jeanne tomber une fois encore dans l’abîme, dont, un jour, elle finirait par ne plus ressortir.  

La grosse chapelière fut tirée de ses noires pensées au fond desquelles la plongeait sa sobriété par des petits pas feutrés, presque imperceptibles, qu’elle connaissait bien. Madeleine, sur le seuil de la porte, en chemise de nuit, les yeux encore gros de sommeil, regardait sa mère s’affairer avec une tendre surprise. Puis, lorsque Jeanne se retourna, et qu’elle lui vit un visage serein, et que son regard ne foudroya pas le doux visage pâli par une vie de huis clos, la jeune fille s’exclama d’une petite voix :

- Eh bien, que cela sent bon ici !!  Tu as donc fait une brioche, Maman ?

Il y’avait, chez cette jeune fille étrange, à l’alimentation perturbée, souffrant presque d’anorexie, des exceptions inexplicables, des lubies obsessionnelles pour certains aliments. Ainsi la brioche, celle de Jeanne tout particulièrement, était la seule pâtisserie, l’unique gourmandise qui lui faisait goûter aux joies réelles des plaisirs gustatifs. Déjà ses yeux, pâlis par la légère myopie héritée de son père, commençaient à briller, tandis que l’exquise odeur emplissait la pièce d’une effluve délicate et irrésistible.  Jeanne, d’ordinaire exaspérée par le peu d’attrait de sa fille pour les choses de la table, eut un léger sursaut de bonne humeur devant l’enthousiasme de Madeleine. Avec sur les lèvres le sourire de convenance qu’elle avait promis au curé, mais

esquissé plus naturellement déjà devant le sain appétit que manifestait son enfant, elle répondit d’un ton paisible, tout en montrant du doigt un gros paquet brun posé sur la table de la cuisine :

- Oui, puisque tu les aime tant. Joyeux anniversaire, Mady.

Et, tandis qu’elle fourrait le paquet dans les mains de sa fille, qui célébrait ses vingt ans aujourd’hui, Jeanne se retourna pour sortir la brioche du four, prise d’une pudeur gênée, comme une sorte de honte devant l’affection qu’elle témoignait à Madeleine, qui ne lui était pas naturelle. Le prêtre trouvait que l’anniversaire de la jeune fille, au printemps de sa vie, était une belle occasion pour Jeanne de s’amender. Aussi lui avait-il suggéré l’idée d’une attention personnelle, ou d’au moins daigner accorder à sa fille un intérêt pour ses plaisirs personnels dont Jeanne n’avait cure en temps normal. Un bruit de papier déchiré, suivi d’une exclamation ravie, fit se retourner la grosse chapelière, qui eut un regard gêné, ressentant un inexplicable malaise à faire plaisir à cette enfant que d’ordinaire elle tourmentait.  

Madeleine coulait un regard brillant de ravissement et d’émotion devant un superbe chapeau d’été, création de Jeanne, qui y avait passé ses heures d’insomnie, s’abîmant les yeux à la lueur des bougies qu’elle brûlait dans son atelier empli de nuit d’encre, en cachette de sa fille. La coquetterie était sans doute l’unique point commun entre les deux femmes. Mais, quand elle était ostentatoire chez la grosse chapelière, presque indécente chez cette matrone précocement vieillie par l’alcool, elle se manifestait de manière délicate chez Madeleine, que la fragilité extatique de poupée de cire rendait plus délicate encore, lorsqu’elle se parait de ses soies et de ses rubans lilas ou rose pastel.  

Le chapeau était fait de paille serrée, matière estivale qui revenait à la mode simple et champêtre que les citadines appréciaient. Jeanne l’avait pensé pour Madeleine, d’où la simplicité recherchée, le naturel dépouillé de cette création qui siérait à la jeunesse et à la beauté éthérée de Madeleine. La grosse française avait le don de mettre en valeur les goûts et la personnalité des femmes, anticipant les désirs qu’elles ne parvenaient pas à formuler, s’appuyant sur le trait de caractère qui enjolivait le mieux leur beauté naturelle. Aussi, quand Jeanne se plaisait à se confectionner des coiffes compliquées, extravagantes, colorées et d’une hauteur vertigineuse, elle avait opté, pour sa jeune et délicate fille, pour une sobriété élégante, qui embrassait à merveille la blancheur du visage mince et la tendresse pâle des yeux mélancoliques. De forme simple, le chapeau avait de larges bords, qui s’évasaient autour du visage mince, donnant l’illusion d’un arrondie du menton et des joues, quelque peu émaciées chez cette fille trop mince. Il était bordé de discrets points d’une exquise dentelle blanche, luxe d’une sobre élégance dont Jeanne ne parvenait pas à se parer elle-même. Une bande de soie bleu pâle était cousue simplement, s’évasant en deux rubans à l’arrière du couvre-chef, qui flotteraient au vent sur le dos délicat de la jeune fille. Aucune haute plume exotique, aucune couleur criarde, aucun bibelot ne surchargeait la simplicité de cette œuvre. Seul, un petit bouquet confectionné par les mains de la chapelière, faisait l’apparat du chapeau. Des myosotis bleu clair et du jasmin blanc étaient savamment entremêlés, nouées par un petit ruban bleu, et fixé au couvre-chef par quelque points de couture dissimulés à la perfection. Et Jeanne, troublée le silence de sa fille, qu’une émotion surprise rendait mutique, se hâta de demander, d’une voix un peu gênée :

- Il te plaît ? Tu pourras le mettre avec ta robe de satin blanche, tu sais, celle qui a des rayures bleues.

Madeleine regarda sa mère. Ses yeux de couleur noisette claire, aux reflets cuivrés de feuille d’automne, s’embrumaient de larmes, devant cette mère qu’elle indifférait au mieux, qu’elle exaspérait au pire, qui s’était assez préoccupée d’elle pour lui offrir un cadeau personnalisé, et créé par ses mains de fée talentueuse. Oubliant la peur du rejet que lui inspirait sa mère, prise de cette sorte de pulsion de tendresse qui faisait partie de son âme, elle se jeta au cou de la grosse femme, lui posant deux baisers sur ses joues flasques :

- Oh maman, il est magnifique, je l’adore !! Tu ne l’as fait que pour moi !! Ah, je suis si contente !! Merci, merci mille fois !!

Jeanne, résolue à être gentille pour l’anniversaire de Madeleine, se laissa embrasser sans rien dire, ne se souvenant même pas de la dernière fois où elle avait eu un geste tendre pour cette fille qui l’ennuyait. Elle se sentait indisposée pourtant, avec cette fille maigre dans ses bras qui la remerciait, gênée dans sa pudeur de mère qui ne pouvait s’empêcher d’en aimer une autre bien plus fort, même à travers le trépas qui l’avait arraché à elle. Puis, trouvant le prétexte idéal pour s’arracher à cette étreinte qui lui causait un certain malaise, elle lâcha sa fille, tout en lui disant :  

- Mais tu n’as pas ouvert le second paquet, qui se trouvait en dessous du chapeau.

Et Madeleine, détournant son visage ému et souriant de larmes, aperçut effectivement un petit paquet brun qu’elle n’avait pas vu, la couleur identique s’étant fondue dans le premier. Elle le déchira de ses doigts blancs rendus fébriles par l’émotion, et son sourire s’élargit. Une paire de gants de soie blanche, des gants qui montaient jusqu’aux coudes, étaient étendus dans un long écrin de velours noir. Bordés de satin bleu pâle, ils étaient destinés à être portés avec la création de Jeanne, les accessoires se mariant à merveille avec la robe d’été que la chapelière avait mentionné. Et la grosse française, pour masquer son malaise une fois de plus, reprit de nouveau la parole, dans une précision inutile ;

- Ce n'est pas moi qui les ai fait, bien sûr. J'ai demandé à Rose, nous avons travaillé ensemble. Mais, mange donc de la brioche, elle n'est que pour toi !!

Rose était la gantière avec qui Jeanne travaillait d'ordinaire, et avec qui elle était devenue amie. Douée d'autant de talent qu'elle, elles s'associaient souvent et créait de magnifiques parures d'accessoires, que les bourgeoises londoniennes s'arrachaient. Elle avait été ravie d'aider la chapelière à préparer un bel anniversaire à sa fille, toujours de l'avis du prêtre, bien qu'anglicane, la poussant à l'ordre naturel des choses envers sa fille, persuadée que l'amour qu'elle consentirait, enfin, à donner à Madeleine, serait son unique salut, le dernier espoir d'une âme en quête de paix et d'un coeur qui ne parvenait pas à guérir. Et, en regardant la seule fille qui lui restait, le regard brillant de larmes, un sourire de ravissement inespéré sur ses lèvres grasses de brioche dont elle venait de s'emparer de ses doigts frêles, la dure et indifférente Jeanne se promit de vraiment s'essayer à l'aimer.

CARACTÈRE ET TEMPÉRAMENT

Jeanne n’avait pas toujours été une mauvaise personne. A vrai dire elle ne l’était pas non plus aujourd’hui. Son caractère entier la rendait coupable d’injustices qu’un sadisme, inexistant chez elle, ne dictait pas. Elle n’était pas méchante avec Madeleine par plaisir. Elle était poussée par une sorte d’élan du cœur, s’en épanchait sur sa fille par ce mépris glacial qu’elle lui conférait, comme si elle ne pouvait pas s’en empêcher. Il aurait été beaucoup plus aisé pour elle d’aimer Madeleine et d’être gentille avec elle. Mais, malgré tous ses efforts, elle n’y parvenait pas. Cette commerçante hors pair, qui savait se montrer flagorneuse, fielleuse avec sa clientèle, n’arrivait à faire preuve de la moindre hypocrisie à l’égard de son entourage. Cette femme vraie, pragmatique, honnête, ne pouvait faire semblant d’aimer. Et tous ces efforts inutiles, dictés par le devoir, la foi et la soif de justice, ne faisait qu’épuiser cette âme déjà abîmée par le chagrin, qui ne savait se résoudre aux compromis émotionnels. Egoïste et opportuniste, ses plaisirs restaient primordiaux ; mais, avec cet orgueil de la tâche accomplie qui la caractérisait, elle mettait un point d’honneur à mériter la moindre praline qu’elle croquait, le moindre ruban qu’elle accrochait à ses tenues. Son amour du travail, sa rigueur au labeur, la rendait méritante, et son goût du travail forçait le respect. Personne ne pouvait l’accuser de malhonnêteté, de fainéantise ou de langueur. Ses concurrents, les jaloux de sa réussite et de l’argent qu’elle avait amassé par la seule force de son travail, pouvaient l’attaquer sur son exubérance, sur ses airs de poissonnière enrichie, sur son accent vulgaire embaumant la paysannerie française ; mais, forcés de reconnaître son talent, son travail et sa rigueur, ils n’avaient jamais pu trouver le moindre grief professionnel contre cette femme qui était d’une honnêteté et d’une exemplarité à toute épreuve dans son commerce. Les ouvrières et les vendeuses n’avaient guère à se plaindre. Jeanne était droite, et aucun prétexte personnel ou mesquin n’aurait justifié qu’elle fasse du mal à une seule de ses filles, qu’elle formait avec une bienveillante autorité maternelle. Seules devaient frémir les fainéantes, les oisives, les voleuses. La patronne exécrait la paresse, la rêverie, la malhonnêteté en général. Jeanne aimait l’argent, n’en avait pas honte, estimant ne le devoir à personne. Aussi, une employée qui rêvassait, équivalait pour elle à du vol. Le salaire qu’elle leur payait rubis sur l’ongle se devait d’être mérité, d’autant plus qu’en sortant de la boutique de Jeanne, qui s’était fait un nom à Londres, elles jouissaient de la réputation prestigieuse de la maison.
Jeanne, en dehors des injustices impardonnables qu’elle faisait subir à sa fille, en dehors de sa honteuse coquetterie, de sa gourmandise proche de la gloutonnerie et de son alcoolisme notoire, avait des côtés appréciables. Sa loyauté, son honnêteté, sa droiture et sa piété, en faisait une femme respectée. Mais ses accès de colère, terribles, laissaient parfois transparaître aux yeux du monde son égoïsme, sa douleur, l’injustice qu’elle faisait subir à sa cadette depuis sa naissance, et qui n’avait fait qu’empirer avec la mort de sa sœur. La lucidité et la culpabilité faisaient également partie intégrante de son caractère. Jeanne reconnaissait tous ses péchés, avec une courageuse clairvoyance, s’abîmait en remords, dans un repentir sincère, qui ne l’empêchait pas de retourner à ses vices. En somme la chapelière était au fond une bonne personne, abîmée par la vie, plus complexe et plus sensible que le portrait de la paysanne vulgaire et mal élevée que faisait d’elle la bourgeoisie jalouse de son talent et de sa réussite, elle qui était de si basse extraction. Ils auraient voulu que Jeanne ait honte. Mais Jeanne était fière de son ascendance paysanne, Jeanne glorifiait le travail manuel, le mérite, et, au fond, malgré les sourires qu’elle offrait à sa clientèle noble, elle n’avait que mépris pour ces mains fines et blanches qui ne connaitraient jamais l’ouvrage, qui s’alanguissaient dans l’oisiveté d’un luxe pour lequel elles n’avaient pas même eu à tendre la main. Ce n’était pas de la jalousie de la part de Jeanne. Elle était à présent très aisée et ne perdait pas son temps à envier les autres, préférant utiliser ce temps à gagner ce qu’elle désirait. C’était un réel mépris de ce luxe acquis à la naissance, de cette vie d’ennui, qui flétrissait les jeunes femmes avant l’âge, les rendant stupides, paresseuses, inintéressantes. La personnalité de Jeanne, somme toute, était comme ses plaisirs ; bruts, terrestres, vrais et sincères. Même le chagrin n’avait pu lui ôter cette authenticité d’âme et de cœur qui pouvait la rendre abrupte, méchante parfois, mais sans aucune préméditation ni aucun esprit sournois, dont son esprit manichéen se révélait incapable.
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CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES

De sa beauté vigoureuse de Normande solide, il ne restait plus à Jeanne que des vestiges. Sa peau ferme et laiteuse de blonde charpentée s’était flétrie, jaunie par l’alcool et les peines qui avaient hâté les ravages du temps. Les formes, jadis plantureuses, relevaient désormais de l’exubérance. Ce n’étaient plus la jolie gorge charnue, les bras délicatement potelés et les hanches souples et larges de ses vingt ans, qui renvoyaient l’image d’une exquise fertilité toute féminine. A présent les formes de la grosse matrone étaient toutes trop abondantes, engraissées par ce vice inné de la gourmandise, que la souffrance avait empiré. La poitrine, énorme, débordait des corsages trop décolletés dans lesquels la coquette femme se sanglait avec vigueur. Les bras, trop gras, crevaient sous les soies délicates des manches, et les jupes larges, qui s’évasaient à partir de la taille, ne faisaient qu’accentuer cet embonpoint en élargissant un peu plus les hanches, que soutenaient de plantureuses cuisses. Les joues, légèrement pendantes, tombaient sur ce visage prématurément vieilli, qui gardait, sous ces ravages d’une vie brisée, quelques souvenirs de cette beauté fraîche que Jeanne n’avait pas su conserver. Deux yeux bleus, couleur de ciel d’été, étaient plantés au milieu de ce visage de parchemin flétri, des yeux que même la boisson n’était pas parvenue à ternir. Ses lèvres restaient jolies elles aussi, charnues, bien que moins roses que dans sa jeunesse. Les cheveux restaient beaux par nature, épais et fournis, tombant jusqu’au creux de ses reins en ondulations souples. Mais ils étaient ternis par la rudesse de son existence, et de nombreux fils argentés en parsemaient la blondeur affadie par le temps. Jeanne, trop coquette, passait un temps fou à dissimuler méticuleusement, et sans grand succès, ces éclairs d’éclair d’acier dans la crinière couleur de blé qu’avaient jadis été ses cheveux. Souvent aidée par Madeleine, elle sortait, grandie par des coiffures compliquées, surmontés de chapeaux magnifiques, savamment ornés par ses soins, débordante de bijoux et de dentelles qui surchargeaient ses robes colorées aux tissus soyeux. Cette coquetterie poussée à son paroxysme, rendant Jeanne quelque peu ridicule de par la grandiloquence de ses apparats, envahissait aussi sa foi, rendant son catholicisme voyant et ostentatoire ; Les chapelets et les croix d’argent émaillaient ses tenues extravagantes, et, les jours de messes, elle n’oubliait jamais sa Bible à la reliure de cuir et à la tranche dorée à l’or fin. Le portrait de cette femme voyante, exubérante, devenue laide à force de vices et de douleurs, était triste et grotesque. Quand l’inconnu n’y voyait que le stupide résultat d’une coquetterie futile, celui qui connaissait son histoire retrouvait avec mélancolie les ravages d’une douleur, incommensurable, qui avait gâché la vie et les traits de cette pauvre femme.

Dans la vraie vie, je suis...

Quel est ton pseudo ? ElodieUn mec ou une fille ? Une fille Quel est ton âge ? 28 ans Comment as-tu connu le forum ? Moteur de recherche Un avis dessus : Je peux plus m'en passer !  love  As-tu un DC ? Lucy et Percy  gnon Pv/scénario/Inventé ? Inventé Code de validation : [Validé par le lapin.]

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Indianna Peters
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MessageSujet: Re: Jeanne Marie Moulin Jeanne Marie Moulin Icon_minitimeVen 20 Juil - 11:26

Oh re bienvenue ici ma choukette bave
Au plaisir de te lire de nouveau.



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Amy est très douée dans son domaine, la couture. ⊹ Ressentais une profonde frustration envers son mari durant les cinq précédentes années, ce qui l'incitait à accepter plus facilement les avances d'autrui. ⊹ A des tendances névrosées et borderline. ⊹ Ne supporte pas/ou difficilement les enfants en bas âge. ⊹ Apprécie la compagnie de l'alcool et du tabac bon marché. ⊹ Est d'une grande immaturité. ⊹ Très facilement morte de jalousie en compagnie d'autres femmes. ⊹ Manque de confiance en elle-même et a souvent besoin qu'on la rassure sur son apparence. ⊹ Passe beaucoup trop de temps devant le miroir à peigner ses très longs cheveux noirs. ⊹ Femme de Felix J. Adler. ⊹ A ouvert récemment un bordel de luxe dans un vieil hôtel rénové de Whitechapel.
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MessageSujet: Re: Jeanne Marie Moulin Jeanne Marie Moulin Icon_minitimeVen 20 Juil - 13:16

Waw, l'histoire était longue, mais elle vallait la peine ! bave
C'ÉTAIT SI BIEN MAIS SI TRISTE ! MAIS SI BIEN ! OMG

Rien qu'en lisant sa carte d'identité j'étais hypée mais là ! amour
Re-re-re bienvenue aussi. owh



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MessageSujet: Re: Jeanne Marie Moulin Jeanne Marie Moulin Icon_minitimeDim 22 Juil - 2:44

OMG! Il y en a des mots! aah

Re-bienvenue très chère!! cookie coeur love bave Que ce nouveau personnage t'apporte beaucoup de bonheur! dance



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MessageSujet: Re: Jeanne Marie Moulin Jeanne Marie Moulin Icon_minitimeDim 22 Juil - 15:25

Merciiiiiiiiiiii je suis tellement heureuse d'être parmi vous avec un troisième perso !! cookie cookie bave bave

Arf c'est vrai que j'ai beaucoup écrit, ça m'a pris du temps, je pensais vraiment aux admins en voyant le texte s'allonger, mais je ne suis pas parvenue à écourter le scénario que je me suis imaginée, du coup, encore un grand merci d'avoir pris la peine de me lire !! coeur coeur coeur coeur

Je suis très touchée que Jeanne plaise !! Des bisous cookie cookie
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MessageSujet: Re: Jeanne Marie Moulin Jeanne Marie Moulin Icon_minitimeLun 23 Juil - 13:16

Des histoires comme j'aime: de bons petits romans! hihi

J'espère que tu vas bien t'amuser avec cette dame! ❤
Johanna et Devlin aiment bien les chapeaux! dance


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MessageSujet: Re: Jeanne Marie Moulin Jeanne Marie Moulin Icon_minitimeMar 24 Juil - 8:40

Merciiiii coeur

Je l'espère aussi, je me suis déjà bien amusée à écrire son histoire !!

Des clients !! Ca ne se refuse pas !! Bien que Jeanne s'amuse plus à confectionner des chapeaux pour Dames !! Je viendrais certainement vous réclamer un lien, Madame !! Une femme avec tant de distinction, c'est une potentielle cliente à ne pas lâcher !! 8D 8D
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Amy est très douée dans son domaine, la couture. ⊹ Ressentais une profonde frustration envers son mari durant les cinq précédentes années, ce qui l'incitait à accepter plus facilement les avances d'autrui. ⊹ A des tendances névrosées et borderline. ⊹ Ne supporte pas/ou difficilement les enfants en bas âge. ⊹ Apprécie la compagnie de l'alcool et du tabac bon marché. ⊹ Est d'une grande immaturité. ⊹ Très facilement morte de jalousie en compagnie d'autres femmes. ⊹ Manque de confiance en elle-même et a souvent besoin qu'on la rassure sur son apparence. ⊹ Passe beaucoup trop de temps devant le miroir à peigner ses très longs cheveux noirs. ⊹ Femme de Felix J. Adler. ⊹ A ouvert récemment un bordel de luxe dans un vieil hôtel rénové de Whitechapel.
Avatar : Eva Green
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Date d'inscription : 17/09/2016

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MessageSujet: Re: Jeanne Marie Moulin Jeanne Marie Moulin Icon_minitimeMar 31 Juil - 23:01

La validation est une évidence avec toi, ma chère. Une fiche d'une telle qualité ! owh
Excuse-moi pour la lenteur, vacances obligent. nif
En tout cas, félicitations pour ce nouveau personnage, je pense qu'on aura besoin d'un rp Amy/Jeanne pour discuter couture et affaires. 8D



Félicitations, camarade !

« TE VOILA PRÊT À METTRE TA PATTE DANS LA FOURMILIÈRE ! »

Félicitations ! Vous venez d'être validé(e) sur The Anthill: A Victorian Tale ! Nous vous souhaitons un bon jeu parmi nous et nous vous conseillons d'aller consulter les liens ci-dessous. Vous pouvez désormais RP, flooder et faire de nombreuses autres choses. N'hésitez pas à faire votre fiche de liens, celle des RP's ainsi que celle du Journal Intime ! Gardez aussi un œil sur les annonces! Bienvenue parmi nous ! N'oubliez pas que vous avez à disposition un cadre de rp dans la Gestion ! Pour toutes questions, il y a la foire aux questions et suggestions ici !

N'hésitez pas à demander de l'aide l'un des membres du staff si vous en ressentez le besoin. Bon jeu sur Taavt ! 
plumyts 2016


If our love is tragedy,
why are you my remedy?
High dive into frozen waves where the past comes back to life. ✻ Fight fear for the selfish pain, it was worth it every time. Hold still right before we crash cause we both know how this ends. Our clock ticks 'til it breaks your glass and I drown in you again.
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Jeanne M. Moulin
Jeanne M. Moulin

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Date d'inscription : 20/07/2018

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MessageSujet: Re: Jeanne Marie Moulin Jeanne Marie Moulin Icon_minitimeLun 6 Aoû - 10:54

Du coup c'est moi qui m'excuse pour la lenteur de mes remerciements, j'ai eu quelques jours compliqués bougie

Merciiiiiiiiiiii je suis touchée et ravie love

Ah oui, avec grand plaisir, il nous faudra un lien obligé, ce sera l'occasion de RP avec Amy, ce qui ne m'est encore jamais arrivé !! A bientôt coeur coeur
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MessageSujet: Re: Jeanne Marie Moulin Jeanne Marie Moulin Icon_minitime

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Jeanne Marie Moulin

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