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Convenances et faux-semblants [Susan et Loban]

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Âge : 24
Avatar : Jessica de Gouw
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Date d'inscription : 02/09/2018

MessageSujet: Convenances et faux-semblants [Susan et Loban] Mer 26 Sep - 18:27


Convenances et faux-semblants

« Je dis oui avec la tête mais non avec le coeur »


Octobre 1885 - Demeure des McCorley



- Enfin vous voilà !

Susan manqua de sursauter en voyant sa mère se matérialiser telle une apparition dans le hall de leur maison. Elle revenait tout juste d’un promenade à cheval dans Hyde Park et avait, comme à son habitude, perdu la notion du temps.

- Mère ? s’étonna la jeune fille, les joues encore rosies d’avoir été fouettées par le vent frais de ce début d’automne.

Théodosia McCorley faisait montre d’une agitation inhabituelle, elle qui n’avait jamais fait grand cas des sorties équestres de sa fille ni de sa fâcheuse tendance à oublier l’heure.

- Vous n’avez pas oublié que nous recevons les Renfield et leur  fils pour le thé, j’espère ?

Question purement rhétorique, il était évident que cette visite avait quitté la mémoire de Susan depuis bien longtemps. Soupirant devant l’expression perplexe de sa fille, elle poursuivit :

- Allons, dépêchez, montez vous changer ! Vous ne comptez tout de même pas recevoir les Renfield dans cette tenue ?

Intriguée mais obéissante, Susan gravit les marches de l’imposant escalier aussi vite que lui permettait sa robe d’équitation. Elle avait du mal à comprendre la frénésie de sa mère : recevoir la visite d’aristocrates pour le thé n’avait rien d’extraordinaire dans leur milieu, d’autant moins depuis que son père était devenu Sir Arthur McCorley. Elle trouva l’attitude de sa mère quelque peu suspecte mais ne sut trop à quoi attribuer sa fébrilité. Peut-être était-elle seulement préoccupée par quelque souci domestique qui pourrait compromettre l’accueil des invités.

Lorsqu’elle redescendit, sa tenue de cheval avait fait place à une sage robe rose pale ornée de dentelle. La jeune fille rejoignit sa mère dans le petit salon tendu de soie jaune, une pièce qu’elle affectionnait particulièrement. La couleur lumineuse des murs lui donnait l’impression d’être en été quelle que soit la saison et conférait à la pièce une ambiance chaleureuse, que venait accentuer un mobilier aussi confortable que raffiné.

Elle s’assit dans le fauteuil voisin de celui où s’était déjà installée sa mère et jeta un œil à l’horloge qui trônait dans un coin de la pièce. Si les convives s’en tenaient au protocole, ce qui serait assurément le cas, ils n’allaient pas tarder à faire leur apparition.  Un silence quasi absolu régnait dans la maison, seulement perturbé par les claquements réguliers de la porte du bureau de son père, au rythme des allers et venues de ses rendez-vous. Susan coula un regard en direction de sa mère qui lisait un livre dans le plus grand des calmes. Difficile de croire qu’elle se trouvait dans un tel état d’agitation quelques instants auparavant…

Croisant le regarde de sa fille, Théodosia posa son ouvrage à demi fermé sur ses genoux et se tourna vers elle.

- Susie… Vous comprenez l’enjeu de cette visite n’est-ce pas ? fit-elle d’un air grave en plantant son regard clair dans celui de Susan.

Cette dernière prit un instant pour répondre. Ses interrogations quant à l’agitation de sa mère étaient à présent levées ; elle se demanda même comment elle n’avaient pas deviné plus tôt de quoi il retournait. La venue d’un couple d’aristocrates accompagnés de leur fils célibataire ne pouvait être fortuite. Depuis sa naissance elle avait été élevée dans un but précis : maitriser le protocole de la haute société sur le bout des doigts pour un jour en intégrer les plus hautes sphères par le biais d’une union avantageuse. Ses parents semblaient décidés à asseoir leur récente ascension sociale en la mariant le plus rapidement possible à un membre de la noblesse.

Elle avait toujours su que ce jour arriverait, pourtant elle pensait avoir encore un peu de temps devant elle avant de songer au mariage. Après tout, elle n’avait même pas encore fait son entrée dans le monde. L’idée de rencontrer si soudainement un potentiel prétendant l’effrayait un peu mais se soustraire aux désirs de ses parents n’était pas une option. Ravalant ses doutes et ses craintes, elle offrit à sa mère un sourire serein.

- Je comprends, mère.

Cette dernière afficha un air satisfait et eut à peine le temps de retourner à sa lecture avant que le majordome ne frappe à la porte pour annoncer Lord et Lady Renfield ainsi que leur fils. Les deux femmes se levèrent à l’unisson pour accueillir leurs invités et Susan sentit une boule se former sournoisement dans son ventre. Aucune de ses innombrables leçons d’étiquette ne lui avait enseigné comment se comporter en présence d’un homme censé représenter un mari potentiel et elle en voulut soudain à sa mère de lui imposer cet exercice sans l’y avoir plus préparée. Mais le temps n’était plus au ressentiment, leurs invités étaient derrière la porte et elle allait devoir faire bonne figure.



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Informations : Comte de Warwick. • A été adopté à l'âge de sept ans. • A hérité d'une fortune incommensurable à la mort de son père adoptif, mais aussi des titres honorifiques. • Possède une grande force physique, ayant subi un entraînement militaire intensif pendant plusieurs années. • A passé plusieurs années en Inde, Chine et Japon. • Connait quelques arts martiaux. • Est connu pour ses fêtes mondaines où il n'apparaît jamais, se tenant à l'écart. • A un comportement et un caractère assez puéril. • Fait parfois preuve d'une grande naïveté. • Se met rarement en colère. • Passe certains de ses soirs dans Whitechapel, au sein de la Tribu de Fergus Lynch. • Est considéré comme un excentrique de par ses idées. • Son prénom vient d'un prénom juif mal orthographié. • A une petite cicatrice sous l'œil gauche et ailleurs sur le corps. • Origine sino-écossaises.
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MessageSujet: Re: Convenances et faux-semblants [Susan et Loban] Mer 10 Oct - 12:27



Convenances & Faux-Semblants

« I WILL BE MERCILESS. »

Octobre 1885, demeure des McCorley.

Cela faisait quelques mois que les Renfield s’étaient mis en tête de faire marier leur fils à une riche famille anglaise, au grand malheur de ce dernier qui n’avait nullement envie d’épouser une inconnue. Le domestique s’occupait pourtant de revoir la tenue du jeune Loban, afin qu’il soit parfait pour le présenter aux McCorley. Viktor, le père, regardait la scène sous un œil attentif et presque sévère. En effet, il ne connaissait que trop la réputation de prétendant qu’était en train de se faire son fils : désagréable, insolent et parfaitement antipathique. Les rumeurs allaient vite dans la noblesse si bien que peu nobles acceptaient de lui présenter leurs filles. Loban s’arrangeait pour que son comportement surpasse la promesse d’une fortune considérable. L’adolescent ne comprenait d’ailleurs pas pourquoi son père adoptif s’entêtait à organiser un mariage arrangé, lui qui avait pourtant épousé une Française qui venait de la campagne. Quand le jeune héritier avait soulevé l’incohérence des choix et des décisions de son ministre de père, il avait confronté à une non-réponse et avec la consigne de ne pas insister. C’était donc avec un sentiment d’injustice qu’il regardât le domestique réajuster ses vêtements et ses cheveux, tandis qu’il se laissait docilement faire.

Puis il fut l’heure de partir. Loban trainait déjà des pieds, ne faisant absolument aucun effort pour se rendre agréable, même sous le regard peiné et embêté de sa mère adoptive. On essaya pourtant de lui parler, même pour alléger l’ambiance tendue entre Viktor et lui mais rien n’y fit : Loban avait décidé de ne pas sortir un mot et se contentait de regarder par la fenêtre du fiacre privé des Renfield. Mué dans son silence, ses pensées se tournaient évidemment vers sa sœur de cœur qu’il n’avait pas vu et dont il n’avait plus de nouvelles depuis plus de huit ans maintenant. Si Loban avait ce comportement exécrable, ce n’était que pour elle qu’il faisait cela. Ce n’était que pour lui être fidèle alors que pourtant, rien n’avait été décidé entre eux, n’étant que des enfants à ce moment-là. Mais le jeune Renfield avait un esprit chevaleresque quelque peu archaïque : faire le vœu de chasteté n’avait plus rien avoir dans leurs époques, surtout dans sa classe où, dès qu’il serait marié, l’engendrement d’un héritier serait sa principale source de préoccupations. Il ne comprenait toujours pas pourquoi son père se montrait aussi rude sur les traditions alors que, encore une fois, il ne les avait pas respectées lui-même.

Lorsqu’ils furent arrivés, Loban n’avait toujours pas prononcé un mot, mué dans son silence mutin. Il ne savait combien de temps il parviendrait à repousser les prétendantes, à les faire fuir, jusqu’à ce qu’on lui impose une aussi forte tête que lui comme épouse. Il espérait juste que cela viendrait le plus tardivement possible. Viktor frappa à la porte et on leur ouvrit la porte. La famille qui résidait dans le manoir était fortunée et c’était fortement prévisible. Comme prévu, ses parents adoptifs n’allaient pas le marier à n’importe qui dans la noblesse. Cependant, c’était tout juste s’il connaissait le nom de la prétendante du jour. On avait dû lui répéter dans le fiacre mais, ayant l’esprit ailleurs et ne se sentant guère concerné, il n’y avait absolument pas prêté attention. Il passa pourtant le pas de la porte pour s’avancer dans le hall et vit une femme d’une quarantaine d’années accompagnée d’une jeune fille de l’âge de Loban. Ce dernier comprit tout de suite que les présentations se feront avec elle. Il la regarda de haut en bas, se disant objectivement qu’elle n’était pas vilaine mais qu’elle n’était pas son genre. De toute façon, quoiqu’il arriverait, il ferait preuve de mauvaise foi.

— Bonjour Lady McCorley, je me présente Viktor Renfield et voici mon épouse Brigitte et mon fils Loban.

Tous firent les présentations usuelles de la noblesse entre poignées de mains et autres courbettes hypocrites sauf Loban qui resta bien droit, ses iris noires, cachées sous ses mèches de la même couleur, parcourant la scène avec indifférence. Ses mains liées dans le dos, il hésita quel genre de personnages il s’amuserait pour faire fuir l’adolescente en face de lui. Tandis qu’il la fixait droit dans les yeux pour la mettre mal à l’aise, il hésita entre le riche arrogant imbu de lui-même ou le profond attardé avec qui il était impossible de faire la conversation. Dans le pire des cas, il s’adapterait à son public et estimerait la patience de la jeune fille. Loban, lui, était motivé par cette envie de déplaire, de se rendre détestable. Il se moquait bien de savoir ce qu’on pourrait penser de lui et de sa famille ensuite. C’était immature et puéril, il en était bien conscient, mais s’en moquait véritablement. Il n’était pas là pour plaire, bien au contraire. Il ne voulait pas être vendu tel du bétail à la première femme venue, loin de là. Son cœur était déjà pris et il faisait confiance à son caractère borné pour préserver ses convictions. Il continua donc de la fixer, le regard dur et nullement amical. Peu importe si elle aussi était contre le mariage arrangé. S’ils « s’allaient », ils pouvaient se supporter et devenir amis. Mais Loban ne cherchait pas d’amis, en témoignait son nombre de connaissances proches avoisinant zéro. Il ne cherchait pas d’alliés non plus. Juste à être seul et tranquille.

— Loban, dis bonjour s’il te plaît.

L’adolescent releva les yeux vers son père qui le regardait avec sévérité. Il avait bien noté le mutisme et l’impolitesse de son fils avec qui il avait eu tant de problèmes depuis son adoption. Il n’avait jamais été un enfant facile et depuis deux ou trois ans, les choses avaient empiré. Personne n’y était pour rien au final. Il s’agissait juste d’un garçon déjà mal dans sa peau qui subissait les caprices de la puberté, se disait sa famille. Au final, ce n’était guère faux, mais ils avaient oublié son caractère encore plus têtu que la moyenne. Il ne dit d’ailleurs toujours rien. Ce fut sa mère qui dût rompre le silence gênant et électrique qui s’était établi entre les deux Renfield mâles.

— Oh excusez-le, Lady McCorley, il est un peu ronchon ce matin…

Avec un sourire bienveillant qui caractérisait l’épouse Renfield, celle-ci passa une main derrière la nuque de son fils qui se laissa faire. Ce dernier soupira profondément tout en détournant le regard, serrant la mâchoire.
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MessageSujet: Re: Convenances et faux-semblants [Susan et Loban] Lun 12 Nov - 16:40



Convenances et faux semblants

« Je dis oui avec la tête mais non avec le coeur»

Octobre 1885, demeure de McCorley

Le majordome s’effaça pour laisser place à un élégant couple d’âge moyen et un adolescent  au visage renfrogné qui détailla Susan attentivement. Elle ne se gêna pas pour lui rendre son regard, tandis que sa mère s’avançait pour accueillir ses invités.

- Bonjour Lady McCorley, je me présente Viktor Renfield et voici mon épouse Brigitte et mon fils Loban.

- Lord Renfield, Lady Renfield, soyez les bienvenus. Je suis absolument ravie de vous accueillir, ainsi que votre fils. Veuillez excuser mon mari, il est tout à ses affaires pour l’instant, il se joindra à nous quand il en aura terminé. Susan…


Susan s’avança à l’appel de sa mère et salua les Renfield comme il se devait. En arrivant devant le dénommé Loban, qui ne s’était pas départi de sa mauvaise humeur manifeste, elle effectua le salut d’usage mais ne reçut aucun salut en retour. Elle resta quelques secondes à attendre avant de lancer un regard perplexe à sa mère, sur le visage de laquelle la surprise se disputait à la désapprobation. Un silence gêné s’installa entre les deux familles, tandis que Susan reportait son attention sur l’adolescent aux prunelles noires qui la fixait d’un air de défi. Elle n’était pas tant choquée que vexée par le comportement du jeune homme. Est-ce qu’il ne la trouvait pas à son goût ? Ou bien n’était-elle à ses yeux que la fille d’un couple de parvenus, comme elle l’avait si souvent entendu dire à demi-mots ? Ces pensées firent monter en elle une bouffée d’irritation qu’elle tenta de maitriser mais ne put s’empêcher de décrocher un regard noir à l’insolent qui la fixait toujours, droit comme un i.

- Loban, dit bonjour s’il te plait, lança le père de ce dernier avec un regard sévère vers son fils, rompant enfin le silence pesant qui s’éternisait entre les deux familles.

Comme le fils en question n’avait pas l’air décidé à obtempérer, ce fut Lady Renfield qui tenta de sauver les apparences :

- Oh, excusez-le Lady McCorley, il est un peu ronchon ce matin…

- Ce n’est rien voyons, répondit Théodosia avec un sourire de pure forme. Les jeunes gens peuvent être si timides parfois. Si vous voulez bien entrer…

Elle invita le petit groupe à s’installer dans le salon. Susan prit place sur une causeuse à côté de sa mère qui entama la conversation sur les sujets mondains par excellence : la météo, les dernières pièces de théâtre et les expositions du moment. La jeune fille prêta un intérêt poli à la conversation, jetant de temps en temps un regard du côté de son prétendant, dans l’espoir de lire sur son visage autre chose que l’air buté qu’il avait affiché jusque-là. Beau mariage qu’on lui proposait là en vérité, avec un jeune homme sans éducation et qu’elle ne connaissant même pas. Comment étaient-ils supposés apprendre à se connaitre et supposément à s’apprécier s’ils n’étaient jamais seuls, ou du moins seulement en compagnie d’un chaperon, convenances obligent. Faire connaissance en présence de leurs parents respectifs serait des plus embarrassant. A leur âge, on préférait d’autres sujets de conversation que le temps qu’il fait ou les derniers potins.  

Susan ne tarda pas à regretter ces pensées : comme si elle les avait entendues, sa mère se leva soudain et s’adressa aux parents Renfield :

- Oh, mais si vous aimez cet artiste, il faut absolument que je vous montre une de ses œuvres que je viens d’acquérir ! Nous l’avons accrochée dans la bibliothèque, juste à côté, fit-elle joyeusement en franchissant d’un pas décidé les quelques mètres qui la séparaient de la porte de la bibliothèque.

Soudain paniquée à l’idée d’être abandonnée à son sort en l’odieuse compagnie de Loban, Susan se leva brusquement :

- Non mère, je vous assure, c’est inut…

La protestation mourut sur ses lèvres tandis que sa mère la tançait du regard avant de disparaitre dans la pièce voisine, prenant soin de laisser la porte ouverte. Avec un soupire de résignation, Susan se laissa retomber sur son siège et leva des yeux accusateurs vers Loban. Après tout, s’il s’était mieux comporté, peut-être sa mère n’aurait-elle pas eu à recourir à ce stratagème ridicule et elle, Susan, n’aurait pas à supporter sa présence seule.

Une soubrette entra discrètement dans la pièce, apportant le thé et des petites pâtisseries sur un lourd plateau en argent avant de se retirer silencieusement. Désireuse de faire bonne impression, Susan entreprit de servir le thé et en profita pour entamer la conversation. Etant donné les mauvaises dispositions de son invité, il valait mieux prendre les devant.

- Excusez le comportement de ma mère, elle peut se révéler un peu fantasque à ses heures. L'acquisition de nouveaux tableaux la rend toujours euphorique, expliqua-t-elle avec un petit rire gêné. Est-ce que vous appréciez l'art, vous même ?

Et voilà, elle se mettait à son tour à débiter des banalités comme dans n'importe quelle visite protocolaire. L'attitude de Loban la déstabilisait : qu'est-ce qu'elle était supposée dire à une personne qui s'était murée dans un silence obstiné depuis son arrivée ? Dans ce cas de figure, une conversation, si banale soit-elle, serait déjà un bon début. Du moins l'espérait-elle.
Elle tendit sa tasse à Loban avec une soudaine nervosité qui lui fit renverser un peu du liquide fumant sur ce dernier.

- Oh, Seigneur, je suis désolée ! s’excusa-t-elle en piquant un fard.

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MessageSujet: Re: Convenances et faux-semblants [Susan et Loban] Mer 21 Nov - 10:59



Convenances & Faux-Semblants

« I WILL BE MERCILESS. »

Octobre 1885, demeure des McCorley.

Le jeune Loban était resté en retrait tout le temps de la discussion entre les Renfield et les McCorley. Il en avait profité pour inspecter la pièce qui n’était rien de plus qu’une salle de réception dans un manoir bourgeois. Les décorations, les boiseries, ressemblaient à celles vues chez les Bellamy, les Foley, les Nightingal et toutes les autres familles aisées ayant une fille à marier. Il était resté très en retrait de cette conversation à laquelle il ne sentait guère impliqué, chose qu’il avait très bien faite comprendre aux personnes présentes. La main de sa mère toujours présente sur sa nuque, il sentait bien le regard de la jeune Susan se poser sur lui avec une certaine curiosité ou appréhension. Loban n’aurait su le décrire puisqu’il ne la regardait pas, trop occupé à essayer d’apercevoir ce qu’il se passait par la fenêtre, comme voulant montrer son irrépressible envie de partir, de s’échapper loin de tout ceci. Il n’avait pas envie de faire la connaissance de cette fille. Il n’avait pas envie de savoir que sa passion, c’était la couture, faire le thé, lire ou qu’en savait-il. Il savait d’ores-et-déjà qu’il allait la trouver insipide, conclusion complètement hâtive et infondée de sa part.

Loban n’avait guère suivi la conversation des adultes mais son oreille s’arrêta sur le fait qu’ils allaient quitter la pièce afin de laisser les adolescents seuls. Le jeune Renfield retint un soupir agacé et ennuyé. Il espérait juste que cela n’allait pas prendre trop de temps. Que cette mascarade serait brève. Il sentit la main de sa mère glisser le long de sa nuque pour suivre les McCorley dans une pièce voisine. Le regard de Loban se posa enfin sur Susan qui s’était pourtant opposée à la décision de sa mère de les laisser seuls afin qu’ils fassent connaissance. Le jeune Renfield devait avouer que c’était une manière détournée aussi ridicule que puérile de les laisser ainsi entre eux, prétextant une excuse un peu bancale. Et pourtant, ses parents avaient mordu à l’hameçon, sans nul doute qu’ils avaient compris la supercherie. Loban croisa ses mains dans son dos, essayant de se donner un air noble et continua de regarder fixement Susan, se demandant si elle allait engager les hostilités. Elle s’assit d’ailleurs dans un fauteuil, se mettant à son aise, tandis qu’une domestique entra pour leur servir du thé et des gâteaux. Loban la suivit du regard jusqu’à ce qu’elle quitte la pièce.

Toujours debout pour se donner un air digne et hautain, il regarda la jeune adolescente commençait à excuser le comportement de sa mère puis à parler d’art. Loban fronça légèrement les sourcils, un peu embêté malgré lui, étant le seul sujet auquel il accepterait de participer. En effet, malgré ses apparences quelque peu militaires, l’adolescent aimait lire et plus particulièrement l’Histoire. Et, pour lui, les faits historiques et l’art étaient étroitement liés. Cependant, il se demandait sincèrement si la jeune fille en face de lui comprendrait et partagerait son point de vue. Il s’assit alors en face d’elle et la regarda sans rien dire pour l’instant, croisant ses mains sur ses cuisses, l’observant lui servir du thé alors qu’il n’avait rien demandé. Il serra la mâchoire, essayant de ne pas sortir une remarque désobligeante dès le départ, même si, il ne s’était pas privé pour d’autres prétendantes. Il voulut attraper la tasse qu’elle lui tendait cependant mais, prise d’une nervosité flagrante, la jeune Susan renversa un peu de thé sur lui qui ne manqua pas de lui brûler la peau au travers de son vêtement. Par réflexe, Loban se leva brusquement sans prendre la tasse qui resta certainement dans les mains de la jeune fille. Il regarda l’étendue des dégâts et soupira tout en essayant de frotter un peu. Agacé, il finit par se rassoir pour ensuite prendre la tasse et la reposer aussitôt sur la table basse.

— Ce n’est pas grave.

Le regard agacé, il regarda sa cuisse chaude, la douleur s’estompant rapidement. Il soupira de nouveau et s’appuya sur le dossier du canapé avec nonchalance et dédain, la fixant de nouveau dans les yeux.

— Écoutez. Je vais être très clair : je n’ai pas envie de me marier avec vous et je ferai tout pour que vous suppliiez à votre mère de vous épargner de ma présence. Alors sois vous coopérez et nous nous arrangeons. Soit vous insistez pour faire plaisir à Papa Maman et je ferai en sorte pour que vos parents prennent la décision de vous fiancer à quelqu’un d’autre.

Il la regarda quelques secondes avant de rajouter :

— Personnellement, je me fous de l’honneur de ma famille, je n’ai pas une goutte de leur sang dans mes veines. Je porte juste leur nom.

Il marqua une pause, s’assurant que le message soit bien clair et bien passé. Il croisa ensuite les jambes et répondit finalement à sa première question :

— J’apprécie l’art quand il est reconnu à sa juste valeur. Je considère qu’il y a trop de rares talents à qui on ne donne pas sa chance parce qu’ils sont originaires de Whitechapel par exemple tandis que des incapables se retrouvent dans des galeries prestigieuses juste parce qu’ils ont de l’argent. C’est tout.

Il tourna de nouveau le regard vers elle, attendant une certaine rhétorique de sa part, afin de faire avancer la conversation et voir si elle allait parvenir à intégrer son message premier.
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