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Family diner - Ambrosine & John

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Âge : 33
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MessageSujet: Family diner - Ambrosine & John Mer 26 Sep - 18:22


L'invitation avait été envoyé à Ambrosine dans les plus brefs délais, pour un diner le jour suivant, dans le foyer des Wicker. La perspective de cet évènement avait détourné John de ses autres préoccupations pour la journée, obsédé malgré lui par l'envie que tout soit parfait pour la recevoir.
Même Rosaline l'avait observée en silence, légèrement étonné par ce comportement qui lui ressemblait en partie, par son côté psychorigide, mais qui s'étendait là à un domaine qui n'entrait pas dans son domaine d'expertise.

    - Les desserts sont-ils arrivés ? Demanda-t-il à sa jeune soeur, en apparaissant dans la salle à manger, impeccablement vêtu d'un costume presque trop élégant pour la circonstance. Encore une fois, la blonde fronça les sourcils, secouée par cette attitude, qui la prenait de cours, elle qui était officiellement l'organisatrice de la famille. Le livreur devait passer à 18h, déclara-t-il, en jetant un coup d'oeil à l'horloge Alder qui trônait dans un coin de la pièce, une des plus chères de son magasin.
    - John... Je pense sincèrement qu'avec tous les plats que tu comptes lui faire avaler avant, elle n'aura plus de place pour goûter la douzaine d'éclairs au chocolat français que tu as commandé... Soupira-t-elle, en haussant les épaules. Elle percevait une certaine vulnérabilité dans l'insistance de son frère, qu'elle n'identifiait que trop bien, pour l'avoir lue sous d'autres descriptifs, dans ses romans. Tu as l'intention de la faire tellement grossir qu'elle ne pourra plus passer la porte pour rentrer chez elle ? Ajouta-t-elle, en s'esclaffant à cette image, pour le détendre un peu.
    - Je veux juste qu'elle se sente bien, et trouve quelque chose à son goût, répliqua le jeune homme, sans relever la plaisanterie, trop concentré sur la liste de ses taches et leur exécution avant l'arrivée de sa fiancée. Elle habitera bientôt ici, si tout se passe bien, ajouta-t-il, avec plus de détermination qu'il n'en fallait pour parler de mariage.


Rosaline resta un instant silencieuse, dépassée par tous ces changements, qu'elle avait pourtant attendus depuis longtemps. Le stress de son ainé commençait à la gagner : si elle gâchait tout, d'une quelconque manière, John lui en voudrait profondément, et une occasion comme celle-ci ne se présenterait probablement plus jamais... Une bonne partie de la réussite de ce diner reposait aussi sur ses épaules.

    - Elle en a de la chance... Soupira la demoiselle. Moi aussi je veux quelqu'un qui m'attend pour m'embrasser...
    - Quoi ? Sursauta John, dont l'attention se porta subitement sur la blonde, qui attendait sa réaction avec une expression moqueuse : cette fois-ci, elle l'avait vraiment eu ! Qu'est-ce... Nous en rediscuterons plus tard... OU PAS, en fait, ajouta-t-il en accueillant d'un geste une vieille femme grisonnante mais visiblement encore agile.


En effet, John n'avait pas le temps de répondre, que July, leur employée de maison la plus fidèle, se présentait pour les interrompre, annonçant que Mademoiselle Bellamy venait de passer la porte d'entrée, et patientait en bas des escaliers de marbre que quelqu'un vienne l'accueillir.
Le brun s'exécuta immédiatement, se précipitant à la rencontre de sa promise, tandis que les paroles de Rosaline résonnaient dans son esprit. Devait-il l'embrasser ? Il n'avait aucune idée des règles de bienséance, une fois que l'accord de mariage avait été établis. Il n'était pas assez grand encore au moment où son père avait été jeté à la rue, pour qu'on lui enseigne ce genre de choses, et il n'avait aucun ami à qui il aurait pu demander conseil sur la façon de se tenir face à sa fiancée. Il était tout aussi démuni face à la demoiselle qu'il l'avait été, tant d'années plus tôt, devant la soudaine pauvreté.

    - Ambrosine, soyez la bienvenue, annonça-t-il, tout en arrivant à sa hauteur, avec une allure plus calme, pour ne pas montrer l'angoisse qui l'habitait. Vous êtes magnifique, déclara-t-il ensuite, sans vraiment réfléchir à ce compliment, qui s'imposait tout naturellement, même à lui qui en était autrement avare, à la vue qu'elle offrait. Plongeant ses yeux dans celle de la rousse, il ne put s'empêcher, une fois encore, de s'approcher autant que possible de ce visage si joliment levé vers lui. Décidant de faire confiance à sa soeur, et parce que cette option était celle qui lui plaisait le plus, il mêla son souffle à celui de la Bellamy, lui ceinturant sans force la taille, juste pour l'attirer suffisamment contre lui, et, s'assurant qu'elle ne semblait pas vouloir le fuir, il l'embrassa, prenant quelques secondes, cette fois-ci, pour vraiment apprécier la douceur de sa bouche, réclamant plus d'intensité dans ces retrouvailles, dont l'idée l'avait tant bouleversé à l'avance. C'était sa façon, incontestablement maladroite sans doute, de lui montrer qu'il scellait lui aussi sa part, et qu'il essayerait de la rendre heureuse de toutes les façon qu'apparemment, d'après Rosaline, une femme voulait être traitée. Ma soeur se meurt d'impatience de faire votre rencontre, conclut-il, en se séparant d'elle, reprenant une distance à laquelle il était plus habitué dans ses relations en général.


N'oubliant pas les bonnes manières néanmoins, il lui tendit la main pour l'aider à grimper les escaliers, intentant de gros efforts de concentration pour ne pas se laisser distraire à l'idée de ce baiser, qu'il avait apprécié sans doute plus que de raison. D'un caractère peu démonstratif, il passait à affectionné malgré lui, et cette transition lui faisait presque tourner la tête... Il se secoua mentalement, bien décidé à regagner le contrôle de ses émotions, et à se montrer impassible pour la convaincre en bon homme d'affaires, avec des arguments plus percutants qu'un salut trop chaleureux, et non en... Ce qu'il était en train de devenir.



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MessageSujet: Re: Family diner - Ambrosine & John Sam 24 Nov - 23:54



Family diner

John & Ambrosine



- N’est-elle pas superbe ? M’interrogea-t-on bien plus pour la forme que pour une approbation quelconque de ma part tandis que je fixais ma dernière acquisition.

Une fois n’est pas coutume, Mère s’était empressée de passer commande pour une nouvelle robe dès la réception de l’invitation à dîner chez mon fiancé. J’avais beau lui répéter sans cesse que d’une part, mon armoire était déjà assez pleine de toutes ses tentatives avortées de charmer mes prétendants, et que de l’autre, nous étions déjà engagés officiellement ; elle ne voulait pas céder sur ce point, allant même jusqu’à payer un tarif plus élevé auprès de Madame Adler afin d’obtenir rapidement ses services sur ce véritable chef d’œuvre. Si contrairement à ma génitrice, j’étais consciente qu’une telle parure n’était que pure caprice, j’étais forcée de lui donner raison : le travail de la couturière était excellent, comme d’ordinaire, ce à quoi j’étais sensible, comme toute jeune femme appréciant la beauté des choses communes. Cela étant, j’avais moi-même fourni des efforts pour paraître présentable, et avais pris l’initiative de commander l’un des derniers chapeaux de ma créatrice favorite, inspiré de ces couvre-chefs qui connaissaient un succès fou à Paris. Assorti à la robe, il était certain que je n’aurais pas à rougir de mes habits : les couleurs se mariaient harmonieusement entre elles et épousaient avec perfection la pâleur de mon teint blanchi par la poudre que Mère avait tapoté contre mon visage ce matin même.

Alors qu’elle m’enjoignait à poursuivre moi même son rituel de beauté, elle déblatéra quelques consignes à la dame de chambre concernant ma parure et vint s’asseoir près de moi afin de superviser son travail, ainsi que le mien. « Un peu plus de rouge », me réprimandait-elle, « ajoute donc du noir sur tes yeux, on ne les voit pas assez ». Je pensais avoir eu l’occasion de cerner suffisamment les goûts simples de mon futur mari pour comprendre qu’il n’apprécierait point tant de frivolités, aussi appliquais-je mon maquillage à la demande de Mère uniquement pour la rassurer – j’avais prévu depuis quelques heures d’en estomper l’effet dès qu’elle aurait le dos tourné, en espérant ne point me tromper sur les préférences de John. Si j’avais confiance en l’expérience de mes aînées, Père était bien différent de mon fiancé, et Dieu sait que je refusais d’apparaître comme une coquette auprès de ce dernier – pas alors que j’avais tout fait pour gagner son respect lors de nos précédentes rencontres.

Quelques retouches supplémentaires et Mère décréta enfin que j’étais prête à me mettre en route. Lorsque je descendis les marches de l’escalier extérieur, la voiture familiale m’attendait déjà, le cocher maintenant la porte ouverte pour moi de façon à m’aider à pénétrer à l’intérieur du véhicule avec plus d’aisance. Je jetais un coup d’œil rapide derrière moi afin de vérifier que les yeux de Mère ne m’épiaient pas avant de soulever légèrement mes jupons pour gagner ma place. Habitué à mes extravagances, le cocher ne rougit pas plus que d’ordinaire, et alla même jusqu’à esquisser un sourire amusé pendant que je le remerciais de ses attentions.

Durant le court trajet qui séparait mon domaine de celui de John, je me demandais à quoi pouvait bien ressembler son lieu de vie. Le fait qu’il puisse me déplaire m’effleura l’esprit quelques instants, mais j’eus tôt fait de l’effacer : il m’avait paru comme un homme de goût, et quand bien même cela n’aurait pas été le cas, sa sœur cadette lui aurait prêté main forte dans la décoration de la propriété, comme toute jeune femme éduquée. Je ne pourrais que m’y plaire, me répétai-je comme pour m’en convaincre, tandis qu’une nervosité nouvelle me gagnait au fil du temps. Silencieusement, je priais le fiacre d’aller plus vite encore : si j’appréhendais cette visite, j’avais conscience que mes inquiétudes s’évanouiraient au moment même où je passerai la porte.

Lorsque le moment tant attendu vint, je demandais quelques secondes supplémentaires avant de m’annoncer de façon à arranger mon chapeau qui n’avait pourtant pas quitté sa place et de défroisser ma robe qui tombait déjà parfaitement sur le sol. Lorsque je me rendis compte que je n’avais jamais fourni autant d’effort pour plaire à un homme, je secouais la tête, exaspérée par mes manières, et invitait les employés à prévenir l’hôte de ma venue.
Je m’étais attendue à ce qu’il m’accueille en respectant toutes les convenances qui s’imposaient face à une future épouse, mais le baiser qu’il m’offrit me prit de court autant qu’il me ravit. Si le romantisme n’avait jamais été énoncé parmi les critères autour desquels s’était formée notre relation, prétendre que je n’en appréciais pas les fruits n’aurait été que mensonge éhonté.
Je préférais néanmoins me convaincre que le rouge que je savais pour sur m’être monté aux joues n’était du qu’à un excès de maquillage que je n’avais pu retirer.

- Je suis ravie de vous revoir, John, et de me voir offrir l’opportunité de faire connaissance avec votre sœur, que je me fais une joie de rencontrer.

Je n’avais pris la peine de masquer mon enthousiasme à cette idée, sachant le jeune homme très attaché au dernier membre de sa famille. A dire vrai, ce n’était ni hypocrisie ni exagération : je me réjouissait à l’idée de passer quelques temps en compagnie de la jeune femme, que John m’avait décrite comme intelligente et cultivée. Je ne doutais pas un seul instant de notre bonne entente, que je m’efforcerais d’instaurer et maintenir, par choix aussi bien que par égard pour mon fiancé.

 

Code by Sleepy






She should have been a son

She should have died when she was born

She should have worn the crown of thorns

She should have stood out in the crowd

She should have made her mother proud


hela.

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MessageSujet: Re: Family diner - Ambrosine & John Lun 26 Nov - 7:06



Si John avait été plutôt tendre dans son baiser, il l'était moins dans la façon autoritaire dont il tenait la main de la jeune femme, pour lui faire visiter la maison : c'était dans sa nature après tout, qu'il ne lui avait jamais réellement caché. Le Wicker avait été trop rabaissé, et il avait eu besoin de cette force, de cet esprit de domination, pour retrouver la position d'où la faiblesse de son père les avait déchus.
John, tout paré de ses atours les plus beaux et fins, n'avait pourtant que peu en commun avec les membres de son rang. Sa démarche le prouvait, au moins autant que son regard, à l'affut, celui d'un prédateur, toujours alerte, et plein de violence contenue. Pour être tout à fait honnête, il en ressentait pour la jeune femme, dont la présence l'apaisait autant qu'elle avait le don d'éveiller une tension particulière en lui, qu'il savait ne pas pouvoir satisfaire dans l'immédiat, ou jamais.

    - Elle sera bientôt votre soeur, à vous aussi, approuva-t-il d'une voix particulièrement douce, qu'il ne semblait utiliser que lorsqu'il parlait de sa cadette, qui apparaissait déjà en haut des marches, incapable de retenir son excitation. La voilà d'ailleurs... Ambrosine, je te présente Rosaline. Et réciproquement.
    - Je suis tellement heureuse ! S'exclama la concernée, en se jetant dans les bras de la demoiselle, risquant de la faire tomber. Inquiet, John glissa son bras dans le dos de sa promise, la protégeant fermement d'une chute devant tant d'enthousiasme, grondant sa jeune soeur d'un regard. Oh c'est une Adler, n'est-ce pas ? Elle est tellement belle !


John fronça les sourcils, complètement déconnecté des discussions de chiffons. En tant qu'homme, il avait reconnu immédiatement la grâce avec laquelle la demoiselle portait son habit, qui soulignait parfaitement sa propre beauté. Il était attaché aux apparences, et pour cause, mais pas au point de s'intéresser à la qualité des tissus qui recouvraient sa femme : cependant, si c'était ce qui la rendait heureuse, il commanderait pour elle les plus précieux voilages - il se souvenait, à présent, que Rosaline avait réclamé plusieurs fois de se rendre dans cette boutique, pour remplir ses placards de tenues qu'elle ne porterait qu'une fois, sans doute. John n'avait jamais su résister à ses caprices, quand il ne touchaient pas son état de célibataire.

    - Quelles sont vos passions Ambrosine ? L'interrogea Rosaline, en lui prenant le bras que John ne tenait pas, pour l'attirer plus vers elle, et vers la salle à manger, où la table était dressée. Vous avez du remarquer que John n'est pas particulièrement loquace, et j'ai du mal à lui soutirer la moindre information vous concernant... Je le connais juste assez pour voir que vous occupez ses pensées, plus souvent qu'il ne l'avouerait... Ajouta-t-elle plus bas, pas suffisamment néanmoins pour que son frère ne l'entende pas.
    - Rosaline ! La réprimanda-t-elle, ce qu'elle prit avec un sourire amusé, taquin. Pourrais-tu vérifier que tous les plats sont prêts, pendant que je fais visiter à notre invitée ?


Il congédia ainsi la pétillante adolescente, qui disparut avec un clin d'oeil, satisfaite de son effet. Le rouge était monté légèrement aux joues du Wicker, mais il n'en fit pas plus d'affaire, incapable d'avoir honte de la conduite de celle qui occupait, pour l'instant, la place la plus importante dans sa vie.

    - Rosaline adore décorer notre maison à son goût, expliqua-t-il, son regard guidant celui d'Ambrosine sur les tableaux, modernes, qui ornaient les murs. Mais vous aurez votre mot à dire, bien entendu... Nous déménagerons même, si cela vous plait de fonder votre propre foyer, à votre idée.


John n'était pas attaché aux lieux, et laissait le soin aux femmes d'entretenir son habitat : c'était une des caractéristiques qui lui restait encore de l'éducation machiste de l'époque, en quelque sorte. En vérité, il voyait que cela rendait sa soeur joyeuse de prendre cette charge, et n'aurait pas eu le coeur de l'en prévenir, estimant qu'il n'avait lui même pas les compétences nécessaires, ni le temps, pour organiser un intérieur.
Il lui présenta le corridor, et se dirigea vers un salon qui servait de bibliothèque, et qu'il avait le sentiment qu'elle aimerait. Ouvrant la porte, il l'observa avec intensité, pour lire l'expression de cette découverte, sur son visage. Passé la surprise, John se rapprocha d'elle, l'obligeant à mettre le dos au mur, pour ne pas avoir à se retrouver vraiment contre lui.

    - Ma soeur n'a pas tord, Ambrosine, vous m'obsédez d'une façon à laquelle je ne m'attendais pas, déclara-t-il, en posant une main sur sa hanche. Je ne tiens pas à vous brusquer de mon impatience, mais je me surprends à souhaiter que ce mariage nous unisse au plus vite, pour que je puisse profiter de votre présence au quotidien, et vous découvrir chaque jour...
    - Mr WICKER ! Hurla soudain une voix grave.
    - John ! Répéta celle de Rosaline, qui semblait effrayée.
    - Ne bougez pas, ordonna-t-il à la rousse, sans réfléchir véritablement, soucieux de la protéger d'une menace quelconque, ou de la révélation de son secret peut-être, ne sachant de quoi il était question.


Abandonnant son étreinte, le brun coupa brusquement court à cette conversation pour retrouver un attitude plus sombre et sérieuse. D'un pas assuré, il se dirigea de nouveau vers les escaliers. D'en haut, il se pencha sur la rambarde, pour observer les personnages qui se pressaient dans l'entrée de son luxueux domicile : deux hommes l'attendaient là, soutenant un troisième, dont le sang tachait déjà le marbre du sol.



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