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Wild horses [John & Ambrosine] [Fini.]

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MessageSujet: Wild horses [John & Ambrosine] [Fini.] Mar 24 Juil - 22:58




Wild horses


Ambrosine & John



Quelques semaines étaient passées depuis notre première rencontre, avant que je ne me décide enfin à envoyer à sa porte un messager chargé de lui transmettre l’invitation qui lui avait été promise. Cet intervalle de temps, il avait été du au fait que je redoutais ce rendez-vous autant que je l’attendais, pour la simple et bonne raison que je savais sans nul doute que le sujet du mariage viendrait rendre ombrageuse cette journée pourtant radieuse. Je l’avais faite parvenir trois jours avant la date que j’avais moi même fixée à sa demande, de façon à ce qu’il bénéficie tout comme moi de la possibilité de s’y préparer comme il se doit – s’il est certain qu’une femme avait besoin de beaucoup plus de temps afin de parfaire sa toilette, j’avais cru remarquer à travers l’apparence de John Wicker une volonté certaine de paraître élégant et propre sur lui, qualité qui m’avait toujours tenue à cœur chez un homme, et qui je le savais, sollicitait à la fois efforts et temps. Je ne l’ignorais pas car j’étais moi même tiraillée face à mon armoire pourtant remplie des parures toutes aussi resplendissantes les unes que les autres que Mère avait fait concevoir pour l’occasion – ou devrais-je dire, chaque occasion qui s’était présentée à moi depuis qu’elle avait cherché à me marier. J’aurais évidemment pu opter pour le côté pratique des collants d’équitations, dont l’usage avait commencé à se répandre et qui étaient même plutôt populaires parmi les gens les plus sophistiqués, mais cela aurait été bien malvenu en présence d’un soupirant. Si je ne craignais pas son jugement, j’étais bien assez digne pour ne pas en dévoiler trop en sa présence – nous n’étions ni époux, ni amants.

C’est donc vêtue d’une veste d’équitation assortie à la jupe-culotte que j’avais moi même commandée lorsque j’avais acquis ma dernière jument que j’attendais son arrivée face à ma tasse de thé. Livre en main, je n’arrêtais ma lecture que lorsque j’entendis le palefrenier sortir ma bête de son enclos. Aussitôt que je la vis, je me précipitai à sa rencontre afin de déposer sur son museau une douce caresse en guise de salutation.

- Bonjour ma douce.

Préparée qu’elle l’était, selle installée et étriers réglés à ma taille, je n’eus aucune difficulté à récupérer les rênes afin de lui permettre moi-même de faire le tour du terrain en ma compagnie avant que notre invité ne fasse son apparition. Mon destrier l’aperçut avant moi alors qu’il s’avançait vers la grille du manoir. Sans hésiter un seul instant, Mère se rua vers les jardins afin de venir l’accueillir comme il se devait, tandis que je les observais au loin en rapportant patiemment mon animal à l’étable pour en faire de même. Après un dernier geste de d’affection pour celui-ci, je m’engageais moi-même jusqu’à l’entrée où Mère était en train de décrire en détail les merveilles de notre terrain d’équitation, qui, elle l’espérait, plairait à notre hôte. Par là, sans doute tentait-elle de le convaincre de forcer le destin concernant le mariage qu’elle désirait plus que moi en l’appâtant comme s’il n’était qu’un vulgaire opportuniste. J’avais beau ne le connaître que depuis peu, j’en doutais fortement.

- Monsieur Wicker, le saluais-je en une révérence à la mesure de son rang. Vous me voyez heureuse de vous retrouver aujourd’hui.

Le sourire qui se dessinait sur mon visage à sa vue en était sûrement la plus fidèle des preuves. Des invités, nous en voyions défiler chaque jour au domaine ; mais peu d’entre eux étaient parvenus à stimuler mon esprit comme l’avait fait notre récente conversation, et je devais avouer ressentir une joie particulière à l’idée de renouveler l’expérience à ses côtés. Mère ne l’avait pas manqué, et s’était fait un plaisir d’accueillir cette nouvelle avec l’enthousiasme de rigueur : tout pour que j’accepte enfin de prendre un gentilhomme pour époux. A travers ses paroles comme ses manières, je devinais qu’elle voyait en John Wicker l’homme à qui je serais disposée à offrir ma main. Mon amitié à son égard ne rendait que plus fondés ses rêves d’une future alliance entre nos deux familles.

- Je constate que Mère a bénéficié du privilège de vous présenter notre parcours du jour. J’espère que celui-ci sera à votre goût – les chevaux s’y plaisent formidablement lorsque nous sommes gâtés par le temps.

Sans les sangles accrochées à ma jument, celle-ci m’entraînait chaque fois vers ce même chemin de verdure que nous avions l’habitude de parcourir ensemble durant les beaux jours. Régulièrement, je m’y rendais afin d’y demeurer seule avec mon animal – et surtout, sans Mère pour me gronder. Parfois même je m’y réfugiais en fuyant certains soupirants bien peu commodes. Aujourd’hui, la situation se présentait comme différente : je pourrais enfin profiter du charme des lieux sans m’inquiéter à l’idée de rejoindre mes quartiers ; et l’idée me réjouissait plus que jamais.

- Permettez moi donc de vous escorter jusqu’aux écuries, où nos montures nous attendent avec impatience, lui proposais-je. Avec mes yeux brillants et mes joues rosées, je devais sans doute paraître aussi extatique que les bestiaux dans l’enclos : rares étaient les moments de liberté factice qui m’étaient offerts, et j’avais dans l’idée d’apprécier la pleine mesure de cette opportunité.

- Veuillez me pardonner mon manque de courtoisie, je ne vous ai même pas proposé de quoi vous sustenter avant de monter, m’excusais-je en chemin, alors que je prenais tout juste conscience de mon oubli. Si j’étais certaine qu’il ne s’en offusquerait point, je n’aurais pour rien au monde souhaité manquer à mes devoirs d’hôte.

- Si vous le désirez je peux demander à Carol de nous apporter une tasse de thé sur la terrasse ou bien quelques biscuits avant de prendre la route, ajoutais-je de façon non exhaustive. Le jeune homme se doutait bien que n’importe quelle demande serait contentée tant que nous restions à proximité des domestiques.

- Sinon, je vous invite à rejoindre Lord, qui sera votre heureux compagnon pour les heures à venir, l’informais-je avec un sourire. A l’opposé de votre hôte, il est très docile et ne devrait vous causer aucun tracas.  

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MessageSujet: Re: Wild horses [John & Ambrosine] [Fini.] Lun 30 Juil - 19:25


Si John était malgré lui légèrement nerveux à la perspective de cette sortie, car il savait qu'il jouait gros, et devrait faire ses preuves, Rosaline l'était plus encore. Alors qu'il avait choisis des vêtements pratiques, et non moins dénués de classe, car il ne se privait de rien désormais qu'il avait construit une fortune sans cesse étendue, la demoiselle ne cessait de vouloir le conseiller sur une pièce de son habit, qui entrainait d'en changer une autre, et le Wicker commençait à s'impatienter.
Sachant que la demoiselle prenait plaisir à agir ainsi, par ennui autant que par vanité, il ne la privait pas de sa distraction, mais le brun surveillait sa ponctualité, et il ne tenait pas à ce qu'une séance d'essayage retarde son départ pour la demeure des Bellamy.
Il ajusta une dernière fois sa chemise pour recouvrir les tatouages qui ornaient les muscles de ses bras et qu'il devait à tout prix dissimuler à la bonne société, et sourit avec malice à sa cadette, dont les yeux pétillaient de plaisir.

    - Tu vas lui plaire, c'est certain ! Déclara-t-il avec une voix mielleuse, en s'approchant pour ajuster son col. Un mélange de jalousie et d'excitation partageait la blonde, qui était mue par des ambitions bien différentes de son ainé, bien que ses objectifs soient les mêmes. Elle le voulait marié avec une femme qui leur permettrait de retrouver leur position sociale, mais elle espérait surtout qu'il trouve quelqu'un qui l'occupe assez pour le rendre vraiment heureux, et le détacher suffisamment d'elle pour la laisser également chercher un époux. Tu crois que c'est la bonne ?
    - Je crois que nous sommes tous deux pragmatiques, et que nous pourrions trouver un terrain d'entente, affirma John, parfaitement conscient qu'il ne répondait pas réellement à la question de la jeune Wicker.
    - Pragmatiques, répéta la rêveuse, sur un ton déçue. Elle aurait voulu jeunes, beaux, passionnés, amoureux... Mais bon, elle savait que son frère, s'il pouvait être impétueux parfois, n'était pas soumis à ce genre d'illusions, comme il les appelait. En tout cas, si ses parents sont d'accord cela pourra se faire assez vite... J'ai hâte de la rencontrer, et de pouvoir l'accueillir ici, et de m'occuper de vos jolis enfants...
    - Une chose à la fois, petite soeur, l'interrompit gentiment le dernier de la lignée Wicker, qu'il espérait faire prospérer, effectivement, avec plus de respect et de succès que ne l'avaient fait ses ancêtres.


Après quelques nouvelles recommandations de la demoiselle sur sa conduite auprès de celle qui pourrait devenir sa promise, et que John accepta sans vraiment les envisager, il prit une voiture pour le conduire jusqu'au domaine des Bellamy, propriété qui trahissait clairement l'aisance financière dans laquelle ils se trouvaient, et qui l'impressionnait malgré tout.
Le Wicker n'espérait pas spécialement faire un mariage riche, bien au contraire presque, il s'était résigné à l'idée que peut-être une famille lui accorderait son titre contre une protection monétaire de sa part. Les unions à profit n'était pas rare, et si le principe l'aurait choqué, il en voyait bien pourtant le côté pratique. La vie dans la rue l'avait endurci face à ce genre de marchandage : la prostitution n'en était qu'un de plus, auquel il participait, en se berçant dans l'idée que les filles qui écartaient leurs cuisses puissent le faire avec une certaine envie. Il espérait également que le mariage saurait combler ses appétits afin qu'il n'ait plus besoin d'avoir recours à ces stratagèmes qui heurtaient sa morale, et qui étaient pour l'instant pour lui la seule façon d'acheter le silence de ses partenaires sur les révélations qu'offraient son corps nu sur ses activités.

    - Madame, salua-t-il avec révérence la maitresse de maison, qu'il avait vu se précipiter à sa rencontre, avant même qu'il n'atteigne la grille d'entrée. John lui sourit avec sincérité et gratitude, parce que cette impatience à le connaitre lui était plutôt rare, et qu'il la chérissait d'autant plus qu'il avait subit l'inverse, alors qu'il n'était encore un adolescent renié par les siens. Je vous remercie encore une fois de m'accueillir chez vous, et de considérer ma proposition avec tant de prévenance.


Son regard aiguisé passa de la femme à une silhouette plus lointaine qu'il reconnut être la fille, occupé à soigner un cheval. Il l'observa ainsi un moment de loin, perdu dans ses pensées, avant que la discussion enthousiaste de Madame Bellamy ne le tire de ses pensées. S'il éluda toute réponse développée sur la description détaillée des jardins, parce qu'elle semblait trop emballée par l'écho de sa propre voix pour souffrir d'une interruption, John la complimenta néanmoins chaleureusement sur ses manières et l'organisation de sa maison. C'était des qualités remarquables pour une fois, selon lui, et elle s'empressa donc d'en affubler Ambrosine, en vantant très largement ses qualités de ménagères - du moins dans l'ordonnance des tâches à ceux à qui le travail incombait.
Alors que la demoiselle en question arrivait vers eux d'une démarche gracieuse, un sourire amusé se peignit sur le visage du brun, à l'imaginer imposer sa volonté à une troupe de serviteurs obéissant... Il ne la devinait pas marâtre, bien que caractérielle, et sa génitrice, en dressant son portrait, avait surement encore une fois exagéré ses talents, dans l'espoir de correspondre à ses attentes théoriques.

    - Appelez-moi John, Ambrosine, insista-t-il immédiatement, alors qu'elle le traitait encore avec la déférence d'une inconnu, provoquant chez la plus vieille un gloussement ravi, avant de se retirer pour les laisser seuls. Je suis heureux également de voir que le souvenir que j'avais de votre beauté n'était pas seulement les effets des pieuses inspirations de la messe.


Parmi les conseils de Rosaline, celui de la complimenter était l'un des seuls qu'il avait retenu, et il ne l'appliquait que parce qu'il n'avait pas l'impression d'être hypocrite en le faisant, tout en plaçant mine de rien un indice sur ses aspirations religieuses... Dont la flamme s'était depuis longtemps fatiguée.

    - Je suis certain que cette promenade me plaira plus encore que la précédente, puisque j'y savoure l'honneur de me voir accorder ce second entretien avec vous, répondit-il avec l'air de celui qui sait bien qu'il met les pieds dans le plat encore et encore, par plaisir de la provoquer. Elle ne l'avait pas mis directement au défi pourtant, mais John se sentait d'humeur joueuse, joyeuse en vérité, chose qui ne lui arrivait que trop peu pour ne pas en profiter. J'ai plus soif d'aventures que de thé, ne vous inquiétez donc pas. Votre mère a eu soin de me vanter votre charitable prévenance, et votre esprit d'initiative, et je ne doute pas que vous cuisineriez ces biscuits vous-même, si je vous le demandais... Je suis cependant trop impatient de vous voir chevaucher pour tester vos autres atouts d'épouse modèle.


A vrai dire, John avait tant été accoutumé à se débrouiller seul, qu'il prenait parfois d'avance ses domestiques, et avait du faire d'immenses efforts de patience pour retrouver la plupart de ses habitudes de la noblesse, pour ne pas trahir son passé devant de potentiels invités. Ceux qu'il employait connaissaient ses agissements et avaient juré loyauté... Un climat de confiance devait régner dans son foyer, pour que le Wicker s'y sente en sécurité.
S'il y intégrait Ambrosine, elle devrait aussi porter son secret, et ne pas fuir devant cette facette de sa personnalité, qu'il lui cachait encore.

    - Je comprends de mieux en mieux vos craintes du mariage, Ambrosine, si vous cherchez la docilité dans une paire de coéquipiers, déclara soudain John sur un ton plus sérieux, presque doux, en s'approchant de l'étalon qu'elle lui avait désigné. Sans nier pour autant les différences de nature ou de rôles, croyez-vous que deux êtres doivent forcément établir une relation de dominance, pour aller dans la même direction ?


Après avoir flatté l'encolure de sa monture en laissant sa question en suspens, le Wicker se tourna vers la jeune, son regard sombre et intense guettant sa réaction. Il était bon cavalier, depuis son plus jeune âge, et il avait bien retenu ses premières leçons : pour indiquer la direction à prendre, nul besoin de cravacher, il suffisait de transmettre l'information par les intentions infimes de son corps, que l'animal percevait, comme s'il n'était qu'une extension de son corps.

    - C'est un choix que certains font, j'imagine, conclut-il.


Dans le contexte de ses jeux illégaux, John se trouvait obligé d'établir ainsi l'ordre, pour obtenir le respect de fortes têtes, qui sinon auraient eu vite fait de se faire dépasser. Mais pour sa famille, ses proches, ils les avait trop peu nombreux et trop précieux pour ne pas les vouloir volontairement à ses côtés. Il serait trop inquiet d'une épouse soumise, qui finirait par le tromper un jour, faute de ne pas réellement tenir à avancer avec lui.

    - Laissez-moi vous aider, annonça-t-il, en s'approchant d'elle avec une certaine autorité, et en prenant sa cheville avec autant de douceur que de force, pour lui donner l'impulsion de se mettre en selle. Il s'autorisait un geste presque déplacé en la touchant ainsi, et en avait parfaitement conscience : son regard s'accrocha au sien pendant qu'il oeuvrait efficacement, la mettant presque au défi de le lui reprocher, même s'il était persuadé qu'elle n'avait pas besoin de lui. Ayant vérifié, sans plus lui demander son avis, qu'elle soit bien positionné, et la sangle solide, il retourna au Lord qu'elle lui avait attribué, et monta avec plus d'aisance et de grâce que son corps robuste ne le laissait prévoir. Je ne crains pas de m'éloigner des sentiers indiqués par votre mère et ne vous dénoncerais pas s'il vous en prend l'envie, Ambrosine... Je reste à vos côtés en me fiant à votre orientation dans ses lieux qui vous appartiennent.


Sans un coup de talon dans le flanc de sa monture, John la dirigea vers celle de la jeune femme, et s'arrêta à sa hauteur, attendant ses instructions. Il y avait mille choses sur lesquelles il voulait l'interroger en chemin, quand ils auraient quitté l'écurie et se retrouveraient vraiment seuls.



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MessageSujet: Re: Wild horses [John & Ambrosine] [Fini.] Mer 5 Sep - 12:35




Wild horses


Ambrosine & John



En rejoignant Mère auprès de notre invité, la seule pensée qui me traversa l’esprit fut de m’échapper au plus vite de son champ de vision afin de converser à cœur ouvert avec le jeune homme – chose qui ne m’était malheureusement pas permise en présence de ma génitrice qui semblait avoir choisi aujourd’hui de prendre le rôle du chaperon qui n’avait pu le jouer durant notre dernière rencontre.

- Si tel est votre désir, John, acquiesçai-je en remarquant notre spectatrice opiner du chef avec enthousiasme dans ma direction.

C’est sans difficulté aucune que je m’étais pliée à sa volonté. A dire vrai, si j’avais pu me montrer réticente à cette idée, cela n’avait été du qu’au respect que j’entretenais à son égard et certainement pas par manque d’affection. De fait, ce second rendez-vous devait en être la preuve la plus explicite. Il était l’un des rares prétendants à en avoir obtenu un, c’était dire – et je n’en étais pas peu fière. Vivre dans le célibat au sein d’une lignée comme la nôtre n’était pas mince affaire.

- Je constate que vous n’êtes pas plus avare en compliments à mon égard que vous ne l’étiez la fois dernière, répondis-je humblement alors que mes joues se teintaient de rouge au son de ses louanges. Et à défaut de pouvoir me permettre la plaisanterie qui me brûlait les lèvres, je me contentais de sourire en guettant, amusée, les réactions exagérée de Mère au second plan.

Voyons John, nous savons tous deux que vous êtes aussi pieux que je suis modérée, souhaitai-je de tout cœur lui rétorquer – mais notre espionne attentive à mes moindres faits et gestes, je jugeais plus prudent de ne point jouer avec le feu tant que nous ne serions pas dissimulés par le confort sauvage de la forêt. Bien heureusement, elle eut tôt fait de constater que je n’avais aucune intention de me comporter comme une malotrue aujourd’hui et se retira la main portée sur la croix à son cou, priant le Seigneur que cette entrevue se déroule sous le meilleur jour.

Du côté de John comme du mien, sa disparition tardive fut comme un signal d’appel : aussitôt, l’atmosphère s’apaisa pour laisser place à l’humour bon enfant que nous avions partagé lors de notre premier entretien.

- Oh savourez-le bien John car le prochain ne sera pas si simple à obtenir, l’asticotai-je en me délectant de l’idée qu’il ne s’en offusquerait pas.

Et quand bien même cela aurait-il été le cas, n’était-ce pas de cette même manière que j’étais parvenue à faire fuir le plus tenace des prétendants ? Si j’estimais que ma franchise avait le mérite d’éclaircir le plus embrumé des esprits, elle était bien souvent considérée comme inconvenante et malvenue par les gentilshommes qui avaient le malheur de me courtiser.

- Voilà un autre sujet sur lequel nous pouvons nous accorder. Je ne doute pas que les mets que Mère aura fait préparer puissent attendre notre retour, et je dois vous avouer être impatiente à l’idée de pouvoir entreprendre cette ballade avec vous. Il y a bien longtemps que je n’ai pas chevauché en si bonne compagnie, riais-je avant de revenir sur un point qui avait retenu mon attention.

- Je serais bien curieuse de connaître ces autres talents d’épouse dont vous souhaitez que je fasse preuve. Ne vous contenteriez-vous pas de l’une de ces excellentes maîtresses de maison que l’on trouve à la tête des soirées mondaines ?

Malgré l’interrogation réelle derrière ma question, celle-ci avait été énoncée sur le ton de l’humour. Les informations que j’avais été en mesure de rassembler durant le peu de temps que j’avais eu l’occasion de passer à ses côtés m’incitait à penser que là était bien l’inverse de la fiancée à laquelle John Wicker pouvait rêver.
En effet, celui-ci vint confirmer mon hypothèse alors que nous nous apprêtions à monter, en me posant une question qui eut le mérite de gagner mon attention toute entière. Prise par surprise, je m’efforçais de maintenir un sourire léger sur mon visage tandis que ma main caressait machinalement l’encolure de mon animal.

- Je crois en effet que l’un est inévitablement lié à l’autre dans notre société. C’est ainsi que l’on nous enseigne les principes du mariage au couvent, c’est autour de cette idée que se base l’éducation d’une demoiselle, argumentai-je tandis que des images nettes de mon enfance défilaient sous mes yeux et que les discours qui m’avaient été tenus résonnaient dans mon esprit. Si je n’avais jamais eu à me plaindre de mes années de jeune fille, c’était en grandissant que j’avais été capable de reconnaître l’influence que le statut social maintenait sur les attentes d’un foyer. Je ne gardais aucune rancœur à l’égard de ma mère qui avait voulu faire de moi une épouse modèle. Je pourrais même aller jusqu’à dire que je l’en remerciais, car c’est bien grâce à celle que j’avais eu l’opportunité de devenir la jeune femme épanouie que j’étais aujourd’hui – mais cela ne changeait rien au fait que j’étais loin de partager son avis sur la question.

- Cependant, je reste persuadée que l’essence du mariage réside dans un partenariat entre l’homme et la femme, qui travailleraient ensemble en compensant leurs faiblesses par les talents de l’autre de façon à pouvoir triompher des difficultés qui se présentent à eux. Je n’imagine pas d’avenir favorable à un mariage défini par une hiérarchie entre les époux, et je suis certaine que de telles unions ne peuvent obtenir la bénédiction de notre seigneur, confiai-je pour la première fois mes idées à haute voix, sans peur.

J’avais l’extrême conviction que John serait prêt à les écouter, et mieux, à les comprendre si tant est que je les énonçais de façon claire et réfléchie. Mère n’aurait voulu en entendre mot – et sans doute aurais-je même été confinée dans ma chambre durant des jours pour avoir oser remettre en cause sa foi – quant à Père qui avait reçu l’éducation stricte des Bellamy, il aurait été incapable d’envisager une telle alternative – les femmes utiles aux hommes, cela ne se voyait que dans les familles de la classe ouvrière, qu’il m’aurait dit en riant de mon ignorance. L’opportunité d’exprimer ma théorie face à un public ouvert était enivrante, à tel point que je me sentis tentée de réfléchir à une autre question épineuse sur laquelle réfléchir durant notre promenade alors qu’il m’aidait, galant comme il l’était, à prendre place sur mon cheval. Dans cette entreprise, il se permit de saisir ma cheville, et je fus bien heureuse que Mère ne soit pas là pour en être témoin. Si elle s’en serait offusquée et l’aurait sans aucun doute insulté de dépravé, je n’y voyais rien à redire : son intention n’avait pas été animée par un désir d’intimité mais par  un sens pratique que je ne pouvais lui reprocher. Le silence confortable qui s’était naturellement instauré du temps que nous nous installions sur nos montures signifiait sans aucun doute mon consentement quant au contact bref que nous venions de partager – une manière de lui faire entendre que son geste n’avait pas été interprété comme déplacé tandis que je l’observais sans me cacher prendre place à son tour sur la bête qui lui avait été prêtée pour l’occasion ; un cheval brun qu’il monta sans maladresse aucune, à ma plus grande surprise.

- Vous me semblez être un cavalier aguerri, lui adressai-je accompagné d’un sourire appréciatif à la hauteur de mon admiration. Je serais ravie de vous guider hors des sentiers habituellement pratiqués si vous en témoignez l’intérêt. Ceux-là n’ont que bien peu d’attraits, à l’inverse de la sublime forêt qui entoure le domaine.

Sur ces mots, et avec son accord préalablement donné, je pris la tête du parcours en démarrant mon cheval au trot tout d’abord, afin de lui indiquer le départ, puis au galop une fois celui-ci prêt à s’élancer. Comme d’ordinaire, la sensation du vent fouettant ma peau alors que nous avancions à pleine vitesse me grisait, venant dessiner un sourire sur mon visage satisfait ; et ce ne fut que lorsque je fus incapable de distinguer le manoir derrière nous que je ralentis la cadence pour aligner mon cheval à celui de John qui, loin de s’être laissé devancer, était parvenu jusque là à suivre de près ma monture.

- Je vous invite à profiter du paysage dont le Seigneur nous a fait cadeau. La nature est particulièrement resplendissante durant les beaux jours, lui conseillai-je sans manquer de suivre moi même ma propre suggestion. J’avais beau parcourir régulièrement ce même trajet, il est des choses dont on ne peut se lasser. La clairière vers laquelle je dirigeais notre cortège en faisait sans aucun doute partie.

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MessageSujet: Re: Wild horses [John & Ambrosine] [Fini.] Mer 5 Sep - 19:21


Si en présence de la figure maternelle, John se montrait peu loquace, et plutôt cordial, il remarqua que l'attitude de la demoiselle se détendait également au fur et à mesure qu'ils s'en éloignaient tous les deux. Visiblement, le Wicker avait gagné la confiance de Mme Bellamy, si ce n'était celle en la rigidité de sa fille, ou encore, celle-ci les laissait seuls à d'autres dessins plus inavouables... Dans l'espoir que le mariage ne soit plus un choix, mais une obligation.
Quels que fussent ses intentions, John s'y plia non sans méfiance, mais juste certain de pouvoir se sortir de n'importe quelle situation avec honneur, comme il avait appris à la faire lorsque le contexte était plus encore inextricable que celui-ci. Le brun avait appris à s'adapter, et cette force le faisait saisir les occasions sans craintes des risques, évaluant précautionneusement ses gains, et les bénéfices qu'il tirerait d'une victoire, à défaut de devoir se sortir d'un piège.

    - En effet, ma soeur n'est pas de tout repos, mais vous devrez me promettre de la supporter poliment, si vous vous tenez à ce que je vous invite chez moi dans les jours à venir, répliqua John, avec un sourire malicieux, observant du coin de l'oeil la jeune femme, de laquelle il avait détourné les propos, pour la mettre dans la position de la demande. Puisqu'elle clamait l'égalité, il la mettait volontiers à la place de celle qui courtise et se doit de faire des efforts, pour se voir mariée. Je ne manquerai pas de savourer tout ce que vous m'offrirez cet après-midi, je vous l'assure, confirma-t-il néanmoins, sur un ton plus grave, son expression prenant une profondeur sérieuse, cette fois-ci, qui aurait surement fait battre le coeur de quelques pucelles à la sensibilité fragile.


La discussion, déjà, bien que légère, rentrait dans le sujet épineux, sans doute, qui les amenait là, et John ne tenait pas particulièrement à jouer l'hypocrisie en ne prétendant pas venir dans ce seul but. L'époque, ou bien la société, voulait que les contrats de mariage se fassent bien avant de forger les amitiés, et que celles qui lient femmes et hommes soient assez tabous pour être rares. Les rumeurs d'infidélités allaient vite, et personne ne voulait en être la victime, limitant ainsi au maximum les contacts avec l'autre sexe qui auraient pu entrainer des diffamations de ce genre.

    - Ne dénigrez donc pas vos semblables, Ambrosine, elles ne font qu'user de ce qu'elles ont à leur disposition pour survivre dans un monde qu'on leur impose... Vous avez de la chance que vos parents tolèrent vos caprices - et il disait cela comme une observation neutre et non une critique négative, puisqu'il constatait ce même trait de caractère chez sa soeur adorée, à laquelle il cédait presque tout également - quand certaines n'ont pas d'autres luxes que de se conformer au rôle qui leur ait imposé. Qu'elles le jouent si bien les honorent, et je les admire, affirma le cavalier, tandis qu'il vérifiait les harnachements de son propre cheval, avant de répondre à la rousse, en prenant quelques secondes pour la regarder, avec la politesse que requérait la sincère étude d'un tel point, crucial pour la suite de leur relation, si elle était amenée à continuer. Seriez-vous jalouse ? La questionna-t-il avec une pointe de moquerie, visible sur son visage, qui s'ouvrait avec cet échange qui devenu naturel, et aussi amusant qu'intéressant. Je me contenterais de l'une d'elles, si elle sacrifiait les potins dont elles sont friandes, pour une loyauté sans bornes envers celui auquel elles partageraient leur lit, sous le serment du mariage. Mais je crains que de telles promesses requièrent une force d'âme qui surpasse les folies du coeur, dont beaucoup sont esclaves.


Il ne les blâmait pas pour se livrer à ses divertissements, et il ne faisait qu'établir des faits qu'il avait été en première loge d'observer, dans les salons où il avait été accueilli. Il avait du même refroidir les ardeurs de quelques demoiselles ou épouses avides de frissons, dont les passions frivoles et irréfléchies l'effrayait presque. Il les aurait prises, sans scrupules, probablement, s'il n'avait pas tant craint leur langues déliées. Le pouvoir de l'argent ne les atteignait malheureusement pas dans leur fortune, comme il achetait le silence des prostitués, une valeur sûre qui comprenait la grandeur d'âme dont il faisait l'éloge à sa compagne de chevauchée.

    - N'avez-vous jamais été amoureuse, Ambrosine ? Demanda-t-il presque trop gentiment, comme s'il s'adressait à une enfant, qu'il fallait ménager. Son discours se serait peut-être expliqué par l'une ou l'autre des déclarations possibles, suite à cette question. Il espérait presque qu'elle l'ait été, qu'elle en ait fait l'expérience et n'y tienne plus, pour en être sortie avec d'autres prétentions plus terre à terre, qui la disposerait mieux à se satisfaire de l'accord pratique qu'il lui proposait, et estimait mature. Et une autre partie de lui souhaitait étrangement qu'aucun homme ne l'ait vraiment atteint. Je crois qu'il faut que la confiance et le respect mutuels soient d'égale mesure, pour que toutes ces théories fonctionnent... Et sauf le votre, je ne suis pas sûr que votre Seigneur se soucie vraiment des conflits conjugaux qu'il sacre en son église, ajouta-t-il, pour lui faire définitivement comprendre qu'il ne cherchait pas le mariage pour satisfaire des buts religieux ou cesser de vivre dans le pêché, qu'il embrassait volontairement, et volontiers, lorsqu'il faisait face à cette éventualité, si elle lui était profitable.


Confirmant l'impression qu'elle avait eu de son talent en équitation, et qu'il avait acquis dans son enfance, John galopa à ses côtés, sans vraiment y penser. Ses mouvements étaient naturels, et ils suivaient sans efforts ceux de sa monture. Son esprit était préoccupé à d'autres pensées, et son regard fixa un instant la jeune femme qui lui servait de guide, et semblait particulièrement apprécié la balade. Les mots d'excitation et d'espoir de Rosaline lui revinrent en mémoire, et il laissa un instant l'idée se glisser dans sa logique, et la trouva plaisante, de manière assez inattendue.
L'évocation de Dieu, encore une fois, le coupa dans cet élan rêveur qui ne lui était guère connu ou habituel.

    - Les cadeaux sont rarement gratuits, déclara John en s'arrêtant aux côtés de la demoiselle qui les avait conduit jusqu'à une prairie joliment éclairée par les rayons du soleil. Penser que la nature se faisait belle pour les hommes n'était qu'une preuve, pour le brun, de l'égocentrisme de la foi... Il voulait pourtant ne pas en être blasé, et penser que quelqu'un pourrait se soucier de son sort. Chaque jour, cependant, il était amené à soumettre les principes du christianisme à de dures réalité. Qu'attendez-vous de moi, Ambrosine ?


Il n'était pas assez fou pour penser qu'elle ne visait pas ses propres objectifs dans la démarche qu'ils abordaient ensemble. Sa jeunesse ne semblait pas faire d'elle une de ces précieuses frivoles qui se contentait de récolter les coeurs, de collectionner les prétendants juste pour le plaisir de les éconduire, et de le mener si loin sans vraiment songer qu'il pourrait convenir à ses affaires.
D'un bond aussi souple que celui qui lui avait permis de monter sur selle, John remit le pied au sol, et leva les yeux vers sa promise potentielle, en lui tendant la main. Celle-ci se posa naturellement sur la taille de la Bellamy lorsqu'elle fut descendue à son tour, pour profiter de l'herbe verte.

    - J'ai la vanité d'imaginer que vous me faites confiance, et la prétention de pouvoir vous respecter pour celle que vous êtes, si vous m'en donnez l'occasion, conclut-il, en plongeant ses prunelles, inquisitrices, dans celles de la rousse. Cela fait sans conteste beaucoup de défauts aux yeux de votre Seigneur, mais avec votre indulgence, vous reconnaitrez que l'orgueil n'est pas le pire des vices, quand il sert une noble cause.




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MessageSujet: Re: Wild horses [John & Ambrosine] [Fini.] Mer 12 Sep - 14:16




Wild horses


Ambrosine & John



L’étiquette avait voulu que je me montre patiente quand bien même je comptais les secondes qui me séparaient du moment où Mère nous laisserait enfin seuls tous les deux, malgré son aversion à l’idée. Premièrement car elle ignorait encore tout des intentions de mon prétendant, qui pouvait tout aussi bien n’être qu’un opportuniste venu attenter à ma vertu dans les bois, pour ce qu’elle en savait  - il avait beau être son favoris, il n’en restait pas moins un homme m’avait-elle confié avant que je n’envoie la missive porteuse de mon invitation. Puis, dans une seconde mesure, de peur que je ne mette fin à son entreprise s’il se révélait au contraire un homme honnête et un candidat apte à me prendre pour épouse. Sur ce point, je me devais de lui donner raison : elle avait assisté à tant de complots de ma part pour savoir que je laissais rarement leur chance aux gentlemen qui tentaient de me courtiser avec adresse. Contrairement aux hommes dont les valeurs semblaient inexistantes, les courtisans à la hauteur de mon rang se faisaient rares, et je n’ignorais pas que l’entrevue qu’elle avait organisée avec John avait du blesser de quelque peu sa fierté d’aristocrate : si tant est qu’un mariage soit à la clé, cela ne signifierait ni plus ni moins qu’une union perdante à ses yeux. Nous n’avions besoin ni de fortune ni de rang, tandis que la famille Wicker bénéficierait du mien, au plus grand désespoir de ma génitrice. Je n’ignorais pas que le seul argument en faveur du jeune homme avait été son compte en banque et le charisme naturel dont il avait su faire preuve face à moi, comme en présence de ma mère qui y était particulièrement sensible – son esprit romantique à l’opposé de mon pragmatisme relationnel qui ne cessait de l’effrayer un peu plus chaque jour.

- Si la demoiselle se montre aussi entêtée que son frère, nous n’aurons aucun mal à nous entendre, confirmais-je ses craintes une fois de plus en provoquant mon interlocuteur de la sorte. Cependant, ce n’était pas pour le faire fuir que j’usais de cette méthode-ci auprès de lui, mais parce que j’avais l’intime conviction que le sentiment de récréation que suscitaient en moi nos échanges taquins était réciproque.

- Mais serait-ce là une invitation de votre part ?

Je n’avais pas manqué sa tentative d’inverser les rôles, et je ne m’en amusais que plus. Moi-même étais-je capable d’user d’humour en de telles situations, et je l’en remerciait presque de m’en offrir l’opportunité désormais, alors que Mère s’en était allée. Je m’étais jusque là contentée de me divertir auprès des quelques hommes qui me connaissaient assez bien pour ne pas ignorer ma révulsion au mariage, et qui ne s’essayaient plus à la séduction – car rares étaient les prétendants qui appréciaient la sarcasme et l’ironie chez une femme, et encore moins la leur.

Cette repartie avait beau ne pas briller, elle me permit de dissimuler mon embarras quant à sa remarque derrière le sourire qui était resté fixé sur mon visage amusé, qui n’aurait pu l’être moins lorsqu’il prononça une phrase simple mais lourde de sens qui fit monter le rouge à mes joues. Ne sachant quoi répondre, je me contentais d’opiner aimablement le regard fixé au loin, tandis que je m’efforçais de faire taire les battements de mon cœur qui me semblait vouloir sortir de ma poitrine. Je remerciais Dieu pour les sabots de nos chevaux qui, de leur claquement sur le sol, rendaient presque muet le son de celui-ci. J’avais beau savoir mon cœur pour tous silencieux, je ne pouvais m’empêcher de croire John particulièrement conscient de l’effet qu’avaient produit ses paroles en moi.

- Elles méritent mon respect ; certaines même mon amitié, m’empressais-je d’ajouter, dans l’optique de changer au plus vite le thème de notre conversation vers un sujet qui m’était plus agréable et surtout, bien moins hasardeux.

- Et je ne les dénigre en aucun cas en exprimant mon opinion sur la question : aucune n’est la fiancée que vous recherchez.

Si tant est que cela fut le cas, le jeune homme ne se serait pas embarrassé de ma présence plus longtemps. Il y avait sans doute une raison précise au fait qu’il se soit orienté vers une demoiselle dont la réputation la précédait plutôt qu’une bourgeoise à la respectabilité certaine. La fortune familiale étant exclue ; et je comptais bien la découvrir.

- A vous de me le dire : devrais-je l’être ?

Cette pensée avait le mérite d’être aussi sincère qu’espiègle car c’était bien sur ce ton-là que j’escomptais discuter avec lui de notre relation, de quelque nature qu’elle soit. Tout pour éviter de relancer John sur ses ambitions maritales.

- Je ne peux en vouloir à ces jeunes femmes, vous savez. Toutes n’ont pas le loisir de choisir leurs époux ; et je pense pouvoir avancer que je ne répondrais sans doute pas de mes actes si mes parents me forçaient à un tel sacrifice.

De fait, je n’avais jamais exclus la possibilité de préférer un amant à un mari. Si Mère l’aurait sans aucun doute dénigrée, elle m’avait paru particulièrement adaptée à ma vision des choses et aux possibilités qui s’offraient à moi : il n’abuserait ni de ma fortune ni de mon titre, n’aurait aucunement le droit d’attenter à ma liberté ; quant à mon cœur, je le lui aurais confié, et là aurait été la seule emprise qu’il aurait détenu sur moi. La question s’étant posée à l’instant, je me surpris à réfléchir à l’idée qui avait été énoncée : en tant que femme mariée, me serais-je permise de prendre un autre homme pour amant ? Sans doute que non, finis-je par conclure, persuadée que ce ne serait qu’une marque de malhonnêteté de ma part.

- C’est pourquoi je ne veux d’un mariage qui me serait imposé. Je ne m’imagine pas me faire violence au point d’en renier mes principes – car à mes yeux, il n’y a pas plus vil que de trahir ainsi l’homme auquel nous sommes liée. Un tel combat moral ne devrait pas être imposé à de jeunes femmes vertueuses.

Perdue dans ma réflexion exprimée à haute voix, je fus prise de court par sa question à l’apparence simpliste, mais que je devinais importante au yeux de mon interlocuteur, ne serais-ce qu’au ton qu’il avait soudainement employé. Ce dernier élément m’incita à ne pas me vexer de sa remarque aux échos paternalistes. Après tout, me répétais-je, il était effectivement plus âgé que je ne l’étais.

- Pour quelle créature sans cœur me prenez-vous, balayais-je son commentaire en riant, avant de reprendre plus sérieusement.

- Évidemment, que je me suis déjà éprise d’un homme. Mais les jeunes filles telles que moi n’ont pas la chance de laisser libre court à leurs passions. Vous avez rencontré Mère, pensez-vous réellement qu’elle me laisserait batifoler avec quelque inconnu sans que nous ne soyons unis par les liens du mariage ?

Je ne savais si cette dernière plaisanterie était tant humoristique que cynique, mais j’estimais que John devrait s’en satisfaire. La rancœur que je ressentais à cette idée était à la mesure de mon affection pour Mère, et si je respectais sa décision, je ne pouvais m’empêcher de lui afficher régulièrement ma désapprobation de façon publique.

- Je suis d’accord avec vous John, je crains que le Seigneur ne puisse être présent durant chaque union pour la bénir de son consentement. Cependant, je reste persuadée que tel Dorian Gray, chacun garde en lui les péchés qu’il a pu commettre durant son existence, et que c’est bien sur ces éléments que Dieu nous juge digne ou non d’accéder au paradis, expliquai-je pour me justifier plus que pour convaincre. J’avais beau croire profondément en ce que j’avançais, mon but aujourd’hui n’était pas de prêcher la bonne parole, et j’espérais sincèrement que John ne l’interprétait pas ainsi. Afin de m’en assurer, je coupais court à notre discussion religieuse qui devait sans doute lui inspirer plus d’ennui que d’intérêt – et là n’était pas le but de notre promenade.

- Les cadeaux ne le sont pas en effet, je considère qu’il se mérite. Mais loin de moi l’idée de vous importuner avec un énième discours dogmatique. Sans doute vous aurais-je déjà croisé à la messe si vous souhaitiez assouvir quelque besoin religieux, plaisantais-je, tout en faisant ralentir mon animal à mesure que nous approchions de notre destination.

Lorsque les conditions me parurent idéales, je m’arrêtais et vit John en faire de même, mettant pied à terre afin de m’aider à descendre de cheval. Cette fois-ci, il me fut difficile d’ignorer le contact physique qu’il tentait d’initier, et je me surpris à apprécier l’initiative, le rouge aux joues à mesure qu’il s’adressait à moi en des termes aussi effrayants qu’envoûtants.

- Dieu est miséricordieux, laissais-je échapper d’une voix fébrile que je ne me reconnaissais pas. Je suis certaine que vous êtes déjà pardonné.

Les yeux dévorant mon interlocuteur du regard, j’étais quasiment certaine d’avoir blasphémé en mentionnant le nom de notre Seigneur en de telles circonstances. Sa main, restée contre mon corps, réchauffait d’une douce chaleur la taille qu’elle entourait ; j’étais consciente du moindre regard qu’il me portait, du moindre geste qu’il esquissait. En cet instant, j’étais consciente que j’aurais pu répondre oui à sa demande sans même y réfléchir à deux fois, et je me maudis d’entretenir de telles pensées.

- Je n’attends rien de vous que vous ne voudrez bien m’offrir, lui confiais-je les joues rosies par la proximité de nos deux corps. Mes membres étaient engourdis, mon cerveau embrumé par la tension qui s’était installée entre nous, si bien que je me crus presque incapable de prononcer mes prochains mots avant qu’ils ne passent finalement mes lèvres mutines.

- Ce que je souhaite en revanche n’est que passer une agréable journée en votre compagnie –  et bien d’autres également si vous en exprimez l’envie – sans avoir à me soucier de quelque alliance que ce soit.

Avec un soupir, je me sentis forcée de compléter.

- Mais je suppose que ce n’est pas une éventualité envisageable, n’est-ce pas ? Ce n’est pas pour cela que vous êtes présent aujourd’hui.  

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MessageSujet: Re: Wild horses [John & Ambrosine] [Fini.] Mer 12 Sep - 17:39


En toute honnêteté, l'absence de rang du Wicker et son passé reconnu par certains lui avaient offerts de nombreux refus, avant même parfois qu'il ait pu formulé le moindre intérêt pour une demoiselle à marier. John n'en avait pas pris spécialement ombrage : il s'était habitué à ce genre de réactions à son égard, et les comprenaient, autant qu'il ne les excusait pas. Les propos des nobles le touchaient, bien qu'il n'en laisse rien paraitre, et se retire du jeu avec respect, la tête toujours haute - il l'avait trop baissé durant son enfance, par la faute d'un autre, qui l'avait obligé à subir cette humiliation.
Désormais, quoi que puissent en dire les héritiers dont la fortune avoisinaient peut-être la sienne, ou même pas, le jeune homme savait sa valeur, et ce qu'il était en droit d'exiger, comme de mériter. Il aurait pu souiller plusieurs réputations en profitant de ses charmes pour corrompre les demoiselles dont les parents lui avaient interdit l'approche, et desquelles il avait très bien perçue que leurs sentiments ne corrélaient pas ceux de leurs ainés à son égard : il aurait pu se venger en les rendant elles aussi bien moins attractives pour un engagement, mais cela n'avait jamais été son but, et il avait laissé ses détracteurs dans leurs sombres préjugés. Quoiqu'on en dise, ou quelles que soient les unions qu'on lui refuse, il était fier de l'homme qu'il était devenu, s'étant construit seul, par sa force de caractère autant que celle de ses poings.
Il avait bien entendu conscience de la raison pour laquelle sa présence était tolérée auprès d'Ambrosine, et il avait de l'affection pour ce trait de son esprit qui avait du repousser ses soupirants précédents, et lui donnait l'opportunité de tenter sa chance.

    - C'est une invitation, pour un jour, et plus longtemps, répondit-il avec aplomb, en lui souriant toujours d'un air joueur. Il savait que cette dernière théorie l'effrayait, et il comptait bien la lui faire apparaitre moins dramatique, à force de légèretés. Rosaline manque de distractions, et elle sera un chaperon bien différent de votre mère, je peux vous l'assurer.


Sa voix était devenue particulièrement douce à l'évocation de sa soeur, traduisant sans conteste l'amour qu'il lui portait, prouvant sans doute qu'il en était capable, à une certaine mesure. Il avait quasiment élevé la jeune femme, l'avait protégée, nourrie, et elle se montrait un soutien tout aussi infaillible. Le noyau familial, bien que restreint, était plus dur qu'un diamant... Restait à savoir si Ambrosine pourrait les y rejoindre, et partager cette complicité sans l'affaiblir.
A terme, si mariage il y avait, John comptait bien sur l'emmener vivre chez eux, en attendant, si elle le souhaitait, de lui acheter un logement plus grand, où ils pourraient commencer à élargir plus encore leur cercle, en y incluant quelques enfants de leur sang.

    - Non, Ambrosine, vous ne devriez jamais être jalouse : si vous choisissez de m'épouser, je crois percevoir qu'il serait dans votre nature de vous investir entièrement dans notre couple, et si c'est le cas, je n'aurais jamais de raison de vous faire éprouver cette émotion, concéda John, inquiet de donner une explication détaillée à chaque interrogation qu'elle pourrait avoir, pour la rassurer. Si vous décidez de vous séparer de ma compagnie, là encore, vous ne sauriez souffrir que j'aille chercher auprès d'une demoiselle suivante ce que vous ne voudrez m'accorder, vous ne me semblez pas être ce genre de coquette.


John admirait les femmes qui savaient ce qu'elles voulaient, et non celles qui maintenaient la flamme ou entretenaient un jeu auquel il ne tenait pas à participer. Bien souvent, il avait déçu ce public, qui n'arrivait jamais à atteindre son coeur, pour le rendre ainsi esclave de leur bon plaisir.
La déclaration de la rousse concernant ses propres inclinaisons sentimentales assombrir son humeur pour une fraction de seconde. Evidemment, il soupçonnait chaque jeune femme, et jeune homme, de ce milieu et de cette condition, de n'avoir que trop de temps à consacrer à ces préoccupations - lui n'avait jamais eu cette occasion, ayant passé son adolescence à prendre des responsabilités pour son avenir et celui de Rosaline, qui avait éclipsé, bien malgré elle, toute amourette débutante.
A l'habitude, il avait fini par ne jamais s'attacher de cette manière.

    - Qui était-ce ? Demanda brusquement John, plus durement peut-être qu'il ne l'aurait voulu. La concurrence l'importait, certainement, comme elle aurait du. Il fronça les sourcils, une idée peu satisfaisante, au fond, naissant malgré lui dans son esprit. En tant que mari, il aurait pu lui autoriser plus tard une aventure, à condition que la garder discrète, pour qu'elle se rende compte de ses véritables désirs et besoins. John n'avait, probablement parallèlement à son scepticisme face à la religion, pas de sincère adoration pour la virginité, tant que ce détail n'entachait pas sa réputation. Malgré ses croyances, il n'arriva pourtant pas à formuler cette proposition, qui aurait néanmoins pu la convaincre, en lui faisant miroiter la liberté. Regrettez-vous que votre mère ait été un obstacle ?


Ce n'était en rien la conversation qu'auraient du avoir deux jeunes gens de leur statut, et dans le contexte où ils se trouvaient... Mais John n'avait pas peur d'être vrai, et lui permettre de s'exprimer réellement. Il ne voyait pas les choses autrement qu'autour de discussions profondes, qui finiraient par éliminer les secrets entre eux, un à un. Pour qu'elle protège les siens, il tenait à ce qu'elle réalise qu'elle pouvait lui confier tout ce qui se cachait sous ses cheveux flamboyants, ou dans son corsage, au sens figuré comme au sens propre.

    - Mes besoins ne sont en effet pas religieux, remarqua avec amusement le brun, alors qu'il la faisait descendre, en laissant libre court aux pensées que lui provoquaient soudain ce contact. Il retira doucement ses mains en lui laissant recouvrer l'équilibre, mais ne rompit pas leur échange de regard, bien plus intense encore, que leurs mots ne traduisaient pas aussi bien les images de leur esprit que leurs prunelles le faisaient à cet instant. Je crains avoir commis d'autres fautes qui me condamnent, et je n'espère aucun pardon pour celles-ci. Mais peut-Être pourrez-vous tenter de sauver mon âme, ou du moins de me rendre l'optique de l'enfer plus supportable, pour les quelques années qu'il me reste.


Alors que ces déclarations passaient sur ses lèvres, il s'étonna d'y croire, d'une manière surprenante.

    - Non... Ajouta-t-il cette fois-ci dans un soupir presque douloureux lorsqu'elle insista, elle, sur son absence d'intérêt pour cette discussion. Il brisa donc le moment en s'écartant pour ne pas trop l'oppresser, et en prit une profonde inspiration. Je ne peux pas me le permettre.


Cette conclusion, brutale, n'en était pas moins des plus justes. Il y avait plusieurs choses qu'il ne pouvait pas se permettre, et notamment d'entretenir un espoir qu'elle finirait par écarter, et auquel il pressentait étrangement une association peu agréable pour lui.

    - Je veillerai à ce que vous n'ayez pas à vous soucier de quoi que ce soit si vous accepter de rendre nos promenades légitimes, promit-il, en se rapprochant de nouveau, comme pour sceller un marché. Nous en aurons autant qu'il vous en faudra pour consolider notre entente au quotidien, poursuivit-il. Je ne peux vous promettre d'être le mari romantique dont rêve probablement votre jeune coeur, mais je serais patient jusqu'à ce que vous éprouviez le désir vous-même de porter mes enfants. Montrez-moi comment vous rendre heureuse, et si cela ne va pas à l'encontre de notre partenariat, je m'emploierai à vous y guider de mon mieux.


Il ne pouvait pas être non plus celui des deux qui serait dominé, car ce rôle irait à l'encontre de tout ce qu'il était. John était néanmoins prêt à prendre les rennes pour aller dans son sens, et l'aider dans ses entreprises personnelles. Il savait qu'il prenait un risque en exposant ainsi ses cartes si rapidement, mais il lui fallait une assurance, non seulement pour ses ambitions de vie, mais pour une autre urgence qu'il débutait seulement à percevoir. Les paroles de Rosaline résonnaient dans son âme, trop bruyantes pour qu'il les ignore : "tu crois que c'est la bonne ?". Il devait savoir... Il avait l'impression de savoir, et désirait ardemment une confirmation.
Puisqu'il avait déjà dépassé les limites, il posa doucement sa paume sur la joue d'Ambrosine, presque hésitant, espérant presque la validation de la demoiselle alors que ses doigts glissant avec précaution dans ses mèches rousses. Il ne s'était jamais permis un geste aussi intime, même avec les prostituées qu'il payait pour d'autres sortes de touchés, et sentit un frisson lui parcourir la nuque.

    - Viendrez-vous chez moi mercredi, pour le déjeuner ? Posa-t-il dans un souffle, car il était assez près désormais pour ne pas avoir à parler à voix haute pour qu'elle l'entende. Je suis désolé de vous bousculer, Ambrosine... Je ne tiens pas à demander votre main à votre père tant que vous ne m'avez pas assurée que votre impulsion vous pousse vers moi, et vous savez bien qu'il m'attendra au retour de cette escapade cavalière, pour mettre à plat quelques modalités quand au futur de notre relation.


Il percevait son trouble, et l'idée qu'il puisse le conduire à un échec le paniquait. En même temps, il n'avait pas de choix que de la mettre au pied du mur, pressé par les attentes sociales, et celle de sa famille. S'ils souhaitaient se revoir, il faudrait passer le cap d'un engagement plus officiel.



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MessageSujet: Re: Wild horses [John & Ambrosine] [Fini.] Mer 19 Sep - 3:35




Wild horses


Ambrosine & John



Plus notre échange avançait, plus je me laissais persuader d’un fait indéniable : John Wicker était aussi pourvu de charisme que de rhétorique ; et à mesure que nous discutions ensemble, il ne cessait de me le prouver en s’essayant à diverses métaphores et sous-entendus dont l’unique but était de rendre plus douces ces propositions qu’il m’adressait tandis que nous chevauchions.

- Que de mots élégants pour parler de mariage ! M’exclamai-je en réponse à son invitation. Décidant de ne pas tenter le diable, je me prévenais de répondre à celle-ci, pour recentrer notre discussion sur les jours à venir. A dire vrai, n’importe quel sujet de conversation m’aurait convenu bien plus que celui qu’il avait choisi – figures de style ou non, il n’était pas dans ma nature de me projeter dans l’avenir. L’unique certitude qui m’avait gagnée au fil des années était que je ne voulais pas quitter ce monde sans héritier; et c’était bien là tout de dont j’étais capable d’imaginer, notais-je ironiquement. Quel dommage, pour un auteur.

- Je serais néanmoins ravie de faire sa connaissance, et vous promets de l’affectionner comme ma propre sœur pourvu que nous soyons amenées à nous rencontrer un jour, lui confiai-je d’un ton aimable qui ne laissait aucun doute quant à la sincérité dont je faisais preuve en prononçant ces paroles. N’ayant jamais eu l’occasion de découvrir le bonheur de faire partie d’une famille nombreuse, je m’étais souvent plaint de l’absence d’effervescence au sein de notre foyer dans mon enfance. Aujourd’hui encore, il m’arrivait de m’interroger sur ce à quoi la vie au manoir Bellamy ressemblerait avec plusieurs petites têtes rousses dévalant les longs couloirs sans fin. Sans doute ne ressentirais-je pas le besoin irrépressible de m’enfuir lorsque notre résidence était déserte, songeais-je presque malgré moi, avant de revenir à la raison. A quoi bon se poser de telles questions : notre Seigneur n’avait fait don à mes parents que d’un seul enfant, et si je savais Mère désappointée à cette idée, je ne me sentais pas le cœur d’ajouter à sa peine. Je savais sans l’ombre d’un doute que j’aurais été bien malheureuse à sa place.

- Vous me semblez être un homme des plus honnêtes, John. Je ne doute pas un seul instant de la fidélité dont vous feriez preuve en tant qu’époux, et sachez que je l’estime grandement. Mais comme vous avez pu le deviner, je ne saurais vous la quémander sans la certitude de pouvoir vous promettre la compensation que vous désirez tant, lui avouai-je avec un pincement au cœur. Si je n’étais pas prête à revenir sur mes mots, je devais en tout sincérité reconnaître que l’idée de le savoir faire la cour à une autre femme me faisait horreur. Mère s’en serait sans doute réjouit, si tant est qu’elle eut su lire mon âme comme John semblait lire la mienne. En cet instant plus qu’un autre, j’espérais fortement que mon affliction ne se lirait pas dans mon regard fuyant, au point où je me montrais presque trop enthousiaste lorsque nous évoquâmes ma vie amoureuse à l’allure désertique.

- Lorsque je l’ai rencontré, Edmund étudiait alors au King Jame’s College auprès de mon cousin George. Un homme brillant, qu’il était. Malheureusement, le jeune homme avait eut la malchance de naître dans une famille humble, héritant ainsi d’une bien piètre situation. Si je n’en avais cure, Mère s’était toujours empressée de brûler notre correspondance ainsi que les bouquets qu’il me faisait parvenir. Elle n’aurait pour rien au monde désiré me voir dans les bras d’un miséreux.

Mentionner le nom de l’homme dont je m’étais éprise me semblait bien moins difficile aujourd’hui que cela ne l’était cinq ans auparavant, et je me surpris de ne ressentir à son égard qu’un sentiment de nostalgie et d’amitié venant remplacer l’attirance malvenue que nous partagions autrefois. La question que me posait John rejoignant mes propres idées à ce sujet, je m’évertuais à apaiser ce que je supposais être une méfiance spontanée à la mention de cet homme qui n’avait pourtant jamais partagé plus avec moi que quelques regards dérobés, mais qui était parvenu somme toute à un but qu’il n’avait lui même pas encore atteint, quand bien même le mariage était au cœur de ses préoccupations.

- Ce serait mentir que de vous répondre que je ne lui en ait pas tenu grief. Néanmoins je n’ai aucun remord ni regret aujourd’hui en songeant à cette idylle avortée. Vous n’avez pas à vous en faire, aucun homme n’est maître de mon cœur.

Aucun homme ne l’était encore tout du moins, bien que je n’aurais pas refusé que mon prétendant s’y essaie. Ma réticence au mariage n’avait jamais été liée à mon inclination pour la gent masculine, et les brefs contacts que nous avions échangés avaient suffi à mon cœur pour s’emballer sous l’effet des frissons que ceux-là mêmes provoquaient en moi. Lorsque John laissa retomber ses mains le long de son corps, je refoulais l’envie de les saisir de nouveau, qui s’était emparée de moi. A la place, je reportais mon attention sur mes boucles rousses dont quelques pointes s’étaient emmêlées au vent. Je priais Dieu silencieusement que mon compagnon ne remarque pas que les mèches avaient été dénouée depuis de longues minutes déjà alors que je les faisais tourner nerveusement entre mes doigts tremblants. A mon plus grand bonheur, ses yeux semblaient autrement occupés à me fixer avec une passion à laquelle je répondis volontiers.

- Je ne demande qu’à vous accompagner à travers les épreuves que notre Seigneur aura placé sur votre chemin, lui avouai-je, l’émotion que je pouvais ressentir à cette idée prenant le contrôle de mes pensées et de mes actes. Sans y songer plus longtemps que nécessaire, je pris ses mains dans les miennes.

- Je ne souffrirai point qu’un homme tel que vous se voit refuser les faveurs de Dieu. Je vous promets de rester à vos côtés afin de vous épauler du mieux dont je le peux, si tel est votre désir. Mais par pitié John, je vous en conjure, n’incitez pas une malheureuse au mariage.

Ces mots, associés à la supposition que je lui avais adressée concernant ses intentions, l’exhortèrent à s’éloigner de moi plus que je ne l’aurais désiré. Encore affligée par la conclusion que nos projets ne pouvaient se rejoindre, je ne bronchais pourtant pas, appréciant l’espace que le jeune homme avait eut la décence de m’accorder.

- Je n’ai pas la bassesse de vous le reprocher, soufflai-je.

Mon esprit, confus, évaluait avec une ferveur redoublée les options qui s’offraient à moi. John n’accepterait aucune relation qui ne serait officialisée par les liens du mariage. J’avais eu tort de laisser libre court à mes rêveries enfantines : il était évident qu’il n’avait pas de temps à perdre avec l’indécision dont j’avais fait preuve en sa présence. Sans doute aurais-je du refuser de lui accorder une seconde rencontre. Peut-être même aurais-je du me montrer plus farouche lors de notre première entrevue. J’avais été bien trop sensible aux rêves de liberté qu’il m’avait promis pour me concentrer sur le centre même du problème. Etais-je prête à abandonner mes convictions pour une attirance naissante ? Les arguments dont il usait dans le but de me convaincre ne me laissaient pas de marbre, et je m’autorisais l’espace d’un instant à m’imaginer aux bras de cet homme que j’admirais autant que j’appréciais. John serait-il une option si désastreuse ? Mon cœur avait presque manqué un battement en l’écoutant débattre de notre futur partenariat, me laissant espérer qu’il avait à l’esprit mon bonheur et éprouvait envers moi le même respect que je lui portais. Lorsque sa main entra en contact avec ma joue brûlante, je fus forcée de me montrer honnête avec moi-même : l’idée de pouvoir partager ces gestes intimes avec mon prétendant ne me déplaisait pas, loin de là.

C’est d’une voix parcourue par l’émoi de ces dernières minutes de réflexion que je lui répondis sans me laisser le temps de tergiverser :

- Je serais là, confirmai-je, la poitrine palpitante.

Mon esprit prit du temps à encaisser la réalité de ce qu’il venait de se produire. De ces lèvres qui me semblaient tout à coup étrangères, j’avais scellé mon avenir en prononçant ces quelques mots lourds de sens. La douceur dont faisait preuve mon futur époux n’aurait pas suffit à arrêter les larmes silencieuses qui glissaient le long de mes joues. De tristesse ou de joie, je l’ignorais.   

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MessageSujet: Re: Wild horses [John & Ambrosine] [Fini.] Mer 19 Sep - 13:09



Si John pouvait se montrer fin négociateur à bien des occasions, il espérait néanmoins convaincre Ambrosine plus que la persuader, la séduire à l'idée du mariage, plus que la lui imposer... Il en allait de la stabilité de son avenir, et de la confiance qu'il pourrait mettre en elle, et dont dépendrait toute la solidité de son foyer. Après tant d'années passées à reconstruire une vie respectueuse pour sa soeur et lui, il ne pourrait supporter qu'une erreur de jugement les conduise à introduire chez eux une personne capable de tout briser par la force d'un doute.
S'il semblait donc celui qui défendait ardemment la cause du mariage, et semblait déterminé à lui mettre la bague au doigt, il n'en était pas moins prudent sur ses conclusions : s'il devait admettre qu'elle lui inspirait un étrange sentiment de sûreté, il ne pouvait se baser que sur ses émotions, et risquer tout sur ces choses qui le privaient finalement de contrôle, et n'avait aucun place dans ses raisons.

    - Vous ne sauriez la décevoir, répondit-il sur un ton qui laissait percevoir tout le double sens de cette déclaration. Il ne pensait pas en effet qu'elle puisse rendre insatisfaite sa cadette, qui aurait adoré n'importe quelle femme trouvant grâce à ses yeux, mais il exprimait par là aussi une sourde menace : s'il ne craignait pas pour son propre coeur, qu'il pensait impossible à atteindre, il n'aurait pas souffert que celui de Rosaline soit égratigné, et plus encore par sa faute, indirectement. Je crois qu'aucun homme n'est à l'abri d'être attaché, d'une manière ou d'une autre, à quelqu'un, un bien matériel ou une idée... Le mariage se pourrait donc bien être la forme d'asservissement la plus élégante, en effet.


Il lui sourit, avec un sourire qui ne laissait aucun doute sur le sens de ses paroles cette fois-ci : il se moquait, même s'il pensait, au fond, détenir une vérité dure à définir. Lui-même poursuivait des aspirations qui l'enchainaient surement, d'une manière. L'argent obsédait certains, la réputation d'autres... Et la poursuite même d'une liberté fantasmé pouvait finalement s'assortir de chaines invisibles, qui retenaient de s'engager dans d'autres opportunités que la vie présentait, et dont le choix aurait été plus judicieux dans cette quête, au final. C'était son cas en ce qui concernait le rang qu'il convoitait au sein de ses pairs, et c'était le cas d'Ambrosine peut-être, qui s'obstinait dans une fuite allant à l'encontre de tout ce qu'elle désirait.

    - Ne vous méprenez pas, soupira-t-il, confus de devoir si vite se livrer, mais prêt à accepter cette tâche, en partie, pour que la demoiselle sache toute l'ampleur du sacrifice qu'il lui demandait. Je ne suis honnête que parce que cela sert mes intérêts, présentement, mais vous avez déjà remarqué que je n'ai rien d'un homme d'église... Je ne peux vous mentir, à vous, parce qu'il y a une chance pour qu'un jour, vous deviez protéger mes secrets, et je veux que vous le fassiez en votre âme et conscience, pour des raisons plus fortes que la foi que vous portez à ces valeurs...


Il s'interrompit un instant, soudain étourdi malgré par ce qu'il semblait réclamer. Il ne mettait pas de mot sur cette excuse, qui lui aurait valu de surpasser les lois civiles, et peut-être naturelles, lorsqu'il s'agissait de défendre sa propre survie. Cette indéfinissable pouvoir, il savait que sa soeur et lui-même le possédaient, l'un pour l'autre, inébranlable.

    - Mon père était honnête, et il est mort au fond d'un égout, comme le misérable que des rumeurs avaient fait de lui... Sa voix était devenue brutale, condamnant à la fois son paternel, et ceux qui l'avaient poussé à ce suicide social et financier, qui l'avait finalement conduit à en commettre un plus réel et définitif, par lâcheté, oubliant de se battre contre la fatalité, ou pour ses enfants. S'il avait la sincérité, il n'avait pas eu la détermination, et celle-ci sortait toujours victorieuse, de ce que son fils avait pu observé. J'ai d'autres ambitions pour moi-même et Rosaline... Pour vous, aussi, ajouta-t-il, avec plus d'autorité qu'il ne l'avait intenté. Il émanait de lui une aura sombre désormais, dont il s'enivrait presque, parce qu'elle l'avait poussée, chaque fois qu'il avait du entrer dans le ring, littéralement, autant que symboliquement.


Malheureusement, la suite de la conversation ne devait guère l'apaiser : l'aveu de la Bellamy sur ses amours d'adolescence ne l'enchantait pas autant qu'il avait pourtant voulu les connaitre, et il ne les accueillait qu'avec un hochement de tête un peu sec.

    - S'il vous convoitait vraiment, il aurait fait ce qu'il fallait pour être digne de vous, conclut John, absolument convaincu de cette évidence. Quelqu'un qui désirait vraiment atteindre son but, quel qui soit, et qui y mettait toute son énergie, toute sa dévotion, ne pouvait rien obtenir d'autre que la réalisation de son rêve. Le Wicker voyait les obstacles ainsi : les surpasser, ou mourir. Il n'y avait pas à tergiverser, mais à se battre comme si sa vie en dépendait. L'aurait-il fait, à la place de ce Edmond ? Je n'oserai pas même vous regarder si je ne pensais pas l'être, poursuivit-il avec assurance, les doigts toujours crispés au souvenir du passé qui l'avait forgé, des preuves douloureuses qu'il avait du fournir pour se permettre de faire cette constatation avec un orgueil qui sonnait juste.


Elle avait pris les mains dans les siennes, comme pour confirmer une promesse, et John sursauta presque à ce contact, auquel il ne s'attendait pas, et qui lui était autrement plus doux que ceux auxquels il était habitué. Il la fixa un moment, en silence, tandis qu'elle s'exprimait sur ses intentions, et ses épaules se voutèrent légèrement en l'entendant évoquer de nouveau son aversion pour le mariage. La tension qui l'habitait précédemment était retombée. Un instant, il se sentit accablé par le poids de sa requête : n'avait-il pas été un peu fou de croire à cette occasion trop belle pour être vraie ? N'était-il pas déjà allé trop loin dans sa démarche, à un point de non-retour ?
Et puisqu'il estimait devoir tenter le tout pour le tout, le Wicker rendit sa proposition plus officielle, en poussant la jolie rousse dans ses derniers retranchements... L'impression de nécessiter cette réponse, maintenant, était trop impérieuse pour qu'il la laisse passer.

Elle savait ce qu'impliquait cette invitation, et le regard brulant de John ne quitta pas son visage, tandis qu'elle semblait réfléchir aux conséquences de sa décision. Le doute lui apparut clairement dans les yeux bleus de la jeune fille, avant que ceux-ci ne s'emplissent de larmes, et qu'elle ne cède vraiment à l'urgence de sa réclamation.
Stupéfait, John sentit une goutte glisser sur la main qu'il avait laissé sur sa joue, et il l'essuya instinctivement du pouce, avec douceur, sans comprendre ce qu'elle signifiait. Souffrait-elle de se voir liée à lui d'une quelconque manière ? Eprouvait-elle une pression de sa famille, de sa part ?
Elle avait accepté néanmoins, et ç'aurait du être pour le Wicker le seul détail important de cette interaction, mais il ne pouvait se résoudre à la laisser ainsi dans ce qui lui paraissait une inconsolable tristesse.

    - Je peux le faire définitivement disparaitre pour vous apaiser, si sa pensée vous fait de la peine, murmura-t-il, tout près de ses lèvres, cette proximité s'étant faite naturellement, par le rapprochement plus intime qu'avaient inspirées leurs discours, leur entente mutuelle. John, se méprenant sur son trouble, pensait là lui faire une proposition des plus romantiques, ou du moins ce qui lui semblait être un geste honorable, d'un futur époux à sa promise, et qui ne lui donnerai, dans sa position, guère de souci à accomplir. J'ai bien compris que votre coeur n'avait aucun maitre, mais je suis prêt à en recevoir les ordres, si vous pensez que votre honneur a été blessé par cette affection impossible.


Il n'était maintenant qu'à un souffle de gouter à sa bouche, la sienne laissant à peine échapper ces mots auxquels il ne réfléchissait pas vraiment, tandis que son thorax semblait écraser ses poumons, sous la contraction des muscles de son torse. Il n'aurait eu qu'à se pencher légèrement pour prendre possession de cette langue dont elle usait si brillamment, et l'embrasser avant qu'elle ne puisse lui refuser ce qu'elle avait convenu, implicitement.
Un des chevaux s'ébroua brusquement, et son coeur loupa un battement, qu'il avait pourtant anormalement rapide. Le parfum d'Ambrosine l'enivrait, si proche qu'une mèche rousse échappée de sa coiffure vint caresser sa joue.



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MessageSujet: Re: Wild horses [John & Ambrosine] [Fini.] Mar 25 Sep - 23:12




Wild horses


Ambrosine & John



J’avais beau mourir d’envie de croire aux belles paroles que le jeune homme semblait si prompt à m’adresser, je n’en oubliais pas le sujet de notre conversation, et ses conséquences déplorables que j’avais eu l’occasion d’observer à de nombreuses occasions autour de moi. Malgré tout, cela ne suffisait pas à effacer le sourire qu’il était parvenu à faire naître sur mes lèvres nerveuses, à la mention de sa sœur. Le ton protecteur qu’il avait employé, à défaut de me repousser, avait réchauffé  mon cœur aisément en proie à l’angoisse face aux prétendants qui se présentaient à moi. Mon instinct maternel depuis des années étouffé me soufflait sagement qu’il aurait fait un excellent père aux enfants dont j’avais toujours rêvé. Ce fut cependant la Raison que je laissais répondre à ma place lorsqu’il tenta une fois de plus de défendre l’idéal qu’il poursuivait.

- Une forme élégante en apparence très certainement. La question qui se pose est de savoir si la réalité est aussi distinguée et délicate. On préfère se persuader du bonheur des êtres que l’on chérit à en omettre leurs afflictions. C’est le cas des familles que l’on connaît bien – sommes nous vraiment certains que ces mêmes-gens sont heureux dans leur ménage ? Si je ne devais écouter que mon expérience -  certes bien mince – de la chose, je dirais que la forme d’asservissement la plus douce est non pas le mariage, mais l’amour. On y cède avec tant de plaisir et d’aisance, exposai-je mon point de vue en imitant son ton plaisantin, tout en réfléchissant sérieusement au débat proposé : les arguments de John étaient persuasifs, assez pour me remettre en question, malgré ma réponse aux allures catégoriques.

Si j’avais toujours été ouverte à la discussion, je n’en restais pas moins convaincue d’avoir des raisons de craindre ce que je m’étais évertuée à éviter durant des années. Pourtant, force était de constater que mon nouveau compagnon avait le mérite de les effacer, ne serait-ce que pour quelques instants. Pour une fois, je m’autorisais à imaginer ce à quoi ma vie pourrait ressembler à ses côtés.

- Quelques soient les motivations qui vous animent, repris-je, sachez que j’apprécie l’honnêteté dont vous avez fait preuve envers moi. L’affection que j’ai pour Dieu ne change en rien le respect que votre comportement m’inspire. Et c’est en tant qu’amie et non pas que fidèle que je m’engage à être digne de la confiance que vous m’avez offerte, lui certifiai-je avec assurance.

Moi-même avais-je eu mon lot de pêchés à confesser, et j’appréciais bien trop la discrétion de notre pasteur pour faire défaut de cette même qualité auprès de quelque compagnon que ce soit. Quand la honte était néanmoins plus forte que ma volonté, c’était au Seigneur uniquement que je m’en remettais avec lui pour seul témoin de nos échanges pieux, de crainte du jugement de l’homme plutôt que du jugement divin, souvent plus clément. Je connaissais bien assez la difficulté de partager un secret profondément ancré, et ne me voyais pas trahir quelque confidence dans un futur proche. Une question d’honneur plus que de ferveur religieuse, à mon humble avis.

- L’honnêteté ne fait pas tout, acquiesçai-je à ses propos en m’efforçant de ne pas suivre l’étiquette, qui m’aurait plutôt incitée à lui présenter mes condoléances.

Je devinais à l’expression sévère de son visage que ce n’était pas là ce qu’il souhaitait entendre, malgré la voix de ma mère répétant les règles de bienséance qui résonnait dans mon esprit comme le fruit de l’éducation stricte que j’avais reçu durant mon enfance. Il n’était pas difficile de deviner que celle-ci devait avoir été bien différente pour le gentilhomme qui me faisait face. Une part de moi-même emplie d’espoir s’interrogea un instant sur la personne qu’il pouvait être lorsqu’il n’était pas poussé par sa condition à poursuivre des dessins qui ne s’accordaient pas avec les miens. Etait-il un ami dévoué ? Un frère aimant et attentionné ? Etait-il un homme respectueux, ouvert et tolérant ? Pourrait-il être le candidat le plus à même de convenir à mes critères sélectifs ? Si les gentlemen de l’aristocratie n’étaient pas faits pour moi, un bourgeois éprouvé par la vie saurait-il me combler ? L’idée, à peine formulée, me paraissait être digne des romans pour jeunes filles que je détestais autant qu’ils me fascinaient. L’aura de mystère qui entourait ces hommes-là n’avait rien de poétique, et le ton presque bestial de John en était la preuve.

- Je n’en doute pas un seul instant, confirmai-je avec une douceur qui s’opposait à la rudesse dont il avait fait preuve quelques minutes auparavant. Si je savais que sa colère n’était pas dirigée contre moi mais contre son père, et les malheurs dont ils avaient été victimes avec sa sœur, je ne pouvais m’empêcher de vouloir le rassurer et le conforter dans ces chagrins dont je ne connaissais jusqu’alors qu’une parcelle. Le message que je tentais de faire passer était à mes yeux assez éloquent : je ne le croyais pas capable de reproduire les erreurs de son père. C’était un homme courageux et honorable ; valeurs dont il se montra une fois de plus l’ambassadeur lorsque le sujet de mes amours d’autrefois fut évoqué.

- Votre ferveur est admirable, mais nous étions bien jeune. Le pauvre Edmund n’était qu’un garçon, le défendis-je en premier lieu, avant de reprendre avec un sourire amusé.

- J’aime à croire que les choses auraient été différentes si nous n’avions pas été enfants, mais mes souvenirs de la tendresse qu’il avait pour moi sont altérés par la nostalgie que je garde de cette époque.

La possibilité qu’il avait eu de me retrouver quelques années plus tard, il ne l’avait tout bonnement pas saisie ; et je n’avais pas fait mieux en acceptant de rencontrer d’autres prétendants que celui qui avait été un jour pour moi l’unique personne qui comptait à mes yeux. La vérité avait beau être amère, elle n’en restait pas moins un fait : l’amour que nous nous portions avait fané avec nos espoirs de le réaliser, à tel point que je ne me souvenais que très difficilement de la correspondance que j’entretenais auparavant avec tant de passion, tout comme des traits doux du visage que j’avais appris à chérir. Tout comme les parures qui allaient et venaient dans mon armoire, il n’avait été que le résultat d’un caprice passager.

Et tout aussi rapidement que cette mélancolie était apparue, elle s’effaça de mon esprit lorsque mes mains entrèrent en contact avec celle de John. Sa surprise se mêla à la mienne lorsque je réalisais les implications du geste que je venais de réaliser - et sans conteste, du message contraire que je lui envoyais présentement en le retenant, tout en étant convaincue ne pas pouvoir lui offrir ce qu’il était venu chercher aujourd’hui. Résignée, je les libérais douloureusement, pour retrouver ses doigts tout contre ma joue brûlante en une marque d’affection bien plus explicite et indécente que ce que la pudeur aurait voulu que je tolère. Malgré cela, je ne trouvais pas en moi la force d’esprit de refuser ce que nous désirions tout deux.

Mes prochaines paroles m’étonnèrent autant qu’elles me semblèrent emplies de sens, à tel point qu’animée par tant d’émotions inverses, les larmes m’étaient venues aux yeux sans que je ne puisse les interrompre. John fut le premier à réagir, non pas à ma réponse, comme je m’y serais attendue, mais à la réaction foudroyante qui avait pour le temps de quelques secondes, échappé à mon contrôle.

- Surtout n’en faites-rien John, si vous avez encore mon bonheur à cœur, l’implorai-je en ponctuant mon commentaire d’un sourire amusé. Je remarquais ironiquement que j’illustrais en ce moment même l’image de l’héroïne à l’humeur changeante qui connaissait tant de succès au sein des romans de mes rivaux et je me laissais aller à un rire franc que la présence de mon soupirant n’aurait su prévenir.

- Je ne saurais réclamer de vous rien d’autre que l’assurance que vous respecterez les promesses que vous m’avez adressées aujourd’hui. Si mon destin est à présent entre vos mains John, c’est parce que je pense que vous saurez vous en montrer digne, murmurai-je près de ses lèvres, qui s’étaient inconsciemment approchées à mesure que arrangement se confirmait. Nous étions plus proches l’un de l’autre que nous ne l’avions encore été au cours de notre promenade, et mon cœur en témoignait en battant férocement contre ma poitrine. Décidée à sceller notre contrat de la manière la plus sincère avant qu’il n’ait à faire face aux obligations qui lui incombaient à notre retour, je parcourais les quelques centimètres qui nous séparaient pour lui offrir le baiser que son regard ardent semblait exiger.

- J’espère que ce gage suffira à vous prouver mes intentions à votre égard, lui soufflai-je en m’écartant à grand peine lorsque je remarquais le soleil teinter son visage d’une douce lueur orangée.

- Si l’idée de vous quitter me désole, je devrais me résoudre à patienter jusqu’à notre prochaine rencontre. La route est longue, nous ne devrions pas tarder à rentrer, exprimai-je à contrecœur en me dirigeant lentement vers mon cheval.

C’est dans un silence religieux que nous parcourûmes le trajet du retour, uniquement ponctué de regards lancés à la dérobée et de sourires légers. Pourtant, si les doutes qui m’envahissaient s’étaient dissipés tels un nuage d’orage, je ne pouvais m’empêcher de m’interroger sur la décision cruciale que je venais de prendre : avais-je commis la pire erreur de ma vie en le prenant pour mari ?

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MessageSujet: Re: Wild horses [John & Ambrosine] [Fini.] Mer 26 Sep - 16:56


Toutes les paroles d'Ambrosine s'étaient évanouies dans les airs lorsque ses lèvres avaient trouvé les siennes, et John en resta surpris, comme s'il n'avait jamais réellement intenté de l'approcher de cette façon... Pourtant, presque instinctivement, il savait qu'il l'avait lui-même provoqué.
Le Wicker n'avait pas embrassé si souvent une femme de cette façon, et la douceur ainsi que la fugacité de ce contact le laissa à la fois ému et frustré, qu'elle ait tenu à ainsi officialiser un contrat qui n'avait jamais évoqué ce genre de gestes. En effet, s'ils venaient d'évoquer en long et large les conséquences pratiques d'une union entre eux, et des valeurs morales qui découlaient d'une telle entente, les jeunes gens avaient délaissé un point central de ce marché, qui n'avait été que moqué, ou du moins diminué, par cette histoire d'amours adolescents avortés.
Car si l'époque ne faisait guère l'éloge, ni même ne favorisait les couples qui éprouvaient de véritables sentiments, ils n'en étaient pas moins au coeur du débat, sans doute, quand il fallait se supporter une vie entière.
Cette évidence frappa John alors que la rousse remontait sur son cheval, vexé que les sages paroles de sa cadette lui ait parut si puériles jusque là. Il ne craignait pas de pouvoir gérer ses émotions, mais s'inquiétait au fond de celles de la Bellamy, si sensible qu'elle avait pleuré de parler de sa romance passé, ou peut-être de la perspective de se contraindre à un mariage qui lui semblait forcé.
Un doute saisit John en l'entendant annoncer leur retour, et se retint de lui demander une réponse plus claire sur ses sentiments à son égard et celui de sa proposition... Dont la formulation lui faisait peur. Néanmoins, il l'estimait assez forte pour prendre une décision sans omettre tous les détails qui la caractérisaient. Elle avait dit oui, sans trop d'hésitations, si les larmes n'en était pas un indice, et elle l'avait embrassé volontairement, sans visiblement en éprouver un dégoût ou de répulsion, quelles que puissent en être les causes.
Ainsi, lorsqu'ils arrivèrent en vue de la grande bâtisse des Bellamy, John la laissa prendre seule la direction des écuries, en confiant les rennes de son étalon au laquais qui attendait toujours, au bon endroit au bon moment, pour servir ses maitres.

    - Je vais discuter de notre avenir avec vos parents, puisqu'ils m'attendent surement, annonça-t-il, en s'empressant de lui serrer une dernière fois la main, comme pour s'assurer qu'elle lui donnait du courage, en ne revenant point sur ce qu'elle lui avait accordé. C'était le protocole, et elle le connaissait. Je vous enverrai une invitation dès ce soir. Il s'arrêta un instant, dans une attitude gauche, maladroite, qui ne lui était guère familière. L'idée de vous quitter me désole aussi, avoua-t-il, dans un souffle, sans oser appuyer ses paroles par un dernier regard, avant de s'éloigner.


XXXXX

Comme il l'avait prédit, les Bellamy attendaient dans le salon qu'il vienne faire un rapport de cette escapade, qu'ils avaient sans doute espéré productive, d'une quelconque façon, en faveur d'un mariage. John éprouvait une étrange sympathie à l'égard de ces nobles, surement aimants, qui poussaient leur fille à trouver un potentiel lorsqu'elle s'opposait violemment à l'idée d'une union : il imaginait bien leur désarroi.
Rosaline lui faisait vivre l'inverse pourtant, ou presque... Son caractère romantique lui faisait craindre qu'un prétendant ne l'emporte de belles paroles, et il la tenait à l'écart de tout ce qui aurait pu lui inspirer l'idée d'un rapprochement officiel ou non avec le sexe opposé.

    - Je reviens humblement vous demander d'accéder à mon désir et à celui de votre fille de rassembler nos deux maisons en une heureuse famille, déclara John simplement, avec assurance, malgré le fait qu'il n'ait jamais eu, jusque là, à franchir cette étape, et en ignorait probablement le reste de la démarche. Ambrosine vous confirmera sa décision, mais je voulais par avance vous demander votre bénédiction, afin d'en faire une épouse respectable, et, je puis vous l'assurer, gâtée au delà de son imagination.


Par là, John confirmait juste qu'il avait la fortune suffisante pour subvenir aux besoins d'une demoiselle de son rang, et qu'il ne voyait dans cette union aucune opportunité de mettre mains sur leur propre coffre. Il était évident, pour tous, surement, qu'il était en quête d'un titre plus que d'une compensation financière, mais sa recherche ravirait surement des parents avares, ou juste préoccupés par le train de vie de leur enfant.

    - Ambrosine a accepté ? Couina sa mère, tel un écho un peu rouillé. Visiblement, son visage traduisait autant d'incrédulité que de bonheur, qu'elle ne parvenait pas à laisser s'exprimer indépendamment l'un de l'autre. Comment... Commença-t-elle, avant de réaliser que poursuivre pourrait se montrer offensant pour les protagonistes de ce couple inespéré. Je savais que vos exceptionnelles qualités auraient raison de son obstination... Assura-t-elle avec conviction, avant de tourner la tête vers le père de famille, qui donnerait son verdict, tachant de lui imposer sa détermination d'un regard.


Le Bellamy n'avait pas besoin de cette consultation : il s'était déjà levé, pour serrer la main de son futur gendre, avec un sourire épanoui, soulagé. Un autre que le Wicker aurait surement pris peur devant un tel étalement d'enthousiasme, qui révélait surement un défaut caché de la marchandise, dans le cas d'une transaction plus traditionnelle.
Mais John se sentait porté d'une infinie confiance, ses doigts se remémorant encore la peau de la rousse, dont la chaleur lui manquait, de façon incontestable et incompréhensible.

    - C'est entendu, confirma le père, en lui tapant amicalement sur l'épaule, fier peut-être d'inclure enfin un homme de sa stature dans sa lignée. Nous discuterons des détails plus tard, célébrons pour l'instant cette fantastique nouvelle.


    - Nous allons organiser cet évènement au plus vite, avant que... Ambrosine ne change d'avis ? Les mots, encore une fois, l'avaient dépassés. J'ai tellement hâte ! Vous allez nous faire de magnifiques petits enfants, conclut-elle, avec un hochement du menton approbateur.


A cette pensée, John ne put retenir un sourire. Il était un homme, après tout, et savait ce qu'impliquait cette ambition... Et oui, lui aussi attendait maintenant ce moment avec une certaine impatience.



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