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[Flash-Back]«ℕégociations et Controverses - von Stierlitz & Lyons»

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MessageSujet: [Flash-Back]«ℕégociations et Controverses - von Stierlitz & Lyons» Jeu 8 Juin - 22:03



ℕégociations et Controverses

«It's a game for the few and a victory for the one.»

Palais du Sultanat, Zanzibar, Afrique - 1885.

La Conférence de Berlin, aussi connue sous le nom de «Conférence de l'Afrique de l'Ouest» avait finalement abouti à un accord signé le 26 Février 1885, après des négociations s'étant étendues sur presque deux ans. Les grands dirigeants européens se sont accordés sur la division et le partage des territoires africains, autorisant chaque état-membre à installer ses colonies sur la région lui ayant été accordée. Parmi ces états membres, nous retrouvons deux pays sur lesquels nous allons nous pencher plus attentivement; L'Empire Allemand et le Royaume-Uni.

Dagmar von Stierlitz venait de fêter son vingt-quatrième anniversaire et pourtant, il occupait déjà une position des plus admirables. Ce jeune homme de nationalité allemande, ayant gravi quelques échelons jusqu'à parvenir à certains cercles politiques de son pays, avait maintes fois prouvé ses capacités à négocier et à représenter fièrement mais sans trop de cérémonies, l'Empire Allemand sous son meilleur jour -éclatant et glorieux comme on l'a connu par le passé. Le Pays avait besoin de représentants charismatiques et compétents, à l'image de son légendaire chancelier -bien qu'il arrivait aux avis sur la réputation de Bismarck de ne pas être unanimes-, et Stierlitz parut être une évidence. Sa jeunesse, à la fois caractérielle et forte, était un atout majeur qui incarnait nombreuses qualités de l'Empire. Il était un choix risqué, mais quel bon choix.
En été 1885, Dagmar von Stierlitz -accompagné de quelques assistants et politiques- fut donc envoyé au Sultanat de Zanzibar, en tant que diplomate représentant la volonté et les intérêts de l'Empire Allemand. Zanzibar était une terre relativement neutre, située entre des propriétés allemandes et britanniques. C'est donc là-bas qu'il était convenu de tenir les négociations quant à la division et l'attribution des nouvelles frontières Africaines. Bien que les accords avaient déjà été signés quelques mois auparavant, tous les participants de la Conférence de Berlin avaient convenu à envoyer des hommes sur place afin d'assurer que tout se passe comme il avait été convenu en Février. Au même titre que Stierlitz, le Royaume-Uni avait envoyé son propre représentant -un homme honorable du nom de James C. Lyons. Ce que les diplomates ne savaient pas encore, c'est à quoi allaient bien pouvoir ressembler les négociations sur place. Chacun allait devoir faire bonne impression, imposer son autorité et surtout, jouer son jeu habilement afin d'obtenir gain de cause pour la nation qu'il est venu représenter.
C'est ainsi que ce qui avait officiellement été annoncé comme étant une réception de luxe entre gentlemen européens s'est retrouvée n'être ni plus, ni moins qu'un jeu malsain et stratégique. On allait jouer de son paraître et de ses manières afin de décider du sort de millions de vies dans l'incompréhension. En un simple geste de gant ou bouffée de cigarette, messieurs les diplomates allaient, sans plus tarder, négocier le sort de l'Afrique.

C'est dans le palais du Sultant de Zanzibar que s'est donc tenue ladite réception. Dagmar von Stierlitz, déjà présent sur place, était vêtu d'un somptueux costume à queue de pie noire et cravate blanche lui ayant été taillé sur mesure -et quelles mesures ! Une silhouette aussi élégante qu'élancée, et une démarche aussi fraîche et assurée. Dans le moindre de ses mouvements, il traduisait son assurance et sa détermination autant que cette savoureuse délicatesse mûrie par l'intellect. Il était parmi les plus jeunes étrangers présents, et pourtant, il n'était pas des moindres. De cela, il en était conscient mais veillait bien à ne pas avoir l'air trop arrogant tout de suite -c'est une qualité qui doit être adroitement manipulée. Sinon, elle porte préjudice.
Un verre de champagne en main, le diplomate allemand faisait le tour de la pièce, tantôt pour en admirer les décors comme se doit de le faire tout homme avec ne serait-ce qu'une once de bon goût, tantôt pour pour saluer les autres personnes présentes et ainsi se faire une première idée de ses adversaires de ce soir. Lorsqu'il repensait à cette idée, les lèvres de Dagmar se mettaient à esquisser un fin sourire, tandis que ses yeux, eux, demeuraient d'un sérieux perspicace.

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MessageSujet: Re: [Flash-Back]«ℕégociations et Controverses - von Stierlitz & Lyons» Dim 11 Juin - 18:34



ℕégociations et Controverses

« Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est négociable. »

Londres, Angleterre - 1885.

De retour en Angleterre après la fameuse conférence de Berlin sur le partage de l'Afrique entre les grandes puissances européennes, James a rapidement été convoqué quelques jours après son arrivée par le secrétaire d’État des Affaires étrangères de l'époque Granville G. Leveson-Gower, 2e comte Granville. Rejoignant le Foreign Office de Westminster sur Whitehall à bord de son fiacre, il atteins le bâtiment après seulement quelques minutes depuis ses appartements. Gravissant à son arrivée les quelques marches du perron avant de pénétrer à l'intérieur, il ôte alors son manteau ainsi que son haut-forme qu'il laisse au bon soin d'un domestique. Parcourant les marches supplémentaires le menant directement au dernière étages de l'immeuble, il s'introduit finalement au sein de l'anti-chambre du bureau du comte. Annonçant son nom, son rang ainsi que la raison de sa venue à l'adjoint du secrétaire d’État, il prend place sur l'un des confortables fauteuils afin d'y patienter. Les minutes s'enchaînent avant que la porte ne s'ouvrent enfin et que Lord Leveson vienne à lui pour le saluer. S'adressant une poignée de main, les deux hommes ne tardent pas à s'échanger les banalités d'usage avant de gagner le bureau pour entrer dans le vif du sujet. S'attendant à un entretien en tête à tête, le duo se change rapidement en trio lorsque James aperçoit assis sur l'un des fauteuils de la pièce un homme qui lui est rapidement présenté. Répondant au nom de Sir William Mackinnon, cet homme d'affaire originaire d’Écosse est introduit par le secrétaire d’État comme un important partenaire commercial désireux d’étendre ses activités sur la côte orientale Africaine. Déjà fortement présent sur la plupart des côtes de l'Océan Indien, il était venu à Londres dans l'espoir de pouvoir intégrer l'expédition vers Zanzibar, lieu jugé neutre pour les pourparlers en vue de l'application des décisions prises durant la conférence de Berlin.


Palais du Sultanat, Zanzibar, Afrique - 1885.

C'est donc accompagné de Mackinnon ainsi que de toute une ribambelle d'envoyés gouvernementaux de sa Majesté que James s'embarqua en direction de Zanzibar. Effectuant ainsi un long trajet alternant entre les moyens de transport terrestre et maritime, il traversa notamment l'Europe jusqu'à Constantinople à bord du prestigieux Express d'Orient avant de s'embarquer sur un navire. Traversant la mer Égée puis le bassin Levantin jusqu'à Suez, son steamer traversa le canal, navigua sur la mer Rouge avant de contourner la corne de l'Afrique pour enfin longer ses côtes jusqu'à l'île de Zanzibar. Arrivant à terre, ils furent tous conviés à prendre leur quartier dans les plus beaux appartements de la ville , spécialement préparés pour recevoir les hauts dignitaires européens. Rapidement après leur installation et en guise de cérémonie de bienvenue, une somptueuse réception fut organisée au sein du palais royal de Zanzibar City sous la présidence du Sultan. Parfaite occasion de commencer à tâter le terrain, voir à sceller de potentielles alliances, c'est un véritable ballet de pingouins qui débuta malgré la chaleur assommante sous de pareilles latitudes. Ayant prévu le coup, James s'était spécialement fait faire dès son retour à Londres, au lendemain de la conférence, un ensemble de tenues et de smoking queue de pie en lin de la plus belle qualité.

Rejoignant le reste des convives en même temps que le reste de la délégation britannique, ils parcourut avec eux les fastueux décors du palais pour rejoindre la salle de réception. Partageant alors les présentations et salutations protocolaires d'usage, il ne lui fallut pas plus longtemps pour s’éclipser vers le bar. Préférant le Scotch au Champagne, il s'en fit servir un verre avec deux glaçons puis se plaça comme à son habitude légèrement en retrait pour effectuer un rapide compte-rendu de la pièce qui l'entourait. Analysant chaque visage pour les identifier un à un, il effectua un véritable plan des connexions entre les différents invités, leur intérêt, ainsi que leur rôle dans le futur de l'Afrique et de sa place sur la scène internationale. Réalisant de prime abord cette exercice de manière purement mental, il l'acheva avant de poser son verre sur le rebord d'un meuble. Se libérant ainsi les mains, il fourra l'une d'elles dans la poche intérieure de sa veste, pour en sortir un petit carnet de cuir dans lequel il inscrivit hâtivement ses observations et conclusions, dans un étrange code.
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MessageSujet: Re: [Flash-Back]«ℕégociations et Controverses - von Stierlitz & Lyons» Sam 17 Juin - 12:02



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«Les questions montrent l'étendue d'un esprit et les réponses -sa finesse.»

Palais du Sultanat, Zanzibar, Afrique - 1885.

Entre tous ces messieurs en queue de pie et beaux discours, les représentants allemands avaient cette particularité qu'ils ne restaient pas regroupés et qu'ils s'éparpillaient habilement aux quatre coins de la pièce, auprès de divers autres convives. Certains engageaient la conversation, d'autres se voyaient engagés dans des conversations. Chacun trouvait quelque chose à faire et surtout -un moyen de le faire bien. Que ce soit par le biais de leurs manières soignées ou de leurs discours sérieux, leur mission était d'avant tout imposer l'autorité de l'Empire Allemand face à des nations proéminentes comme la France ou la Grande-Bretagne. Aussi, tout se faisait en subtilité; si ils semblaient dévoués à leurs interlocuteurs, ils trouvaient aussi une subtile manière de s'échanger quelques mots et quelques constats, que ce soit par un regard insistant ou au détour d'un plateau de champagne.

Dagmar von Stierlitz, dans la gloire de sa jeunesse et de son costume taillé sur-mesure, s'était lui aussi mis en tête de trouver quelque filon intéressant à exploiter. Il fallait avant tout tâter le terrain, c'est pou cela que la réception prenait place, n'est-ce pas ? D'ailleurs, c'est un bien somptueux palais qui les accueillait ce jour-là. Tous les étrangers se ressemblaient aux yeux des indigènes -ils étaient tous habillés de la même manière, ils parlaient tous des mêmes choses, et ils buvaient les mêmes breuvages aux prix exorbitants. Il y avait pourtant une subtilité que les domestiques et hôtes locaux étaient loin de capter, et il s'agissait indéniablement du détail le plus crucial de toute cette mise en scène de bonnes manières et d'intellectuels. Si tous se ressemblaient, c'est parce que tous étaient extrêmement opposés. Discrètement, les hommes comparaient la qualité des tailleurs leur ayant fourni les costumes qu'ils portaient, ils négociaient autour des mêmes sujets avec des intérêts leur étant bien personnels et surtout, il y avait là une large gamme d'alcools dont le choix était précis et méticuleux. Aussi, c'est sur ce dernier point que Dagmar von Stierlitz décida de miser sa première carte.
N'ayant pas manqué de repérer un homme, à l'écart du reste, prendre des notes dans un petit carnet après s'être servi un verre de ce qui était sans aucun doute du Scotch parfaitement noble, Stierlitz avait lui aussi dérivé vers le buffet afin de se servir un verre de Whisky, boisson qui lui sied tellement mieux que le riche mais répandu champagne.
Si dans un premier temps, il ne dit pas un mot, son regard s'était pourtant égaré en direction de l'homme dont il devinait les traits et les gestes. Il analysait autant qu'il le pouvait et déjà, certaines idées et appréhensions commençaient à se lier dans son esprit au sujet de cet individu. Il ne savait pourtant que trop bien qu'il fallait initier la conversation au moment le plus optimal, et il se trouve que celui-ci survint alors que Dagmar terminait de se verser son fond de verre de Whisky dont il allait se faire un plaisir de deviner la provenance.

«- Je reconnais les intentions d'un homme par ses goûts en matière d'alcool...

Il s'était prononcé d'un ton posé, rendu légèrement intrigué par le fin sourire qui se dessinait aux coins de ses lèvres. Il était jeune, et en plus de la sérieuse que lui procurait sa fonction, il y avait, dans son allure, quelque chose de vif, à l'image du verre qu'il venait de se servir avant de tourner la tête vers l'homme à ses côtés.
Ses paroles étaient destinées au Britannique, à la fois directement et indirectement. Une manière subtilement sournoise d'initier une conversation -j'en conviens. Mais ne trouve-t-on pas ici toutes sortes de tempéraments ?

- ...Un très bon choix, soit-dit entre nous. Un Glenlivet, si je ne m'abuse ? Leur Single Malt est fort exquis, il ne serait pas étonnant que notre hôte s'en soit procuré.»

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