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The Return of the Owl - [David & Harry]

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MessageSujet: The Return of the Owl - [David & Harry] Dim 14 Oct - 20:13



The Return of the Owl

By the hand of the mortal, I reborn.

Whitechapel • 19 avril 1892

Trois, quatre, dix, douze. Les escaliers qui conduisaient Harry jusqu’à son appartement ne lui avaient jamais paru aussi long. Rentrer du cimetière, pareillement. Il avait lâchement abandonner tout le monde, sans même adressé un regard à Devlin, ni au Lord Renfield. Tellement bouleversé, mais heureux d’être en vie, que le vétérinaire perdit l’espace d’une seconde le sens de la réalité. Les choses étaient simples : ils avaient gagné. Personne ne lui retirerait cette victoire, il pouvait rentrer chez lui en paix. Felix avait été emporté dans les bras de Jonathan, lui avait accompagné son père dans le cab les guidant jusqu’à l’hôpital. Après être bien sûr qu’il serait entre les meilleurs mains de celui-ci, il put rentrer chez lui. Les visites nocturnes n’étant pas autorisés, on ne lui laissa pas l’opportunité de dormir au chevet de son père. Ce ne serait que parti remise, il pourrait lui rendre visite le lendemain, le surlendemain.

Depuis l’année passé, Harry avait tout laissé se dégrader, se putréfier en lui-même, que ce fut sa relation avec son père que toutes celles qui l’entouraient. Il se morfondait, dépérissait à vu d’œil, avait perdu goût à tout. Mais c’était désormais bien fini. Il n’était pas une simple victime de quelques vastes tromperies qu’était la vie.  Sa main tremblante, serrant le pistolet et éborgnant l’immonde créature, le lui avait bien prouver.

Il l’avait laissé à Devlin, cette arme. Mais lui vint alors à l’esprit, l’envie de le récupérer. De l’accrocher comme trophée, au sommet de sa cheminée. Non pas par envie de valoriser toute l’idéologie qu’elle transportait : célébrer une arme faite pour tuer était bien la dernière chose qu’il souhaitait. Mais ce n’était qu’une vague idée, dont il reparlerait à l’occasion d’un café avec le détective. L’heure n’était plus à ressasser le passé. A cet instant, il voulait retirer ses vêtements pleins de sueurs et de terre, prendre une bonne douche, et aller voir ses animaux pour leur faire un gros câlin.

Cette fois-ci, il ne terminait pas à l’hôpital. Quand tout ceci fut fait et que son corps retrouva l’odeur sauvage des chiens qu’il serrait contre ses bras, Harry s’allongea dans son lit au côté de son demi-loup. Tout semblait calme, comme si rien ne s’était passé. Presque… comme la dernière fois, à son retour de l’hôpital. Mais tout ceci n’était qu’écran de fumée, car rien n’était comme avant. Son corps en était sorti plus fort, son esprit aussi. Il ne s’allongeait plus avec la panique et le souffle court, les yeux ouverts dans le sommeil, serrant l’être le plus proche de lui pour se rassurer dans le noir. Quelque chose en lui avait éclos ; mais il ne savait pas encore si cela serait pour le meilleur ou pour le pire. Il ferma les yeux, et s’endormit, sans faire aucun rêve.

Les jours qui suivirent ne furent pas à l’image de ce grand chamboulement dans l’âme d’Harry. Il se leva comme à son habitude, tôt ; mangea un petit déjeuner correct, fit manger tous ses animaux et s’occupa de leur traitement. Il leur chantonna des mots doux et s’assurait de leur bonheur. Il ne sortit pas. La seule chose de véritablement notable fut son alimentation. Il mangea plus, prêt à reprendre un peu de poids. Quelque part, le vétérinaire songeait que ce n’était pas agréable de câliner quelque chose qui n’avait que la peau sur les os. C’était la chose la plus facile auquel remédier. Le reste viendrait en vivant. Mais Harry ne pouvait mentir à lui-même et faire comme si rien ne s’était passer. Il restait quelque chose à régler. Beaucoup de non-dits durant cette année qu’il fallait faire éclater, véritables abcès puants. Mais il ne trouvait pas encore en lui le courage de le faire. Se reprendre en main, c’était déjà beaucoup. Mais les jours passaient lentement, et Harry n’avait toujours pas eu de nouvelles de David. Était-il le médecin de son père ? Non, cela ne faisait aucun doute que Jonathan avait fait appel à lui pour soigner Felix. Il fallait le meilleur pour soigner ce genre de cas désespéré, il en savait quelque chose. Mais cela ne coûtait rien de passer dire bonjour, à moins que personne ne lui ait dit que lui aussi, se trouvait dans ce foutu cimetière. De toute façon, David possédait les doubles des clés de chez lui, depuis le temps. Néanmoins, il fit tout ce qu’il était en son pouvoir pour ne plus y penser. La seule personne dont il avait besoin pour se reprendre en main, ce n’était que de lui-même.

Ce matin-là, Harry s’était levé avec le sourire. Après s’être occupé de ses animaux, il se posa pour un bon petit déjeuner. Il dévora des pancakes au miel avec un appétit encore jamais vu, et buvait son café dans la plus grande des tranquillités. Il n’avait certes pas quitté son appartement -à part pour aller rendre visite à son père, mais cela changerait aujourd’hui. Le vétérinaire avait prévu de faire une petite sortie au parc durant l’après-midi, afin de faire sortir les tout récents pensionnaires de sa clinique. Il espérait également pouvoir aller voir Felix, certainement ferait-il cela en premier d’ailleurs. Cela fera déjà une bonne petite trotte. Prendre du poids, c’était bien. Mais il ne faudrait pas perdre en muscles. L’épisode du cimetière avait prouvé que l’agilité et la course étaient des compétences qu’il ne fallait surtout pas perdre. Tout ce qu’il voulait, c’était juste être un peu plus présentable. Personne ne souhaiterait parler avec un cadavre vivant, surtout si celui-ci vous gratifie d’un large sourire encadré par un visage osseux. Assis sur sa chaise, Harry terminait de fermer sa chemise beaucoup trop grande pour lui, tout en sirotant son café. Peut-être qu’il devrait passer chez Amy afin de se faire faire des habits à sa taille ? Ce serait une grande première. Il n’osait pas imaginer la tête des patrons de couture. En plus de cela, il s'était rasé de près pour la première fois depuis une éternité - sans avoir jamais eu une barbe si fournie que cela, et avait même mit ses lunettes. Soudainement, son demi-loup leva la tête, suspicieux. Harry ne le remarqua pas, tout occupé qu’il était à terminer de s’habiller.

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Informations : Est né en Écosse. • Vient d'une famille de petits bourgeois. • Son père est pasteur. • A été abusé par sa mère pendant plusieurs années. • Santé fragile. • A passé quelques semaines à l'asile à cause de son homosexualité. • A un très fort caractère. • Arrogant parfois. • Se drogue. • Fume occasionnellement. • A tenté de suicider. • En a conservé les cicatrices sur son avant-bras. • A des marques de piqûre au niveau du coude.
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MessageSujet: Re: The Return of the Owl - [David & Harry] Mer 24 Oct - 23:06



The Return of the Owl.

« The Edge Of The Night. »

Whitechapel, 19 avril 1892.

Après avoir passé la nuit chez les Adler, David était rentré chez lui dès le matin, ne voulant pas s’attarder chez Amy et son mari, non sans avoir souligné leur imprudence d’avoir monté les escaliers dans leur état. Cependant, il avait quelques informations supplémentaires sur les blessures de l’horloger et comment il s’était retrouvé dans une situation pareille. Il ne croyait guère à cette histoire de loup-garou, même si les plaies au torse de Felix pouvaient potentiellement correspondre à une grande main dotée de griffes. Néanmoins, le mari d’Amy avait dit qu’Harry et Jonathan s’y trouvaient, avec lui et cela avait suffi à mettre le doute dans l’esprit de David. Ce dernier n’eut le temps d’aller rendre visite à l’un ou à l’autre, s’occupant des Adler et Felix lui ayant dit qu’Harry et Jonathan s’en étaient sorti étrangement indemnes. Cela avait soulagé la culpabilité du chirurgien de n’avoir pu se déplacer chez son frère ou son amant. Il espérait cependant que les deux hommes comprennent que l’état de l’horloger était à surveiller de près, ayant perdu beaucoup de sang, surtout au niveau du mollet que la balle avait perforé. Balle qui avait été d’ailleurs tirée par Harry mais, involontairement, selon Felix.

Ce fut finalement deux jours plus tard qu’il put se libérer : il sortit de chez les Adler, pour une fois, pas trop tardivement et s’empressa de rejoindre Whitechapel où se trouvait et la clinique vétérinaire d’Harry et l’église de Jonathan. Cependant, le fils du directeur de Scotland Yard se trouvait davantage sur son chemin que l’édifice religieux du pasteur. Il prit donc la décision d’aller au Nord, remontant Londres à pied, prenant l’air de cette matinée d’Avril. Retourner à Whitechapel ne le laissait pas indifférent. Il avait beau habiter juste à côté, il n’aimait pas vraiment l’ambiance qui en émanait. Un sentiment d’insécurité perpétuelle, quel que soit la classe sociale de l’individu. Il avait cependant dans l’espoir d’avoir un minimum de répit s’il tombait sur des membres de la Tribu malintentionnés et ainsi, essayer de marchander avec Fergus. Cela était peut-être une façon de penser d’un petit bourgeois qui ne sortait guère de son quartier favorisé mais David voyait suffisamment les cas désespérés qu’on lui ramenait à l’hôpital pour lui ôter l’envie de finir comme ses patients : à moitié mort, si ce n’est déjà décédé, par un coup de couteau ayant ouvert tout le ventre ou une artère.

Le trajet se passa sans problèmes, fort heureusement. Il arriva devant la clinique d’Harry qui semblait encore fermée. David eut une moue, ne voulant pas déranger le vétérinaire. Comme un idiot, il se rendit compte qu’il avait encore sa valise avec ses ustensiles de travail et qu’il n’avait même pensé à prendre un cadeau… Se maudissant, il finit cependant par frapper à la porte, bien que timidement. Finalement, il préféra sortir sa clef pour déverrouiller la serrure afin de rentrer, toujours timidement. Il n’aimait guère s’introduire ainsi chez les gens mais il ne savait pas dans quel état se trouvait Harry. Certes, il n’avait rien selon Felix, mais il se méfiait toujours un peu du témoignage de l’horloger. Néanmoins, il s’avança timidement dans l’entrée de la clinique, refermant la porte derrière lui et regardant tout autour de lui. Rien n’avait changé depuis la dernière fois qu’il était venu, dernière fois qui devait remonter à une dizaine de jours. David resta silencieux et songeur, tandis qu’il pensât au fait que les chiens du vétérinaire l’avaient déjà senti et alertés de sa présence à Harry. Il resta donc tranquillement dans le hall d’entrée, sagement, à attendre que le maître de la demeure descende de son perchoir, sa valise toujours en main.

Finalement, il se décida de jeter un coup d’œil dans la petite cour intérieur, mais la seule présence qu’il trouva fut celles de chiens et chats qui redressaient leurs oreilles de surprise de le voir parmi eux. David leur sourit poliment, comme pour les saluer et retourna plutôt à l’intérieur où il regarda le plafond, là où se trouvait normalement le vétérinaire.

— Harry…? Tu es là…?

Il voulait être sûr que ce dernier se trouvait chez lui, et surtout, était conscient et en bonne santé.
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MessageSujet: Re: The Return of the Owl - [David & Harry] Sam 10 Nov - 21:03



The Return of the Owl

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Whitechapel • 19 avril 1892

Harry termina de se préparer, endossant une veste ballante. Ses lacets étaient bien fixés sur ses trop grands pieds, et un pancake se trouvait toujours dans sa bouche quand son demi-loup leva la tête. Ce n’était pas un geste naturel, sa rapidité et la direction dans laquelle pointaient ses oreilles lui en apprenait bien assez. Quelque chose, ou quelqu’un, était à la porte de sa clinique. Peut-être un client qui avait besoin en urgence  de ses services, après avoir recueilli un animal blessé : cela arrivait plus souvent que prévu. Mais Harry mâchouilla pensivement le pancake entre ses longues dents. Si cela pouvait être David, la coïncidence serait truculente. Voilà bien des jours qu’il se gardait à l’intérieur, en attendant une visite de sa part -principalement, même s’il n’avait pas envie de se l’avouer… et maintenant qu’il serait sur le point de faire une sortie personnelle, le voilà qui se pointerait ? Ce serait bien de son genre.  Une ombre passa sur son regard, engloutissant le reste de son dernier pancake. Il avait bien des idées de ce qu’il avait envie de lui dire, mais était-ce bien le moment ? Le vétérinaire ne s’était même pas encore véritablement remis de la nuit du cimetière, juste vaguement reposé, les muscles endormis. Peut-être avait-il pris un kilo suite au repas gargantuesque qu’il s’était fait la veille. Un appétit de loup.

Un clic en bas le conforta dans l’idée qu’il se faisait au départ : c’était bien David. Personne d’autre ne pouvait entrer, pas même son père. Harry poussa un soupir et ramena les cols de sa veste vers son menton. Un style impeccable s’il n’était la largesse de ses plis. L’instant de la confrontation était venu, il la craignait autant qu’il la désirait du plus profond de son sang. Sa main vint caresser le sommet de son demi-loup, pour l’apaiser. Ce dernier retourna s’allonger comme un pacha sur le canapé. Harry descendit les escaliers, la gorge nouée. Ses lunettes glissèrent sur le bout de son nez, il les remit.

- Oui, je suis là.

Sans surprise, le chirurgien l’attendait au milieu du hall, bien sagement.  Tout un tas d’émotions pourtant le submergèrent. Bien évidemment, la joie de le voir là, pour la première fois après cette dizaine de jours -trop longtemps sans avoir pu le revoir. Malgré les jours qui passaient inlassablement aux rythmes des horloges -n’en déplaise à Felix, Harry ne se lassait jamais de voir David. Sa petite moue boudeuse et ses yeux tristes, peut-être justement parce qu’il ne les voyait pas assez. C’était ce visage qu’il avait envie de chouchouter à l’excès, pour se persuader qu’il reviendrait avant le mois prochain. Se rapprochant de lui, le vétérinaire courba son immense cou et le haut de son dos pour venir déposer un doux baiser sur ses lèvres. Un baiser tendre et lent, loin de ces étreintes presque désespérés qu’il lui avait été coutume de jeter. Ses yeux étincelaient en rencontrant les siens, de cette lumière qui ressemblait un peu à celle d’avant. Comme à son habitude, il se moquait qu’on puisse le voir d’au delà des vitres. Celles-ci étaient pour la plupart recouvertes des fumées qui remontaient des usines, des tâches de boues quand on en éclabousse les flaques, d’affiches d’imbéciles venus collés un événement quelconque. De toute façon, il n’y avait personne dans la rue. Pas un bruit, juste le bruit de leurs pas dans le hall -et des animaux dans l’entrée de la petite cour qui les regardaient en remuant de la queue. Harry, bien tristement, n’en vint pas à cette extrémité et s’écarta de David. Il était déjà bien assez heureux de lui avoir volé un baiser.

- Tu voulais me voir ?

Ah. Le vétérinaire ne parvenait pas à défaire une certaine ironie dans les crevasses de sa voix. Quelque chose d’imperceptible peut-être pour le commun des mortels, mais quelque chose que David pouvait entendre. Il n’avait pas l’habitude de parler avec cette voix. Harry se sentit soudainement mal d’avoir commencer les hostilités d’une manière presque détournée. Mais quelque chose grondait au creux de son ventre depuis un petit moment, une sensation aigre de cet insidieux silence. Il n’en voulait pas au chirurgien de ne pas venir le voir tous les jours, sachant à quel point son emploi du temps était compliqué. C’était… tellement d’autre choses. Harry ne pouvait prétendre être la plus parfaite des victimes non plus.

- Viens prendre quelque chose maintenant que tu es là.

Prenant discrètement sa main, Harry remonta finalement les quelques marches jusqu’à chez lui. Maintenant qu’il y avait possibilité d’une discussion, il ne la laisserait pas s’échapper. Le demi-loup fut surpris de le voir revenir aussi vite mais remua ses fesses jusqu’à saluer les deux hommes. Son appartement semblait pareil à autrefois, peut-être un peu mieux rangé. L’odeur des pancakes flottait encore dans l’air, délicieuse. Harry s’attela à faire un bon chocolat chaud, jetant parfois de petit regard à David, comme pour vérifier qu’il ne s’était pas enfui entre temps. Une petite marque de paranoïa qu’il avait fini par contracter durant les derniers mois. Après tout, il avait bien remarqué ces choses, avait l’œil de ce genre de changement. Quelque part, le vétérinaire se sentait mal à l’aise. Comme si le renouveau qu’il y avait eu dans son esprit… était un pas en avant vers une mentalité de radicalement différente. Il espérait lui faire comprendre certaines choses. Ses longs doigts tendirent la tasse chaudement réalisée à David, mais le squelette n’allait pas s’installer sur le canapé, comme il avait pu en avoir l’habitude. La chaleur et le confort du canapé, pour se coller à ses hanches et chuchoter dans son cou, chatouiller ses cheveux. Lui s’installa à la table de la cuisine, jetant un œil absent dans sa propre tasse de thé vide. Il resta étrangement silencieux, préférant attendre ce qu’il pouvait avoir à lui dire. Harry redressa son long corps le long du dossier de sa chaise, observant David d’un œil interrogatif et d’un demi-sourire.

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MessageSujet: Re: The Return of the Owl - [David & Harry] Mer 21 Nov - 10:06



The Return of the Owl.

« The Edge Of The Night. »

Whitechapel, 19 avril 1892.

David se tenait toujours dans le hall d’entrée du cabinet vétérinaire d’Harry, sans oser s’aventurer plus haut pour l’instant. Même s’il savait que le propriétaire des lieux l’aurait plus qu’encourager pour que le chirurgien fasse comme chez lui et monte à l’étage le rejoindre comme s’il vivait ici, David avait cette pudeur, cette retenue qui l’empêchait de prendre ses aises comme si de rien n’était, ne souhaitant guère déranger Harry dans quoi qu’il fasse. Il entendit alors du bruit venant de l’escalier puis la voix du vétérinaire se manifester. Le chirurgien lui sourit timidement tout en le regardant se diriger vers lui. Il l’ausculta très brièvement du regard, vérifiant que le vétérinaire ne boitait pas ou ne souffrait pas. Non, Harry avait l’air de bien se porter globalement même s’il avait l’air fatigué, comme ces dernières semaines, au final. David s’en voulait un peu, au final, de l’état mental de son amant. Il n’avait sûrement pas apporté le soutien moral dont le vétérinaire aurait eu besoin mais, là encore, le docteur estimait qu’il n’aurait rien arrangé. Voire pire : il aurait sûrement aggravé le moral de Harry, même si cela n’était pas intentionnel. David soignait les corps, pas les cœurs, malheureusement…

Ce fut alors qu’Harry se montra étrangement entreprenant en lui volant un baiser sans même que le chirurgien eût eu le temps de le saluer en propre et due forme. Cependant, il ne le repoussa pas, n’étant nullement en froid avec le vétérinaire, même s’il avait posé sa main sur l’avant-bras d’Harry par réflexe. David n’était pas quelqu’un de très démonstratif dans sa façon d’aimer ou même de haïr. Il paraissait souvent froid et distant mais n’était pas imperméable aux sentiments même les plus basiques. Il ne savait juste pas les exprimer. Par pudeur, pas timidité ou peut-être à cause d’un traumatisme plus profondément enfoui. Néanmoins, David ne pouvait s’empêcher d’essayer de savoir si Harry allait bien. Peut-être avait-il juste pris un coup sur la tête pour se montrer aussi… direct. Quoique. Au final, cela lui ressemblait bien d’être entreprenant. Il ne fallait, de toute façon, pas compter sur le chirurgien pour faire avancer les choses, malheureusement. David se connaissait et il savait que cela faisait partie de ses plus grands défauts. Alors Harry prenait les devants et il avait bien raison. Une fois leur baiser terminé, le médecin garda la main de son amant dans la sienne, le regardant avec un sourire tendre.

Cependant, avant que David n’eut le temps de dire quoique ce soit d’autre, Harry s’empara de son autre main et l’entraîna à l’étage de son cabinet, faisant lâcher sa première main au chirurgien. Il se laissa guider avant de se faire doucement installer à la table de la petite cuisine d’Harry, sous les yeux de son chien-loup, celui qui avait été la raison de leur rencontre. David devait avouer qu’il avait toujours l’animal imposant et se disait que c’était sûrement très rassurant d’avoir une telle bête à ses côtés pour protéger la demeure. Peut-être était-ce aussi pour cela que le chirurgien n’avait osé monter à l’étage, de peur de déranger le canidé qui veillait. Même s’il doutait bien que le chien le connaissait et qu’il savait que David était tout sauf un ennemi. Ce dernier jeta un regard à son amant qui était occupé à préparer un petit chocolat chaud dont il avait le secret. Le chirurgien lui souriait quand leurs regards se croisaient. Mais il demeura silencieux, n’osant pas tellement entamer la conversation de peur de froisser Harry. Après tout, il savait pertinemment qu’il apparaissait et disparaissait de la vie du vétérinaire comme s’il n’avait été qu’une sorte d’esprit.

— Merci pour le chocolat…

Il lui sourit en prenant la tasse dans ses mains et regarda le contenu puis Harry avant de soupirer légèrement.

— Écoute… Je sais que je disparais un peu en ce moment et je suis désolé… Je…

Il chercha ses mots, essayant d’être diplomatique et de parler avec tact, deux qualités qu’il n’avait malheureusement pas.

— Je sais qu’il s’est passé un truc au cimetière de Highgate l’autre jour et que tu y étais… Je… Je voulais venir plus tôt te voir mais… entre l’hôpital et Felix.

Il eut une moue gênée.

— C’est lui qui m’a dit que tu allais bien et… et…

Et David ne faisait pas confiance à l’horloger, les faits étaient là. Felix lui avait dit qu’Harry n’avait rien, qu’il avait été épargné et le chirurgien ne put que s’en remettre à ce témoignage qu’il avait d’abord pensé faux, par pur égoïsme de la part du mari d’Amy. Il avait en effet pensé que ce dernier avait menti pour pouvoir rester en vie, au détriment de la vie du vétérinaire mais il devait bien admettre que son raisonnement était faux. Il n’aimait pas Felix, mais il essayait de se rassurer en songeant au fait qu’Amy n’aurait pas épousé un homme malhonnête, cruel et égoïste.

— Et visiblement c’est le cas… J’ai vu les blessures de Felix, il a fallu que je les soigne… Amy pense qu’il a perdu la tête, il ne cesse de dire que c’était un loup-garou qui lui a fait ça… Sauf la balle dans son mollet. Là, il refuse de nous dire qui c’est.

Il haussa les épaules, par désintérêt sur l’identité du tireur.

— Mais toi, tu vas bien…? Tu n’as rien ? Jonathan semble avoir été épargné aussi, il y était apparemment…

Les mains toujours sur sa tasse de chocolat chaud qu’il n’avait pas touché, il regardait Harry droit dans ses yeux, une lueur vraiment inquiète dans ses iris.

— Qu’est-ce que c’était réellement pour que Felix perde la tête ainsi…? Il est pourtant relativement cartésien quand ça ne concerne pas ses horloges… Et… tu es sûr que tu vas bien, tu as l’air… Tu…

Tu as l’air changé. Mais David n’eut pas le courage de sortir cette dernière phrase, préférant le regarder avec un air réellement inquiet, soucieux de l’état de son amant. Peut-être que le vétérinaire n’avait des blessures que dans sa tête et le chirurgien était aussi incapable qu’inutile pour ce genre de séquelles. Il espérait juste que cela ne soit pas trop grave. Nerveux, sa poigne se referma légèrement sur sa tasse, ne quittant pas Harry du regard.
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MessageSujet: Re: The Return of the Owl - [David & Harry]

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