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And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara

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Clara Hamilton
Clara Hamilton

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MessageSujet: Re: And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara - Page 2 Icon_minitimeVen 1 Nov - 22:01



And in a second, our lives changed...

« Please, don't leave... don't leave me... »

Maison Hamilton, 1892

Cette fraction de seconde, cette unique fraction de seconde pendant laquelle une vie entière défile devant vos yeux, Clara en prit connaissance au moment où son cœur manqua un battement et que la seule chose qu’elle vit fut le visage parfait, mais gris de son fils qui, comme ses nombreux prédécesseurs, n’était pas destiné à vivre.

Les Hamilton n’avaient pas d’enfants. Mariés depuis douze ans, ils avaient subi la perte de nombreux bébés en cours de grossesse, mais un seul enfant était né à terme. Un accouchement difficile et trop long avait été fatal à ce fils qui n’avait poussé aucun cri à sa venue au monde. Ce fils dont ils n’arrivaient toujours pas à faire leur deuil, encore à ce jour, et pour qui ils préféraient s’occuper l’esprit, chacun de leur côté, pour réussir à l’oublier plutôt que de le pleurer ensemble.

Malgré les cris et les pleurs de sa mère, l’enfant n’avait pas respiré. Richard, le cœur brisé, avait réussi à retirer l’enfant des bras de Clara qu’après plusieurs heures, au cours desquelles elle l’avait bercé en chantant, alors qu’elle s’était finalement endormie. Elle ne lui avait, d’ailleurs, jamais pardonné.

À aucun moment Richard n’avait tenu responsable son épouse de la mort de leur enfant; c’était malheureusement des choses qui arrivaient. Il s’était montré compréhensif et respectueux et lorsque Clara avait décidé de ne plus partager son lit, craignant probablement une nouvelle grossesse, il avait tout simplement accepté cette situation, pleurant néanmoins cette femme qu’il sentait, jour après jour, devenir plus distante… Et les années s’étaient ainsi écoulées…

Avant même que la jeune femme n’essaie de se retenir à son serviteur, ce dernier l’avait attrapé par la taille, la serrant contre lui, mais la gravité étant ce qu’elle était, Ewen bascula à son tour dans l’escalier.

La chute fut brève.

Protégée par le corps de l’Irlandais, Clara ne sentit qu’un choc au moment où leurs deux corps heurtèrent le sol de terre battue de la cave, mais le souffle coupé du jeune homme, à ce moment, lui fit comprendre qu’il ne s’en sortirait pas aussi bien qu’elle.

Monsieur O’Hara venait-il réellement de se mettre lui-même en danger pour sauver une femme qui ne lui offrait que du mépris? Pourquoi ne l’avait-il pas laissé se rompre le cou en tombant et mourir dans cette cave qu’elle affectionnait tant? Et pourquoi, encore une fois, il ne faisait preuve que de bonté envers elle alors qu’il s’inquiétait de son état? Pourquoi prenait-il le blâme de leur chute alors que tout était de la faute de Clara?

« Je crois que je vais bien… », répondit-elle en s’appuyant sur son bras pour se redresser, observant Ewen en faire de même. « Et vous? », se risqua-t-elle à demander alors que les grimaces de son visage et les mouvements qu’il exécutait pour se désengourdir lui offraient une réponse plutôt claire.

Clara regarda le jeune homme se lever sans relever sa dernière remarque; sa voix était moins enjouée et insouciante qu’elle ne l’avait été depuis son entrée dans la demeure des Hamilton… Tuer cette flamme de vie si pure et rafraichissante qui faisait battre le cœur d’O’Hara, dans cette maison où seuls le silence et les regrets existaient, était un crime pire que tous ceux ayant pu être commis par ce dernier.

Était-ce cela, le karma de la jeune femme : faire mourir tout ce qui était beau, joyeux et pur dans un monde où la laideur était partout?

Sa vision brouillée par de nouvelles larmes, Clara vit Ewen se pencher et tendre les bras vers elle et, en un seul mouvement, la remettre sur ses pieds. Il n’avait eu aucun mal à la soulever malgré les douleurs que sa chute avait dû lui causer et ce simple geste ne faisait que prouver à madame Hamilton que si son serviteur avait été mal intentionné, ce n’était pas ses paroles blessantes qui l’auraient empêché de lui faire du mal.

L’inventrice le regarda même épousseter sa robe sale, silencieuse, comme s’il était naturel pour lui de le faire, ignorant, encore une fois, sa propre personne pour le bien de Clara, mais il y avait, dans cette action, quelque chose qui relevait de la capitulation et les paroles, prononcées par Ewen, confirmèrent cette impression : il renonçait à l’emploi lui ayant été offert par Richard Hamilton et quitterait sa demeure sur-le-champ.

N’était-ce pas ce qu’elle avait souhaité, depuis l’instant où son mari lui avant annoncé l’embauche d’un serviteur provenant de la rue et sortant de prison? Que leur petite vie continue comme elle avait toujours été et qu’aucun inconnu ne vienne perturber leur quotidien? Que cet homme souriant, enthousiasme et beaucoup trop heureux de leur venir en aide, de quelque façon que ce soit, ne quitte leur demeure aussi rapidement qu’il y était entré?

Et pourtant, à cet instant, Clara Hamilton n’en ressentait aucun soulagement ni bonheur.

« Je lui dirai… », dit-elle, tout simplement, en baissant la tête vers sa poitrine alors que monsieur O’Hara lui tournait le dos pour se diriger vers l’escalier. Que pouvait-elle faire? Le retenir était impossible; elle l’avait rejeté avec tant de violence, quelques instants plus tôt… Le pauvre homme…

La première marche de l’escalier craqua lorsqu’il y posa le pied et Clara releva la tête, plongeant son regard assombri par les larmes dans les yeux clairs de l’Irlandais qui, à son grand étonnement, lui parla à nouveau.

Cette fois, néanmoins, ce fut Ewen O’Hara, l’homme et non le serviteur, qui s’exprima. La différence était subtile, mais décelable. Celui qui n’était plus un domestique pouvait parler ouvertement, sans craindre de déplaire à sa maîtresse et pourtant, bien que percutantes, à aucun moment il ne lui démontra une force de caractère négative, un tempérament exécrable ou une méchanceté à peine voilée…

Pire encore, ses seuls reproches pour Clara furent au sujet de son choix d’éclairage…

Madame Hamilton demeura silencieuse et laissa Ewen monter l’escalier. Lorsqu’il fut presque arrivé tout en haut, elle se précipita à sa suite : « Vous ne pouvez pas démissionner!... Mon mari ne l’acceptera jamais! Et vous ne pouvez partir maintenant; Richard vous a promis une balade en voiture et un repas! », s’écria-t-elle pour être certaine que ses paroles soient bien entendues par le jeune homme, les yeux rivés sur son dos. « Monsieur O’Hara… Ewen… Je vous en prie… Pour mon mari, restez… ».

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Ewen O'Hara
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MessageSujet: Re: And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara - Page 2 Icon_minitimeSam 2 Nov - 12:08

And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara - Page 2 Ac28e491d8804ed9bf2ae9c3978b1e29d561ebfb

Maintenant qu'il avait pris sa décision, bien que contre sa volonté première, Ewen ne s'était pas attendu à ce que la Hamilton le retienne : elle avait été plutôt claire dans ses précédents propos, lui faisant comprendre qu'il n'était pas le bienvenu. Il ne lui en voulait pas, à vrai dire. Au contraire, c'était plutôt la gentillesse de son mari, Richard, qui le surprenait réellement.
Il n'avait pas fait grand chose en vérité, que de ramasser un document qu'il avait perdu en marchant, et de le lui ramener, avant qu'il ne soit perdu ou que quelqu'un le lui vole. Mais la manière bienveillante dont le O'Hara s'en était chargé, sans doute, en dépit de son propre confort, car il avait encouru de se faire renverser par plusieurs voitures tirées à un trot rapide, l'avait ému, autant que son apparence pourtant sans atours. Si beaucoup n'avait pas vu sous la crasse le véritable visage d'Ewen, le Hamilton l'avait reconnu en une fraction de secondes, et pour cela, il s'en était fait un éternel allié. Il n'y avait rien que l'irlandais ne se sentait prêt à faire pour le premier homme qui lui avait sourit avec sincérité, et sans aucune retenue, depuis sa sortie de prison.
Les suppliques inespérées de la jeune femme le coupèrent donc dans son élan, lui faisant prendre conscience du manque de politesse qu'il démontrerait en partant sans autres explications, après la main qu'il lui avait tendu. Et même s'il était déterminé à ne pas être un point dans cette maison, Ewen se résolut à rester, pour attendre le retour de celui qui avait proposé d'être son maitre.

    - J'vais l'attendre dans l'entrée, répondit donc calmement le jeune homme, sans prendre la peine de se retourner, pour ne pas voir de nouveau l'expression de colère qu'il semblait lui inspirer. Il n'était peut-être qu'un rebut de la société, mais il n'était pas tombé assez bas pour voir son honneur piétiné encore une fois. J'voudrai pas qu'il pense qu'j'ai pas d'valeu... Enfin, peu importe. Vous pouvez pas comprendre ça, murmura-t-il, assez bas pour qu'il n'adresse cette remarque qu'à lui-même, sans en faire un véritable reproche... C'était une constatation, qu'il devait accepter.


Et comme il venait de l'annoncer, il se dirigea vers l'endroit d'où il était venu, l'air plus accablé qu'en arrivant, et plus sale aussi. Désormais, sa chemise était couverte de poussière, et plusieurs marques rouges, qui allaient surement se changer en bleus, apparaissaient aux endroits de sa peau visibles. Il ne s'en formalisait pourtant pas, parce qu'il avait connu bien pire, et qu'il se savait assez résistant pour que quelques coups ne le brisent pas.
Il se planta donc au milieu du tapis, sans oser trop bouger de peur de salir son environnement, qu'il ne méritait surement pas d'arpenter dans cette tenue. Il ne se sentait pas non plus digne de s'asseoir sur le banc qui avait été disposé sans doute à cet effet, sous un tableau d'un goût sobre, mais joli.

En prison, il n'avait guère eu l'occasion de s'intéresser à d'autres formes d'art que les gravures murales laissées par certains de ces congénères, pour décompter les jours qui passaient, quand ils avaient l'occasion de voir la lumière. Ewen avait quelques fois été mis à contribution de travaux particulièrement pénibles dans la ville, rendus pires encore par les chaines qu'on leur faisait porter en permanence, pour les maintenir dociles. Malchance ou pas, la carrure et la jeunesse du O'Hara avait été mise à profit à chaque fois que les finances du contribuable avait nécessité une participation de main d'oeuvre gratuite... Cela lui avait permis, en un sens, de respirer l'air des rues, de voir autre chose que des barreaux, mais aussi d'apprendre quelques talents, plus ou moins forcés, et aisés.

    - Vous en faites pas, j'touche à rien, assura le jeune homme, avec un ton tristement amusé, en voyant que la brune l'observait toujours, de là où elle était restée. Se méprenant sans doute sur ses inquiétudes, il ajouta : J'vais lui dire qu'j'ai aut'chose à faire qu'm'occuper d'c'te belle maison. Des gars comme moi, ils en ont plus b'soin sur les chantiers, c'là qu'est ma place.


Et ça, il y était donc bien habitué. Ce n'était pas faux, en quelque sorte, même s'il ne lui avouerait pas qu'il toucherait probablement un salaire minable, tout juste de quoi s'offrir à manger, en se cassant le dos plus de 12 heures par jour. Mais c'était son plan initial... La seule voie véritable qui s'ouvrait à des gens comme lui, décidés à rester honnêtes - ce qui expliquait surement les récidivistes.
Dans tous les cas, il ne tenait pas à ce qu'elle le prie de rester de crainte de s'attirer les foudres de son mari... Elle n'avait bien sur aucune culpabilité à avoir, en essayant de se protéger, ainsi que son foyer, des pattes d'un ancien taulard.




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MessageSujet: Re: And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara - Page 2 Icon_minitimeDim 3 Nov - 17:44



And in a second, our lives changed...

« let me be a better person »

Maison Hamilton, 1892

Il attendrait Richard dans l’entrée, c’était ce qu’Ewen avait dit, de cette voix calme et sans enthousiasme qui ne fit que blesser davantage la jeune femme au moment où elle le rejoignit, au rez-de-chaussée. Si monsieur Hamilton respectait son horaire, il ne serait pas de retour avant quelques heures et étrangement, de savoir que le jeune homme resterait pendant ce temps soulageait Clara.

Ses paupières se fermèrent un instant, le temps d’un remerciement silencieux pour l’Éternel et Ewen parla à nouveau, terminant sa phrase par un murmure imperceptible avant d’avancer vers la porte d’entrée de la demeure des Hamilton.

Clara observa ses mouvements, cherchant peut-être à y percevoir des signes de muscles endoloris par leur chute, mais son attention se concentra sur la silhouette d’O’Hara : Richard et lui n’avaient absolument rien en commun physiquement. Son mari était plus petit en taille que l’Irlandais et, bien que possédant une forme physique certaine, était plus élancé que ce dernier. Où l’un portait ses cheveux clairs aux reflets roux plus longs, l’autre coiffait ses cheveux noirs à la dernière mode américaine. Accordant beaucoup d’importance à son apparence, Richard était toujours tiré à quatre épingles alors que la situation plus précaire d’Ewen ne lui permettait pas d’en faire autant.

Dans l’une des malles, se trouvant à l’étage, était entreposé l’un des costumes ayant appartenu au père de Clara. Walter May avait toujours été un homme imposant; peu athlétique et au ventre bien rond, il n’avait jamais réellement eu les moyens financiers de se faire faire une garde-robe complète sur mesure, mais cet unique costume, plutôt sobre, mais élégant, était celui qu’il avait porté au mariage de Clara à Richard Hamilton. Ce jour-là, aux yeux de la jeune fille, le plus bel homme de la réception avait été son papa. Ainsi, à son décès, ce costume lui avait été légué en héritage et il était tout ce qu’elle avait souhaité garder… Avec quelques ajustements, bien que pas à la dernière mode, il pourrait peut-être faire au jeune Irlandais; il était plus simple de retirer du tissu que d’en ajouter…

La voix de monsieur O’Hara, presque musicale par son fort accent, interrompit les pensées de la maîtresse de la maison qui prenait conscience, à cet instant, qu’il s’était tourné vers elle et l’avait surprise à le regarder avec insistance. Le pauvre homme s’imaginait qu’elle le surveillait… Et c’est peut-être est-ce qu’elle aurait fait, en d’autres circonstances… Pour seule réponse, Clara acquiesça subtilement de la tête, lui adressant un timide sourire triste; elle le savait, maintenant, qu’il n’aurait touché à rien pour mal faire… Seulement, elle s’en apercevait trop tard…

« Je suppose que vous avez raison… Vous y serez certainement plus heureux et… mieux traité… », déclara la jeune femme, d’un ton de voix peu convaincu, en détournant le regard, papillonnant des paupières pour effacer ses précédentes pensées de son esprit : Ewen n’avait plus aucune envie de rester dans cette maison… Et elle pouvait le comprendre…

Prenant une profonde inspiration, Clara effectua une rotation sur elle-même pour fermer la porte de la cave et, prenant bien soin de ne pas se tourner vers Ewen, se dirigea vers la pièce à la droite de celui-ci : la cuisine.

Dès qu’elle ne fut plus en présence de monsieur O’Hara, Clara leva les yeux vers le plafond en faisant basculer sa tête vers l’arrière pour respirer librement, posant ses deux mains sur son ventre. Pour quelle raison obscure n’arrivait-elle pas à se réjouir du départ imminent de l’Irlandais? Le sourire heureux d’Ewen, à son arrivée, lui revint en mémoire… Sourire qui serait demeuré accroché à ses lèvres si elle n’avait pas rejeté violemment la bonté de l’homme…

Clara Hamilton resta dans la cuisine pendant plusieurs minutes, mais revint finalement vers l’entrée, où se trouvait toujours Ewen, portant un plateau devant elle dans lequel se trouvait du rôti de porc froid de la veille ainsi que quelques morceaux de pain.

« Ce n’est pas beaucoup, mais j’ai pensé que vous aviez peut-être envie de manger un peu maintenant. Richard ne sera pas ici avant quelques heures… », expliqua Clara en tendant le plateau vers Ewen pour l’encourager à se servir alors que son regard remarquait la chemise déchirée du jeune homme et les marques cramoisies laissées par sa chute dans la cave. Elle leva doucement les yeux vers son visage sale et vers ses prunelles à la couleur plus complexe qu’elle ne l’avait imaginé plus tôt. « Vous n’aviez pas à… enfin… Merci… Merci d’avoir désobéi… à ma première règle… », poursuivit-elle, baissant à nouveau les yeux vers la peau écorchée de l’Irlandais. « Supposer que la chute aurait pu m’être fatale est peut-être exagéré, mais vous m’avez protégé de blessures certaines… en vous mettant vous-même à risque… De simples remerciements ne sont pas suffisants; je vous suis redevable… », souffla-t-elle en risquant un nouveau regard vers ses yeux clairs et légèrement perturbants. « Mangez. Je vais aller vous préparer un bain chaud et des vêtements propres. », dit-elle finalement en poussant le plateau à Ewen pour l’obliger à le prendre pour qu’elle puisse le quitter et se diriger à l’étage où se trouvait la salle de bain avant qu'il ne s'y oppose.

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MessageSujet: Re: And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara - Page 2 Icon_minitimeDim 3 Nov - 19:11


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La décision d'Ewen était prise, et il ne s'attendait pas à plus de négociations. La femme de Richard Hamilton avait été plus que claire sur ses sentiments envers lui - ou du moins, sa présence - et il était trop malvenu pour lui d'insister plus encore. Il faisait néanmoins contre mauvaise fortune bon coeur, et décidait de croire que c'était mieux ainsi : trop de pressions, sans doute, l'attendait à essayer de satisfaire les besoins de cette maison.
S'il ne pouvait trouver grâce aux yeux de celle que sa position forcerait à servir plus que quiconque, puisqu'elle était sans doute, comme la plupart des femmes, restreinte à peu de sorties solitaires... Il serait malpoli de s'imposer, et de lui faire vivre un calvaire permanent, la tourmentant de divers soupçons concernant son intégrité.
Ainsi, le O'Hara fut totalement surpris, voire complètement perplexe, de voir la jeune épouse lui amener un plateau de nourriture, qu'il ne sut que prendre dans ses mains, sans savoir quels mots de remerciements ou de pardons articuler. Il fallait être sincère, Ewen était trop affamé pour refuser une telle proposition, dusse-t-elle cacher d'autres conditions, qu'il lui faudrait assumer plus tard. Et visiblement, elle ne faisait que lui accorder le crédit due aux risques pris par sa chute en lui offrant une compensation bien méritée. Il accepta donc sans faire plus de difficultés, son ventre hurlant bien plus fort que toutes les alarmes de sa raison devant le morceau de viande. C'était un met rare pour sa condition, et d'autant plus précieux qu'il était nettement plus nourrissant pour le pain, et lui donnerait plus de forces pour affronter les journées de travail qui allaient venir.

Ne sachant trop où se mettre, alors que Clara venait de l'abandonner là avec son plateau, l'irlandais décida de faire comme chez lui - partout où il avait déjà dormi, en tout cas - en s'asseyant par terre, pour déguster avec plaisir ce qui serait surement son meilleur repas depuis des années. Et même s'il n'avait plus aucun témoin de son bonheur à qui exprimer sa gratitude, Ewen commença à dévorer les victuailles avec un plaisir inégalé, qui illuminait son visage, et s'étendait petit à petit au reste de son corps, ragaillardi par cette source de force inespérée.
Malgré son impatience, le O'Hara prit le temps de savourer chaque bouchée, oubliant en en mâchant le pain ce qui l'avait conduit là, et reprenant espoir d'un jour s'en sortir assez bien pour se nourrir quotidiennement de la même façon. Ce qui aurait paru à d'autres des restes bons pour les chiens lui semblait le diner le plus exquis qu'on lui ait présenté, peut-être plus encore parce qu'il s'accompagnait d'une profonde fierté, de l'avoir obtenu, comme le poste qu'on lui avait proposé, par l'accident d'un beau geste, dont il avait été l'auteur volontaire.

    - Mrs Hamilton ? Questionna-t-il du bas des escaliers, après avoir fini, jusqu'à la dernière miette, en osant se déplacer jusqu'à la cuisine, pour déposer ses couverts sur la table. Trop absorbé par l'étonnement de recevoir de quoi remplir son estomac, il ne prenait conscience qu'à présent de l'implication de ces propos. Un bain chaud et des vêtements propres ? Mrs Hamilton ? Répéta-t-il, en posant le pied avec hésitation sur la première marche.


L'attendait-elle dans la salle de bain ? Allait-elle se fâcher de son retard ? Après quelques secondes de réflexion, Ewen décida de s'en assurer en la rejoignant à l'étage, peu conforté à l'idée qu'elle ne s'énerverait pas de nouveau contre son audace. Etait-il sensé être dans ce genre de pièces avec elle, sans que cela ne soit profondément inapproprié ?
Alors que cette pensée traversait son esprit, il aperçut enfin la silhouette de la jeune femme, penchée au dessus d'une baignoire d'eau qui fumait très légèrement, et cette vision lui noua le ventre, d'une manière assez traitre pour qu'il s'arrête brusquement dans sa progression vers elle. S'appuyant sans bruit contre le rebord de la porte, il se permit de la regarder, sans qu'elle ne s'en rende compte, alors qu'elle s'affairait à lui préparer, pour lui, le bain qu'elle lui avait promis. Cette scène émut l'irlandais plus qu'il ne savait se l'avouer.
Et puis... Il n'avait guère côtoyé de femmes, depuis trop longtemps. Leur contact charnel lui avait manqué, bien sur, pour le peu qu'il en avait connu avant son incarcération, mais c'était surtout leur douceur, leur odeur, cette aura bien féminine qui lui avait cruellement fait défaut, au milieu des brutes les plus rustres de Londres.
Clara avait des cheveux longs et sombres, soyeux, qu'il devait être agréable de caresser. Il les imaginait ainsi tombant, frôlant sa peau parfaite, dont même la suie ne pouvait tromper sur la blancheur. Il secoua la tête pour se reprendre, alors que ses prunelles descendait sur sa nuque, ainsi découverte.
Il sentit ses joues s'empourprer de réaliser le culot d'avoir pu, un seul instant, désacraliser l'épouse de celui qui avait été si prévenant à son égard, en l'entrevoyant comme telle.
Il se racla la gorge, pour signaler qu'il était là, embarrassé de ne savoir comme réagir à présent.

Son regard brillait encore d'un éclat bien trop inapproprié lorsqu'elle se retourna pour le croiser des yeux, et la chaleur de la pièce lui parut monter d'un cran, ainsi que sa gêne, à devoir se dévêtir après des pensées aussi réprimandables.

    - Vous savez, c'est p't'être pas une bonne idée... C'est un peu trop pour c'que... Enfin, c'était pas grand chose... Vous f'riez mieux d'prendre le bain vous-même... Bafouilla-t-il, en s'approchant maladroitement. Non pas qu'vous êtes aussi dégoutante qu'moi, bien au contraire... Vous êtes pas... Loin d'moi d'penser qu'vous... J'veux dire j'pense pas en fait, d'vous... Mais si... Pas comme ça, voyez. C'est juste que c's'rait à moi d'vous aider, normalement. Pas à vous laver, j'veux dire, mais pour l'reste. A pas tomber dans les escaliers ou enflammer vos trucs, tout ça.


Plus il parlait, plus il sentait qu'il aurait du se taire, et plus l'envie de partir de cette maison en courant le prenait aux tripes.




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Clara Hamilton
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MessageSujet: Re: And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara - Page 2 Icon_minitimeLun 4 Nov - 0:32



And in a second, our lives changed...

« I don't want to let you go... »

Maison Hamilton, 1892

Après avoir monté l’escalier d’un pas rapide, Clara s’était précipitée dans la chambre qui aurait été celle du jeune homme s’il n’avait pas décidé d’aller travailler sur les chantiers et marcha vers la malle dans laquelle se trouvait le costume de son père, qu’un instant plus tôt, elle avait imaginé ajuster à la taille d’Ewen, ainsi que de vieux vêtements à Richard qu’elle gardait principalement pour en réutiliser les tissus.

Oubliant presque la saleté de ses mains, la jeune femme souleva les différentes parties du vieux costume, les unes après les autres, au niveau de ses yeux, les bras tendus devant elle, afin de les imaginer sur le corps de l’Irlandais. Où Walter May avait été bedonnant, ses épaules n’étant pas très larges, tout comme sa cage thoracique, O’Hara avait le haut du corps plus bâti et une taille plus fine… Il y aurait peut-être moins d’ajustements de coutures à faire qu’imaginé précédemment…

Après quelques minutes, Clara était entrée dans la salle de bain avec le costume de son père sur l’avant-bras, mais également avec d’autres pièces de vêtements; Ewen aurait le loisir d’essayer plusieurs habits et de choisir ceux qui lui iraient le mieux. Elle déposa le tout sur une chaise, près de la porte, et entreprit de remplir la baignoire de celui qui, il y avait encore quelques instants, étaient son serviteur.

Cette pensée lui noua l’estomac.

Un raclement de gorge non familier attira son attention et Clara tourna la tête dans la direction d’O’Hara, le corps penché au-dessus de la baignoire pour en vérifier la chaleur de l’eau. Ses prunelles foncées s’encrèrent à celles plus claires du jeune homme et elle sentit immédiatement la chaleur de son propre corps augmentée. Était-ce dû au sang qui lui montait à la tête ou aux vapeurs chaudes du bain? Ce ne pouvait être autre chose…

Après un moment à se regarder, l’un et l’autre, sans bouger, Ewen fit quelques pas vers elle et Clara se redressa pour lui faire face alors qu’il lui proposait de prendre le bain elle-même. Fronçant d’abord légèrement les sourcils, elle laissa ensuite tomber sa tête sur son épaule pour écouter et tenter de comprendre les paroles bafouillées de l’Irlandais. Un sourire étira ses lèvres, un peu plus à chacun de ses mots et lorsque l’image d’elle-même, se faisant aider par Ewen pour sa toilette, se matérialisa dans son esprit, son visage s'enflamma. Gênée et pas du tout offusquée par la maladresse du jeune Irlandais, Clara ne put retenir un éclat de rire, d’abord soufflé par ses narines, jusqu’à devenir un rire franc et incontrôlable, probablement le résultat de la fatigue mêlée à toute cette gamme d’émotions étranges par lesquelles elle était passée depuis l’arrivée de monsieur O’Hara.

Hoquetant un peu, Clara cessa enfin de rire, après un moment, et tourna la tête vers la baignoire, reprenant une expression sérieuse et presque triste : « Ce serait à vous de m’aider si vous étiez toujours mon serviteur… », pensa-t-elle à haute voix, avant de secouer légèrement la tête et la relever vers le visage d’Ewen. « La chaleur aidera vos muscles à se détendre… Je vous ai posé des vêtements sur la chaise, derrière vous. Ils ne sont pas à votre taille, mais avec un peu de chance, certains morceaux vous iront… », Clara contourna la grande silhouette de l’Irlandais pour se diriger vers la sortie de la salle de bain. « Laissez vos vêtements sur le sol, juste là. Je profiterai de votre balade avec Richard pour les laver et ils pourront sécher pendant le repas… ». Madame Hamilton sortie de la pièce humide, se tourna et tendit le bras vers la poignée de la porte pour la fermer et laisser Ewen prendre son bain en toute intimité, mais arrêta soudainement son geste : « Vous… vous n’êtes pas obligé de renoncer à ce travail… Vous… Enfin… Je… Je vous laisse. », dit-elle finalement en fermant la porte complètement.

Clara resta un instant à contempler cette porte close en espérant secrètement que le jeune homme change d’idée quant à son avenir et lorsqu’elle bougea enfin, elle se dirigea vers la chambre que Richard voulait offrir à Ewen et se laissa tomber sur le lit s’y trouvant, ne se souciant nullement de la suie et de la poussière qui couvrait ses vêtements. Doucement, sans même s'en apercevoir, elle s'endormit.

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MessageSujet: Re: And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara - Page 2 Icon_minitimeLun 4 Nov - 4:13

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En dépit de la situation, ou peut-être par conséquence de celle-ci, une tension s'était véritablement établie dans la pièce autour d'eux, comme une électricité ambiante, causée par les non-dits. Ewen, s'il avait honte de s'y être égaré, ne pouvait s'empêcher d'avoir remarqué que son trouble s'était communiqué à la jeune femme, qui avait du chercher ses mots elle aussi. C'était un jeu dangereux, à n'en pas douter, et la perspective finalement de ne pas rester sous ce toit le soulageait presque de cette pression nouvellement expérimentée.
L'épouse de l'homme à qui il devait son premier espoir depuis sa sortie de prison le laissa finalement seul, incapable de trouver plus de réponses à ses insinuations. Trop d'émotions se mélangeaient dans l'esprit de l'irlandais : la détente qui s'insinuait dans son corps après s'être rempli l'estomac, et la perspective d'un bain lui brouillait toute réflexion efficace sur le reste de ses envies.

Le O'Hara se dévêtit complètement, et assez rapidement. Quoiqu'il fut habitué à la crasse qui couvrait son corps, il connaissait néanmoins la sensation exquise de pouvoir découvrir la véritable couleur de sa peau.
Sans trop d'assurance, parce qu'il n'avait guère plus l'habitude de ce genre de confort, Ewen glissa dans l'eau tiède, appréciant chaque frisson de plaisir que lui procurait ce luxe, alors qu'il s'immergeait totalement.
Il resta un instant immobile, profitant juste de sa chance, avant de se mettre vraiment à une toilette minutieuse : après tout, les Hamilton ne lui offrait pas l'hospitalité pour qu'il se conduise en limace.
Il frotta donc, avec vigueur, l'ensemble de ses membres, au savon, ne s'arrêtant que lorsqu'il fut parfaitement satisfait, et certain de faire honneur à l'occasion qu'on lui avait donné de se faire propre.
Pour compléter cette image, Ewen emprunta le matériel à raser qui paraissait à sa disposition, découvrant avec stupeur dans le miroir qu'il reconnait à peine son image. Ainsi nu, le menton lisse, les cheveux plus ou moins dressés pour ne pas faire trop hirsutes, le O'Hara était surpris de constater que son apparence n'était rien de ce qu'il avait envisagé... Incapable de se conditionner encore aux normes de la société, il ne réalisait pas encore qu'il était tout simplement au dessus des standards de beauté classiques, avec un physique solide particulièrement attirant, et un visage qui trahissait son bon caractère.

Embarrassé un instant de constater que sa tenue ne seyait pas vraiment à cette maison, malgré qu'il n'ait aucun témoin pour admirer son intimité, dont il n'avait pas à avoir honte, Ewen s'intéressa aux habits que la maitresse de maison avait sélectionné pour lui, choisissant le premier costume qui venait, incapable de pousser plus loin sa fortune. Qui était-il, pour en plus réclamer les vêtements les plus confortables ?
Ewen avait été habitué à n'avoir qu'une seule option, et la perspective de pouvoir avoir des préférences le bouleversait presque.
Il enfila donc les pièces de tissu mis à disposition, et après avoir nettoyé son passage, pour ne pas laisser à quiconque la tâche derrière lui, Ewen partit à la recherche de la Hamilton, qu'il trouva allongée dans un lit, profondément endormie. Encore une fois, cette observation le troubla tant qu'il décida de la laisser là, avant qu'on puisse l'accuser de quelques pensées indignes des attentions qu'il venait de recevoir.
Il redescendit donc pour attendre Richard, en espérant qu'il ne rirait pas de son accoutrement : ce qui lui semblait presque disproportionné pour sa condition lui allait finalement mieux, sans doute, au premier propriétaire de ces habits, s'ajustant à ses larges épaules, tout en soulignant son ventre plat et ses cuisses fermes.

Alors qu'il pensait devoir attendre un bon moment, quelqu'un sonna à la porte, le poussant à l'ouvrir, comme son rôle aurait du lui conférer la responsabilité. Et s'il espérait trouver Richard sur le seuil, pour l'accueillir avec révérence dans sa maison, il se retrouva étonné de découvrir devant lui une demoiselle, à peine sortie de l'adolescence, portant avec elle un bouquet de fleurs colorées.
S'il avait toujours eu un effet certain sur le sexe opposé, en toute innocence, et particulièrement dans sa classe sociale, avec des filles aussi démunies qu'il l'était, il constata cette fois-ci que la manière dont celle-ci le dévisageait n'avait rien à voir avec ce qu'il avait connu jusque là.
Dans ce costume, il imposait un certain respect, une attraction bien différente, plus profonde sans doute.

    - C'pour Clara Hamilton, finit-elle par annoncer, les joues cramoisies et le regard fuyant, papillonnant des cils. Son mari s'excuse mais il pourra pas rentrer avant tard c'soir. Il a laissé une note.


Pressée de s'extraire à cette interaction troublante, la rousse lui laissa sa gerbe de verdure, le mot qu'elle avait évoqué, et le planta là, sans plus d'explication. Quand Ewen referma la porte, Clara se tenait en haut des escaliers pour observer la scène, et il lui adressa un sourire gêné.
Allait-elle lui reprocher, cette fois, d'avoir pris les devants pour épargner son repos ? Il en oubliait presque, en la regardant, qu'il ne ressemblait plus vraiment à l'homme qui avait débarqué chez elle plus tôt, importunément.




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MessageSujet: Re: And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara - Page 2 Icon_minitimeMer 6 Nov - 14:01



And in a second, our lives changed...

« I can't understand myself... »

Maison Hamilton, 1892

La sonnette de la porte d’entrée retentit dans la demeure calme des Hamilton, éveillant sa maitresse d’un sommeil profond et inespéré. Clara avait l’impression d’avoir dormi pendant de longues heures, voire plusieurs jours, alors qu’elle ne s’était allongée que quelques minutes plus tôt et avait l’esprit si engourdi qu’elle n’arrivait pas à se souvenir de l’avoir fait.

S’étirant brièvement, elle s’extirpa du lit, y laissant une trainée de poussière et de suie sur sa couette fleurie, et se dirigea vers la porte de la chambre, le pas léger et paresseux; qui que le visiteur soit, il pouvait patienter…

Alors qu’elle approchait de l’escalier, elle entendit, au loin, une voix féminine et empressa immédiatement le pas, légèrement paniquée. Au bas de l'escalier se trouvait un homme de grande taille, se tenant devant la porte ouverte dos à Clara, et devant lui, devina-t-elle, devait se trouver la jeune femme à laquelle appartenait la voix.

Une fraction de seconde suffit au cerveau de Clara pour se synchroniser à la réalité et lorsque ce fut fait, elle cessa de descendre l’escalier, demeurant tout en haut pour assister, silencieuse, à la scène se déroulant devant ses yeux. Ewen O’Hara, vêtu du costume qu’elle affectionnait tant et qui avait appartenu à son père, les cheveux fraichement lavés et coiffés, répondait à la porte de sa demeure, comme il l’aurait fait s’il n’avait affirmé, plus tôt, vouloir quitter le travail offert par Richard Hamilton. Se pouvait-il que le jeune homme ait changé d’idée, après être sorti de la baignoire? Clara l’espérait.

Elle l’observa fermer la porte, un petit sourire exprimant une émotion qu’elle n’arrivait pas à identifier suspendu à ses lèvres, et lorsqu’il se tourna dans sa direction, un bouquet de fleurs à la main, Clara prit conscience des battements inhabituels de son cœur. Aussitôt, son mystérieux sourire disparut pour laisser place à une expression d’agréable étonnement.

La bouche légèrement entrouverte, Clara laissa son regard se déplacer sur la silhouette impeccable du jeune homme; la magie du costume de Walter May opérait à nouveau et rendait son porteur éblouissant… Une main posée sur la rampe de l’escalier, madame Hamilton posa le pied sur la marche suivante et descendit ainsi l’escalier d’un pas gracieux et presque réservé. Elle fit ensuite quelques pas pour s’approcher d’Ewen et le regarder de plus près; ses joues avaient été rasées, ses cheveux coiffés et il sentait bon le savon.

« Monsieur, vous êtes fort élégant… », avoua-t-elle sans retenue, puisque tel était tout simplement la vérité, en encrant son regard aux yeux bleus verts du jeune homme. « ... et que dire de ces fleurs? Sont-elles pour moi? », demanda Clara, espiègle, alors qu’il ne pouvait en être autrement. « Merci… », souffla-t-elle en fermant la main sur le bouquet que lui tendait Ewen. La jeune femme savait qu’il n’était pas de lui, mais l’image qui s’imposa dans son esprit était inavouable...Inavouable et condamnable. Volontairement ou non, ses doigts effleurèrent ceux de l’Irlandais et, consciente de jouer à un jeu dangereux, Clara baissa enfin les yeux vers le bouquet, se recula d’un pas et se concentra à la lecture de la note y étant jointe.

Lecture qui fut plutôt brève; le mot de Richard était court et ne donnait pas d’explications quant à son absence prolongée jusqu’à tard dans la soirée. Clara décrocha la carte du bouquet de fleurs et la tourna, espérant peut-être y trouver la suite du message, mais il n’y avait rien.

« C’est tout? », questionna-t-elle à haute voix sans réellement attendre une réponse franche. Clara prit une profonde inspiration, se sentant soudainement fort troublée; cela signifiait qu’elle passerait la journée entière, seule, avec monsieur O’Hara ou que ce dernier partirait sans attendre le retour de l’homme qui lui avait offert ce travail… Et le mélange de joie qu’elle ressentait à la première situation face à la tristesse que lui faisait vivre la seconde était mal… Très mal.

Sans lever les yeux vers le visage parfait d’Ewen et d’une voix soudainement plus grave, Clara annonça, le regard fixé sur la carte qu’elle faisait tourner entre ses doigts sales : « Je suis désolée, monsieur O’Hara, mais Richard ne reviendra pas pour votre balade en voiture ni pour le repas… Et à en croire ses mots, il ne sera pas à la maison avant le coucher du soleil… Je… Je ne vous retiendrai pas si vous voulez partir rapidement… ». Clara eut un léger sourire triste et poursuivit : « Si… Si c’est possible, je demanderai à Richard de vous écrire une lettre de recommandation… Pour… Pour faciliter votre embauche… Sur les chantiers ou ailleurs… ». Elle haussa les épaules, ignorant totalement la procédure à suivre pour acquérir un travail, mais madame Hamilton, si elle n’était pas capable de le formuler en mots, devait faire comprendre à Ewen qu’elle regrettait d’avoir été méchante envers lui…

Clara détacha enfin son regard de l’objet inanimé dans sa main, mais évita de lever les yeux vers le visage d’Ewen, comme si elle craignait d’être une nouvelle fois happée par la profondeur de son regard clair, et tourna la tête sur le côté pour regarder l’escalier.

« Je vais laver immédiatement vos vêtements pour que vous puissiez partir lorsque bon vous semblera. », déclara-t-elle en faisant aussitôt un pas vers l’escalier, se détachant ainsi au magnétisme inexpliqué qui semblait vouloir la garder tout près de l’Irlandais. En posant le pied sur la première marche et sans se retourner, elle ajouta : « Le costume est à vous. ».

La jeune femme monta alors l’escalier d’un pas rapide et se dirigea vers la salle de bain où devaient se trouver les vêtements sales d’Ewen, comme elle lui avait demandé de les laisser. Une fois dans cette pièce, Clara regarda le bouquet de fleurs que lui avait offert Richard et puisqu’elle décidait d’en faire la nouvelle victime de son humeur changeante, le lança contre le mur avec colère, regrettant aussitôt son geste. Elle alla immédiatement le récupérer et s’approcha de l’évier sur pied pour y déposer le bouquet, son regard s’accrochant à son reflet dans le miroir ovale accroché au mur : Clara avait une mine épouvantable.

Madame Hamilton, après avoir soupiré bruyamment, se lava les mains et les avant-bras, retroussant les manches souillées de sa robe et se dirigea vers le coin de la salle de bain où se trouvait le tas de vêtements sale d’O’Hara, le pris dans ses bras et le porta dans la cuve de la machine à laver manuelle qu’elle avait modifiée pour la rendre plus performante.

La cuve traditionnelle de bois avait été remplacée par une cuve de fer et de cuivre, fabriquée par Clara, et un foyer avait été ajouté sous cette dernière afin de permettre à l’eau de chauffer directement dans la machine. Le reste des manipulations étaient manuelles, mais l’inventrice avait en tête d’autres améliorations possibles pour faciliter le lavage et l’essorage des vêtements.

« Que se passe-t-il avec toi, ma pauvre vieille? », se questionna Clara à haute voix après avoir commencé le lavage des vêtements usés de l’homme qui l’émouvait plus qu’elle ne pouvait se l’imaginer… Ou de se l’avouer… « Richard a peut-être raison… Tu es folle, Clara… ».

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MessageSujet: Re: And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara - Page 2 Icon_minitimeMer 6 Nov - 19:42


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De toutes les réactions qu'il aurait pu imaginer venant de la jeune femme, lui offrir un compliment n'était même pas une option envisageable... Et pourtant, sa déclaration, qui paraissait sincère, le prit de court. Il ne sut que répondre, plus troublé encore par le contact de ses doigts, lorsqu'elle s'empara du bouquet : il se contenta de la dévisager, avec l'air d'un profond imbécile. Un très bel imbécile, au moins.
Avant qu'il n'ait eu le temps de récupérer son souffle, puisqu'il avait arrêté involontairement de respirer à son contact, la jeune femme avait déjà remonté les escaliers, pour nettoyer ses vêtements. Il fallut encore quelques secondes à Ewen pour qu'il enregistre ce lot d'informations. Le O'Hara n'avait pas l'esprit lent, bien au contraire, pour quelqu'un de si peu éduqué ou instruit, mais la situation lui semblait de plus en plus obscure, et il ne savait qu'en penser. La jeune épouse Hamilton avait sans aucun doute une pathologie proche de la schizophrénie, ou de la bipolarité, comme il en côtoyait beaucoup, en prison - la plupart des criminels souffrant de maladies mentales, difficilement diagnostiquées, ni même acceptée, mais néanmoins réelles.
Pourquoi, dans ces conditions, était-il si attiré par elle, alors que le moindre de ses gestes, de ses mots, criait les ennuis ?
L'irlandais, mu par une pulsion plus forte que lui, la suivit donc à l'étage après quelques minutes d'hésitation, la trouvant affairée devant une étrange machine, qu'il n'avait jamais vu auparavant. Il n'avait pas non plus manqué de remarquer plusieurs pétales sur le sol, comme si le bouquet y était tombé.

    - M'dame Hamilton ? S'enquit-il, pour lui faire connaitre sa présence, en espérant encore une fois qu'elle ne lui sauterait pas à la gorge, pour l'importuner ainsi. Vous avez pas d'autres... Vous'êtes seule dans c'te maison, lorsqu'vot'mari s'absente ?


Son inquiétude, trahie par le ton de sa voix, était bien véritable. De tous ces éléments, de la manière dont elle avait voulu s'occuper elle-même de la lessive, il en déduisait qu'elle s'occupait de toutes les tâches ménagères, et qu'elle n'avait donc aucune compagnie, que la profonde solitude des femmes de cette époque, condamnées presque systématiquement à rester à leur domicile, pour s'assurer que les hommes y soient accueillis à leur retour dans les meilleures conditions.
Ewen n'entendait rien de ces histoires de bourgeois, n'ayant connu que des demoiselles de son statut social, forcées de vendre leurs services elle aussi... Parfois aux fameux époux, d'ailleurs, qui trouvaient entre leurs jambes plus agiles une autre sorte de foyer, moins froid que les draps d'une union parfois contractuelle.

    - Vous rec'vez souvent des fleurs comme ça ? L'interrogea-t-il encore, avec toute la douceur dont il avait fait preuve jusque là, et plus encore. Il savait, en tant qu'être du même sexe, ce que signifiaient souvent les excuses, et les retards de ce genre, enrobés de cadeaux bien sentis, pour se faire oublier. Et il se demandait à présent pourquoi le couple n'avait point d'enfants, si Richard accomplissait bien ses devoirs conjugaux dans son lit. Ces pensées-là, bien sûr, il ne les formulait pas à voix haute, mais derrière la brune, qui ne s'était toujours pas retournée vers lui, rendant surement son interrogatoire plus facile que si ses prunelles intenses l'avaient encore désarmé. Et cette constatation lui plaisait étrangement. Ecoutez, M'dame Hamilton, j'vais rester jusqu'à c'qu'il r'vienne, c'est plus prudent pour vous. J'sais trop bien c'qui peut arriver à une femme comme vous, si ça v'nait l'idée à un d'ces gars d'rentrer pour voler quelqu'bijoux.


Il regretta ces paroles à peine prononcées. Bien entendu, il était au courant de tous ces récits sordides, de la bouche même de ceux qui les avaient proférés. Et puis, mettre dans la tête de la jeune femme des idées de viol n'était pas son intention, bien au contraire...

    - C'pas prudent, c'est sur'ment pour ça qui voulait qu'j'sois là, marmonna-t-il pour lui-même, réalisant bien à présent que son rôle ne se serait pas limité à servir le Hamilton, mais surtout à protéger sa femme. Et pis, j'vais pas vous laissez laver mes vêtements, quand même ! J'vais l'faire...


Il traversa la distance qui les séparait encore, se postant à ses côtés, pour essayer de comprendre comment fonctionnait la machine qui se tenait sous ses yeux, sans la faire exploser.

    - Vous avez qu'à prendre vot'bain, vous aussi, parc'qu'là, j'suis plus propre qu'vous ! S'amusa-t-il à constater, sans se soucier de savoir si sa plaisanterie serait bien prise, souriant avec une attractive innocence à sa maitresse, si proche de lui à présent. Il n'aurait eu qu'à se baisser légèrement pour atteindre ses lèvres, la porter facilement dans ses bras contre son étrange lavoir, soulever sa jupe et... Il secoua la tête, assailli par ces pensées qu'elle aurait pu lire dans ses yeux, tant elles étaient débordantes. Désolé, j'ai... J'crois qu'c'est la chaleur, ça fume pas mal vot'truc ! S'excusa-t-il pour justifier son mouvement de recul, salvateur.




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MessageSujet: Re: And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara - Page 2 Icon_minitimeSam 9 Nov - 17:34



And in a second, our lives changed...

« ... »

Maison Hamilton, 1892

Se concentrer à une tâche ménagère était le meilleur moyen d’y occuper son corps, mais pas son esprit; Clara ne faisait que chercher une explication logique ou scientifique à son comportement incohérent et à ses émotions instables… Le manque de sommeil, la tristesse d’avoir perdu une partie de son atelier, la colère de Richard, ses menaces de la faire enfermer parmi les fous, l’annonce de l’embauche d’un criminel comme serviteur, le départ de son mari et la gentillesse surprenante de cet inconnu… Son sourire… Son regard… La douceur de ses traits…

La jeune femme plongea ses avant-bras dans la cuve d’eau chaude pour y submerger complètement les vêtements sales d’Ewen. Les particules de poussière, de terre et de suie de la cave se détachèrent des tissus rapiécés et teintèrent l’eau.

La réponse à ses interrogations était pourtant simple : Ewen O’Hara était jeune, bel homme, possédait un charisme pur et aucune femme ne devait lui résister… Et, involontairement, il réussissait à ranimer des sensations depuis longtemps oubliées par madame Hamilton et des émotions qu’elle croyait ne plus jamais ressentir… Et puis l’attention qu’il lui accordait tout comme sa détermination à être accepté par sa maîtresse nourrissaient son amour-propre...

Clara ressortit ses bras rougis par la chaleur de l’eau et les secoua vigoureusement pour les assécher avant d’attraper la barre de savon destiné à cet usage. En pivotant légèrement, elle perçut un mouvement du coin de l’œil et ne put empêcher son visage de s’empourprer aussitôt. C’était la deuxième fois que Clara courait à la salle de bain et qu’Ewen la suivait… Avait-il compris ce qu’elle tentait de dissimuler avec peu de convictions? Toutefois, ne souhaitant pas démontrer trop d’enthousiasme à la venue du jeune homme, madame Hamilton se concentra à sa machine à laver, comme si elle se croyait encore seule, laissant ce dernier s’annoncer poliment.

« Oui? », demanda-t-elle calmement sans se retourner vers O’Hara, combattant néanmoins cette envie, alors qu’un sourire niais s’accrochait à ses lèvres. « Pas d’autres quoi? Oh… Non, vous êtes… enfin, vous auriez été le seul… Alors oui, je le suis… », répondit-elle, son sourire s’effaçant légèrement; la vérité était que Richard soit physiquement présent ou pas dans leur demeure, Clara était toujours seule…

S’attaquant à une tâche, armée de son savon, le silence installé entre les deux jeunes gens n’était bouleversé, de temps à autre, que par la friction du savon sur le tissu et de son mouvement dans l’eau, mais Clara continuait de sentir le regard de l’Irlandais sur sa nuque et il lui était de plus en plus difficile de résister à la tentation de se tourner vers lui…

Le pain de savon glissa des mains de madame Hamilton et tomba dans le fond de la cuve en l’éclaboussant : était-ce si commun pour une femme de recevoir des fleurs lorsque son mari voulait se faire pardonner pour que Ewen lui pose cette question, d’un ton doux et compatissant?

Clara prit une profonde inspiration et expira dans un soupir en cherchant son savon dans la cuve, retardant, par le fait même, sa réponse à Ewen. Ce n’est qu’après l’avoir trouvé qu’elle répondit, en toute honnêteté : « Non… J’imagine que j’ai beaucoup de chance, dans un sens… », dit-elle en étouffant un petit rire sans joie. Richard Hamilton devait être l’incarnation même du mari parfait… Ou presque.

L’inquiétude de l’Irlandais pour sa sécurité toucha Clara et elle osa enfin regarder par-dessus son épaule pour accrocher ses yeux sombres à ceux d’Ewen et lui adresser un sourire tendre, mais triste : n’étaient-ce pas ces mêmes craintes qui l’avaient poussée à être méchante avec lui, à son arrivée?

La jeune femme reporta son regard sur sa machine à laver et le propriétaire des vêtements sales s’exclama soudain qu’il se chargerait de cette tâche lui-même. Imitant le geste qu’il avait fait plus tôt, Clara leva les mains en signe d’obéissance, s’amusant néanmoins de l’expression du visage d’O’Hara, maintenant à ses côtés; visiblement, il ne comprenait rien à sa machine à laver et cela la gonfla d’orgueil et de fierté.

« Oh! Vraiment? », dit-elle en levant un sourcil. « Osez-vous vous moquer de moi, monsieur O’Hara? », demanda-t-elle, faussement offusquée, son regard se posant un instant sur le sourire du jeune homme. Si elle avait levé les yeux vers son regard, peut-être y aurait-elle perçu une lueur trahissant les pensées secrètes de l’Irlandais, mais elle ne le fit pas.

Ewen eut un mouvement de recul et Clara en fut légèrement perturbée; n’avait-il pas compris la plaisanterie? Ou alors, sentait-elle si mauvais? Avant que son imagination ne s’emporte, O’Hara s’excusa et madame Hamilton en fut soulagée.

« Vous avez raison! Restez là! Il ne faudrait tout de même pas que vous vous salissiez… ». Clara s’accroupit devant le petit foyer situé à la base de son étrange machine et qui servait à faire chauffer l’eau. À côté se trouvait un contenant dans lequel se trouvait de la terre et du sable et la jeune femme y plongea la main pour en ressortir avec une poignée de terre qu’elle jeta sur son feu pour le faire mourir. Elle répéta cette opération salissante jusqu’à réussir à éteindre les flammes et se releva, s’essuyant les mains sur sa jupe. « Si vous allez dans des foyers bourgeois, vous verrez probablement des machines semblables, mais jamais pareille. Celle-là est unique! », s’exclama Clara, fière, en se tournant vers Ewen. « Je l’ai créée et fabriquée moi-même! Normalement, les cuves des machines sont en bois et vous devez les remplir manuellement d’eau chaude. Ici, j’ai détourné la tuyauterie de la baignoire pour la remplir et pour vidanger l’eau, c’est la même chose! Vous aurez compris que le foyer, sous la cuve, permet d’y faire chauffer directement l’eau, mais je dois encore travailler ce système… Je réfléchis également à un moyen de laver les vêtements sans plonger les bras dans l’eau et à un autre pour les essorer sans… Oh, désolée… Cela ne vous intéresse probablement pas… », s'excusa-t-elle après s'être laissée emportée par la description sommaire de sa création. Les inventions et créations de Clara n’intéressaient jamais personne… Pourquoi le jeune homme serait-il différent des autres? « Euh… Vous pouvez vos occuper de votre lessive. Je vais aller me chercher des vêtements propres… Ewen? Voudrez-vous m’accompagner ensuite? Je… J’aurais quelques courses à faire avant de préparer le dîner… », demanda Clara en sachant très bien qu’il ne pourrait lui refuser…

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MessageSujet: Re: And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara And in a second, our lives changed... | Ewen O'Hara - Page 2 Icon_minitimeMer 13 Nov - 16:16

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La situation était sans doute des plus insolites, d'autant plus qu'elle avait largement dégénéré, avant de revenir à cet état étrange d'acceptation, que les deux adultes semblaient néanmoins vouloir repousser, par des excuses plus inventives les unes que les autres. Car au fond, Ewen O'Hara ne voulait pas plus partir que Clara Hamilton ne le voulait réellement loin de sa vue... Malgré eux, ils étaient attirés et rassurés par leurs mutuelles présences, en l'absence de celui qui aurait du pourtant les rassembler.
Richard les avait laissé seuls, et visiblement, pour la jeune femme, cela était une habitude qui ne l'avait pas dérangée jusqu'à présent, puisqu'elle ne sembla pas tout de suite comprendre les inquiétudes de l'ancien prisonnier à son égard.

    - Même pas une dame d'compagnie... Des amies ? Insista-t-il, surement en dépit de la politesse, qui l'eut sans doute encouragé à ne pas accabler la maitresse de maison de son isolement. Oui, une chance, sans doute, vot'mari prend soin d'vous malgré son travail, c'est bien ça. Et puis vous savez, quand on a dû supporter longtemps une compagnie forcée, on est content d'être tranquille des fois ! Ajouta-t-il, pour se rattraper des mots qui étaient sans doute sortis trop vite de sa bouche, sans y réfléchir, de crainte de l'avoir blessée.


A priori, ces moments libres lui permettaient d'accomplir quelques travaux sur son mobilier, et ce bricolage, il le comprenait à présent, avait sans doute causé l'explosion de la cave, entre autres activités. Pour avoir passé tant de mois derrière les barreaux, Ewen savait quand même qu'il était peu commun qu'une femme s'intéresse à ce genre de choses, d'autant plus si ses inventions la mettaient en danger... Mais réparer une machine à laver, pour améliorer son efficacité, n'était-ce pas dans les prérogatives attendues d'une ménagère ? Les valeurs de l'irlandais étaient assez floues en la matière, et il opta donc pour ce qui lui paraissait la conclusion la plus logique à cette tirage enthousiaste : essayer de l'aider.
Il était là pour cela, après tout, et la perspective de poursuivre ses expérimentations semblait un angle qui l'ouvrait particulièrement au partage, ce qu'il avait déjà tenté d'établir sans résultats avec d'autres approches.

    - Et si la bassine tournait, comme une roue, mais à plat, du coup ? C'éviterait les mouv'ments d'mélange qui font mal aux bras, d'jà, proposa le jeune homme, en mimant ses paroles dans les airs. Bien sur, lui-même ne craignait pas l'effort, et il l'avait souvent fait, pour ses propres vêtements ou ceux de la communauté pénitentiaire, mais il songeait aux muscles minces de la demoiselle, qu'il voulait épargner. Pourquoi ça m'intér'sserait pas, vu qu'j'dois m'en servir en plus ?


Il ne comprenait pas vraiment pourquoi elle se refermait soudain, comme si elle avait formulé une remarque appropriée, ou dépassé quelques limites invisibles. Instinctivement, il se rapprocha d'elle, comme pour compenser cette distance qui venait de nouveau de se créer entre eux.
Sa demande le prit de court... Jusqu'à ce qu'il réalise qu'elle ne voulait probablement pas le laisser sans surveillance à proximité de ses possessions. Il approuva donc avec un sourire franc, parce qu'il ne pouvait pas lui en vouloir d'une telle prudence, encore une fois.

    - Pour sûr ! Accepta-t-il, sans la moindre hésitation, et même avec une certaine excitation, qu'il ne s'expliquait pas vraiment. Allait-il pouvoir enfin se montrer utile ? Il espérait, en réalité, un moyen d'être auprès d'elle, sans vraiment saisir le but caché de cette proximité qu'il désirait tant. Vous avez une voiture, ou bien ?


Elle n'avait pas entendu sa dernière interrogation qu'elle était déjà partie se changer, comme si elle avait peur de rester une seconde de plus dans la même pièce que le criminel... Ewen soupira, et réprima l'envie d'aller regarder à la porte ce qu'elle cachait sous ses vêtements. Quel homme n'y aurait pas pensé, dans de telles circonstances ?
Il prit le relai de son nettoyage pour oublier l'irrespect qui continuait de s'immiscer malgré lui dans son esprit. Il faudrait surement qu'il aille courir un peu les filles pour que ses pulsions soient satisfaites et le laissent tranquille... Cette idée ne lui était pas totalement désagréable, même s'il avait le sentiment bizarre que cela ne suffirait pas. Il n'aurait aucun mal, en tout cas, à essayer de trouver un peu de réconfort dans une étreinte passagère.




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